Work Text:
Notes :
Je fais plusieurs cauchemars par nuit, du coup, je me réveille plusieurs fois et je me rendors plusieurs fois. Dès que je me rendors, je replonge dans un nouveau cauchemar.
Le songe que je vais écrire s’est déroulé en milieu de nuit. Je me souviens surtout de la terreur que j’ai ressentie pendant mon sommeil, mais surtout en me réveillant en sursaut. Je me souviens de la sensation de panique intense et de ma tachycardie IRL.
En regardant l’heure sur mon portable, j’ai vu qu’il était tôt, vers les 2h du matin. Je n’allais pas me lever de suite, j’allais me rendormir et donc refaire un cauchemar par-dessus celui-là.
Je me suis ensuite réveillée à 4h15 du matin à cause d’une intense migraine que je me traîne encore en écrivant cette histoire, et qui ne passera pas aujourd’hui, malheureusement.
En tout cas, voici le cauchemar qui m’a donné des sueurs froides.
Littéralement.
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« I see a red door,
And I want it painted black,
No colors anymore,
I want them to turn black.
I see the girls walk by,
Dressed in their summer clothes,
I have to turn my head,
Until my darkness goes. »
.
Ça s’est passé en deux temps :
D’abord, il y a eu une éruption solaire très violente qui a trop rapidement atteint l’atmosphère terrestre avec fracas.
Puis, quelque chose est venu avec les particules de notre étoile. Quelque chose provenant du fin fond de l’espace. Et cette chose n’avait rien de pacifique, malheureusement.
Mick et moi étions en Angleterre avec nos amis Arthur et Antonia. Nous profitions de notre été londonien comme nous le pouvions, malgré les chasses qui s’amassaient en dossiers sur notre bureau. Mick, le leader, devait choisir les enquêtes et répondre aux gens qui nous appelaient pour les aider à tuer les monstres et autres esprits. J’aidais Mick et je m’occupais de toute la gestion de l’entreprise et des recherches concernant les créatures à tuer, tandis que nos amis allaient toujours sur le terrain pour se débarrasser des bestioles.
Néanmoins, depuis de nombreux mois, ce n’étaient pas les monstres qui semaient le chaos à Londres, mais bien certains humains. Ils pillaient, attaquaient, volaient, agressaient sans jamais être arrêtés par les forces de l’ordre. Au contraire, la police était de leur côté. Alors, les civils nous appelaient en panique et nous devions toujours leur faire comprendre que nous chassions les créatures surnaturelles et non les hommes qui semaient la terreur.
Nous faisions donc une pause dans un Pub au coin de notre rue, là où nous avions ouvert notre bureau de chasse, avec nos diplômes de la Kendricks Academy en tant qu’Hommes de Lettres, qui donnaient du crédit à notre travail bien étrange.
Nous étions en fin d’après-midi, enfermés dans la taverne, lorsqu’un fumeur est revenu de sa pause cigarette en hurlant sur les clients dans l’établissement :
- Le soleil ! Le soleil !
Mick me jeta un regard paniqué et nous avons tous couru vers la porte arrière pour voir un vent solaire teinter le ciel de feu, pendant que des particules tombaient comme de la neige ardente. Lorsque la poussière toucha les gens encore dehors, ces derniers hurlèrent de terreur en voyant leur peau se couvrir de milliers de plaques de brûlures en quelques secondes, les tuant presque instantanément.
La vie telle que nous l’avons connue s’arrêta net.
Après ça, tout changea.
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« I see a line of cars,
And they're all painted black,
With flowers and my love,
Both never to come back.
I've seen people turn their heads,
And quickly look away,
Like a newborn baby,
It just happens everyday. »
.
Comme tous les Hommes de Lettres, nous avions un bunker dans lequel nous cacher. Un endroit secret contenant tout ce qu’il nous fallait pour survivre. Cet endroit nous a sauvé la vie. Mick, Arthur, Antonia et moi vivions donc dans le bunker et nous avions ramenés avec nous quelques autres survivants.
Deux mois venaient de se passer depuis l’éruption solaire. Nous ne pouvions sortir dehors que la nuit, car en journée l’extérieur nous était mortel. La nuit nous servait donc à nous ravitailler dans la capitale désormais ravagée par les survivants, mais également par les monstres venus de l’espace.
Eh oui, la vague de feu avait amené des aliens très vindicatifs. Comme nous, ils ne sortaient que la nuit. En revanche, avec le temps, nous avions compris comment ils fonctionnaient. Leur vision était basée sur les mouvements.
Ainsi, lorsque nous sortions la nuit pour nous ravitailler et qu’un groupe d’extraterrestre arrivait dans notre direction, il nous suffisait de ne plus bouger du tout.
Peu importait notre position, nous devions nous figer sur place, le temps que les aliens nous dépassent. Tout le monde le savait.
C’était donc durant une nuit routinière que notre histoire s’est passée.
Mick portait une vieille chemise blanche froissée et un pantalon noir. Ses cheveux ébène partaient dans tous les sens sur son crâne et ses cernes ternissaient ses profonds et magnifiques yeux bleus translucides. Son visage était désormais rongé par une barbe de trois jours et il semblait aussi fatigué qu’apeuré. Comme tout le monde, je suppose.
Quant à moi, je portais la même robe bleu marine, un peu abîmée par endroit, avec des Converses aux pieds. Mes très longs cheveux châtains étaient noués en une grossière tresse un peu décoiffée qui tombait jusqu’à mes hanches. J’avais la peau encore plus pâle que d’habitude, sans aucune lueur du soleil, vivant que la nuit, je devenais presque transparente, uniquement coloré par mes grains de beauté. J’avais aussi des poches sous mes yeux noisette, sans lumière, nous n’avions plus aucune horloge biologique et le stress nous empêchait de bien nous reposer.
Arthur et Antonia gardaient une bien meilleure forme que nous, ils arrivaient à guider les survivants pour nos escapades nocturnes.
Nous nous sommes levés vers 21h pour quitter le bunker et marcher doucement dans les rues désertes de Londres. Au-dessus de nos têtes, se trouvait un ciel noir avec des filaments orangées, résultant des particules de l’éruption solaire. C’était à la fois magnifique, et effrayant.
Arthur nous guida et ouvrit la marche vers les bâtiments à fouiller. Nous ne voyions plus ni la lune, ni les étoiles, mais l’éruption éclairait un peu la noirceur des ténèbres. Nous avions quand même des lampes torches avec nous, pour déambuler dans les bâtiments sans électricité.
Notre petit groupe marchait lentement, deux éclaireurs vérifiaient qu’aucun groupe d’aliens ne venaient dans notre direction. Devant un immense bâtiment abandonné, Arthur jeta un coup d’œil à l’intérieur depuis une fenêtre cassée.
- C’est un ancien magasin. Nous devrions pouvoir trouver des vêtements et de la nourriture.
Mick acquiesça.
Je m’apprêtais à suivre mes amis et mon mari dans le bâtiment, lorsqu’un de nos éclaireurs arriva vers nous en courant. Je voyais bien qu’il voulait hurler, mais il savait que ce n’était pas une bonne idée. Il murmura en panique :
- Ils arrivent ! Un groupe arrive sur notre gauche !
Arthur utilisa le faisceau de sa lampe pour faire le code de notre groupe entier qui révélait la présence des extraterrestres. En quelques secondes, tous les survivants s’assirent par terre, dans une position plus ou moins confortable et, enfin, le groupe d’aliens arriva sur la gauche.
Nous étions figés sur place, les yeux grands ouverts, suivant les étrangers du regard. Les aliens ressemblaient presque à des humains, sur leurs deux jambes, mais ils tenaient des armes futuristes qui pouvaient nous tuer en moins d’une seconde. Mick avait glissé sa main dans la mienne et nous étions assis, sans mouvement. Seul mon cœur battait la chamade dans ma poitrine, c’était le seul organe qui bougeait dans mon corps.
Les aliens marchèrent lentement sur la route abandonnée, à quelques mètres devant nous, mais comme nous ne bougions pas, ils ne pouvaient pas nous voir. C’était très étrange, qu’une vie spatiale si avancée est une vision basée uniquement sur les mouvements.
Plus rien ne bougeait.
La respiration coupée.
En apnée.
Figé sur place.
Nous attendions que les aliens passent devant nous.
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« I look inside myself,
And see my heart is black,
I see my red door,
I must have it painted black.
Maybe then, I'll fade away,
And not have to face the facts,
It's not easy facing up,
When your whole world is black.»
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Le groupe se dirigeait droit devant eux et disparaissait lentement sur notre droite. Une crise d’angoisse intense commença à s’emparer de moi. Mick sentit ma main trembler dans la sienne et je pouvais lire dans ses pensées. Malgré les larmes qui montaient jusqu’à mes yeux, ma vision devant de plus en plus floue et mon cœur cherchant à exploser hors de ma poitrine, je ne devais pas bouger du tout, du tout, du tout...
Lorsque le dernier alien quitta la rue devant nous, nous pûmes enfin respirer et bouger. Mick sauta dans mes bras, essayant de me calmer et me serrant fort contre lui. Je laissais mes larmes couler sur sa chemise froissée. Lentement, nous nous sommes relevés, lorsque des hurlements stridents nous fîmes tous sursauter en même temps.
Un autre groupe de survivants, bien plus vindicatifs, débarqua dans notre dos. Ils criaient et tenaient des armes en mains, en scandant des slogans stupides, comme :
- « À mort les aliens ! »
- « Pas d’aliens dans nos quartiers, pas de quartiers pour les aliens ! »
Arthur fronça des sourcils et marcha vers le supposé leader de ces humains aussi bêtes qu’armés jusqu’aux dents :
- Hey ! Taisez-vous ! Un groupe d’alien vient de passer, ils peuvent encore nous entendre !
Le chef le toisa de haut et cracha presque :
- Ta gueule, flipette ! Nous sommes là pour tuer des extraterrestres !
Mick tiqua en secouant la tête :
- L’armée a essayé sans y parvenir. Les aliens ont une armure impénétrable. Ce ne sont pas vos revolvers qui vont les tuer. La seule chose que vous allez réussir à faire, c’est anéantir votre groupe !
L’homme riait aux éclats.
Mon ventre se noua.
Les humains reprirent leurs cris en marchant vers la route principale.
Ce qui devait arriver, arriva, les aliens entendirent le chaos et rebroussèrent chemin pour revenir vers nous. Arthur se tourna vers nous, en ordonnant :
- Don’t move! Ces crétins vont se faire assassiner, fermer les yeux si vous ne voulez pas voir ça, mais ne bougez plus !
Mick et moi tombâmes à terre, main dans la main, et nous gardions notre position sans bouger d’un pouce. Les humains avec les armes et les torches se jetèrent sur les aliens. Les aliens en question, pouvant voir les hommes et les femmes bouger dans tous les sens, s’attaquèrent à eux avec une facilité déconcertante. Mick et moi avions les yeux grands ouverts, sans cligner des paupières, nous pouvions voir avec horreur les extraterrestres assassiner le groupe en quelques minutes. Éventuellement, certains humains du groupe se mirent à hurler et à courir dans le sens opposé. Bien sûr, plus ils bougeaient et plus ils couraient et plus les aliens pouvaient les voir. Ils devaient arrêter de bouger pour survivre. Mais, je suppose que c’était contre l’instinct de survie et pourtant, seul ça pouvait les sauver.
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« No more will my green sea,
Go turn a deeper blue,
I could not foresee this thing,
Happening to you.
If I look hard enough,
Into the setting sun,
My love will laugh with me,
Before the morning comes. »

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La marée humaine, qui cherchait à fuir les aliens qui les assassinées, courait vers nous et, dans la panique, ils touchèrent certains d’entre nous qui ne bougeaient pas.
Dont Mick.
Un homme aussi stupide que paniqué nous bouscula et Mick bougea contre sa volonté. Malheureusement, les aliens nous ont vu bouger. Mick se faisait emporter par la foule, et sans chercher à comprendre, je me suis jetée sur lui pour le retenir par la main :
- Mick !
- Alisone! Don’t move!
- Non ! Non, pas sans toi !
Je l’ai tiré vers moi, utilisant toutes mes forces, pour le sortir de la fosse de la marée humaine. Une fois dans mes bras, lui et moi arrêtions de bouger en une seconde. Notre position n’avait rien de confortable, mais les aliens arrivaient vers nous. Les survivants qui couraient encore se faisaient tuer sous nos yeux, et les extraterrestres passèrent à quelques centimètres de nous.
Nous étions en apnée.
Sans bouger.
Nous pouvions voir de très près les monstres de l’espace.
Sans cligner des yeux, nous attendions que les aliens finissent leur massacre pour enfin respirer.
Des larmes coulèrent le long de mes joues. J’attendais que les aliens terminent de tuer tout le monde pour enfin reprendre ma respiration. Une fois le groupe de survivants neuneus anéanti, les extraterrestres quittèrent pour de bon la grande rue et enfin, nous pûmes bouger.
Le sol de béton était couvert de sang et de corps éventrés.
J’ai pris Mick dans mes bras.
Il me serra fort contre lui.
Mon cœur battait la chamade.
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Puis, je me suis réveillée.
En sursaut, et en panique totale.
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« I see a red door,
And I want it painted black,
No colors anymore,
I want them to turn black.
I see the girls walk by,
Dressed in their summer clothes,
I have to turn my head,
Until my darkness goes. »
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Vendredi 19 Juin 2026.
Chanson : « Paint It Black (Epic Trailer Version) » par Hidden Citizens.
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