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Summary:

Mon cerveau a entendu mes pensées et s'est dit 'Challenge Accepted!'.

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Notes de l’autrice :

- Comme j’essaye de le faire de plus en plus souvent, je n’ai écrit que la partie la moins horrible du songe.

- Je connais la série « Grey’s Anatomy » depuis si longtemps, au moins 20 ans, facile. Au début, dans les premières saisons, mon personnage préféré était le Docteur Alex Karev. Néanmoins, lorsqu’à débarquer un certain Dr Owen Hunt, j’ai switché.

Complètement.

« Grey’s Anatomy » est pour moi comme la série « Bones » : Une série que je connais par cœur, mais une série « doudou » que j’aime re-regarder à l’infini pour me pauser sans réfléchir. Et, comme en ce moment c’est compliqué, je me refais des épisodes au hasard.

Et, hasard de dingue, hier soir, je m’étais justement fait la réflexion que je n’avais jamais eue de cauchemar avec le personnage du Dr Owen Hunt. Après deux décennies, rien du tout !

Étrange, n’est-ce pas ?

Eh bien, mon cerveau m’a entendu, alors il a répondu…


« Reach out and touch faith,
Your own personal Jesus,
Someone to hear your prayers,
Someone who cares.

Your own personal Jesus,
Someone to hear your prayers,
Someone who's there. »

 

Non, cet endroit ne ressemblait en rien au véritable « Grey Sloan Memorial Hospital ». D’ailleurs, cet endroit ne ressemblait en rien à un véritable hôpital. C’était un établissement géant, sur plusieurs étages, avec des salles spéciales presque impossibles. Les Docteurs avaient chacun une salle attitrée pour eux, mais pas n’importe laquelle. Telle la Salle Sur Demande dans « Harry Potter », ici, les pièces des médecins reflétaient leurs personnalités. Ce qu’ils aimaient, ce qu’ils incarnaient.

Le hall d’entrée était immense, avec un plafond si haut qu’il était impossible d’en voir les formes.

Dans une lumière tamisée à l’ambiance des librairies « Dark Academia », l’accueil nous servait pour retrouver nos Titulaires. Ils devaient nous conduire dans leurs salles personnelles. Nous ne pouvions pas y aller par nous-même, car les portes ne contenaient aucun panneau, aucun nom, aucun chiffre, rien qui puisse nous indiquer quel Docteur vivait dans cette pièce.

Alors, j’ai marché dans ma longue robe bleue vers le Docteur Grey. Mes longs cheveux châtains étaient noués en une imposante tresse qui tombait jusqu’à mes hanches. Je ne portais pas de blouse blanche, aujourd’hui nous allions travailler sur un prototype. Le prototype en question venait d’être créé via une imprimante 3D. Nous devions élaborer un crâne humain.

Dans notre équipe, nous comptions plusieurs médecins :

- Le Dr Callie Torres, cheffe orthopédique.

- Le Dr Meredith Grey, cheffe de chirurgie générale.

- Le Dr Miranda Bailey, cheffe de chirurgie et directrice de l’hôpital.

Il y avait une Interne, en la personne du Dr Jo Wilson, et une Résidente : moi.

Dr Alisone Lockwood.

 

« Feeling unknown and you're all alone,
Flesh and bone by the telephone,
Lift up the receiver, I'll make you a believer,
Take second best, put me to the test,
Things on your chest you need to confess,
I will deliver, you know I'm a forgiver. »

 

La salle personnelle de Meredith se trouvait au fond d’un long couloir entièrement blanc immaculé. Sur la porte, rien ne laissait penser que son antre se trouvait de l’autre côté. Néanmoins, nous y sommes tous entrés. L’intérieur était aussi minimaliste que le corridor. Des murs blanc, des tables de laboratoire propre, un bureau moderne et rempli de technologies, un équipement à la pointe des avancées médicales, le tout dans une pureté presque impossible. Aucune décoration, aucune poussière, tout était blanc et propre.

Un peu triste à mon goût.

Néanmoins, nous nous sommes mis au travail. Je devais prendre un marqueur noir et dessiner des traits précis sur le crâne imprimé en 3D. Je ne devais surtout pas trembler, ce qui n’était pas si facile. J’essayais de cacher quelque chose qui m’était de plus en plus difficile à dissimuler.

Les quatre femmes buvaient des cafés servis dans des petites tasses aussi blanches que tout le reste, l’odeur du liquide noir me donna envie de vomir. En réalité, tout me donnait envie de vomir. J’avais de terribles nausées et j’essayais de me concentrer sur le crâne en 3D.

Alors que Meredith, Callie, Miranda et Jo discutaient à la fois de l’expérience en cours, mais aussi des derniers gossips de l’hôpital, ma concentration diminua. À un moment, le crâne entre mes mains se brisa en plusieurs morceaux. Le bruit des pièces tombant sur le sol eut le mérite de faire revenir les médecins à la réalité.

- What the Hell?! s’exclama Jo.

Je rougis :

- Je suis désolée, je n’ai rien…

Meredith me coupa avec gentillesse :

- Non, ne t’inquiète pas, ce n’est pas de ta faute, Alisone. L’impression 3D n’est pas aussi solide que nous le pensions. C’est bien, nous pouvons recréer un meilleur modèle.

Je soufflais de soulagement.

J’ai aidé mes collègues à ramasser tous les petits morceaux pour vérifier ce qui n’avait pas fonctionné. Je luttais en même temps pour ne pas vomir.

L’horloge moderne et triste sur le mur indiquait midi. Meredith nous dit :

- OK, prenons une heure de pause, revenons après, d’accord ?

J’acceptais avec joie.

 

« Reach out and touch faith,

Reach out and touch faith.

Your own personal Jesus,

Someone to hear your prayers,

Someone who cares.

Your own personal Jesus,

Someone to hear your prayers,

Someone who's there. »

 

Contrairement à mes collègues, je ne suis pas allée au restaurant de l’hôpital pour manger, mes nausées refusaient la nourriture. Non, j’ai profité de ce temps libre pour chercher mon chéri, le Dr Owen Hunt.

Nous étions ensemble depuis un moment déjà, mais nous n’avions pas encore officialisé notre relation à l’hôpital. Déjà, j’étais une Résidente, et lui était un Titulaire, chef et chirurgien des traumas. Je devais le retrouver dans ce dédale labyrinthique. Je devais trouver sa salle, mais comment faire ? Rien n’indiquait à quel étage elle se trouvait, ni même derrière quelle porte. Je me suis dirigée vers les ascenseurs. Je ne pouvais pas prendre les escaliers pour soulager mon cœur. Ordre médical.

Mais, où aller ?

Par quoi commencer ?

Ma tête tournait et mon cœur commençait à s’emballer.

Shit…

Respire, Alisone, respire…

Mes nausées empirèrent et j’ai décidé de me diriger à l’instinct, en montant au premier étage. Je me tenais aux rambardes pour me traîner vers le premier couloir. Le couloir en question était tout aussi blanc et immaculé que le reste de l’établissement. Soudain, au détour du corridor, mon cœur manqua un battement en voyant un médecin se diriger vers moi.

- Alisone ?!

Ouf !

Owen !

Il m’avait trouvé !

Je me suis jetée dans ses bras.

Il me serra fort contre lui avant de me conduire vers sa salle personnelle. Je n’avais aucune chance de la trouver toute seule, c’était une simple porte blanche, sans panneau, ni nom dessus.

En revanche, de l’autre côté, tout changea…

 

« Feeling unknown and you're all alone,

Flesh and bone by the telephone,

Lift up the receiver, I'll make you a believer,

I will deliver, you know I'm a forgiver. »

 

Comme je l’ai dit, chaque pièce personnelle de chaque médecin reflétait leurs propres personnalités. La salle du Dr Hunt était à l’opposé de celle de Meredith.

Je souris en découvrant la nature improbable. C’était comme entrer dans une forêt magique et dense. Le sol était couvert de feuilles, de terre et d’herbe. Les murs en bois faisaient ressortir des branches d’arbres avec leurs verdures protectrices. Comme il s’agissait quand même d’une salle, il y avait des bureaux en bois, usés, avec des tiroirs et du matériel médical éparpillés un peu partout. Mes yeux ne savaient plus où regarder, c’était à la fois magnifique et impossible.

Owen mit la bouilloire en route. Ici, pas de percolateur moderne. Non, une vieille bouilloire, des tasses en céramique et des sachets de thé.

Je souriais en observant chaque petites choses de la salle, puis mes yeux se posèrent sur Owen.

Je suppose qu’il était mon genre d’homme.

Il était grand, plutôt musclé et la peau aussi pâle que la mienne. Vraiment très blanche. Il avait de profonds et magnifiques yeux bleus. Ses origines écossaises lui offrirent des cheveux roux blond pâle, tout comme sa barbe de trois jours. Tout était pâle chez lui. Et, ce que j’aimais le plus, je suppose, c’est qu’il était gaucher.

Owen et moi, nous nous étions rapprochés en partageant chacun des PTSD. Ses traumas lui venaient de ses tours en Irak, en tant que soldat médecin, et mes traumas provenaient de mon adolescence.

Aujourd’hui, comme souvent, il portait une tenue médicale bleu marine, couleur associée aux Titulaires, avec une blouse blanche. Je souris en le voyant nous servir des tasses de thé.

Thé que je ne pouvais pas boire, en réalité. Déjà, parce que j’avais toujours envie de vomir, mais aussi pour autre chose.

- Owen… Je… J’ai quelque chose à te dire…

Il plissa des yeux et m’observa un moment, avec angoisse.

- Est-ce que tout va bien ? C’est ton cœur… ?

Je fis « non » de la tête :

- Mon cœur va bien, je prends mes médicaments et je fais attention. Non, c’est autre chose. Qui te concerne…

Un voile de panique et d’incompréhension traversa les yeux pâles de mon chéri. J’ai donc lâché, sans détour :

- Owen, je suis enceinte.

« Reach out and touch faith,

Your own personal Jesus,

Reach out and touch faith. »

 

Owen a toujours voulu des enfants, il a toujours voulu fonder une famille, se marier et avoir une maison. Une vie normale pour un homme qui avait déjà vécu l’horreur. Une horreur pour toute une vie. Je partageais ça avec lui, d’ailleurs. Après avoir survécu au pire, je voulais me poser, avec une famille et un travail stable. Nous avions énormément de points en commun lui et moi. Raison pour laquelle nous étions amoureux.

Alors, lorsque j’ai lâché ma bombe, Owen a souri jusqu’aux oreilles :

- Quoi ? Sérieusement ? De combien ?

Je souris à mon tour :

- Un mois. Je voulais attendre pour te le dire. J’ai fait un test sanguin, et Arizona a confirmé ma grossesse.

Le Dr Arizona Robbins était la cheffe de pédiatrie et la cheffe de la chirurgie fœtale.

Owen me prit dans ses bras et m’embrassa amoureusement.

Après notre long French Kiss, Owen m’observa un moment, les yeux brillants de joie :

- Tu… Tu es contente, toi aussi ?

- Oui ! Oui ! Bien sûr ! C’est jute que… Eh bien, tu sais, je suis une Résidente, tu es un Titulaire. Nous n’avons pas encore officialisé notre relation. J’ai peur que ça gossip encore dans l’hôpital.

Owen étouffa un rire :

- Les gossips sont intrinsèques à cet hôpital, j’en ai peur. Nous ne pouvons pas arrêter les commérages, mais, personnellement, je m’en fiche. Tu devrais t’en désintéresser aussi.

Je souris.

Il avait raison.

 

« Reach out and touch faith,

Reach out and touch faith,

Reach out and touch faith. »

 

Pas de thé pour moi. Owen me prépara une boisson chaude sans théine ni caféine. Il souriait de joie. J’étais moi aussi soulagée de le savoir si joyeux face à cette nouvelle. Je m’y attendais, bien sûr, mais le voir et le savoir étaient toujours mieux.

- Owen, tu sais… Nous allons devoir déménager. La caravane sera trop petite pour nous trois.

Il sourit derechef.

Nous vivions dans l’ancienne caravane achetée au regretté Derek. Nous étions tranquilles, au milieu de la forêt, loin de la ville. Raison pour laquelle la salle de mon chéri ressemblait aux bois, cette ambiance ressemblait à sa personnalité de soldat survivant en pleine jungle. Après tout, à l’hôpital, Owen a eu plusieurs surnoms de la part du personnel, tel que « G.I Joe », « Army Surgeon Badass », et même « Rambo ».

Et ils avaient raison !

Owen acquiesça :

- Je suis d’accord. Il est temps de quitter la caravane et de trouver une petite maison non loin de la ville.

Il se leva pour m’embrasser amoureusement en me serrant fort contre lui.

 

« Your own personal Jesus,
Someone to hear your prayers,
Someone who cares.»

 

Puis, je me suis réveillée.

Il était 5h20 et j’avais mon réveil à 5h30 pour que je prenne mon traitement quotidien 30 minutes avant mon petit-déjeuner à 6h. Une fois les médicaments pris, je me suis rallongée avec Mack sur les genoux pour une petite vingtaine de minutes.

 

Samedi 16 Mai 2026.

Chanson : « Personal Jesus » de Depeche Mode.

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