Chapter 1: Retour à la maison.
Chapter Text
Camus n’eut le temps que de déposer ses bagages chez lui pour arriver à temps au conservatoire, juste avant la fin du cours de Hip-hop de ses deux frères jumeaux. Ils savaient déjà qu’il rentrait au pays, mais ne s’attendaient surement pas à ce qu’il se présente à la porte de leur classe de dance. Ce n’était peut-être pas nécessaire, mais tous les trois avaient bien besoin de cette surprise, il ne le montrerait jamais sur son visage, mais Camus avait terriblement besoin de les revoir au plus vite. Son énergie ne dépendait désormais que de ses deux adolescents qu’il adorait plus que tout, alors rester assis en attendant leur retour à la maison, même s’il était accompagné de son meilleur ami, lui sembla infaisable. Il sentit que l’envie de sourire ne lui vint pas naturellement depuis des mois, et fut ravi de trouver ses lèvres légèrement étirées une fois dans les couloirs du conservatoire pour rejoindre la classe de ses frères. Il n’avait pas dormi tout le long du trajet depuis la Russie, même durant l’escale, sans parler de sa nuit blanche juste avant, si son ami ne fut pas présent durant tout le vol, il aurait surement fini par perdre connaissance. Il était conscient que la fatigue se lisait sous ses yeux de grenat, sa peau plus pale que de coutume et ses longue mèche carmin n’étaient pas non plus aux meilleurs de leur formes, normalement il n’apprécierait pas de se montrer sous ce mauvais jour, cependant en ce moment il n’en avait plus rien à faire. Il avait besoin de repos, plus mentale que physique, et son salut il n’était qu’a quelque pas de le retrouver.
Camus arriva enfin à la salle de classe indiqué à la réception, et plus il en approchait, plus il entendait la musique breakbeat qui le ramena a ses années de lycéen, étouffé derrière les murs et la voix enjoué d’encouragement de l’instructeur. Il y avait une vitre horizontale sur la grande partie du mur de la classe qui laissait à quiconque d’être spectateur depuis le côté gauche de la pièce, permettant de bien observer toute la bande d’élèves qui suivaient les mouvements entrainants de leur enseignant. Lorsque le roux se positionna juste en face de la vitre, ce fut d’ailleurs lui qui attira directement son attention. Il l’attira et la retenu. Ils venaient tout juste de finir une chorégraphie et ils étaient tous suant et essoufflé. Enfin tous, c’était ce que supposait Camus car son regard resta bloqué sur l’instructeur debout devant le groupe d’élève, un grand sourire aux lèvres…Lèvres pulpeuse, naturellement coloré sous l’effort et ayant l’air incroyablement chaude. Le jeune français déglutit légèrement. Grand de taille, un peu plus que lui alors que lui-même atteignait fièrement les un mètre quatre-vingt-quatre, ses longues boucles sauvages d’un magnifique indigo étaient réunies en catogan, et leur couleur spéciale faisait ressortir la clarté de ses yeux de lagon absolument a en couper le souffle. Et si ce n’était que ça, les traits de son visage se positionnaient exactement sur la ligne entre virilité et douceur, ses sourcils épais et sa mâchoire tranchante lui donnèrent un charme fou et comme si ce n’était pas assez pour déjà être un tombeur, son débardeur noir qu’il portait laissait pleinement paraitre ses muscles tracés, sa fine taille et ses pectoraux bénis.
Camus ne se rappelait même plus la dernière fois qu’il sentit son cœur bondir ainsi, certes, ses frères lui avaient bien dit que leur instructeur était cool et beau, mais pas à ce point ! Enfin, Camus était fatigué, et ses émotions risquaient de se montrer un peu trop à travers ses yeux habituellement froids, donc il arracha ses yeux de cette œuvre d’art pour se reconcentrer sur son véritable objectif : Ses deux frères dont un d’eux le remarqua au même moment où il posa les yeux sur eux. Isaac, le premier né des jumeaux aux cheveux similaire au sien, mais d’un riche vert de pomme -et beaucoup plus court-, bondit sur place avec un énorme sourire radiant aux lèvres et donna un coup de poing dans les côtes du dernier né, aux un poil plus long cheveux blond solaire en le pointant joyeusement du doigts. Hyoga se retourna près à rendre le coup à son frère, mais son expression d’agacement se métamorphosa en une joie éblouissante capable d’illuminer une pièce plongée dans le noir le moment où il remarqua sa présence. Le sourire de Camus s’accentua et son regard s’attendrit tandis qu’il leva la main pour le faire un petit coucou. Le reste des personnes présente dans la classe furent intrigué de leur réaction, Camus, connaissant ses jeunes poussins, devina qu’ils avaient dû crier un peu trop fort, et si cela n’était pas à cause du bouquant, ça aurait été à cause des grands gestes adorable que lui faisait Hyoga comme s’il essayait d’attirer son attention alors qu’elle était déjà centrée sur lui. L’aîné de la fratrie sentit déjà ses forces lui revenir, vraiment, rien ne pouvait le requinquer plus que ses deux frères, vivre loin d’eux étaient en soit un calvaire, et il le réalisait surtout depuis quelque mois. Il n’y avait vraiment qu’eux pour le regarder avec tant d’étincelle dans les yeux, même en ayant vu ses fautes et ses mauvais côtés, et même s’ils étaient désormais assez grand pour ne plus autant avoir besoin de lui, ils continuaient de le voir comme un modèle à suivre. Camus avait désespérément besoin de ce genre de réconfort, de se sentir aimé et respecté.
Il tourna légèrement le regard pour croiser les yeux de saphir clair de l’instructeur de dance, et bien que cet échange de dura que deux petite seconde, Camus eut réellement l’impression d’y être accroché pour beaucoup plus. Quel magnifique regard, ca, il devait bien le reconnaitre. Le jeune homme avait décalé son attention à côté de lui et avait souri en faisant signe de la main, et c’est là que Camus réalisa que quelqu’un était à deux mètres de lui de son côté de la vitre. Il fut si absorber par ce qu’il y avait dans cette salle de classe qu’il n’avait pas entendu quelqu’un s’approcher. C’était une jeune joli femme a la longue et lisse chevelure de jais, au teint clair et au corps fine sans pour autant manqué de formes avantageuses. Elle arborait un adorable sourire en saluant joyeusement l’instructeur et le jeune français se dit que ces deux-là étaient vraiment un beau couple. Après cette petite interaction avec la jolie jeune femme, celui aux boucles d’indigo frappa dans ses mains pour rappeler à l’ordre ses élèves, mais aux lieux de reprendre ses pas de dance, il se dirigea vers les jumeaux positionnés au premier rang qui ne pouvaient détacher leur regard heureux de leur grand frère adoré.
…
-« Qui est ce ? » Demanda Milo avec son sourire habituel, accentué par la contamination de la grande joie qui émanait de ses deux élèves favoris.
Il avait remarqué ce beau et jeune homme de l’autre côté de la vitre après qu’Isaac ait bondit et hurlé « "Hyoga ! Hyoga ! Regarde ! », Hyoga avait ensuite eut une réaction similaire en criant « Camus !! » comme un gamin, ce qui était assez surprenant de sa part vu qu’il n’agissait jamais ainsi devant Shun, avec qui justement il était précédemment en train de parler. Puis voyant que la concentration du reste des élèves s’échappait avant la fin du cours, il les rappela à l’ordre tout en sachant qu’il ne restait que quelques minutes avant la fin.
-« C’est notre grand frère » ! Lui répondit jovialement le blond, les yeux remplis d’étoiles et les lèvres étirés en un grand sourire enfantin.
Milo ricana, ce n’était pas souvent que ce fier adolescent laissait paraitre une telle expression, lui qui aimait paraitre fort et froid, en tout cas, d’après le regard que lui lançait Shun, ce grand frère venait de lui donner un bon coup de main sans le savoir. À nouveau, le jeune grec se tourna vers le rouquin qui les regardait en souriant légèrement, bien qu’il ne fût apparemment pas très expressif, on pouvait distinguer de la tendresse dans son regard. Par politesse, Milo lui adressa un sourire et un signe de la main qui lui fut rendu, vraiment pas mal ce gars, pensa-t-il. La bonne génétique courrait apparemment dans la famille, une grande variété de couleur de cheveux aussi. Mais son favori des trois devait revenir à l’aînée, ce rouge était spécifiquement sa couleur préférée, et il n’avait jamais rencontré quelqu’un avec une telle nuance, sans parler de ses yeux à la fois sombre et luisant.
-« Eh bah, vous semblez content de le voir, aujourd’hui.
-Ça fait un an qu’on ne l’a pas vu. Il travaille en Russie » Lui répondit Isaac qui parvenait à contenir ses expressions un peu mieux que son frère.
-« Ah ouais !? » S’exclama Milo quelque peu impressionné.
-« Oui ! Il enseigne le français et l’anglais la bas, il a aussi fait son master a Moscou » Cette fois ci ce fut Hyoga qui lui répondit, de la fierté dans les yeux.
« Beaucoup aimé le grand frère » Pensa Milo en lui jetant un nouveau regard. « Assez intelligent aussi, ça se voit »
-« Votre grand frère est aussi beau que vous ! » S’exclama Shun qui se tenait près du blond et qui écoutait la conversation. « Depuis le temps que vous me parlez de lui, je suis content de pouvoir enfin le voir !
-Bon vu que c’est un grand jour, ça serait cruelle de vous retenir encore. » Reprit Milo parole, amusé par les nouvelles rougeurs sur les joues de Hyoga. « Aller, partez le rejoindre, il ne reste que quelque minute de toute façon. Le cours est fini pout aujourd’hui ! »
Il termina sa phrase en posant lourdement ses mains sur les épaules des jumeaux qui le remercièrent chaleureusement mais rapidement, impatient de retrouver leur grand frère qui n’avait pas perdu son petit sourire. Hyoga se précipita de deux pas, avant de se retourner pour attraper Shun par le poignet et l’entrainer avec eux. Milo eut un petit sourire, ces deux-là avait intérêt à finir ensemble avant la fin de l’année où il allait devoir créer une chorégraphie spécialement pour les rapprocher encore plus.
…
Camus regarda ses deux frères courir hors de la salle de classe et les attendit avec les bras ouverts. Les jumeaux étaient littéralement en train de se bousculer pour se disputer le premier câlin et c’était vraiment la chose qui les définissait le mieux. Même bebe ils faisaient déjà ça, se chamaillant sans cesse pour gagner son attention. Et comme toujours, Le plus âgé finit par accueillir les deux en même temps au risque de s’étouffer. Chaque années ces deux-là étaient encore plus grand et fort, et ils lui manquaient terriblement.
-« Arg ! vous me laver de sueur ! » Se plaignit faussement Camus en leur tapotant le dos.
-« Tu nous a pas dit que tu venais nous récupérer ! » S’exclama Isaac, le premier qui s’éloigna de l’étreinte afin de le regarder.
Hyoga étant le plus sensible des trois, se permit encore quelque seconde, le front contre l’épaule de son grand frère avant de se redresser.
-« Surprise. » répondit simplement le plus âgé. « J’aurais aimé arrivé plus tôt mais le temps du trajet en voiture était lent, embouteillage. »
Ils s’échangèrent un sourire tous les trois et Hyoga se décala légèrement pour laisser paraitre son ami aux douces boucles d’un vert printanier qui attendait timidement sur le côté. Ses joues s’empourprèrent légèrement lorsque le grand frère impressionnant de ses deux amis posa son regard sur lui.
-« Bonjour ! Je m’appelle Shun, ravi de vous rencontrer, eum, monsieur ! Depuis le temps que j’entends que de belle chose sur vous ! Vos petits frères vous adorent vraiment beaucoup »
Le roux serra la main que lui tendit le jeune japonais et lui offrit un de ses petit sourire, il savait très, très bien que c’était le gamin qui avait piqué l’intérêt d’un de ses frères adorés.
-« De même, et appelle moi simplement Camus. Eh oui, il s’emble que j’ai de la chance d’avoir ces deux monstres comme frère. »
Il se retint d’ajouter que lui aussi avait beaucoup entendu de belle parole sur lui. Cela pouvait paraitre étrange, mais c’était plus de la part d’Isaac que de Hyoga. Après tout son blondinet était un garçon fier, qui pour une raison aimait paraitre distant et froid, surement à cause d’une mauvaise influence de Camus, donc il se retenait toujours de trop en rajouter sur Shun. Cependant Isaac lui racontait tout derrière son dos, et lui avait même envoyé des photos de ses deux-là lorsqu’ils étaient proche. Si Isaac trouvait qu’il était assez bon pour Hyoga, alors il faisait confiance à son jugement, le plus âgé d’entre les jumeaux était très protecteur envers leur benjamin, il ne laisserait jamais une mauvaise personne l’approcher de trop près.
…
Milo salua ses élèves en sortant de la salle de dance, il avait remarqué sa petite amie qui venait vers lui, mais son attention était surtout prise par les retrouvailles des trois frères qui lui mit du baume au cœur. Il appréciait vraiment ces deux élèves précisément, Hyoga et Isaac. Il n’aimait pas faire du favoritisme mais cela n’empêchait pas qu’au fond, il les considère comme des petits protégés plus que de simple élève de hip hop. Et puis, ce grand frère était quelque peu intriguant, bien qu’il sourît, aussi légèrement que cela soit, il avait un air mystérieux qui intriguerait n’importe qui. Il les entendit parler russe, et cela ne l’étonna pas, après tout il savait bien que les jumeaux étaient d’une part de ce pays nordique, plusieurs fois il les avaient entendu communiquer dans cette langue pour échapper à sa vigilance où celle des autres. Il avança de quelque pas et vit le beau rouquin se présenter à Shun dans un parfait français, encore une fois, sans grande étonnement, cependant il se surpris à l’être quand même. Peut-être pas de son accent, mais juste de sa voix en générale. Enfin, il esquissa un sourire en s’approchant d’eux, croisant d’abord ses deux yeux de grenats à la fois sombre et luisant, avant que ces derniers ne se scotchent au sien, et pour l’espace d’une seconde, Milo sentit qu’il n’y voyait pas de fond, que ces yeux la étaient capable d’aspirer son âme, s’en fut presque inquiétant, et pourtant, ils étaient vraiment magnifiques. Il ne put détourner le regard et arriva à leur niveau pour tendre la main à l’aîné de ses élèves, qui le lui serra sans hésitation, et sans non plus détacher ses yeux des siens.
-« Milo Alexandris, l’instructeur de ses trois petit monstre » se présenta-t-il avec son habituelle sourire charmeur.
« Camus Delaurore, l’aîné de deux d’entre eux, c’est un plaisir.
-Le plaisir est mien. »
Simple, efficace, sans pour autant que cela ne soit pas inintéressant, exactement les premières impressions que Milo appréciait.
-« Oh, et aussi bonne arrivé, le voyage a dû être fatiguant.
-On dirait que ça se voit un peu trop sur mon visage ? Merci. »
Le grec lâcha un rire en relevant la tête, il avait dit cela presque sans aucune expression, les gens pourraient avoir du mal à savoir que c’était qu’une simple taquinerie, mais heureusement Milo sut lire en lui d’une façon ou d’une autre. Hyoga et Isaac étaient ravi de voir deux de leur personne préféré -Camus étant le premier évidement- échanger joyeusement ensemble. Ils appréciaient grandement Milo, lorsque leur véritable grand frère était absent pour les encouragements quotidiens ou les conseils simple mais si nécessaire, il leur était un de substitution qui compensait une absence devenant moins douloureuse ainsi. Ce n’était qu’un simple instructeur de dance, peut-être pour les autres, mais pour les jumeaux il était bien plus, il était un soutien mental et au fond, un véritable ami, un adulte de confiance vers qui ils n’hésitaient pas à se tourner. Donc cela leur fit extrêmement plaisir de les avoir tous les deux dans un même champ de vision. Et c’était encore mieux pour Hyoga vu que Shun était aussi là.
-« Pardon, je ne le pensais pas comme ça. Regardez-moi ces sourire là, vous êtes content ? » Demanda-t-il aux jumeaux en retirant sa main de celle de Camus, ne réalisant pas vraiment qu’ils s’étaient serré la main un peu plus que la norme.
Isaac vint enrouler son bras autour des épaules de son grand frère, son sourire révélant ses dents blanches comme réponse évidente.
-« Évidemment ! Comment ne pas l’être après une aussi belle surprise ! » Répondit les jumeaux aux cheveux verts, et celui aux cheveux blonds hocha de la tête d’approbation.
Milo aperçu l’océan de sang sans fond se gorger d’une nouvelle lueur tendre en se posant sur ses deux cadets, et l’instructeur trouva ce changement fascinant, ses yeux s’exprimaient d’une manière qu’il n’avait jamais vu avant. Camus souffla du nez amusé et ébouriffa les cheveux humides de sueur de ses frères puis posa son regard sur leur ami, Shun, qui riait, attendrit par la joie de la fratrie. Le roux lui tapota aussi la tête, surprenant légèrement le jeune japonais qui lui sourit quand même de reconnaissance.
« Je vois, on dirait vraiment un bon grand frère » Nota Milo dans sa tête
-« D’ailleurs, grand frère, » Prit a nouveau parole l’instructeur. « Vous avez bien choisi votre timing, votre retour va surement pas mal requinquer ces deux-là pour la compétition à venir »
Milo observa bien attentivement son visage en lui adressant la parole, et distingua avec amusement le léger élèvement d’un sourcil après l’avoir appelé « grand frère ». Cependant, il était incapable de discerner ce qu’il y avait derrière son regard, si c’était de l’amusement ou de la contrariété. Les couleurs de ses iris étaient si chaudes et pourtant un froid hivernal s’en dégageaient, se contraste si spéciale lui donnait encore plus envie de sourire.
-« Ah oui ! La compète’ ! » S’exclamèrent les jumeaux d’une même voix.
-« Camus, tu viendras nous voir ? » Demanda Hyoga, les yeux suppliant d’un chien abattu qui menaçaient de se remplir de larmes face à un quelconque refus.
Shun arqua les sourcils en le trouvant tout bonnement adorable et Camus se retint de le reprendre à nouveau dans ses bras. Même Isaac qui était habitué à ce doux regard manipulateur, fut attendri.
-« Bien sûr. Vu que je suis au pays, je ne raterais ça pour rien au monde. J’ai hâte de voir vos progrès, je suis sûr que vous allez me rendre fier. »
Les jumeaux s’échangèrent un regard complice et un radiant sourire comme s’ils venaient d’entendre la meilleure chose de leur vie. Leur joie et bonheur étaient extrêmement contagieuse et semblaient illuminer tout et tout le monde autour d’eux. Cela réchauffa le cœur de leur instructeur, lui donnant un avis de plus en plus positif sur l’aîné de la famille.
-« On va pas te décevoir ! Ni toi, ni vous coach !
-Oh ça, j’en suis certain. J’ai foi en mon enseignement, mais surtout en mes élèves. On gagnera cette compétition haut la main ! »
Les trois élèves lâchèrent un cri de motivation en levant le poing, l’air plus déterminé que jamais.
-« Merci, coach. » S’adressa Camus à Milo en tentant à nouveau sa main. « Pour vos précieux enseignements, je suis ravi que mes deux monstres soient entre vos mains expert. »
Le grec esquissa un rictus en plongeant à nouveau ses yeux dans ces deux grenats qu’il soupçonnait désormais de renfermer plus d’amusement que de contrariété en acceptant sa main tenue. Depuis le début de leur petit échange de paroles, ce grand frère semblait lire en lui à travers ce regard perturbant, et l’accompagnait sans grande difficulté dans sa manière de parler, presque comme un jeu sociale invisible aux yeux de tous, sauf des siens.
-« Tout mes élèves sont mes petits monstre aussi, je ferais mon possible pour être à la hauteur de vos remerciements. » Finit-il sa phrase en retirant à nouveau sa main, ses yeux toujours connectés aux sien.
-« Eh bien, ce n’est pas que je tente de trancher cet agréable moment, mais Dité nous attend à la maison pour manger. So home we go.»
« Bel accent anglais » Nota intérieurement Milo.
Les yeux d’émeraude d’Isaac s’illuminèrent a la mention de ce nom, dont il ne cachait pas son adoration.
-« Allons-y ! Je veux le voir enfin ! » Tandis qu’il s’exclamait, Hyoga se tourna vers Shun en se frottant timidement la nuque et lui dit : « Viens avec nous Shun, ma mère a dut se surpasser aujourd’hui.
-Oh, mais je ne voudrais pas m’imposer.
-Ca ne sera pas le cas. » Lui répondit Camus en ignorant a moitié un Isaac surexcité qui ne tenait plus en place et qui lui tirait sur la manche.
-« On doit s’arrêter chez le fleuriste ! Je dois lui ramener un bouquet ! À demain coach ! »
Le jumeau aux cheveux vert fut le premier à ouvrir la marche le long du couloir, trainant quelque peu Camus avec lui qui entre-temps s’était à nouveau retrouver au fond des lagons d’eaux claires et cristalline de l’instructeur, il lui lâcha un « Bonne journée », maintenant le contact jusqu’à complètement lui tourné le dos. Milo lui rendit ses salutations et fit de même avec Hyoga et Shun qui marchèrent un peu plus à l’arrière. Ce fut à ce moment-là que sa petite amie se permit de venir lui parler, ne voulant pas interrompre un échange qui ne la concernait pas. Elle se cala dans les bras de son amant, et ce dernier lui sourit avant de regarder pour une dernier fois sa nouvelle connaissance qui était sur le point de disparaitre derrière un tournant de couloir. Mais au dernier moment, ce dernier jeta un coup d’œil par-dessus son épaule et lui offrit un sourire bien plus tranchant que ces précèdent qui furent modeste, avant de sortir du champ de vision de Milo pour de bon.
Il ne put s’empêcher lui aussi d’esquisser un rictus, il ne savait pas ce qu’il venait de se produire, mais il semblait bien qu’il eut affaire a un personnage des plus intéressant, et qui pourtant avait l’air si discret. Peut-être que ce ne fut que son imagination qui lui joua des tours, mais son intuition ne le trompait jamais, il était plutôt doué a lire dans le comportement des gens autour de lui, de ce que décelaient leurs regards jusqu’au langage corporel. Mais ce Camus parut avoir une total maitrise de ceux-ci, et ce fut comme s’il avait bien comprit du premier regard établi que Milo tentait de lire en lui. Ils n’avaient partagé que quelque banalité, pas assez pour jouer au véritable jeu psychologique qu’adorait l’instructeur, et il espérait bien pouvoir entreprendre une conversation avec lui pour s’assurer qu’il était réellement à la hauteur ses intérêts sociaux, après tout, c’était typiquement ce genre de personnage avec lesquels Milo aimaient s’entourer le plus, énigmatique et joueur. Et avec le dernier regard accompagné de ce sourire au coin que lui avait lancé le franco-russe, il sut qu’il correspondait aussi secrètement a cette deuxième caractéristique.
La voix de sa petite amie l’extirpa de ses pensées et il répondit a sa question banale, lui demandant comment c’était passé son cours, avant de poser un baiser sur ses lèvres.
…
Camus soupira discrètement en voyant Isaac sortir du fleuriste avec un joli et élégant bouquet de roses rouge décoré d’un ruban papillon, ainsi qu’un grand sourire aux lèvres. Tout excité, il s’installa à nouveau sur le siège avant passager, et plus calmement, Hyoga et Shun firent aussi leur retour dans leur Peugeot 208 noir, le dernier ayant une jolie rose rose dans les cheveux que le blond dû surement lui offrit, selon ce que disaient leur sourire timide et leur joues rosie. Et son charmant benjamin pensa aussi à lui apparemment, vu qu’il lui tendit une rose orange qui irait parfaitement bien avec la couleur de ses cheveux. Le conducteur le remercia avec un de ses léger sourire, et pour lui faire plaisir, il plaça la fleur dans ses cheveux avant de lancer un regard au coin au jumeau assis à ses cotés qui avait sorti son déodorant de son sac et se le vidait dessus, embuant toute la voiture de l’aérosol aux fortes senteurs de noix de coco.
-« Isaac ! » S’écria de mécontentement Hyoga qui agitait sa main devant lui et Shun pour chasser l’inconfortable odeur du nuage blanc.
-« Quoi !? Je rencontre enfin Rosadite, faut que je sois présentable !
-Appelle le juste Dité » Le prévint Camus en reprenant la route de la maison, ouvrant toutes les vitres de la voiture en plissant du nez.
Après s’être lavé au déodorant, le premier jumeau baissa le pare-soleil pour se contempler dans le miroir, tout en sortant un peigne pour le glisser dans ses cheveux quelque peu hérissés. Camus voulut dire quelque chose, mais c’était au risque de se répéter et il n’appréciait pas vraiment cela. Il se contenta de doucement secouer la tête en soupirant et continua de répondre aux questions de Hyoga à propos de son voyage et de son travail.
Cela faisait des années qu’il était ami avec Dité, un peu après son transfert à l’université de Moscou, il l’avait rencontré à travers un camarade de classe. Et bien qu’au début ils ne furent pas très proche du à leur différence de caractère et personnalité, éventuellement, leurs dissemblances les assembla parfaitement, faisant d’eux un couple d’ami un peu cliché avec lui étant le bosseur introverti, et Dité le fêtard extraverti. Enfin, c’était une amitié précieuse que Camus chérissait sincèrement, et leur rapprochement n’avait inévitablement pas été inconnu de sa famille avec qui il partageait autant de chose positive que possible. À travers les appelles vidéo récurrent de ses frères, ils avaient rencontré virtuellement Dité, et depuis la première fois qu’isaac le vit, il tomba complétement sous le charme. Ce n’était pas surprenant, non seulement parce que l’orientation sexuelle n’était plus vraiment un tabou depuis que leur père avait quitté le foyer, mais aussi et surtout par ce que son ami était incroyablement beau. Camus lui-même devait parfois plissé des yeux devant la radiance de son visage. Enfin, il avait répété mainte et mainte fois à son frère que son ami était bien trop âgé pour lui et qu’il ne s’intéressait pas aux adolescents, mais Isaac le cœur ardent et passionné, ne voulut pas baisser si facilement les bras. Il espérait simplement que le rejet qu’il allait incontestablement se prendre n’allait pas trop le démoraliser et qu’il se retrouverait assez rapidement un ou une petite amie. Au moins son plus jeune jumeau lui n’allait pas s’amuser à gauche à droite avec fille ou garçon, et restait bien sagement et timidement aux près de son seul et unique béguin -qui était aussi son premier- sans jamais oser faire le premier pas. Vraiment, sur le plan amoureux, les jumeaux ne pouvaient être plus diffèrent.
Camus gara enfin sa voiture devant leur modeste maison typique de leur paisible ville de province. Cela fit un bien fou de retrouver le calme et la tranquillité de son quartier d’enfance après tant de temps passé dans la capital chargé et immense de la Russie. Il sentit un bien être tant attendu s’enrouler autour des blessures encore fraîches qu’il possédait en lui. La chaleur qu’il ne supportait pourtant pas auparavant le réconforta, tout comme le bavardage enjoué de ses jeunes frères et leur ami. Même le claquement de la portière de la voiture lui hurlait qu’il était enfin de retour à la maison, lui procurant un sentiment nostalgique qui pourrait presque larmoyer ses yeux s’il n’était pas aussi maitre de ses expressions. Et à quel point il était heureux d’être enfin réunis avec ces être chère sous son toit adoré, il y avait quand même une tristesse au fond de lui qui ne semblait pas vouloir prendre congé, non plus le visage et la voix de ce beau gosse d’instructeur. Il avait tellement de chose en tête, et tellement de sentiments divers qui lui tourmentaient le cœur qu’il se sentit doucement submergé. Il lâcha un long et profond soupire qui ne passa pas inaperçu a Isaac, mais il se dit que son grand frère devait simplement être épuisé après un long trajet depuis Moscou. Ils se rendirent ensemble devant la porte et Isaac qui avait un double des clés le leur ouvrit. Le premier né des jumeaux signala leur présence et après quelque pas ils étaient déjà au salon récemment redécoré avec des couleurs plus douces et pastelles. Au dernier anniversaire de leur mère, Camus lui avait envoyé assez d’argent pour quelle puisse se faire plaisir avec les nouvelles modifications de la maison et il vit à son arrivé qu’elle avait parfaitement bien utilisé ce budget qu’il s’était promis d’élevé au prochain anniversaire.
Sa mère qui était assis sur un des canapés beige rosâtre avec Dité se leva pour accueillir ses fils. Camus eut déjà l’occasion de l’étreinte lorsqu’il déposa son ami et leur bagage, mais il savait qu’un seul câlin ne compensa pas une année d’absence. Normalement il ne tardait pas autant pour rendre visite à sa famille, mais ces derniers quelque mois furent assez rude et éprouvant qu’il ne trouva ni la force ni le courage de leur faire face durant les vacances de Noël, ni pour ceux de paque. Il ouvrit les bras pour enlacer la plus belle femme à ses yeux, qui avait le plus de ressemblance avec le benjamin de la famille. Cependant si Camus avait bien hérité de quelque chose d’elle, c’était bien son teint pâle et ses quelque tache de rousseurs. Enfin, cela faisait des années que Camus n’avait pas proprement bronzé sous le soleil d’été, ses taches à lui n’étaient plus aussi visible qu’avant. Dité lui disait qu’il en devenait de plus en plus gris, et peut-être qu’il en profiterait cet été pour reprendre de véritable couleur. Pas qu’il avait le choix de toute façon, son ami fut bien clair lorsqu’il lui assura qu’il allait le forcer à fondre un peu sous le soleil une fois arrivé en France.
-« Mes garçon, vous êtes enfin tous là ! Avec mon quatrième garçon favori aussi ! » Avait-elle ajouté la deuxième phrase en remarquant Shun qui se tenait près de Hyoga, un aimable et timide sourire aux lèvres.
-« Je suis pas le quatrième !? » S’indigna faussement Dité, portant dramatiquement une main à son cœur
Camus esquissa un sourire en virant son regard vers lui. Dité, de son véritable nom Rosadite, était un jeune suédois de sa taille, une année d’existence de plus que lui, et d’une carrure quelque peu plus efféminée que la sienne. Enfin, pas que la masculinité radiait vigoureusement de Camus non plus, même si parfois il le voulait vraiment. Sa peau bien que clair et laiteuse, n’était pas dépourvu de couleur et de vitalité pour autant, ses volumineux cheveux en vague d’azure s’échouaient sur son impeccable chute de reins bien distincte, ses lèvres pleine luisaient de son rouge à lèvres rose et il avait un grain de beauté sous son œil droit d’aigue marine entouré de riche cils noir. Isaac déglutit, émerveillé par tant de beauté. Dité qui était déjà assez beau comme cela à travers un écran, l’était encore plus en vrai, même Shun se retrouva stupéfait par son apparence éblouissante.
-« Mais toi et Shun vous êtes tous les deux mes garçons aussi ! je vous aime tous également.
-Aw, merci beaucoup madame ! » La remercia le plus jeune en rougissant de plus belle, et cela fit naitre un sourire amoureux sur les lèvres de Hyoga.
-« Salut les jumeaux ! Alors, content de me voir enfin ? wow quel joli bouquet !
-Pas plus joli que toi, mais je te pris de l’accepter quand même. » Répliqua Isaac en lui tendant les roses, avec un clin d’œil pas du tout discret.
Camus grimaça d’embarras et porta sa main à son front, son frère pouvait vraiment parfois être sans gêne, et cela semblait faire bien rire leur mère.
-« Oh mon cher, tu n’aurais pas dû, mes préférées en plus. Quelle galanterie ! » S’enjoua Dité en acceptant le bouquet avant de venir lui faire la bise à lui et aux deux autres.
Isaac se mit à ricaner, enfin à glousser derrière son dos, croyant avoir marqué des points pour charmer le meilleur ami de son grand frère. D’ailleurs ce dernier lui lançait un regard pas du tout impressionné.
Après quelque échange d’amabilité dans la joie et la bonne humeur, ils s’installèrent à table afin de diner ensemble, un peu plus tôt que d’habitude. Camus voulut se lever pour aider sa mère à apporter le repas, mais Dité appuya sur ses épaules pour le forcer à se rassoir et lui souffla à l'oreille de se reposer avant d’aller lui-même en cuisine. Isaac voyant cela comme une opportunité de faire encore meilleure impression devant le suédois, le suivit pour porter son aide chevaleresque. Il bomba fièrement le torse lorsque l’ami de son frère le remercia en le complimentant de « bon garçon ». Le regard de Camus se perdit sur un point fixe en face de lui, où étaient assis Hyoga et Shun, penchés plus près l’un de l’autre en riant sur quelque chose que lui montrait le blond sur son téléphone. Ces deux-là étaient mignons, et semblaient vraiment inséparable, et surtout amoureux l’un de l’autre. Cela se voyait tellement comme le nez au milieu du visage. Cela était attendrissant, mais pour une raison Camus sentit sa gorge se serrer et son appétit se couper. Ce soudain mal être témoignait clairement de ses blessures encore bien ouverte, et qui ramenait sans cesse ses pensées vers ce visage dont il connaissait chaque trait par cœur, qu’il pourrait même dessiner les yeux fermer. Doucement mais inévitablement, l’air devenait de plus en plus lourd et épais, de plus en plus difficile à respirer. Les brouhahas des discussions et autre bruit autour de lui bourdonnaient dans ses oreilles et il avait l’impression de perdre le cours de la réalité. Encore une fois. Pourtant il était heureux d’être là, d’être entouré de ses personnes préférés. Mais il en manquait une. Et ce manque laissait derrière lui un trou béant dans sa poitrine qui aurait pourtant dû se reboucher dès son retour en France. Sauf que le mal qu’il ressentit en voyant les sourires doux et complice des deux tourtereaux en face de lui, lui firent bien prendre conscience de la réelle profondeur de cette blessure qui ne semblait pas vouloir arrêter de saigner.
-« Hein, Camus ? »
Il revint soudain a la réalité, sa vision redevint clair et les sons distincts. Hyoga semblait lui avoir parler alors qu’il était perdu sans ses pensées et il remercia intérieurement son frère de l’avoir extirper de sa propre tête. Il refit taire à nouveau la douleur comme il savait si bien le faire, et arbora un petit sourire rassurant. Il n’était pas inquiet à propos des expressions qui aurait pu paraitre, rare étaient ceux qui parvenaient à lire ne serait-ce que la surface de ses yeux, et sa famille n’en faisait pas partie pour son grand bonheur. Enfin, on aurait dit que quelqu’un tenta aujourd’hui de s’ajouter à cette minuscule liste, cet intrigant instructeur de hip hop aux magnifiques lèvres et aux larges épaules à croqué. Conscient qu’il divaguait à nouveau, et de façon indésirable par lui-même, il se pinça la main sous la table pour se forcer à garder les pieds sur terre.
-« Pardonne moi, tu disais Hyoga ? La fatigue du trajet commence vraiment à me rattraper. »
-« Pas moi !! » S’exclama en un chant Dité qui vint déposer un plateau de bœuf Stroganov dont la fratrie raffolait.
-« Je me rappelle pas t’avoir déjà vu fatigué. »
- Peut-être parce que contrairement à toi, je me couche tôt quand j’ai à me lever tôt. » Retorqua-t-il avec un sourire fier aux lèvres avant de retourner en cuisine.
-« Balivernes.
-Je t’ai entendu ! »
Natassia, la mère de famille, lâcha un rire cristallin en venant elle aussi déposer les restes des plats typiques russe sur la table à manger. Les yeux de Shun se mirent à pétiller face tant de plats variés qu’il n’avait jamais tester et qui le firent saliver, et Hyoga lui le regardait avec un petit sourire aux lèvres. Camus quant à lui, leva les yeux aux ciels, ces deux-là avait intérêt à se marier à la fin de l’année sinon il allait finir par s’arracher les cheveux. Une fois qu’il n’y avait plus rien à rapporter de la cuisine et que les retardataires se servit à manger, ils entamèrent tous leurs repas animés par l’enthousiasme et l’entrain des discussion du petit groupes, surtout par Isaac et Dité qui étaient les plus bavarde. Bien que cela était surprenant de sa part, Camus apprécia cet inoffensif raffut qui le divertissait assez pour ne pas divaguer à nouveau, et puis, un repas calme avec ses frères n’était pas un véritable repas réussi. Ce sentiment de nostalgie qui était sur le moment assez agréable, et la cuisine de sa mère au gout si spécial à son cœur lui redonnait un semblant d’innocence enfantine. Et Dité était là, partageant ce moment d’allégresse familial avec lui. Il voulait savourer chaque instant de cette joyeuse réunion autour de ses plats préférés. Il voulait imprégner et enfermer ce bien-être temporaire en lui pour qu’elle puisse facilité la nuit à venir. Il était épuisé, mais cela faisait un moment que l’insomnie s’autoproclama son meilleur compagnon. Il répondit sans soucis à toutes les questions qu’on lui posait, enfin, c’était ce qu’il laissait paraitre, mais heureusement que son ami était là pour user de ses capacités de communication afin de recentrer la discussion sur lui et lui donner un peu de repis. Cela servait à retarder autant que possible l’inévitable, et Camus remarquait avec reconnaissance comment Dité parlait bien plus qu’il ne le faisait d’habitude pour ne pas laisser les sujets de conversations glisser vers un point indésirable. Mais au final, cette question dû être posé, et Dité lança un regard désolé vers Camus qui tenta tant bien que mal de le rassurer avec un faible sourire.
-« Et sinon comment va Surt ? C’est dommage que cette année non plus il n’ait pas pu t’accompagner. » Ouvra Natassia le fatidique sujet que le suédois avait échoué à repousser.
A la mention de ce nom, Camus vit clairement ses deux frères grimacer discrètement, enfin, pas aussi discrètement que ça, et si le roux n’était pas à ce point épuisé, il aurait lâcher un rire sincère.
Les jumeaux n’avaient jamais vraiment apprécié Surt, mais par respect pour leur grand frère, taisaient cette méprise devant lui. Camus aurait surement du prendre plus en considération l’avis de ces deux-là, puisqu’apparemment, il semblait s’y connaitre plus que lui. Dité ouvrit la bouche surement pour dire n’importe quoi qui éviterait a son ami de répondre à cette question, mais ce dernier ramena son pied contre le sien pour l’en empêcher.
-« Il va bien. » Répondit-il simplement et sèchement avant de reprendre calmement une bouché de son bœuf, le visage flegmatique.
Continuer de manger était une énorme erreur qu’il avait déjà commise lorsqu’il y avait quoique ce soit relié à Surt, autour de lui ou simplement dans sa tête. Son corps rejetait immédiatement la moindre bouchée jusqu’à la plus petite goutte d’eau. Mais il voulait paraitre aussi imperturbable qu’à son habitude, c’était tout ce que sa famille avait toujours vu de lui, c’était ainsi qu’il était défini par son entourage et c’était aussi ainsi qu’il s’exigeait à être. Alors il continua de manger même si son estomac se retourna, même si sa tête le martyrisa et que chaque bouchée fut une torture à macher. Il sentit que tout voulut remonter, que le monde flanchait et vacillait autour de lui, et que garder une respiration stable devenait de plus en plus difficile avec sa gorge nouée, mais il ne laissa rien paraitre, car c’était ainsi qu’il était, qu’il avait appris à être depuis son enfance. Il préférait agoniser que montrer la profondeur de sa souffrance et de ses faiblesses à quiconque, même si s’était spécifiquement cela qui pourrait le ramener à sa perte, il ne le ferait pas.
Le reste de sa famille s’échangèrent un regard inquiet et interrogatif face à une réponse aussi froide et courte. Pas que cela était anodin de sa part, mais que quand cela concernait la personne mentionnée dans cette dernière question, Camus avait tendance à donner bien plus d’information et d’attention. En fait, c’était étrange que jusqu’à la, il n’avait pas parler de lui ou n’avait reçu aucun appelle de sa part. Bien que Surt n’accompagnait jamais l’aîné en France, il communiquait avec lui tout le long de la journée et tachait à passer un ou deux appels par jour.
Camus sut très bien qu’il ne pouvait retarder le sujet plus longtemps et que dévier ce moment ne lui garantirait pas qu’il serait capable d’en parler calmement plus tard. De tout façon, s’il n’ajoutait rien, sa famille allait se douter de quelque chose et commencerait à marcher sur des œufs autour de lui pour ne pas le contrarié. Il aurait préféré ne pas avoir à gâcher l’ambiance, surtout qu’il avait un invité qui le rencontrait pour la première fois, mais il était hors de question de mentir, puisque que se connaissant, il savait très bien qu’il allait s’enfoncer dans un mensonge facile qu’il lui était favorable sur le moment, et qu’il n’allait plus trouver la motivation de s’en sortir. Dité avait été clair dans l’avion : pas de mensonge. Et puis, si Shun était une aussi bonne personne que les jumeaux le présentaient et que l’amour qu’il avait dans ses yeux à l’égard de son frère n’était pas un mensonge, il allait bientôt lui aussi faire partie de la famille. Commencer à l’exclure ne pourrait être qu’un point désavantageux pour leur future relation. L’aîné déposa alors sa fourchette et passa un mouchoir sur ses lèvres avant de combler à nouveau le petit silence de confusion qui s’était installé, toujours avec un sang-froid impeccable.
-«J’ai rompu avec lui. »
Un bruit de couvercle se heurtant s’éleva lorsque Natassia laissa tomber sa fourchette sous le choc de cette soudaine révélation. Hyoga avala de travers et faillit s’étouffer tandis que Isaac le fixait les yeux et la bouche ridiculement grand ouvert. Dité lui, soupira d’exaspération en secouant la tête, se pinçant l’arête du nez ; il avait bien aussi prévenu Camus de ne pas juste lâcher l’information comme une bombe, de manière aussi tranchante et démuni de tact. Quant à Shun qui ne connaissait pas vraiment la situation et qui se sentit soudain de trop, il se contenta de se faire petit et tapota doucement le dos du blond qui ravalait tant bien que mal ses toussotements. Un silence lourd et pesant s’installa autour de la table que personne d’autre que l’aîné de la famille ne daigna briser.
-«Je ne souhaite pas que ce sujet infecte la bonne humeur d’aujourd’hui, je suis sincèrement heureux d’être avec vous tous…et d’ailleurs, je vais le rester. »
Il finit sa phrase avec un petit sourie forcé qu’il espéra paraitre naturelle, bien que l’empathie et la tristesse se lisaient dans les yeux bleu de sa mère, elle fronça légèrement les sourcils d’interrogation. Ses deux frères devaient surement être encore trop embrouillé par le choc de sa rupture avec Surt pour supposer ses dernières paroles.
-« Comment ça, mon cœur ? » Lui répondit enfin sa mère.
-« J’ai démissionné de l’université, je ne retourne plus à Moscou. »
Isaac et Hyoga bondirent de leur chaise en un cri d’heureuse surprise et se jetèrent sur lui sans aucune retenu, maquant de le renverser de sa chaise, et avec toute la table. Camus s’attendait à de l’excitation de leur part, mais à pas autant, et cette petite surprise affective le fit lâcher un rire sincère. Il tapota et frotta leur dos tandis qu’il se faisait étouffer par deux paires de bras autour de son cou.
-« Tu restes en France !?
-Sérieux tu ne pars plus !?
-On va te voir toute l’année !?
-C’est trop bien !! On va pouvoir aller skier ensemble !
-Ouais !! Ca fait des années qu’on n’a pas skier ensemble ! »
Camus sentit ses émotions dangereusement remonté à la surface, et ferma les yeux quelque instant pour les réguler et maitriser. Il avait une famille chalereuse qui l’aimait inconditionnellement, et ils les avaient abandonnés pour suivre un homme qui le traita comme s’il ne meritait pas toute cette affection. Cela prit du temps avant qu’il ne le réalise, qu’il trouve la force et le courage d’agir enfin, de reprendre sa vie en main, et il culpabilisait et se haïssait pour avoir prioritiser un tel homme avant sa propre famille. Il avait raté tant de bon moment, avait tant faillit à son rôle de grand frère pour lui, mais ses frères ne lui en avaient jamais voulu, et étaient content de le réaccueillir quotidiennement dans leur vie, les bras ouverts, sans rancune. Camus se leva de sa chaise afin de les enlacer plus proprement. Il en avait besoin, jusqu’à la, il fut persuadé à cause de lui qu’il n’était pas si aimé que cela, que ses frères et sa mère se portaient bien mieux éloignés lui et de son mauvais caractère invivable, de ses ressemblances bien trop flagrante avec son père, de sa froideur blessante et tout ce qu’il était. Il l’avait écouté et le cru, il avait été aveuglé, par lui ainsi que ses propres inquiétudes et crainte. Cette étreinte était ce dont il avait le plus besoin maintenant, sans même le savoir. Mais ses frères avaient toujours su lui fournir ce dont il avait inconsciemment besoin sans qu’eux même ne s’en rendent compte. Comment avait-il pu les laisser ? Il ne fut pas là pour eux autant qu’ils furent la pour lui, et c’était honteux.
Dité avait attrapé son portable pour filmer cet attendrissant moment que lui et les deux autres observaient avec bienveillance, un doux sourire aux lèvres. Et pour ce qui était de la mère de ces trois garçons, elle passa ses doigts sous ses yeux pour sécher les larmes qui s’y échappèrent. Shun s’hâta de lui passer un mouchoir propre et elle le remercia d’un hochement de la tête reconnaissant.
-« Natassia, allez-y ! Il ne manque plus que vous ! » L’encouragea Dité en lui tirant gentiment le bras pour qu’elle se lève les rejoindre.
Et c’est ce qu’elle fit, faisant lâcher un « Awww ! » De la part des deux amis de la famille.
-« Shun, je sais que tu viens de me rencontrer, mais j’ai soudainement besoin d’un câlin maintenant !
-Haha, moi aussi ! »
Dité viens passé un bras autour ses épaules pour l’étreinte amicalement et tourna la caméra de son portable en mode selfie.
-« T’es trop adorable, faut que je prenne un selfie avec toi !
-Et moi !? » S’incrusta Isaac une fois leur émouvante embrassade terminée.
-Oui bien sûr, venez tous ! Photo de groupe ! »
Hyoga tira sa mère et son grand frère avec lui pour paraitre dans le champ de capture de la caméra.
-« Faisons un groupe chat tous ensemble car je compte bien profiter des vacances avec vous tous. » Déclara Dité après avoir pris une petite série de photo.
-Dité, tu restes toutes les vacances ? » Demanda Isaac, les yeux remplis d’espoir.
-« Surement plus, j’ai démissionné aussi donc pour l’instant je suis libre ! »
Non seulement son grand frère allait rester pour de bon, mais aussi celui pour qui il avait un béguin depuis bientôt un an, lui donnant largement le temps de gagner son cœur et lui prouver que malgré la différence d’âge, il saurait le satisfaire comme il se le doit. Camus semblait avoir lu dans ses pensées, et retint un énième soupire. Natassia les avait ensuite invités à reprendre place autour de la table pour continuer le repas pas encore achevé. L’ainé était soulagé que la bonne humeur et l’entrain revigora la conversation précédemment interrompue à cause de la révélation de sa rupture avec Surt.
-« C’est pas pour rien qu’il t’as mi devant en solo Shun, le coach sait ce qu’il fait. » Rassura Hyoga leur ami après que le sujet de discussion vira vers leur hobby commun, la dance.
-«Mais je stresse quand même ! J’ai encore du mal avec cette partie de la chorégraphie.
-On peut s’entrainer ensemble, on a encore un peu de temps avant la compète, puis demain on a une heure supplémentaire pour compenser les retards »
Camus n’avait plus l’appétit mais se forçait à prendre une bouche chaque quelques minutes, sa mère s’était démenée pour lui préparer ses plats préférés, et il détestait le gâchis, donc il comptait bien finir son assiette en se divertissant de la conversation des plus jeunes. Il remarqua que le regard de sa mère était quelque peu insistant sur lui, puis a la mention du coach il crut aperçoive une lueur passer à travers ses yeux.
-« Oh mais d’ailleurs, Camus a pu voir votre enseignant ?
-Oui, ils ont fait aussi connaissance ! » Répondit Isaac.
-« Ce jeune homme est vraiment charmant ! » Continua Natassia, donnant un mauvais pressentiment à son aîné. « Il est aussi très beau et gentil avec les garçons. »
Les fière élèves de cet instructeur hochèrent la tête d’approbation.
-« Oh, ça parle de beau jeune homme, moi ça m’intéresse ! Dites-en plus, il est comment ? » S’intéressa Dité jetant un regard au coin à son ami.
Isaac retint mal une grimace mais ne s’attarda pas plus, ce fut Shun qui répondit.
-« Il est jeune, votre âge si je me trompe pas, et il grec. »
Camus à donc vu juste ! Il s’en doutait. Son français était irréprochable mais il y sentit une pointe étrangère dans l’intonation, mais vraiment quelque chose de quasi imperceptible. Et puis les traits de son visage…vraiment très bien foutu, lui rappelleraient la perfection des sculptures antique, sans parler des hypnotisante boucles indigo qui roulaient si impeccablement derrière son dos et-
-« Comment tu la trouvé Camus ? » Lui demanda son ami, l’extirpant de sa rêverie.
Il cligna deux, trois fois des yeux pour revenir à la réalité, il n’avait pas remarqué qu’il s’était mis a rêvasser en pensant à cet homme, Milo Alexandris. Ah oui, et le nom était le meilleur indice qui le mena à deviner ses origines. Ce nom resonnait si bien dans son esprit pour une raison, il avait envie de le prononcer juste pour voir à quel point il faisait grec. Et ce nom lui allait étrangement si bien, cela ressemblait à un nom qu’un auteur donnerait à son personnage préféré. Et ironiquement, cet instructeur semblait avoir tout pour être le personnage favori des fans s’il était un personnage de fiction. Et d’ailleurs, avec une telle carrure, un aussi beau visage, et un charisme comme le sien cela ne surprendrait pas Camus si Milo s’avérait être une célébrité ou quelque chose du genre. Il était déçu d’être arrivé trop tard pour le voir danser, mais ses muscles gonflés et la finesse du bas de son corps démontraient une souplesse et endurance expertes…
-« Camus ? »
Sa bulle de pensée éclata a nouveau et il releva rapidement le regard avec horreur en réalisant qu’il s’était à nouveau mis a rêvasser. Il devait vraiment être au bout de ses force pour se permettre une chose pareille. Il se retint autant que possible de faire une grimace d’embarras en voyant comment tous le regardaient en silence, il eut ce soudain besoin de disparaitre ou de s’enterrer vivant. Il se racla la gorge et se tint plus droit, en priant de toute ses forces qu’il n’avait pas faire une drôle de tête ou un regard inhabituel lors de ses réflexions interne, ça ne lui arrivait pas d’être aussi absorber dans ses pensées en la présence d’autre personnes.
-« Pardon ? À propos de Milo ? Enfin, le coach ? »
Quel idiot !! Il avait tant répété son prénom dans sa tête qui avait glissé sur sa langue bien trop naturellement, mais là n’était pas le réel problème, pourquoi fallut-il qu’il se corrige aussi vite comme s’il avait commis une erreur ou avouer un mensonge sans faire exprès !? Vraiment ce genre de faute ne lui ressemblait pas ! Il avait d’urgence besoin de sommeil !
Il ne put s’empêcher de froncer des sourcils en remarquant l’expression de Dité et celui de sa mère changer, arborant un quasi-identique sourire qui paraissait innocent mais qui était remplis de sous-entendu.
-« Il a l’air poli. » Répondit-il simplement d’un ton agacé en détournant le regard.
Isaac et Hyoga analysèrent ce qu’il venait de se passer et après avoir remarqué l’expression de leur mère et l’ami de leur frère, ils se levèrent à nouveau de leur chaise d’une parfaite synchronisation et pointèrent leur fourchette vers Camus.
-« Le coach te plait !? » S’exclamèrent-ils d’une même voix étonné.
Cette fois ci, l’aîné ne put retenir une grimace de déformer les traits de son visage, pris de court et d’embarras par la soudaine supposition de ses frères qui apparemment mourriez s’ils devaient être plus discrets.
-« Quoi !? Qu’est-ce que vous racontez ? Je lui ai à peine serré la main ! »
Les jumeaux s’échangèrent un regard complice remplis d’excitation comme si Camus avait répondu positivement à leur question. On aurait dit que tout une histoire d’amour s’était déjà écrite dans leur tête et le personnage principale de ces âneries niais soupira bruyamment dans la vrai vie en posant une main sur son front. Il lança un regard ennuyé à sa mère qui affichait son visage le plus innocent et angélique, qui lui allait bien, et à Dité qui dansaient légèrement des épaules en le taquinant du regard. Depuis qu’il avait rompu avec Surt, Dité tentait désespérément de le convaincre de passer une nuit torride avec n’importe quel gars qui en valait la peine pour qu’il puisse oublier plus vite ce connard. Mais le jeune homme roux n’était juste pas ainsi, il se voyait mal permettre à un inconnu de le toucher et le voir nu, encore moins incérer quoique ce soit en lui et lui donner du plaisir. Cela le dégoutait. De plus Surt fut sa première fois, et a part avec lui, il ne l’avait jamais fait avec personne.
-« De plus » Ajouta la victime des taquineries. « Cette femme qui l’attendait derrière la vitre était vraisemblablement sa copine, et vous avez tort de penser que je pourrais m’intéresser à quelqu’un que j’ai à peine vu. »
Bon, la fin de sa phrase c’était de mauvaise foi, mais il préférait mourir que de l’avouer…En tout cas l’avouer devant sa famille.
Les jumeaux se rassirent, toujours d’un geste synchronisé, l’air quelque peu déçu en se rappelant que le coach avait une petite amie et qu’il n’avait jamais donné de signe d’intérêt pour le même sexe.
Pour donner un temps de répit a son fils, Natassia demanda à ses jumeaux de l’aider débarrasser la table. Par reflexe, Dité et Shun s’exécutèrent aussi malgré les protestations de la famille. Une fois que tous apportèrent une aide quelconque, la mère de famille invita son aîné et l’ami de ce dernier de monter dans leur chambre pour se reposer. Exténué tout aussi socialement, mentalement que physiquement, Camus ne broncha pas et salua les trois adolescents qui eux avaient décidé de trainer dans la chambre voisine, celle des jumeaux. Dité et lui allait partagé sa chambre, lorsqu’il avait su que son ami allait l’accompagner en France, il avait commandé un lit pliable pour que ses frères le lui installent avant leur arrivé, et les garçons n’avaient pas failli à leur mission.
Le suédois aux longues boucles d’eaux se laissa tomber sur le matelas moelleux du lit pliable en ricanant avant de se redresser et s’asseoir sur ses chevilles, lançant un regard appuyé à Camus qui ferma la porte après s’être assurer que les adolescents avaient bien fermer la leur. Il soupira ensuite et lança un regard grave à son ami qui avait les yeux pétillant d’anticipation.
-« …Oui…Il est extrêmement sexy. »
Dité s’esclaffa de rire en rejetant sa tête en arrière avant de se laisser retomber dos contre matelas. Camus leva les yeux aux ciels d’exaspération, plus contre tout cette situation et Milo que contre son ami, puis vint le rejoindre sur le matelas en sortant son portable de sa poche. Allongé cote à côte, les yeux rivés sur l’écran de téléphone, Dité observa les doigts du franco-russe appuyé sur l’icône d’instagrame et ouvrir le profil d’Isaac.
-« J’ai eu l’impression tout à l’heure que je l’ai déjà vu quelque part. »
Camus fit défiler les photos postées de son frère, la majorité contenaient aussi Hyoga dedans, il ne prenait presque aucune photo seul, toujours avec des amis, des camarades de classe ou de dance et surtout surtout avec son frère jumeau. Il interrompit la descente des postes lorsqu’une couleur en particulière passa dans son champ de vision. Un profond indigo. Il appuya sur une publication qui datait d’il y a sept mois, exactement durant la même période où ses disputes avec Surt furent à leur paroxysme, expliquant surement pourquoi Camus ne l’avait pas remarqué plutôt. Vraiment, ces temps la furent des plus éprouvant et exténuant pour lui, il fut au plus bas de sa forme, pas mieux qu’un mort-vivant qui ne voulait même plus remonter à la surface de la terre. Ses sombres ressassements d’un passé récent dont les blessures n’avaient même pas encore proprement commencé à guérir furent coupé court lorsque l’image apparut en grand sur son écran, remplissant ses yeux de ces fortes et riches couleurs, de ce tranchant et rayonnant sourire. Un certain confort regagna son cœur abimé, il n’y avait aucun doute, cet homme était vraiment radieux. On voyait dans le cliché ses deux frères de part et d’autre leur instructeur qui avait ses bras autour de leurs épaules, ses boucles sauvages relâché dans leur état naturelle, collant sur son visage suant et illuminé s’un sourire fier et victorieux, révélant ses dents blanches, ainsi que deux fossettes de chaque extrémité de ses lèvres. Camus les avait remarqués lorsqu’il s’était salué plus tôt dans la journée et il éprouva à nouveau les mêmes sensations en les voyant sur son écran. Un picotement chaud aux creux de ce trou béant creusé dans sa poitrine, et ce soudain étirement au niveau du coin de ses lèvres. Oui, pour une raison ce visage lui donnait envie de sourire comme s’il était inexplicablement réconfortant, peut-être était-ce dû à la lumière qui émanait de lui lorsqu’il affichait ce sourire qui lui semblait fétiche, il était contagieux.
-« C’est lui !? »
L’exclamation dans son oreille le frappa violement, coupant court à cette émotion qui tournoyait en lui.
-« Il est sacrement beau ! Wow ! Regarde-moi cette mâchoire et ces biceps ! »
Oh pour regarder cela, Camus le faisait déjà et n’avait absolument pas besoin qu’on lui pointe la direction. Il baissa les yeux vers la légende de la publication où le pseudo de Milo était mentionné, il appuya sur l’arrobase précédant le nom pour ouvrir le profil de l’instructeur et pour une raison son cœur avait gagné en rythme en attendant que sa page charge. Et une fois cela fait après deux secondes, lui et Dité se redressèrent en un saut, leurs globes oculaires menaçant de se déloger de leur orbite devant les premières photos visible. La publication qui attira en premier leur regard était une photo extrêmement délicieuse de ce jeune homme posant devant son miroir, torse nu, un bras levé derrière sa tête, affichant en grand plans ses muscles tracés, comme sculptés méticuleusement par un dieu en personne, une taille qui s’affinait à la courbe parfaite -délicieuse- et son short dangereusement bas laissait paraitre les traits distinct du relief musculaire, descendant en V et mettant en valeur la forme de son bassin qui fit certainement baver beaucoup plus qu’un. En voilà deux de plus. Sans parler de son visage a moitié visible derrière son téléphone, son regard de lagons clair pénétrant et son sourire narquois incroyablement séduisant. Ses boucles indomptées embrassaient parfaitement les courbures de son corps de dieu grec, une petite tombée de mèche serpentaient envoutamment sur le côté de son pectoral, et le reste s’échouaient à la moitié de son dos.
Dité avait lâché un cri aigu d’agréable surprise tandis que le souffle de Camus se coupa brusquement. Son ami avait entrepris un geste pour lui arracher le téléphone des mains, mais le connaissant que trop bien, il esquiva sa tentative en relevant le bras qui tenait l’appareil. Il n’aurait jamais dû laisser la curiosité le dicté à s’aventurer sur son profil, il n’aurait jamais dû se laisser aller ! Il avait vu quelque chose qu’il aurait préféré ne jamais voir, et même si ce n’était que pour quelque petite courte seconde, sa mémoire était assez développée pour s’ancré de cette image obsédante.
-« Donne !
-Nah-han !
-Yah-han! Ton téléphone, now!”
Camus recula pour l’empêcher de s’emparer de son portable, le bras toujours lever aussi haut que possible en le repoussant de son autre main.
-« Camus Delaurore, hand over your phone now, mister!
-Tu rêves ! Huh, tu rêves mon pauvre. » Dit-il en se levant du lit, cachant son portable derrière son dos.
Dité se débattit un peu avec lui avant de se retourner et se jeter sur son propre telephone qu’il avait abandonné sur le lit pliable. Remarquant ce qu’il comptait faire, le roux se jeta sur lui comme dernier recours pour le retenir d’attraper son tout nouvel iPhone sortit sur le marché et donc de retrouver le compte de ce sacrement bel instructeur aux magnifiques corps de rêve.
-« Dité ! Oublie qu’il existe ! fait comme si tu n’as rien vu ! »
Le suédois libera un bras tant bien que mal comme s’il se débattait pour sa propre vie, et attrapa fermement son portable à la coque aussi turquoise que ses cheveux et muni d’une mignonne berloque en forme de rose rouge.
-« Là c’est toi qui rêves ! C’est la première fois depuis tellement lentement que quelqu’un te tape dans l'oeil ! Je ne laisserais pas passé cette occasion pour rien au monde !
-Dité ! Il a une copine ! et je ne suis pas désespéré à ce point ! » Réfuta-t-il en essayant à son tour de lui prendre le téléphone des mains
-« Si tu l’es ! T’es désespérant ! T’as perdu complètement gout au plaisir charnel bien avant même que tu romps avec ce connard ! Qu’un gars ait ENFIN réussit à t’intéresser ça se tient du miracle !
-Je risque de me répéter mais il a une copine ! Et même sans quoi, un gars comme lui ne s’intéresserait surement pas à un autre gars.
-Peut-être, mais mon gaydar n’ait pas aussi convaincu que toi. Puis honey, je suis sûr que t’es mille fois plus sexy que sa copine. » Acheva-t-il sa phrase d’un mouvement de tête provocateur et un sourire moqueur.
-« Tu te trompes complètement. »
Dité se retourna et appuya fortement son index sur le front de Camus, presque douloureusement, le faisant froncer encore plus des sourcils d’agacement.
-« Honey, je me trompe jamais ! »
Le plus jeune soupira de défaite, il était trop épuisé pour continuer à débattre et Dité était bien trop têtu. C’était son meilleur ami, il le connaissait presque par cœur, et il savait très bien que lorsqu’il avait une idée en tête, c’était absolument impossible de le lui retirer ou de l’en dissuader. Ce n’était jamais arrivé auparavant et ce miracle ne se produira surement pas maintenant peu importe à quel point il supplierait les dieux. Enfin, son ami avait quand même raison sur un point, son attention ne fut pas ainsi attirée par quelqu’un depuis bien trop longtemps. Le suédois avait bien tenté de le présenter à des connaissances qui était ouvert à sa sexualité, des amis qui parurent intéressés, il avait même un collègue qui lui avait fait des avances, et tout comme deux ou trois élèves universitaires. Mais peu importe à quel point ils pouvaient être pour certain beau ou riche ou musclé, rien n’y faisait c’était comme s’il voyait un mur sans décoration et sans intérêt. L’envie et le désire s’étaient totalement effacés de son système. Certes, cette histoire avec Milo l’embêtait au plus haut point, néanmoins il fut indéniablement rassuré de remarquer qu’il n’avait pas définitivement emprunter la voie de l’asexualité.
Il abandonna le combat et se leva pour se débarrasser de son jean et alla s’allonger sur son propre lit.
-« Camus. » L’appela Dité d’une voix plus calme et douce. « Tu es la pour ouvrir un nouveau chapitre. Je sais que c’est encore trop tôt pour toi pour trouver quelqu’un d’autre, mais rien ne t’empêche d’essayer, de t’amuser un peu pour te préparer à une éventuelle relation, peu importe avec qui. Et ne me dit pas que tu ne veux plus jamais être en couple car si à la fin de l’année tu n’as pas quelqu’un, je te forcerais à sortir avec moi ! »
La menace de fin réussit à lui faire lâcher un petit rire contre son oreiller. Il s’était déjà dit une fois que les choses auraient pu être tellement plus simple si Dité et lui avaient su nourrir ce genre de sentiment l’un envers l’autre, d’ailleurs, Surt était persuadé qu’il l’avait trompé avec lui. Mais la paire d’amis n’avait jamais eu rien de plus qu’une solide amitié qui ne dépassa jamais la limite vers l’attirance ou l’amour romantique, de toute façon, ils n’étaient pas le type de l’autre…enfin, ils pratiquaient surtout le même rôle durant l’acte sexuelle, ce qui compliquerait grandement les choses.
-« On verra…
-Aller, tu es de retour à la maison, tu peux te permettre une bonne petite sieste…A tout à l’heure. »
Et ce fut avec un doux sourire aux lèvres que celui aux boucles d’eaux regarda son ami sombrer immédiatement dans un profond sommeil.
Camus ne fut peut-être pas son premier meilleur ami, de sa nature sociale, Dité en avait vu pas mal passé, mais cela se finissait toujours sur une note amère ou une dispute qui les pousser à s’éviter ou se bloquer directement et ceci fut toujours causé par des raisons similaires. La jalousie, l’attirance et l’intérêt personnel étaient les causes les plus récurrente, cela lui appris à ne jamais faire confiance et à rester sur ses gardes, peu importe à quel point il se trouvait proche d’une personne. Mais avec le franco-russe, il s’était surpris à se relâcher, à ne rien craindre et voir enfin un ami qui tenait à lui, pas pour son corps, par pour un quelconque gain, mais juste pour lui et ce qu’il était. Au début, certes, ils enchainaient les regards de travers et les débats du à leur différente personnalité, mais les quelques points communs qu’ils avaient dénichés entre eux les avaient étonnement et rapidement rapprocher. Et bien que Camus masquât beaucoup ses réels sentiments, il n’était pas pour autant quelqu’un de superficiel, il était toujours à l’écoute, même avec les personnes qu’il n’appréciait pas vraiment, et il donnait de lui-même pour fournir les meilleurs solutions et conseil rationnels qui allait au-delà d’un simple encouragement ou d’un réconfort émotionnel. La qualité de vie et les décisions de Dité s’étaient amplement amélioré depuis qu’ils étaient amis, et il lui serait toujours infiniment reconnaissant. Il se devait à son tour de lui apporter cette aide, et son premier rôle en tant qu’ami fut de le réveiller de la manipulation dont il fut victime, et doucement mais sûrement, il allait emmener Camus vers une bien meilleur vie et il ne comptait pas abandonné tant qu’il ne le voyait pas sourire sincèrement tous les jours et prendre enfin réellement gout à la vie. Son meilleur ami meritait le plus profond et passionnel amour et s’il ne pouvait trouver quelqu’un qui serait capable de lui fournir cela, il serait prêt à essayer lui-même.
Et ce fut avec un sourire déterminé qu’il se démuni aussi de son short jean pour rejoindre son ami dans un sommeil bien mérité.
Chapter 2: Lancement de l'operation.
Notes:
Parfois je melange les pov. J'essaye au max de ne pas le faire. D'ailleur, dans cette fanfic il y aurait pas mal de reference a des chansons ou personne connu. Sur ce bonne lecture
(See the end of the chapter for more notes.)
Chapter Text
Quelques minutes plus tôt, de l’autre côté du couloir, Isaak fit un dernier signe de main à son grand frère avant de renfermer la porte de sa chambre. Hyoga et Shun s’étaient installé sur les coussins posé au pieds de leurs lits superposés où ils avaient l’habitude de s’asseoir lorsqu’ils se réunissaient ici, tous les trois ou avec d’autre amis.
-« J’arrive toujours pas à croire que Camus ait rompu avec ce connard. » Parla en premier le blond.
-« Et moi j’arrive pas à croire qu’il l’ait ENFIN fait ! Ce fils de pute ne meritait pas Camus !
D’un pas enragé Isaak se rendit à leur armoire et ouvrit le dernier placard où était plaqué un poster graffité d’une moustache et d’un dessin de merde du visage de ce Surt troué à certain endroit. Le premier des jumeaux sortit des flèches d’un tiroir et en projeta une entre les sourcils épaissit au marqueur. Hyoga se leva pour aller balancer un coup de poing sur leur cible, ce qui faillit bien faire détacher la porte en bois. Shun quant à lui soupira, mi exaspéré mi amusé, quand ces deux la commençaient, il était difficile de les arrêter. Il se rappelle encore il n’y a pas si longtemps ils avaient agrafé une photo de lui sur une poupée en paille acheté dans une boutique aux thème occulte et l’avait piqué de partout avec des aiguilles, puis avait joué au foot avec, avant de la jeter à coup de pied du dernier étage de leur lycée. Et comme si ce n’était pas suffisent, une fois qu’ils l’eurent récupéré, ils continuèrent à la torturer en la noyant puis finalement en la balançant dans un feu allumé derrière leur établissement scolaire. Shun silencieusement fut témoins de toute ses atrocités sans pour autant les empêcher, après tout se défouler sur une poupée en paille était mille fois mieux que de provoquer de véritable bagarre, et puis les voir aussi complices et agacé en même temps étaient assez amusant.
-« Mais c’est sûr qu’il est triste maintenant… » Se démoralisa Hyoga en s’appuyant sur leur bureau, les bras croisés et la tête baissé
-« Pas pour très longtemps car maintenant il va rester ici avec nous ! Imagine ! Ça sera encore mieux qu’avant car Surt ne sera plus là pour tout gâcher ! »
Un sourire rayonnant renaquit sur les lèvres de Hyoga à cette superbe réalisation, plus jamais il n’allait devoir grincer des dents ou rager à cause d’un salopard qui volerait toute l’attention et le temps de leur grand frères adoré. L’excitation de retour, il alla arracher le poster de Surt pour le déchirer d’un sourire victorieux, faisant lâcher un rire à Shun. Ils sursautèrent légèrement en entendant un cri provenir de la chambre d’en face, ils fixèrent la porte quelque seconde sous la confusion avant que cela semble avoir rappeler un détail important à Isaak. Ce dernier attrapa le bras de son frère pour le jeter avec lui sur leurs coussins.
-« Ouvrons le sujet coach Milo ! »
L’excitation se lit dans leurs yeux pétillants et leur grand sourire à la mention de ce nom, se penchant au centre de leur petit cercle pour pouvoir discuter sans risque d’être entendu par leur voisin de chambre.
-« Tu penses vraiment qu’il a plu a Camus ? Je ne l’ai jamais vu s’intéresser à quelqu’un d’autre que Surt.
-Surt c’est de l’histoire ancienne, oublié ! Milo plairait à n’importe qui ! Il est mille fois plus beau que Surt, mille fois plus cool, mille fois plus sympa ! » Clama fièrement Isaak en énumérant sur ses doigts
Les qualités de leur instructeur de dance avec des geste excessifs mais remplis de passion.
-« Et mille fois plus charismatique ! » Ajouta Hyoga, satisfait.
-« Le coach est très attentionné aussi. » Participa leur ami aux louanges de ce chanceux jeune homme.
-« Quelqu’un comme lui traiterait si bien Camus. » Dit Isaak ce qui fit paraitre de la rêverie dans les yeux de son jumeau qui semblait avoir enfin imaginé à quoi ressemblerait son quotidien si son grand frère était en couple avec l’homme qu’il considérait aussi comme tel.
-« Imagine…Ça serait incroyable !
-D’avoir le coach comme beau-frère…Le rêve !
-Ca serait tellement bien !
-Imagine tous les jours avoir Camus ET le coach à la maison !
-Il fera partie de la famille !
-Imagine tous les cours de dance qu’on pourrait avoir en plus !
-Maman l’adorerait !
-Et Camus serait heureux !»
Shun éclata de rire en se tenant les côtes face à tant d’enthousiasme adorable de la part des jumeaux qui affichaient l’expression la plus heureuses qu’il n’ait jamais vu sur leur visage. Le bonheur de leur grand frère leur était si important, c’était extrêmement attendrissant de les voir autant exprimer leur affection et leur amour pour lui, cela lui rappelait son propre lien solide et irremplaçable avec son grand frère qu’il chérissait plus que tout au monde. Il n’y avait réellement rien de plus précieux que la famille, peut être aussi les amis qui aux fils du temps en devenait aussi une. Et il eut cette dernière pensée en s’imprégnant les yeux du visage radiant de joie de Hyoga qu’il ne pouvait qu’admirer, le cœur battant.
-« Les gars ! J’adore vous voir aussi heureux, et je veux pas jouer les rabats joie, mais vous oubliez sa petite amie.
-C’est sa petite amie, pas sa femme ! » Corrigea Isaak l’air plus déterminé que jamais. « Quand il réalisera à quel point Camus est incroyable, il la quittera sur le champ !
-Mais… » Reprit Hyoga. « Comment on sait s’il peut même être intéressé par les hommes. On sait qu’il a aucun problème avec l’homosexualité, mais ça veut pas dire qu’il y est ouvert. »
Les jumeaux se tapirent dans le silence, entrant en réflexion d’un air démoralisé. Shun les regarda avec un sourire avant reprendre parole.
-« En tout cas, j’ai bien remarqué un regard insistant entre eux. »
La paire de frère releva le regard avec intérêt, leur curiosité piquée avec une once d’espoir.
-« Comment ça ? » Demanda Isaak, pendu aux lèvres de leur ami.
Shun se pencha davantage pour faire durer ce suspense encore plus amusant avec la tronche un peu stupide que tiraient les jumeaux, impatient d’entendre la suite.
-« La façons dont ils se regardaient. » Coupa-t-il la petite attente. « Peut-être que ce n’était pas que mon imagination, mais si ce regard veut dire que Milo a plu a Camus, je pense aussi que le contraire soit pertinent. »
-« Hein quoi ? quel regard !? J’ai rien remarqué ! » S’écria Isaak en jetant un coup d’œil Hyoga qui semblait aussi étonné que lui.
-« Bien sûr que vous n’auriez rien remarqué, vous étiez trop heureux et focalisé sur la présence de votre frère. Ces deux la maintenaient un eye-contact assez électrifiant ! Aucun d’eux n’étaient en train de détourner le regard, et même si Camus se retourner pour vous regarder par moment, le coach lui ne l’as pas fait ! Enfin, si je ne me trompe pas, j’ai détourné les yeux deux seconde mais quand je l’ai regardé à nouveau, il était encore en train de fixer Camus ! »
Isaak et Hyoga s’échangèrent regard remplis d’espoir, leurs lèvres à nouveau habité par un sourire enthousiasmé.
-« ‘Fin, le coach à tendance à fixer les gens pour les perturber, mais c’est quand même un bon départ. » Nota Hyoga.
-« Et Camus aussi n’a pas vraiment de problème à maintenir un regard, mais c’est mieux que rien.
-« Oui mais le sourire qu’ils avaient avec ce regard, on aurait dit qu’il était complice, un peu comme s’il se connaissait depuis longtemps et qu’il faisait juste semblant de ne pas se connaitre et puis, j’ai pas fini ! » S’exclama Shun en bondissant de sa place.
-« Quoi encore ? » S’impatienta déjà le second jumeau en observant attentivement leur ami.
-« Qu’un d’entre vous vienne me serrer la main comme si on se rencontrait pour la premier fois »
Isaak donna un coup d’épaule à son frère pour qu’il se porte volontaire. Ce dernier ne broncha pas et se leva pour se positionner en face du japonais qui avait la main tendue. Il la serra comme demander en retenant autant que possible des rougissements d’apparaitre sur ses joues.
-« La on s’est serré la main comme on le ferait avec n’importe quel inconnue, mais j’ai bien vu qu’avec eux c’était un peu différent »
Shun tendit à nouveau la main et Hyoga s’exécuta en l’enroulant de la sienne. L’adorable adolescent le fixa droit dans les yeux avec un sourire, et serra sa main de manière plus lente avant de retirer la sienne avec tout autant de lenteur en rallongeant le dernier contact de leurs doigts à la limite du naturel. Une bouffé de chaleur se répandit sous la peau du visage de Hyoga, colorant ses joues malgré tous ses efforts.
-« Voilà comment eux ils se sont saluer ! Je ne sais pas si vous avez remarqué mais ça à durer quelque seconde de plus qu’un serrement de la main ordinaire. Donc si vraiment ils ne se connaissent pas, ça veut forcément dire que leur intérêt a été piqué ! »
-« Ca par contre, c’est pas habituelle à Camus » Dit le premier jumeau en ricanant de la réaction si évidente de son frère qui d’ailleurs le fusillait du regard.
-« Toujours un aussi bon observateur, Shun.
-Hehe, j’ai l’habitude à force d’observer les gens pour mes peintures. En tout cas, ce n’est peut-être pas l’amour au premier regard, mais je suis sûr qu’il y eu une petite étincelle entre eux. Lorsqu’on partait, le coach n’a pas non plus retirer son regard de Camus, même quand sa copine est venue le saluer, je pense que même si le coach n’est pas intéressé par les hommes, rien ne prouve qu’il ne pourrait jamais l’être. »
-« Je me sens coupable pour sa joli copine mais nous devons essayer de les rapprocher !
-Moi aussi, mais Camus passe avant tout. » Approuva le blond.
Sans même se regarder, un sourire identique se dessina sur leurs lèvres à la pensée de leur frère avec leur coach et bondirent sur place d’excitation en compagnie de Shun.
-« On appellera ca : ‘L’opération Mimus’ ! » Proclama Isaak.
-« Opération Mimus ?’
-Oui, ‘Mi’ pour Milo et ‘Mus’ pour Camus !
-Je rêve ou tu viens d’inventer un nom de ship ! » S’esclaffa de rire leur ami.
Très vite, ce rire contamina les deux autres, replissant la chambre des sons joyeux de trois adolescents complices d’un nouveau plan mis en place pour le nouveau bonheur d’un être cher, et aussi pour bénéficier encore plus des enseignements précieux de leur coach favoris.
Dans la chambre voisine, les occupants qui venaient de s’endormir, relevèrent légèrement la tête lorsque les exclamations de joie s’infiltrèrent dans leur sommeil, Camus et Dité s’échangèrent un regard fatigué avant de ricaner doucement. Peu importe la raison pour laquelle les trois adolescents furent si exalté, leur enthousiasme et joie de vivre infecta les deux adultes qui trouvèrent du réconfort dans leur rire et exclamation, surtout Camus. Le sourire aux lèvres, il reposa lassement sa tête contre l'oreiller et rejoignit à nouveau les bras de Morphée plus facilement qu’il l’aurait espéré.
Lorsqu’il regagna conscience, il se sentit remonter à la surface d’un coma sombre mais paisible, comme s’il naquit à l’existence pour la première fois et que son cerveau se mit tout juste en marche. Il ne se rappela pas, les premières seconde, de son emplacement, confus. Même les paupières papillonnantes, il continuait à de voir que tu noir autour de lui. Ne parvenant pas à proprement identifier ce qu’il y avait aux alentour, il reconnut cependant l’odeur distincte de la lessive qu’utilisait sa mère, et se reconnut être à nouveau dans sa chambre en France. Il se rappela qu’il n’était plus en Russie mais ne parvint à sourire même lorsqu’il le voulut. Il avait tout laissé derrière lui de cette vie pour laquelle il avait tant sacrifié, qu’il avait tant attendu. Il avait tout donné, depuis si longtemps, tout cela pour revenir comme un perdant, et il eut l’impression d’entendre la voix de son père résonné dans les profondeurs de son esprit comme un monstre tapis dans l’ombre, lui répétant « Je te l’avais bien dit. »
Camus se sentit soudainement suffoqué, plongeant sous la surface et coulant dans un abime qu’il tentait désespérément de fuir, l’obscurité l’étouffait, faisait naitre et paraitre si clairement ses peurs et ses démons qui tentaient de l’asphyxié. Tout cela pour rien ! Il s’est perdu, il n’était plus rien, pour de bon cette fois ci, plus rien que des miettes, que des morceaux d’un miroir bien trop tranchant et hideux pour que quiconque puisse les ramasser, sans éclats, sans rien qu’il pouvait encore appelé sien. Cet homme avait tout emporté avec lui, mais la faute ne revenait qu’à lui-même, il était celui qui lui avait tout donné sans aucune hésitation, sans rien attendre en retour. Il avait payé le prix d’aimer si incurablement, de s’attacher si désespérément malgré la douleur qui le poignardait, malgré le venin qu’il buvait. À ses yeux l’être lâche, pauvre d’esprit qu’il était, ne meritait certainement pas plus que cela, il se sentit déjà chanceux d’être aussi ‘aimé’ par lui et d’avoir son attention.
Il avait honte ! Honte de s’être tant dévoué, de s’être tant attaché à l’humiliation et la soumission, de s’être laissé si facilement dégradé au nom d’un amour venimeux, mais maintenant qu’il ne l’avait plus, il se sentit terriblement vide. Le fait de ne plus avoir à entendre ses remarques tranchantes et profondément blessante ne l’avait pas soulagé de leur douleur, si ce n’est que le contraire. Comme si rompre avec lui avait arraché bien trop violement le couteau enfoncé dans sa chaire, et que désormais le sang coulait à flot, sans aucun espoir de s’arrêter, le vidant chaque jour un peu plus. La douleur était toujours aussi présente, et même encore plus pesante sans leur quelque moment de tendresse qui l’anesthésiaient et l’extasiaient comme une drogue dure ne serait-ce que pour un court laps de temps. Bien qu’au bout d’un moment, une grande amertume s’installa dans sa gorge avant et après leur ébats, lorsque ses sens s’exaltaient et le plaisir atteignait son paroxysme sous son touché et ses baisers, il se disait que toute la souffrance en valait la peine. Lorsqu’il lui répétait qu’il l’aimait et l’adorait d’un burlant soupire contre son oreille tandis qu’il le stimulait délicieusement, il redevenait son esclave, et ceux avec le plus grand plaisir. Parfois, cela lui arrivait de regretter son choix de s’en allait.
Camus sentit son corps le bruler comme du feu vif. Il se redressa, le souffle court et retira à la hâte son t-shirt dont le tissu lui fouettait la peau de chaleur. Il fut pris de vertige et violente migraine, dans le noir perturbé par aucune lumière, il se sentit au bord de l’évanouissement.
-« Camus ? »
Une faible lumière l’illumina, Dité avait allumé son portable dans sa direction, se redressant sur son coude pour le regarder.
Il faisait peut être de son mieux pour toujours masquer ses émotions et paraitre aussi placide que la surface d’un lac gelé, des fissures parfois échappaient à son control, surtout après sa rupture avec Surt, laissant Dité être témoin de la matérialisation de son mal être sur son corps. Le cas qui le l’embarrassait le plus était ses crises d’angoisse, il haïssait le fait que cela lui arrivait souvent, mais lorsque Dité était là, il trouvait toujours le moyen de le calmer au bout d’un moment. Et son ami connaissait très bien son côté fier et honteux, et donc ne s’attardait quasi-jamais dessus après pour ne pas le vexer. C’était peut-être pour cela qu’il avait accepté qu’il l’accompagne en France, il préférait mille fois que cela soit lui, que sa famille qui ait à le voir ainsi.
Pris d’inquiétude, le suédois se redressa complètement, mais assez calmement pour ne pas brusquer Camus. Ce dernier respirant difficilement, s’appuya sur ses mains contre le matelas en relevant le visage vers le plafond, sa peau luisant de sueur sous la faible luminosité du téléphone.
-« Ca va, je vais bien. » Réussit-il à dire entre deux souffle. « Pas de crise. »
Le suédois soupira de soulagement mais se leva quand même de son lit.
- « Je vais te ramener de l’eau. »
-« Non, je peux le faire moi-même »
Dité se stoppa devant la porte et le pointa du doigt sévèrement.
-« Tut, tut, tu, sit back down, mister! Je m’en occupe ! »
Camus aurait soufflé du nez d’amusement s’il était en états, mais bien qu’il ne fît pas de crise panique, il la frôla incontestablement. Peut-être que cette excellente sieste fut l’élément qui le sauva, il en avait eu tellement besoin et il ne se rappelait pas quand fut la dernière fois qu’il dormit aussi profondément mais surtout aussi longtemps. Il devina du temps qui s’était écoulé par la nuit noire qui paraissait à travers la fenêtre ouverte, et par l’engourdissement de ses muscles. Avant de sortir de la chambre, Dité avait allumé la lumière, ce qui déjà lui redonna un peu plus de facilité à inspirer, et le suédois lui avait offert un sourire qui se voulut taquin avant de disparaitre derrière le mur du couloir.
Oui, ce fut définitivement une bonne idée que Dité proposa de l’accompagner, il alla même à démissionner aussi de son travail, disant que de toute façon il en avait marre de celui-ci. Il ne saurait jamais comment lui rendre l’appareil, il était chanceux qu’un gars comme lui puisse avoir un aussi bon ami. Si Dité entendait ses dernières pensées, il lui mordrait l’épaule par contrariété. Il le savait par expérience. Ce petit souvenir l’apaisa quelque peu. Tout comme la cigarette qu’il avait en tête de fumer.
De retour dans la chambre avec une petite bouteille d’eau froide, Dité resta un moment debout à la fenêtre à ses côtés, à observer la rue à peine éclairée par quelque lampadaire, écoutant le chant des cigales importé par une apaisante brise nocturne. Dité lui proposa ensuite de sortir se promener, après tout ils avaient dormi toute la journée ainsi qu’une bonne partie de la nuit, le sommeil n’allait pas les rattraper tout de suite. Camus acquiesça, prendre de l’air et marcher un peu s’était toujours avéré bénéfique dans ce genre de moment, et cela son ami le savait très bien. Et puis en jetant un coup d’œil à l’heure sur son portable, il vit que l’aube n’allait plus tarder.
Lorsqu’ils retournèrent à la maison, ce fut vers sept heures du matin avec un bon et riche petit déjeuner. La mère de famille alla réveiller ses deux garnements pour qu’ils puissent en profiter pendant que c’était encore chaud. Camus tentait de montrer de la bonne humeur autant que possible, et Dité à ses côtés rendait la chose plus facile avec son éternel entrain et son inépuisable énergie. Dès son réveille, Isaak reprit sa mission de gagner le cœur du suédois avec autant de sérieux que la veille, se gagnant un regard exaspéré de son aîné
Camus sourit sincèrement à la bouille encore à moitié endormi de Hyoga aux cheveux ébouriffés, le reste d’un filet de bave sec sur son menton. Silencieusement, tout comme un enfant, il vint vers son grand frère en se frottant l’œil pour réclamer une étreinte, ce que Camus lui accorda avec grande joie et tendresse, chassant gentiment les mèche d’or hors de son front pour lui déposer un baiser dessus. Dité ne manqua pas d’immortaliser cet adorable moment sur son téléphone, et Isaak qui bien que voulut paraitre mature devant l’ami de son frère, ne résista pas à l’envie d’aller aussi réclamer un peu d’affection. Devant tant d’amour familial, Natassia ne pouvait que sourire tendrement, le cœur fondant de chaleur.
-« Et moi !? » s’offusqua faussement Dité, se levant de sa chaise, les bras tendu vers son ami.
-« You’re a grown ass man. » Plaisanta-t-il en venant quand même passer un bras autour de ses épaules.
-« Sans le bisou !?
-« Je veux pas faire de jaloux. D’ailleurs, dites-moi quand vous avez cours pour que je vous dépose. »
Les jumeaux s’échangèrent un regard complice avant qu’Isaak prenne parole.
-« Tu viendras nous récupérer aussi ?
-Bien sûr.
-ON viendra vous récupérer. » Rectifia Dité avec un sourire qui se voulut innocent.
Après le petit déjeuner partagé dans l’allégresse de leur salon si bien éclairé que cela fit tout autant du bien à Camus que du mal pour ses yeux, les garçons montèrent se préparer, radio à fond, pour leur prochain cours d’Hip hop. Lui et Dité en profitèrent aussi pour faire de même, ils avaient religieusement besoin d’une bonne douche après non seulement ce vol, mais ce long et profond sommeil suivit de leur promenade aux aurores. Mais avec quatre garçons pour seulement la moitié de ce nombre pour salle de bain, ce n’était pas si facile que ça. Hyoga tambourinait avec colère sur la porte d’une des lesdites salle de bain où Isaak semblait réaliser un concert privé, tandis que Camus faisait quelque chose d’assez similaire, avec cependant moins d’entrain à la porte de l’autre où Dité avait décidé de laver ses cheveux. Ils finirent tous juste à temps pour ne pas arriver en retard devant le conservatoire, les jumeaux prirent à peine le temps de saluer les deux adultes pour bondir hors de la voiture et rejoindre en courant Shun qui sautillait les bras lever à l’entrée du bâtiment. Ce dernier fit un signe de main en direction de la voiture avant de se faire trainer par le poignet par Hyoga.
-« Arg, ils sont adorable ! si seulement j’avais des petits frères aussi ! » S’exclama Dité en se dandinant sur son siège conducteur, car oui, il avait insisté pour conduire.
-« J’ai eu de la chance d’avoir des petits frères assez sage, mais crois moi que c’était de véritable diable quand c’était des gamins »
Pour passer le temps, ils décidèrent de s’occuper des courses d’aujourd’hui et en profiter pour faire un tour en ville. Qui dit Dité en voiture, dit musique obligatoire à un volume à la limite du supportable, Camus aurait normalement insisté pour baisser le son, mais là, il avait justement besoin de ce bouquant pour lui remplir la tête et l’empêcher d’entendre ses propres pensées. Celui aux boucles d’eaux s’était paré de ses lunette de soleil et de son joli bandana rouge afin de garder ses cheveux plus au moins en place, et n’hésita pas à s’arrêter ou ralentir à chaque fois qu’il voyait un bel homme pour le complimenter ou le draguer. Camus était habitué depuis, mais il fallait dire qu’au tout début il avait eu du mal avec cette manie du suédois, et cela lui avait causé une fois un problème avec Surt. À l’émergence de ce nom dans sa tête, il se pinça et augmenta encore plus le volume d’une chanson de Lana del rey qu’il devait avouer vraiment apprécié. Il crut ne plus pouvoir penser désormais, mais la voix angélique, les paroles romantiques et la musique sensuelle semblaient glisser sur un corps musclé, à la peau délicieusement bronzé, embrassé par de sauvage boucles d’améthyste. Le frisson qui lui parcourra l’échine comme un éclair brulant l’extirpa de ses pensées et il maudit sa mémoire d’avoir si bien enregistré cette image qu’il n’avait qu’à peine regardé. La chanson suivante de la même chanteuse le tirait inexorablement vers lui, son sourire, son regard perçant qui tentait de pénétrer au plus profond de ses pensées, ses larges épaules, ses-
Camus saisit le portable de Dité pour passer à la playlist suivante, coupant cours à son chant. Il reçut un « Hey ! » de mécontentement de sa part et soupira de soulagement en attendant le début de la prochaine liste...The weeknd ?...D’accord, non, cela n’allait pas le faire non plus ! Il n’était même plus en train d’uniquement se rappeler de lui, mais de le visualiser et l’imaginer bouger torse nu, de manière très lente, si sensuellement, en le fixant comme il l’avait déjà fait, avec ce sourire narquois qui étirait ses lèvres pleines. Ses lèvres qui paraissaient…vraiment-
À nouveau mais avec beaucoup plus de force et de violence, il reprit le portable et décida de mettre sa propre playlist de rock sous les protestations de Dité qui lui lâcha que ce n’était pas le bon moment pour ce genre de musique, mais le roux en avait immédiatement besoin pour expulser ces hormones indésirables.
Cela faisait juste quelque mois qu’il n’avait pas eu de relation sexuelle, il avait juste besoin de se rafraichir les idées et cela passera tout seul.
…
Le trio n’eut que cinq minutes de retard, Shun leur expliqua qu’il avait croisé un chaton affamé à côté du conservatoire et il avait couru vers la superette la plus proche pour lui acheter à manger. Heureusement pour eux, leur coach pouvait s’avérer indulgent, surtout envers les élèves respectueux qu’ils appréciaient plus. Il leur rappela qu’aujourd’hui une heure de plus fut ajouté aux deux heures déjà présente pour mieux préparer leur dernière chorégraphie encore inachevée et plus compliquée que les précédente. Cela pourrait leur garantir une victoire écrasante. Il les rassura aussi en mentionnant qu’il y aurait évidemment plus de pause. Et ce fut durant l’une d’entre elle qu’il se rapprocha des jumeaux qui discutaient en russe tout en s’entraidant aux étirements.
-« Alors les ‘petits monstres » Engagea-t-il la conversation, usant du même surnom que leur donnait leur grand frère. « Vous avez l’air d’incroyable bonne humeur aujourd’hui. »
L’appellation particulière les fit s’échanger un regard complice de satisfaction. Ils n’avaient jamais vraiment remarqué avant que Camus et Milo les appelaient toujours ainsi, si ce n’était pas un signe d’une future complicité.
«Bien sûr qu’on l’est ! Camus nous a fait une super bonne surprise hier ! » Répondit Isaak, un rayonnant sourire aux lèvres.
-« Ah ouais ? Laisse-moi deviner. Une nouvelle console ? Jeux vidéo ?
-Oh les jeux vidéo il en ramène à chaque fois. » Lui informa Hyoga.
-« Je donne ma langue au chat alors, je vois pas qu’est ce qui a d’autre qui vous ferez autant plaisir.
-Il a dit qu’il ne repartait plus en Russie ! » S’exclama le premier jumeau en se levant d’un bond, très vite suivit par Hyoga qui semblait près a sautiller sur place si ce n’était pas pour tout le monde qu’il y avait autour d’eux.
Leur bonne humeur contamina leur instructeur qui devait avouer, adorait voir ses élèves favoris débordant ainsi de joie et d’énergie. Cela l’aidait aussi à garder la pêche et le moral.
-« Wow, j’imagine pas à quel point vous devez être heureux. »
D’un regard, les jumeaux surent que c’était le moment de mettre en marche leur plan un peu improviste, Milo semblait déjà être ouvert au sujet concernant leur grand frère adoré, il ne manquait plus qu’à faire croitre cet intérêt qu’il avait déjà pour lui comme on arroserait une graine toute récemment plantée.
-«Notre grand frère est le plus cool, ‘fin, il est aussi cool que vous, coach ! » Reprit parole le jumeau aux cheveux de pomme verte, levant fièrement le menton, les mains sur les hanches.
Milo arqua un sourcil d’amusement face à l’innocence de l’adolescent. Aussi cool que lui ? Il connaissait deux personnes qui pourrez l’être, sur ce côté-là, l’instructeur pouvait se permettre d’être imbu de lui-même. Mais bon, aux yeux de ses jeunes frère, l’aîné sera toujours le plus admiré. Enfin, peut-être que ces gamins avaient raison, après tout en deux, trois petites minutes, ce Camus avait bien réussi à piquer sa curiosité sans rien faire de particulier. Mais ce n’était pas assez pour déterminer cela.
-« Ah ouais ? je m’en vois honoré. »
-«Vous savez…c’est lui qui nous a poussé à commencer la danse. » Ajouta Hyoga, ce qui eut comme effet de ravivé l’intérêt dans le regard du grec, Isaak le félicita par leur télépathie de jumeau, transmise à travers leur regard.
-« Oh ?
-Ouais c’est vrai ! Camus dansait aussi avant !
-Avant ? » Répéta Milo en s’approchant de deux pas pour bien les entendre à travers le bavardage des groupes d’élève dans la salle.
Sa répétition semblait avoir fait resurgir un mauvais souvenir dans l’esprit des jumeaux, Hyoga avait surement lâcher sa dernière phrase sans vraiment y réfléchir, et maintenant cela fait, son expression fut celle qui s’assombrit le plus. Détournant avec du mépris et de la haine dans les yeux, ce qui intrigua encore plus le danseur professionnel.
-« Tss, il a arrêté a causse de cet ho-
-Hyoga ! » Interrompit son frère ses marmonnements qui furent assez haut pour parvenir à l’ouïe de l’adulte qui avait relevé les sourcils.
D’un regard appuyé, Isaak semblait avoir fait passé un message à son jumeau qui tenta d’effacer alors la noirceur dans ses yeux. Cette réaction n’avait certainement pas écharpé aux yeux de lynx de Milo qui maintenant se posait des questions. Et ce qui détestait le plus, c’était de ne pas avoir de réponses pour satisfaire sa curiosité. Il pouvait se montrer fouineur parfois, il se le permettait la plus part du temps, mais il ne laissait pas paraitre ses plus flagrants défauts devant ses élèves pour qui il était un model et une personne de confiance. Il ravala donc cette petite frustration et resta silencieux. Et puis, de toute façon, cela serait bien moins amusant d’apprendre autant sur ce fameux grand frère de la bouche d’autre personne, ce serait trop facile. Il lui avait clairement lancé un défi avec ce dernier regard et sourire aux allures moqueuses, et Milo ne refusait jamais un challenge, honneur de fier scorpion.
-«Je vois, je l’aurais jamais deviné, il prenait des cours aussi j’imagine. »
Hyoga secoua la tête de gauche à droite et Isaak lui donna une réponse verbale.
-« Même pas, il aimait juste danser, si je me rappelle bien c’était un mélange de ballet avec de la danse contemporaine.
-Et parfois de Hip hop aussi ! » Ajouta Hyoga un sourire nostalgique aux lèvres.
-« Oh~ monsieur était un expert. »
On aurait dit que le mauvais souvenir chassé désormais de leur esprit laissa place à d’autre beaucoup plus agréable et coloré. Cela se lisait en tout cas sur leur expression, et comme toujours, le blond fut celui qui laissa le plus paraitre ses sentiments à travers ses yeux. Milo y vit un scintillement semblable à celui qu’il avait quand il regardait une performance professionnelle et experte. Lorsqu’ils avaient assisté à un de ses spectacle, les garçons aussi l’admirèrent de cette façon. Comme sur un nuage blanc, Hyoga oublia sa fierté et ses faux air nonchalant qu’il montrait toujours en public et recula de deux pas pour se mettre sur la pointe des pieds.
-«Au début je voulais faire du ballet » Avoua-t-il. « Je le trouvais tellement gracieux surtout quand il imitait à la perfection le solo du lac des cygnes que notre mère mettait toujours à la télé. »
Il effectua quelque mouvement simple mais d’une grande fluidité et légèreté, fermant les yeux pour quelque seconde afin de mieux laissé ses geste délicat s’exprimer. Il leva sa jambe, de la manière d’une danseuse de ballet, sans aucun souci, tout en étant sur la pointe de l’autre pied, gardant une posture impeccable et les bras bien placés, ce qui impressionna grandement Milo.
-« Tu fais du ballet maintenant Delaurore ! » Commenta moqueusement un des élèves présents dans la classe, éclatant la bulle de contentement qui s’était formé autour de lui.
Milo aussi fronça un sourcil, les mouvements raffinés de Hyoga l’avait sincèrement et agréablement surpris et n’apprécia vraiment pas la taquinerie mal placée d’un de ses élèves. Lui et Isaak allèrent évidemment réfuté mais il semblerait que quelqu’un les eut devancés.
-« Et tu as un problème avec ça, Algol ? » S’éleva la voix de Shun qui était en compagnie de June, une jolie jeune fille aux longs cheveux d’un blond éclatant.
Les joues de Hyoga prirent quelque couleur en voyant son ami de nature pourtant timide fusillait Algol du regard, enfin, pas si méchamment que cela parce que Shun n’en était physiquement pas capable, avant de se tourner vers lui pour lui offrir un sourire. Et Milo, en constatant que celui qui venait de perdre le dernier mot voulut retorquer, tapa dans ses mains pour signaler la fin de la pause et ainsi inciter tout le monde à se taire et se remettre en position. Inévitablement, des mauvais regards furent échangés entre les jumeaux et Algol qui avaient déjà depuis le premier jour, une mauvaise relation. Lorsque Milo se mit en place devant la salle et activa les baffles à l’aide d’une télécommande, l’entrainement repris son cours sans accros, jusqu’à un moment lorsqu’il avait le dos tourné, il entendit de l’agitation anormal et un juron s’élever à travers la musique. Il fit volteface et coupa à nouveau la musique en voyant Hyoga qui avait attrapé Algol par le col de son t-shirt, l’air enragé. Il devina que ce dernier du provoqué encore une fois le blond derrière son dos, et l’indifférence de Hyoga avait atteint ses limites. Ce n’était pas la première fois que les jumeaux se bagarraient avec lui ou un autre de son petit groupe d’amis. Tout comme leur coach, les frères avaient du mal à rejeter un défi et se devait toujours de prouver leurs valeurs et capacités. Il alla séparer les deux adolescents qui étaient prêt à en venir aux mains et les toisa de son sévère regard qu’il usait spécialement lorsqu’il était réellement contrarié. Il ne hurlait jamais, la lourdeur de ses yeux à ce moment fut toujours suffisante pour remettre les plus turbulant élèves à leur place, accompagné souvent de quelques remarques acérées. Pour l’occurrence, son autorité se porta plus sur Algol que Hyoga, ce dernier fut peut-être celui qui allait frapper en premier, mais il savait très bien que le garçon supportait mal l’humiliation des moqueries. Moqueries qui ne pouvaient provenir que d’Algol. En tout cas, il les menaça d’un renvoi du prochain cours s’ils continuaient à se disputer et heureusement pour sa courte patience, ses méthodes fonctionnèrent une fois encore.
La fin du cours approchait, mais aucune trace de rubis ou grenat derrière la vitre. Milo fut pourtant convaincu qu’aujourd’hui aussi, ce jeune homme allait apparaitre silencieusement quelques minutes avant la fin pour les observer avec ce léger sourire, juste assez étiré pour faire quelque peu fondre la froideur de son visage. Il ne restait que dix minutes, pour lui, c’était largement assez pour assimiler quelque pas de plus, mais se sentit quelque peu rebuté, et ennuyé, surement par les trois heures qui venaient de passer à répéter la même chorégraphie et à corriger les mouvements de ses élèves un par un. Il se retint de bailler en se décidant d’annoncer des maintenant la fin du cours, mais lorsqu’il se retourna vers le reste de la classe pour le faire, sa couleur préférée entra dans le coin de son champ de vision. Il tourna la tête vers la vitre et le vit adosser contre le mur d’en face, les bras croiser, et comme il s’y attendait, avec son fameux petit sourire aux lèvres. Leur regard se croisèrent immédiatement, et Milo sentit l’entrain regagner son corps à travers un frisson. Enfin quelque chose d’interessant. Un sourire naquit aussitôt, et plutôt instinctivement sur ses lèvres et il lui adressa un clin d’œil discret pour ne pas avoir à considérer sa présence d’un signe de main qui aurait attiré l’attention sur eux. Et il jura avoir vu le petit sourire s’élargir quelque peu.
-« Bon ! on a juste le temps de reprendre une dernière fois ! Et je veux que cette fois ci sois la meilleure ! Aller tout le monde en place !
-Hyoga, Isaak regardez ! » les interpella Shun en s’exécutant.
Un grand sourire illumina leur visage en constatant la présence de leur grand frère qui allait assister à leur chorégraphie. Ils lui firent un signe de la main enthousiaste en ignorant les commentaires des autres élèves, mais remarquant bien avec fierté le gloussement de quelque fille qui le trouvèrent très beau.
-« Il est vraiment canon !
-Tu penses qu’il a une copine ? »
Les oreilles des jumeaux s’étaient agrandit à l’entende de cette question qui contribuait très bien a leur plan, et répondirent d’une même voix, les mains sur les hanches accompagné d’une expression de satisfaction.
-« Non, il est célibataire ! Mais tu n’es pas son type ! »
Milo du se mordre l’intérieur de la joie pour ravaler le rire qui menaça de s’échapper, il voulait les rappelait à l’ordre pour qu’ils prennent enfin place, mais il là il craignait d’éclater de rire s’il ouvrait directement la bouche. Il croisa donc les bras et les fixa de son regard pesant pour qu’ils reconsidèrent enfin sa présence et ses ordres. Le moment où Camus était venu, c’était comme si son autorité lui fut volé. Il vit d’ailleurs ce dernier le pointé discrètement du doigts pour prévenir ses frères de leur mauvaise posture, et ces derniers sursautèrent en réalisant que leur coach n’attendait plus qu’eux pour commencer la chorégraphie.
Milo lança un regard amusé avec un fausse expression d’exaspération au grand frère qui lui répondit d’un petit rire, hélas, silencieux pour lui. Mais vu comment il exprimait tout avec une petite pincée d’émotion, cela ne l’aurait pas surpris si ce rire la fut vraiment muet. Et maintenant il se demanda comment sonnerait-il s’il éclatait de rire, et Milo adorait les défis.
Les jumeaux ainsi que Shun remarquèrent cette petite et rapide interaction entre eux, et s’échangèrent un sourire excité et victorieux, que le japonais accentua d’une petite danse des épaules, craquante. Mais l’expression précédemment si enjoué du blond s’assombrit en remarquant le regard instant d’Agol posé sur celui pour qui il avait des sentiments. Il n’eut le temps de bien y réfléchir puisque la musique s’éleva à nouveau des baffles.
…
Camus observa attentivement la chorégraphie entrainante et distrayante, d’une originalité rafraichissante et bien que le groupe de jeune se débrouillait très bien, il était impossible de nié la complexité et difficulté des séries de mouvements excellement synchronisé. Ses deux frères dansaient comme s’il n’était qu’un, imitant à la perfection les mouvements professionnelles de leur instructeur qui les guidait beaucoup trop facilement. Camus put voir ce corps bien battit se mouvoir, roulant ses muscles et ses hanches par moment, et accompagné de la danse de ses cheveux encombrant mais qui rendait le tout que plus hypnotisant, il se trouva incapable de détourner le regard. La sueur sur sa peau colorée et vive, chatoyant sous les projecteurs blancs, ses yeux océaniques se posaient parfois sur lui, comme pour s’assurer qu’il lui donnait toute son attention et Camus fut frustré de lui donner ce qu’il cherchait. Il se surpris de devoir se forcer à arracher son attention de lui pour la porter plutôt vers ces deux frères qui la méritait beaucoup plus. Puis il se demanda enfin pourquoi Dité prenaient autant de temps à garer la voiture.
À la fin de la chorégraphie, Milo désactiva la musique et mit fin à la session d’aujourd’hui en félicitant tout le monde d’un applaudissement et des paroles motivante. Camus le vit ensuite essuyer son visage à l’aide du haut de son débardeur, révélant le bas de ses impitoyable abdominaux qui l’avait assez hanté aujourd’hui ! L’avait-il fait exprès ? Non, son geste paru naturel…extrêmement sexy mais naturel…et peut-être que Camus s’était beaucoup focalisé sur le bas qu’un fois que ses yeux longèrent vers le haut son corps de dieu grec, il aperçut un petit sourire puis ses yeux d’onde claire le regarder…S’il le pouvait, Camus abattrait bien son poing contre un mur ! Cet instructeur, certes très attirant, beau et incroyablement sensuelle dans tout ce qu’il faisait, venait très clairement de le provoquer, et non seulement ça, mais de le surprendre en train de le matter aussi ! Le franco-russe répondit à son sourire d’un léger froncement de sourcil.
Ses frères avaient fini de récupérer leurs affaires à ce moment et sortir de la salle de classe pour le rejoindre, attendant visiblement des compliments et encouragement de la part de leur grand frère. Camus leur offrit un sourire, certes petit, mais chaleureux. Posant ses deux mains sur leur tête aux cheveux trempé de sueur.
-« Vous étiez remarquable, et sacrement bien synchro, well done. Continuez sur cette lancé et la victoire sera à vous.
-Elle l’est déjà à quatre-vingt-cinq pourcents ! » Corrigea Milo qui sortit aussi de la classe pour se diriger vers eux.
Les deux adultes tendirent la main pour se saluer et, avec un semblant de provocation mutuelle dans le regard. Camus avait envie d’être agacé, après tout son sourire au coin et ses airs de gars qui se la pète, étaient des éléments qui d’ordinairement l’irriteraient, mais il n’y arrivait correctement, peut-être parce que peu importe tout cela, cet homme était exceptionnellement bien fait. Était-il vraiment désespéré à ce point !?
-« Bonjour coach.
-Bonjour. Alors ? Le retour au pays se passe bien ? » Demanda-t-il en relâchant sa main, avec lenteur.
-Des plus agréable.
-Et avez-vous aimé la chorégraphie ? Elle est encore inachevée et il y a quelque autre point à arranger mais c’est un peu ça.
-Elle est déjà très impressionnante, je n’imagine pas le résultat final. Je trouve que c’est une très bonne idée d’avoir mi Shun en avant avec ce solo durant ce passage de la chanson. Sa fluidité et sa flexibilité pourtant rapide s’assortissent très bien au refrain plus aiguë et lent, sans parler que cela sert aussi d’une bonne transition pour la deuxième partie de la chorégraphie. »
Lorsqu’il eut fini de parler de son ton le plus neutre, il vit l’expression de Milo qui s’était légèrement figé, fondre ensuite en un sourire encore plus acéré et d’un regard plongeant et pénétrant, une certaine lueur traversa ses yeux, lui donnant un air espiègle et joueur. Camus quant à lui, plissa légèrement les yeux, daignant rapidement de le dévisager de haut en bas sans contracter ne serait-ce qu’un muscle de son visage. Eh oui, cela ne ressemblait pas à Camus d’accepter une provocation sans la rendre, pas en criant ou en pestant, mais en parlant et en regardant, et si Milo était aussi malin qu’il prétendait l’être à travers ses yeux, il aurait nettement saisi le message.
Les deux adolescents qui furent rejoins par Shun restèrent silencieux sur le côté, observant tour à tour l’échange de paroles et de regard avec le plus grand intérêt, comme s’ils suivaient des yeux une balle de tennis rejeté de gauche à droite durant un match à la télé.
-« Wow, je ne m’attendais certainement pas à un avis aussi bien poussé, mais j’avoue que vous avez lu dans mes pensées, monsieur est observateur. Ai-je l’honneur à un expert de la danse ? »
Camus marqua une courte pause afin de lui répondre des yeux avec plus de dédain avant de faire par la bouche beaucoup plus poliment.
-« Loin de là, vraiment, n’importe qui qui sait reconnaitre du professionnalisme l’aurait remarqué.
-Ah oui ? Et je suis intéressé de savoir ce qu’un reconnaisseur comme vous aurait remarqué d’autre. »
Le ton moqueur était absent, mais pourtant bien présent à la surface de ses lagons d’azure et Camus sentit une faible et rapide contraction au niveau du muscle de son front le trahir, ce qui sembla grandement amusé Milo dont le sourire devint des plus innocent et rayonnant.
Dité le sauva de devoir trouvé une repartit qui aurait un sens caché en décidant enfin de revenir dans sa vie après plus de dix minutes à chercher une place où garer la voiture.
-« Hey ! Désolé pour le retard, honey j’étais – oh ! » S’interrompit-il en remarquant enfin le très beau jeune homme, qu’il reconnut immédiatement.
Milo avait arqué un sourcil a l’entente du surnom mais ne commenta pas la dessus, tentant de masqué son amusement grandissant.
-« Dité ! » S’exclama Isaak, les yeux pétillants. « C’est trop dommage que tu sois arrivé que maintenant.
-Je sais mon chou, prochaine fois on viendra plus tôt. »
Les yeux de Milo allèrent de Camus au nouvel arrivant, et le roux remarquant ceci, se racla la gorge pour prendre parole. Isaak quant à lui, devint tout rouge d’extasie simplement parce que le beau suédois lui avait donné un surnom mignon. Rien de bien étonnant de sa part, depuis leur arrivé il avait aussi commencé a appelé leur mère « ma chère »
-Dité je te présente monsieur Alexandris, l’instructeur de dance des jumeaux.
-Milo fera suffisamment l’affaire. » Avait-il dit en regardant Camus tout en tentant la main pour saluer convenablement le nouveau venu.
Il ne porta à nouveau les yeux sur Dité qu’une fois leurs mains serrées, sans accroc et sans regard provocant. Ce Milo avait donc vraiment quelque chose contre lui uniquement !
-« Enchanté ! Vous avez entendu mon nom mais vous ne savez surement pas que je suis le meilleur ami de ce magnifique bloc de glace. »
Camus posa une main sur sa hanche et toisa visiblement Dité du regard, ce qui fit lâcher un rire à Milo.
-« J’ai cru le comprendre dès votre arrivée, si je me rappelle bien, grand frère a mentionné un ami qui attendait à la maison.
-Camus fera suffisamment l’affaire. » Lâcha-il sèchement à peine sa phrase finie.
À nouveau une lueur sournoise refit surface dans les yeux clair qui se refixèrent sur lui avec défi, le sourire aimable qu’il affichait à son ami gagna en malice, il parut grandement amusé par la repartit du roux, et ce dernier masqua la satisfaction qu’il ressentit face à ce changement d’expression qui put facilement passé inaperçu. Par contre ce qu’il l’embêtait désormais, c’était l’excitation croissante qu’il sentait émané de Dité sans même qu’il ait besoin de le regarder, il le connaissait si bien qu’il savait pertinemment que cet échange à double sens ne lui avait pas échappé.
-« Très bien, Camus. »
Le visage de ce dernier s’assombrit soudainement. Ce n’était pas spécialement à cause du sourire narquois de Milo, ou son apparente manie à implicitement chercher à le faire réagir à chaque phrase pour l’étudier ou le provoquer. L’instructeur ne pourrait très certainement pas comprendre pourquoi ses yeux avaient brusquement perdu en température, refermant la petite brèche dans ces dernières qui lui servait d’œilleton. Et ce soudain changement, Camus n’en partagerai jamais la cause même pas avec Dité, qui d’ailleurs n’avait certainement pas remarquer la nouvelle couche de glace qui recouvra son visage. Tout cela était dû au frisson qu’il lui électrifia le bas du corps à l’entende de son prénom prononcé pour la première fois par cette voix grave et mutine, glissant entre une provocation inoffensive et une certaine douceur, lui rappelant le gout du miel naturel. Son prénom effleurant ainsi le portail de ses lèvres obsédante qui depuis tout à l’heure lui donnaient juste envie de s’énerver, qui l’empêchèrent de pleinement profiter de certaine chanson en tout tranquillité. Ce sourire, oui peut être aussi que son sourire faisait spécialement parti de la cause, cet agaçant, stupide, extrêmement attirant, et si parfait sourire. Camus haï la réaction injustifiée de son corps face à cela. Il n’avait littéralement aucune raison de se sentir troublé, Milo n’avait rien fait de particulier, et il n’était pas du genre à fondre facilement, et surtout pas du genre à être affecté pour un rien, et jamais par un inconnu. Cet instructeur commençait sérieusement à lui courir sur le système, ce qui était un indicible jeu divertissant entre eux se changeait en un calvaire…tout ça parce qu’il perdait, qu’il avait l’impression de lui accorder la victoire bien trop facilement. Comme le dit Dité, il était un bloc de glace, et il comptait bien le rester jusqu’à la fin de ses jours, alors Milo pouvait bien mettre son stupide sourire de tombeur là où il le pensait car plus jamais Camus n’allait lui accorder le plaisir de lire ne serait-ce que l’équivalent d’un grain de sable en lui. Durant son petit débat interne qui le força à détourner le regard de celui du grec, prétendant un semblant d’ennuis pour ne pas lui faire croire qu’il avait réussi à le troubler, Dité et lui avaient échangé rapidement au sujet de son séjour en France.
-« Bon, ce n’était pas que la discussion est déplaisante, mais on ferait bien de rentrer. » S’intercala Camus, devinant très aisément que cela pourrait longuement duré avec deux bavards comme Dité et Milo, il eut aussi de la peine pour les gamins qui les écoutaient parler en silence depuis tout à l’heure. « Nous avons assez retenu le coach comme ça, so home we go. »
Milo le regardait intrigué sans perdre cette lueur espiègle dans les yeux, ses sourcils légèrement arqués l’aidèrent quand même à repérer une certaine déception.
-« Très bien, ce fut un plaisir Milo, à la prochaine fois.
-A la prochaine, rentrez bien. Oh Hyoga, laisse-moi te dire quelque chose avant de partir. »
Camus porta enfin son attention sur ses frères, en particulier celui interpellé et vit ses épaules se tendre, devinant certainement de quoi son coach voulait lui parler. Milo le prit un peu de côté, revêtant son visage d’enseignant et adulte de confiance que Camus ne se retint pas de détailler, et l’observa dire quelque chose à voix basse a son élève, les deux mains posées sur ses épaules. Ce dernier l’écoutait attentivement, quand bien même le regard baissé, en hochant de la tête. L’instructeur termina son petit discourt d’une attitude encourageante, le secouant légèrement d’un sourire réconfortant avant de lui ébouriffer les cheveux, ce qui non seulement redonna le sourire à Hyoga, mais aussi fissura la glace pourtant quasi-indestructible avec laquelle Camus avait gelé son cœur. Il la sentit, cette chaleur qui n’avait rien avoir avec le désire charnel ou l’attirance, c’était de l’attendrissement. Voir ainsi Milo se soucier de ce qu’il avait de plus chère lui réchauffa la poitrine, et dans cet emplacement où un vide le tiraillait continuellement, ceci lui fit du bien. Ce satané instructeur lui faisait vivre un ascenseur émotionnel en quelque petite seconde, il détestait cela. Mais voir Hyoga revenir vers lui à nouveau requinquer meritait bien qu’il se relâche un peu, alors Camus passa un bras autour de ses épaules pour le ramener légèrement contre lui et offrit un sourire reconnaissant à Milo qui leur dit au revoir. À la sortie, ce fut au tour de Shun de le faire.
-« Tout va bien ? » Avait-il demandé à son frère sur leur chemin vers la voiture.
-« Oui, c’est juste, je m’entend mal avec un camarade, et j’ai un peu perdu mes moyens aujourd’hui, mais le coach m’a rassuré comme toujours. »
Un affectueux sourire étira ses lèvres, maintenant qu’il n’avait plus cet agacement regard devant lui, Milo ne lui parut pas aussi énervant que cela, finalement. Il se devait de le dire, il était correct, voir même avenant et attentionné.
-« Comme toujours ? » Répéta Camus sans s’en rendre compte, prit dans par le courant de ses pensées.
-« Oui, il le remarque à chaque fois quand quelque chose me tracasse, et on parle parfois après les cours, il fait pareille avec Isaak et Shun aussi, ou n’importe quel autre élève qui en a besoin. »
Remarquant l’air pensif de son grand frère, isaak félicita Hyoga d’un sourire, l’encourageant à continuer sur cette voie.
-« Je vois…
-« Oui, en plus il est bon en maths, il nous a déjà aidé à réviser.
-Il est surtout très sexy ! » S’exclama Dité, coupant court à l’amusement qui commençait à naitre en lui. « Pas vrai, Camus ? Même toi tu peux l’avouer, et si tu le nie ça serait vraiment de mauvaise foi
-Laisse-moi avoir ma mauvaise foi en paix alors. »
Ils s’installèrent dans la voiture, le suédois toujours au volant sans interrompre leur discussion.
-« Oh aller Camus, tout le monde ici sait que tu es un homosexuel du bonne et due forme, tu peux complimenter un homme sans crainte ! » Le tiqua-t-il en attachant sa ceinture de sécurité.
-« La ferme Dité.
-Milo c’est pas ton type de mec ? » Demanda Isaak qui remercia mentalement Dité pour cette ouverture.
-« J’ai pas de type. »
Dité qui tourna le volant en s’apprêtant à reculer abandonna cette tache sous l’outrageant mensonge qui daigna sortir de la gorge de son ami. Il le regarda la bouche ouverte, faussement indigné, le dévisageant, une main sur sa poitrine.
-« Camus Delaurore, fils de Natassia, vingt-cinq ans, né en France le sept février deux mille sous le signe d’un verseau ascendant scorpion, espèce de menteur !
-Pardon !?
-Menteur j’ai dit, t’as un type, et maintenant je peux en être certain, c’est les grecs ! »
-Qu’est-ce que tu racontes ? »
Les deux adolescents à l’arrière se firent tout petit pour effacer leur présence autant que possible et profiter de ce débat pour récolter des informations qui les aideraient dans leur plan d’unir leur grand frère avec leur coach, ceci était primordial au bonheur de tous.
-« Tu te rappelles pas tu m’avais parlé une fois d’un aîné de ta fac en France qui t’aidait avec tes projets, tu m’as clairement dit que si ce n’était pas pour celui-qu’on-ne-prononce-pas-le-nom, tu aurais accepté ses avances ! Et il était grec ! »
Camus répondit en levant les yeux au ciel, cela faisait un moment qu’il n’avait plus pensé à cet homme. À chaque fois qu’il le faisait, un haut le cœur de culpabilité le tourmentait, et même s’il n’avait plus de raison de la ressentir, elle était ancrée avec son souvenir. Lui et Surt étaient déjà en couple, et étaient tous les deux éperdument épris l’un de l’autre, c’était durant l’époque perdue la plus paisible qu’ils connurent ensemble, enfin, peut-être pas la plus paisible, mais elle fut bien la dernière à l’être. L’entrée à l’université les avaient inévitablement quelque peu séparés dû à la différence de filière. Surt avait bien tenté de le faire pendre la même que la sienne et Camus avait été très proche de céder à son caprice, mais s’était resigné à le faire après un petit sermon de sa mère qui trouvait cela dommage qu’ils payent pour une éducation qu’il ne voulait pas. Cela avait déçu Surt, mais il n’en tint pas beaucoup rigueur à son petit ami, du moins, pas à cette époque. La distance engendra quelque dispute, surtout du côté de Surt qui avait plus de rancœur que lui.
Cet homme qu’avait mentionné Dité fut bel et bien son ainé, quelqu’un qu’il rencontra à la bibliothèque de la faculté. Camus était beaucoup plus timide et réservé, ce fut grâce au premier pas de ce jeune homme qu’ils purent démarrer une conversation sur le livre qu’il venait de piocher à côté de lui. Son choix avait intrigué le plus âgé et ils discutèrent un long moment à ce sujet, partageant leur avis respectif sur le style d’écriture et l’histoire unique du livre, ce qui mena au sujet d’autres œuvres qu’ils apprécièrent en commun. Cet échange fut des plus enrichissant et plaisant pour lui, il n’avait pas l’habitude de pouvoir se lâcher pleinement aux sujets de la littérature par manque d’amis proche dans sa classe et par celui d’intérêt de son copain vis-à-vis de cet art pourtant passionnant. Il ressentit une grande joie et satisfaction après qu’enfin quelqu’un puisse si aisément le comprendre et l’écouter diverger à propos des théories de la matière avec attention, sans lui couper parole ou se lasser, tout en lui rendant une opinion aussi passionnelle et bien structurée que la sienne. Ils s’échangèrent leur numéro et s’était revu le lendemain au campus entre deux cours pour discuter en prenant un café. C’était ainsi qu’ils devinrent de bonne connaissance. Éventuellement, son ainé proposa de l’aider avec ses importants projets à venir, essentielle pour sa bourse universitaire, sans quoi il ne pourrait pas fréquenter cet établissement privé aux prix bien trop exigent pour leur situation financière. Camus fut gêné, et de sa nature solitaire et fier, il hésita, mais finit par accepter puisqu’inconsciemment il s’était mis à chercher la moindre occasion pour le voir et pouvoir passer autant de temps possible avec lui. Une amitié s’était forgée entre eux, et leur sujet de discussion allèrent au-delà de la littérature sans pour autant s’immiscer dans leur vie privée, gardant une certaine distance respectueuse, surtout du côté du roux qui non seulement ne pouvait se permettre d’être trop proche d’un autre garçon, mais aussi parce que ce garçon en personne était plus âgé que lui.
Il ne parlait pas vraiment de lui à Surt, connaissant sa possessivité déjà bien présente à l’époque, mais au bout d’un certain temps, à chaque fois qu’il rencontrait son aîné quelque part au campus, Surt l’apprenait et le confrontait plus tard à ce sujet. Et une fois de plus, une petite dispute éclata entre eux, rendant le franco-russe encore plus incertain de lui-même, distrait, constamment inquiet et accablé comme à chaque fois que son petit ami élevait la voix sur lui.
Ce changement d’humeur ne passa pas inaperçu à son ainé, il faut dire qu’à l’époque, Camus n’était pas aussi doué pour masquer ses tiraillement interne, et encouragé par sa gentillesse et son inquiétude réconfortante, le plus jeune finit par avouer qu’il s’était disputé avec son petit ami, attendant la pire des réactions de son vis-à-vis. Mais il ne fut pas répondu avec du dégout, du rejet, du mépris ou de la gêne, mais avec compréhension comme à son habitude. Cela l’avait profondément touché, renforçant son attachement envers lui. Au début bien que plus renfermé sur le sujet, progressivement il le laissa savoir sans vraiment le dire mot pour mot qu’il arrivait que son copain le blesse verbalement par sa propre faute, et que cela le tourmentait. La première chose que son ami lui dit en apprenant cela fut : « Ce n’est pas ta faute, tu n’es pas le responsable de son comportement. » et pour une raison qui lui échappa à l’époque, entendre cela lui fit incroyablement du bien, mais le croire le faisait culpabiliser comme s’il doutait de Surt, et parler ainsi de lui derrière son dos l’écœurait. Il fut si tiraillé et mitigé entre ses besoins égoïstes de se plaindre à un ami qui le comprenait, et le devoir de copain qui l’interdisait de voir Surt d’un quelconque mauvais œil ou de le critiquer, qu’il en perdit la parole et ne sut quoi répondre. Son ami l’avait simplement frotté l’épaule d’un geste affective, le premier qui arriva entre eux, et lui rassura en lui disant de ne plus y penser pour l’instant et de ne pas hésiter à le contacter si le besoin de parler lui venait.
Camus ne put oublier les papillons au ventre qu’il ressentit à ce contact, sa main était grande et chaude, elle n’en avait pas l’air, mais elle fut très délicate. Ce qu’il lui dit et la façon dont il le fit, avec tant de douceur et de sympathie qu’il se sentit fondre. Puis il paniqua, parce qu’il n’était censé ressentir cela pour quelqu’un d’autre que Surt, donc après un temps d’arrêt à le fixer bêtement en rougissant, le roux balbutia une excuse et un remercîment avant de s’en aller. La peur ensuite l’habita lorsqu’il vit Surt le même soir, et s’il l’apprenait ? Que lui et son aîné furent proche, qu’il avait rougit, qu’il avait ressenti ces choses-là à son égard.
Camus ne voulait plus y penser, il secoua légèrement la tête pour interrompre ces souvenirs. Il se devait bien de l’avouer qu’il en pinçait pour lui et que le lui d’aujourd’hui regrettait d’avoir choisi de rester avec Surt a lieu de retourner les avances offertes.
Cela ne servait plus à rien d’y penser désormais, ils avaient coupé contact après son départ pour la Russie.
-« Ton silence m’indique que tu t’avoues vaincu.
-« Mon silence devrait plutôt t’indiquer que je n’ai plus envie d’en parler
-Ok, very well ! » Répondit-il en reprenant le volant. « Reparlons de Milo alors, comment il te regarde !
-Dité ! Tu vas mettre des mauvaises idées dans la tête des jumeaux ! »
Les concernés s’échangèrent un regard complice ayant l’air dire « C’est trop tard pour ça ! ». Ils auraient voulu demander plus d’information concevant cet ainé de la fac dont parla Dité, mais si leur frère n’avait voulu s’étendre plus la dessus, cela serait une mauvaise idée de poser des questions. C’était à cette époque qu’ils perdirent de plus en plus Camus. Ce dernier ne devenait que l’ombre de lui-même, avait perdu son sourire, son appétit et son énergie, et bien qu’il ne l’eût jamais avoué, ils surent toujours que Surt fut la cause de son mal être.
-« Bah quoi, j’étais littéralement face à lui en train de lui parler mais lui te regardait plutôt ! »
Camus se retourna d’un visage sévère en entendant les discrets ricanement derrière son dos, levant son index pour faussement menacer ses frères qui se tinrent tranquille avec un sourire innocent.
-« C’est pas ce que tu crois, Dité, je t’assure. Et puis, il ne m’intéresse pas…Dité, for god’s sake, garde tes yeux sur la route. Et puis d’ailleurs, pourquoi ça ta prit tellement de temps de garer la voiture ? »
Lui rappelant soudain quelque chose, le suédois se redressa et serra plus fermement sa poigne sur le volant avec colère.
-«Bah figure toi que j’allais me garer à la seule place qui restait dans le parking avant qu’un connard me vole la place ! J’ai ouvert ma vitre pour l’engueuler et puis il est sorti de sa Mercedes noir, et quel connard…Camus écoute no offense for your type, Milo est hot et tout, mais ce n’est pas mon genre !
-Milo n’est pas mon t-
-Anyways ! Quel connard extrêmement sexy et si précisément mon type de mec !
-Hein quoi ? » S’étouffa Isaak sur la banqueté arrière.
-« Oui ! Il ! » Il soupira chaudement avant de continuer sur un ton rêveur. « Il est grand et musclé, habillé en full black, tatouage sur tous les bras, cheveux court un peu plus foncé que ceux de Milo, barbichette, grr ! A croqué ! Lunette de soleil, bijoux, ouais, hot hot ! Il portait un étui de guitare, tu sais à quel point j’adore les guitaristes ! »
Isaak resta sous le choc d’accablement, Dité venait de décrire tous ce qu’il n’était pas, le décourageant. Il laissa sa tête retomber contre le dos du siège devant lui et Hyoga lui tapota le genou.
-« Il était peut être mon type, mais ça n’excuse pas le fait qu’il ait piqué ma place ! Je lui aie bien fait comprendre que s’il ne me passait pas son insta, j’allais le maudire sur plusieurs générations.
-T’es complètement taré. » Ricana légèrement Camus.
-« Peut-être mais ça a marché, un peu trop facilement, je pense c’est parce qu’il m’as pris pour une femme vu que je suis pas descendu de la voiture. En tout cas, il se rendra très vite compte que je suis un homme, mais surtout un homme qui aime ce genre de challenge !
-Bonne chance. » Lui souhaita -t-il en passant discrètement la main à l’arrière pour lui aussi tapoter la jambe de son frère démoralisé.
Notes:
-Milo n’est pas mon t-
LIIIIESSSSS
Chapter Text
Camus et Dité s’était chargé du diner de la journée, la cuisine était un passe-temps commun entre eux qu’ils pratiquaient souvent ensemble lorsque l’occasion se montrait. Son ami l’avait aidé à apprécier ce loisir de nouveau qu’il s’était mis abhorrer à une époque à cause de Surt. Et maintenant qu’il était de nouveau en France, c’étaient ses êtres chères qui allaient profiter de son modeste talent. Les dernières fois qu’il leur rendit visite, il n’avait pas eu l’énergie ni le moral nécessaire pour créer quelque chose d’exceptionnelle qui pourrait les impressionner. Et en compagnie de Dité et ses frères qui voulurent apporter leur assistance, cette tâche s’était avéré être des plus divertissante.
Camus était de nature solitaire, renfermé qui n’appréciait que très peu l’agitation et le bruit, mais étrangement depuis son retour, la solitude était devenue sa pire ennemie. Il aimait croire que c’était du progrès, qu’il réalisait enfin tout le mal que l’isolement lui faisait, et qu’elle lui fut imposé par les deux hommes qui lui firent le plus de mal dans sa vie, à savoir : Son ex et son père.
Mais il parvint à un stade de sa vie où il n’avait plus à les voir quotidiennement, mais uniquement les éternelles blessures laissées derrière eux. Ressentir de la joie était épuisant, son corps n’y était pas habitué, ni à cela, ni à l’animation familiale et les éclats de rire des discussions qui au bout d’un certain temps, lui donnaient l’impression d’être complètement vide d’émotion, apathique et insensible. Devoir affiché un visage plus chaleureux devenait un fardeau qui consumait son énergie à grande goutte, et d’une rapidité déconcertante. Parfois il avait juste envie d’abandonner et de retourner vers la solitude et s’isoler dans le noir de ses pensées pour ressentir plus nettement ce fossé dans sa poitrine, il avait envie de se laisser à nouveau submerger et sombrer dans le mal afin d’éviter de devoir dépenser autant d’énergie. Sa volonté vacillait par moment, mais il ne pouvait se permettre cela. Il avait fait tant d’effort pour arrêter ses médications, et regagner un semblant de vitalité pour retourner auprès de sa famille. Dité avait fait tant d’effort pour lui, et il continuait à le faire, il ne pouvait le trahir après toutes les difficultés qu’ils traversèrent ensemble. Fut un moment où il ne pouvait même plus se nourrir tout seul, et si ce n’était pas pour lui, il serait surement mort de faim depuis bien longtemps. Et puis la fierté et le soulagement qui traversaient par moment ses yeux d’aigue marine lorsqu’ils se posaient sur lui, lui redonnaient un peu de force et de volonté de continuer ainsi.
Donc il profita de la joie et de la bonne humeur familiale autant que possible, et tenta d’y contribuer malgré l’engourdissement au fond de sa poitrine. Il accepta aussi la proposition de Dité de se rendre en boite bien que ce n’était pas son activité favorite. Les mouvements et la musique encombrante pourraient peut-être s’avérer utile, tout autant que l’alcool qu’il quémandait presque désespérément au fond de lui.
Son ami prit son temps pour se coiffer dans la salle de bain tandis que Camus lui se vernis les ongles d’un rouge cramoisi, assis sur son lit. Il appréciait sans grande raison de le faire, il lui arriva même une fois ou deux fois de s’appliquer du brillant à lèvres bien même avant sa rencontre avec Dité. Cependant ne partageant pas son faible enthousiasme, Surt lui avait essuyé les lèvres la première fois qu’il le vit avec, et le découragea de recommencer, pareille pour les ongles. Camus s’était alors permit de le faire que lorsqu’il était seul chez eux pour passer le temps et tachait bien de tout retirer avant le retour de Surt. Enfin, ce dernier avait bien remarqué qu’il n’avait pas jeté ses produits de beauté, et ne lui faisant pas confiance lorsqu’il lui avoua qu’il ne les appliquait jamais pour sortir, il les jeta derrière son dos.
Une sombre expression s’installa sur son visage à ce souvenir, suspendant sa main qui tenait le pinceau du flacon en l’air. Pourquoi Surt le méprisa-t-il tant ? Il haïssait lorsqu’il prenait soin de son apparence. Les seules fois ensuite où il daigna se maquiller de nouveau, ce fut lorsque lui et Dité devirent proche, ce dernier avait tellement insisté de lui mettre du vernis et du rouge à lèvres que malgré ses angoisses, il n’avait réussi à le repousser. Et il devait bien se l’avouer, il aimait cela, il aimait se sentir un peu moins laid de temps en temps.
Il n’entendit pas le grincement de la porte qui s’ouvrit, absorbé par ses pensées empoisonnantes. Il retint un sursaut lorsque son nom fut doucement appelé d’une voix inquiète, le ramenant brusquement à la réalité. Il releva la tête et vit Hyoga l’approcher, le regard fuyant, une main tenant son autre bras. Camus lui sourit, enfin, tenta de le faire, et tapota la place à côté de lui.
-« Qu’est-ce qu’il y a ? » Demanda-t-il à son frère qui vint s’asseoir à la place indiquée.
Hyoga lui retourna la question « Est ce que ça va ? » Sans oser le regarder dans les yeux.
-« Pardon ?
-« Tu le montres jamais, comme d’habitude, mais j’ai l’impression que tu vas mal. »
Camus fut quelque peu pris de cours par ses propos, culpabilisant d’inquiéter encore son petit frère.
-« Hyoga, je vais b-
-« Je sais que tu vas mentir. Comme à chaque fois que quelque chose va mal. Tu allais mal avant d’aller avec lui, mais tu la caché et on n’a pas cherché à te contredire plus que ça, et on t’a laissé partir. On aurait pu faire plus pour toi. »
Camus arqua les sourcils, remarquant avec peine la tristesse et le regret sur le visage baissé de son précieux petit frère, et ses paroles le blessèrent, il ne pouvait pas supporter le voir se morfondre et se blâmer pour une erreur dont il fut le seul responsable. Il passa un bras autour de ses épaules en faisant attention de ne pas le tacher de son vernis fraichement appliqué et l’attira contre lui, enfuyant ses lèvres dans ses mèches d’or.
-« Mais non Hyoga, vous en faites tellement pour moi, vous ne réalisez pas à quel point. » Le contredit-il d’un ton sincèrement tendre. « Rien que le fait que vous continuez de me voir comme un assez bon grand frère est largement suffisant, et ça le sera toujours. Vous n’étiez que des enfants »
Tellement de paroles restèrent coincé dans sa gorge, tellement d’autre chose qu’il voulut lui dire, la lui nouèrent, l’étouffant. Savoir que son frère ressentait tant de peine pour lui, aurez pu facilement faire remonter ses larmes aux yeux s’il était capable de pleurer normalement. Mais se yeux restèrent sec, à contre cœur, parfois il aurait voulu se vider à travers ses yeux, mais cela s’était avérée être une tâche bien trop difficile après tant d’années à se retenir, remontant même avant la naissance de ses deux personnes favorites.
-« Tu es plus qu’un assez bon grand frère. Tu es le meilleur. » Rectifia-t-il d’une faible voix timide, redonnant une bouffé de chaleur vitale aux cœur meurtrie du plus âgé.
Comment avait-il pu les laisser ? Comment ce faisait-il qu’il ait autant de chance de les avoir ? Si ce n’était pas dans l’espoir de retourner les voir chaque année durant son absence, il se serait laissé tomber aux médications et à l’alcool depuis son premier jour à Moscou, il se serait laissé mourir à petit feu sans jamais retourner en France. Ses jumeaux ne se rendaient pas compte d’à quel point leur existence le poussèrent à user de toute ses forces pour se battre, pour rester sur ses jambes pour espérer d’un meilleur avenir. Il aurait aimé leur faire comprendre cela, mais il n’en était psychologiquement pas capable. Les mots refuseraient de sortir, cela serait l’équivalent d’avouer qu’il allait si mal qu’il espérait secrètement que la mort vienne achever ses malheurs. Et ça jamais il ne le ferait, il emporterait ce secret exclusivement pour sa famille avec lui dans la tombe.
Il déposa un baiser sur la tête du plus jeune puis lui offrit à nouveau un sourire.
-« Merci Hyoga, je tacherais de ne plus vous décevoir. »
Ils entendirent un « Wow Dité, tu es sublime ! » d’Isaak, provenir du couloir, suivit d’un « Merci mon chou t’es adorable ! » de son vis-à-vis qui bientôt fit éruption dans la chambre, les boucles plus rebondissante et luisante que jamais, un air victorieux et arrogant sur le visage comme un paon, accentué de son sourire fier. Son ami s’était vraisemblablement donné du mal pour dompté ses cheveux encombrant et bien qu’ils étaient magnifiques, Camus était reconnaissant envers sa génétique de lui avoir attribué les cheveux les plus droit de la famille, sinon il n’aurait jamais trouvé la patience ou même l’énergie de s’en occuper.
-« C’est qui qui va faire la fête jusqu’au petit matin et récolter un carnet de numéro de beau gosse !? C’est nous !
-Les garçons, ne prenez pas exemple sur lui. He’s bad.
-The only bad I am is a bad bitch, bitch! Now come on, habille-toi, et y’a pas intérêt que ça soit quelque chose de fade ! Ton magnifique fessier va être mis en valeur ce soir, mister !
-Dité ! » S’offusqua-t-il jetant un coup d’œil à Hyoga qui pouffa de rire.
-« Bah quoi ? Tu te trimbales chaque jour avec ce sublime muscle du fessier rebondit et tu crois encore que ta famille n’est pas au courant qu’il est magnifique ?
-C’est vrai qu’il l’est ! » Confirma Isaak qui avait suivi le suédois dans la chambre.
D’un air satisfait, Dité lui lança un « Merci ! »
Camus soupira profondément d’embarras en masquant son visage de sa main. Dité ne payait rien pour attendre, l’afficher ainsi devant ses frères n’était pas un acte pardonnable !
-« Bon ! je vais proposer quelque tenu et tu choisiras ta préféré. Heureusement que je t’ai forcé à faire du shopping avant de venir ! » S’exclama-t-il en allant ouvrir sa valise qu’il n’eut pas encore le temps de défaire.
-« Bon, on vous laisse alors, amusez-vous bien. Viens Isaak, Shun a dit qu’il serait en ligne à cette heure-ci. »
Hyoga entraina Isaak avec lui hors de la chambre sous les protestations de ce dernier qui voulait voir ce que son frère allait porter. Camus fut silencieusement reconnaissant envers le blond pour cela. Dité quant à lui vidait le contenu de sa valise sur son lit, jetant même quelque vêtement à la figure de Camus dont l’agacement montait en flèche. Mais dire que cela ne le distrayait pas de ses mauvaises pensées serait de mauvaise foi.
Il termina sa manicure en attendant que son ami ait fini sa fouille de leur bagage en quête du meilleur look pour ce soir, et souffla dessus en le regardant du coin des yeux s’habiller. Dité avait vraiment un corps admirable, sa peau était dépourvue de défaut, lisse et au teint laiteux, sa fine taille en fit baver un grand nombre d’hommes et le fera encore mainte fois à l’avenir. Dité savait parlé de son fessier comme si le sien n’était pas encore plus riche, sans parler de ses cuisses arrondies et ses jambes svelte. Camus se demandait pourquoi il n’était pas si attiré que cela par son corps qui avait absolument tout pour plaire, à l’époque il se dit que s’était par loyauté pour son copain, aujourd’hui il savait que la réelle raison était qu’il n’était simplement pas son type de mec. Son corps l’émerveillé certes, mais jamais le tenta. Il se disait que parfois tout aurait été plus simple s’il éprouvait des sentiments plus qu’amicaux envers lui, et d’autre fois il était soulagé que cela ne se soit pas le cas.
Et comme l’avait dit plutôt Dité, son type de mec était assez similaire au sien, grand, musclé, charismatique et fier. Milo était grand, musclé, charismatique et fier.
Il secoua discrètement la tête pour chasser cette pensée de son esprit. Milo était agaçant et un indéniable hétérosexuel jusqu’aux os, cela se sentait à des kilomètres, alors cela ne servait à rien de se laisser fantasmer sur lui et son irritant corps de dieu grec qui surement serait extrêmement chaud et dur contre le sien, et Camus était encore en train de divaguer.
Il soupira en se pinçant l’arête du nez, peut-être que ce soir il devrait essayer de se trouver un potentiel partenaire de sex pour une ou deux nuits. Ca ne lui plaisait pas des masses mais si cela pouvait calmer ses soudaine pulsion et ses pensées inappropriées, il voulait bien tenter le coup.
Une fois son vernis sec, il s’habilla à son tour des vêtements que lui proposa son ami, lui s’était vêtu d’un crop top à manche longue avec un pantalon taille basse à patte d’éléphant. Il porta une chaine en perle blanche ceinturant parfaitement sa taille, une fausse rose rouge attaché sur le coin de ses cheveux et ses sandales qui l’élevaient à cinq centimètres au-dessus de lui. Camus quant à lui opta pour un débardeur blanc large d’en avant et ouvert en arrière retenu par des laces, ainsi dévoilant son dos, et un jeans noir assez moulant que Dité lui choisit, sans oublier une touche importante, son collier ras du coup noir avec un pendentif en cœur au centre. Oui, il avait eu du mal avec celui-là, mais Dité lui força la main, et il n’allait pas se mentir, il aimait bien. Juste que s’il sortait encore avec Surt et qu’il le voyait porter cet accessoire, il le disputerait toute la nuit. Et ceci le poussa à accepter finalement de le garder. Son ami lui avait ensuite appliqué de son plus modeste brillant à lèvres parce que Camus ne souhaitait pas non plus en abuser.
Ils saluèrent Natassia qui avait insisté pour prendre une photo d’eux ensemble avant qu’ils ne s’en aillent, et s’assura que son fils n’avait pas oublier ni son portefeuille ni ses clefs. Dité le laissa conduire cette fois ci, s’occupant plutôt de leur percer les tympans plus tôt que prévu en commençant la fête dès la radio activée. Arrivé au parking de la boite qu’ils avaient choisi durant la journée, Dité lui attrapa brusquement le bras en lâchant une exclamation de surprise, le faisait sursauter.
-« Wait ! regarde la bas ! » S’écria-t-il en baissant le son de la musique de la voiture, ainsi révélant celle étouffé de la boite de nuit qui atteignait le parking.
Camus plissa des yeux pour mieux apercevoir les deux personnes que son ami lui pointé du doigt, se tenant un peu plus loin devant une voiture.
-« C’est Misty ! Tu connais pas Misty ? Le beauty influencer ? Quelle coïncidence de le croisé ici, on s’est DM y’a pas longtemps ! Ok regarde, trouve-nous une place, je vais aller le saluer et je te rejoins ! »
Le suédois ne lui laissa pas le temps de prendre un souffle qu’il détala à toute vitesse comme une furie hors de la voiture, claquant la porte derrière lui. Il soupira, la fatigue revenait progressivement l’encombrer, et parfois son ami pouvait être, « trop ». Il l’appréciait comme il était, mais Camus ne trouvait pas toujours la force de partager son éternel enthousiasme. Il gara donc la voiture et se rendit seul à l’entrée de la boite.
…
-J’arrive ! C’est bon, je te rappelle ! » Hurla Milo au téléphone lorsque son taxi le déposa devant le parking de la boite de nuit pleine à craquer.
Il serait bien venu avec sa propre voiture, cependant il se connaissait assez pour savoir que cela serait inutile. Ce soir, il ne comptait pas garder ses capacités à conduire. Il pressa le pas pour ne pas faire attendre encore plus ses amis qui l’attendait déjà installé à l’intérieur de la boite d’où la forte musique vibrante se faisait entendre, le faisant frissonner d’impatience.
Il avait hâte de pouvoir danser et boire et se déchainer jusqu’au matin. Demain il n’avait aucun cours à donner, sa copine sera au travail, donc il aura la matinée rien que pour lui. Il n’eut besoin de montrer sa carte d’identité puisqu’après tout il était un client récurrent que le staff commençait à connaitre, lui et sa petite clique. Il pénétra donc à l’intérieur du bâtiment sentant déjà l’euphorie secouer son squelette lorsque que la chaleur de la place l’encercla et que la forte musique fit vibrer sa cage thoracique. Même avec sa veste en cuir, il apprécia l’agréable température qu’il ne pouvait attendre d’augmenter encore plus à shot d’alcool et déchainement sur la piste de dance. Il sentait le fourmillement dans ses membres qui quémandait de bouger au rythme de la musique qui s’infiltrait en lui. Un grand sourire aux lèvres, il avança, slalomant dans la foule pour rejoindre le font de la boite où ses amis avaient l’habitude de s’asseoir pour mieux discuter. Il passa par le bar pour accéder à cette partie de la vaste salle encombré et illuminé par des jeux de lumières aux rythmes du son incroyablement entrainant.
Quelque chose du coin de l’œil attira son regard, sa couleur favorite. Par reflex, il tourna la tête et ses yeux se posèrent sur la silhouette d’une personne dos à lui, assise sur un des hauts tabourets du bar. La personne passa une main le long de ses cheveux pour les lisser davantage, et Milo reconnu immédiatement leur propriétaire par leur longueur, leur fluidité et surtout par leur couleur si spéciale. Il put apercevoir son dos tracé l’espace de quelque seconde et il en resta figé, les yeux écarquillés de surprise, qui s’avérait être une agréable qui dessina un nouveau sourire sur ses lèvres, un plus mutin. Il changea donc de direction et chargea vers le tabouret d’à côté encore libre, espérant que personne n’allait le prendre avant lui.
Il approcha la personne qu’il identifia officiellement comme étant le grand frère de ses élèves lorsqu’il put apercevoir son visage pale indéchiffrable et aux regard ennuyé, il buvait sans grand intérêt son verre, le terminant d’une descente captivante sans même sourciller.
-«Barman, deux autre de celui-là. » Commanda-t-il en s’asseyant à ses côtés, signalant enfin sa présence aux franco-russe qui faillit s’étouffer en le reconnaissant.
-«Milo ?
-Camus ! Quelle coïncidence ! »
Il ne l’avait jamais détaillé d’aussi prêt jusqu’à ce moment-là, ses grands yeux écarquillés par l’étonnement lui permis de constater juste à quel point ses cils étaient riches et longs -spécialement ceux du bas-, et la lumière dorée provenant du bar se reflétait fascinamment dans le rouge de ses iris. Il étudia la forme de son nez droit légèrement retroussé au bout, ainsi que les discrète tache de rousseur éparpillée ici et là sur la peau de son visage. C’est là qu’il remarqua ses fines lèvres luisantes recouvertes d’une discrète couche de brillant aux reflet rouge.
Avec amusement, Milo se dit « Oh, donc il est ce genre de mec. » Laissant cette émotion se lire sur son visage.
En tout cas Camus ne partagea pas sa joie de le croiser ici, et jura même d’avoir aperçu un début de roulement des yeux qu’il masqua en fermant les paupières. Cette attitude le divertissait, c’était plus fort que lui, il adorait embêter les gens rien que pour voir leur expression d’agacement à son égard. Il nota aussi l’élégant et joli collier autour de son cou, et ce style qu’il ne s’attendait vraiment pas a voir de sa part changeait complètement la première impression qu’il donna au conservatoire.
-« Oui, quel coïncidence. J’espère que ce n’est pas pour moi que vous avez commandé ce verre
-Si pourquoi ? et aussi, laissons tomber le vouvoiement, je suis sûr qu’on a le même âge, ça te va ?
-… Très bien. » Répondit-il sans même le regarder.
-« Tu es seul ?
-« Non, j’attends Dité. Il a croisé une connaissance. »
Si froid, il semblait avoir laissé tomber le peu d’amabilité qu’il avait déjà devant ses frères, mais cela ne découragea pas Milo qui comptait bien le faire redescendre de ses grands chevaux, ou sinon il ne serait pas fidèle à lui-même.
-« Excuse-moi, il semblerait qu’aujourd’hui j’ai dû dire ou fait quelque chose qui ait pu te contrarié. » Sa voix ne porta pas une once de regret et cela lui valut un regard de travers si glacial qu’il le fit frissonner de froid.
Quel regard ! Il comprenait maintenant pourquoi il travaillait en tant que prof, lui aussi avait surement la même capacité à faire taire tout une assemblée rien qu’avec un regard menaçant. Son visage était déjà très peu expressif, alors avec le manque d’amusement sans ses yeux, et la beauté symétrique de celui-ci, il imaginait bien l’angoisse qu’il transmettait facilement aux autres. Il avait trouvé leur premier point en commun.
-« Aucunement. »
Vraiment il avait du mal à le comprendre, et cela ne stimulait qu’encore plus son envie de le mettre à nu et le forcer à afficher toutes les expressions possiblement faisables par cette mignonne frimousse. Il se rappelait encore le petit rire qu’il lâcha derrière la vitre, plus tôt dans la journée, et les faibles sourire qu’il offrit, et se demanda pourquoi il changea si radicalement de comportement envers lui, pourquoi avait-il plus du mal à lire à travers son regard. Milo du surement faire ou dire quelque en trop qui l’ait contrarié. Connaissant les jumeaux, ils durent lui parler de lui qu’avec du positif, alors il ne pensait pas que cela viendrait de leur part.
Maintenant qu’il y pensait, ce fut durant leur dernier discussion qu’il se refroidit soudainement, donc forcènement, cela devait être une de ses innocente provocations. Il eut un déclic, réalisant enfin d’où ce mépris pourrait provenir. Milo l’avait implicitement taquiné en l’appelant un expert de la dance, et il se souvenu qu’un des jumeaux avait laissé échapper qu’il avait arrêté celle-ci à cause de quelqu’un. Il toucha alors une corde sensible, cela devait être ça ! Une blessure ? Physique ou psychique, peu importe, Milo avait dégoté son nouveau challenge du soir. Faire bouger le corps de ce rouquin. Et si comme il l’eut deviné, ce dernier était attiré par les hommes, quelque doux regard et petit contact devraient faire l’affaire, puisque personne ne pouvait résister à son charme ! Ni femme ni homme !
-« Je vois, tu m’en vois rassuré alors. Je ne voudrais pas avoir une mauvaise relation avec le grand frère de mes élèves favoris. » Retorqua-il en adoucissant sa voix et son sourire, étant sûr de pouvoir le berner ainsi.
Camus tourna enfin la tête vers lui en s’écartant légèrement pour le toiser de haut en bas, un sourcil arqué arrogant, avec un sourire moqueur aux lèvres qui étouffèrent un ricanement qu’on aurait dit dédaigneux.
Milo en resta figé une seconde. Venait-il de se moquer de lui ? Clairement ! Il venait clairement de le faire sous son nez en ne prenant même pas la peine d’être discret. Il avait envie de le ridiculiser ? Milo se mordit la lèvre en souriant sous cette nouvelle difficulté de niveau, abandonnant le ton doucereux qui n’allait visiblement pas tromper ce gars-là. Il adorait cela.
Le barman posa leur verre devant, attirant que quelque seconde plus tard leur attention, trop focaliser à se défier du regard.
-« Voilà pour toi mon joli. » Avait-il dit à Camus, se recevant un regard jugeur de la part du grec a qui paya l’addition.
-« Merci, Fred.
-Mon Joli ? » Répéta-t-il d’un sourcil arqué, exprimant certes un amusement, mais quand bien même accompagné d’un léger agacement.
-« Il dit ça à tout le monde.
-Eh bah, il ne me l’a pas dit à moi. »
Camus ne retint qu’à moitié un faible ricanement, détournant son regard altièrement, donnant cette impression que son attention valait plus cher qu’un simple verre et quelque petite blague. Milo aurait pu être irrité par ce genre de comportement, puisqu’après tout chaque mot qui sortait d’entre ses lèvres semblaient être imprégné de sarcasme et d’arrogance. Et ce que dit ensuite Camus ne fit que prouvé son point.
-« Peut-être qu’il ne te trouve pas assez joli ? »
Oui, il aurait dû être agacé, mais pour une raison voir la lueur de satisfaction renaitre dans ces yeux de grenats aux reflets d’ambre le fit esquisser un sourire malgré lui. Il adorait provoquer, que cela soit amicalement ou hostilement, mais ce n’était pas souvent que les repartit l’intéressait.
D’un sourire espiègle et charmeur il lui demanda « Ah ouais ? Et est-ce que toi tu me trouves assez joli ? » En approchant son visage du sien pour le forcer à le regarder et constater de force qu’il pourrait spécifiquement être son type de mec.
La proximité ne perturba l’expression froide et placide du roux, il n’avait même pas sourcillé, sans bouger la tête, il baissa rapidement ses yeux vers ses lèvres avant de les planté à nouveau dans les siens.
-« Pas mal. »
« Pas mal ? » Se répéta mentalement Milo. « Juste, pas mal ! ». Pour personne attiré par le sexe masculin il était juste pas mal. Et ça il en était bien conscient, il connaissait que trop bien l’effet que son physique et son sourire réalisaient sur les autres, femmes ou homme, peu importe. Il était irrésistible et il le savait ! Pourtant, la façon dont Camus lui répondit, de façon si désintéressée sans aucune perturbation, ni dans sa posture, sa voix ou son regard, le fit presque croire qu’il était en effet à la limite du « pas mal », ou que le « pas mal » fut donné uniquement pour ses efforts. Il aurait très bien pu lui répondre « non » et cela aurait eu moins d’impact négatif. Il eut envie de grincer des dents, mais il ne pouvait se mentir, le grand frère de ses élèves était un personnage interessant, et il n’était qu’encore plus déterminer à relever cet auto-imposé défi haut la main.
-« Je vois, pas mal. Merci bien, je te retourne le charmant compliment. » Dit-il simplement en se redressant à nouveau. « Et d’ailleurs, tu connais ce barman ? »
Camus prit une longue gorgé en rejetant légèrement la tête en arrière, étirant son cou élancé et pale, et Milo aperçu le collier l’enlaçant étroitement bouger doucement, entraîné par sa pomme d’Adam qui roulait aux rythmes des gorgées. L’instructeur de danse releva ensuite les yeux vers les sien et le surpris en train de le regarder au coin.
-« Je fréquentait ce bar avant de voyager. » Répondit-il après un souffle, glissant discrètement sa langue sur ses lèvres.
Le grec cligna deux, trois fois des yeux pour sortir d’une étrange et rapide transe dans laquelle il fut projeté sans s’en rendre compte. Pour une raison, le voir boire ainsi lui fut satisfaisant, la droiture de ses cheveux épousait parfaitement la longueur de son cou et l’élégance de ces épaule, leur couleur carmine faisait ressortir la pâleur de sa peau. Il fallait le dire, Camus était séduisant, même lui un homme cent pour cent hetero jusqu’aux os se devait bien de l’avouer. Il perdit la maintenance de son sourire et son expression malicieuse pour deux secondes, mais reporta bien vite ce visage avant que son vis-à-vis le remarque.
-« En tout cas. » Reprit Milo parole. « Des potes à moi sont assis plus loin, rejoins-nous. » Il continua rapidement, remarquant que Camus était sur le point de rejeter sa proposition. « Préviens Dité, être à plusieurs s’est plus amusant qu’être que deux, n’est-ce pas ? Et puis maintenant que tu es de retour en France, quelque connaissance de plus ne te feras que du bien. » Termina-t-il avec un rapide clin d’œil.
Le franco-russe ne répondit pas directement, considérant sa proposition.
…
Camus s’était promis qu’il essayera de se trouver un partenaire ce soir, donc rejeter la proposition de Milo reviendrait à se mentir a lui-même en évitant de rencontrer d’autre hommes. Qui sait, peut-être qu’un parmi eux pourrait monter un réel intérêt pour lui. Très peu probable, il le savait, mais il fallait bien prendre des initiatives de temps en temps. Il ne perdrait rien à essayer. Et de tout façon, plus il échangeait avec cet instructeur, plus il sentit qu’il en avait peut-être désespéramment besoin. Les frissons qui le parcourent à chaque fois qu’il sentit ses yeux l’analyser ou qu’il entendait sa voix grave à travers la musique, devaient être à tout prix métriser. Cet homme était incroyablement attirant, donnant presque envie à Camus d’ignorer sa nature pudique et réservé pour tenter sa chance avec lui, mais jamais il ne fera cela, autant ne plus jamais le revoir. Il était bien trop fier, et Milo bien trop agaçant, sans parler du fait qu’il était non seulement l’instructeur de ses deux petits frères, mais aussi un modèle pour eux, cela sonnait juste faux d’avoir des relations plus qu’amicaux avec lui. L’idée au fond de son esprit en soit, pour une raison, ne lui parut pas déplaisante. Pourtant cela ne lui ressemblait pas de s’imaginer ainsi avec un homme. Enfin, un autre que Surt. Cela arriva qu’une seule fois auparavant, cependant, il n’eut vraiment pas envie de se remémorer son aîné de la faculté alors pour rapidement couper court à ses souvenirs, de cet homme et de Surt, il opina et se leva de son tabouret pout suivre Milo à travers la foule dansante, son verre à la main.
Ce dernier le conduit jusqu’à une table ronde visiblement plus cher que les standards où un groupe de jeune homme étaient assis sur un canapé circulaire et quelque chaise rajouté. La musique ici se fit un poil moins assourdissante, juste assez pour que la communication soit plus simple.
-« Milo enfin ! » Maugréa assez fort pour être étendu travers la musique un des hommes qui avaient de court cheveux sombre.
Tout en s’écartant pour laisser paraitre Camus, il répondit « Désolé ! J’ai croisé un ami ! » Et posa une main entre ses omoplates.
Camus se sentit légèrement inconfortable, non par le contact qui parvint à peau, non celui la lui donna envie de frissonner, et c’était ce qu’il aurait fait s’il ne s’était pas retenu de toute ses forces. Ce fut à cause de la différence de style vestimentaire et de la carrure des autres hommes présents. Il se sentit de trop, comme par sa présence que par son fin corps et son accoutrement bien moins virile qui moulait un peu trop sur la partie inferieur de son corps.
-« C-Camus !? »
L’interpellé sursauta légèrement et fixa ses yeux sur le visage de celui qui venait d’apparemment le reconnaitre. Cela lui prit quelque seconde afin de proprement distinguer ses traits à cause de l’obscurité de la boite, mais lorsqu’il le fit, il ne put retenir un deuxième soubresaut tandis que son ancienne connaissance se leva de sa place pour venir lui faire la bise.
-« Saga ! »
Saga. Tel était le nom de son ainé de la fac, celui qui parvint à s’immiscer dans certain de ses rêves même lorsqu’il dormait sur le même oreiller que Surt. Celui qui lui fit implicitement, mais si évidemment des avances qui le firent secrètement hésiter, son ami et son ‘professeur’. Il ne s’attendait pas à ce que le sourire qu’il lui échappe sois aussi grand. En soi, il ne l’était pas tant aux yeux des autres, mais ceux qui connaissait Camus ne serait-ce qu’un peu, sauraient reconnaitre la différence.
Même Milo en resta figé de surprise.
L’inconfort qu’il sentait en lui lorsqu’il pensait à Saga ne fit pas apparition cette fois ci, peut-être elle fut écrasée par l’agréable surprise de le revoir aussi soudainement après cinq sans le moindre contact, mais il s’attendait à ce que la honte et le malaise reprenne du terrain après l’effet de surprise passé. La bise faite, Saga s’éloigna légèrement sans lâcher sa main et lui sourit. Camus avait presque oublié les traits de son visage, cependant l’impression que sa beauté virile lui laissa, elle ne s’était jamais effacée, et ce soir elle se renouvela comme fraiche, malgré la faible luminosité. Son visage fusionna avec le reste des souvenirs qu’il avait de lui, et le vit à nouveau comme la première fois dans la bibliothèque de leur faculté.
-« Si on m’avait dit que je te croiserais ici ce soir, je ne l’aurait pas cru. » Lui avoua-t-il, son regard grave détaillant son visage.
-« De même, ravi de te revoir Saga.
-Eum, explication ? » Interrompit Milo les retrouvailles, un sourcil arqué, semblant l’air quelque peu contrarié.
-« On fréquentait la même fac, Camus est un ami. »
Ce dernier fut surpris des derniers propos de Saga, bien qu’il l’eût rejeté avant de disparaitre pour la Russie avec un autre, Saga employa le présent pour le designer comme un ami, et non le passé. Camus ne s’y attendait pas, certes, mais cela le fit plaisir plus qu’il n’aimerait.
Milo lâcha un simple « Je vois. », les dardant tout de même de son regard tandis que les deux anciens amis se refirent face.
-« Je suis tout autant ravi, Camus. Je t’en prie, installe-toi. » L’invita-t-il à le suivre d’un signe de la main.
Camus, léger mais content sourire aux lèvres, s’apprêtait à lui emboiter le pas pour prendre place à ses côtés, mais quelqu’un le tira du bras pour le forcer à s’asseoir quelque part d’autre. Milo passant ensuite un bras autour de ses épaules, le fixant d’un regard rempli de défi, ayant l’air de lui dire « Eh bah non, tu t’assieds avec moi. ». Le roux lui répondit d’une expression ennuyée et jugeuse, levant les yeux au ciel. Il donna une pichenette sur la main du grec posé sur son épaule pour la chasser sans grande rudesse.
-« Quel coïncidence en tout cas ! Pourtant Saga, tu ne nous as jamais parler de lui ! » S’exclama Milo, dans le but évident de provoquer, comme sa nature le réclamait. « Laisse-moi faire les présentations, Camus, je te présente Angelo ici, juste à côté c’est Shura, puis le mignon chaton la bas c’est Aiolia.
-« Hey- ! » S’indigna ce dernier.
-« Et ce gaillard ténébreux c’est Ikki, et devine c’est qui Ikki. »
Ce dernier ricana en croisant les bras « Moi en tout cas je le reconnais, le rouquin. »
-« Vous avez quoi tous à le connaitre bon sang ! » Se plaignit celui nommé Angelo, ses bras étaient recouverts de tatouage présentant des dessins assez lugubres, comme des têtes de mort, autre os et des ronces de roses.
Dité l’adorerait très certainement. D’ailleurs en pensant à ce dernier, il sortit rapidement son portable de son sac à main, ignorant au passage la remarque d’ikki concernant ces cheveux, pour envoyer un message a son ami.
-«Tu le connais aussi, Shura ?
-Non.
-Et puis-je savoir pourquoi je suis sensé reconnaitre Ikki ? On se connait ? » Demanda-t-il en relevant les yeux de son portable pour détailler à nouveau le visage de ce dernier.
Ses traits étaient caractérisés par une masculinité frappante, lui donnant un air féroce et imposant. Ses épais sourcils froncés accentuaient son regard rigoureux et pesant, lui rappelant celui d’un loup ou d’un autre type de prédateur impitoyable. Il aurait presque été angoissé s’il était plus faible d’esprit. En tout cas ce qu’il put noter en balayant son attention sur le visage de tous présent, celui de Milo était le plus doux. Enfin, pas un seul étaient déplaisant à regarder, et Saga parmi eux tous, lui ramenait un certain réconfort.
-« Non, mais les Camus, ça courent pas les rues, tu vois ? C’est toi l’aîné des Delaurores ? » Cela sonna plus comme un simple déclaration qu’une question.
-« Oui. En effet. Et ? » Retorqua-t-il, défiant son attitude rude et son regard dur du sien aussi froid que les glaciers de Sibérie
La façon dont il formula sa phrase laissa entendre qu’il connaissait ses frères, et savoir qu’une brute comme lui avaient peut-être quelque chose à avoir avec ses petits poussins activait la férocité dont il pouvait faire preuve pour les protéger. Même Surt, n’osa jamais défié son instinct protecteur d’ainé, ses frères étaient un sujet qui certainement était le seul capable de le mettre hors de lui.
Il put apercevoir du coin de l’œil Milo l’observer en souriant.
-« Pas la peine de montrer les crocs » Reprit Ikki parole, son air imposant s’adoucissait légèrement lorsqu’il sourit. « Tes frangins sont les meilleurs amis du mien. »
La glace dans ses yeux se brisa et son expression se relâcha de surprise.
-« Oh…Tu es le grand frère de Shun, alors…On est pratiquement de la même famille, enchanté Ikki.
-Raah, pas la peine de me le rappeler. » Râla-t-il tout en acceptant de serrer la main que Camus lui tendit au-dessus de la table. « Normalement je serais contre ce type de relation entre eux mais ça fait tellement longtemps qu’ils se tournent autour sans rien faire que j’en ai ma claque. Il serait temps que tu apprennes à ton frère à prendre les choses en main.
-C’était déjà prévu…Et toi, on dirait que ça t’amuse de t’entourer de la famille de tes élèves. » S’adressa-t-il à Milo en le regardant droit dans les yeux.
Ce dernier s’esclaffa de rire, augmentant la température corporelle de Camus mais ce dernier préférait croire que c’était dû à l’alcool. De leur proximité, il remarqua les canines pointues du grec qui soutenait son côté espiègle.
-« Pour ma défense, j’étais ami avec Ikki avant même que Shun devienne mon élève ! C’est d’ailleurs pour cette raison qu’il l’a inscrit à mes cours. »
-«Ouais, comme ça j’ai l’esprit tranquille. Et je te jure Milo, si j’apprends que mon frère se fait embêter en classe… » Il continua sa menace en langue des signes, faisant glisser son pouce lentement sur son cou.
Cela amusa Camus, qui saisit fermement l’épaule de l’instructeur, serrant avec assez de force pour lui faire comprendre qu’il lui ferait bien pire si quelque chose arrivait à ses frères.
Milo lâcha un rire, fallait qu’il se l’avoue, vraiment adorable.
-« Hahaha ! c’est compris les grand frères ! Je protègerais vos petits au péril de ma vie. »
Le portable de Camus vibra sur ses cuisses et il baissa les yeux pour regarder l’écran qui s’alluma pour afficher sa nouvelle notification. Il remarqua que Milo aussi regardait dans la même direction que lui, ne tentant vraiment pas de cacher sa discourtoise curiosité et ce dernier lâcha un « Aww » en voyant son fond d’écran qui était une photo des jumeaux enfant, montrant fièrement leur dentition manquant d’un grand sourire pour Isaak, et une adorable grimace pour Hyoga. Il accepta de tolérer l’indiscrétion pour l’unique et seul raison que l’instructeur semblait vraiment les adorer, à ce moment-là, il ne pouvait que sourire. Cette photo lui faisait toujours ce même effet à chaque fois qu’il allumait son portable. Il reçut des messages de Dité bourré d’émoticon comme toujours, disant : «Aaaahh Honey je suis désolé !! Ca me rassure que tu sois pas seul ! Misty a insisté pour faire une toute petite de chez petite vidéo avec moi, et tu saiiiiiiiiis que j’aurais pas pu dire nooooooon a caaaaaaaaa !!!! Bref, je vous rejoins dès que j’aurais fini ! Promis, promis mon Mumus a la fraise sois pas faché ! Bisous bisous ! »
Il entendit Milo s’étouffer de rire a côté de lui, et réalisa que ce demeuré avait aussi eu l’audace de lire ses messages ! Honteux et indigné, il le fusilla du regard en rougissant.
-« HAHAHA !! MUMU-»
La voix s’étouffa dans sa bouche après que Camus lui eut attrapé la mâchoire pour le faire taire. En faisant cela, il croisa le regard de Saga et son expression féroce s’adoucit, sentant son cœur bondir dans sa poitrine. Ce dernier lui sourit tandis que Milo reprit son souffle en lui retirant sa main, et Camus se sentit soudainement timide, comme à l’époque de ses premières années universitaire.
-« Dit moi Camus. » Parla Saga. « Depuis quand tu es de retour en France ?
-Hier. En fait, chaque année, je viens durant un moi. Mais cette fois ci je reste. »
Saga releva les sourcils de surprise.
-« Définitivement ? »
Il répondit en hochant simplement la tête. Milo s’était tu et tenu tranquille pour écouter leur échange avec intérêt, son bras allongé sur le dos du canapé derrière les épaules du franco-russe, sans le toucher.
-« Surt n’est pas là ce soir ? »
Il s’y attendait. Bien sûr qu’il allait demander après lui, ce n’était pas étonnant. Après tout ce fut pour lui que Camus abandonna tout pour partir, qu’il dut mettre un terme à leur sincère amitié qui aurait pu fleurir en quelque chose de plus grand et solide. Milo le regardait, un sourcil arqué, sans l’ombre d’un sourire sur le visage. Camus ne doutait pas de son masque de glace, il demeura indéchiffrable, aussi lisse et épais qu’une couche de glace immobilisant un océan tout entier. Cependant, Milo s’emblait avoir détecter un certain malaise en lui, comment ?
-« Non. »
Il se devait de l’avouer, d’être assez fort pour le dire devant tous, car le silence sur sa perte lui serait le contraire du progrès dont il avait besoin. Il le fit une fois devant sa famille, et il sut que ce fut la bonne chose à faire, se taire voulait dire cacher, et cette cachoterie engendrerai un mensonge dans lequel il se tapisserait. Et par-dessus tout, il refusait d’être faible, ici et maintenant, pas alors que cet énergumène provocateur le regardait.
-« On n’est plus ensemble. » Ajouta-t-il finalement, l’air inébranlable, bien qu’au fond, son cœur se serra douloureusement et ses poumons le brulaient à chaque inspiration comme consumé par un feu destructeur.
Saga afficha une expression encore plus surprise, se figeant complètement. C’était ironique, tout le monde réagissait ainsi en apprenant la nouvelle. Car c’était évident que Camus n’était rien sans lui. Un mélange acidulé et amer remonta au fond de sa gorge, l’empêchant de correctement déglutir. Mais il refusait, quel qu’en soit le prix, de paraitre affecté par cela, jamais, au grand jamais, il ne laisserait sa peine, sa rancœur, sa honte, et ses regrets transparaitre au monde.
De tout façon la réaction de Saga ne fut pas la pire, il se rappelait si clairement celle de Dité, lorsque ce dernier l’apprit, il fondit en larmes et pleura comme un enfant à la place de Camus, profondément soulagé qu’il s’en soit sorti. S’il avait pu retenir ses propres larmes à ce moment-là, cette situation la devait lui être simple à gérer.
Les autres présents autour de la table avaient interrompu les discussions entre eux pour se focaliser sur leur échange, et Saga ne semblait pas encore s’en remettre, et le silence devint pesant, alors il porta son verre à ses lèvres pour terminer ce qu’il restait de son cocktail. L’expression de Milo s’était dégradée au fils des secondes, altérant son regard entre lui et Saga, avant de finalement s’exclamer en s’adressant à ce dernier.
-« T’as perdu ta langue ou quoi !? » Maugréa-t-il, surprenant Camus au passage.
Il regarda Milo de profil, tirer une tête agacée, détaillant malgré lui cette nouvelle expression qu’il le voyait afficher. Saga sortit enfin de son silence, quelque peu mal à l’aise.
-« Excuse-moi, je vois que tu as fini ton verre, je vais t’en ramener un autre.
-Non, ce n’est pas la peine, je peux y aller moi-même.
-J’insiste, je t’ai pas vu depuis si longtemps, permet moi de t’inviter.
-Tu nous ramène aussi une autre tournée au passage ? » Plaisanta Angelo.
-« C’est au tour d’Ikki par contre. » Nota Shura.
-« Ouais je sais, je te rembourserai Saga.
-Pas la peine. » Dit-il en se levant de sa place. « Tu m’accompagnes, Camus ? »
…
Milo se retint de tiquer de la langue en voyant Camus acquiescer et se lever pour joindre Saga. Il regarda les mèches rouges lui glisser des doigts, lui confirmant qu’elles étaient incroyablement lisses et soigneuses. Aussi très douces. Le roux ne lui avait même pas adresser un regard avant de s’en aller. Et cela l’agaçait. Il était censé être le centre de son attention ce soir, il avait des fins auxquelles parvenir, et il eut l’impression d’être sur la bonne voie. Déjà quelle première surprise de voir ses yeux s’illuminer ainsi en reconnaissant Saga, lui offrant un sourire bien plus expressif que tous les autres qu’il vit habiter ses lèvres. Qu’avait-il de si spéciale pour lui de toute façon ? Bon, peut-être leur amitié lui fut importante. Sa deuxième surprise, de sentir cette tension le prendre à la mention de ce nom. Surt. Il jura avoir remarqué ses doigts se resserrer autour de son verre qui trembla légèrement. Son expression et sa posture restèrent imperturbées, il ne sourcilla même pas, pas un seul étirement musculaire en trop. Mais il jura avoir vu son regard se perdre, et son souffle ralentir, comme s’il passait avec difficulté à travers sa trachée. Personne n’aurait pu remarquer ce détail, lui-même n’en fut pas si sûr, cependant il se sentit inconfortable. Ce fut étrange, comme s’il était parvenu à saisir un grain des réels sentiments de Camus. Et l’étonnement allongé de Saga semblait être insupportable aux silencieux franco-russes qui garda un visage digne. Il venait de révéler une rupture ! Et ce pourtant intelligent Saga ne sut répondre que par le silence !
Il ne connaissait absolument rien de plus sur Camus, la première fois qu’il le vit, ses cernes creusaient le dessous de ses yeux, il semblait épuisé. Puis il se rappela sa discussion plutôt avec ses élèves.
« Ouais c’est vrai ! Camus dansait aussi avant !
-Avant ?
-« Tss, il a arrêté a causse de cet ho- »
Cet homme…, Camus, un amateur de danse qui dut arrêter à cause d’un homme. Serait-ce ce Surt ?
Il sentit une colère brulante monté en lui, assombrissant son regard dangereux. Il n’avait que ce nom à haïr, mais il le haïssait déjà d’une passion vive comme s’il le connaissait et avait vu tous ses péchés. Pas la peine d’en savoir plus pour l’abhorrer, la danse s’était quelque chose de sacré. La danse était une libération, une salvation des vis de la vie. Tout le monde avait besoin de laisser son corps s’exprimer et se défouler en rythmes, et spécialement ceux qui apprenaient à le faire artistiquement. Privé un artiste de son art, c’était écœurant, peu importe la raison. Pour lui aussi, fut un temps ou la danse lui était interdite, et lorsqu’il comprit que ce manque de mouvement lui était comme une torture mortelle, il brisa toutes les chaines qui le retenaient pour embrasser sa passion avec plus d’ardeur et d’hardiesse.
Il vit bien que Hyoga partageait cette indignation, lorsqu’il prononça ces mots, la haine, le mépris et la colère chatoyaient nettement dans ses yeux et s’exprimaient à travers le langage de son corps. Si les jumeaux le haïssaient, il avait une raison de plus de le faire, et cette réflexion le motiva encore plus à libérer Camus se soir. Il devait rappeler à un ancien danseur le gout de la liberté, et inciter les corps à bouger et se déchainer était non seulement son job, mais aussi sa passion.
Toujours en fixant le point de départs du roux d’un regard perçant, il ramena sous son nez les doigts qui avaient pu se glisser inaperçu dans le bout de ses cheveux, et les sentit.
« Ca sent vraiment la fraise… » Pensa-t-il.
-« Hé abruti ! »
Sa bulle de pensée éclata brusquement, le ramenant à la réalité, la musique qui se fit sourde s’amplifia à nouveau dans sa tête et il tourna son attention vers Angelo.
-« Enfin ! Ca fait cinq fois qu’on t’appelle !
-Ce Camus semble t’intéresser. » Fit Shura la remarque en regardant aussi la direction dans laquelle lui et Saga avaient disparu derrière la foule dansante.
-« Attendez, si j’ai bien compris, il est gay ? » Demanda la question Aiolia se prenant un coup de coude de la part d’Ikki, protecteur de l’honneur de son frère.
-« Hé t’as un problème avec les gays !?
-Quoi non, non ! Juste, qu’il n’en a pas l’air. Ca ma surprit c’est tout.
-« Comment ça il en a pas l’air !? » Réfuta Angelo. « T’as pas vu ses lèvres brillante et ses ongles ? Puis la façon dont il dévorait Milo du regard aurait dû te mettre la puce à l’oreille.
-« SERIEUX !? » S’écria Milo, les yeux pétillant de petites étoiles et le visage illuminé d’un large sourire enfantin, bondissant presque sue la table pour fixer Angelo droit dans les yeux.
Son ami plissa des yeux face à tant de soudaine lumière et les autres le dévisagèrent comme s’il avait perdu la tête.
-« Pourquoi ça te fait si plaisir !?» L’interrogea son vis-à-vis. « Ça devrait pas te faire l’effet contraire ? »
-« Il me mattait? Vous pensez que je lu plais ? Hien ? »
L’expression de ses amis s’aggravèrent encore plus puis Aiolia lâcha un cri de stupéfaction comme s’il avait vu un fantôme, pointant Milo d’un doigt presque tremblant et accusateur.
-« Tu ! Tu as rejoint l’autre côté !? Et Geist !? Qu’est-ce qu’elle a pu bien te faire pour te faire aimer les hommes !? Mon pauvre…
-Mais non imbécile ! » Le contredit le concerné, frappant sa main sur la table, ce qui faillit bien renverser quelques verres tandis qu’Angelo se marrait. « Je suis pas gay ! Et tout va bien avec Geist ! C’est juste que, comment dire ? Ce gars est énigmatique, et j’aime bien les énigmes.
« Aime bien dans quel sens ? » S’ajouta Shura qui dévoila un sourire taquin.
-« C’est comme avec Kanon ! Vous m’avez pas traité de gay quand j’ai commencé à le coller !
Aiolia haussa des épaules « C’est parce qu’il est pas gay, Kanon ! .
-« Attendez, moi j’en suis pas totalement sur. » Les arrêta Ikki. « Mon radar n’est pas au point, mais je vis quand même tous les jours avec un pro, et laissez-moi vous dire que celui de Shun est irréprochable. Une fois il a vu Kanon sur ma story et il m’a demandé s’il était bi. Moi j’ai foi en le jugement de mon frère dans ce genre de truc.
-Parce qu’il EST bi ! Bon sang vous le saviez pas !? » S’écria Milo d’étonnement.
-« Hah, encore une fois le gaydar de mon frère fait ses preuves. » Se vanta-t-il un peu trop fièrement, mais en même temps c’était Ikki qui parlait de son adoré petit frère, il se vanterait sur tout et n’importe quoi à son sujet.
En finissant son verre, Shura dit simplement « J’avais mes doutes. »
Angelo le suivit « Jamais remarqué. »
Mais Aiolia lui, lâcha une exclamation de choc comme s’il venait d’apprendre la mort de quelqu’un.
-« La semaine dernière à la plage, je me suis dezapé devant lui !
-Relax Lia » Lui dit celui tatoué des bras. « S’il avait des vues sur toi, le connaissant depuis longtemps il aurait réussi à t’avoir dans son lit ! »
Sa remarque provoqua un éclat de rire général, exclus du pauvre grec châtain qui grimaça d’inconfort, donnant un coup de pieds sous la table à l’italien.
-« Je pense aussi que t’es pas le seul à être intéressé par Camus, Milo. » Reprit le japonais après avoir repris son souffle.
-« Ah ?
-« Je sais pas, Saga le fixait un peu trop. »
L’instructeur de danse se tapis dans le silence de ses réflexions, repensant aux interactions qui se déroulèrent un peu plus tôt entre eux. Saga ne lui donnait absolument pas l’impression de s’intéresser aux hommes, donc il ne prit pas vraiment à cœur la supposition manquante de sérieux d’Ikki. Il fut trop focalisé sur le roux pour remarquer un quelconque regard de trop de la part de son compatriote, et de toute façon l’attention qu’il portait pour Camus était très certainement dû au fait qu’ils étaient d’ancien amis. C’était surement la raison pour laquelle il l’invita à l’accompagner seul afin de pouvoir discuter de chose privé. Il sortit de ses pensées lorsqu’Angelo reprit parole d’un sourire narquois.
-« ‘Fin, je suis pas gay ou quoi, je dis ça juste comme ça, mais si Saga l’était, je pense que ce Camus serait son type. »
-« Hien pourquoi tu dis ça ? » Demanda Milo en fronçant légèrement les sourcils. « Et puis Saga n’est pas gay. »
-« On la jamais vu avec une femme non plus, hein ? Et puis je suppose pour me marrer. Je veux dire, même c’est les meuf mon truc, je peux avouer que ce gars-là à quand même du charme. Son visage est interessant, pas typiquement correspondant au beauty standards qui uniformisent tout, sa beauté est propre à lui, c’est un peu ce genre de portraits que je favorise pour mes peintures. Son corps est masculin sans que sa virilité étouffe le côté gracieux et délicat de sa figure. Ce qui veut dire entre autres, que son fessier est pas mal ! Hahaha !
-Tu es tellement plus interessant quand tu laisses ton côté artistique parlé, Angelo. » Le piqua l’espagnol à ses côtés.
Aiolia Ajouta « Ce qui arrive qu’une fois par mois ! » ce recevant des jurons de la part de l’insulté.
À nouveau Milo garda le silence, mais avait quand même toiser rapidement son ami peintre du regard à sa dernière phrase avant de reprendre son analyse dans sa tête. En effet, il avait totalement raison, il n’imaginait pas le nombre d’admirateur que Camus pourrez avoir, lui-même s’il était intéressé par les hommes, il serait très probablement déjà tombé sous le charme unique et glacial de ce jeune homme. Néanmoins il avait du mal à imaginer Saga l’être, tout ceci ne fut que des jeux de paroles pour complimenter un homme sans donner l’impression d’être attiré par celui-ci.
-« Parlons d’un fessier pas du tout mal ! » Reprit à nouveau l’italien, cette fois ci avec plus d’entrain, se redressant du dos du canapé pour se pencher au-dessus de la table. « J’en ai vu un spécimen aujourd’hui ! Putain d’envoutant ! Une meuf n’était pas contente dans le parking du conservatoire parce qu’apparemment je lui avais piqué sa place, et pour me faire pardonner elle a insisté pour que je lui passe mon insta. C’était une putain de bombe !
- Oh wow, merci beaucoup mon chou ! » Répondit une nouvelle voix qui n’appartenait à aucun des jeunes hommes attablés.
Ils firent volteface vers la personne qui venait de parler, affichant un aimable sourire, debout à côté de leur table. La frénésie de la fête autour d’eux, la forte musique et la faible luminosité les avaient empêchés de remarquer directement la présence de quelqu’un qui arrivait vers eux. Un sourire gagna les lèvres de Milo qui se leva pour saluer le nouvel arrivant.
-« Dité ! Comment ça va ? »
Angelo ouvrit stupidement grand les yeux et l’instructeur de danse se retint de toutes ses forces d’éclater de rire en comprenant la situation. Dité pouvait en effet très facilement être confondu avec une femme, contrairement au roux, celui aux boucles aquatiques ne possédait pas des traits masculins aussi défini. Mis à part pour sa pomme d’Adam et son manque de poitrine pas souvent indicateur de son sexe, il était difficile de ne pas se tromper. Certes sa voix pourrait le trahir, mais celle-ci était douce et mélodieuse, simplement comme celle d’une femme à la voix grave. Il ne pouvait en vouloir à son ami d’avoir confondu son genre, ce fut du miracle qu’il ne tomba pas dans les pièges. Et puis la façon dont il s’habilla ce soir ne donnait aucune chance aux autres d’y échapper.
-« Tu la connais ? » Demanda-t-il en les pointant du doigts.
-« Ouais, c’est l’ami de Camus. » Répondit-il en ricanant, et il vit bien que l’ami en question trouvait aussi cette situation amusante.
Aiolia et Shura semblèrent eux aussi troublé par la beauté parfaite du jeune homme, le premier avait même légèrement ouvert la bouche d’étonnement et le deuxième le dévisagea de haut en bas, ce qui était un signe qu’il aimait ce qu’il voyait. Ikki lui baissa la tête pour masquer son ricanement, on dirait bien que quelqu’un d’autre que lui reconnut ce qui se cachait réellement dans le pantalon du nouveau venu. Avoir Shun comme petit frère avait ses avantages.
-« Bonsoir beau monde, appelez-moi Dité. Et comme on se retrouve, voleur de place de parking, alors, tu comptes bien te rattraper ce soir pour ton crime, n’est-ce pas ? »
Angelo afficha un sourire narquois et charmeur, il tendit la main pour prendre celle de Dité et le tira vers lui pour qu’il prenne place entre lui et Shura, passant un bras autour de ses épaules. Milo et Ikki se lancèrent un regard complice en se mordant les lèvres.
-« Déjà, poupée, je ne suis pas un voleur. S’il y’a quelque chose que je te volerais, ça serait pas ta place de parking. Mais oui, évidemment, je me rattraperais ce soir pour toi. »
Dité s’était encore plus approché de lui en croisant les jambes, ronronnant presque comme un chat avec un sourire aguicheur qui ne laissait certainement pas indiffèrent l’italien.
-« Ah oui ? » Chantonna celui aux boucles d’eaux, glissant un doigt autour du pendentif d’Angelo en forme de tête de mort.
Ce dernier le dévorait du regard comme un loup affamé, s’il savait…Le pauvre. Mais Milo ne voulut rien dire, et Ikki, ne voulut rien dire non plus, curieux de voir jusqu’à où cela pourrait aller. Dité détacha son regard de lui, et tourna la tête vers Shura pour l’observer avec un certain intérêt. Mécontent par le soudain manque d’attention, porté vers un autre homme, Angelo tient le menton du nouveau venu pour lui refaire tourner sa tête vers lui.
-« Qu’est-ce que tu regardes, ma jolie ? »
« Vraiment un idiot » Pensa Milo, se délectant de ce divertissement.
À nouveau, l’attention de Dité vira d’Angelo pour se poser cette fois ci sur Ikki qui finissait le reste de son verre. Un sourire discrètement douteux se dessina sur ses lèvres roses.
-« Et bien dis donc mon chou, tu n’es apparemment pas le seul beau gosse ici.
-Tu te lasses déjà de moi ? » Retorqua-t-il en serrant son emprise sur ses épaules, le pressant contre lui. « Pas plus tard que ce midi on aurait dit que tu allais me sauter dessus, bella mia ».
Dité arbora un sourire de renard, appuyant sa main sur le torse du tatoué et se pencha vers son oreille pour lui susurrer quelque chose qui apparemment le plu grandement. Milo remarqua comment Angelo rougit légèrement en se mordant la lèvre et Dité croisa son regard pour lui lancer un clin d’œil.
« Un jeu, hien. » Il le comprenait, c’était amusant de tourner les gens en bourrique. Mais ce Dité était vraiment un salopard. Enfin, les discussions reprenaient, et à nouveau son attention se dérapa de son pauvre ami, qui lui avait du mal à se concentrer sur autre chose que « la jolie nana » pressé contre lui.
Pour une raison cela le fit pensé à Camus. Et Saga. Et aux paroles précédemment dites par Angelo. Camus et Saga…enlacé, presser l’un contre l’autre…
Il ne réalisa pas qu’il affichait une sale grimace, et pourtant il ne doutait pas de la sensualité qui coulait de ce scenario. Sauf qu’il n’avait jamais volontairement visualiser ce genre de chose, même pas lorsqu’il trainait trop avec Kanon. De ses propres yeux il avait vu son ami se coller à d’autre homme et leur rouler des pelles Le frère jumeau de Saga n’était vraiment pas discret avec sa sexualité, ce qui le surprit que ses amis n’en étaient pas conscients. Et kanon lui avait même déjà proposé par le passer de tenter quelque chose avec lui, mais bien que flatté, Milo savait pertinemment qu’il n’était pas intéressé -bien qu’il avouât très haut et fort que Kanon était l’homme le plus sexy qu’il connaissait-, il ne doutait pas que s’il penchait ne serait-ce qu’un peu de l’autre côté, il n’aurait pas hésité une seule seconde. En fait, Milo ne fut pas contre cet essai ; il aimait découvrir des nouvelles expériences et sensations, rien que pour le fait de s’amuser il aurait surement accepté, sauf qu’à l’époque, lui et Geist était sur le point de se mettre en couple, et par respect pour elle comme pour lui-même, il avait arrêté toute relations sexuelles avec tout autre personne jusqu’à qu’elle accepte enfin de sortir avec lui.
Il était sincère.
Oui, il était habitué de s’amuser de gauche à droite, de ne jamais rester avec une même femme trop longtemps, il s’ennuyait et avait besoin de renouveau. Et puis de toute façon son caractère était si mauvais et invivable à certain moment qu’aucune d’entre elles ne seraient rester de leur propre gré bien longtemps. Cela ne lui avait jamais posé un problème auparavant. Il ne se posait pas de question, ne ressentait aucune culpabilité, il s’amusait et faisait la fête sans se soucier des relations émotionnelles ou des profondes connections. Tant qu’ils avaient ces deux choses avec la danse, il n’avait pas besoin de les entretenir avec une femme.
Enfin, jusqu’à qu’il rencontre Orphée et Eurydice, un couple marié avec qui il avait travaillé durant un festival de musique. Réellement, il n’avait jamais vu un couple aussi parfait, une relation aussi fusionnelle et saine entre deux amants, une parfaite harmonie perdurait entre les deux. On aurait dit une seule âme dans deux corps différents. Ils étaient extrêmement beau ensemble, et Milo nota comment non seulement ils s’aimaient, mais se respectaient et s’admiraient aussi. Ils étaient l’idole et la muse de l’un de l’autre. Lorsqu’ils se regardaient on aurait dit que rien d’autre au monde n’existait, rien a part l’âme sœur. Comme si cela ne suffisait pas, ils étaient aussi meilleur ami, et partenaire de musique et chant. Et Milo tomba complètement sous le charme de leur œuvre, qui n’était pas uniquement imbibé de réel amour fusionnelle, il était fait de cela, fait de chaque sentiment et émotions éprouvé pour l’autre, chaque pensée destinée à l’autre et Milo se sentit incroyablement seul.
Vraiment, vraiment seul.
Il ne put penser à autre chose durant des mois.
Et réalisa enfin qu’il y avait un certain vide en lui. Un que la danse ne complétait pas.
Il voulait cela, ce qu’ils avaient, c’était ce qu’il lui manquait dans la vie.
Et lorsqu’il rencontra Geist par l’intermédiaire d’Angelo, il sut que c’était le moment de changer, qu’elle serait celle qui complètera ce vide, et il l’aimait, sincèrement.
Pourquoi Camus prenait autant de temps à revenir ? Il s’impatientait, et cela l’agaçait. Il ne participait pas à la discussion générale, regardant dans la direction du bar pour tenter de capter un certain rouge carmin, et un assez beau fessier comme l’avait dit Angelo. Sauf qu’il y avait trop de monde et trop de mouvement, aussi, pas assez de luminosité malgré les jeux de lumières. Il craignait que Saga le prenne toute la soirée pour rattraper le temps perdu, ce qui allait grandement contre les plans de Milo pour ce soir, il était censé s’amuser avec le grand frère de ses élèves, et jusqu’à là il passait un bon moment à le taquiner et tenter d’en apprendre plus sur lui. Et puis, il voulait le voir se décoincer, qu'il soit fièrement celui qui allait le décongeler, le faire bouger, le faire passer un bon moment. Obtenir une quelconque expression de lui était en soit une grande victoire, et Saga avait battu son record. Le grand sourire, -pas si grand que cela mais bien plus que ceux qu’il offrait à Milo- qu’il afficha lorsqu’il vit Saga, la lueur dans ses yeux, il lui fit la bise et voulut le suivre pour rester à ses côtés. Oui, Saga avait gagné…La manche ! Mais pas la bataille de ce soir ! Et la soirée ne faisait que commencer, et il comptait bien bouger jusqu’au petit matin, même pas un dieu l’en empêcherait !
…
Camus avait suivi Saga à travers la foule envahissante et dérangeante, la musique se faisait plus forte, faisant vibrer ses os, tambourinant contre sa poitrine. Il était rare qu’il tolère ce genre d’ambiance fêtarde et beaucoup trop stimulantes, favorisant les pubs plus bien plus calmes ou les clubs de jazz, cependant après avoir rencontré Dité, qui vivait pour la fête et le divertissement, il se dut bien d’apprendre à aimer cela. Et en fin de compte, parfois, ce n’était pas aussi mauvais.
En fait…Ce fut juste mauvais lorsqu’il était accompagné de Surt, ce qui était équivalent à quatre-vingt-dix pourcents de son temps.
Cette réalisation lui procura un haut le cœur qui le fit stopper alors qu’il slalomait entre les gens qui se déchainaient sans se soucier de ce qu’il y avait autour d’eux. Erreur de ça part, puisqu’il se retrouva un peu pris au piège, se faisant heurter d’un peu partout. Il haïssait cela, mais il ne pouvait pas leur en tenir rigueur. Ici, c’était leur place spéciale pour s’amuser et se libérer, un lieu pour bouger sans retenu, il était le prisonnier immobile qui ne respectait pas la règle non dite de l’endroit. Il était coincé, mais c’était plus mentalement qu’autre chose.
Une forte main lui saisit le poignet, et il se fit tirer en avant et enrouler d’un bras protecteur. Camus eu encore du mal à s’extirper de ses pensées, il avait du mal à revenir à la réalité malgré le contact réconfortant. Saga le tenait, le regard baisser vers lui, et le franco-russe peinait encore à réaliser qu’en effet, c’était bien lui. C’était bien Saga, il était bien en France, il était bien « libre ». Plus rien ne le retenait vraiment. Personne pour l’empêcher de quoique ce soit.
Et pourtant il se sentit suffoquer.
Ici il était impossible de capter le moindre mot, la musique était bien trop forte, les gens bien trop nombreux. Saga alors le guida vers la sortie de la piste sans le lâcher et lui parla une fois arrivé au bar.
-« Tout va bien ? »
Combien de fois avant, lui avait-il posé cette question ? Parfois vraiment sans raison, mais Camus pouvait toujours lire de l’inquiétude sincère dans ses yeux d’un vert qui lui rappelait le feuillage de sapin en hiver, leur couleur si spéciale en contraste avec la neige qui les recouvrait. Il se demandait souvent pourquoi Saga lui posait cette question si souvent que cela, faisait-il une étrange expression ? Savait-il qu’il allait mal, plus mal que ce qu’il laissa paraitre ? Peut-être que toute ses fois, ce furent des invitation discrète pour l’encourager à parler de l’ ‘interdit’, à se sauver, mais Camus répondait toujours la même chose.
Il déclina, il refusa d’être sauvé.
Il fut bien le seul perdant dans tout cette histoire, mais aussi le seul responsable.
Encore une fois.
-« Oui. » Répondit-il simplement en s’éloignant de deux pas. « Désolé, je n’aime pas beaucoup la foule.
-Je sais, moi non plus. » Lui sourit-il et Camus fut encore une fois frapper par sa beauté.
C’était comme s’il était de retour à la bibliothèque de sa fac, l’odeur du bois et des livres lui remplissait pour un instant ses narines, comme un fantôme fait de souvenir. Il tendit la main pour choisir le livre de son choix parmi les étagères, et remarqua qu’un jeune homme à deux mètres de lui le regardait attentivement.
C’était lui.
Camus lui rendit son sourire.
-« Je sais que je me répète, mais je suis vraiment surpris de te voir, Camus. Enfin, je ne m’y attendais certainement pas. Mais, c’est évidemment une bonne surprise.
-Pour moi aussi, c’est une surprise que je sois là. Merci Saga, je… » Il ne put que détourner le regard, sentant une certaine gêne, pourtant il n’avait plus cette certaine angoisse qui le tourmentait à chaque fois qu’il voulait lui dire de bonne chose, ou être proche de lui.
Il en avait le droit, désormais, il avait toujours eu le droit.
Plus rien ne devait lui faire peur.
-« Je suis, réellement, content de te revoir. » Il parvint à prononcer ces mots en le regardant à nouveau dans les yeux, mais craint d’avoir laissé son hésitation transparaitre, ainsi que sa timidité.
Le sourire de son vis-à-vis s’était relâché et ses yeux s’étaient ouvert un peu plus. Il le regarda sans rien dire durant deux, trois seconde, avant de lui aussi détourner la tête en passant une main dans ses cheveux.
-« Comment s’est déroulé le voyage ? »
Ce n’était évidemment pas la question qui devait le plus le tourmenté. Certainement pas après qu’il eut révélé sa rupture avec Surt. Cependant Saga était un homme courtois, qui ne se mêlait pas de ce qu’il ne le regardait pas, il était discret et avait un tact rafraichissant. Contrairement à un certain instructeur de danse qui apparemment se nourrissait de l’espace personnelle des autres et qui voudrait s’immiscer dans tout et n’importe quoi qui n’a absolument rien avoir avec lui, et qui aussi lisait les messages des autres sans leur autorisation. Un véritable fouineur parasite qui avait l’air de constamment fouiller dans ses yeux.
Enfin, connaissant Saga, la question autour de Surt n’allait surement pas sortir de sa bouche ce soir.
-« Très bien, je suis venu avec un ami que je me suis fait à Moscou. Il est d’ailleurs censé nous rejoindre- Ah tien, il est justement la bas. »
Dité apparut dans son champ de vision, arrivant depuis l’entrée de la boite. Il s’était un peu approché du bar en localisant Camus, grand sourire aux lèvres, mais se stoppa net dans son avancé en remarquant qu’il était accompagné d’un vraiment très, très beau et grand et musclé jeune homme. Le suédois sourit alors nerveusement, et lui fit un signe de la main avant de s’en aller à travers la piste de dance. Il crut surement que son ami se faisait draguer et ne voulut s’interposer. Camus ne put s’empêcher de soupire mi exaspéré, mi amusé, un petit sourire aux lèvres.
-« Ignore le, c’est Dité»
Saga le regarda et lâcha un petit souffle d’amusement.
-« Ce me fait plaisir de te savoir bien accompagné, pour que tu qualifies quelqu’un comme ami, c’est que forcement vous êtes proche.
-En effet...Tu n’as pas tort.
-Tu as changé. » Lâcha-t-il à peine sa phrase finit, d’une voix un poil plus basse, et peut-être plus douce, sans le lâcher du regard.
Cela perturba légèrement Camus. Prit de cours au début, il se ressaisit assez rapidement. Ici, prêt du bars où des LED émettaient une lumière dorée d’entre les étagères de liqueurs, le visage de son ancien ami était plus clair, plus distinct. C’était peur être leur lueur qui lui donnait cette once de douceur dans son regard naturellement grave. Ou peut-être était-ce un mauvais jugement de sa part.
Mais non, pourquoi se voilait-t-il la face ? Saga le regardait toujours ainsi. Et comme toujours, son cœur répondit de la même façon.
-« Changé ? » Répéta-t-il, confus.
Il ne trouvait absolument pas qu’il avait changé.
-« Plus mature ? Désolé, je ne voulais pas de mettre mal à l’aise ou paraitre étrange. Tu as grandi. »
Inévitablement.
Mais il comprenait le sens. Avant il avait plus du mal à maitriser ses expressions faciales.
-« Enfin, je devrais commander, qu’est-ce que tu veux ?
-N’importe quoi de fort. »
Il en avait urgemment besoin.
Saga lui lança un regard au coin, les sourcils levés, avant de s’adresser au barman pour passer commande. Ce dernier étant un peu surchargé avec une nouvelle vague de personnes s’échouant au bar, leur demanda de patienter un peu plus avant que tout ne soit prêt.
-« Ce n’est pas un problème pour toi ? » S’assura Saga auprès de lui.
Et après qu’il le rassura que ça ne le derangeait pas d’attendre, le monde autour du bar ne fit que croire et s’entasser, et éventuellement, il se fit bousculer par en arrière par un ivrogne qui ne faisait clairement pas attention. Ce n’était pas grand-chose, ce n’était pas comme s’il allait s’étaler par terre, simplement râler et ensuite passer à autre. Cependant Saga ne vit apparemment pas la chose de la même façon puisqu’il eut le reflex de passer un bras autour de lui et de le rapprocher plus prêt.
Vraiment, cela n’en valait pas la peine, c’était de l’exercice de plus à son cœur.
Et maintenant qu’il y pensait, ce n’était pas la première fois que Saga le rattrapait d’une potentielle chute. Peut-être étaient-ils éternellement destinés à ce même scenario. Cela ne lui déplaisait pas au fond.
Saga fusilla d’un regard sombre et terrifiant l’homme qui l’avait bousculé, Camus dut poser la main sur son bras pour l’empêcher d’aller régler des comptes. Agacé, le grec ferma les yeux pour se calmer et, gardant son bras autour de ses épaules, le traina avec lui un peu à l’écart de tout ce monde. La proximité entre eux fut plus grande que tout à l’heure, et Saga reposa à nouveau ses yeux sur lui sans donner signe qu’il allait les retirer pour l’instant. Un petit silence s’installa entre eux, enfin. Si on pouvait appeler cela un silence avec tout le raffut qui se déroulait autour. Même avec les deux verres qu’il avait déjà bus, Camus ne parvint à se détendre, et pour une raison Saga le rendit encore plus nerveux, mettant ses capacités de maitrise à l’épreuve. Il se sentit soudainement beaucoup plus honteux en se disant qu’il faisait face à un homme qui l’avait connu avant sa « grande chute », lorsque les chose allait encore plus ou moins bien avec Surt. « Plus ou moins ». Beaucoup plus de « moins » que de « plus ». Il avait de quoi avoir honte, il était revenu en France comme un chien après que sa relation eut mal tourné, Saga devait vraiment le trouver pathétique.
-« Camus. » Reprit-il enfin parole, attirant à nouveau l’attention du roux qui gardait un visage des plus neutre.
La douceur dans ses yeux n’était plus aussi présente, laissant son côté sérieux et grave reprendre le dessus.
-« Je… » Il s’interrompit et soupira. « A vrai dire, j’ai tellement de choses à te dire. Mais je ne suis pas sur si tu as envie de m’entendre. Après tout, je t’ai causé du souci à l’époque, et je suis bien conscient que je n’ai surement pas bien remplis mon rôle d’ami et d’ainé.
-Saga…Pourquoi penses-tu cela ? »
C’est vrai, cela devrait être plutôt à Camus de prononcer ces paroles. Il ne comprit pas la raison derrière cette soudaine culpabilité dans son regard. Saga s’adossa contre le mur derrière eux, et il l’imita, leur épaule entrant en contact. Être côte à côte, c’était plus facile que d’être face à face dans certain moment. Un moment tel celui-ci ou des choses devaient se dirent.
Camus tenta de le rassurer « Tu sais que ce n’est évidemment pas vrai, n’est-ce pas ?
-Si c’est ainsi que tu le vois, ça me rassure. Mais moi, je ne le vois pas de cette façon. Enfin, on vient de se revoir, après cinq ans sans aucune nouvelle, est ce que c’est suffisant pour qu’on redevienne des étrangers l’un pour l’autre ? »
Camus qui avait les mains derrière son dos, tourna la tête vers lui pour le regarder. Il croisa son regard au coin, ses bras étaient croisés contre sa poitrine, lui donnant un air imposant qui lui allait bien.
Il considéra sa question. Mais en y pensant, même à l’époque, ils ne se connaissaient pas tellement. Camus le voyait comme un ami, mais sans jamais en apprendre plus que nécessaire, sans jamais tenter de le connaitre plus en profondeur. Pareillement pour Saga. Ils appréciaient le point de vue de l’autre, sa vision des choses, mais n’allèrent jamais chercher ce qui les avaient menés à un tel avis, pourquoi étaient-ils comme ils l’étaient. Oui, il y avait une barrière qu’ils n’avaient jamais franchi ensemble, cependant Camus n’en fut pas conscient à l’époque. Son amitié avec son aîné fut des plus diffèrent de celle avec Dité.
Était-ce pour cette raison que Saga avait dit qu’il n’avait pas assuré en tant qu’ami ? Mais était-ce vraiment sa faute si c’était Camus qui ne lui laissa jamais l’occasion de le faire.
Connaissait-il vraiment Saga ? À part pour ses œuvres préférés, les auteurs et philosophes qu’ils favorisaient, les mouvements artistiques qui l’inspiraient et ceux qui le déplaisaient. Connaissait-il ses tracas ? ses peurs et plaisir ? Ses secrets, ses faiblesses, ses anciennes relations amoureuses. Non, rien de tout cela. Et lui non plus, ne le connaissait pas autant que cela. Surt fut la seule information en trop qu’il laissa échapper dans un moment de vulnérabilité.
-« Je pense, qu’on n’est pas si diffèrent d’avant.
-Ca n’as pas répondu à la question.
-On est ce qu’on est, Saga. On a toujours été sur la ligne qui sépare un inconnu d’un ami. »
Saga arrêta de le regarder.
-« Ais-je eu tort de te designer comme tel, tout a l’heure ?
-C’est à toi d’en décider. Mais sache que ça m’a fait plaisir. »
Il le regarda à nouveau, cette fois ci avec un faible sourire.
-« Non alors. »
Camus lui rendit son sourire.
-« Penses-tu qu’on restera ainsi ? » Continua Saga.
Il prit quelque seconde de réflexion. S’ils n’avaient jamais été plus que « cela », c’était en partie la faute de Camus. Il en était bien conscient désormais, que ses propres angoisse et paranoïa l’empêchaient d’être trop proche, formant constamment une barrière entre eux. Saga n’était pas bête, ni aveugle, il le voyait, et ne se permit jamais de franchir cette ligne de séparation que Camus traça entre lui et le monde. Peut-être était-ce au final leur faute à tous les deux. Surt n’était plus là pour lui faire peur, lui rappelait constamment de ses défauts, de l’éloigner de tout et de tout le monde.
Mais bien que la cage soit grande ouverte, il était encore prisonnier.
-« Si je dis non, je risquerais de te perdre. Tu sais, je ne sais même pas pourquoi Dité est encore amis avec moi. Mais si je dis oui, ça serait égoïste de ma part, et extrêmement faible d’esprit. Et j’ai toujours abhorré cela…La faiblesse d’esprit.
-…Tu penses vraiment que tu pourrais me perdre si j’en apprend plus sur toi. »
Camus ferma les yeux et sourit en lâchant un petit souffle du nez, d’un air auto-désolant.
-« Surement pas…logiquement. Mais…
-Émotionnellement ?
-Je ne sais même pas pourquoi tu as voulu continuer de me fréquenter auparavant… » Répondit-il presque dans un murmure que Saga eut du mal à complètement capter, mais du ton employé, il comprit très certainement le sens.
Il fixa son cadet de la fac, et ce dernier, avait le regard perdu dans la foule dansante, son sourire s’étant complétement fané, en si contradiction avec le visage de tout le monde autour d’eux.
-« J’aime ton point de vue sur les choses. » Répondit Saga après avoir permis à la musique et aux éclats de voix se mettre en eux pour quelques longues secondes, laissant lui aussi son regard se perdre quelque part devant lui. « Ce ne pas uniquement parce que tu as des connaissances en philosophie et littérature, ou bien d’autre chose que j’appréciais nos conversations. C’est la façon dont tu en saisissais l’essence, et comment tu y ajoutais tellement plus de sens à ce qui est simplement écrit sur le papier. C’est la manière dont tu en parles, dont tu t’exprimes. Je pense que tu n’as jamais vu ce que j’ai vu, moi, lorsqu’on en parlait. »
Camus s’était quelque peu redressé du mur, regardant à nouveau Saga, cette fois ci avec de la surprise sur le visage.
-« Il y a des choses que tu comprenais, et que acceptais ou que tu questionnais, que les autres ne serait même pas capable de concevoir dans leur esprits, de comprendre ne serait-ce que dans la globalité…Ce n’est pas tout ce que j’ai envie d’exprimer. Mais je pense que c’est un peu assez pour répondre à ta question. »
Le franco-russe ne répondit pas, en fait, il fut pris de cours, ne sachant plus quoi dire ou quoi penser. Enfin, s’il ne se mentait pas, ses propos lui firent extrêmement plaisir. Dans un sens, ils le soulagèrent aussi profondément. Quand bien, ses pensées étaient incapables de se former en une réponse cohérente et rationnelle. Il se contenta de s’appuyer à nouveau contre le mur, posant un pied contre celui-ci et adopta une posture similaire à Saga, croisant les bras contre son torse.
-« Alors, je te le redemande encore. » Reprit le plus âgé parole. « Tu penses vraiment que tu pourrais me perdre si j’en apprend plus sur toi ? »
À la fin de sa question, le grec tourna le regard vers lui, un sourire de retour sur ses lèvres, cependant, diffèrent de tous les précèdent. Ce sourire la était encourageant, décontractant l’air sévère de son visage et éclaircissant ses yeux. L’once de douceur revint, la, il ressemblait beaucoup plus au jeune homme qui échangeait avec lui durant des heures sans fin. Une chaleur s’échoua au creux de la poitrine de Camus, là ou le vide se trouvait, apaisant légèrement la douleur qu’il causait. Ce faible et agréable feu inoffensive se répondit sous ses joues, et avec, un sincère sourire ajouta la touche finale sur son visage.
-« J’espère sincèrement que non.
-Alors, je serais ravi d’en apprendre plus sur toi, mon ami. »
Saga ne voulait vraisemblablement pas cesser de le surprendre avec ses mots. Mais l’impact de sa dernière phrase fut plus puissant que les précédentes. Camus sentit le coin de ses lèvres tressaillir et ses yeux s’écarquiller, craignant perdre la maitrise sur ses expressions, il détourna complétement la tête en ramenant son poing devant sa bouche. Il avait envie de sourire, de rire même, pourquoi cela le fit-il aussi plaisir ? Il ne s’y attendait clairement pas, peut être que Saga était simplement trop sympathique, ou trop courtois, peut être que ces mots n’avaient pas la profondeur qu’il espérait secrètement. Mais non, c’était à Saga qu’il parlait, il ne prenait absolument rien à la légère.
Camus finit par lâcher un rire, un rire assez nerveux, mais heureux, et Saga le partagea, et cela le fit un bien fou. Il était reconnaissant, suivre Dité dans sa folie festive n’était en fin de compte vraiment pas mal. Il était là ce soir, avec un ancien ami, son meilleur ami et un peut être ami, ainsi que tout un groupe de leur connaissance pour profiter de la nuit et de l’alcool. Surt n’était pas là pour s’assurer qu’il se tenait bien, qu’il ne portait rien de trop sexy, rien de trop tape à l’œil, qu’il ne s’approchait pas trop des autres, qu’il ne passait pas un bon moment.
Il ne s’était pas sentit aussi bien depuis des lustres. Mais ce n’était pas uniquement grâce à Saga, ou à l’alcool, mais grâce à Dité, et ses frères, et sa mère, et le retour à la maison aimante et familiale, à son foyer.
-« Merci. »
Son ainé de l’époque de la fac se redressa du mur et vint déposer une main sur son épaule avant de lui faire un signe de le suivre. Ils se rendirent plus près du bar où la moitié du monde précédemment présent avait décampé après avoir récolter leurs commandes. Ils n’avaient plus qu’à patienter quelques petites minutes de plus pour que la leur sois terminée.
Étant toujours proche, Camus pressa très légèrement son épaule contre celle du plus grand afin d’attirer son attention. Il tourna la tête vers lui pour que sa voix puisse parvenir à son oreille.
- « Tu as dit plutôt que tu m’avais causé du souci à l’époque. Mais je ne me rappelle rien de ça »
Il était quelque peu perturbé, Saga ne le quittait pas des yeux bien que leurs visages étaient proches, et cela ne le gardait pas totalement indiffèrent. Mais évidemment, il ne laissa rien transparaitre sur son visage, il n’en était même pas capable même s’il le voulait.
-« Camus, tu voudrais vraiment parler de ça, ici et maintenant ? » Saga évita encore le sujet.
Il aperçut une certaine timidité -craquante- dans son regard. Il était quelque peu rassuré du fait qu’apparemment il ne soit pas le seul à masqué de la timidité, cela le fit sourire faiblement.
-« Si cela pose problème, alors oublie. Mais sache que tu n’as vraiment jamais rien fait de tel. »
Saga détourna les yeux, s’emblant hésiter à dire quelque chose. Il finit par le faire, inciter par le regard insistant de son cadet.
-« Je, disons qu’il y a des choses que je regrette. » Avoua-t-il avec gêne, déposant sa main sur le comptoir du bar.
Camus s’y appuya par en arrière et croisa les bras pour continuer à le regarder plus clairement. Il se sentit soudainement coupable, voyant que Saga avait du mal à faire sortir les mots coincés aux fonds de sa gorge. Un désagréable sentiment qu’il ne connaissait que trop bien.
-« Toi et Surt…j’ai toujours eu ce pressentiments que ça n’allait pas…En tant qu’ami et ainé, j’aurais dû t’ouvrir les yeux à ce sujet. De m’en mêler, de t’en parler, vraiment n’importe quoi de plus que le fait de simplement te dire que je serais la si tu as besoin de parler. Je voyais que tu allais mal, mais je ne suis pas intervenu. »
Eh bien, Saga ne voulait vraiment pas arrêter avec les surpris ce soir. Camus se dit que c’était la moindre des choses après tant de chose non-dits et d’années sans la moindre nouvelle, sans dire ce qu’il y avait à dire.
-« Et tu es parti et je ne sais ce que tu as du vivre la bas. Mais si aujourd’hui c’est fini, j’assume que ça ne s’est pas très bien terminé. Je me dis, pas depuis maintenant, mais depuis cinq ans, que j’aurai surement put empêcher tout ça simplement en étant à la hauteur.
- Saga ! » S’exclama Camus, réalisant tout ce qu’il venait de dire.
Il se redressa du comptoir et par reflex, attrapa le bras musclé de son vis-à-vis.
-« Non Saga, ne me dit pas que tu te tenait rigueur pour mes propres fautes ?
-Camus- »
La chaleur qui fut jusqu’à la agréable le brula, et il peina à garder son sang-froid après cette réalisation.
-« Arrête. J’ai compris à quoi tu penses. Tu as tort de penser ainsi, ça te ne concernait pas, ce n’était pas ton problème à gérer, mais le mien. »
Le revers des doigts de Saga vint effleurer sa joue, le figeant sur place en une statue, il avait frémi au contact pourtant si léger.
Pourtant si affectueux.
Sa main se posa ensuite sur son épaule, mais le roux était incapable de bouger.
-« Je regrette de ne jamais avoir insisté sur la question, lorsque tu me répondais par simple politesse. Tu me disais toujours que ça allait, que tu vas bien. Et aujourd’hui aussi, tu as dit la même chose. Cette fois ci, ce n’est pas par politesse, mais par amitié. Camus, est ce que tu vas bien ? »
Il ne pipa pas un mot, pas un son sortit d’entre ses lèvres entrouvertes. Sa gorge se noua, et tout le raffut des gens et de la musique vibrante se firent sourd dans ses oreilles. Il sentit le « oui » au bout de ses lèvres, car c’était son reflexe, il ne réfléchissait jamais aux réponses de ce genre de question. Quelqu’un cherchait à savoir s’il allait bien, oui. Il allait bien. Un point c’est tout. Il n’y réfléchissait pas, jamais, il ne s’y permettait pas. Car s’il le faisait, ce « oui » aurait du mal à sortir. Il sera prononcé, évidemment, puisque Camus n’avait jamais appris à y répondre d’un autre mot. Et pourtant, ce « non » était bien présent, incapable de se matérialiser dans sa voix, il prenait la forme d’une corde autour de son cou, luttant pour empêcher coute que coute que ce « oui » ne sorte.
Avouer qu’il allait mal ?
Jamais.
Et il c’était pertinemment pour cette raison qu’il craignait ne jamais dépasser le stade de « connaissance » avec Saga.
Il revint à lui-même, remontant à la surface de la réalité lorsqu’il sentit un bras s’enrouler avec entrain autour de sa nuque. Sa bulle de pensée éclaté, ses sens revinrent plus fortement à lui, la musique s’amplifia à nouveau dans ses oreilles, sentant plus distinctement la vibration du son dans ses os et son cœur.
C’était Milo qui vint vers eux pour passer un bras autour de leurs épaules, se plantant entre eux, et pour une raison, Camus fut profondément soulagé. Il n’était apparemment pas prêt pour une conversation aussi profonde avec son ancien béguin, surtout pas lorsque cela impliquait ses propres sentiments et faiblesse. Il haïssait être vulnérable, et malgré tout le respecte et l’appréciation qu’il possédait envers Saga, il ne lui permettrait jamais, même aujourd’hui, même après ces confessions, de dépasser la ligne. L’instructeur de danse l’avait plus ou moins sauver de devoir rejeter à nouveau l’aide de Saga et de gâcher leur relation tout fraichement reprise.
Milo arborait un sourire taquin montrant ses canines pointues, les bousculant quelque peu avec son envahissante étreinte.
-« Alors, vous nous avez oubliez ou quoi ? »
Il avait libéré Saga en parlant, mais garda tout de même son bras autour du franco-russe, ce qui lui valut un regard de celui-ci et du deuxième grec, pas le même, mais tout deux assez énigmatique. Évidemment, Milo les ignora complètement.
-« Il y avait beaucoup de monde au bar. On attendait notre tour. » Expliqua le plus âgé. « Qu’est-ce que tu veux. »
Camus remarqua que le sourire de Milo devint un poil plus provocateur et tranchant, tandis qu’il fixait Saga un peu comme un grand félin. Enfin, avec ses boucles indomptées et ses grand yeux pénétrant, il dégageait cet aspect d’animal sauvage et espiègle. Ses pensées décidèrent de se focaliser ces détails de lui, et la corde autour de son cou se défit progressivement.
-« Bah, je suis venu aider, comme ça vous ferez un voyage en moins. D’ailleurs Camus, tu as vu Dité arrivé ? » En posant sa question, il mit une toute petite distance entre eux pour qu’il puisse complétement tourner la tête vers lui.
Maintenant son regard azurin, directement fixer sur ses yeux, ou plutôt, dans ses yeux, avec l’intensité de son regard, Camus répondit simplement par un oui. Pour une raison, il le faisait sentir que celui qui détournerait le regard en premier, perdrait. Cet étrange jeu s’était mis en place dès le premier échange visuel, il était incapable de savoir pourquoi. Peu importe, il ne voulait pas perdre, il prenait ce jeu au sérieux.
-« Faudrait que tu reviennes rapidement voir le tour qu’il est en train de jouer sur Angelo. Ton ami est vraiment un farceur, hein.
-Je penses savoir de quoi tu parles. » Répondit-il avec un faible sourire aux lèvres. « Mais il ne joue des tours que sur des personnes qui le mérite. Ton ami a l’air assez malpoli. »
Milo lâcha un grand rire en rejetant la tête en arrière.
-« Typiquement Angelo, ça j’en doute pas. »
Son rire.
Camus haïssait devoir se l’avouer mais il était rafraichissant. Comme s’il avait bu un grand verre d’eau froide en ayant la gorge sèche.
Le barman termina enfin leur grande commande, et tandis que Saga s’apprêtait à payer, Milo déposa d’une claque des liasses d’euro plus vite que lui sur le comptoir, lui lançant un regard au coin accompagné d’un rictus.
-« Sur moi. »
Il porta ensuite deux verres avec lui et débuta la marche du retour à leur table.
Notes:
Camus et Milo c'est des overthinkeur et ca me fatigue (dit l'overthinkeur originelle)
Chapter 4: Un rêve.
Summary:
Résumé du chapitre? l'auteur a beosin de sommeil.
Notes:
(See the end of the chapter for notes.)
Chapter Text
Avec plus de précaution, Camus se faufila derrière Milo à travers la foule, il portait un verre de plus, puisqu’il avait pensé à ajouter une commande pour Dité. Et sans surprise, comme il s’y attendait, il le retrouva dans les bras de cet Angelo qui semblait totalement épris de lui. De nouveau, il prit place auprès de Milo après avoir attribué les verres. Avant de boire, ce dernier claqua faiblement son verre contre le sien, et Camus le suivit dans son geste en descendant la moitié du contenu d’une traite.
-« Pas assez fort. » Commenta-t-il en passant sa langue sur ses lèvres, appréciant grandement la sensation de brulure le long de sa gorge.
Milo lui, avait quelque peu grimacer en avalant son grand verre de negroni, le regarda à nouveau en arquant un sourcil.
-« Pourquoi tu n’as pas pris quelque chose de fort ? »
Le roux lui sourit et lui passa son verre. Milo ne s’y attendait pas vraiment, il prit deux secondes pour comprendre qu’il l’invitait y gouter. Heureux de la proposition, il posa son propre verre sur la table pour prendre celui de Camus et se hâta à en prendre une gorgé.
Son visage se crispa d’une sale grimace, il avala avec grande difficulté et se mit à tousser violement, attirant l’attention de tous les autres autour de la table.
-« QU- C’EST QUOI CA !? DE LA LAVE !? » S’exclama-t-il en s’essuyant la bouche, le visage tournant pivoine en repassant le verre a Camus comme s’il s’agissait de la peste.
Angelo, un bras autour du beau suédois, se moqua de lui « Qu’est-ce qu’il a la star académique ?
-« T’es degueu, Milo ! » Maugréa Ikki, en s’éloignant de lui.
Shura lui, lâcha un souffle d’amusement. « Petite nature le scorpion.
-Oh la ferme ! » Peina la victime des moqueries à crier avec sa gorge en flamme.
Il toisa ensuite Camus du regard qui lui hocha des épaules avec indifférence, reprenant une gorge de son verre sans sourciller.
-« Comment !? Sans grimacer en plus ! Et ca c’est pas assez fort pour toi !? Je savais que t’étais le diable ! C’est pour ça que tes cheveux ont cette couleur.
-Eh je te permet pas ! » S’indigna Dité en se redressant a moitié des bras de l’italien. « Mon Camus est un ange, comment oses-tu !
-Un ange ? » Répéta-t-il en lançant un regard moqueur au concerné, son sourire mutin de retour à sa place.
-« Non. Je suis juste français et russe, ça devrait répondre à la question.
Sa remarque fit ricaner Aiolia « Ca se tient. »
Saga ne dit rien, se contentant de l’observer sans commentaire.
-« Tu devrais faire attention avec ça, grand frère. » Le taquina Milo. « La soirée viens de commencer, on voudrait pas te repêcher de la cuvette.
-« Tsh- Amateur. » Lâchèrent hautainement et avec moquerie Dité et Camus d’une même voix.
-« Amateur…hien. » Marmonna Milo avant d’arracher des mains le verre que le roux était en train de porter à ses lèvres.
D’un geste rapide et déterminé, l’instructeur rejeta sa tête en arrière pour descendre le reste du verre aussi vite que possible, laissant Camus quelque peu sous le choc. Un filet de liqueur s’échappa d’entre ses lèvres, coulant sur son menton. Puis une fois terminer, il lâcha un fort grognement en grimaçant et se leva d’un bond pour frapper sa main contre la table.
-« Allons-y ! » Clama-t-il en attrapant le poignet de Camus et l’entrainant hors de sa place sous le regard confus et amusé des autres.
Forcé de le suivre d’un pas rapide à travers la foule à cause de la poigne quelque peu forte de Milo, Camus ne sut s’il voulait rire ou lui demander ce qui n’allait pas dans sa tête. Cet homme était réellement un étrange personnage, imprévisible et fier comme un dieu grec. Ils ne se connaissaient quasiment pas, mais se permettait quand même d’enrouler son bras autour de ses épaules, de le taquiner ou comme à cet instant de le trainer où il voulait.
De retour au bar, il incita Camus à s’asseoir sur un des tabourets libres et frappa à nouveau sa main sur le comptoir du bar pour attirer irrespectueusement l’attention du barman.
-« Fred ! Prépare-nous deux verres de ce que tu as de plus fort ! Pas de pitié, même si on doit finir aux urgences !
Milo s’assit à côté du roux qui arqua un sourcil « Pardon ? »
- Tu es sur de toi, boss ? » Ricana le barman.
-« Totalement, a part si j’ai une poule mouillé en face de moi. » A sa dangereuse provocation, il reçut la réellement le regard d’un diable qui ne fit qu’aiguisée l’acérance de son sourire.
Camus, quelque peu offensé par l’appellation et le comportement rude de son vis-à-vis, arqua un sourcil en lui rendant la dangerosité de ses propos à travers ses yeux. Pour qui se prenait-il ? À lui parler de cette façon. Cet homme ne pouvait pas être normal dans sa tête. Crut-il vraiment que Camus était la cible facile à provoquer ?
-« Je peux savoir ce qu’il te prend, Milo ? » Usa-t-il de son ton sévère.
-« Et bien, tu vois, quelqu’un m’a traité d’amateur et je n’ai pas trop apprécier. » Expliqua-t-il sans perdre son sourire tranchant et agaçant. « Et comment pourrais-je encore clamer fièrement que je suis Milo Alexandris si je ne cloue pas son joli bec en montrant de quoi je suis capable ? »
Camus resta quelque seconde sans voix, perdant un peu le contrôle sur ses expressions. C’était peut-être dû à l’alcool dans ses veines, ou cet imbécile en face de lui, mais il se sentait beaucoup plus détendu. C’était surement pour cette raison qu’il se laissait être trainer et toucher sans trop bronche. Mais là, c’était de la provocation à l’état pur. Ce gars était totalement dérangé dans sa tête.
-« Tu me montres surtout que tu es un gamin.
-Un gamin qui compte bien avoir le dernier mot ! Quoi ? Juste parce que tu es franco-russe tu peux supporter l’alcool plus que moi ? Ne sous-estime pas les grecs ! »
Il s’amusait. Clairement l’amusement se lisait sur son visage comme écrit en néon fluorescent. Il utilisait Camus pour se divertir et se donner de l’importance. Cela l’agaçait, il ne supportait pas l’irrespect et l’immaturité. Puis il comprit que s’il s’énervait, il lui donnerait exactement ce qu’il recherchait, et dans ce cas-là, il serait celui réellement immature. Milo voulait jouer ? Très bien, il allait jouer et perdre, et éventuellement, ce sera Camus qui aura le dernier mot, et le joli bec cloué sera celui de Milo. S’il voulait le provoquer et se moquer de lui, qu’est-ce qu’il le retenait de faire de même ? Personne ! Personne n’était plus là pour l’empêcher de quoique ce soit !
Il se muni donc d’un sourire assez similaire au celui du grec, lui renvoyant la provocation dans son regard.
-« Je ne servirai pas de passetemps a un manchild egocentrique et extrêmement sensible. Mais vu que tu insistes à dépenser tout ton portefeuille, avec tout ta maturité impressionnante, pour que je puisse boire mes verres, je vais te laisser faire.
Milo s’esclaffa de rire, pas le moins vexé par ses propos. Oui, vraiment dérangé.
-« Egocentrique et sensible ? Eh bien, que serait un homme sans ego ou sans volonté de le défendre ? »
Camus cligna rapidement des yeux. Répétant sa question dans sa tête.
Que serait un homme sans ego ou sans volonté de le défendre ?
Qu’était-il avec Surt ? Lorsqu’il subissait, se rabaissait, et acceptait d’être dégradé par pur lâcheté. Sans ego, et sans volonté de se défendre.
-« Rien. » Répondit-il, et le sourire de Milo s’adoucit légèrement.
-« Exactement ! »
Il avait levé son poing entre eux, et Camus le regarda quelque seconde avant d’y heurter sans force le sien.
Il se sentit, beaucoup plus léger.
Au même moment, le barman déposa les verres à moitié plein devant eux au contenu transparent.
-« Voilà, messieurs, je vous présente the widow maker ! Petite spécialité que je n’ai pas souvent l’occasion de faire. En tout cas, le bar n’est pas responsable de ce qui pourrait vous arrivez, c’est à votre propre risque. »
Milo le remercia en prenant les verres, tendant un à Camus.
-« Prêt, chevalier ?
-Chevalier ? Tu n’abuses pas un peu ?
-Je m’apprête à vivre une guerre sainte avec ce verre. Non je n’abuse pas. »
Le roux arqua un sourcil, se demandant d’où venait son délire médiéval. Enfin, c’était plutôt amusant. Il le vit clairement déglutir en regardant son verre.
-« Milo. Tu n’as pas besoin de faire ça si-
-Santé ! »
Pris de court, Camus se hâta de descendre le verre en même temps que lui. Là, c’était de la lave. Milo ne tint pas une gorgé et recracha son contenu en s’étouffant et Camus lui, abandonna la descente avant d’avoir consumé la moitié. À ce point ce cocktail était incroyablement fort. Sa gorge était en feu, il sentit la lave couler le long de son œsophage, consumer son estomac en l’enflammer en entier. Sa tête se mit tourner et sa respiration s’accéléra. Vraiment c’était la boisson du diable ! Il baissa la tête pour se contenir, avant de lâcher un rire.
Tout en toussant, Milo se mit à rire aussi et d’un même geste, ils reprirent une gorgé.
-« AAAAH C’EST HORRIBLE !!! » Hurla-t-il après avoir enfin réussit à avaler une gorgé. « C’EST HORRIBLE C’EST HORRIBLE !! »
Camus secoua violement la tête en lâchant une exclamation après avoir terminé le reste de son verre d’une traire. La brutalité du mélange d’alcool faisait fondre ses organes, il était totalement sonné. Il dut se lever, agitant les bras pour faire passer le malaise. Ce n’était peut-être pas une bonne idée de boire aussi vite ce verre la, le barman reconnut son exploit et s’esclaffa d’un fort rire. Milo aussi, se mit à rire, et attrapa son bras pour le ramener près de lui.
-« T’es complétement fou ma parole ! » Lui cria l’instructeur.
Camus avait de plus en plus de mal à maitriser ses expressions, laissant paraitre ses dents à travers son sourire. Il devait vraiment avoir l’air bizarre. Il posa une main sur l’épaule de Milo pour garder son équilibre, mais doucement, la vague de malaise passa.
-« C’est toi qui es timbré. Et cynique.
-« Moi Cynique !? Comment oses-tu avoir raison !? »
Camus lâcha un rire et avec, son épaule.
-« Tsh j’ai perdu… »
Peut-être, mais le roux le voyait comme le gagnant, celui qui eut la volonté de défendre son ego.
-« Laisse-moi t’aider en signe de pitié. » Lui dit le franco-russe en s’emparant de son verre pour le porter à ses lèvres.
Milo bondit de son tabouret en riant, lui attrapant le poignet pour l’empêcher de tout boire. Il força la main qui tenait le verre vers sa propre bouche, après que Camus eut volé une gorge, pour qu’il puisse terminer le contenu lui-même. Il grimaça si fort qu’il ne ressemblait même plus à un humain, et eut une réaction similaire à celle du roux, mais avec beaucoup plus de force et de bruit.
-« C’est horrible ! C’est horrible !
-Je suis impressionné par la vastitude de ton vocabulaire »
Sans prévenir, Milo l’attrapa en enroulant étroitement son bras autour de sa nuque, il lui bloqua la tête contre son torse et il lui ébouriffa violement les cheveux. Entrant en ivresse, Camus ne put que rire en protestant, tentant de se dégager de l’emprise de l’instructeur. Finalement, c’est à l’entende d’une voix familière que Milo desserra assez son bras pour que Camus puisse s’échapper.
-« Milo, je savais que tu serais en train d’embêter Camus. » Intervint Saga, ses mains posées sur ses hanches.
On aurait dit un grand frère, cela l’amusa de le voir ainsi.
-« Je l’embête pas !
-« Tu m’embêtes.
-Pardon !? »
Milo était drôle, pourquoi tout ce qu’il disait était si agaçant et drôle. Il pouvait comprendre pourquoi ses petits frères l’appréciaient autant, il ne leur montrait que le bon côté de sa personnalité de cynique. Jusqu’à la, il s’était sentit normal, toujours sobre, mais l’impact de ce dernier cocktail fut si fort qu’elle le faisait tomber en ivresse d’une rapidité déconcertante. Milo ne devait pas être mieux que lui, que lui avait-il prit d’accepter son petit jeu stupide ? Ce dernier avait effectué un geste vers lui, comme s’il voulait l’attraper de nouveau, mais Camus l’esquiva et alla se cacher derrière Saga.
-« Hé ! Reviens ici ! On a pas fini ! »
Lorsque Milo voulut contourner Saga, a nouveau Camus changea de place pour le fuir, usant de toute ses forces pour ne pas ricaner ou avoir l’air de passer un bon moment.
-« C’est toi qui es fini ! Un idiot fini !
-Comment tu me parles !?
-Ca suffit vous deux !
-C’est lui qui a commencé. » Rapporta Camus en pointant Milo du doigt.
-« Et c’est moi le gamin dans l’histoire ?
-Dans l’histoire ? Non, dans la réalité. »
Ignorant Saga, Milo se remit à le poursuivre, et Camus se remit à le fuir. Il ne sut absolument pas comment leurs petits échanges de provocation se changea en une partie du jeu du chat et de la souris à travers le bar. Réalisant qu’il jouait la souris, et donc le rôle de la victime, le roux se stoppa net et se retourna pour lui faire face d’un visage aussi sombre que celui d’un diable, et Milo freina, pris de court par une telle expression. Ils étaient un peu à l’écart, mais directement sous les baffles, s’ils voulaient parler, c’était de bouche à oreille.
-« Tu veux quoi. » Lui dit Camus en s’approchant assez près.
-« Tu as oublié le point d’interrogation à la fin de ta phrase.
-Et toi tes bonnes manières.
-Tu les mérites pas.
-Pardon ? Où est passé ta politesse que tu avais les deux premiers jours qu’on s’est vu.
-Je l'ai mis de côté jusqu’à que tu la mérites, et je vais te dire comment. » Lui informa-t-il en passant -encore une fois- son bras autour des épaules de Camus, ou plutôt, c’était ce qu’il voulut faire, mais le roux esquiva de justesse.
Il dévisagea Milo du regard, le regardant de haut en bas avec dédain, cependant ce dernier semblait se divertir de son expression. Le problème était qu’il ne parvenait à être réellement en colère ou agacé, c’était sa faute pour avoir tant bu.
-« Qui t’as dit, Milo Alexandris, que ça m’intéresse de mériter ton respect.
-Pourquoi ? Tu penses que t’en es pas cap ? Il suffit juste que tu danses avec moi. »
Camus s’éloigna de lui et le regarda de travers comme s’il avait dit la chose la plus possiblement stupide. Il décida ensuite de l’ignorer et se partir en direction de Saga, mais Milo tenta de le ralentir ou le retenir à plusieurs reprises.
-« Quoi ? T'en es pas capable ? Tu sais pas danser, c’est ça ? Je peux t’apprendre ! Oh aller grand frère, me déçoit pas !
-La ferme Milo. Va emmerder quelqu’un d’autre, j’en ai marre de ton comportement. »
Il le fixait, de ses yeux bien ouvert et perçant, et son sourire dangereux, comme s’il pouvait pénétrer dans son esprit et voir tout ce qui se tramait. Il le regardait comme s’il s’amusait de son refus, après avoir tout vu, tout su sur lui, jusqu’à ses plus profonds secrets, comme s’il le regardait se laisser soumettre à son père, a Surt. Pourquoi lui donnait-il cette impression ? Comme s’il lui disait « Je savais que tu étais un perdant »
-« Viens danser. »
Il ne dansait pas. Ou du moins, il ne dansait plus. Plus jamais il ne comptait le faire, pas après tout ce qu’il vécut.
Mais pourquoi ?…pour Surt ? Il n’avait plus à prendre ce genre de décision pour lui, il ne pouvait plus l’empêcher de faire ce qu’il voulait.
Mais voulait-il vraiment ça ? Répondre à la demande de Milo, effacer ce dangereux sourire de son visage, lui prouver qu’il n’était pas un perdant. Plus désormais, plus depuis qu’il avait chassé son père du foyer, plus depuis qu’il avait quitté Surt,
Voulait-il vraiment danser, à nouveau ?
Milo n’avait pas tort sur un point, il ne savait plus le faire. Son corps était trop rigide désormais, il oublia ce que cela faisait de se libérer, de laisser ses mouvements s’exprimer, parce que tout simplement, il ne savait plus comment s’exprimer. Toute sa vie, on lui demanda de se taire. Son père, un tyran strict et violent, Et Surt, un perfectionniste contrôlant et possessif. Camus dut survivre en se taisant, en ne devenant « rien ».
Il se retourna.
Et le monde tourna avec lui. Et il se rappela qu’il était ivre, son corps était incroyablement léger, son sourire si facile à esquisser et la musique ne devenait que de plus en plus entrainante, tentante et pénétrante. Tout comme les yeux de Milo. Même le dos tourné, il les sentait sur lui, lui brulant la peau, tout comme l’alcool lui brulait l’estomac.
Si un homme comme cet instructeur mettait au defi quelqu’un comme lui, c’était que forcément il n’était pas juste « rien » et forcément, il se devait de se montrer à la hauteur. Il avait un ego à défendre.
Et la musique était vraiment, vraiment bonne.
Saga était devant lui, les surveillant, mais Camus était trop perdu dans ses pensées pour proprement le détaillé.
-« Ok, comme tu veux. » Il entendit Milo lui crier à travers la musique. « Je vais aller me trouver un autre partenaire de dance, un avec un peu plus de couilles ! »
Fidèle à ses paroles, le grec s’en alla réellement et Camus le regarda partir alors qu’un feu se réveillait en lui. Quelque chose battait contre sa cage thoracique, d’une telle force et rapidité qu’il en eut le souffle coupé, quelque chose tentait de sortir, de se libérer, frappant au rythme de la musique qui menacer de lui exploser le cerveau. Ses yeux ne lâchèrent pas la direction dans lequel Milo s’était en aller à travers la foule dansante, et il était immobile, ivre et pourtant ses muscles étaient contractés aux points de trembler. Saga s’avança vers lui pour lui parler, mais rien n’y faisait, il n’entendait rien et ne voyait rien d’autre que le dos de Milo et ses dernières paroles.
De l’excitation.
Quand fut la dernière fois qu’il sentit ce sentiment lui électrifier les nerfs ? Ca l’avait manqué, et ces retrouvailles lui firent naitre un grand sourire sur ses lèvres.
Lui ? n’avait pas les couilles ? comment osait-il ? S’il n’avait pas les couilles, ses petits frères ne seraient même pas sous sa protection, ils seraient enfermés chez eux à la maison à devoir servir un vieil enfoiré qui battait sa femme et ses enfants. Ils n’auraient plus jamais revu leur grand frère qui n’aurait jamais quitté son satané de fils de pute de petit ami qui n’était pas mieux que son géniteur. Il n’eut la vie facile, et il n’était pas un perdant.
Et il allait lui faire ravaler son sourire sauvage et ses yeux de cinglé en le lui prouvant.
Qu’il n’était pas un perdant, et qu’il savait danser !
Saga, comprenant que Camus était enfouis dans un état second, ne lui parla plus mais se contenta de l’observer avec surprise. Il le regarda partir à la suite de Milo sans le retenir.
…
Milo perdit quelque peu l’envie de danser, ce qui était dommage vu que de base son but de la soirée s’était de se défouler comme s’il n’y aurait de lendemain. Un gout amer non dû à la boisson s’installa dans sa gorge, il était déçu, mais pas résolu à s’arrêter là. Il aurait dû se douter que décoincer quelqu’un qui était resté coincer un long moment ne se faisait pas en une soirée, même si Milo était très drôle, très beau, et très interessant. Ce que Camus devait comprendre, c’est qu’il était surtout très insistant lorsqu’il voulait quelque chose. Même s’il devait le provoquer au point où il fuirait à nouveau le pays, il était désormais sa cible. Depuis l’instant où il eut la merveilleuse idée de se présenter derrière la vitre de la salle de danse. Et Milo n’avait pas de mal à se l’avouer, il passait un super bon moment. Camus était bien plus qu’un simple visage neutre et un ton froid, il parvenait a voir quelque chose d’interessant, quelque chose qui allait grandement l’amuser. Ce n’était peut-être pas pour ce soir, mais le rouquin ne perdait rien pour attendre, Milo Alexandris, ne s’avouait jamais vaincu.
Il venait de se rasseoir à sa place, et sa tête tournait dangereusement, il n’avait plus aucune tension dans ses muscles, il avait l’impression de chuter dans un trou sans fond. Il n’y avait que Shura et Ikki présent qui fumaient chacun une cigarette en discutant, Milo n’avait pas envie de se joindre à eux. Il était encore dépité, il voulait danser, mais il était dégouté de l’échec de la mission d’aujourd’hui. Il voulait le voir danser.
Il releva la tête en remarqua quelqu’un debout à côté de lui, Camus le regardait de haut, l’expression indéchiffrable. Instinctivement, Milo esquissa son sourire tranchant et provocateur.
-« Alors ? Toujours aussi ennuyant ? »
Camus lâcha un rire en soufflant du nez hautainement, les sourcils froncés. Milo ne put que frissonner sous son regard glaçant, comment faisait-il cela ? Rouge comme du sang mais froid comme de la glace. Il se détourna de Milo, toujours avec une certaine insolence, comme s’il savait pertinemment bien qu’il ne le lâchait pas du regard. Une fois qu’il lui ait tourné à nouveau le dos et qu’il éloigna de deux pas, Milo fut surpris de le voir retirer son haut et le jeter de toute ses forces sur son visage. Son état d’ivresse ne lui permit pas de ressentir de la douleur, mais Camus n’avait pas ménagé sa force. Il se précipita de retirer le débardeur blanc de ses yeux pour le voir, désormais torse nu. D’un sourire sournois sur les lèvres, il lui fit signe de venir avec ses doigts tout en reculant vers la piste de danse.
Son cœur bondit comme jamais dans sa poitrine, ce fut comme si on lui avait injecter deux, trois doses d’adrénaline directement dans le cerveau et le cœur. Il était tout comme un enfant à qui on lui avait acheté son jouet préféré à noël. Et non seulement ça, la chanson « Just dance » de Lady Gaga venait tout juste d’être lancé à fond sur les baffles. Si ce n’était pas un timing venant du ciel, il ne savait pas ce que c’était. Il sauta de son siège tel un félin, et le rejoignit sur la piste de dance. Que dieu bénisse l’alcool qui l’aida à parvenir à ses fins.
A partir ce de moment-là, il n’était plus vraiment conscient de rien, juste un animal qui vivait sur instinct, et son instinct à lui c’étaient bouger danser et se défouler au rythme de la musique jusqu’à frôler la mort. C’était cela son plaisir, le sex n’était rien à côté, et c’était un millier de fois encore plus jouissant lorsque quelqu’un connectait avec lui et le suivait avec une parfaite harmonisation, comme s’ils n’étaient un seul esprit. Et c’était exactement ce que Camus faisait, et l’animal savait danser ! Il bougeait avec liberté, ses longs cheveux d’un rouge mortellement flamboyant semblaient colorer toute la boite lorsqu’ils se propageaient en l’air, projetés par ses mouvements rapides et expert. Son corps maigre et svelte se mouvait tel un serpent au son d’une flute qui jouait la musique la plus entrainante de l’époque, à savoir du Lady Gaga, et Milo se retrouva à être encore plus énergétique que jamais.
Il pouvait être surpris, mais il n’avait pas le temps de l’être, peut être juste vraiment impressionné, au point où il ne pouvait plus s’arrêter même pour reprendre un souffle. Leurs mouvements étaient en divine eurythmie, comme s’ils lisaient dans les intentions de l’autre, dans l’essence de l’autre. Peut-être que Milo était juste tellement ivre et euphorique qu’il pensait que lui et Camus partageait une seule âme, ou peut-être que c’était réellement le cas avec la manière dont ils bougeaient tout en gardant autant que possible le contact visuel, comme si rien d’autre n’existaient.
Et si lui se défoulait, Camus lui se déchainait, avec beauté et incroyable fluidité. Parfois ils se rapprochaient, se tenaient et Milo le faisait tourner. Il le guidai a travers une danse en duo aux pas complexe, et Camus suivait ses mouvements comme si absolument rien ne pouvait le surprendre. Et lorsqu’il était proche, Milo pouvait distinguer ses rougeurs, et son sourire, et une radiance, un amour pour la liberté qui brillaient dans ses yeux, aussi intense que celui de Milo. Il comprit quelque chose. Il comprit qu’il était tout comme lui ; Un vent puissant aspirant à la liberté, mais qui a été enfermer dans une bouteille en verre pour être dompté et admiré à l’état domestique. Mais ce que le monde ne comprenait pas encore, c’est que des êtres comme eux, créer pour vivre au sommet de l’univers, pour survoler la terre sans jamais être satisfait, ne pouvait être emprisonné trop longtemps. Le verre ne pouvait que briser sous la force de leur désire de délivrance, de leur insoumission.
Et d’une seconde plongée dans son regard, Milo voyait à quel point Camus était amoureux de l’évasion, tout comme lui l’était. Et c’était à travers la dance qu’ils exprimaient ce puissant amour, et qu’ils brillaient, qu’ils étaient eux même. Il ne fut pas le seul à capter cela de lui, il se rappela Hyoga et Isaak, de comment leurs regards arboraient une radiance similaire rien qu’en pensant à leur grand frère danser, et l’inspiration provenant de ce souvenir les guider vers la liberté, à danser et s’amuser tous les jours. Et il les comprenait, il y avait de quoi. Comment un être précédemment si frigide se mouvait comme s’il ne faisait qu’un avec l’air, tout comme un poisson libéré dans l’eau. Mais Camus lui rappelait surtout un vent d’hiver emportant la dernière feuille d’automne, qui tournoyait et serpentait tout en couleurs. Chaud et Froid.
Ils étaient les stars de la fête, la lumière du soir ! Ils avaient capté et captivé l’attention de tout le monde autour d’eux, et encore une fois, il y avait de quoi ! On aurait dit qu’ils s’étaient préparés toute leur vie pour cela pour ce moment, pour cette soirée ! Se croiser ici, ce n’était pas dû au hasard, car Milo ne croyait pas aux coïncidences, c’était destiné ! Tout comme il était destiné à la danse, Camus et lui furent destiné à se rencontrer et danser et chanter ensemble.
D’ailleurs, il ne sut quand, à quel moment, mais lui aussi avait perdu son haut. Sur le feu de l’action, il l’avait retiré et balancé en dansant pour être torse nu comme lui
Un long plus tard, il libera de la place dans la foule afin de montrer ses compétences en breakdance, présentant sa compilation favorite de power moves qui laissa la foule en délire. Il savait qu’il était un expert, qu’il était impressionnant, il n’était pas un professionnel pour rien. Mais il n’y avait qu’une personne qu’il avait envie d’impressionné, et le regard que lui lança ce dernier après son petit spectacle lui fit savoir qu’il l’avait fait. Cela ne fit que booster encore plus son euphorie.
Tout devenait de plus en plus flou, de plus en plus drôle et de plus en plus exaltant. Le sang lui montait à la tête, le feu en lui qui rarement fut aussi puissant le consumait, il n’allait rien laisser derrière lui mais putain ce que c’était jouissif ! Il était extatisé au plus haut point. L’adrénaline l’empêchait de s’effondrer de fatigue et d’ivresse, pareillement pour Camus, il pouvait le voir. Mais lui non plus ne s’arrêta, et au contraire, plus il se dépensait, plus il repoussait ses limites, plus son sourire était grand.
Il était fait pour cela.
Éventuellement, ils furent rejoints par les autres de leur groupe, et parfois, ils se mettaient entre eux, mais cela n’avait pas d’importance car leurs yeux ne se quittaient presque jamais, et au bout du comptes, ils revenaient l’un à l’autre, et leurs mains se rencontraient à nouveau.
Milo lui montrait un pas de danse, précis et complexe, le défiant du regard à le répété. Et sans problème, le franco-russe reprenait ses pas, lui montrant lui-même de quoi il était capable. Sa tête était peut être vide de pensée, mais il y avait une certitude qui se répétait en lui, encore et encore.
Camus était magnifique.
Lorsque leurs regards se croisaient.
Il avait le souffle coupé.
Il fut si entrainé par l’euphorie et la musique amplifié à fond qu’il n’était plus sensé, juste une boule d’énergie extatique qui explosait. Il attrapa la main de Camus et le traina avec lui vers une table vide ou il le porta avant de l’y rejoindre pour continuer de danser. Le roux n’y vit apparemment pas de problème, évidement, il était aussi ivre et fini que lui. Il vit Dité les acclamer en les filmant, et les autres qui riaient, mais cela ne l’importait pas le moins de monde, Camus bougeait si bien des épaules, qu’est-ce que d’autre pourrait possiblement lui importer ?
Au final Saga et Shura durent les forcer à descendre car ils étaient si étourdis qu’ils manquaient de justesse de tomber à chaque fois, se rattrapant en s’agrippant l’un l’autre.
Ils ne surent combien de temps étaient passés depuis qu’ils avaient commencé à danser et faire la fête, le temps n’existait plus. Mais le temps fit son effet, car tout deux ne tenaient plus debout. Tout était flou, tout était sombre, il ne sentait plus son corps, il ne sentait plus ses muscles, mais il pouvait encore entendre son cœur battre et son sang être pulsé. Sans qu’il ne comprenne comment, il s’était retrouvé à l’air libre, et il eut l’impression qu’il n’avait pas inspiré un air aussi frais depuis des lustres, cela lui brula les poumons. Il se rappela que son estomac lui faisait mal, juste mal ? Il était en train de fondre ! Il s’était assis par terre, se tenant le vendre de douleur, mais il entendit la voix râlante de Camus grogné « Urg, je vais vomir. » Et pout cette simple raison, il fut pris d’un fou rire incontrôlable.
-« Tsh, qu’est ce qui te fait rire, imbécile ! » S’esclaffa aussi de rire Camus en lui appuyant l’arrière de la tête avec sa main.
Se sentant un peu mieux, il releva la tête pour le regarder et comprendre enfin ce qu’il se passait. Ils étaient dans le parking de la boite de nuits, et lui était assis sur une des pierres qui limitait les places des voitures. Ils étaient tous là, le reste du groupe éparpillé un peu autour d’eux. Dité riait avec Ikki et Shura, tandis qu’Angelo était lui aussi assis comme lui, à côté d’Aiolia qui se tenait la tête. Saga devait être parti récupérer la voiture. Camus lui était debout en face de lui, torse nu, suant et le visage rouge, ses cheveux étaient en bataille comme s’il sortait d’une tornade, et il tenait une cigarette entre ses doigts aux ongles rouge. Milo n’avait d’autre choix que de se l’avouer ; il était, extrêmement sexy. « Son corps est masculin sans que sa virilité étouffe le côté gracieux et délicat de sa figure » comme l’eut si bien dit Angelo. Il avait aussi dit autre chose après ça. « Ce qui veut dire entre autres, que son fessier est pas mal ! » …Avait-il même tort ?
C’était surement à cause de l’alcool, mais il le trouvait dangereusement sensuelle et attirant. La manière dont il semblait ravagé, torse nu, avec son pantalon moulant qui épousait clairement si bien ses cuisses arrondies et ce qu’il avait entre. Il le regardait de haut, ayant l’air épuisé, ses mèches collaient a sa peau humide et la couleur de ses joues mariait celle de ces cheveux. Il le vit coincé la cigarette entre ses lèvres encore un peu pailletées, les pupilles dilatées.
Milo en oublia à nouveaux ses maux, un sourire sournois sur le visage. Il parvint à se relever péniblement, on dirait qu’il avait encore un peu d’énergie restante et il adorait taquiner Camus. Ce dernier le toisait comme s’il comprenait ses intentions. Milo lui sourit innocemment avant de lui voler sa cigarette et s’en aller en courant et en gloussant comme un gamin. Enfin, il courrait comme il le pouvait dans son état déplorable.
-« Eh ! C’était la dernière ! » Hurla le roux, le poursuivant, aussi pathétiquement que lui, ce qui allait le tuer de rire. «Milo ! Reviens connard ! »
Il ne réussit à aller bien loin, Camus le rattrapa assez rapidement en plus. Cependant, ils étaient tous deux au bout de leur vie, et cette courte course de zombie les acheva pour de bon. Le moment où le roux le captura en enroulant ses bras autour de son cou, faisant aussi cela pour s’empêcher de s’effondrer, le grec fut celui qui le fit, les entrainant tous les deux dans sa chute. Des éclats de rire de la part des autres résonnèrent dans le parking. Camus était sur lui, son corps contre le sien, il avait de la peine à se redresser et Milo avait de la peine à l’aider à le faire. Le roux resta assis sur lui, de la colère sur le visage tandis qu’il attrapa la mâchoire de Milo.
-« Ma chigare…tte ! » Marmonna-t-il, incapable de bien articuler.
Milo ne put que rire comme un singe, il ne savait même plus si la cigarette était encore avec lui.
-« J’vais…te tuer. »
Il fut sauvé de la mort par Dité qui vint relever Camus par le dessous de ses bras, Saga refit son apparition pour aider Milo à revenir sur ses jambes.
-« J’ai apporté la voiture, on rentre.
-Noooooooooooooon » Se plaignit Milo en tenant la main vers le roux dans les vapes, se faisant soutenir par son ami.
-« Pas de non qui tienne.
-Hahahaha, ces deux-là sont hilarants ! C’était littéralement la meilleure soirée de ma vie ! Allons-y mon Mumus a la fraise, t’as besoin de repos !
-Hhehehheh, Mumus a la fraise… !
-Ta gueule…Milo…Détraqué… »
Le grec le plus âgé aida son compatriote à marcher, passant d’abords à côté de la voiture du franco-russe et du suédois vu qu’elle était la plus proche d’eux. Dité aida son amis à s’installer à l’arrière pour qu’il puisse être plus confortable, mais il ne s’attendit pas à ce que Milo se faufile aussi à l’intérieur pour ne pas être séparé de son nouvel ami. Nouvel ami qui était k.o, la tête reposée contre la portière de la voiture. Milo, tout sourire et ricanement, se colla à lui malgré les réprimandes de Saga qui tentait de le faire sortir de la voiture. Dité s’éclaffa d’un fou rire en les filmant avec son portable, attirant l’attention des autres qui vinrent voir ce qu’il se passait de si drôle.
-« Milo ! Sort de la tout de suite ! » Lui ordonna Saga d’une voix sévère.
-« Noooooooooon… ! » Marmonna-t-il en enlaçant la tête du roux, frottant sa tête contre la sienne. « Je veux pas rentrer…
Angelo lâcha un ricanement d’hyène « Quel bebe !
-« Laisse le, c’est pas grave. » Le rassura Dité. « Je peux le déposer chez lui, juste dit moi où il habite. »
Le plus âgé soupira de fatigue, Shura vint alors déposé une main réconfortante sur son épaule.
-« Je suis sobre, je peux conduire, va avec eux si tu veux.
-Et toi Angie, tu viens avec moi aussi~ ?
-Toi je ne veux plus que tu me parles jusqu’à la fin des temps ! »
-Oh aller, laisse-moi me rattraper un peu.
-Bonne nuit !!
-Quelle susceptibilité. Ce sont les italiens tout crachés, ca. »
Milo se sentit s’endormir, sa tête contre quelque chose de consolant, ses bras toujours lassement enroulés autour de quelqu’un. Il entendit des voix, des bribes de conversation et le bruit des portières qui se claquaient. Lorsque le son du démarrage de la voiture parvint à son écoute, il sombra pour de bon dans un vide sans fond.
…
..
.
Camus se sentit horrible au réveille, il vivait une de ses pires cuites, il aurait pu se cogner si fort la tête contre le mur à cause de la douleur si Dité n’avait pas été là pour l’arrêter. Tous ses muscles le faisaient souffrir comme jamais avant, il ne restait plus rien de son estomac, ses intestins aussi n’étaient au mieux de leur formes, et on aurait dit qu’une entité restait au-dessus de sa tête pour lui marteler la tête avec le marteau de Thor. Son ami lui avait préparé un cachet contre le mal de tête et les brulures d’estomac, et sa mère, consciente de son état, eut la gentillesse de lui ramener un petit déjeuner au lit. Il se sentit mal à l’aise, encore male habitué à tant de bonne d’attention.
Il se sentit étrange…Vide, mais pas dans un néant. Il était vide de toutes pensées ou inquiétudes. Cet état lui était rare, lorsqu’il ne réfléchissait pas, que son cerveau acceptait enfin de prendre du repos. Cela n’arrivait habituellement que durant une demi-heure après que lui et Surt aient terminé de le faire, mais pas à chaque occasion, uniquement lorsque cela se passait bien entre eux.
Mais s’il devait se poser la question tout au fond de lui-même.
Il se sentait bien, malgré la douleur, il se sentit vivant.
Et évidemment les souvenirs de la veille lui revinrent, et tout de Milo se reconstitua dans son esprit.
Tout de lui. Chaque, instant, passé avec lui. Chaque mots, regard, touché, sourire, pensées échangées entre eux, chaque rire causé, chaque émotion créée, chaque mouvement…étaient…magique.
Non, Camus ne réfléchissait pas, il n’en avait pas la capacité, mais cela n’empêchait pas que Milo constituât ce vide, il était le « vide » qui absorbaient toutes ses réflexions et ses angoisses.
Il était encore ivre du gout de la liberté, de son regard sur lui, de ses boucles sauvages, de son parfum et de son corps qui bougeait si divinement bien et qui faisait bouger le sien sans qu’il ne puisse y remédier, tombé dans l’extase et la frénésie. Il fut comme sous l’effet d’un sort, un qui l’empêchait de s’arrêter de danser, condamné à le faire jusqu’à l’effondrement.
Que lui a-t-il fait ? Mais surtout, qu’a vu Milo en lui ? La manière dont il le regardait, c’était comme s’il essayait de s’immiscer dans son esprit, de tout apprendre sur lui.
Il lâcha un soupire en laissant sa tête reposer sur le mur derrière son lit.
Au moins pour une soirée, il se sentit entier, sans ce trou béant dans sa poitrine, sans ses démons, ses fautes, ses angoisses, sa culpabilité, ses blessures, ses hontes, sa haine et tant d’autre chose qu’il était. Pour une soirée, son cœur ne fut plus brisé, pour une soirée il fut ce qu’il avait toujours voulut être.
Et cette soirée était fini.
Il lâcha un petit rire, il se lamentait comme cendrillons. Et dire qu’à une époque, c’était son film Disney préféré. Lorsqu’il était petit, il comparait Surt au prince charmant qui faisait de la servante une princesse, c’était ainsi qu’il voyait leur relation lorsqu’ils venaient de se mettre en couple.
…Comment aurait-il réagit s’il l’avait vu ainsi ?
Camus se redressa en plaquant sa main sur sa bouche, ayant été pris par une forte nausée et un haut le cœur. Il se décida de se lever de son lit avant de fusionner avec le matelas. Il pouvait entendre Isaak râler depuis le salon ainsi que le bruit de l’animation familiale. Mal réveillé et rouillé, il descendit au salon, les cheveux en bataille, vêtu encore de son pyjama ; qui était simplement un t-shirt assez long pour couvrir la moitié de ses cuisses. Il était reconnaissant envers Dité d’avoir pris la peine de le changer hier soir, il se sentait mal de l’avait tant fait travailler.
-« Mumus ! » S’exclama joyeusement celui-ci en se levant de la table à manger lorsqu’il le vit venir. « Tu vas bien ? Mumus, j’ai passé la meilleure soirée de ma vie ! »
Malgré le puissant mal de tête, le roux sourit faiblement, content de voir son ami heureux. Hyoga était sur le canapé à lire ses notes de cours tandis qu’Isaak était juste devant lui, par terre, à jouer à sa console. Tous deux mirent en pause leur activité respective pour venir le saluer.
-« Alors ? C’était bien hier ? » Lui demanda le blond en venant l’enlacer.
-« Dité a dit que vous vous êtes éclaté ! je suis content de l’apprendre.
-« Ah ouais ? » Répondit Camus en jetant un coup d’œil au suédois. « Et qu’est-ce que Dité a dit d’autre ?
-« Rien ! J’ai rien dit sur la façon avec laquelle tu as dansé avec un gars hyper canon !
-Danser !? » Répétèrent les jumeaux, les yeux remplis d’étoiles.
Le grand frère grimaça face à tant de radiance et fusilla son ami du regard.
-« Vite fait.
-Hah, vite fait ? » Répéta Dité. « Honey, j’ai à te parler.
-Attend ! » L’interpella Hyoga, quelque peu inquiet. « Tu as dansé avec un gars ? Est-ce qu’il était plus beau que le coach ?
Dité posa sa main sur sa bouche pour s’empêcher de pouffer de rire et se retourna pour le cacher, quant à Camus, il resta aussi silencieux et immobile qu’une statue durant quelque secondes avant de répondre. C’était une question piège, quoiqu’il dise, Milo recevra le compliment.
-« Les deux sont aussi désagréable l’un que l’autre. »
Dité s’esclaffa de rire face à sa mauvaise foi presque désespérante. Camus ne voulait plus se trouver d’excuse ; il avait une mauvaise foi irréductible et il ne voulait plus rien faire pour le nier. Milo avait été un dieu, un rêve trop beau pour être vrai, et il le haïssait. Même dans ses pensées les plus profondes, il avait une mauvaise foi.
-« Désagréable ? Mais le coach est le mec le plus cool du monde ! » Réfuta Isaak.
Camus se demanda pourquoi de toute façon ils comparaient le « mystérieux » homme avec qui il avait dansé la veille avec leur Coach. Peu importe, ils étaient préférables qu’ils ne sachent pas que ces deux personnages étaient en fait le même. Il décida d’ignorer la remarque d’Isaak et se fit trainer dans la cuisine vide, sa mère devait être partie pour le travail.
-« Dité… » Soupira-t-il, sachant très bien de quoi il voulait lui parler.
D’un côté, il avait envie de le faire taire et fuir le sujet. Hier il avait totalement perdu le control, jamais son ami ou quiconque ne l’avait vu ainsi, il était mort de honte. Cette part de lui regrettait d’avoir trop bu, regrettait d’avoir joué avec Milo et de s’être laisser contaminé par sa folie. Il avait tant souffert, tant fait d’effort pour ne jamais céder à la tentation. Le moment où ses structures pour inlassablement être frigide, et donc, solide, commenceraient à vaciller, il craignait ne plus être aussi impénétrable qu’avant. Une seule flèche pouvait passé dans une faille et détruite toute la formation. Et à ce moment-là…Il n’avait même pas envie d’imaginer les conséquences, cela le terrifiait.
D’un autre…Il ne s’était jamais sentit aussi vivant de sa vie. Jamais…aussi compris. Il exista de toute ses forces, bougeant, chantant et dansant comme si c’était la fin du monde, et il ne le fit pas seul. Milo le fit oublier qu’il y avait un passé et un futur, il le fit vivre sur le moment présent, comme si plus rien n’importait, comme s’il n’avait même pas de nom. Il était simplement un être humain, sans poids, sans pensées, sans chaines qui le retenaient. Il était libre. Ce côté de lui voulait que Dité lui en parle, pour lui prouver que ce n’était pas une juste une hallucination à cause de l’ivresse, pas juste un rêve fiévreux. Ses courbatures pouvaient le lui prouvaient seuls, peut-être, mais il voulait être sûr que cette connexion, cette résonnance entre lui et son partenaire de danse fut bien réel. Il voulait savoir si ce qu’il vit dans les yeux de Milo était vrai.
Mais qu’est-ce que cela pouvait changer, au final ? Gouter à la liberté pour ne plus jamais pouvoir l’atteindre ? C’était se faire du mal à lui-même. Peut-être était-ce juste plus raisonnable de tout oublier et de faire comme si de rien était, et d’éviter de recroiser Milo autant que possible.
-« Camus ~ ! » Chantonna son ami, son visage radiant d’excitation et de joie. « Hier, My god! You, were, so, hot!! Genre non, tu es hot tous les jours ! Mais hier ! oh mon dieu je t’aurais fait l’amour !! On the spot !
-…Merci ?
-Tu t’es pas vu ! Tout le monde était totalement subjugué par toi ! »
Camus détourna le regard, certain que la couleur de son visage trahissait son attitude nonchalante.
-« Tu abuses. Je me comportais comme un singe hier, c’est pour ça.
-Un singe très sexy que tout le monde voulait envoyer en l’air…Surtout ton ancien ami et monsieur l’instructeur. » Chuchota-t-il avant d’exploser de rire.
Le roux s’étouffa d’embarras, sentant son visage fumé.
-« Tu racontes n’importe quoi ! La ferme ! »
Son ami s’agitait sur place tout en chantonnant et pianota sur son portable avant de lui montrer l’écran. Camus se trouva incapable de regarder plus de deux secondes et s’éloigna en se retenant de crier et grimacer.
-« Reviens ici !! »
Il refusait de croire que ce qu’il venait de voir c’était bien lui, non, c’est impossible ! Il voulait disparaitre, que la terre s’ouvre sous ses pieds et l’avale en entier. Et dire que tout le monde l’avait vu ainsi, surtout Milo et Saga. Il voulait mourir, pourquoi diable avait-il accepté de sortir !? Pourquoi avait-il bu autant !? Tout cela c’était la faute de Dité et ce satané instructeur !
Il entendit son ami rire de sa réaction, Camus lui avait tourné le dos, se tenant le front pour masquer son visage.
-« Camus ! Ne détourne pas le regard ! » Lui dit-il en posant sa main sur son épaule, à nouveau, il lui tendit le portable.
-« Non, ce n’est pas moi ! Je n’étais pas moi-même.
-Bien sûr que si ! C’était toi ! C’était toi qui t’amusais et prenais du bon temps ! Et tout le monde t’a suivi ! Même tous les gens qu’on ne connaissait pas se sont focaliser sur toi et lui. Tout le monde vous applaudissait et vous acclamait !
-Dité…
-Juste regarde, fait moi confiance. »
Tenté, il baissa à nouveau le regard vers le téléphone de son ami qui lança la vidéo. Il y avait beaucoup de mouvement et de jeu de lumière procurant une esthétique onirique, ou ancienne. Il était-là, il était le sujet principal de la caméra, il dansait sans le moindre soucis, torse nu, un grand sourire aux lèvres. Sa peau luisait de sueur, et ses cheveux volaient derrière lui, suivant le moindre de ses mouvements. Il fixait quelqu’un du regard, son partenaire de danse, qui tout comme lui était suant et torse nu. Ce dernier aussi, arborait un même sourire, ses yeux ne le quittant presque pas. La foule s’était écarté pour eux, ils étaient le centre de l’attention et le feu de la fête. Mais ces deux-là n’avaient pas l’air de le remarqué, ils étaient bien trop concentrés l’un sur l’autre comme si rien d’autre n’existait.
Camus se retrouva incapable de détourner le regard. Il ne s’était jamais vu avec une telle expression, avec tant d’énergie, tant de radiance sur le visage. Il ne s’était jamais vu sourire comme cela, et ne savait pas qu’il pouvait bouger ainsi. Il ne se reconnut pas, et pourtant c’était bien lui ; son visage, son corps, ses cheveux. Ce Camus la, paraissait si vivant, rien de la coquille vide qu’il était au quotidien.
Mais…C’était vrai qu’il n’avait pas toujours était ce sage et silencieux bloc de glace. Il oubliait toujours qu’avant, il dansait à la moindre occasion. Sous la neige, le soleil ou la pluie, avec ou sans musique. Juste il dansait.
C’était lui qui avait appris à Hyoga et Isaak à le faire, qui avait nourri cette passion en eux.
Malgré la douleur que cela lui apportait, par les gifles et les insultes de son géniteur, il continua à danser. Juste pour le plaisir de le faire.
Juste pour se sentir vivant.
Comment avait-il arrêté…aussi facilement ?
Peut-être que c’était cela que Milo vit en lui.
Ou peut-être que c’était lui-même qui inconsciemment le suppliait de remarquer cela en lui.
Ou peut-être que ce n’était rien de tout cela. Milo voulait juste le taquiner, et il l’avait bien fait.
Silencieux, il écoutait la musique provenir des vidéos, perdu dans ses pensées. Dité ne le brusqua pas, il resta à côté, tout aussi silencieux que lui.
Comment aurait-il été aujourd’hui s’il n’avait jamais rencontré Surt ?
Cette pensé lui fit mal. Il ne savait pas pourquoi, peu importe à quel point cet enfoiré l’eut blessé et manipulé, il chérissait les souvenirs passé ensemble. Il chérissait leur première rencontre, leur première baiser, leur première fois et toutes les fois où il se sentit aimé. Il chérissait les souvenirs de son amour pour lui, de son effet sur son cerveau et son corps, les papillons au ventre lorsqu’il lui souriait, le caressait et l’embrasser. Ils rigolèrent ensemble, ils connurent aussi la paix, mais ce qui lui manquait lui plus, c’était lorsqu’ils venaient de devenir ami. Encore en primaire, Surt avait pris sa défense, intervenant entre lui et ses harceleurs pour lui porter secours, et Camus était, du premier regard, tombé amoureux.
Ils étaient devenus inséparable depuis ce jour.
Surt, qu’il le veuille ou non, fait partie de lui.
Mais cette partie de lui qu’il chérissait tant avait « tuer » l’homme qu’il aurait pu être aujourd’hui. Celui qu’il voyait danser et chanter derrière l’écran.
Il éteignit le portable, le visage dépourvu d’émotion, et le rendit a son propriétaire.
-« J’ai encore un peu mal à la tête, je vais retourner m’allonger »
Il avait envie de vomir.
…
Milo s’était réveillé d’incroyable bonne humeur. Et aussi d’incroyable douleur. Il vivait la pire gueule de bois de sa vie mais tout de même, il était d’extrême joie. La veille, tous ses objectifs avaient été atteints. Non seulement il avait dansé jusqu’à l’effondrement et qu’il avait passé une super soirée entre amis, mais il l’avait fait avec ce personnage qui l’intriguait. Et qui aurait cru qu’il serait aussi…Incroyable. L’instructeur n’avait que ce mot à l’esprit. Camus avait été incroyable, qu’est-ce qu’il y avait à dire de plus ? Ah oui, une centaine de chose. Quand fut la dernière fois qu’il avait eu un tel partenaire de danse ? Il avait encore du mal à y croire, chaque pas, chaque mouvement avaient été en parfaite harmonies avec les siens, ce genre de scenario ne se passaient que dans ses rêves. Des partenaires de danse, Milo en avait eu des centaines, que cela soit des collègues, des amis, ou de total étranger, mais aucun ne fut à la hauteur du dernier. Pas que certain de ces gens ne dansaient pas aussi bien que le grand frère de ses élèves, mais qu’aucun n’avait su lire en lui de cette façon. On aurait dit que le franco-russe pouvait prédire ses moindre fait et geste, mais lui aussi, parvint à le faire. À lire en lui comme jamais avant, Camus lui avait ouvert la porte dans ses yeux et Milo ne pouvait plus détourner le regard.
Il savait que quelque chose de bien plus interessant se cacher en lui ! Il le savait et il avait toujours raison ! L’euphorie de la veille ne s’était pas encore dissipée contrairement à l’alcool dans ses veines. Il voulait encore danser, il voulait encore se lâcher et dévorer le gout de la liberté, il voulait se sentir encore aussi compris, aussi complet !
Malgré la douleur, il s’était levé avec entrain de son canapé, là où il s’était retrouvé. Il ne se rappelait pas la fin de la soirée, il eut vraiment l’impression de s’être effondré de fatigue en boite. Geist lui avait laissé un petit déjeuner près et des médicaments sur la table basse du salon. Le geste lui fit plaisir, elle faisait toujours cela. Il prit son portable qui était aussi déposé sur la table et soupira de soulagement lorsqu’il vit qu’il avait encore de la batterie. Il se leva pour aller aux toilettes en grimaçant de douleur et trébucha chaque quelque pas, se cognant aux meubles et aux murs.
Peut-être que boire autant n’était au final pas une si bonne idée, physiquement, il était à cela d’un cas d’urgence d’hôpital, mais il tint bon. C’était surtout grâce au superbes souvenir de la veille. Une fois que son état se fut un peu plus amélioré, il se posa à nouveau sur son canapé avec un autre petit déjeuner qu’il s’était fait, après une telle cuite, il avait besoin de bien reprendre des forces, et appela Angelo.
Enfin, c’était un appelle de groupe mais il était le seul assez libre pour répondre.
-« T’es encore en vie toi ? » Fut la première chose que lui dit son ami.
-« Hier c’était dingue ! Je ne me rappelle même pas comment ça s’est fini. ! » Répondit-il avant de prendre une bouchée de son bacon.
-« Ca s’est finit avec toi qui câlinait ton nouveau meilleur ami. »
Milo pouffa de rire et de surprise, prenant un mouchoir pour s’essuyer la bouche ainsi que la table. « Quoi ?
-« Ouais tu voulais pas le lâcher, tu sais, comme un sale mioche. C’est l’autre fraude de mes deux qui t’as déposé chez toi, Saga était avec moi.
-Attend quo-
Mais il fut coupé « Ce connard s’est putain de joué de moi ! » Vociféra l’italien. « Et toi enfoiré t’aurais pu me prévenir qu’il avait une teub ! Toi et Ikki vous êtes des fils de pute, et Même Shura l’a su avant moi et ne m’a rien dit ! »
Milo explosa d’un rire d’hyène, se moquant de son ami. « C’était trop drôle ! Désolé-
-Ferme ta gueule connard ! Prochaine fois que tu me vois en chien sur un gars que j’ai confondu avec une meuf, tu me préviens ! Sinon on n’est plus ami ! »
Il eut du mal à s’arrêter de rire. Avec tout ce qui s’était passé avec Camus, il avait totalement oublié la farce de Dité. En tout cas avec la réaction de son ami, il sut que lui aussi put aboutir à ses plans, et c’était hilarant.
-« Arrête de rire, enculé ! Puttana !
- C’est bon ! C’est bon ! Sort pas les insultes italiennes ! » Dit-il quand même en riant. « Comment ça s’est passé ?
-« Ta mère.
- Roh aller raconte ! Promis je vais pas me moquer.
-Et moi je suis un prêtre puceau, ferme ta putain de gueule !
-Bon okay, je vais me moquer un peu, mais les amis c’est fait pour ça. Comment t’as su ? »
Milo s’était calmé, mais le profond soupire d’agacement qui sortit de son téléphone lui donna envie de reprendre. Il se mordit la langue pour se forcer quand même à arrêter de rire, il aurait tout le temps de le faire plus tard avec Shura et Ikki.
-« Cet enfoiré m’a chauffé jusqu’à que je lui saute dessus. Arg, j’ai encore du mal à croire que c’était un mec.
- T’as pas remarqué la voix ?
-Non ? Ma grande sœur a une voix encore plus grave que la sienne ! C’était pas un indicateur. Mais putain ce qu’il est bien foutu pour un mec, ça devrait être illégal ça ! Il devrait être jugé pour cause de fraude ! »
Milo craqua à nouveau, c’était juste impossible de résister.
-« T’as juste le seum car t’était en chien sur un gars.
-C’est sur ta mère que je vais être en chien ! La ferme j’ai le cœur brisé !
-A ce point ?
-Ca m’énerve ! C’était la meuf la plus fraiche que j’ai vu de toute ma vie mais fallait qu’elle ait une teub et qu’elle soit en fait un mec qui me prankait ! J’étais prêt à rentrer avec, moi !
-BHAHAHAHA !! Ca va aller ! Je suis sûr que Dité te donnerais une chance !
-J’EN VEUX PAS MOI DE SA PUTAIN DE CHANCE !! » Hurla-t-il a en saturé le son, l’instructeur essuya une larme au coin de son œil.
-« Mais c’est aller loin ?
-Je sais pas ? Ma langue dans sa bouche c’est assez loin pour toi ? Que j’étais aussi dur que du béton !? »
Milo se laissa tomber sur le canapé en battant des pieds et se tenant les cotes de douleur.
-« Il a dit qu’il avait une surprise pour moi, puis il a pris ma main pour la foutre entre ses jambes ! Et là je sens quoi a ton avis !?
-« C’EST BON ! AHAHAHAHA JE PEUX PLUS RIEN ENTENDRE !
-UNE TEUBE ! ET UNE PAS MAL EN PLUS ! Il a ensuite éclaté de rire, m’a dit que c’était pour sa place de parking ou je sais pas quoi et m’a laissé en plan pour rejoindre Shura et Ikki.
-« Incroyable ! Sacré Dité ! Rappelle-moi de lui jamais volé sa place de parking.
-Bon, tu m’ennuis et je dois y aller, on n’en parle plus jamais, t’as compris ? »
Sur ces dernières paroles, l’appelle prit fin, et Milo n’eut le temps d’éteindre son portable qu’un autre apparu sur l’écran. Une heure plus tard, il rejoignit son meilleur ami à leur café habituel, au style sombre et punk. Kanon, frère jumeau de Saga, l’attendait assis à leur table près de la vitre, deux boissons déjà servit. Les jumeaux étaient physiquement identiques, la seule différence à ce niveau-là pouvait être le dégrée de différence dans leur couleur de cheveux, mais c’était quelque chose de bien trop négligeable. Sous certaine lumière ou dans l’ombre, il était quasi impossible, même pour les amis proches, de les différencier. Enfin cela serait uniquement s’ils décidaient de s’habiller pareillement ou de comporter de la même manière. Milo, ou n’importe qui d’autre, n’eurent jamais de problème à les différencier grâce à de leur opposition dans leur style vestimentaire et de leur personnalité. Sur ces deux points là, ils étaient à deux extrémités différentes. Un était sérieux, calme et réservé et l’autre était une menace pour la société. Cet idiot s’était déjà retrouvé en prison, et ça n’étonnerait pas Milo qu’il y retourne à tout moment. Si un portait des chemises et des pulls, l’autre se trimbaler en vêtement déchirer, parfois punk, parfois révélant, tatoué un peu partout avec des piercings a la langue et aux oreilles -sans oublier les tetons aussi-
Son ami travaillait sur son ordinateur lorsqu’il le repéra, et il le ferma aussitôt lorsqu’il vint s’asseoir en face de lui.
-« Alors, Mimi c’était comment hier, sans moi !
-C’était trop bien !
-Ah bah merci bien ! »
Tout content et excité a l’idée de lui raconter sa soirée, l’instructeur avança sa chaise plus près de la table.
-« C’a aurait été mieux si t’étais là mais non ! Quelqu’un a décidé d’aller passer toute la nuit à baiser avec un homme marié !
-Et putain que c’était bon ! » S’exclama-t-il d’un sourire tranchant, tirant sur le col de son t-shirt pour révéler les maques de dents et de suçon sur sa peau.
-« Faut pas que Saga voit ça !
-T’inquiète, il ne m’a même pas demandé ce matin où j’étais hier soir, il m’a simplement ignoré et est partie au travail. J’ai direct deviné que tu as passé du bon temps car il était de mauvaise humeur après la soirée. C’est toujours comme ça !
-Mauvaise humeur ? Pourtant hier il passait aussi un bon moment. » Il termina sa phrase en prenant une gorgé de son frappé saturé de sucre, tout comme il en raffolait. « Enfin, t’es sûr qu’il n’est pas fâché car il a su que tu te tapais son collaborateur de travail ?
-Il m’aurait pas simplement ignoré, il m’aurait jeté à la porte. Je serais un homme mort, Milo !
-Mais toi aussi, parmi tous les hommes et les femmes avec qui tu pourrais coucher, pourquoi lui ! Si ça peut te causer d’aussi grand problème avec Saga.
-Parce qu’il est extrêmement sexy, Milo ! Et aussi, j’adore la façon dont il me tient tête et me remet à ma place, ça me donne juste envie de lui montrer de quoi je suis capable. » Expliqua-t-il d’un sourire douteux, regardant ailleurs comme pour se rappelait les interactions dont il parlait.
Tiens, Milo se rappela à nouveau quelqu’un.
-« Bon Mimi, assez parlé de mes aventures, j’ai vu sur le groupe qu’apparemment hier c’était mouvementé. Qu’est-ce que t’as encore foutue.
L’énergie lui revint de plus belle et son sourire gagna en terrain sur son visage. Kanon ricana face à la brillance de son expression de golden retriver.
-« Okay okay, tu te rappelles j’avais mentionné le grand frère de Hyoga et Isaak !
-Tes élèves, ouais ?
-Ouais, je l’ai croisé hier à la boite.
-Et ?
-Kanon ! Kanny !
-Qu’est-ce qu’il y a, enfoiré ?
-Il danse super bien !
-C’est pour ça que t’es tout content comme un chien !? » Demanda-t-il en lâchant un rire, ramenant son dos contre le dossier de sa chaise.
-« Non mais écoute ! Je me rappelle pas quand était la dernier fois que j’ai dansé comme ça, surtout avec quelqu’un ! Genre, tu comprends pas, c’était hilarant, on a enflammé la boite après qu’on a tous les deux descendu en deux coups un widow maker ! De base je voulais juste le provoquer car, je sais pas, il y a écrit « Milo s’il te plait provoque moi » sur son front, et on a commencé d’abord à se disputer puisqu’il disait ne pas savoir danser, puis il est venu me jeter son haut à la gueule avant d’aller mettre en feu la piste de dance ! C’était quelque chose ! On a dansé jusqu’au black-out. J’ai aussi le vague souvenir qu’on s’est bagarré dans le parking.
-Eh bah ! Tu vas me rendre aveugle avec tant de lumière, je suis pas ta meuf mais je suis à deux doigts de me sentir jaloux.
-Jaloux de quoi ? Enfin bref, je le savais, je sais pas comment, mais dès que je l’ai vu je savais qu’il cachait quelque chose ! » Reprit Milo sans se soucier de son comportement ou de la réplique de son ami. « Déjà que les petits m’avaient mis la puce à l’oreille, d’ailleurs c’est pas quelqu’un avec qui tu peux facilement blaguer, en l’espace d’une heure, il m’a traité d’amateur, de gamin, de manchild egocentrique et extrêmement sensible, d’idiot fini, il a dit que j’avais une maturité impressionnante, tu sais, comme un menteur, et a aussi dit que j’étais timbré et cynique. Il m’a menacé de me faire du mal si quelque chose arrivait à ses frères, s’est moqué de mon vocabulaire, m’a dit que j’étais juste « pas mal » avec genre tout l’arrogance du monde. Il a essayé de me causer des problèmes avec ton frère et a dit qu’il avait marre de mon comportement ! Je pense qu’on s’entend super bien. Tu sais ce que j’aime bien ? Ses yeux ont une couleur si particulièrement chaude mais j’ai jamais vu un regard aussi froid de toute ma vie, je te jure j’aurais pu me faire dessus ! C’est drôle aussi qu’il sent la fraise, il ressemble à une fraise !
Milo reprit son souffle et soupira. « Tu sais je penses c’est vraiment le genre de personne qui cache bien son jeu, et je sais pas, il a l’air d’avoir un sacré passé. Et puis, c’est pas n’importe qui qui pourrait comprendre son sens de l’humour. Il m’a un peu rappelé un chevalier, droit et froid avec un grand sens de la justice ! Bon, je sais pas, je le connais pas vraiment, mais je sais pas pourquoi j’ai l’impression que si ! »
Kanon ne disait rien, se contenant de croiser les bras et de cligner des yeux en attendant que son ami termine son monologue en apnée. C’était toujours pareille avec lui, et depuis le temps Kanon savait patienter jusqu’à que sa pique d’énergie passe. Il agissait toujours ainsi lorsqu’il parlait de quelque chose qui l’intéressait.
-« Wow. » Répondit simplement Kanon a la première occasion d’en placer une. « Après tant d’années a être ami, ça devrait plus me surprendre que tu fasses ça.
-Fasse quoi ?
-Bouger ta bouche aussi vite. Surtout pour parler de quelqu’un que tu connais à peine. » Kanon tiqua de la langue en reprenant son sourire moqueur. « Encore un peu et tu vas me sortir que tu l’a sucé dans le parking de la boite ou un truc du genre ! »
Milo recracha la gorgée qu’il était en train de boire, son ami avait dit sa dernière phrase assez haut pour que tout le monde autour d’eux puissent entendre, Milo se reçut des regards et des rires discrets.
-« Dis celui qui a passé tout la nuit à sucer !
-Ouais bah moi j’assume ! Et j’ai géré d’ailleurs, le gars ne savait même plus comment il s’appelait.
-Putain t’as absorbé son âme par sa queue ou quoi !?
-Exact ! C’est comme ça qu’ils deviennent mes esclaves.
-Bon au moins tu sais les choisir riche, en tout cas ! Hier c’était super, faudrait que je te raconte ce qu’il s’est passé avec Angelo.
-A propos d’un mec si frais qu’il a pris pour une fille et lui a roulé une pelle ? Ikki l’a déjà exposé sur le groupe. »
Milo éclata de rire et entreprit de lui donner les détails tout en sirotant son café, si le personnel n’était pas déjà habitué à leur raffut et s’ils n’étaient pas de bonne connaissance aux gérant, ils se seraient fait jeter dehors depuis bien longtemps.
-« D’ailleurs c’est bizarre que ton frère n’ait rien dit sur le sujet, car le gars dont je t’ai parlé est un ancien ami de la fac.
-Bah, tu sais comment est Saga, il est pas très sociale.
-Oui mais » Il prit un temps de pause pour finir son gobelet. « Saga était tres content de le voir, il lui a fait la bise et tout ça, et ils étaient proche. Enfin, je suis sûr que si je n’avais pas agi, il me l’aurait piqué toute la soirée.
-Wow, attention a comment tu le dis, Mimi. » Plaisanta Kanon avec un regard douteux. « C’est très suspect tout ça. Je te jure que si le premier gars avec qui tu fais quoique ce soit c’est pas moi, je vais très, très mal le prendre. »
L’instructeur tiqua de la langue et lui donna un coup de pieds sous la table. -« T’inquiète, t’es le seul homme de ma vie. »
Kanon savait très bien qu’il était attaché à sa petite amie, elle fut la raison pour laquelle il n’avait céder à la curiosité du plaisir masculin. Il n’était pas spécialement attiré par les hommes, mais ne doutait pas que l’expérience pouvaient être tout aussi incroyable, surtout si c’était avec son meilleurs ami.
-« Bon, c’est vrai que c’est bizarre qu’il m’en a pas parlé si c’était un ami aussi proche. Saga n’en avait pas beaucoup à la fac, donc forcément je dois le connaitre aussi ? Un gars cool et qui danse bien, hien ? » Le jumeau entra en réflexion, semblant fouiller dans sa mémoire. « Mon frère ne trainait qu’avec des gens ennuyants.
-Il-
-Me dit pas le nom ! » Le coupa-t-il brusquement, se penchant au-dessus de la table. "Mmmh…Non, ça peut pas être lui, ni lui… »
Il vit son ami soudain se figé, puis se redresser, les épaules raid, ainsi que l’expression grave, pas comme celle de Saga qui était plus sombre et hautaine, mais plutôt agacé et dangereuse. Les traits de son visage paraissaient toujours plus acérés que ceux de l’autre jumeau plus calme et renfermé. Milo ne comprit évidemment pas ce brusque changement et fronça légèrement les sourcils.
-« Me dit pas que c’est un rouquin avec de long cheveux. »
L’instructeur sentit presque du venin émané de sa voix.
-« Si, tu le connais ?
-A peu près ta taille, tache de rousseurs, en littérature ?
-Oui !
-Tu te fous de ma putain de gueule !? »
Son ami était définitivement en colère, et Milo qui aurait dû être content d’avoir du potin et plus de dossier sur sa « cible », se retrouva mal à l’aise du ton de son ami par rapport à Camus. Cela l’inquiéta.
-« Mais pourquoi-
-Je vais te dire pourquoi ! » L’interrompit-il à nouveau en vociférant, avec une certain retenu pour un minimum de respect envers les personnes autour. « C’était quoi son nom déjà à ce batard, Camile ? Camille ? Peu importe ! Me dit pas que c’est lui qui était avec vous hier !
-Oui, Camus, mais enfin pourquoi !? Batard ? » Demanda-t-il à nouveau, lui aussi devenant irrité.
Il ne comprenait vraiment pas la réaction de son ami, ni pourquoi il insulterait Camus. De ce qu’il vit et appris sur lui, le grand frère adoré de ses élevés, était certes froid, certes distant, n’étant pas du genre à flatter ou sympathiser facilement, mais n’avait rien d’un « batard ». Alors il ne pouvait s’empêcher de ressentir une certaine colère sur le moment.
-« Exactement ! C’est le fils de pute qui a brisé le cœur de mon frère !
-Quoi !?
-Tu m’as très bien entendu ! Durant des années il a joué avec les sentiments de mon frère alors qu’il avait déjà un copain ! Lui faisant croire qu’il avait une chance avec lui pour avoir des cours gratuits et de l’attention ou je sais pas quoi encore ! Tu connais mon frère ! Il se laisse pas berner facilement mais je sais pas comment ce lutin de Sibérie a fait, je vois même pas ce qu’il a de si interessant pour que Saga se laisse faire comme ça !
-Kanon.
-Il est ennuyant, n’a aucune personnalité et se croit interessant comme s’il était supérieur aux autres avec son balai dans le cul et ses livres à la con ! Il n’est même pas aussi beau !
-Kanon ! »
Le ton hargneux de Milo et son visage qui laissait paraitre ses émotions fit taire cette fois ci son ami, et attira aussi l’attention des personnes autour d’eux qui commençait à être bien irrité de leur raffut. Il ne connaissait Camus que depuis à peu près une nuit, réellement, mais pour une raison il eut l’impression que c’était bien plus. Le peu qu’ils avaient partagé pour lui semblaient assez. Assez pour penser le contraire de ce que clamait Kanon, au moins juste assez pour être offensé par tout ce que disait son ami. La personne qu’il critiquait était celle qui sembla la plus proche à son âme durant une soirée, qui le fit vivre un rêve. Il lui semblait mauvais d’accepter sans brocher toutes ces insultes envers son meilleur partenaire de dance, qui avait une personnalité énigmatique, mais amusante, un sens de l’humour original et malin, imbibé de sarcasme, et surtout qui avait une audace qu’il recherchait indubitablement dans ses connaissances. Il adorait cela. Il ne pouvait absolument jamais se lasser de quelqu’un d’intelligent, de drôle et de par-dessus tout, audacieux. Ce fut tout ce qu’était Camus en une soirée, et pas que. Il était un frère protecteur, un buveur exceptionnel et un danseur incroyable, avec une telle énergie et tel désir de liberté. Non, Kanon se savait vraiment pas ce qu’il disait.
-« Non commence pas à prendre sa défense toi aussi ! Tu le connais que depuis une nuit, fait pas genre ! Puis je pensais que t’était pas du genre à te faire manipuler et que tu détestais les menteurs !
-Camus n’a pas mentit une seul fois durant cette soirée, et tu penses réellement que quiconque serait capable de me manipuler ? » Réfuta-t-il d’un ricanement dédaigneux, arquant hautainement un sourcil. « Tu penses pas que t’abuses un peu ?
-« Je le connais bien plus que toi ! Et peu importe comment il était avec toi, ça ne change pas le fait qu’il a fait du mal à mon frère. Et ça explique pourquoi il était si renfermé se matin ! C’est parce qu’il l’a revu ! »
Milo laissa son dos retomber sur le dossier de sa chaise en pressant ses lèvres en une fine ligne, baissant le regard, fixant un point perdu sur la table. Évidemment qu’il pensait à Camus, mais aussi à Saga. Hier, au début, ils avaient l’air réellement content de se revoir, cependant même lui avait remarqué une certaine tension entre deux, beaucoup de non-dit qui pesaient l’air autour d’eux. Le fait que Saga ait mentionné son ex, et la manière dont il resta stupidement silencieux lorsque le roux révéla sa rupture. Il vit clairement les doigts de Camus trembler, serrer plus fort son verre et son regard se refroidir une seconde. Sur le moment il s’était énervé contre Saga, peut-être qu’il n’aurait pas dû réagir aussi agressivement, après tout ce n’était pas de ses affaires. Néanmoins si mit dans une même situation, il savait qu’il réagirait encore pareille. Il n’avait vraiment pas apprécié voir Camus dans un tel état. Quelque chose le tracassait, quelque chose en lui l’enchainait, le retenait. Et ce quelque chose devait certainement faire mal, il le comprit, rien qu’à sa manière de se déchainer et ses yeux grands ouvert d’incrédulité lorsqu’il dansait.
Il se rappela aussi le moment où il les avait interrompus, ils avaient l’air proche, plongé dans une profonde et sérieuse discussion, surement sentimentale. Peut-être qu’il n’aurait pas dû intervenir, encore une fois, ce n’était pas de ses affaires. Sauf qu’il ne trouvait pas le moindre regret en lui, il eut l’impression de voir de la reconnaissance dans ses yeux de grenats. Le seul qui semblait mécontent de sa présence fut Saga, et d’ailleurs le franco-russe n’avait même plus essayé de s’approcher de lui ou d’éloigner Milo pour reprendre leur discussion.
Mais est ce que le fait qu’un soit blessé l’excuse de tout mal ? Non, certainement pas. Sauf que Milo était un libre penseur, et ne se referrait à personne d’autre que sa propre personne, sans honte. Et aussi, il ne se voilait pas la face, donc tant qu’il appréciait la personne, oui. Il peut excuser. Et il savait très bien que son ami assis actuellement en face de lui était pareille sur ce fait la, et évidemment qu’il prendrait toujours la partie de son frère adoré même s’il s’avérait être un tueur en série.
-« Roo aller Milo ! » Râla Kanon en comprenant très bien qu’il n’était pas convaincu, et tout aussi têtu que lui. « Tu me fais pas confiance !? Je suis ton meilleur pote ou c’est bon tu m’as remplacé avec ce rouquin ?
-Non, bien sûr que non ! Enfin, t’en a brisé des cœurs aussi non ? Moi aussi d’ailleurs, on a tous fait quelque chose de mal à un certain moment.
-Pas à mon frère ! Qui est d’ailleurs ton pote aussi ! Sois pas un chien, Milo. »
Ce dernier tiqua de la langue d’agacement et croisa les bras en détournant le visage sur le côté.
-Sois pas pote avec lui, je l’aime pas, ok ? Comme toi t’aimait pas Baian, j’ai arrêté de le fréquenter.
-Tu le fréquentait que pour le baiser.
-Même chose. L’invite plus à aucune soirée, je veux pas que mon frère rentre à nouveau contact avec lui. »
L’instructeur garda le silence quelque seconde avant de froncer des sourcils à la réalisation de quelque chose.
-« Attend, Saga est gay ?
-Tu l’a déjà vu avec une femme, abrutie !? »
Milo saisit une serviette de table et la balança sur le visage de son ami.
-« Parle mieux, enculé. »
Agacée, Kanon le lui rendit avec un coup de pied sous la table.
-« Je l’ai pas non plus vu avec des hommes. » Nota-t-il, décidant d’accepter la vengeance de son ami et de ne pas contre attaqué, sinon cela allait finir en bagarre en bonne et due forme.
-« J’ai bien essayé, ok, de le mettre avec des femmes ou des hommes, mais ce con le seul qui l’a réellement intéressé dans sa vie c’est ce personne de rouquin !
-Arrête de dire ça. » Menaça Milo de son ton et de son regard, mais son ami lui répondit avec le majeur levé.
-« En tout cas, apparemment j’ai pris dans le bon sens dans l’utérus car mon frère n’a aucun gout. »
Si même Deathmask avoua que Camus était charmant ! Comment osait-il !?
-« Ton frère a mille fois plus de bon gout que toi, tu couches avec tout ce qui a, soit une grosse queue, soit de gros sein, soit un gros compte en banque ! T’as vu celui avec qui t’as couché hier, avec son affreux mono sourcil !
-Aldebaran a un mono sourcil qu’est-ce que tu insinues ! » S’indigna-t-il en frappant son poing contre la table.
-Bah à aldé ça lui va à merveille ! Ne me fait pas dire ce que j’ai pas dit ! Camus est bien plus sexy que ton ex, et ton ex avant celui-là, et ton ex d’il y a un an, et ton ex d’il y a un an et demi !
-Mais ça va pas la tête ! Toi tu veux juste m’énerver aujourd’hui ! »
Une personne à la table d’à côté se racla bruyamment la gorge pour les inciter à se taire, mais Kanon et Milo lui lancèrent un regard meurtrier avant de reprendre leur débat. Pour souligner son argument, Milo sortit son portable et entra sur sa discussion avec Shura qui avait obtenu des vidéos de la veille grâce à Dité avec qui il avait échangé son numéro. Il les avait déjà regardés une bonne dizaine de fois et ne semblait pas s’en lasser, cette nuit ne fut peut-être pas la plus folle de sa vie, mais certainement une des plus amusantes. Il lança une vidéo ou Dité les filmait durant leur duo de pas de dance qu’il trouvait toujours aussi incroyable et impressionnant tant on aurait dit qu’ils l’avaient préparés à l’avance, sur la chanson « Bailando » de Paradisio. C’était un peu du n’importe quoi, ils étaient simplement en train de se laisser aller à la musique entrainante et festive, et pourtant ils furent en parfaite concordance. Lorsqu’un faisant un pas en arrière, l’autre faisait en avant, et de même avec les mouvements de leurs épaules. La manière dont leurs corps bougeaient face à face ainsi, roulant du ventre et mouvant des hanches, cela le satisfaisait, ils formaient réellement un beau duo de dance ! Il laissa Kanon regarder la vidéo mouvementé et flou par moment du au mouvement, jeu de lumière et à l’obscurité. On entendait Dité aussi acclamer et à la fin de la vidéo la caméra se tourna pour montrer son joli visage prêt de celui de Shura, souriant.
-« Ca peut pas être le même gars. » S’étonna calmement Kanon. « Et c’est qui cette jolie poupée à la fin !? Passe-moi son numéro !
-C’est le gars qui a boulé Angelo, et non, je vais pas te donner son numéro. C’est le meilleur ami de Camus. »
Le jumeau tiqua de la langue et balança faiblement le portable sur la table en levant les yeux aux ciels.
-« J’en veux pas alors. Tsh- Ouais le gars s’est décoincé un peu, mais il a quand même passé la soirée avec toi plutôt qu’avec mon frère, supposément son meilleur ami de l’époque. J’ai pas envie que ça recommence, ce qu’il s’est passé entre eux avant, oka ? Puis oublie pas que le mec est gay, il pourrait très bien t’avoir à l’œil. »
À cette dernière remarque, le coin de la lèvre de Milo se contracta sans contrôle en un petit sourire. Il ne savait pas pourquoi il avait sourire, et tenta quand même de le masquer, mais cela lui était satisfaisant de savoir qu’il pourrait être le type de Camus. Vraiment, il ne pouvait s’empêcher de se sentir fier et victorieux.
-« Mais bon s’il pense qu’il peut te berner comme il a berné mon frère, il se met bien le zgeg dans l’œil ! Ça marchera jamais avec toi sinon je t’aurais déjà eu dans mon lit-EH tu m’écoutes !? »
Milo fut extirpé de sa petite bulle rêveuse, coloré de rouge carmin quelque peu pailleté et revint à la réalité, toujours petit sourire aux lèvres et lança un regard presque vide a Kanon.
-« Mais qu’est ce qui ne vas pas chez toi ?
-Tu sais à quoi ressemble son ex ?
-Hein, l’ex de qui ?
-Camus. »
Ce n’était pas de ses affaires, il le savait, il regretta assez rapidement d’avoir posé la question et s’être laissé aller à sa curiosité presque maladive. Il n’aimait pas obtenir des réponses de la bouches des autres plutôt que de celle du concerné, mais la question était sortie toute seule.
Kanon afficha l’expression d’un mort, comme s’il allait bondir sur la table pour l’étrangler et cela fit rire Milo.
-« Il devait surement être encore plus laid et ennuyant que lui je sais pas ! Je m’en fou ! …et Attend comment ça son ex ? Il n’est plus avec lui ? »
Il s’était calmé, affichant une expression plus sérieuse, voir terrifiante en regardant Milo dans les yeux. Même lui se sentit soudainement plus tendu, son ami pouvait vraiment faire peur lorsqu’il avait ce regard-là, de psychopathe meurtrier ou quelque chose du genre. Enfin, c’était une des raisons pour laquelle il était devenu ami avec lui en premier lieux, ce gars était complètement cynique.
-« Il a dit hier qu’il avait rompu avec lui. »
Sa phrase même pas encore finie, Kanon fit sortit deux billets de son portefeuille et les claqua sur la table en se levant.
-« C’est bon ! J’en ai définitivement eu ma claque de ce fils de pute ! » Vociféra-t-il. « Je veux plus entendre parler de lui, et il y a pas intérêt que tu le fréquente ! Je ment pas Milo, s’il s’approche de mon frère je vais lui foutre la raclé de sa vie et le renvoyer chez les phoques !
Milo se leva lui aussi de sa chaise et refuta avec tout autant de colère « . mMais ça va pas la tête !? »
Mais son ami lui tourna le dos pour sortir du café.
Milo voulut le poursuivre pour le faire encore parler et s’énerver encore plus contre lui, mais est-ce qu’un inconnu en valait vraiment la peine qu’il se dispute avec son meilleur ami ? Même s’il n’aimait pas vraiment qu’on lui dise quoi faire, qui fréquenter ou pas, mais Kanon, il importait bien plus que n’importe quelle dance, aussi magique soit-elle. Il soupira et ravalant son agacement et le suivit tranquillement en dehors du Café en se recevant le mauvais regard des autres.
Son ami était encore là, à allumer une cigarette d’un air profondément irrité et grave, et il émanait de lui cette présence inquiétante, que sa corpulence imposante accentuait encore plus. Milo fut toujours intéressé par cette aura lourde et pesante qu’il pouvait dégager par moment. Si Kanon voulait un jour le tuer, il pourrait le faire de la pire et de la plus douloureuse façon, a mains nue. Il l’avait déjà vu se battre, après tout ils s’étaient rencontrés durant un combat de rue, et il était bien conscient du monstre qui se cachait sous cette peau humaine.
Qui pourtant était son meilleur ami et le gars le plus cool qu’il connaissait.
-« Je vais aller voir mon frère… » De la fumée se dégagea d’entre ses lèvres, ce qui sembla le détendre quelque peu. « On en reparlera une autre fois. »
Milo le salua sans grand entrain, n’appréciant pas de se dire au revoir sur une mauvaise note, mais il savait que cela s’arrangerait toujours entre eux. Il enverra quelque chose de drôle à son ami et ce dernier allait très certainement lui répondre en riant comme une hyène dans un message vocale avant de lui envoyer un selfie de lui assis sur le trône. Alors pas trop inquiet, Milo décida d’aller faire certaines courses pour sa copine afin de lui faire plaisir.
Plus tard, trois sachets de magasin de vêtement et de bodywash sous le bras, il attendait sa commande à la boulangerie en trainant sur son portable. Shura lui avait envoyé un message lui disant qu’il était au conservatoire avec Angelo et par nouveau reflex, il remonta légèrement la discussion pour regarde encore les vidéos. Il réalisa qu’une dernière ne s’était pas encore chargée et qu’il n’avait pas remarqué avant. Il cliqua alors dessus, curieux, et dans son casque musique il entendit la voix de Saga avant que la caméra se clarifie.
-« Milo ! Sort de la tout de suite ! » se fit entendre la voix sévère de Saga.
-« Noooooooooon… ! » Et la il reconnut sa propre voix enfantine.
La caméra se focalisa alors que le rire cristallin de Dité s’éleva, et il s’étouffa en voyant que c’était lui, assis à l’arrière d’une voiture qu’il ne reconnaissant pas, enlaçant la tête de Camus contre la sienne comme s’il était une peluche. Il arrêta la vidéo, encore sous le choc, puis sentit ses joues chauffées de honte avant de lâcher un rire gêné.
Il réalisa enfin quelque chose.
-« Hier c’était dingue ! Je ne me rappelle même pas comment ça s’est fini. ! » Répondit-il avant de prendre une bouchée de son bacon.
-« Ca s’est finit avec toi qui câlinait ton nouveau meilleur ami. »
Angelo quel enculé ! Cria internement Milo. Il aurait pu lui expliquer ce qu’il s’était passé !
Un sourire idiot, cependant, ne put que se placer sur ses lèvres tandis qu’il détourna le regard de l’écran de son téléphone. Ils étaient tous les deux, Camus et lui, complétement torché jusqu’aux os. Il n’avait aucun souvenir de ce moment, et se demandait si lui aussi l’avait complétement oublié. Enfin, il avait l’air complétement mort dans la vidéo, s’il le laissait faire ainsi. Milo n’était pas surpris de son propre comportement, il savait qu’il était extrêmement tactile et pouvait s’avérer être encore plus affectif lorsqu’il était ivre. Mais maintenant qu’il y pensait, il avait le vague souvenir d’un parfum de fraise au fond de ses narines.
Il fut extirpé de ses pensées lorsque la boulangère lui signala que sa commande était prête.
-« Excusez-moi, je pourrais y ajouter cette tarte à la fraise ? »
…
..
.
Camus ne s’était pas levé de son lit jusqu’au diner, et ce fut immensément pénible. Dité ne l’avait pas dérangé, étant conscient qu’il avait besoin de s’isoler pour se récolter, et même ses petits frères avaient fait l’effort de faire le moins de bruit possible dans la maison. Il se sentit à la fois reconnaissant, et coupable. Tout ce qu’on faisait pour lui et il se sentit régresser à un état similaire à celui qu’il avait avant son arrivé en France. Il n’avait pas faim, et si seulement ce n’était qu’une simple perte d’appétit, il avait l’impression que son estomac allait sortir de sa bouche rien qu’à l’odeur de la nourriture. Cependant, jamais il refuserait de manger quelque chose que sa mère lui proposait, il n’était mentalement pas capable de rejeter ses efforts ou de la vexer. Cela allait être difficile et extrêmement douloureux, mais il se devait de le faire, de paraitre comme si de rien était. Il ne comprenait pas pourquoi son cerveau refusait de garder une constante et normal sécrétion de sérotonine ou n’importe quelle hormone lui permettant d’être heureux, pourquoi ne parvenait-il pas à l’être en perméance désormais que ses problèmes étaient derrière lui ? Pourquoi se victimisait-il tant ? Pourquoi est-ce qu’il avait cette fichue et maudite faiblesse d’esprit qui le ramenait encore et toujours au fond, pourquoi n’était-il pas assez fort pour arrêter de penser à lui, arrêter de le quémander auprès de lui, de regretter, de vouloir retourner en arrière pour ne jamais le quitter ?
Il avait une famille aimante qui avait tout pour rendre un dépressif le plus heureux du monde et pourtant il ne l’était pas, et il se haïssait pour cela. Qu’est ce qui n’allait pas chez lui ? Pourquoi Surt lui manquait autant ? Pourquoi est-ce qu’il n’arrivait pas à taire ce besoin et cet « amour » pour lui.
Et rien que le fait de se rappeler de Saga ou Milo, lui retournait encore plus l’estomac et lui donner envie de vomir et s’arracher la peau du visage. Vraiment, il était un fou, il n’aurait peut-être pas dû arrêter les médicaments.
Et pourtant lorsqu’il rejoignit les autres à table, absolument rien d’autre sur son visage ne le trahissaient à part les cernes. Mais il avait toujours eu des cernes donc là aussi ce n’était pas si grave. Les jours précèdent, être ici, réunit avec ami et famille le redonnait un peu plus d’énergie, un baume au cœur qui l’apaisait ne serait-ce qu’un peu, assez pour continuer de sourire et de manger. Sauf que ce soir, tout ceci ne semblait plus aussi efficace. Rien que le fait d’être là et de paraitre neutre fut un enfer. Voir comment les autres souriaient et tentaient de le contaminer avec la bonne humeur familiale ne lui faisait que plus mal au cœur. Constater que même la nourriture pourtant si bonne de sa mère était une absolue torture à macher et avaler le détruisait.
Il avait juste envie de partir.
Comment pouvait-il être aussi égoïste et mauvais ?
Peut-être qu’il ne meritait finalement que Surt. Un homme aussi égoïste et mauvais que lui.
Et la goutte qui aurait pu être de trop c’est la manière dont on le regardait, avec cette once d’inquiétude, peu importe à quel point il se consumait à ne rien paraitre et interagir comme si de rien était. Pour quelque seconde il crut vraiment qu’il allait craquer, jeter ses couvercles et hurler de toute ses forces. Mais non, il resta rigide, le visage neutre et le dos droit.
Il n’allait pas survivre comme cela, il le savait très bien, et il était éperdument déçu de lui-même. Son énergie vitale s’était déjà épuisée et la moitié de la semaine n’était même pas encore passé.
-« Désolé, je vais exploser, quelqu’un peut finir mon assiette ? »
À peine Isaak avait ouvert la bouche pour se porter volontaire que Camus se leva pour lui passer son assiette et s’excuser de table, disant qu’il devait aller acheter des cigarettes avant que la boutique du coin ne ferme. Dité passa aussi son assiette à Isaak en lui envoyant un baiser en l’air qui le fit rougir, et se précipita à la suite de son ami.
Camus sortit de la maison, sachant très bien qu’il ne parviendrait pas à être seul, le suédois sur ses pas, le rattrapa sur le trottoir désert et silencieux à cette heure-ci de la journée, et pourtant le soleil n’avait pas encore atteint la ligne d’horizon.
-« S’il te plait, ne me pose pas de questions. » Lui dit simplement Camus sans le regarder, se contentant de marcher, les mains dans ses poches.
-« C’est pas grave Camus. S’ils se doutent que tu vas mal, tu n’as pas besoin de te tuer pour ça ! »
Le roux grinça des dents, la mâchoire contractée aux paroles ayant l’air si léger de son ami. Bien sûr que c’était grave ! Dité ne se rendait pas compte de ce qu’il disait, il ne pouvait pas comprendre ! Lui qui n’avait aucune famille à inquiéter, ne pouvait connaitre la culpabilité de leur faire du mal ainsi.
Camus se stoppa, réalisant à quoi il avait pensé.
Encore une fois, il se trouva horrible. Horrible et mauvais, et coupable.
Son ami aussi s’arrêta de marcher et le détailla silencieusement, tentant de s’accrocher à son regard, mais Camus n’osait pas le regarder en face. Il avait honte, non seulement de sa dernière pensée, mais aussi et surtout du fait que Surt lui manquait et il regrettait absolument tout. Pourtant Dité s’est tant donné pour qu’il en arrive jusqu’à la, il s’était tant révolté pour lui, et sacrifier de son temps et attention aussi.
Un long et douloureux soupir lui échappa. Il n’aurait peut-être juste pas dû se rapprocher autant de lui, il se sentait coupable. Dité posa une main réconfortante sur son dos mais il ne la sentit pas, elle ne lui faisait absolument rien comme s’il n’était qu’un mur de glace sans aucun récepteurs sensorielle. Pour une seconde il se sentit à nouveau exploser tout aussi internement qu’extérieurement, mais la seconde d’après il se sentit incroyablement vide, comme s’il n’était qu’une coquille béante sans éclats. Toutes ces tempêtes d’émotions nerveuse qui menaçaient de faire sauter son système nerveux se turent pour laisser place au néant. Il ne se sentait même plus l’air entrer et sortir de ses poumons, ou ses muscles qui le tenaient encore debout. Il était épuisé.
Dité redoubla d’inquiétude en constatant soudainement se vide dans son regard, il comprit que quelque chose clochait. Camus avait baissé la tête et ne clignait même plus des yeux. Son visage n’était même plus que simplement neutre, même lorsqu’il n’avait aucune expression sur le visage, ses sourcils restaient tout de même froncés et sa mâchoire quelque peu serrée. La, ses muscles du visage s’étaient totalement relâchés, laissant sa bouche légèrement ouverte et ses sourcils détendue. Même ses épaules s’étaient affaissées. Contrairement à lorsqu’il fait ses crises d’angoisse, sa respiration était régulière, mais extrêmement lentes. Le suédois continua de lui frotter le dos et l’appela quelque fois d’une voix qui devenait de plus en plus tremblante de panique. Il se mit à le tapoter, passant son autre main sur son visage pour le faire réagir, mais rien. Il n’obtenait aucune réponse, aucune réaction corporelle de son ami. La panique le prit pour de bon lorsqu’il secoua sa main sous ses yeux, mais qu’encore rien. Camus s’était totalement déconnecté de la réalité, comme paralysé, figé dans le temps, et c’était la première fois qu’il faisait quelque chose du genre.
Ne sachant plus quoi faire, et perdant son sang-froid, Dité lui prit le visage entre ses mains pour le lui relever et croiser son regard, cependant, il n’y avait aucune force musculaire dans sa nuque, se fut comme tenir la tête d’un cadavre, et les iris ne se déplacèrent même pas pour le regarder, il n’avait absolument aucun reflex.
-« Camus ! Camus tu m’entends ? » Éleva-t-il un peu plus la voix en secouant légèrement son épaule. « Camus ! Eh Camus !
-Excusez-moi, vous avez besoin d’aide ? »
Dité fit volteface, les larmes aux yeux lorsqu’un jeune homme lui parla. Il le reconnut en tant qu’homme, bien que comme lui, il avait des très extrêmement fin et délicat tout comme ceux d’une femme. Il avait de long et droit épais cheveux de lavande, retenu au milieu par un ruban, et deux cercles un peu plus foncés en guise de sourcil. Ses yeux en amande d’un bleu sarcelle se mariaient parfaitement à ces douces couleurs et son teint clair, aussi il semblait venir d’Asie. Si Dité n’était pas en situation de panique, il serait en train de l’admirer et le laver d’éloge. Même sa voix était aussi douce que son apparence. Derrière lui, il y avait un petit garçon dont le visage lui ressemblait quelque peu qui les regardait curieusement.
-« C’est, c’est mon ami ! Il ne répond plus du tout ! Genre, du tout ! »
Sentant sa grande détresse, le joli inconnu s’avança pour jeter un coup d’œil au roux qui ne s’était toujours pas réveillé de son état de rupture. Tout comme Dité, il passa une main sous ses yeux mais resta calme lorsqu’il n’obtenu pas plus de résultat que le suédois.
-« Il est en état d’angoisse intense ces derniers temps ? » Demanda-t-il en passant un bras autour de Camus pour le faire avancer de quelque pas.
Dité répondit positivement, tenant le bras de son ami par peur qu’il ne tombe. Il suivit l’étranger dans son attention, et ils firent assoir le franco-russe contre un muret juste à côté. Même cette effort et l’alternation de position ne le réveillèrent pas, il gardait la tête baissée, les yeux grands ouvert et la mâchoire relâchée. Le jeune homme resta accroupi à ses côtés et prit son bras pour lui relever la manche et se mettre à lui masser l’avant-bras, malaxant sa peau en le pinçant doucement et sans force.
-« Il est, vraisemblablement, en train de faire un épisode de dépersonnalisation. Il a besoin qu’on le ramène doucement à la réalité, vous devriez continuer à lui parler. Kiki, passe-moi ta bouteille d’eau. »
Dité fut quelque peu impressionné par la déduction rapide de l’étranger ainsi que ses réactions calme, mais ce n’était pas le temps d’admirer, mais d’agir pour son ami, donc il s’exécuta et continua à l’appeler et lui parler, lui frottant le bras pour imiter son sauveur. Le petit aux cheveux roux -orange-, lui passa une petite bouteille et, l’inconnu laissa couler juste un peu d’eau sur le sommet de la tête de Camus. Les goutte d’eau qui glissèrent sur sa peau semblèrent l’avoir extirpé de sa prisons internes. Il prit une inspiration plus rapide et profonde que les précédentes et ses muscles se contractèrent soudainement. Au grand soulagement du suédois, il releva la tête, sa respiration devenue haletante, une expression de confusion et de peur sur le visage.
-« Camus ! Antligen ! Tu m’entends ? » S’exclama Dité -pas très fort, pour ne pas le brusquer- en saisisant les épaules de son ami dont le regard virait entre lui et le joli inconnu.
Camus n’avait absolument aucune idée de ce qu’il se passait, il se sentit profondément confus et perdu, comme si le monde s’était arrêté totalement pour une durée indéterminée de temps avant de reprendre son cours en le propulsant violement dans l’espace. Son corps était engourdi jusqu’à l’os, lui donnant une sensation de fourmillement jusqu’à son cerveau. Il eut l’impression de recevoir la gifle de l’année, sa gorge extrêmement sèche l’empêchait d’émettre le moindre son et ses oreilles bourdonnaient et sifflaient. Il parvint heureusement à reprendre un rythme respiration acceptable malgré son cœur qui bondissaient douloureusement dans sa poitrine. Il sentit une désagréable bouffée de chaleur le cuire de l’intérieur. Au moins le fait que Dité soit la, près de lui, l’aida à reprendre ses esprits.
-« Qu’est-ce qu’il s’est passé ? » Peina-t-il à dire, d’une voix rauque et rouillé.
Il se rappela être sortit de la maison avec un haut le cœur ainsi qu’une forte nausée, puis plus rien. Il se retrouva assis par terre, contre un mur avec un Suédois paniqué et un inconnu en face de lui. Aussi, était-ce de l’eau qu’il avait sur la tête ?
Dité l’enlaça de soulagement en soupirant.
-« Mon Mumus ! Tu as perdu connaissance ! Comment tu te sens ? »
Dité lança un regard appuyé au jeune homme.
-« Bien ? Je me rappelle de rien. »
Lorsque son ami le lâcha, l’inconnu aux cheveux de lavande et au doux sourire, tout comme un nuage d’un rose pale, lui tendit une bouteille d’eau pas totalement remplis.
-« Je passais par la et j’ai aidé ton ami. Tu devrais boire un peu, ta gorge doit être sèche. »
Camus, gêné, hésita à prendre la bouteille. Il n’appréciait pas des masses le fait que quelqu’un l’assiste dans un moment de vulnérabilité, déjà qu’il avait du mal à accepter d’être vu dans ce genre de moment par son meilleur ami. Ce dernier fut celui qui accepta la bouteille en remerciant chaleureusement leur aideur, et ouvrit la bouteille sans demander son avis pour l’aider à boire. Se retrouvant sans aucun choix, Camus le remercia lui aussi en tentant de masquer son embarras.
Celui aux boucles d’eaux le soutint lorsqu’il voulut se relever, inquiet qu’il ne retombe, et bien qu’il fût gêné par tant d’attention non-nécessaire qui empirait son image, il ne daigna pas rejeter l’aide de son ami qui était devenu bien livide.
-« Tu peux marcher ?
-Oui. Dité. Je vais bien. » Répéta-t-il d’un ton un peu plus froid, retirant aussi gentiment que possible son bras de son emprise.
Son ami, heureusement, loin d’être vexé, se retourna alors vers l’inconnu au doux sourire pour lui serrer la main.
-« Oh merci beaucoup…Je peux connaitre le nom de notre sauveur ?
-Mu.
-Mu ! Comme c’est mignon ! Merci beaucoup Mu pour votre aide, vous été réellement un ange tombé du ciel ! »
Le dénommé Mu lâcha un petit rire flatté et fit un mouvement de la main pour nier les éloges du suédois.
-« Ce n’est rien voyons, je n’ai rien fait. J’espère que tout ira bien pour vous deux, prenez soin de vous.
-Oh attendez ! » Le retint Dité avant qu’il ne se retourne. « Échangeons de numéros, je voudrais vous remercier proprement. »
Camus n’était pas surpris. Son ami ne pouvait jamais laissé filer un joli visage aussi facilement. Apparemment c’était aussi pour cette raison que leur amitié débuta, parce qu’il l’avait vraiment trouvé joli. À l’époque, bien évidemment que Camus ne croyait pas un seul mot de ce qu’il disait, mais depuis, le fréquentant autant, il vit de lui-même l’acharnement de son ami pour s’entourer de tout ce qu’il trouvait joli et féminin. Ce qu’était exactement cet homme. Qui d’ailleurs ne refusa pas la proposition du suédois, et le roux sentit qu’il allait avoir un diabète avec la douceur des sourires qu’ils s’échangeaient en notant le numéro de l’autre. Pendant ce temps, Camus remarqua enfin la présence du petit qui le fixait depuis tout a l’heure. On aurait dit un mélange d’Hyoga et d’Isaak, il ne pouvait que ressentit une petite affection venue de nulle part pour lui. En plus, il eut l’amabilité de lui demander s’il allait mieux.
-« Merci encore Mu, et toi aussi ! » S’exclama Dité en ébouriffant gentiment les cheveux roux et en bataille du petit qui ricana.
Mu inclina poliment la tête, « Ce fut un plaisir, à bientôt » avant de continuer sa route, le petit leur fit un signe de main que Dité rendit avec enthousiasme.
-« Wow ! Je pense que je suis amoureux. C’est pourtant pas mon type.
Camus brisa ses rêves en quatre mots « Il porte une alliance. »
-« Quoi !? Tu penses que le petit c’est son fils !? No way ! He looks to young!”
Dité secoua soudainement de la tête et se retourna vers lui.
-« Peu importe ! Comment ça va ? pour de vrai ? Tu m’as foutue une de ses peurs ! »
Camus soupira, il savait que le sujet allait rapidement revenu sur le tapis mais il aurait espéré que son ami continue de baver et s’imaginer tout une histoire romantique et fantasque avec ce Mu. Enfin, c’était sa faute, il n’aurait pas dû briser le rêve aussi vite.
Il garda le silence, toujours alourdie par une tonne de fatigue, et une certaine incapacité à bien articuler ses mots. Déjà que ça lui demandait des efforts monstres pour exprimer ses maux, dans son état le faire serait frôlé la crise cardiaque. Il contourna son ami en marmonnant « Cigarettes. » Et continua sa marche vers la boutique du coin.
-« Camus…Tu viens de me faire un malaise…On pourrait au moins en parler, si pas maintenant, plus tard. Mais juste promet moi que tu ne vas pas fuir le sujet !
Il hésita avant de hocher de la tête. Pour l’instant, il ne demandait rien d’autre que des cigarettes…et surement aussi beaucoup d’alcool.
Notes:
Si seulement j'etais celle qui a volé la place de parking de Dité...
Chapter 5: Un mec qui n'existe que dans les contes
Chapter Text
Camus et Dité déposèrent les jumeaux à leur prochain cours de dance, mais contrairement aux fois précédentes, les deux monstres se rendirent avec bien moins d’enthousiasme à leur salle de classe. Contrairement a eu, leur coach, lui, rayonnait. Cela faisait toujours plaisir de le fois encore plus radiant d’énergie et d’entrain que d’habitude. Et Hyoga ne pouvait nier qu’aussi, voir Shun lui redonnait du baume au cœur. Ils les attendaient devant la salle de dance, portant son débardeur vert et son short rose, avec son joli sourire amicale, et ses magnifique boucles vertes printanière retenu par quelques barrettes rouges, il était tout simplement bien trop adorable pour ce monde froid et moche et cruel et Hyoha fondait complétement. Il fondait comme un glaçon sous un soleil d’été, et se retrouvait démuni de ses moyens.
-« Pour une fois que vous êtes à l’heure vous deux ! » Les taquina leur coach, portant un short au-dessus d’un collant noir et un t-shirt gris, aujourd’hui, il avait attaché ses cheveux en une haute queue de cheval qui le rajeunissait grandement.
-« Oh abusez pas Coach ! » Ricana Isaak. “C’est pas comme si on venait tout le temps en retard ! »
Milo, de son éblouissant et charmant sourire, vint leur taper l’épaule, on dirait qu’aujourd’hui il était d’incroyable bonne humeur, tout le contraire de leur grand frère.
A ce souvenir, Isaak soupira.
-« Eh bah, le cours n’a même pas encore commencé, où est passé votre entrain ? Eh, pas de soupire ni de râle aujourd’hui aussi on a une heure supplémentaire ! et d’ailleurs comment va le frangin ? »
Les jumeaux se réveillèrent un peu plus grâce à cette soudaine question, redressant leurs épaules et sentant un nouveau boost d’énergie. Oui, aujourd’hui il avait prévu de faire avancer leur plan et de faire naitre un plus fort intérêt entre leur coach et leur grand frère, et sans le savoir la victime de leur manigance les aidait grandement. Ils se lancèrent, avec Shun, un regard complice en souriant.
-« Il va b-
Isaak donna un coup de coude à Hyoga « Pas trop bien à vrai dire ! »
Il se reçut un regard appuyé de Hyoga lui disant télépathiquement « Camus va te tuer s’il apprend que t’as dit ça » et il avait totalement raison de penser ainsi. Même Isaak se sentit mal à l’aise, mais la réussite du plan était primordiale et venait avant leur propre sécurité. La mine de leur instructeur s’assombrit quelque peu et il fronça des sourcils d’une certaine inquiétude.
L’adulte ouvrit la bouche pour répondre mais son regard se posa sur l’horloge accroché au mur qui lui signalait que le cours aurait déjà dû commencé. Il donna une faible tale sur le bras d’Isaak.
-« On continuera cette discussion durant la pause. Aller tout le monde on se met en place ! Aujourd’hui, on va y aller fort ! Et je veux entendre personne râler ! »
…
Dité avait proposé a Camus de faire un tour au conservatoire, mais le roux n’était vraisemblablement pas d’humeur à être en dehors de son lit aujourd’hui. Il s’inquiétait, son ami était certainement en train de refaire une chute, mais il ne savait pas trop comment l’aider avec. Il tenta d’ouvrir le sujet de son malaise de la veille, cependant encore aujourd’hui, il refusait d’en parler. Il crut qu’être de retour auprès de sa famille, dans sa maison et son pays, ainsi que de sortir s’amuser et s’éclater auraient pu être enfin le remède final, sauf qu’apparemment cela aurait été trop facile. Pourtant, durant la soirée en boite, il ne l’avait jamais vu aussi heureux et débordant d’énergie. Les trois premiers jours c’était si bien déroulé par rapport à comment il était avant le voyage, mais le revoila à régresser dans ses pas. Et cette crise silencieuse qu’il le fit ne lui semblait rien qui vaille. Lorsqu’il faisait une crise d’angoisse, au moins, il était averti par les bruits lorsqu’il n’avait pas son attention sur lui ou lorsqu’il dormait. Le pauvre se retenait tellement de laisser paraitre quoique ce soit devant sa famille qui pourtant aurait dû être le « remède », ne se permettait même plus de faire des crises visibles.
Rien que d’y penser cela lui brisait le cœur. Et pour une raison, il n’avait pas l’impression de réussir à l’aider tant que cela, si ce n’était qu’à le faire sentir encore plus coupable. Il jeta un coup d’œil à la source de tous ces soucis du moment et le vis regarder par la fenêtre, le visage toujours aussi neutre. Il essaya bien de lui faire choisir la musique, mais Camus lui dit de mettre simplement ce qu’il voulait.
Dité commençait sincèrement à fatiguer, peut-être qu’il n’aurait pas dû lui montrer les vidéos de la soirée. Il ne le comprenait pas, il tentait mais il avait bien du mal. Il tendit la main pour prendre la sienne, mais au contact, il le sentit se tendre, puis se rappela que Camus n’était pas une personne tactile qui trouvait du réconfort dans le contact. Et il savait que par respect, il n’allait pas rejeter ses initiatives de lui porter de l’aide, alors après quelque seconde, le suédois le relâcha.
-« Tu n’as pas besoin de rester à la maison avec moi, tu sais ? Tant que tu es ici, cette voiture est à nous deux. » Lui dit Camus. « Et honnêtement, je préférerais savoir que tu profites de tes vacances au lieu de joueur aux nounous avec moi. »
-« Camus…Ça te dit d’aller faire la fêtes encore ? On pourrait s’amuser comme la dernière fois. » Une autre tentative.
-« Désolé, je n’en ai pas trop envie. Tu peux y aller sans moi. »
Tentatives encore ratées.
Dité avait cruellement besoin d’une pause.
Lorsqu’ils furent de retour à la maison, Camus alla directement se coucher, et Dité soupira longuement en le voyant se mettre en boule sous sa couverture.
Il n’avait plus aucune idée de ce qu’il pouvait faire. Il le laissa alors tranquille et se rendit à nouveau dans la voiture en ouvrant son portable pour lire ses derniers messages échangés avec sa nouvelle connaissance.
« Shura : Stv on est déjà là.
Shura : Et non je l’ai pas prévenu.
-Hehe
mais pas sûr que je vienne.
Cpg si je te préviens un peu au dernier moment ? »
Nouveau message.
« Shura : No hay problema.
Dité sourit et se mit à écrire sa réponse.
« -Ya voy baby ;) »
…
De l’autre côté de la discussion, le receveur de ce message sourit et souffla du nez amusé. Il se reçut un faible coup de pieds dans le tibia par son stupide ami italien qui était en train d’ajuster les cordes de sa guitare électrique.
-« Qu’est ce qui te faire sourire comme un con ?
Il rangea son téléphone dans sa poche « Ça ne te regarde pas. »
-« Une fille ? » Suggéra Aiolia, assis derrière sa batterie en jonglant avec ses battes.
Angelo lâcha un « Tsh » et le mit en garde « Juste fait attention que ça soit pas un mec qui veut te berner. »
Shura s’esclaffa avant de reposer ses doigts sur son synthétiseur.
-« T’inquiètes. Bon, on reprend ? Vu qu’on dirait que Kanon veut prendre son temps pour nous montrer sa jolie face, on peut travailler sur le prochain morceau. »
…
Dité envoya un message à Camus pour le prévenir qu’il serait au conservatoire pour assister à la répétition de leurs nouvelles connaissances de la boite. Car oui, quand il sut de Shura qu’ils étaient tous des musiciens qui aimaient bien jouer ensemble de temps en temps, il en informa directement son ami, qui était d’ailleurs surpris de savoir qu’il avait les contacts d’un des amis de Milo. Il lui répondit d’un simple « Ok amuse toi » qui le rassura quand même un peu. Au moins il pourra aussi récupérer les jumeaux. En descendant de la voiture, une fois garé, il en remarqua une qu’il reconnut très vite.
Il sourit malicieusement et s’en approcha tout en sortant de son petit et mignon sac à dos blanc, un de ses rouges à lèvres au teinte rosâtre et écrit avec sur la vitre de la fenêtre conducteur « The lipstick u kissed ♡ » Avant de continuer son chemin vers l’intérieur du bâtiment d’une démarche assurée et un sourire satisfait. Shura lui indiqua le numéro de la salle et pour s’assurer, il demanda à la réception la direction à prendre. Le couloir qui menait vers le côté musical du conservatoire était opposé à celui de la dance, et la salle que lui indiqua l’espagnol se trouvait au dernier étage, le quatrième, et heureusement qu’il y avait un ascenseur sur les lieux.
Lorsqu’il arriva enfin devant ladite porte d’où une musique étouffée s’y échappait faiblement, il frappa trois fois à la porte, ce qui eut pour effet de l’interrompre. Quelque seconde plus tard, lorsque la porte s’ouvrit, il rencontra le visage souriant, et plus haut que lui, de Shura et Dité ne pouvait que se dire qu’il était extrêmement séduisant. Sa cible prioritaire durant la soirée fut Angelo, pour de malicieuse raisons évidentes, cependant, il eut aussi beaucoup de mal à détacher son regard de celui qui était en ce moment en face de lui. Après que l’italien eut fait toute une scène en apprenant qu’il était un homme, Shura avait pris sa défense et avait empêché Angelo de trop l’insulter. Ce dernier n’acceptant pas la demande de paix de Dité ne lui laissa pas trop choix que de passer la soirée auprès de l’espagnol, et aussi du japonais, Ikki avec qui il s’entendit bien. Enfin, pas aussi bien qu’avec Shura.
-« C’est qui ? » Demanda Angelo depuis l’intérieur et comme réponse, l’espagnol se décala pour laisser paraitre le nouveau venu.
-« Bonjour ! » Salua Dité jovialement, en faisant un mignon signe de la main.
Son ancienne victime s’étouffa et le pointa du doigts « Non mais je rêve !! Qu’est-ce que tu fous la toi !? »
-« Je vais bien, merci, et toi ? À part si saluer convenablement c’est devenu pour les chiens maintenant. »
-« PARDON ?!
-« Pardonné. » Lui répondit-il avec un clin d’œil accompagné d’un baiser en l’air.
-« C’est vrai, Angelo, tu pourrais être un peu plus poli. C’est moi qui l’ai invité.
-Salut, Dité c’est ça ? » Le salua Aiolia avec qui n’avait pas beaucoup échangé durant la soirée.
Angelo serra la mâchoire de rage, fusillant le suédois d’un regard noir qui ne le rendait, aux yeux de ce dernier, que plus amusant. Si l’italien était autant sur l’offensive avec lui c’était évidemment parce qu’il avait adoré l’embrasser, lui, qui s’avérait être un homme. Et c’était justement ce résonnement la qui se lissait dans le regard turquoise et provocateur de Dité.
-« Sans me -Nous prévenir !? » Réfuta Angelo.
-« C’est pas la mer à boire, Dité était curieux de nous entendre joueur et je lui ai dit qu’il pouvait venir. Tu agis comme si c’était la première fois que quelqu’un nous assiste.
-Peut-être qu’il est timide ? » Demanda, ou plutôt, provoqua Dité d’un ton doucereux qui sembla ne le faire qu’encore plus rager.
Shura retint mal un ricanement, on dirait qu’il s’amusait pas mal de la situation et à vrai dire, Dité était satisfait de le faire rire car il était tout simplement craquant ainsi. Vraiment, quel bonheur de se retrouver au milieu de beau garçon, un d’eux allait bien finir par craquer et céder à ses irrésistible charme. Camus aurait tout autant -si pas plus- de succès que lui s’il jouait autant que lui.
Il se faisait toujours assassiner du regard par Angelo, ce qui pour une raison, ne le rendit que plus séduisant à ses yeux. Il n’était pourtant pas le plus beau de la bande, mais il était définitivement une crapule et un connard, et Dité aimait jouer avec les crapules et les connards. Il adorait les losers, surtout s’il était rempli de tatouage et se croyait au-dessus de tout le monde. Oui ceux-là, il prenait un malin plaisir à les remettre à leur place.
Dité lui offrit un joli sourire, tandis que Shura refermait la porte du studio. Il l’invita ensuite à s’installer sur un tabouret.
-« On répétait un tout nouveau morceau. » Lui expliqua-t-il. « Normalement on a un guitariste de plus, qui est aussi un des vocalistes, mais cet idiot ne sait apparemment pas lire une montre électronique. »
Sa remarque fit lâcher un rire cristallin a Dité, faisant grimacer de déplaisir sa victime de la soirée. Aiolia avait aussi ricané, celui-là avait l’air d’un chou, mais il n’était pas vraiment au top de ses gouts, il était un peu trop « solaire » pour lui.
-« C’est quoi ton instrument ? » S’intéressa Dité, la voix douce tout autant que ses yeux, calant gracieusement une mèche de ses cheveux derrière son oreille portant une rose en boucle d’oreille.
-« C’est un clavier, ça se voit pas ? » Lui répondit narquoisement Angelo.
-« Chéri, ton tour va arriver, laisse Shura parler. C’est à lui que j’ai posé la question. » Retorqua-t-il tout aussi sarcastiquement, mais toujours mielleusement.
-« Je suis pas ton chéri !
Se plaçant derrière son synthétiseur, Shura le réprimanda « Arrête un peu, Angelo ! Pourquoi tu es aussi amer ? »
-Haha alors que y’a pas deux jours tu le câlinais et cajolais sur toute notre table. » Se moqua Aiolia. « Sérieusement, combien de pelles tu lui as roulé ? »
À nouveau, Dité s’esclaffa un peu plus fort tandis qu’Angelo s’indigna, quelque rougeur colorant ses joues. Il jura et aboya sur Aiolia de la fermer, prenant très mal sa plaisanterie que tout le monde trouva pourtant très drôle.
-«Je savais pas que c’était un mec !
-« Humph, quelle mauvaise foi. Mais bon, dommage pour toi, tu ne sais pas ce que tu rates.
-Ah non si t’inquiète, je sais ! »
Dité mourrait d’envie de lui faire regretter ses dernières paroles. D’ailleurs une certaine dangerosité parut dans son regard comme réponse. Angelo ne savait clairement pas ce qu’il disait et l’absurdité de ses propos. Il n’était évidemment pas le premier homme hétérosexuel qui lui tapa dans l’œil, et pas non plus le premier à le rejeter, mais cela ne prenait jamais très longtemps avant que ces ledit hommes hétérosexuels finissent par complétement tomber sous son charme et ne plus jurer que par son nom. Et Angelo avait de la chance qu’il l’intéressait assez pour qu’il ait envie de jouer toutes ses cartes jusqu’à gagner la partie, jusqu’à lui prouver qu’avant lui, il n’avait jamais vu le réel paradis.
Ce dernier fronça les sourcils un peu plus, ne semblant pas appréciait la manière dont Dité le regardait. Le suédois fut le premier à couper l’échange visuel pesant en reprenant toute sa douceur et son innocence en direction de Shura.
-« M’enfin bref, je suis impatient de vous écouter.
-Tres bien. Allons y. » Donna-t-il le signale.
…
Après une heure de répétition de chorégraphie acharnée, Milo accorda une pause bien méritée de dix minutes à ses élevés. Il était encore en train de donner des conseils à certain d’entre eux lorsqu’il remarqua du coin de l’œil les jumeaux qui discutaient avec Shun, l’air soucieux. Il approcha ensuite d’eux sans trop se faire remarquer et put capter qu’ils parlaient de leur grand frère avant qu’ils ne se retournent en sa direction.
-« Alors vous trois, pourquoi ces mines déplorables ? »
Les trois adolescents se jetèrent un coup d’œil d’hésitation, ne semblant pas trop savoir quoi répondre. Shun frotta gentiment le dos de Hyoga en lui offrant un doux sourire d’encouragement avant de trouver l’excuse des toilettes pour s’en aller.
-« Eum… » Commença Isaak, se tenant nerveusement la nuque.
-« Je vous écoutes, depuis le temps vous n’avez plus à être timide avec moi. » Les rassura-t-il de son ton d’adulte de confiance, croisant les bras et prenant un visage sérieux.
C’était vrai, après tout cela ne serait pas la première fois qu’un deux -surtout Hyoga- venait vers lui pour se plaindre et lui demander conseil. Il arriva même que le blond vienne un jour où il n’avait pas classe afin d’espérer le croiser. Ils avaient pourtant le droit de lui envoyer des messages sur instagrame, mais Hyoga prétendait que cela serait irrespectueux de sa part et préférait faire le déplacement. Milo ne pouvait qu’adorer ce petit. Petit qui était encore plus adoré par le roux qui avait passé une soirée à danser avec lui. Il se rappela d’ailleurs le fond d’écran qu’il avait sur son téléphone. Il y avait de quoi réchauffer son cœur.
-« C’est que, Camus n’est pas vraiment en forme. » Parla finalement Hyoga en jouant avec ses doigts, on dirait que ce sujet le rendait grandement nerveux. « On aimerai bien faire quelque chose pour l’aider, mais on sait pas quoi.
-On arrive pas trop à comprendre ce qu’il vit, et il ne partage rien, donc c’est difficile de trouver la bonne chose à faire, ou à lui offrir. »
Milo se tut quelque seconde, ignorant le raffut des brouhahas et le reste des bruits des élèves qui animaient la salle de danse afin de repensait à tout ce qu’il savait sur Camus. Il recita rapidement dans sa tête tout ce qu’il avait pu noter sur lui, chaque détail qu’il parvint à capter. Et le fait qu’il aille mal lui paraissait des plus logique, il n’eut pas vraiment besoin qu’on le lui dise pour qu’il s’en doute. Les jumeaux avaient simplement confirmé son hypothèse. Ces histoires de rupture, de retour au pays, et de dance, évidemment toutes liées, ne faisait que l’intriguait de plus en plus. Il voyait son visage de nouveau, la première fois, ce petit sourire alors qu’il regardait ses frères derrière la vitre. Son visage lorsqu’il était assis au bar, lorsqu’il parlait à Saga et son visage fermé, lorsqu’il refusa en premier lieux de danser avec lui.
Il soupira discrètement.
-« Je pense que la seule chose que vous puissiez faire pour lui c’est d’être présent. Vous savez, un grand frère ne peux pas facilement montrer ce qu’il ne va pas aux plus jeunes, et honnêtement je doute qu’il le fasse. » Réalisant qu’il affichait une expression un peu trop sombre, il reprit son sourire radiant et vient ébouriffer leurs cheveux. « Mais ne vous en faites pas trop ! Avec deux petits monstres comme vous à la maison, il n’y aucune chance pour qu’il reste déprimé ! »
Sa bonne humeur fut heureusement contagieuse puisque Isaak et Hyoga perdirent l’inquiétude sur leur visage pour eux aussi esquisser un grand sourire.
-« j’espère vraiment que vous avez raison coach. » Parla Hyoga. « Mais je trouve ça dommage qu’il ne puisse pas se reposer sur nous tout autant qu’on le fait sur lui. Ce n’est pas juste après tout, Camus n’a jamais eu personne sur qui compter, contrairement à nous. »
-C’est vrai ça. »
Maintenant qu’il y pensait, Hyoga lui avait déjà révélé une fois en se confiant à lui qu’ils n’avaient pas vraiment de père. Il était assez renfermé donc il ne s’étala pas sur le sujet malgré les invitations de Milo à le faire, il se contenta de dire qu’ils agissaient comme s’il n’avait jamais existé.
Il aurait dû y penser avant. Il lui arriva d’oublier de faire le lien complet entre les jumeaux et le grand frère. Après tout, leur situation familiale le concernait encore plus, étant l’aîné.
Il eut la grande impression qu’il se mêlait de ce qu’il ne le regardait pas, alors que cette information il l’apprit bien avant de faire la connaissance de Camus. Il n’avait pas besoin de plus le connaitre pour savoir que le roux détesterait le fait qu’il en sache ne serait-ce qu’un peu sur son passé ou ses conditions familiaux. Pour l’honorer, il pourrait faire un pas en arrière et tenter de ne plus y penser, sans plus chercher à en apprendre plus via ses élèves.
Mais cette éventualité lui serrait le cœur. Pour une raison, il n’aimait vraiment pas l’idée de le laisser ainsi, cette image de lui seul, assis au bar, aussi resplendissant que solitaire lui revenait a l’esprit et alourdissait son cœur tout autant qu’elle illuminait son regard. Il n’aimait pas l’idée d’abandonner Camus en quête de liberté et de splendeur, celui qui resonna si fortement avec ses propres acharnements. Ils étaient des combattants, c’est ce qu’ils avaient en commun, cela il en était certain.
Pour l’honorer, il devrait arrêter d’y penser. Mais pour honorer ce qu’il vit au fond de ses yeux, il devait comprendre.
Il voulait sincèrement apprendre à le comprendre.
Et une note qu’il pouvait d’ores et déjà ajouté à sa liste rouge, c’était que Camus avait certainement du grandir sans un père, ou sinon avec un qui avait laissé un grand impact derrière lui. Milo n’était pas un ainé, il ne pourrait jamais réellement comprendre le fardeau d’un, et encore moins un qui avait un parent manquant. Et pourtant lorsqu’il regardait ses deux élèves, il comprit que Camus dut donner tout ce qu’il avait pour combler ce vide.
Son regard s’était attendri, il afficha une expression qui ne lui était pas habituelle, beaucoup trop douce pour ceux qui le connaissait.
-« Je comprends. » Dit-il. « Pourquoi ne pas lui ramener quelque chose qu’il aime ?
-On pensait justement a ça !
-Pas de livre ! » Lui dit Isaak. « À chaque fois qu’on lui en ramené un, il l’a déjà lu !
Milo ricana en ajoutant « rat de bibliothèque » dans sa liste mentale.
-« Qu’est-ce qu’il pourrait aimer d’autre ? »
Les jumeaux entrèrent en réflexion, avant de tourner lentement la tête l’un vers l’autre comme s’ils réalisèrent quelque chose en même temps.
-« j’ai honte de le dire mais… » Reprit Isaak d'abord, puis Hyoga finit sa phrase. « On ne le connait plus autant depuis qu’il a voyagé.
-Même avant ca…
-On est vraiment les pires. » Soupira Hyoga, puis à nouveau, les jumeaux perdirent le moral.
-« Mais non ne dites pas ça ! Vous êtes pas les pires, juste un peu lents. » S’exprima l’adulte avec dynamisme pour attirer leur attention. « Vous savez bien ce Camus aime le plus au monde, non ?
-…Les livres ?
-Encore plus lents que prévu, dis donc. » Milo posa lourdement ses mains sur leur épaule et les secoua légèrement. « C’est vous ! Ce qu’il aime le plus. Servez-vous de cette connaissance pour lui offrir quelque chose qui pourrait lui remonter le moral. »
Les jumeaux ouvrirent les yeux de surprise, et dans leur yeux un éclat d’émotion naquit. Encore une fois, ils se lancèrent un regard rapide avant d’offrir un sincère sourire ému à leur instructeur satisfait de l’impact de ses conseils. Ces élèves étaient vraiment adorables, avec leur cœur en sucre.
-« Vous avez raison, coach ! » S’exclama Isaak.
-« On va faire ça, merci sincèrement. »
Touché par leurs gentillesses et par leurs franchises, son sourire reprit cette nouvelle douceur, pour une raison aujourd’hui il portait affection encore plus forte pour ses élèves favoris. Il aurait adoré les avoir comme des petits frères, il aurait aimé avoir ce lien fraternel puissant et sincère qu’ils avaient tous les trois, ainsi que l’amour inconditionnel qui venaient avec. Quelque chose qui lui fut toujours refusé.
Il laissa alors les deux discuter joyeusement, avec un radiant sourire sur le visage, de leurs idées de plan pour redonner le sourire à leur grand frère adoré. Il était content de voir la différence de leur mine attristée avant qu’il ne vienne leur parler. Shun se rejoint de nouveau à eux et sembla les soutenir dans n’importe quoi qu’ils dissent. Juste pour leur faire secrètement plaisir, Milo rallongea la pause de quelque minute, n’ayant pas non plus envie d’interrompre trop tôt leur bon moment.
Vers la fin du cours d’aujourd’hui, il jeta de temps en temps des coups d’œil vers la vitre dans l’espoir de le voir venir. Il remarqua que les jumeaux aussi faisait pareille, mais Camus ne fit pas son apparition même une fois qu’il annonça la fin de la séance. Geist toutefois était présente, ce qui l’aida un peu à ne pas trop être déçu. Lorsqu’il sortit de classe après avoir salué tout le monde, il se fit enlacer par les fins bras de sa copine qui ne manquait cependant pas de force, Milo, cela, ne pouvait plus en douter. Il l’embrassa sur les lèvres par reflex, et répondit à ses banales questions habituelles. Il était toujours content de la voir, cela lui faisait plaisir que quelqu’un l’observe et l’attende, cette preuve d’amour lui était précieuse. Dernièrement, il avait tant pensé à d’autre chose qu’il sentit qu’elle lui manquait. Bien qu’il fût spécialement heureux de la voir aujourd’hui, il fut quand même distrait en voyant les jumeaux passer avec Shun. Il les interpella alors.
-« Il ne vient pas vous chercher ? » Demanda-t-il, une once d’inquiétude dans la voix.
-«Il nous a envoyé un message pour dire que c’est Dité qui le fera. » Lui informa Hyoga après avoir salué Geist.
Isaak lui, pour une raison, vira son regard de lui à sa petite amie qu’il tenait par la taille, puis se rappela de la saluer aussi lorsque Shun lui donna un coup de coude discret.
-« Il n’est pas la non plus. » Nota le grec.
Isaak haussa simplement des épaules.
-« Il doit juste être en retard, ça me laisse le temps d’être un peu plus présentable !
-Isaaaak ! » Râla Hyoga en levant la tête au ciel comme un enfant « Pour l’amour du ciel laisse tomber !
-He je te dis pas moi de laisser tomber !
- La ferme !
-Du calme vous deux. »
Mais peu importe ce que pouvait dire Milo sur le moment, les jumeaux étaient bien partis pour se chamailler. Cela devait bien se passer une fois tous les deux jours. Depuis le temps, même lui y était habitué. Lorsqu’ils voulaient se prendre la tête pour rien, rien ne pouvait les arrêter. Il se nota avec amusement que la prochaine fois qu’il croiserait Camus, il lui demanderait s’ils avaient toujours été ainsi même enfants. Tiens, en y pensant, ce genre de sujet pourrait très bien lui faire plaisir, un peu comme Ikki qui adorait parler de Shun. À cause de lui, il savait des choses sur l’adolescent qu’en tant qu’instructeur de danse, il n’avait pas besoin de savoir. C’était aussi peut-être pour cette raison qu’il adorait tout autant le japonais que les jumeaux. D’ailleurs, Shun qui connaissait que trop bien les mauvaises manies de ses amis, les tirèrent du bras alors qu’il se chamaillaient pour les éloigner de lui et Geist, et prit la peine de s’excuser et de les saluer. Ce trio était attendrissant, même Geist les appréciait a force de l’entendre parler d’eux. Il lâcha un rire en les regardant partir vers la cafétéria.
-« Bon, allons voir ce que font les singes, si ça te dérange pas.
-Non, bien sur que non, ça fait un moment que j’ai pas salué tes amis. »
…
Du côté des singes, fallait dire que Dité passait un super bon moment, il fut si distrait qu’il ne remarqua pas l’heure. Shura fut un parfait hôte, et Angelo un parfait divertissement, et il n’oublia pas non plus Aiolia qui était hilarant à taquiner. Ils jouèrent plusieurs morceaux bien que leur deuxième guitariste n’eût pas encore montrer le bout de son interessant nez. Angelo qui voulut l’impressionner, lui avait fait une démonstration d’une partition extrêmement complexe et rapide qu’il exécuta avec expertise. Il maitrisait à la perfection son instrument, et Dité ne pouvait pas mentir sur cela, il avait été impressionné. Pas juste, ce connard était extrêmement sexy et encore plus par moment. Il ne pouvait retirer son regard de ses doigts experte et assuré, long et virile, attaché à une grande main osseuse et tatoué, le long de son bras musclé et son épaule solide. Cela l’embêtait, mais il le voulait vraiment. Il avait envie de lui mordre ce sourire narquois et fier, de le faire grogner son nom et de laisser à bout de souffle, suant et suppliant pour plus. Cela lui demanda beaucoup d’effort pour empêcher ses pensées de divaguer et de le mettre en mauvaise posture, mais depuis toujours il avait une bonne maitrise de ses réactions, il n’avait pas le choix après tout s’il aimait porter moulant.
On peut dire que ces un-peu-moins-de trois heures se sont passé à merveille, il regrettait uniquement que Camus ne soit pas là, mais il parvint au moins de se détendre un peu et de se soucier d’autre chose que de l’état attristant de son ami. Il se sentit coupable, évidemment, cependant ce fut une pause bien nécessaire. Ainsi il se sentirait bien plus d’aplomb de porter son aide à Camus et de trouver les bons mots.
Quelqu’un frappa à la porte et entra directement, Dité fut quelque peu surpris de voir Milo apparaitre, accompagné d’une jolie jeune femme brune. La fameuse copine. Lui aussi, sembla tout aussi étonné de le voir. Le suédois se leva de son tabouret pour aller les saluer convenablement. Il remarqua quand même que sa copine eut un mauvais regard à son égard lorsqu’il fit la bise au grec. Elle ne savait pas que Dité se nourrissait de la jalousie des autres.
Il remarqua la manière avec la quel la déception se lit dans le regard de Milo lorsqu’il réalisa qu’une certaine personne ne l’accompagnait pas.
-« Eh bien, vous avez tous fait ami ami sans moi ?
-Pas moi. » Ronchonna Angelo.
-« Ne l’écoute pas, il m’adore~
-« Arrête de raconter des conneries, toi ! »
Milo s’esclaffa en rejetant la tête en arrière.
-« C’est l’amour fou entre vous à ce que je vois.
-Tu as tout compris.
-Oh commence pas toi aussi ! J’en ai marre !
-Angelo, c’est ta nouvelle copine ? Tu me la présente pas ? » Lui dit la copine de Milo, et sa question fit rire la petite assemblée à part bien sûr pour le concerné qui ne fit que s’énerver encore plus.
-Woo ! D.M a une nouvelle copine !? » S’éleva une nouvelle voix dans la pièce.
Le couple n’ayant pas fermé la porte derrière eux, le nouvel arrivant fit son entrée par surprise. Dité ne s’attendit pas a voir Saga débarquer aussi. Shura ne lui avait pas dit que c’était lui le deuxième guitariste. Il semblait quand même assez différent de la dernière fois qu’il le vit, son attitude n’avait rien avoir avec celle qu’il eut durant la soirée. Il n’avait pas vraiment fait attention à l’évidente grimace que tira Milo à l’arrivée de son compatriote, à la place, il croisa les yeux vert sombre de Saga et fit un pas vers lui pour le saluer.
Mais il s’arrêta net en voyant son expression changer net en le reconnaissant, on aurait dit que par la simple vue de Dité, lui et toute sa famille sur des génération furent insulté.
Saga le pointa du doigts et s’écria sans aucun respect « Eh mais je reconnais ta jolie gueule toi ! »
-Kanon ! » L’interpella Milo.
Kanon ? Ce n’était pas Saga ? Et pourquoi le regardait-t-il ainsi ?
-« C’est toi l’ami de cet autre chien de Sibérie ! Qu’est-ce que tu fous ici !?
Le visage pourtant clair et comme fait de porcelaine de Dité s’assombrit dangereusement a l’appellation péjorative. Le menton légèrement baissé, les sourcils froncés, et la mâchoire serré, il ne lui fallut pas plus d’une seconde pour changer radicalement d’expression. C’était quelque chose que les autres trouvaient toujours assez perturbant chez lui. Si ses yeux pouvaient tuer, ce vulgaire et insolent clone de Saga serait à ce moment la déjà six pieds sous terre. Milo lui avait attrapé le bras pour l’empêcher d’en dire plus, mais Dité s’approcha tout près du dénommé Kanon, sans hésitation, pour fixer son regard dans le sien
-« C’est qui que tu oses traiter de chien. » Son ton fut froid et provocant, ne sonnant même pas comme une interrogation, mais plus comme une menace.
Une menace qui fit arquer un sourcil à son vis-à-vis qui n’était pas impressionné. Milo lui tira plus fort sur le bras pour le faire reculer tout en l’appelant, mais Kanon resta planté à sa place sans même vaciller, il maintint le regard turquoise du suédois.
-« Qui d’autre que ce salopard de rouquin-
Sa phrase ne fut pas achevée qu’une gifle fit siffler l’air et vint s’éclater avec grande force sur sa joue, laissant tout le monde complètement abasourdi, la bouche grande ouverte, pas spécialement par le geste, mais surtout par le bruit douloureux qu’il causa. Dité ne flancha pas malgré la brulante douleur dans la paume de sa main qu’il secoua, toujours en le fusillant du regard avec défi.
Kanon qui, par l’impact surprise de la gifle, eut la tête rejetée sur le côté -et la joue bien marquée d’une main-, retourna à nouveau son regard vers lui, terrorisant. Il ressemblait à une bête féroce aux croc acérées, et dans ses yeux il pouvait apercevoir toute la violence de son esprit, mais Dité ne recula pas. Des hommes violents, ceux-là courraient les rues, il en avait déjà eu affaire, ce n’était pas un de plus qui allait lui faire peur. Et puis de toute façon, ils étaient dans une salle remplis d’autres hommes. Et un d’eux -Milo- parvint à le tirer en arrière pour s’interposer entre eux. Shura aussi s’était approché pour enrouler un bras protecteur autour des épaules du suédois.
-« Sale pute, tu payes rien pour attendre. » Articula Kanon avec menace.
Encore une fois, Dité n’avait pas attendu qu’il finisse sa phrase pour agir. Il avait rejeté d’un geste peu délicat le bras de Shura, le menton haut et les yeux fermés.
-« Merci de vous êtes montré à votre vérité aussitôt, et adieu. » Avait-il lâché en les contournant pour s’en aller d’un pas rapide.
Milo l’interpella quelque peu en panique, se lançant à sa poursuite pour lui retenir le bras. « Non Dité attend ! C’est pas ce que tu crois, laisse-moi t’expliquer- »
D’un geste dédaigneux, le suédois le repoussa par le torse et se rapprocha de son visage, l’expression pas loin de la rage, pointant son index sévère et accusateur sous son nez.
-« Ne me touche pas ! Sale vipère ! C’est donc de chien que t’appelles le grand frère de tes supposé élevés préférées !?
-Quoi !? Non ! » Le nia Milo, pris de court, les sourcils relevés et la tête reculé en arrière.
Il voulut en dire plus mais Dité ne lui laissa même pas le temps de prendre un souffle.
-« Si les jumeaux t’apprécient encore ça va se tenir de ma bonne grâce, et à tout moment je change d’avis et je leur fait savoir que leur instructeurs adoré insulte leur grand frère derrière leur dos.
-Dité ! Je n’ai pas- »
Le suédois lui fit un stop de la main à quelque centimètre de son visage puis fit volteface pour s’en aller toujours avec un pas rapide et colérique.
-« Dité ! Bon sang attend ! »
Ce dernier se stoppa pour se retourner à moitié, lui lançant un regard menaçant par-dessus son épaule.
-Tu n’as plus intérêt à t’approcher de Camus. »
Et puis s’en alla pour de bon.
Milo se retrouva figé sur place par sa dernière phrase, dite avec tant de froideur, de haine et d’accusation. Le regard de Dité n’avait rien de faux, il lui transmit cet ordre avec tout le mépris qu’il possédait. Il ressentit un frisson, un qui était mauvais, à l’idée que Camus se mette à penser qu’il le traitait de chien et de salopard derrière son dos, cela lui donna un haut le cœur.
Non, cela ne pouvait se passer ainsi ! Ce n’était pas vrai, il n’avait rien d’autre que du respect et de l’admiration pour lui ! Aucune insulte ou critique ne lui aient jamais passé l’esprit depuis qu’il le rencontra. Il ne parvenait même pas à prendre en considération les accusations de son meilleur ami envers lui. Il l’appréciait, il appréciait sincèrement Camus et ne pouvait que penser à chacune de leurs interactions, et spécialement ceux de la soirée. De plus, son estime pour lui ne fit qu’augmenter depuis sa dernière discussion avec les jumeaux, après avoir imaginé les difficultés qu’il dut rencontrer, son courage et ses efforts pour ses jeunes frères. Après avoir été témoins du liens solide et enviable de leur fratrie.
Et quand était-il des jumeaux ? Il allait complètement perdre sa merveilleuse relation avec eux s’ils pensaient qu’il disait tout cela sur leur grand frère adoré ! Ils allaient se sentir trahit et allaient le détester ! Rien que de penser à leur regard déçu, trahit et repli de mépris envers lui, lui glaça le sang. Il aimait beaucoup trop ces monstres pour les perde pour une raison aussi bête, pour une faute qu’il n’avait même pas commise !
Il voulut rattraper Dité, qui eut le temps de disparaitre dans l’ascenseur avant qu’il ne reprenne ses esprit et sorte de son état de paralysie. Mais quelque chose lui assura que même s’il lui courrait derrière et qu’il le rattraper, Dité allait en faire toute une scène qui allait empirer sa situation. Il avait remarqué depuis la soirée que ce joli jeune homme pouvait avoir un fort et sale caractère. Une part de lui avait envie d’être énervé contre lui pour avoir réagi aussi agressivement et ne pas lui avoir donné le temps de s’expliquer. Cependant cela serait injuste puis qu’il aurait réagi dix fois pire à sa place, et pour preuve, il avait déjà déclenché des bagarres, en venant aux mains beaucoup trop facilement pour une simple remarque, une insulte, pas forcément envers lui mais envers ses amis. Il avait le sang assez bouillonnant. Donc non, ce n’était pas la faute de Dité, au contraire, sa réaction fut des plus juste, celle d’un ami protecteur.
C’était Kanon qui avait fait n’importe quoi !
D’ailleurs derrière lui, il pouvait l’entendre râler et jurer à la porte du studio, passant ses nerfs sur les autres qui soit tentaient de le calmer, sois le blâmaient, créant un raffut qui ne fit que plus bouillonner son sang. Milo serra fermement des poings et de la mâchoire, le visage déformé par la colère. Son ami était aller trop loin ! Il pouvait détester Camus mais de la à le mettre dans cette mauvaise situation sans aucune considération pour sa position dans cette affaire le mit hors de lui. Il se rendit à nouveau dans le studio et bouscula Kanon pour attirer son attention et le faire taire.
-« Qu’est ce qui ne va pas dans ta gueule !? » Éleva-t-il le ton, colérique, faisant taire les autres présents dans la salle.
-« Hein !?
-Me ‘hein’ pas abrutie ! Pourquoi t’as fait ça ! »
Remarquant que les choses allaient très vite escalader dans le dangereux, les trois autres hommes présents intervinrent pout embêter une très certaine bagarre de se produire. Ils connaissaient assez ces deux-là pour pertinemment savoir qu’une simple étincelle pouvait enflammer la mèche et débouler sur de la violence physique. Même sa copine se tint à l’écart, inquiète et quelque peu apeurée.
-« Tu m’a promis que t’allais plus trainer avec lui ! Et quoi là je te vois avec sa pute de pote ! »
Cette remarque lui fit recevoir un sale regard de la part de Shura et Angelo qui ne semblèrent pas spécialement apprécier l’insulte envers le suédois, même Aiolia s’en retrouva pris de court. Milo quant à lui, cela ne fit que bruler la colère en rage dans ses yeux. Il élança brusquement son bras pour attraper avec force le col de Kanon, mais ne put s’approcher plus puisqu’Aiolia et Shura le retirent et un d’eux lui tint le bras pour l’empêcher d’en venir aux mains.
-« Ça te regarde pas ! » Aboya-t-il en retour. « Tu m’as mis dans une sale position fils de pute ! T’aurais pas pu réagir comme un être humain normale !? C’est toi le chien dans tout ça !
S’énervant encore plus que lui, Kanon lui vociféra au visage « Comment tu peux dire ça !? »
Il repoussa assez fortement Angelo et Shura pour parvenir à se rapprocher de Milo, plongeant ses yeux de flamme dans les siens tout aussi incendiés et dangereux.
-« Après tout ce que je t’ai dit sur cet enculé tu te range quand même de son côté ! Et c’est moi le chien !? C’est à moi de te demander ce qui ne vas pas dans ta tête !
-C’est pas ça ! C’est toi qui m’as mis dans la merde !
-Et toi t’es un sale traitre !
-C’est bon les gars ! » Intervint Shura. « Ca suffit comme ça ! »
Angelo commença à s’irriter lui aussi « Quelqu’un pourrait expliquer ce qu’il se passe !? »
-« Ce qu’il se passe c’est qu’apparemment Milo c’est un sale traitre qui préfère les salo’ et les sales putes à ses meilleurs pote ! »
Ce fut la phrase de trop. Milo entra dans une de ses rages et poussa violement Kanon contre le mur, faisant heurter assez fortement sa tête dessus. Si les autres n’avaient pas eu de reflex assez rapide, il lui aurait abattit son poing quelque part sur son corps.
-« T’es un putain de gamin !! » Lui hurla de rage l’instructeur. « Grandi un peu !! je t’ai JAMAIS trahit ! et Camus n’est ni un salo ni une pute !
-IL L’EST !! » Combattit Kanon en parvenant à lui donner un coup de pieds dans le ventre pour le projeter en arrière.
Milo se rattrapa de tomber de justesse grâce à Aiolia et s’apprêtait à rendre le coup lorsque Geist hurla son nom avec sévérité, lui attrapant le poing. Sur le moment, Milo avait presque eu ce reflex de la repousser, mais il ne le laissa pas se manifester. Honnêtement, elle l’énerva encore plus, tout l’énervait lorsqu’il était dans cet état ! Sauf qu’il n’avait pas encore atteint le point de rage ou il faisait complétement taire sa raison. Geist fut plus que claire par le passé, elle ne voulait pas d’un mec violent qui sautait sur les autres à la moindre remarque comme un animal sauvage, sauf que c’était à peu très tous ce qu’était Milo. Ne trouvant pas que la situation valait une autre dispute avec sa petite amie, il se contenta de serrer encore plus fort la mâchoire et de ravaler très difficilement tout ce qu’il avait à dire et toutes ses fortes émotions qui n’avaient besoin que de sortir de son corps. Il haïssait devoir le faire, mais il le fit, sachant très bien que c’était quand même trop tard pour espérer échapper à ses reproches et ses réprimandes, comme s’il était le seul responsable dans l’histoire.
Il tiqua de la langue et dégagea sa main de la sienne un peu plus brusquement que prévu avant de se prendre la direction de la sortie malgré Kanon qui lui hurlait de rester. Il s’en alla à pas précipité, les poings tremblant d’émotions, ne répondant pas à sa petite amie qui tentait de le rattraper.
-« Milo ! Je t’ai dit ralentit ! Qu’est ce qui t’as pris !? »
Elle ne l’aidait vraiment pas à reprendre son calme, sauf qu’avec elle, l’ignorer n’était pas la solution pour lui faire comprendre de se taire. Et puis, cela n’allait que lui causer plus de réprimande et de colère de sa part.
Il ne semblait pas parvenir à lui faire comprendre que dans ce genre de moment le laisser tranquille était la chose la faire, surtout la qu’il usait de toute la force de sa volonté pour ne pas exploser. Kanon était son meilleur ami, se disputer avec lui laissait un gout une centaine de fois plus amer, et l’impactait tellement plus que lorsqu’il se prenait la tête avec quelqu’un d’autre. Un peu comme lorsque lui et Geist étaient en froid, mais il ne ressentait évidemment pas autant de violence, et n’était pas non plus aussi blessé que lorsque les insultes et accusations venaient de son meilleur ami. Ce fut lui qui se sentit trahit par lui, pourquoi fallait-il qu’il se comporte comme un enfant parfois ? Il était tres mal placé pour penser cela de lui, puisque lui-même était bien loin de la maturité ce qui était la raison principale des engueulades de Geist. Il ne fut jamais mature et peu importe les efforts qu’il fournissait pour y remédier, cela ne semblait jamais suffisant. Il s’arrêta devant la cage d’escalier, et encore une fois, utilisa toute sa bonne volonté pour parler le plus calmement possible.
-« Geist. Tu vas prendre l’ascenseur, et une fois en bas, tu n’ouvres plus ce sujet. Je n’ai pas besoin que tu me casses la tête toi aussi. »
Il ne la regardait pas, puisqu’il savait très bien qu’il n’allait pas aimer sa réaction, il décida de faire comme Dité, puisqu’apparemment cela marchait bien, et n’attendit pas qu’elle finisse ce qu’elle avait à dire pour descendre rapidement les escaliers.
…
Sur le chemin du retour, les jumeaux restèrent silencieux dans la voiture. Ils voyaient bien que Dité fulminait sur le volant. Il conduisait rapidement et gardait la vitre baissée pour hurler et insulter presque chaque voiture qui passait. Enfin, Isaak, assis à côté de lui à l’avant, l’admirait quand même et le trouvait tout aussi magnifique lorsqu’il était vulgaire et énervé. Enfin, il faisait assez peur pour qu’aucun d’eux de daigne vraiment lui demander quoique ce soit.
…
Camus, durant l’absence de sa famille à la maison, s’efforça à se lever du lit. Il ne pouvait pas se laisser abattre autant. Certes, il n’avait pas de force dans les membres, il avait constamment le tournis et le haut le cœur, son cerveau était engourdi, mais il se devait de se lever. Parfois il se demandait réellement d’où lui revenait cette force de le faire. Peut-être juste le fait de s’imaginer la réaction de ses frères et celle de sa mère en le voyant ainsi qui lui faisait terriblement honte de lui-même et le poussait à ne pas rester dans cet état de mort-vivant. Il usa de toutes ses forces pour se laver et paraitre présentable, puis par culpabilité de ne pas savoir bien apprécier les repas et son retour a la maison comme il se le devait, il décida de préparer le diner et d’entre-temps faire le ménage autant qu’il le pouvait. Sa pauvre mère travaillait dur toute la journée, et certes, il envoyait autant d’argent qu’il pouvait se le permettre, mais ce n’était pas assez, hélas, pour la faire arrêter son travail. Camus avait crucialement besoin d’y remédier dès remis sur pieds, et il y avait intérêt à ce que cela ne prenne pas beaucoup de temps. Il avait fait des économies pour pouvoir se permettre de ces vacances, de toute manière il n’avait pas eu le choix puisqu’il ne pouvait plus aller travailler à un certain moment. Il ne voulait plus se ressasser son état lorsqu’il fut au plus bas et du prendre des médicaments pour survivre ne serait-ce qu’un jour de plus. Ce fut après une dangereuse surdose de ces derniers et d’alcool qui le força à être alité pour plusieurs semaine, sauf que suivant sa désintoxication il enchaina les chutes de tensions et les crises, et aller au travail devint impossible. Encore une fois, il était infiniment reconnaissant envers Dité pour avoir toujours été présent, si ce n’était pour ses soins, Camus serait indubitablement déjà mort il y a bien longtemps.
Il eut un frisson de malaise à cette pensée. Pas que la mort lui fasse peur, pour longtemps elle hanta ses pensées, mais c’était le fait d’imaginer la réaction de sa famille dans cette sinistre éventualité.
Il soupira le plus long soupire du monde. Il avait envie de vomir, mais il n’y avait rien à vomir dans son estomac de toute façon.
Lorsqu’il entendit du bouquant, il sut que Dité était revenu avec ses frères. Son ami ouvrit la porte de la maison avec sa clé et entra en râlant, et fut surpris de croiser Camus dans le salon qui faisait la poussière.
-« Tu t’es amusé ? »
À sa question, Dité leva les yeux aux ciels, se semblant pas savoir quoi faire avec ses émotions en trop. Il chercha quelque secondes ses mots avant de dire :
-« Les amis de Milo sont des connards. »
Camus arqua un sourcil tandis que les jumeaux s’arrêtèrent derrière Dité, eux aussi surpris par cette révélation.
-« Dité du connait les amis du coach ? » Demanda Isaak.
-« Plus maintenant. Donne-moi ça Camus, j’ai besoin de déstresser. » Dit-il en prenant le plumeau des mains de Camus.
Car oui en effet Dité avait ce besoin de toujours nettoyer pour se calmer. Le roux haussa des épaules.
-« Tu me dis pas tout.
-Oui, mais après.
-Bon, venez les monstres j’ai préparé un gouter. »
Lorsqu’il passa à côté de ses frères pour se rendre en cuisine, Hyoga le tint par le bras pour poser sa tête contre son épaule. Cela réussit à le faire sourire, sa première étincelle du jour. Il ébouriffa gentiment ses cheveux d’or et le traina avec lui dans la cuisine. Isaak lui, alla vers Dité, daignant enfin lui demander ce qui n’allait pas. Donc pendant que Hyoga l’aidait à mettre la table, il entendait en arrière-plan son ami se plaindre d’un certain personnage vulgaire qui lui avait mal parler sans dire exactement quoi ou raconter l’histoire telle quelle. Camus connaissait assez son ami pour savoir que ce n’était pas normal de sa part d’omettre des détails, lui qui racontait toujours ses journées avec passion. Cependant il respectait son choix de ne pas vouloir en dire plus pour l’instant. Il écouta avec plus d’attention son frère lui racontait comment s’était déroulé son cours, mais haïssait ce qu’il ressentait au fond de sa poitrine à chaque fois qu’il mentionnait leur coach. Il voulait oublier l’existence de Milo, mais s’il devait toujours entendre parler de lui de la part de ses frères, c’était mal parti.
-« Le coach est réellement quelqu’un de compréhensif même s’il n’en a pas l’air. Je pense que vous pourriez être de bons amis, tu sais ?
-Ah oui ? » Répondit-il en tentant de paraitre distrait, ramenant le plateau de petits gâteaux et des crêpes vers le salon.
Dité qui les avait entendus, grogna.
-« Tu penses ? » Dit-il, agacé. « Votre coach a l’air assez rude ! et sauvage. Et vulgaire. »
Il y avait anguille sous roche pour que Dité disent ce genre de chose à propos de Milo, une énorme anguille même. Depuis la soirée, même un peu avant, Dité tentait de le pousser vers l’instructeur de danse, heureux qu’il montre enfin un certain intérêt pour un homme. Et jusqu’à la, il semblait pas mal apprécier Milo, disant qu’il était drôle, sympathique, charismatique et d’autres. Il n’avait pas besoin de faire un plus un pour savoir que la personne qui l’avait offensé aujourd’hui au conservatoire était ledit coach. Enfin, peut-être pas le seul mais il avait grand-chose à avoir la dedans. Son ami prit un petit gâteau et se le fourra dans sa bouche, toujours avec irritation et se rendit en cuisine pour faire la vaisselle.
-« Le coach n’est pas comme ça. » Le défendit Hyoga, fronçant légèrement les sourcils.
Dité ne répondit pas et Camus décida de mettre de côté cette histoire pour l’instant, il n’avait pas vraiment la force de s’en soucier.
-« La compet’ approche et les entrainement devienne de plus en plus difficile. » Se plaignit Isaak en venant s’asseoir à table.
-« Ouais, j’ai encore du mal sur certaine partie. Je n’y arrive juste pas et je commence à en avoir marre. »
Camus les observa et les écouta se plaindre de leurs problèmes de dance, et son esprit se vida un peu de ses mauvaises pensées du moment. Un sentiment familier refit surface. Il se rappela lorsque lui aussi râlait dans son coin lorsqu’il ne parvenait pas à faire le mouvement qu’il voulait. Lorsqu’il était encore plus jeune qu’eux, Camus avait un plus grand penchant pour le ballet. Cet intérêt naquit du « Le lac des cygnes » que sa mère adorait regarder en boucle. Ce fut une des premiers choses dont il prit conscience dans sa vie, le lac des cygnes. Elle le lui fredonnait les musiques en le berçant, et cette pièce constitua toute son enfance. Mais le ballet, c’était extrêmement difficile, même lorsqu’on passait des années à en prendre des cours, alors pour un petit garçon qui n’avait d’autre choix que de le faire tout seul derrière le dos de son père, il ne fallait pas trop rêver. Mais tout de même, Camus prodigua tous les efforts possibles pour un garçon de son âge afin adopter les mouvements des danseuses autant que son corps le lui permettait. Lorsqu’il n’y arrivait pas, il restait à fixer l’écran de la télé durant des heures et des heures sans pauses, tout en faisant attention à ne pas se faire remarquer par son géniteur. Il se rappela avoir acheter des chaussons de pointes en secret avec tout l’argent de poche qu’il avait. Dès qu’il se retrouvait seul, à la maison, à l’école, dans la rue, peu importe, tant qu’il se retrouvait seul, il répétait. Il se m’était sur la pointe des pieds et se relançait la chorégraphie qu’il avait mémorisé dans sa tête encore et encore. Faire cela, c’était une des seules choses qu’il lui apportait un semblant de paix et de sérénité. C’était une évasion de la réalité, de ses soucis et ses douleurs. Lorsqu’il échouait, il râlait seul, lorsqu’il réussissait il souriait seul. Puis vinrent les jumeaux, et ils grandirent en le regardant faire. Il n’était plus aussi seul.
Et désormais c’étaient à eux de râler ou sourire, mais il était soulagé qu’ils n’étaient pas aussi seul qu’il le fut. Et peu importe comment pouvait être Milo, selon Dité, il était un bon enseignant, c’était non-questionnable.
Un sourire étira ses lèvres, si seulement il pouvait retourner à cette époque où ce qui le tracassait c’était de comment parvenir à imiter les danseuses.
-« Les garçons…Et si on sortait ? »
Les jumeaux s’interrompirent dans leur gouter pour regarder leur frère, quelque peu surpris.
-« Pour de vrai ? Tu veux sortir ? » Lui demanda Isaak, et Camus répondit d’un hochement de tête.
-« Où ça ?
-Où vous voulez. »
Peut-être qu’il allait un peu le regretter à cause de la fatigue, mais il ne doutait pas que c’était la bonne chose à faire. Les garçons avaient l’air ravi et Dité les encouragea grandement à le faire, soudainement bien heureux. Il vint les rejoindre au salon.
-« Tu viens aussi. » Lui dit le roux.
-« Nope, next time ! Je veux pas interrompre un moment entre frères.
-Tu es mon frère aussi. »
Dité écarquilla grandement les yeux lumineux, perdant son sourire pour quelque seconde avant que son expression fonde avec tendresse. Il sourit grandement, ému, son visage prenant de jolies couleurs rosâtres qui lui allaient à merveille.
-« Aww ! Camus ! » S’écria-t-il, touché, en venant enlacer solidement sa nuque. « Tu vas me faire pleurer ! Je t’aime tellement ! »
Réconforté, le moral remontant progressivement, Camus lui tapota le dos en ricanant discrètement. Et dire que pas plus tard que ce matin il pensait qu’il n’y avait plus d’espoir pour qu’il se sente juste un tout petit peu mieux. Il pouvait le faire. Il n’était plus seul.
Il frotta affectueusement le dos de son ami jusqu’à qu’il s’éloigne, ce dernier passa un doigt sur le coin de son œil pour y chasser une larme qui venait de se former. Camus connaissait les douleurs de Dité, lui qui n’avait pas de famille à proprement parler, il comprenait l’impact de ses mots, et il les pensait sincèrement du plus profond de son cœur. Et il ne doutait pas que Dité en soit conscient. Peut-être c’était pour cela qu’il fut aussi touché. Les jumeaux assistèrent à cet attendrissant échange avec un joyeux sourire.
-« Oui Dité, » Ajouta Isaak. « Tu fais partie de la famille. » Et pour soutenir ses mots, Hyoga hocha de la tête puis dit : « Tu devrais venir avec nous. »
Hésitant, le suédois lança un regard à Camus qui d’un sourire réussit à le convaincre pour de bon. Heureux, Dité s’attaqua désormais aux garçons pour les câliner et embrasser, on pouvait dire que celui aux cheveux verts fut aux anges.
Au finale, Hyoga avait fait les yeux doux pour qu’ils passent prendre Shun. Camus n’y voyait aucun problème, si ses frères avaient pu accepter son ami comme membre de la famille, il était heureux de faire de même avec Shun. Il appréciait réellement l’adolescent, tout ce qui pouvait faire plaisir à son frère, lui faisait plaisir à lui. Lorsqu’il gara la voiture devant chez lui, Ikki l’avait accompagné afin de venir les saluer. Dité lui montra clairement qu’il était mécontent de quelque chose.
-« Dis donc c’est quoi le bordel que vous avez causé, tous les deux ? » Demanda-t-il avec certain amusement.
Camus, côté passager, arqua un sourcil, mais son ami lança un regard appuyé au grand frère de Shun, pendant ce temps, ce dernier s’installa à l’arrière, à côté de Hyoga.
-« Quel bordel ?
-Aucun bordel ! Il raconte n’importe quoi !
-Oh je vois » Ricana Ikki. « Bon c’est pas de mes affaires. Juste mêlez pas mon frère à tout ça.
Camus fronça les sourcils « Mêler à quoi de tout ça ? »
-« Bye Ikki ! » S’exclama Dité en démarrant la voiture.
-« Vous avez raté quelque chose quand vous êtes partie ! » Raconta Shun aux jumeaux a l’arrière alors que Camus fixait du coin de l’œil son ami qui tentait de cacher sa nervosité.
-« Quoi ?
-J’étais en train de sortir du parking quand j’ai vu le coach sortir du bâtiment avant sa petite amie et on dirait qu’il était en train de se disputer.
-Sérieux !? » s’écrièrent les jumeaux en rapprochant leur visage de celui de Shun.
Quant à Camus qui tentait de sonder son ami d’un regard au coin, il tourna complètement la tête vers lui pour continuer de le fixer en plissant les yeux, rendant le conducteur que de plus en plus nerveux.
-« Dité.
-Ca n’a rien avoir avec moi ! »
La sonnerie de son téléphone -qui était l’instrumentale d’une chanson citypop- les fit taire. Par reflex, vu que c’était Dité qui conduisait, Camus prit son portable pour lire le nom afficher sur l’écran.
-« Shura.
-Ne réponds pas !
-Si tu ne me promets pas de tout m’expliquer après, je vais répondre et demander moi-même.
-Okay oui ! oui ! C’est déjà prévu ! Pour l’instant oublions et passons un bon moment ensemble, d’accords ? »
Encore une fois, Camus laissa passer, convaincu. Ils n’avaient pas besoin de plus de soucis sur le moment, juste de pouvoir s’amuser et se détendre. Shun capta un peu le message et changea de sujet, ne mentionnant plus leur coach de tout le trajet jusqu’au centre commercial.
Arrivé au centre commerciale, l’ambiance fut déjà beaucoup mieux. Camus fut rassuré que son corps se soit un peu plus réveillé, et en compagnie de ses frères, il tolérait assez bien le bouquant de la foule. Accompagner Dité dans un centre commercial était toujours une erreur lorsqu’on n’avait pas beaucoup d’énergie. Camus aurait dû y penser. Il les entraina dans presque chaque boutique de vêtement devant lesquels ils passaient, soit pour lui-même, soit pour leur faire essayer quelque chose. Ce qui devait être une simple promenade à la base, se changea en séance de shopping sans qu’aucun d’eux ne puisse rien n’y faire. Enfin, les jeunes semblaient y prendre du bon temps, surtout Shun qui avait l’occasion de passer du temps avec Hyoga et le voir essayer de nouveau vêtements. Le blond demandait toujours son avis et celui de Camus en enfilant une tenue. Quand à Isaak il était aux anges, il se faisait laver d’attention par le suédois qui s’amusait à l’habiller comme bon lui semblait.
Malgré les efforts pour fuir son tour, Camus se retrouva avec une tonne de vêtements sur les bras, poussé encore et encore dans des cabines d’essayage par un Suédois qui ne lui laissait même pas l’intimité de se changer seul. Il fut stupide de croire pouvoir s’en tirer et son ami lui avait choisi des tenues tout aussi révélant, légère et sexy les unes que les autres. Le roux devait s’y faire, mais il refusait d’être aperçu vêtu ainsi par les plus jeunes, il voulait quand même préserver une certaine image plus masculine devant eux.
Enfin, il mentirait s’il disait ne pas apprécier ce style. Il n’eut presque jamais l’occasion de l’adopter à cause de Surt, bien que parfois, cela ne lui aurait pas déplu de se faire, un peu plus coquet ? Enfin, il n’avait pas non plus beaucoup le courage de s’habiller ainsi, c’était plutôt osé pour un homme, de plus qu’il fut fortement découragé par Surt. Sauf qu’avec la naissance de son amitié avec Dité, cette envie se ranima et son ami le poussa toujours à s’exprimer vestimentairement. Il l’enviait pour son courage à se vêtir et paraitre comme il le souhaitait, sans jamais accepter qu’on lui nie sa masculinité. Selon Dité, porter des vêtements quelconques ne faisait pas de lui plus ou moins un homme, il était un homme et se reconnaissait comme tel, point. Camus ne pouvait que lui donner raison, son ami était plus un homme que la plupart qu’il connut dans sa vie.
Sans sortir de la cabine malgré la curiosité de ses frères et Shun, Camus céda et se permit de prendre quelques ensembles qui m’étaient son corps en valeur. Dité ne lui aurait pas laisser le choix de toute façon, il dut se battre avec lui à la caisse pour réussir à payer au moins la moitié de ses propres articles. Il en avait payé quelques-uns pour chacun d’entre eux sans qu’aucun puisse l’en empêcher. Ce ne fut pas la première fois qu’il faisait quelque chose du genre avec lui. Lorsqu’ils devinrent de bons amis, et que Dité prit pleinement conscience de la situation dans laquelle il était, il lui avait acheté typiquement le genre d’habillement et accessoire que Surt haïssait sur lui, les gardant chez lui en secret.
Camus avait eu l’occasion de lui rendre l’appareil avec des cadeaux, mais quand même, cette attention le touchait toujours.
Plus tard, ils prirent une glace ensemble, assis dans le parc du centre commerciale à discuter de tout de rien. C’était plutôt Dité, Isaak et Shun qui parlaient le plus. Hyoga, tout comme lui, préférait rester silencieux et écouter les conversations. Les jeunes furent interpellés par deux autres adolescent qui apparemment étaient des amis du lycée. Un autre Japonais et un Chinois dont Camus avait déjà entendu parler de la part de ses frères. Les jumeaux et leur ami s’étaient excusé pour aller les rejoindre quelques minutes, laissant les deux adultes seuls, assis sur un banc.
Dité fuit son regard, sachant très bien que désormais, sans la protection de la présence des gamins, il ne pouvait plus éviter le sujet de tout à l’heure. Et comme si ce n’était pas suffisant, Shura lui envoya des messages que Camus put lire un peu sur son écran avant qu’il ne puisse le cacher.
-« Qu’est-ce que tu as fait ?
-Pourquoi tu assumes que c’est moi qui ai fait quelque chose ! »
Camus plissa des yeux pour lui mettre encore plus la pression et son ami déglutit.
-« J’ai pas envie d’en parler.
-Pourquoi ?
-Parce que ! Ca me met en rogne ! Oh et for fuck sake Shura peut pas arrêter de me spamer ! »
Agacé, le suédois s’empara de son portable pour enfin accepter de lire les messages. Camus n’était pas un fouineur, il n’était pas comme Milo à s’amuser à lire les conversations numériques des gens, sauf que pour cette fois il le fit, jetant un coup d’œil à l’écran que son ami n’essayait plus de cacher de sa vue.
« Shura :
Apelle manqué
Tout va bien ?
On peut s’expliquer c’était un mal entendu, je n’étais au courant de rien
Milo est en rogne, ils ont bien failli nous mettre le studio en dessus dessous
Mais ce n’est pas à cause de toi. Il dit qu’il n’a absolument rien dit de mal à propos de ton ami. Je le connais assez pour savoir qu’il dit la vérité.
Yoooo qui aurait cru qu’une poupée comme toi pouvait frapper aussi fort !?
Sauvage va
Si tu lui fous des claques à chaque fois qu’il est en retard viens toujours au repet’
D’ailleurs le rouge à lèvre sur ma vitre c’était nécessaire ?
Tu m’as bien fait chier aujourd’hui mais rien que pour le drama je te redonne des points.
C’était Angelo. Ignore cet imbécile.
C’est lui l’imbécile !
Désolé il arrête pas de me voler mon tel, comme le gros voleur qu’il est. »
S’en suivit de ce message une photo en mode selfie d’Angelo qui lui fait un doigt d’honneur, à côté de lui, Shura agacé tentait de lui reprendre le téléphone. Dité qui pourtant était fâché contre eux ne put apparemment pas s’empêcher de ricaner.
-« Des claques ? Et tu as mis Milo en colère ? Me dit pas que c’est lui que tu as frappé !
-Non ! » Se défendit Dit. « Enfin, je l’aurais bien fait !
-Dité ! Qu’est-ce que tu as fait ?
-Rien ! Ce n’était pas moi ! »
Camus soupira, c’était suffisent pour le convaincre que ce n’était pas la faute de son ami. Ce dernier n’avait absolument pas honte d’avouer ses torts, la plus part du temps il prenait même plaisir à raconter les problèmes qu’il avait causé.
S’il était le fautif, ce problème aurait été la première chose qu’il lui aurait raconté en rentrant à la maison. Si Dité disait que ce n’était pas sa faute, alors il lui faisait confiance. Il adoucit donc son expression et croisa ses jambes, prêt à écouter tous ce qu’il avait à avouer. Il lui cachait des choses pour une raison, et il comprit grâce aux messages que c’était pour ne pas le blesser. Cependant ce n’était pas de simple mauvais propos dit sur lui qui lui ferait quoique ce soit, sinon depuis bien longtemps il se serait ôté la vie. Mais il savait aussi que son ami était bien trop protecteur et il se demandait réellement ce que Milo avait avoir dans tout cela.
-« Déjà j’ai une question. » Reprit celui aux boucles d’eaux avec irritation. « Ton Saga, il a un frère jumeau ? »
Camus sentit une certaine chute dans sa poitrine à la suite de cette question, il aurait pas mal blêmi s’il n’était pas déjà incroyablement pale. Il avait gardé quelques secondes le silence, ce qui était assez pour que son ami comprenne que quelque chose n’allait pas.
-Kanon. » Répondit simplement le roux. « C’est bon Dité, je crois que j’ai deviné. »
En effet, tout avec beaucoup plus de sens dans sa tête, il aurait dû se douter que si Saga faisait un retour dans sa vie, inévitablement, Kanon aussi, sauf qu’il ne sut pas que cela serait aussi tôt. Le visage qui à ses yeux était bien distinct de celui de Saga lui revint en mémoire, lui procurant un sentiment de mal être. Son regard haineusement tranchant, cette lueur meurtrière au fond de ses iris verts le faisait frissonner d’inconfort. Il fut, peut-être aussi, une des raisons pour laquelle Camus n’avait pas accepté les avances de Saga. Son frère aurait très bien pu le tuer.
-« Donc tu connais cet enfoiré ! Raaaah ! Il m’a tellement énervé ! Ils m’ont tous tellement énervé et Milo peut aller se faire voir ! Lui et sa bande d’amis à la con ! Milo n’est pas si sexy que ça de toute façon, Saga non plus ! Tu ne peux jamais faire confiance à un hetero de toute façon !
-Dité.
-Il se la pete avec ses pas de dance à la noix, et sa copine- Bon elle était très jolie- Mais pas aussi jolie que toi ! Sa perte ! Tant pis pour eux, et Aneglo aussi ! Il est pas siii Sexy que ça, tu sais quoi ? Je vais le lui dire ! » Sur la fin de ses mots enflammé, il se mit à pianoter hargneusement sur son portable et Camus dut lui attraper le bras pour l’empêcher d’envoyer n’importe quoi sur le coup de la colère.
Enfin bon, il avait essayé mais Dité appuya sur le bouton d’enregistrement vocale et vociféra : « Angelo sache que tu n’es pas si attirant que ça mon pauvre et que je n’ai plus aucun intérêt pour toi ! Tu embrasses mal de toute façon ! J’aurais dû embrasser Ikki ou Shura ! »
Et trop tard, c’était envoyé.
-« Tu as mentit plus que tu as respiré. » Lui fit savoir Camus.
-« Fake it until you make it. S’il est pote avec quelqu’un comme ce gorille de Kanon, automatiquement, il devint moche à mes yeux. Humph ! » Clama-t-il en rejetant hautainement ses cheveux en arrière, la posture droite et le menton levé.
-« Enfin bref, je sens que tu t’emportes. Raconte-moi ce qu’il s’est passé, et pourquoi Milo était en colère.
-Me dit pas que tout ce qui t’importe c’est cet instructeur de mauvais gout ? »
À nouveau, Camus soupira. Il était certain que son ami s’était fait tout un film dans sa tête à la suite d’une petite histoire de rien du tout. Il faisait toujours cela. Il était du genre à sauter sur des conclusions bien trop hâtives et se baser que sur sa propre version imaginaire pour agir face aux situations. Un « Drama maker » C’était ainsi qu’on l’appelait à l’université.
-« Dité. » L’interpella-t-il à nouveau d’une voix plus sévère, lui faisant savoir qu’il perdait patience.
-« Bon okay. Je ne voulais pas te le dire car je sens que tu l’apprécie réellement, ce Milo, mais je suis sur qu’il-
-Non non, Dité, tu me diras ce que tu penses ensuite. » Le coupa-t-il. « Maintenant tu me racontes ce qu’il s’est passé comme un texte informatif. »
Son ami lâcha un râle et leva les yeux aux ciels.
-« Je passais un bon moment avec Shura, Angelo et Aiolia lorsque Milo est venu avec sa copine. Normal, rien s’est passé. Puis ce bouffon sauvage à l’haleine qui pue et qui se prend pour une grosse merde viens, me reconnait et t’insulte ! Comment il aurait pu me reconnaitre comme ton ami si aucun d’entre eux n’a rien dit sur toi. Et c’est qui que tu as le plus côtoyé dans ce groupe ? Milo !
-Dité.
-Oui bon okay, texte informatif. Bref, ça me met hors de moi et je l’ai giflé.
-Tu as giflé Kanon ? » Répéta Camus, incrédule.
-« Oh j’aurais bien giflé tout le monde ! D’ailleurs je l’ai fait tellement fort que ma main me fait encore mal.
Camus perdit quelque peu son calme « Mais tu es complètement taré !
-« Peut-être ! Mais pas plus que lui ! Il avait aucun droit de mal parler de toi ! Tu sais que je peux pas me retenir quand on critique ceux que j’aime. »
Camus pressa ses lèvres en une fine ligne, ne sachant pas quoi répondre. Comment pouvait-il en vouloir à son ami après qu’il lui ait dit une telle chose touchante ? Quel manipulateur.
-« Il t’a fait du mal ?
-Qu’il daigne ! Je lui aurais arraché la queue et tu sais que j’en suis capable. »
Oh cela, il le savait très bien. À cette pensée, un rapide malaise lui glaça le sang.
-« Ensuite ?
-« Je me suis barré. Milo a essayé de me retenir mais je lui ai crier dessus et je suis parti. »
Camus porta sa main à son front, exaspéré, et surtout incroyablement honteux. Il secoua la tête face à cette gênante situation dans laquelle son ami l’avait mis avec lui.
-« Quoi !? » Se vexa Dité de sa réaction.
-« Dité…Kanon me connait, Kanon m’a toujours détesté et Kanon est non seulement l’ami de ce groupe, mais aussi le frère de Saga. Bien sûr qu’il allait te reconnaitre si des photos de la soirée ont circulé ! Je comprends que tu puisses être énervé contre lui, mais tu as surement accusé à tort les autres et Milo.
Dité qui avait les yeux relevés pour réfléchir à ses paroles, porta son doigt à sa lèvre inferieur en grimaçant de nervosité.
-« Oups… Tu…veux que je m’excuse auprès d’eux ? Pas de Kanon évidemment !
Camus fit un geste de la main en reposant son dos contre le dossier du banc, décroisant les jambes pour se mettre plus à l’aise.
-« Ne le fait pas pour moi, j’avais justement besoin d’une excuse pour m’éloigner d’eux.
-Je me sens coupable maintenant, tu t’entendais super bien avec lui ! »
Il haïssait le fait que son cœur se serra plutôt douloureusement, il avait l’impression que sa gorge commençait à se nouer. Il ne pouvait quand même pas s’attacher à une personne aussi vite, quand même, cela n’était pas lui. Alors pourquoi ce gout amer ? Milo et lui n’étaient pas fait pour être amis. Il était beaucoup trop radiant, beaucoup trop…Bien. Et lui, Il était juste lui. Cela lui aurait inévitablement fait du mal à un moment ou un autre, autant que cela soit maintenant alors qu’il le connaissait à peine. Autant l’oublier, lui et son corps de rêve, et son sourire lumineux, ses taquineries, et ses yeux de lagons clairs, son léger accent grec, et son rire particulier. Autant oublier cette superbe soirée et les rires partagés, le gout de liberté qu’il dégusta avec lui. Tant de bonnes choses ne pouvaient que lui faire du mal à la fin, il ne faisait que lui vendre du rêve. Il n’avait aucune attention de reprendre le rôle d’Icarus dans une relation.
-« Pas tant que ça. » Le rassure-t-il. « Je l’ai tellement insulté durant la soirée, et on s’est beaucoup chamailler.
-Et bah comme nous au début ! Hahaha on se détestait tellement ! »
Le souvenir parvint à lui redonner un faible sourire.
-« Quand est-il de Saga ?
-Il n’a rien avoir avec Kanon, ne le blâme pas non plus.
-Tu lui redonnerais une chance ? »
Une exclamation d’horreur siffla devant eux, les faisant tourner de la tête. Isaak avait fait tomber le sac en plastique qu’il tenait.
-« Me dites pas que vous parlez de Surt ! » S’offusqua-t-il.
Hyoga aussi, à ses coté avait quelque peu blêmit. Dité s’esclaffa face à leur réaction et leva son portable pour prendre leur grimace rapidement en photo.
-« Non évidemment que non ! » Contredit le suédois. « Herrengud ! Jamais.
Le blond reprit sa place a coté de l’ainé « De qui vous parlez alors ? »
Les deux autres jeunes aussi reprirent place, tous suspendu aux lèvres des deux adultes. « Bande de petit curieux », pensa Camus.
-« Un ancien ami à moi. » Répondit ce dernier. « Ce n’est rien de sérieux, oubliez.
-Tu sais Camus, la prochaine fois que tu veux sortir avec un gars, tu le ramène d’abord à la maison, on va le cuisiner pour s’assurer qu’il est bon pour toi ! » Lui dit Isaak, le faisant lâcher un petit rire.
-« Pour qu’il soit bon pour toi, » Continua Hyoga plus calmement. « Je pense qu’il doit être un mec énergétique, plus vivant. Qui est sympa et drôle et sociale. »
Un sourire étira les lèvres des deux autres adolescents, ce qui intrigua Camus.
-«Oui ! » Approuva Isaak. « Un mec qui peut te faire rire même dans les mauvais moments ! Et qui pourrait nous voire comme ses propres frères ! Forcément, ça serait un mec que maman adorerait.
-Du genre Jovial. » Ajouta Shun, un grand sourire aux lèvres. « Quelqu’un qui te pousserait toujours à aller de l’avant ! Et qui ne craint pas d’être jugé. »
Au lieu de se demander ce que tramait les jeunes, son regard s’était quelque peu perdu devant lui, considérant leurs paroles. Il finit par les fermer lorsque ce fut l’image de Milo qui lui vint en tête, comme si cela l’avait brulé. Pourquoi pensa-t-il à lui ? Comme s’il avait même un centième de chance avec lui. « Retire-le de ton esprit pour de bon ! » Se réprimanda-t-il mentalement. Il refusait catégoriquement d’être blessé à nouveau ! Il n’était absolument rien, et un vaurien n’avait pas à avoir un semblant d’espoir pour quelque chose d’aussi ridicule !
-« Vous décrivez un mec qui n’existe que dans les comtes. » Soupira-t-il.
Non, il existait bien, mais il était absolument hors de sa porter. Un mec énergétique, et vivant, qui est sympa, drôle et sociale. Un mec qui le fit rire même lorsqu’il était énervé et qui adorait ses frères comme s’ils étaient les siens. Forcément, leur mère le trouvait charmant. Un mec du genre jovial, qui le poussa à faire l’impossible ; danser. Et si audacieusement en plus ! Et Camus avait adoré chaque moment. Avec lui, il ne craignit pas d’être jugé. Oui, ce mec existait définitivement. Camus n’était tout simplement pas fait pour lui. Il était fait pour un mec comme Surt, il le savait pertinemment.
-« Ca me rappelle quelqu’un, tien donc. » Dit Dité ce qui faillit le faire étouffer.
-« Bref, arrêtons de parler de moi et ma vie sentimentale ! Je ne compte pas avoir quelqu’un pour un très long moment. Mais quand est-il de toi, Dité ? C’est pour quand la relation sérieuse ?
-Jamais ! Sujet clos !
-Les enfants, ne prenez pas exemple sur nous. »
Chapter 6: Le souvenir de la dernière photo.
Chapter Text
Les jumeaux sentirent que quelque chose clochait le lendemains, Camus et Dité les avaient déposés au conservatoire, jusqu’à la rien d’anormale. Ils notèrent que leur coach était d’une humeur impatiente et colérique. Il était toujours préférable de ne pas trop blaguer avec lui ou tester sa patience lorsqu’il était ainsi. Il ne voulait pas discuter ou plaisanter comme à son habitude, aussi il tolérait encore moins les mauvaises attitudes. Le cours débuta sans attendre aucun retardataire et ceux arrivé en retard durent faire une vingtaine de pompes, et ceux qui se plaignirent, il leur en ajoutait dix supplémentaire. Ce fut un réel soulagement que les jumeaux ne furent pas en retard ce jour ci.
Durant la pause, aucun sourire n’avait encore apparu sur le visage de leur instructeur. Ils étaient justement en train d’en parler avec Shun lorsque le concerné les approcha plutôt nerveusement.
-« Ca va les jeunes ?
-Oui coach, et vous ? » Lui retourna la question Isaak.
-« Quelque chose vous embêtes ? » Daigna demander Shun.
-« Non, pourquoi ? Tout va bien. » Pour la première fois aujourd’hui, un sourire étira ses lèvres. « Eum, Shun, Ikki a dit quelque chose en particulier ?
-À propos de vous ? » S’assura-t-il en levant le regard pour tenter de se rappeler de quelque chose. « Il a bien insinué quelque chose à Dité, mais je ne pense pas que ça soit par rapport à vous, et vu que ce ne sont pas mes affaires, je n’ai pas cherché à savoir. »
Les jumeaux se lancèrent un regard, se rappelant la colère de Dité, ce qu’Ikki avait mentionné lorsqu’il récupérait Shun et de ce que ce dernier avait dit à propos de leur coach qui était d’humeur massacrante. Il se passaient très clairement quelque chose.
-« C’est bien, t’es un bon garçon Shun. Et vous, qui viens vous cherchez aujourd’hui ?
-Camus normalement, il se sent un peu mieux aujourd’hui. »
Leur coach ouvrit un peu plus les yeux, il n’avait pas retrouvé sa radiance habituelle, mais une étincelle naquit à nouveaux dans son regard.
-Pour de vrai ? C’est super ça. »
Il semblait rassurer pour une raison, son sourire devint plus sincère.
-« Bon ! Vous avez encore cinq minutes puis on reprend ! » S’exclama-t-il assez fort pour que tous l’entente, il leur fit ensuite un signe de la main avant de repartir, sa mauvaise humeur en moins.
- « Eh bah » Commenta Hyoga.
-« Les gars, toutes ces questions c’était pour arriver à Camus ! J’en suis sûr ! » Leur dit l’expert des relations -Shun- « Quelque chose se trames.
-Comme quoi ? ils se sont parlé, quoi ? Deux fois ? Je veux bien croire en notre plan suprême, mais on n’a encore rien fait de spécial pour autant les rapprocher. » Nota Isaak, perdu.
-« C’est vrai. Qu’est ce qui te fait penser ça, Shun ?
-Mon intuition. Il a arrêté d’être aussi nerveux lorsqu’il nous a parlé, et particulièrement lorsque vous avez mentionné Camus, et il est parti aussitôt qu’il eut les réponses qu’il voulait. Normalement il serait resté taper la discussion plus longtemps. Je sais bien que vous êtes ses préférées et que j’ai quelque chose de spéciale grâce à mon frère, mais le coach a tendance à parler un peu avec tout le monde. Regardez-le, il était sur son portable tout le long de la pause à vous jeter des coups d’œil puis là il est de retour à ce qu’il faisait, sans parler à personne d’autre. En plus il a demandé ‘qui viens vous chercher’ au lieu de demander directement si c’était Camus, quelque chose le tracassait. »
Hyoga écarquilla les yeux, impressionné par toutes cette analyse faites de presque rien et en un temps records. Shun lui faisait toujours cet effet la, il ne pouvait que tomber en admiration quoiqu’il fît, et selon le sourire que lui adressait Issak, cette admiration se montrait un peu trop sur son visage.
-« Wow. » Lâcha le blond, ce qui fit quelque peu paniqué celui aux cheveux de printemps.
Shun posa ses mains sur ses lèvres, les sourcils levés « Oh désolé j’ai trop parlé ! »
Hyoga le trouvait beaucoup trop adorable ainsi, si seulement il pouvait juste lui tirer et malmener ses joues pleines qui prenaient couleur si facilement. Shun n’était pas bon pour son pauvre cœur, il allait finir par faire un arrêt cardiaque.
-« Non pas du tout, c’est juste impressionnant, comment tu fais pour capter tout ça ? »
Isaak avait un sourire narquois, virant son regard plissé, remplis de sous-entendu entre eux. Hyoga lui donna un coup de pieds discret.
-« Je sais pas, j’observe beaucoup les gens. Enfin, bref. On peut tester un truc ! quinze minutes avant la fin du cours, s’il jette plus de cinq coups d’œil vers la vitre, c’est que ça concerne très probablement Camus. »
Les jumeaux s’échangèrent un sourire complice en opinant. Ils allaient devoir garder un œil attentif autant que possible sur leur coach même durant leur chorégraphie. Enfin, leur sourire s’effaça lorsqu’Algol et sa bande passèrent à côté d’eux en leur lançant un mauvais regard provocateur.
Comme l’avant prédit Shun, Ils avaient bien compté plus de cinq coups d’œil jetés vers la vitre derrière laquelle se tiendrait normalement Camus. Ils s’étaient échangé un regard victorieux mais trouvèrent cela étrange que leur grand frère ne soit pas encore là. Même une fois que le coach signala la fin du cours pour aujourd’hui, aucun grand frère ou même meilleur ami du grand frère n’étaient en vue.
Le trio était sorti de la classe pour débriefer la situation en attendant l’arrivée de leur frère, ce fut encore à ce moment qu’à nouveau leur instructeur vint à leur rencontre.
-« Bah alors, il n’est pas venu ? » Demanda-t-il, ayant l’air à nouveau quelque peu nerveux.
-« Je viens de voir son message, il a dit qu’il était à la cafet’ avec Dité. » Leur informa Hyoga.
-« Bon je vous accompagne un peu, allons-y ! » S’imposa-t-il en débutant la marche sans qu’ils n’aient le temps de s’étonner.
En compagnie de leur coach, ils se rendirent donc aux premier étage ou se trouvait la cafétéria et dès qu’ils y entrèrent, leur attention fut directement attirée vers le coté du comptoir, où ils virent Camus de dos, qui apparemment tenter de calmer une dispute entre un homme tatoué. Ils suivirent leur coach qui s’avança vers lui.
Camus lacha un soupire exaspéré « C’est bon Dité, tu nous fous la honte. » mais son ami ne semblait pas prêt à se calmer.
-« C’est lui qui me provoque ! Au lieu de venir t’excuser pour ce qu’il s’est passé hier, tu viens me provoquer ? C’est que tu veux que je te gifle toi aussi !
-« Eh Kanon hier ne t’as rien rendu car il écoute un peu Milo, moi j’écoute personne ! » Réfuta-t-il d’un air quand même amusé.
-T’entend ce qu’il me dit !
-Qu’est-ce qu’il se passe ici ? » Demanda Milo sur un ton amicale en venant s’incruster dans le petit groupe.
-« Ah tien ! Regardez qui va la ! » Lâcha Dité de toute l’insolence dont il pouvait faire preuve, se recevant un coup de coude de la part du roux.
-« Dité ! »
Milo s’immisça entre eux et passa un bras autour des épaules du suédois et du franco-russe, ce qui eut pour effet de surprendre les plus jeunes qui se lancèrent un regard. Camus d’ailleurs aussi leur jeta un coup d’œil embêté.
-« Angelo arrête un peu de faire chier le monde ! » Lui dit l’instructeur, et comme réponse le dénommé Angelo leva les yeux aux ciels.
Ce qui fut drôle c’était que Dité eut la même réaction et se libera du poids de son bras pour s’éloigner de lui.
-« Je les embêtes pas, c’est cette poupée déboitée qui me cherche !
-Pardon !?
-Eh répète un peu ! » Cette indignation provint d’Isaak, faisant tourner tous les regards surpris vers lui.
Le courageux adolescent fit face au terrifiant homme aux allures aux mafieurs qu’ils avaient déjà vu passer dans les films. Le terrifiant homme le dévisagea de haut en bas avant de s’esclaffer.
…
-« Qu’est-ce qu’il me veut la demie portion ? Tu crois que tu me fais peur ?
-Angelo ! » L’interpella Milo qui se soucia plus de la réaction de Camus que de ceux de ses élèves, enfin, il n’appréciait évidemment pas qu’on parle ainsi à ses petits protégés, mais son ami l’enfoncer encore plus dans sa mauvaise situation devant leur grand frère.
Comme preuve, Camus fixait Angelo avec un regard sanglant et si glacial qu’il le fit frissonner. C’était quand même impressionnant de retenir autant de froideur hivernale dans des yeux de couleur chaude. Milo ne pensait pas pouvoir se lasser de ce contraste. Camus lui dégagea son bras d’un geste sec, ne lui accordant aucune attention, aucun regard et se tourna plutôt vers Dité.
-« Pourquoi est-ce qu’il faut que tu es toujours des gouts de merde concernant les hommes ? » Lâcha-t-il comme une bombe, mettant bien l’accent sur le mot ‘merde’ qui fit sourire Milo et froncer les sourcils d’Angelo.
Le grec qui voulut se retenir d’exploser de rire, bien qu’il fût lui aussi quelque peu en mauvaise posture, se mordit la lèvre. Il n’y a pas à dire, Camus était hilarant lorsqu’on n’était pas le receveur de son mépris.
-« Je sais pas, j’ai juste eu pitié de lui. »
Le visage de l’italien s’assombrit de colère, mais avant qu’il ne puisse dire quoique ce soit Camus lâcha un « On y va ! » en ouvrant la marche vers la sortie, donnant une faible pousse à l’épaule de son frère pour l’éloigner d’Angelo.
Milo eut comme bon reflex de le retenir par le bras avant qu’il ne soit hors de sa porter.
-« Attend un peu, Camus, j’ai à te parler. » Lui dit-il en le tirant un peu vers lui.
Pour une raison, il sentit son pouls s’accélérer. Il était à la fois heureux et nerveux de le revoir. Il ne comprenait pas pourquoi il lui avait manqué. Ses cheveux et ses regards intriguant, ainsi que sa voix et sa façon d’être. Il avait vraiment eu envie de lui reparler depuis la soirée, malgré les dires de Kanon, malgré ce petit malentendu dont il était sûr que Camus fut mis au courant. Il devait s’expliquer, lui faire savoir qu’il ne pensait rien de ces mauvaises choses sur lui, peut-être même pourrait-il lui dire que c’était quasiment le contraire, qu’il l’intriguait et l’amusait.
Camus ne se débattit pas, il baissa les yeux sur sa main qui retenait son poignet avant de le regarder lui d’une manière indéchiffrable. Sous le regard des autres, il le traina à l’écart, ramenant à nouveau sa main vers lui, cette fois ci entre ses omoplates. Il le regardait dans les yeux, et Milo se retrouva submerger dans cet océan rouge sans fond, vibrant d’une couleur si profonde et vorace. Il se retrouva quelque seconde sans voix avec la seule capacité de déglutir, et il le fit assez mal. Vraiment, savait-il qu’il avait de magnifiques yeux ? Leur forme en amande le rendait plus glaçant, et ses cils noirs plus long sur ses paupières inferieurs encore plus joli. Et il le regardait aussi avec une certaine froideur et autorité, mais au lieu de le trouver imposant comme avant, il le trouva adorable. Il eut soudainement envie de lui pincer les joues, mais bien évidemment qu’il retint cette soudaine pulsion.
-« Écoute, à propos- » Se décida-t-il enfin à parler, mais il se fit couper.
-« Ne t’inquiète pas, je n’en ai pas grand-chose à faire. »
Milo fronça les sourcils d’interrogation, penchant la tête légèrement sur le côté.
-« Tu n’as pas besoin de m’expliquer quoique ce soit ou même t’excuser. Kanon ne m’aime pas, je le sais, on n’est pas obligé de continuer à faire ami-ami, tant que cela n’affecte pas ta relation avec mes frères.
-Hien quoi !? Non attends, tu te méprends ! ‘Fin oui, je voulais te parler de ça, mais c’était pour te dire que c’était un malentendu.
-Je le sais.
-Et je n’ai jamais dit que je voulais arrêter de faire ami-ami avec toi, peu importe ce que c’est pour toi de faire ami-ami. » Ricana-t-il. « Boire des widow maker et se mettre à moitié à poils pour enflammer la piste de dance, oh si c’est ça, faisant ami-ami chaque fois. » Il termina sa phrase avec un clin d’œil et se retint de sauter de joie lorsqu’il vit que cela ne laissa pas celui en vis-à-vis de lui indiffèrent.
Il eut une réaction de sa part, certes, discrète, mais c’était déjà une victoire. Camus avait d’abords un peu plus ouvert les yeux, avant de détourner le regard, faisant renter un peu plus sa tête entre ses épaules. Il pressa ses lèvres en une fine ligne comme s’il se retenait de montrer plus que cela.
-« Tss, idiot. » Marmonna-t-il, pas assez bas pour que cela passe inaperçu.
-« Ah donc, ce n’étais pas parce que tu étais bourrée que tu m’insultais.
-Je ne t’ai jamais insulté, je ne faisais qu’une observation évidente.
-Ehh ! C’est pas sympa ça ! » S’esclaffa-t-il. « Donc tu n’es pas fâché contre moi, grand frère ? »
Camus plissa les yeux et le toisa du regard comme s’il avait dit la chose la plus possiblement stupide sur le moment. Il leva ensuite les yeux au ciel et fit un pas pour s’en aller, mais à nouveau, Milo le retint avec un sourire au coin. Il adorait leurs interactions, mais il ne pouvait dire pourquoi, et il voulait faire durer ces petites messes basses aussi longtemps que possible.
-« Juste pour m’assurer » Reprit Camus parole. « Qui est Kanon pour toi ?
Milo répondit sans hésitation « Mon meilleur ami. »
Camus lui attrapa la main pour la serrer.
-« Je vois, ce fut un étrange plaisir de te connaitre, adieu. »
Milo ne lui lâcha pas la main, resserrant sa prise, afin l’empêcher de s’en aller.
-« Attend, tu n’es pas sérieux.
-J’ai l’air de ne pas l’être ? »
Milo eut envie de rire, parce qu’en effet, Camus était l’incarnation du sérieux, sauf que la situation l’inquiétait assez pour qu’il ne le fasse pas.
-«Et quoi, tu vas aussi couper Saga de ta vie à cause de Kanon ?» Demanda-t-il en fronçant les sourcils.
-Saga c’est autre chose.
-Et pourquoi moi je suis pas autre chose aussi ? »
Comme réponse, Camus arqua un sourcil. « L’égocentrisme à son paroxysme.
-Roh aller, tu veux juste me provoquer »
Camus soupira et retira gentiment sa main de la sienne.
-« C’est compliqué Milo. Évite-toi le mal de tête et restons des connaissances qui se saluent simplement lorsqu’elles se croisent. Tu es important pour eux, Hyoga et Isaak, je ne souhaite pas que votre relation se détériore à cause de nos différents à Kanon et moi. Et puis c’est ton meilleur ami, écoute-le un peu. »
Cette réponse ne plut pas du tout à Milo, et ce mécontentement était bien lisible sur son visage. Il baissa la tête et détourna le regard vers les jumeaux qui les regardaient depuis le comptoir, accompagné de Shun et Dité. Angelo devait être parti après son coup de colère.
Milo soupira « Même moi je sais que mon meilleur ami dit n’importe quoi de temps en temps. »
-« Comment tu peux être sûr que ce qu’il dit c’est du n’importe quoi à mon sujet ? Je sais ce qu’il dit, il n’a jamais hésité de me le faire savoir et je t’avoue que je n’ai jamais trouvé qu’il abusait. » Il s’éloigna de Milo avant même de finir sa phrase.
Ces propos le blessèrent, le ton de Camus était resté aussi monotone que d’habitude mais il jura y avoir déceler de la tristesse. Son cœur se serra. Il avait eu envie de lui prendre le bras pour le faire tourner vers lui et lui crier au visage que ce n’était pas vrai, que parfois Kanon était juste un connard qui ne se souciait que de ses propres intérêts. Il n’avait pas envie de rester que de simple connaissance, il vit un énorme potentiel d’amitié entre eux qu’il n’appréciait vraiment pas de gâcher simplement à cause de l’égoïsme de son meilleur ami. Ils ne voulaient pas que leur discussion reste simple, qu’ils se suffisent d’ennuyante banalité, sans se provoquer. Il ne voulait pas que cette soirée folle soit l’unique et la seule avec lui comme partenaire de danse. Il voulait apprendre à le connaitre, et déceler tout ce qui se cachait au fond de ses océans de sang et en retour, il voulait aussi lui montrer qui il était réellement. Il ne savait pas trop pourquoi.
Il le suivit, le rattrapa et lui donna un faible coup d’épaule.
-« Je te raccompagne à la voiture. »
Ils s’échangèrent un faible sourire avant de rejoindre les autres qui les regardaient avec curiosité.
-« Je ne savais pas que vous étiez ami à ce point. » Fit Isaac la remarque alors qu’il sortait de la cafétéria.
-« Au point où on entretint une conversation des plus normale ? Avance, toi, prochaine fois tu ne provoques pas un gars qui fait deux fois ta taille et deux fois ta corpulence. Les amis de ton coach sont décidément tous douteux. »
Isaak fit la moue tandis que le coach en question s’esclaffa.
-« Je peux pas nier ça. Hien Dité ? »
Ce dernier lui lança un regard au coin.
-« Mh-hm, yeah sur, mais ton ami douteux à des excuse à présenter à mon petit isaak. »
Celui qui boudait, se redressa droitement, les joues tournant aux rouges avec un joli sourire sur les lèvres qui firent rires les deux autres jeunes.
-« Bien sûr, je vais le forcer s’il le faut. Je m’excuse de sa part, c’est un connard parfois.
-Parfois. » Répétèrent d’une même voix Camus et Dité.
-Ouais bon, parfois c’est un bon pote, je vous jure ! »
Ils continuèrent à discuter de simples choses jusqu’à arriver à leur voiture garé pas très loin de l’entrée du bâtiment. Milo se montra assez galant pour ouvrir la portière côté passager pour Camus qui s’installa en le remerciant. L’instructeur jeta un coup d’œil à la banquette arrière alors que les jeunes s’installaient et repensa à la vidéo de lui, ivre mort, qui câlinait un Camus dans un état encore pire que lui, dans cette voiture même.
-« Bon les monstres, vous avez deux jours de repos, mais vous avez intérêts à vous entrainer quand même. M’enfin, j’ai pas trop à m’inquiéter pour vous, vous avec un expert de la dance juste ici. » Il finit sa phrase en ébouriffant assez brusquement les cheveux de Camus qui protesta.
Mila ferma ensuite la portière et leur faire un signe de la main en s’en allant assez rapidement.
…
Camus pouffa de -faux- agacement « Quel idiot ! » en passant ses doigts dans ses cheveux pour les rajuster.
Tous le regardaient silencieusement, Dité et Shun avec amusement tandis que les jumeaux avec plus d’étonnement. Camus les balaya du regard, confus, avant de réaliser quelque chose et de se regarder à travers le rétroviseur. Il aurait dû s’en douter ! Ses joues étaient aussi rouges que ses cheveux !
-« Démarre la putain de voiture.
Maudit Milo !
Personne ne commenta sur ses bien visible rougeurs qu’il tenta tant bien que mal à dissimuler et à faire disparaitre grâce à la climatisation. Il avait du mal, rien que le fait de penser à ce satané instructeur de dance lui chauffait inévitablement le visage. Puis il se rappela leur dernière conversation qui se déroula dans la cafétéria. Camus lui avait dit qu’ils ne devraient pas être ami, et bien que ce furent ses propres paroles, qu’il fut celui qui les prononça, il sentit une certaine tristesse en lui qu’il ne comprenait pas, et à nouveau, le vide en lui qu’il était parvenu pour un moment à oublier se refit sentir encore plus consumant.
Rester que des connaissances.
Des inconnues.
Camus était une poule mouillée.
Ils déposèrent Shun chez lui, et comme le jour d’avant, Ikki se présenta devant leur voiture, en pyjama et un sourire narquois sur le visage. D’une main il tenait une brique de jus et de l’autre son portable.
-« Dis donc, pourquoi il y’a toujours du drama quand vous poser les pieds au conservatoire ? » Ricana-t-il en tournant son portable vers eux pour les laisser voir l’écran.
Ils purent apercevoir un groupe de discussions qui enchainait les messages envoyés.
« D.M : Tg sale insecte de mes deux
D.M : Je t’ai pas demander ton avis déjà de un
Milo : M’en fou tu recommences pas
Milo : Sinon prochaine fois que je te vois
D.M : Sinon quoi ? Juste tg fdp
Shura réponse à D.M: En vrai t’abuse
Shura : Ça te tuerait pas d’être sympa tu sais.
JumeauNub2 : Je vais tous vous bloquer
D.M : PERSONNE A DEMANDER TON AVIS SHURA FERME TA GUEULE
Shura : Change tes repartis sale retardé
Milo : BAHHAHHHAHAHA
D.M : C’est cette tapette bleue qui a commencé à me provoquer donc la ramenez pas »
-« Pardon !? C’est moi la tapette bleu !? » S’indigna Dité, hors de lui.
Il arracha le portable des mains de Ikki qui lâcha un « Eh ! », et appuya sur le bouton d’enregistrement vocale.
-« C’est qui que tu traites de tapette bleue sale livre de coloriage pour enfant mal fait ! Tu as littéralement la même tête que le chihuahua de ma grand-mère ! Et je te jure qu’il n’a rien à envier à un rat ! Genre, tu ne réalises pas par quel grâce du ciel tu as pu avoir la chance d’embrasser une beauté comme moi ! Imbécile tu devrais littéralement remercier dieu chaque instant pour ça ! Parle encore et y’aura pas que cet autre gorille que je vais baffer-
Camus tenta de le stopper « Arrête Dité ! » Mais trop tard, son ami éloigna le portable de sa portée pour envoyer le message vocal avant de le relancer à Ikki complètement hilare.
-« Toi, je veux bien essayer de faire la paix avec toi vu que t’es le grand frère de Shun ! Mais je t’ai à l’œil aussi ! »
Ikki renifla de rire tandis que Camus cacha son visage de honte derrière sa main.
-« T’inquiète, mon frère vous estimes beaucoup trop, puis vous m’avez pas donner de raison de me mettre contre vous. Et honnêtement, la plupart du temps Angelo mérite qu’on le remette bien à sa place, pareille pour Kanon. Saga ne t’en voudra pas pour ça.
-On peut partir ? » Demanda d’un faible voix Camus qui en avait plus que marre de toute cette situation.
-« Je savais que t’étais un bon, Ikki. » Lui dit Dité avec sourire, accompagné d’un clin d’œil. « Tu as quel âge, d’ailleurs ?
-Dité… » Soupira le roux d’exaspération, sachant très bien où allait mener cette dernière question.
Son ami pouvait quand même bien se retenir de draguer Ikki devant les jeunes ! Qui d’ailleurs s’échanger constamment des coups d’œil entre eux.
-« Pourquoi ? T’essaye de voir si je suis trop jeune pour toi ? » Ricana Ikki, une main posée sur le rebord de la fenêtre. « Je te laisse encore un peu le suspense. Bon, allons-y Shun. À toute, la famille. Oh et aussi, venez diner un de ses quatre »
Sur cette invitation lancée aléatoirement, il leur fit un signe de la main avant de se retourner. Shun leur dit au revoir plus proprement avant de suivre son frère et une fois qu’ils furent hors de leur champ de vision, Camus fusilla du regard son ami avec sévérité, les bras croisés.
-« Oh non me donne pas ce regard.
-Tu ne peux vraiment pas t’en empêcher hein ? What’s wrong with your head? You know what, juste conduit, je suis fatigué.”
Le suédois fit une mine boudeuse en remettant la voiture en marche.
-« C’est pas ma faute. J’ai du mal à résister au smug smiles et aux dark hairs.
-Je m’en fiche de ça, je te parle du message !
-Il m’a traité de tapette ! Tu voulais que j’accepte ca sans rien faire ! » Contesta-t-il, les épaules tendues.
-« Dit Dité ! » L’interpella Isaak. « Ton type c’est vraiment que ça ? Je veux dire, les mecs gentille et coloré c’est pas ton truc ? »
Camus ravala son énième soupire. Il n’y avait honnêtement que Hyoga qui ne le fatiguait pas, ni lui faisait mal à la tête. Que dieu bénisse sa douce petite tête blonde.
-«Mhhh, enfin, techniquement, si ? Mais ce genre de gars s’attache trop vite. De mon expérience, bien sûr.
-Et où est le problème dans ça ? » Renchérit-il, fronçant quelque peu les sourcils.
-« Y’a aucun problème ! C’est plutôt moi le problème, je ne cherche rien de sérieux. Donc je suis un peu un connard joueur qui se tourne vers des connards joueurs ! » Expliqua-t-il avec un sourire amusé, ne remarquant pas l’air abattu du pauvre adolescent.
-« Qui t’insultes et que tu insultes en retour. » Ajouta Camus d’une voix monotone, jetant un regard désolé à son frère.
-« Aw, honey ! Tu me connais trop bien ! Enfin ! Il y a bien avec quelqu’un que je suis prêt à faire une exception ! Sans te compter bien sûr, mon Mumus. »
Isaak releva la tête brusquement, un semblant de nouveau espoir naissant dans les yeux, et le plus âgé de la fratrie ne put retenir une petite grimace en sachant très bien qu’il n’allait être qu’encore plus douloureusement déçu. Peut-être qu’il devrait faire taire son ami, mais cela laisserait le bénéfice du doute à son frère, et il avait réellement envie que ce dernier arrête de poursuivre le suédois. De toute façon, même si son ami était du genre à sortir avec des adolescent -ce qu’il l’aurait abominé-, il ne laisserait jamais son frère fréquenter, de un, un homme aussi âgé, de deux, un homme comme Dité. Il adorait son meilleur ami, sincèrement, mais ce dernier était une tout autre personne avec ses relations amoureuse, un véritable manipulateur qui aimait les sensations fortes et le Drama. Aussi certains délires sexuels qu’il préfèrerait à tout prix éloigné, ne serait-ce que l’idée de ceux-ci, de la tête de ses petits frères. Isaak n’y survivrait pas. Néanmoins, bien qu’ainsi, Dité n’était pas du genre a le cacher et prévenait ses copains de comment il était et de ce qu’il allait leur faire, pour lui, ce n’était qu’un jeu, un passetemps pour ne pas s’ennuyer. Et ses partenaires, la plupart du temps, partageaient les mêmes préférences que lui.
-« Ah ouais ? Qui !? » Lui demanda celui aux cheveux de pomme verte.
-« Mu ! Tu sais Camus, tu te rappelles ? Ce joli jeune homme qui nous a aidé l’autre jour ? Pour lui je ferais bien une exception et resterais sage, hehe, je devrais le texter aujourd’hui ! »
Il entendit Hyoga pouffer de rire puis Isaak lui lancer un juron tout bas. Son ami continua de parler tandis que les jumeaux se chamailler en chuchotant à l’arrière, en revanche, plus rien ne parvenait vraiment à son écoute. Camus était épuisé, et de l’intérieur, il se sentait tout retourné, comme s’il chutait après qu’il fut coincé dans une tornade. Il était exténué, certes, mais pour une raison il eut l’impression de pouvoir courir un marathon, ou de danser sans pause du crépuscule jusqu’à l’aube. Il ne parvenait à concentrer son attention sur la réalité, en fait, il espérait qu’ils pourraient tous la fermer pour qu’il puisse plonger plus en profondeur dans ce qui l’attirait au fond de ses pensées.
Milo.
Il rencontra Milo, il n’y a de cela que quelque jour, et il le fit ressentir plus de choses durant ce cours laps de temps que durant tout une année. Non, que disait-il ? Les papillons au ventre et le cœur qui bondit de cette façon, si agréablement, ils ne les avaient plus ressentis depuis des années. Non plus cette attirance, non plus cet amusement, ce tiraillement dans ces muscles après un grand effort physique, cette difficulté à represser un sourire…Juste, cette envie de rire au souvenir de lui, ou sur le moment, en sa compagnie. Quand fut la dernière fois qu’il porta tant d’intérêt au visage d’une personne ? Il cherchait à capturer du regard chaque détails qui s’y trouvaient, presque émerveillé par tout son ensemble, par chaque mouvement de ses muscles. Par lui, globalement. Et cela l’attirait à vouloir découvrir ce qu’il y avait au fond de ces lagons scintillant, derrière son sourire et chacun de ses gestes et dires, tout ce qui faisait de lui Milo.
Camus frotta légèrement sa tête contre la vitre de sa fenêtre, le regard perdu dans le paysage flou qui passait à toute vitesse. Mais lui, il ne voyait rien. Ou plutôt, il ne voyait rien d’autre que ce bleu cristallin, ce mauve profond, et ce rouge brunâtre qui colorait ses lèvres après l’effort.
Il fut si absorbé par toutes les sensations que le fit vivre cet instructeur de danse, qu’il ne répondit pas lorsqu’on l’appela. Ni la première fois, ni la deuxième fois.
-« Oh wow, c’est pire que ce que je pensais. » Avait dit Dité.
-« Pst, Dité » Lui chuchota tout bas Hyoga, s’approchant autant que possible de lui. « Comment ça se fait que vous êtes ami avec le coach ? »
Étrangement, ce fut là que Camus sortit de sa transe et sursauta en remarquant son frère penché à l’avant. Il réalisa qu’il fut absent pour une durée de temps indéterminé et maudit Milo de tout son être.
-« Mh, on s’est croisé en boi-
-Dité. » L’interrompit-il en devinant ce qu’il allait dire. « Et toi, retour à l’arrière. »
Son ton définitivement sévère et mécontent leur fit passer le message de ne pas daigner poser de questions. Il ne souhaitait pas parler de Milo, et ne voulait pas que ses frères recommencent à penser qu’il était intéressé par lui.
Il ne l’était pas !!
Pour autant de temps qu’il aura sa mauvaise foi, en tout cas.
…
Lorsque Milo avait entendu le vocal envoyé dans le groupe de discussion, il était encore assis dans sa voiture qu’il n’avait pas encore démarré. Après avoir raccompagné Camus et les autres à leur véhicule, il avait appelé Angelo afin de s’expliquer avec lui, sauf que ce dernier n’était apparemment plus au conservatoire. Aujourd’hui, leur petite band n’avait pas de répétition, il était simplement venu pour récupérer des affaires qu’il avait oublié la veille. Enfin, c’était ce qu’il prétendait. Le grec avait sa petite idée la dessus, connaissant son ami, après que Dité l’eut insulté le jour d’avant, il dut deviner qu’il allait venir récupérer les gamins. Angelo n’en avait vraiment pas l’air, mais il était perspicace et plutôt intelligent. Enfin, le mot le plus adapté serait malin.
Il ne s’était pas attendu à entendre un Dité enragé lorsqu’il activa le message vocale d’Ikki, et il explosa d’un rire d’hyène. Lui qui pourtant s’était rendu à sa voiture quelque peu démoralisé ne put se retenir en entendant les insultes bien choisies du suédois, puis se tut lorsqu’à la fin, on entendait une autre voix lui demandant sévèrement d’arrêter.
Camus.
Milo se calma quelque peu et recommença le vocal depuis un peu avant la fin avant de réentendre sa voix. Il pouffa d’un rire discret, les yeux perdus dans les vagues. Sacré duo, ces deux-là.
Ce message avait encore plus enflammé les discussions, les réponses s’enchainaient beaucoup plus rapidement avec Shura et Ikki qui se marrait tandis qu’Angelo et Kanon exprimaient bien haut et fort les mécontentent. Enfin, son compatriote avec beaucoup plus de haine et de violence. Son ami italien, bien qu’énervé, jouait plus sur l’humour. Milo le connaissait, il savait que secrètement il avait aussi ri. Mais Kanon lui, semblait haïr tout ce qui se rapprochait de près ou de loin au roux. Ce qui l’attristait.
Il ne parvint plus à rire malgré les réactions amusantes de ses amis. Il n’en avait plus trop le cœur. Il avait passé une mauvaise journée, depuis hier, sa colère contre Kanon ne s’était pas apaisée calmement, ni totalement. Ils ne s’étaient plus reparlés, et même sur le groupe de discussion ils s’évitaient. Geist n’avait pas été contente avec ses crises de colères et ne voulut entendre ses plaintes, et maintenant Camus lui disait qu’il était préférable qu’ils ne soient pas amis.
Ca ne devrait pas autant lui importer.
Et pourtant.
Peut-être qu’il devrait en discuter avec Saga ? Mais il craignait de créer des problèmes à Kanon. Le plus âgé d’entre les jumeaux était assez sévère envers l’autre, comme s’il était l’ainé de plusieurs années au lieu que de quelques minutes. A la moindre suspicion envers Kanon, Saga allait l’engueuler sans hésitation. Il savait pertinemment que son meilleur ami était très sensible aux reproches de son frère, il ne souhaitait pas risquer de le mettre dans cette situation.
Il soupira. Il n’avait d’autre choix pour l’instant de laisser les choses se passer toute seules, en espérant que Camus ne se mette pas à l’éviter. Il avait envie de le voir à travers la vitre lorsque son cours approchait à sa fin.
…
Le jour suivant qui passa se déroula mieux que l’aurait cru Camus. Certes, le soir, il était pris d’insomnie, incapable de rester allongé dans le noir malgré la grande fatigue, mais il se surprit à avoir quand même la force de tenir bon et de s’occuper avec quelque chose, n’importe quoi, pour y parvenir. Il lisait, lorsque Dité ou n’importe qui d’autre ne pouvait le distraire assez pour l’empêcher de penser, il lisait ce qu’il trouvait de plus compliqué et difficile à comprendre. Son ami s’était trouvé un nouveau passe-temps, discuter avec Shura et provoquer Angelo autant que possible. Malgré les insultes et ses grands airs agacé, il devina que Dité ne pensait qu’à reparler à l’italien.
Ses frères furent d’une grande aide aussi, pour son grand soulagement, ils n’avaient pas tant insisté pour tenter de savoir comment était-il devenu aussi ‘proche’ de leur coach. Il esquiva le sujet, comme il savait très bien le faire. Il n’avait absolument aucune envie de se remettre à penser à Milo, ou même Saga, ou même Surt. Au diable les hommes, il n’en avait pas besoin ! Vraiment pas besoin. Il n’avait pas besoin d’être compris, ni apprécier par eux. Il n’avait pas besoin de boire, danser et s’amuser.
Il s’occupa alors de la maison, des courses, il fit la cuisine et le manage, il passa du temps avec ses frère devant leur nouveau jeux vidéo qu’il leur avait acheté, et avait accompagné son ami dans un café. Tant qu’il faisait quelque chose, tant qu’il ne s’allongeait pas dans le noir, tant qu’il ne laissait pas les souvenirs resurgir, tout irait bien !
Ce jour ci, Dité lui fit savoir en début d’après-midi que Shura l’avait proposé de diner ensemble. Camus le rassura donc, lui disant qu’il n’avait pas s’en faire pour lui, qu’il s’en sortait mieux que prévu. Ce n’était pas un mensonge, mais ce n’était pas non plus la stricte vérité. Son ami ne savait pas qu’il n’avait pas fermer l’œil durant deux nuits. Il n’avait rien à lui blâmer, évidemment, Camus, lorsqu’il sentait que Dité allait se réveiller, se mettait sous ses draps et simuler le sommeil. Il ne souhaitait pas plus l’inquiéter, il était bien plus à l’aise ainsi.
Et puis, lorsqu’il s’assura que sa présence pouvait être excusé pour ce soir, le suédois tenta de ne pas trop sautiller, mais de la manière dont il balançait ses affaires partout pour se trouver la tenue idéale avec tant d’entrain et de joie, Camus su qu’il avait fait la bonne chose, de le duper un peu. Il dut rester dans la chambre à lui donner son avis sur une bonne dizaine d’ensemble diffèrent, comme toujours avec Dité. Son ami se donnait toujours corps et âme pour paraitre le plus beau, joli ou élégant possible chaque jour. D’où tirait-il toute cette énergie ?
-« Tu as l’air vraiment content de le voir. » Nota Camus, assis sur son lis, avec une once de taquinerie dans la voix.
Son ami qui choisissait encore quelque accessoire de son sac de marque, lui lança un regard avant de sourire d’un de ces sourire que Camus connaissait très bien. Celui qui avait cette touche de timidité pas si timide en fin de compte.
-« En fait. Je crois que j’ai un bon béguin pour lui. » Avoua-t-il chaudement avant de soupirer amoureusement, se laissant asseoir sur le matelas de son lit pliable recouvert de vêtement.
-« Je m’y attendais pas.
-Oh come on ! Avec ton sarcasme ! Je sais que j’ai un béguin chaque mois, parfois plusieurs, mais quand même, Shura est…
-Il est ? » Répéta Camus en arquant un sourcil, quelque peu amusé.
Son ami avait regardé vers le plafond, son sourire s’élargissant avant de s’affaler en arrière sur le matelas en battant des pieds.
Il lâcha un cri d’émotion et continua « Il est tellement, quoi dire ? Il a cet air sérieux, si attirant, et pourtant il est drôle ! Il a cette assurance et cette présence ! Il parle comme s’il savait toujours ce qu’il voulait, arhg et il est juste à croquer et savourer avec son accent espagnol ! God save me.
-God save you. » Ricana le roux.
Dité se retourna sur son ventre, attrapa son téléphone et entra dans sa discussion avec Shura pour ouvrir une photo que ce dernier lui avait envoyée récemment. Son ami fredonna et agita des jambes comme une gamine, et cette attitude eut toujours le don de lui remonter quelque peu le moral, et de le faire rire. Il aimait son ami ainsi, remplis de beau sentiments qui débordait toujours de partout. Celui aux cheveux turquoise se leva finalement pour venir se jeter auprès de lui, se collant à lui pour lui montrer la photo sur son écran. Photo qui était un selfie de l’homme du moment qui le faisait chavirer, et qui arborait un petit sourire aux coins, son menton soutenu par sa main et son regard légèrement baissé vers la caméra. Camus pouvait comprendre son ami, Shura était vraiment séduisant, lui-même se devait de l’avouer.
-« Ta vue comment il est beau ! En plus il est poli et respectueux !
-« Il te drague ?
-Pas sur encore, mais vu qu’il m’a invité à diner… J’adore ce genre de jeu de devinette !
-Tant que tu ne sois pas déçu si ça se passe pas comme prévu.
-Pff t’inquiète ! Tu parles à un expert dans le domaine ! Attend, il m’avait envoyé un autre pour me montrer son chat ! »
Dité fit glisser son doigt sur l’écran pour faire passer les photos partagées dans la discussion. Camus vit que son ami lui avait aussi rendu un selfie, posant de la même manière, surement pour le taquiner, et cela le fit sourire. Le suédois s’interrompit lorsqu’une photo en particulière apparu. Une photo prise d’Angelo qui rajustait les cordes de sa guitare électrique. Il était vêtu d’une chemise noire en satin, ouverte sur son torse, dévoilant une chaine en argent autour de son cou, ainsi que d’autre tatouage lugubre. Il regardait sa guitare d’un mauve sombre, certainement inconscient qu’il se faisait prendre en photo. Dité tiqua de la langue avec insolence.
-« Il m’énerve lui, regarde le. Humph. » Râla-t-il en agrandissant l’image sur son visage. « Pour qui il se prend parfois ? Il était beaucoup plus mignon lorsqu’il me prenait pour une femme. Imbécile…Pourquoi faut-il qu’il soit aussi beau, tho !? Fuck him ! »
Avec irritation, il balança son portable derrière lui -qui atterrit sur le matelas- et se leva d’un bond afin de finir de se préparer. Il porta un crop blanc en dessous d’une veste en cuir d’un rose incarnadin et un jean bleu qui avait une petite ouverture sur le côté extérieur des cuisses, rattaché avec des chaines en cœur. Comme accessoire, il opta comme toujours pour son ensemble, collier et boucles d’oreilles de roses rouge. Et pour couronner le tout, un mignon bandana un peu plus fonce que la veste dans ses cheveux turquoise. Camus l’admira, il ne portait rien de révélant et pourtant il fallait une bonne confiance en soi pour paraitre ainsi, il était magnifique. Ces couleurs claires lui allaient à merveille. Il lui donna son avis positive lorsqu’il eut fini d’appliquer son rouge à lèvres rose pèche, avec lequel il lui marqua un baiser sur la joue.
Le pauvre Isaak eut un arrêt cardiaque lorsque Dité se rendit au salon, ce dernier fut noyé de compliment par lui et leur mère qui insista pour le prendre en photo. Les étoiles dans les yeux de son frère moururent lorsque son ami leur demanda de lui souhaiter bonne chance pour son rancard. Pauvre, pauvre, Isaak.
-« Je te tiens au courant de tout ! Merci pour la voiture Honey, love you ! » Fut ses dernières paroles avant de détaler comme un voleur en gloussant.
-« Et toi alors, mon cœur ? » Lui dit sa mère avec un innocent sourire. « Quand est-ce que tu vas en rancard ? »
Isaak se remit un peu de ses émotions « Ouais c’est vrai ça ! »
-« Tu n’as personne en tête ? »
Camus se retrouva quelque pris de court par les questions de sa famille.
-« Euh, non. Posez ces questions plutôt à Hyoga. » Rejeta-t-il l’attention, comme un lâche, sur son petit frère. « Il serait temps que tu proposes un rendez-vous officiel à Shun. »
Le concerné rougit visiblement et rapidement, avant de tiquer de la langue et détourner le regard en grommelant quelque chose d’incompréhensive.
-« En parlant de Shun, on va justement le rejoindre dans pas longtemps. » Les informa Isaak en donnant un coup de coude à son frère jumeau. « Tu pourrais lui demander aujourd’hui, je chercherais une excuse pour vous laisser seul-
-Tu rêves ! Tu fais ça je te tue ! »
Camus esquissa un sourire, décidément, le blond lui ressemblait hélas beaucoup plus qu’il ne le pensait. Ils devraient peut-être tous les deux prendre plus exemple sur Isaak, de temps en temps.
Lorsque les jumeaux aussi furent sortit de la maison, et que sa mère, quelque peu épuisé, décida d’aller se reposer dans sa chambre, Camus qui désormais était seul, était en grave danger de régression dans ses fatiguant efforts. Il devait s’occuper, et il se rappela que sa mère avait mentionné le grenier, disant qu’il n’avait pas été nettoyé depuis un très long moment. Cela fera une corvée en moins à cette dernière, il prépara donc ses outils de nettoyage pour les ramener avec lui au grenier.
Aussi silencieusement que possible, afin de ne pas déranger sa mère, Camus fit monter un ballet avec lui, et doucement, à cause de l’agacent grincement, ouvrit la porte qui menait aux dernier étroit étages de la maison. À son soulagement, la lampe n’était pas grillée, il put donc l’allumer pour mieux se repérer, et vit qu’il y avait bien plus de désordre que de poussières. Bien, son truc à lui c’était d’ordonner les choses plus que de faire la poussière. Ils s’y trouvaient beaucoup de boites en carton et d’ancien meubles remplacés recouvert de draps blanc. Le roux se mit donc au travail sans plus tarder, portant ses gants de ménage et son masque d’hygiène.
Il déplaça, balaya, essuya, toussa, et replaça un peu en boucle pour de longue minutes, prenant de temps en temps des pauses pour ouvrir des boites par curiosité. Il y trouva essentiellement des affaires de bébés, de son époque et celles des jumeaux. Des jouets, vêtements, et biberons, tétines que sa mère n’eut surement pas le cœur à jeter. Il se rapellait surtout des affaires des jumeaux, enfin, tous ses vêtements de bebe à lui avaient fini par leur revenir, alors cela venait au même, et ces souvenirs le firent sourire. Il trouva aussi ses affaires scolaires de la primaire jusqu’au lycée. Son vieux Nokia et son iPod, ainsi que beaucoup de C.D de musique et pièce de théâtre, et entre eux, se trouvait l’objet préféré de son enfance, la cassette du lac des cygnes. Mais Camus ne daigna pas la toucher.
Il trouva sa vielle camera, il se rappela l’avoir acheté avec son propre argent de poche qu’il gagnait en faisant des jobs par ci par là. Il n’en avait pas tant de souvenir, étrangement, pourquoi l’avait-il acheté en premier lieux ? Il n’était pas spécialement porter sur l’art photographique. Il tenta de ne pas trop y penser pour l’instant, de toute façon, elle avait besoin d’être chargé et il ne voyait pas de chargeur.
Autant continuer de ranger pour l’instant, et de faire le tri. Cela l’aiderait très certainement à remettre ses idées en place.
Hélas, ses penses revenait sans cesse à la vielle camera. Il se retrouvait distrait, incapable de rester concentrer sur sa tâche, jetant des coups d’œil encore et encore en direction de la boite dans laquelle elle se trouvait. Quelque chose le poussait à la reprendre dans ses mains, à revenir en arrière, se souvenir, se rappeler de cette époque où il croyait qu’il était le garçon le plus chanceux du monde, amoureux d’un garçon qu’il voyait comme un prince charmant. Avant que tout ne change, que tout bascule, et que tout s’abime et se périme. Il voulait être sûr, qu’ils furent réellement heureux ensemble avant de devenir des adultes.
Mais il ne devait pas. Il ne devait pas, il le savait.
Un vois lui disait de ne absolument pas rallumer cette caméra.
Mais il lui manquait. Ce garçon qui lui fit vivre le premier amour, qui le fit ressentir des papillons au ventre pour la première fois, et qui le fit rire, qui le fit sentir vu, contenu, et aimé. Ce garçon avec qui il partagea son premier baiser, puis plus tard, sa première fois, et encore sa première maison. Il fut là, celui qu’il aima, il exista, n’est-ce pas ? Il n’était pas tombé amoureux d’un manipulateur violent et possessif, mais d’un gentil et calme garçon qui ne l’abandonna jamais.
En y pensant, le premier à abandonner l’autre, fut Camus.
Un long, très long soupire lui vida les poumons.
Surt lui manquait terriblement. Pas spécialement celui qu’il avait quitté, mais celui qu’il avait rencontré pour la première fois.
Il lâcha tous ce qu’il avait dans les mains et se redirigea vers la boite qui contenait la caméra en retirant son masque et ses gants. Il fouilla avec plus d’attention, vidant tout le contenu par terre dans l’espoir de trouver le chargeur. Il n’y était pas, et cela lui noua la gorge. Il avait besoin de le revoir ! Il était sûr qu’il trouverait ce qu’il ne pourrait plus jamais ravoir dans cette caméra. Peut-être ainsi, en revoyant le véritable homme qu’il aima, il pourrait finalement tout laisser derrière lui et faire son deuil, pour de bon. Il ouvrit d’autre boite, vidant le contenu au sol, fouillant et fouillant encore, perdant quelque peu son sang-froid.
Pour une raison, il se mit à ouvrir ses cahiers de notes, puis fit de même avec sa vielle agenda du collège La première page contenait des informations basiques comme son nom et son adresse, il se mit à la feuiller, il y retrouva beaucoup de fois le nom de Surt écrit. « Rdv avec SURT au parc, apporte un parapluie. », « Cinéma à 16h avec SURT, ne sois pas en retard. », « SURT ANNIVERSAIRE !! » et un tas d’autre du même genre.
Il sentit l’air devenir plus pesant, plus difficile à inspirer, il dut s’assoir par terre. Selon la date, il devait avoir encore quatorze ans, et il commença a sortir avec Surt à cette époque. C’était la meilleure. Qu’est-ce qu’il ne donnera pas pour y retourner ? Pour continuer à écrire son nom en majuscule et avec la plus belle écriture dans son agenda, lui donnant plus d’importance que les autre évènements et devoirs inscrits.
Une page avait sa date surlignée d’un marqueur rouge. Sans rien d’autre inscrit dessus. Le 30 décembre, la dernière page de l’agenda.
-« Notre anniversaire… »
Ils avaient échangé leur premier baiser le jour du nouvel an, lorsqu’ils avaient treize ans.
Il se souvint désormais. Il savait où se trouvait le chargeur.
Il laissa tout derrière lui, ne prenant que la caméra, et descendit du grenier pour se rendre dans sa chambre désertée. Puis, il se mit à genoux devant son lit, la en dessous, il y avait un défaut dans le parquet qui lui parmi de cacher des choses par le passé. C’était ainsi lorsqu’on avait un parant violent et stricte, son père. Il fut obligé de cacher, en tout cas au début, tout ce qui témoignaient de son orientation sexuelle et de son histoire d’amour. Il tendit le bras sous le lit, ce fut beaucoup plus facile qu’à l’époque de repêcher la petite boite qu’il avait enfuis sous le parquet puisque son bras était encore plus long.
Une fois l’objet re-pioché, il s’assit par terre et laissa son dos reposer contre le lit, exhalant un souffle tremblant avant de daigner regarder ce qu’il tenait entre les mains. Cette boite était celée d’un cadenas, et le code, il s’était rappelé, était la date de leur anniversaire, qui était aussi celui du nouvel an. D’un geste lent, et tremblant, il appliqua les chiffres et d’un déclic, le cadenas se défit. Pourquoi faisait-il cela ? Il y pouvait toujours faire marche arrière, et laisser tomber. Remettre la boite à sa place et l’oublier à nouveau. Cette voix dans sa tête continuait d’essayer de le dissuader, mais il parvint à l’obéir.
Il l’ouvrit, et en effet, à l’intérieur, il y trouva le chargeur, ainsi que plusieurs notes, des bouts de papier froissé qui avait été déplié et lissé autant que possible. Il prit un souffle, il connaissait cette odeur, elle était certes masquée par celui de la poussière et du temps, mais un léger parfum s’éleva lorsqu’il retira le contenu de la boite. Tout au fond, se trouvait une minuscule fiole en plastique, contenant des goutes du parfum que portait Surt à l’époque.
Son inspiration se bloqua dans sa poitrine.
Oh, ce qu’il l’aima.
Cela lui revenait, il l’aima tellement que tous les soirs il dut retrouver son réconfort dans cette boite interdite. Relire les notes secrètes échangées et humer son parfum afin de se bercer jusqu’au sommeil. Il hantait ses pensées, constamment.
Il eut du mal à represser une forte secousse de le prendre lorsqu’il tenta de respirer à nouveau.
Il était trop tard pour faire marche arrière.
Il brancha le chargeur à une prise et le connecta à la caméra, pour quelque seconde, il pria pour qu’elle soit en fait infonctionnelle, mais non, elle s’alluma, et avec, sa peur. Il ne savait plus trop ce qu’il faisait, il regrettait, il voulait la lâcher, la jeter, la casser, ou juste tout simplement retirer le chargeur, mais il n’était plus maitre de ses actions. Il appuya sur quelques boutons qui le séparèrent du souvenir de ce qu’il n’aurait plus jamais et sur l’écran pixeliser apparurent des visages. Leurs visages. Souriant. Amoureux. Et surtout, heureux.
…
..
.
Plus tôt, du côté de Dité, ce dernier avait rejoint Shura dans un restaurant brésilien qui était presque a mis chemin entre la maison des Delaurore et du conservatoire, cela ne lui prit alors pas beaucoup de temps afin d’y parvenir. Shura l’attendait déjà à l’intérieur, vêtu d’une chemise simple d’un vert foncé qui faisait ressortir ses yeux d’une nuance plus claire et ses cheveux d’un degré plus sombre. Cette couleur était typiquement celle qui lui allait le mieux, se dit Dité en approchant d’un sourire charmé pour lui faire la bise. Autre que cela, le parfum boisé qui émanait de lui était d’une fraicheur envoutante et épicée. Dité ne put que s’attarder durant la bise pour humer profondément son odeur avec plaisir.
-« Mh~ Armani eau de cèdre ? » Devina-t-il avant de lever les yeux au ciel avec un sourire chaleureux. « Je raffole de celui-là. »
Shura ricana à cela « Comment tu l’as reconnu aussi vite ? » puis il l’invita à prendre place sur la chaise en face de la sienne, ce que Dité fit en répondant à sa question.
-« Disons que j’en ai vu pas mal vu passer durant mon ancien travail.
-Qui était ? »
Le suédois se laissa paraitre mystérieux et mutin en prolongeant l’arrivée de la réponse, regardant son vis-à-vis avec une espièglerie gracieuse.
-« Dit moi, tu n’as pas eu de copine depuis un certain moment. »
Shura arqua un sourcil perplexe, vraisemblablement confus du changement de sujet soudain.
-« En effet ? Pourquoi ?
-Cela explique simplement pourquoi je ne te parais pas familier.
-Oh, maintenant je suis curieux.
-Assez parler de moi, cependant ! Merci de m’avoir invité, cariño, mais pourquoi brésilien au lieu d’espagnol ? »
Dité observa avec plus d’attention les alentours, lorsqu’il était entré, il n’avait fait attention qu’au jeune homme. Ayant été trop focalisé sur lui, il n’avait pas pris l’attention de détailler la décoration intérieure du restaurant qui en effet montrait beaucoup de sa culture à travers les murs au peintures fleurie et tropicale, ainsi que les tableaux de vive et rafraichissante couleur éclatante, présentant des perroquets et figure culturelle ou folklorique. Il y avait beaucoup de plante et de bois, une alléchante odeur épicée planait dans l’air et la musique brésilienne lui rentrait dans la peau. Les yeux du suédois se mirent à pétiller, il tomba complètement raide dingue de ce magnifique endroit. Shura s’amusa de ses expressions d’émerveillement.
-« C’est mon restaurant préféré, et je ne dis pas ça parce qu’il appartient à un ami, ce détail est juste un bonus.
-Oh, ton ami à de merveilleux gout décorative, et j’imagine des origine brasiliennes ? Tu sais quoi, j’ai absolument hâte de commander ! Faut que je prenne une photo pour Camus, le connaissant, tant de couleur lui bruleraient les yeux.
-Je lui laisserai savoir ton avis, et oui, il est brasilien. » Confirma Shura en lui tendant le menu. « Commande ce que tu veux, même si c’est juste pour essayer.
-Merci Shura, tu m’invites j’imagine pour plus que je sois en colère contre vous ?
-Pas exactement, juste en partie. Même si Angelo ne s’est pas excusé pour son comportement, j’aimerai un peu le faire à sa place. Et aussi, par choix personnel. »
Malgré la mention du bouffon, Dité garda son sourire, qui d’ailleurs devint plus mielleux alors qu’il soutint son menton dans la paume de sa main, lui jetant un regard assez communiquant.
-« Ah oui, et par quel genre de choix personnel ? »
Il jouait sur le ton charmeur au lieu de l’insolence, cela devait en dire long sur ses intentions envers l’homme en face de lui. Ce dernier l’observa deux secondes avant de reprendre paroles.
-« M’assurer s’il est possible d’entretenir une bonne relation amicale. »
Sans changer son expression, celui aux impeccable boucles d’eaux se redressa sur sa chaise et reprit le menu dans ses mains.
-« Aussi car ça t’amuse quand je fais chier ton ami. »
Le rire de Shura le trahit.
-« Ah oui c’est donc ça ?
-« Commandons d’abord avant que tu poses tes questions. Et non, je n’essaye pas de fuir le sujet. »
Dité fit comme proposé. Shura lui donna ses suggestions de plat, et Dité avait appelé un serveur pour lui demander plus d’informations sur une bonne partie du menu. Ils finirent par prendre après une bonne enquête, une feijoada, une moqueca à partager et un frango com quiabo. Shura crut peut-être se débarrasser du précèdent sujet abordé, mais une fois le serveur partie, le suédois soutint son menton avec ses doigts joints et le fixa avec un petit sourire.
-« Oui, ça m’amuse. C’est pour ça que je ne lui ai rien dit durant la soirée lorsque tu m’as fait savoir que tu es un homme. » Avoua-t-il tout seul.
-« Tu as été déçu de savoir que je suis un homme ?
-Pourquoi je le serais ? »
Dité souffla du nez amusé et rajusta sa posture.
-« Eh bien, Angelo l’a très mal vécu, je me posais juste la question. Je pense que j’ai créé un complexe à ce pauvre garçon, il ne va plus jamais approcher une jolie femme plate.
-Ça sera bien fait pour lui. » Ricana Shura.
-« Ouh, c’est moi ou je sens une certaine rancœur ? Raconte ! Je pourrais te venger en le faisant totalement requestionner sa sexualité ! Tu sais que j’en suis capable ? J’ai de l’expérience dans ce jeu.
-« Crois moi, ça ne m’étonne pas. Mais à vrai dire, je ne sais pas. Angelo est mon meilleur ami et-
-Meilleur ami- !? » Le coupa-t-il, surpris. « Ce n’est juste un simple pote, c’est carrément ton meilleur ami ?
-Oui, on se connait depuis des années, il est comme un frère pour moi. On a ensuite rencontré Milo, qui nous a introduit à Kanon et Aiolia. »
Intéressé par le sujet, Dité entama le verre d’eau que le serveur leur avait apporté, demandant à Shura de lui en dire plus.
-« J’imagine qu’il y a un petit ‘mais’ quelque part.
-Je ne sais pas vraiment si on peut dire ça. Tu as eu un avant-gout de comment est Angelo.
-Juste un avant-gout !? Arg ! Comment vous deux vous êtes meilleurs amis ? Vous êtes tellement différent ! »
Un sourire cachant une certaine tendresse esquissa ses lèvres et Dité le trouva adorable, il se mordit la lèvre lorsque Shura ne le regardait pas, surement pour penser au cet autre bouffon.
-« Disons qu’il a fait quelque chose que j’ai pardonné mais qui me laisse encore un gout amer au fond de la gorge. Donc oui, c’est plutôt amusant quand tu le tournes en bourrique.
-D’accord cariño, je vais faire de lui un cirque entier rien que pour tes beaux yeux ! » Il enrichit sa phrase avec un clin d’œil rapide qui le fit sourire.
Shura n’était pas très bavard, mais cela n’affecta pas négativement le reste du diner. Après tout, il avait affaire au meilleur ami d’un iceberg roux qui parfois ne pipait pas un mot durant toute une journée entière. Dité était un expert social, une discussion ne pouvait jamais mourir tant qu’il était dans les parages. Si certaine personne pouvait être embêter ou pris de court par son excès de bavardage, parfois aussi perdu, Shura lui, tenait bon et ne sembla pas se lasser. Dité n’en fut pas surprise, si lui et Angelo était meilleur ami, l’italien avait aussi l’air de ne jamais la fermer, il devait être habitué au rapide et incassable flot de paroles qui ne semblait jamais prendre fin. De ce qui concernait Angelo, il avait pas mal appris sur lui, l’espagnol appréciait grandement, de ce qu’observa Dité, de parler de lui. Et il pouvait le comprendre, lui aussi adorait ramener son meilleur ami sur le tapis. Lui et Shura avaient cela en commun. En plus, le suédois eut l’occasion d’entrainer son espagnol quelque peu cassé mais qui avait quand même un bon niveau. Shura ne s’y attendait vraisemblablement pas, pensant que son vis-à-vis ne connaissait que quelque mot popularisé, il fut ravi d’échanger dans sa langue natale.
Dité en appris aussi beaucoup sur lui, enfin, celui en face de lui était assez mystérieux et réservé, il considérait donc le peu d’information qu’il obtint sur lui comme quelque chose de grand. Il ne travaillait pas dans la musique, contrairement à ce qu’il pensait, non plus Angelo ou Aiolia. Ce qui le fit gagner un bon nombre de point auprès de Dité, c’est qu’il tenta de lui faire deviner son métier rien qu’avec des indices. Peut-être que le suédois était en manque ou quelque chose du genre, mais ce petit jeu lui donna envie de bondir au-dessus de la table pour se jeter à son cou. Ce qu’il ne fit évidemment pas, mais qu’il laissa bien paraitre avec ses regards et son langage corporel. Le message devrait normalement être bien arrivé à destination. Après plusieurs indices, il arriva à la conclusion, sans trop y croire, au métier d’avocat, que Shura confirma. Et comment dire que cela le rendit encore plus sexy qu’il l’était déjà. Dité se devait d’envoyer des messages discrets à Camus à la moindre occasion pour trouver la retenue de se jeter sur Shura, lui disant à quel point il était beau, et charmeur, et séduisant, et sexy et poli et qu’il le voulait vraiment. Au bout de quelque message, son ami avait arrêté de répondre, ce qui lui fit simplement penser qu’il en avait marre.
Il apprit sans surprise qu’Angelo était un tatoueur, et cela le fit grincer des dents qu’il trouva aussi cela extrêmement séduisant de sa part. Non seulement il était un guitariste, mais un tatoueur aussi. Il avait tout de son type de mec idéal, seulement, il était aussi poli qu’un porc. À quoi s’attendait-il justement d’un guitariste dans un groupe de rock qui était aussi tatoueur et italien ? Enfin, Shura était un prince charmant, et Angelo un bouffon qui le faisait rire. Autre que cela, Aiolia était un athlète, et encore une fois, pas étonnement de la part d’un grec au corps musclé et aux courts cheveux clairs bouclé. Son avis la dessus fit lâcher un rire à Shura qui lui dit qu’Angelo avait un jour dit exactement la même chose.
Pour ce qui était de la nourriture, Dité ne se rappela pas quand fut la dernière fois qu’il dégusta quelque chose d’aussi savoureux. Il fredonnait après chaque bouché, agitant des bras pour exprimer sa grande joie. Il devait absolument ramener Camus ici ! Shura lui commanda aussi des desserts traditionnels sans lui demander son avis, ce qui ne faisait que jouer dans sa faveur. Il s’assura que Dité se régale jusqu’à être complétement remplis à craquer. Vers la fin, alors que Dité insistait pour mettre sa part dans l’addition, Shura lui fit savoir que tout fut déjà mis sur son compte, ce fut là que vint à leur rencontre un géant et souriant brasilien, bronzé et musclé au superbe mono sourcil, et qui parlait très fort, pour les saluer. L’espagnol le présenta alors enfin au patron du restaurant, super amicale et sympathique, et Dité ne se retint absolument pas de le noyer sous les éloges, lui assurant qu’il allait revenir pour lui faire la pub sur ses réseaux sociaux. La gentillesse qu’il trouva dans l’expression de ce géant lui rappela pour une raison celle de Mu au visage beaucoup plus doux et fin.
-« Je suis sensé aller rejoindre Angelo a un pub à côté du conservatoire, ça te dit de m’accompagner ?
-Oh, tu n’en as pas encore eu marre de moi ?
Shura lâcha un petit rire « Je t’en prie, dois-je te rappeler avec qui je traine presque tous les jours ? »
-« Ne me met pas au challenge. » Le prévint-il en s’approchant d’un pas de lui, levant la tête afin de le regarder dans les yeux, une main sur sa hanche.
-« Loin de moi l’idée. Sinon vous deux vous allez officiellement finir par me faire fondre les oreilles. » Sa remarque le fit. « Alors ? »
Celui aux yeux d’aigue marine accepta et laissa sa voiture -celle de Camus plutôt- garée pour monter dans celle de Shura. À son grand plaisir, ils écoutèrent de la musique latine sur le chemin, et plus ils approchaient d’arriver, plus Dité était excité de revoir son bouffon préféré à embêter, il imaginait déjà sa réaction lorsqu’il allait le voir.
Et Angelo ne le déçut réellement pas, il agit exactement comme prévu, révolté et agacé de le voir apparaitre tel une fleur, comme à chaque fois.
Et Dité pouvait s’énerver ou râler autant qu’il voulait, sa mauvaise foi serait aussi grande que celle de son ami s’il se disait qu’Angelo n’était pas hilarant ou de bonne compagnie. Ils passèrent la soirée à se chamailler et se lancer des piques comme si la survie du monde ne dépendait que de cela, sous les rires ou les remarque de Shura qui avait l’effet d’huile jeté au feu. Le suédois ne se permit pas plus qu’un verre, malgré qu’il eût vraiment envie de boire toute la nuit, puisque non seulement il voulait ramener la voiture de Camus à la maison en un seul morceau, mais aussi parce qu’il ne pouvait pas se garantir de rester sage et de ne pas se jeter au cou d’un des deux beaux mecs assis de part de d’autre de lui au bar. Il valait mieux qu’il se retienne de bondir comme une grenouille et rester bien sagement et gracieusement assis à sa place.
Minuit passé, il se dit qu’il était temps qu’il rentre à la maison, il se sentait déjà coupable d’avoir laissé Camus seul autant de temps, même s’il passait un excellent moment en compagnies de ces deux meilleurs amis. Il leur fit donc savoir qu’il devait partir et Shura insista pour le redéposer à sa voiture, et étonnement, Angelo décida de les accompagner. Leurs discussions se prolongèrent dans la voiture de l’espagnol, où Dité était assis à l’arrière, et même une fois arrivé, il était resté quelque minute à la fenêtre du côté d’Angelo, refusant de partir sans avoir le dernier mot de leur chamaillerie.
Ce fut donc avec une incroyable bonne humeur qu’il se rentra à la maison, se garant et entrant aussi silencieusement que possible pour ne pas risquer de réveiller les endormies. Il espérait au moins que Camus soit réveillé parce qu’il débordait encore d’énergie et il avait encore assez de salive pour tout lui raconter ! Il le devait, sinon il ne pourrait absolument pas fermer l’œil de la nuit. Lorsqu’il entra dans la chambre, son flash de téléphone allumé, il n’y trouva personne. Il fut soulagé se disant que son ami était réveillé et surement aux toilettes. Il revint alors sur ses pas dans le but de lui faire savoir qu’il était de retour, sauf que cela ne lui prit pas plus de dix secondes pour constater que les deux toilettes étaient aussi libres.
Il fronça enfin des sourcils, perdant son sourire et mettant de côté son enthousiasme. Confus, il se rendit à nouveau au salon afin de mieux regarder autour de lui et s’assura qu’il n’était pas dans la cuisine. Encore aucune trace de lui. L’inquiétude naquit en lui lorsqu’il ouvrit discrètement la porte de la chambre des jumeaux pour y jeter un coup d’œil, mais à part les deux garnements qui y dormaient, il n’y avait personne. Il fit de même, malgré qu’il fût gêné de le faire, avec la chambre parentale où dormait la mère de famille, en vain.
Il révisa à nouveau leur discussion sur son portable, Camus fut en ligne la dernière fois alors qu’il dinait encore avec Shura, laissant une bonne partie de ses messages non lus. À ce moment, ce fut comme s’il avala une enclume qui lui alourdissait l’estomac, toute sa bonne humeur s’effaça comme partie en fumé, laissant place à une grande inquiétude et le commencement d’un état de panique. Sa respiration se perturba alors qu’il se précipita vers le grenier, puis vers l’extérieur de la maison pour faire le tour en l’appelant à la fois avec sa voix qu’avec son téléphone. Il entendit une sonnerie familière retentir à quelque pas et la suivit pour réaliser qu’elle provenait de la fenêtre de leur chambre au-dessus de lui. Il accourut alors à nouveau dans la chambre qu’ils partageaient et aperçut son téléphone sur son lis, ainsi que ses clefs. Camus ne serait jamais sorti sans !
Son état ne lui permettait aucunement d’être seul, sans portable, ni rien, et surtout pas à une heure aussi tardive de la nuit dehors ! Complètement paniqué, Dité fit de son mieux pour garder un semblant de retenu au moins juste pour réfléchir à ce qu’il devait faire et agir. Il sortit encore une fois à l’extérieur, ne voulant pas déjà réveillé les autres, et aussi surtout pour respirer de l’air frais qui devrait l’aider à reprendre son calme. Il connaissait que trop bien son meilleur ami, et il savait pertinemment que cette situation était extrêmement mauvaise, l’expérience pouvait l’en assurait. Il se refugia dans la voiture de Camus et alluma son portable dans le but d’appeler Shura, ce qu’il fit avec grande difficulté à cause de ses mains qui tremblaient. Et les quelques secondes de sonnerie qui se répétèrent insupportablement le laissèrent face à son immense culpabilité d’avoir laissé son ami aussi longtemps seul. Il put reprendre enfin un souffle lorsque la voix salvatrice de Shura remplaça les bips agaçant du téléphone.
-« Alo?
-« Shura ! Oh Tack och lov!” Souffla de soulagement Dité, la main sur le cœur.
-« Tout va bien ? » Demanda-t-il d’un ton plus inquiet.
-« Non ! C’est Camus ! Je, je suis rentré et- » Il dut prendre une pause pour reprendre son souffle. « Et je le trouve nulle part et son téléphone et toute ses affaires sont à la maison et-
-« Wow, calmate ! Respire d’abord !
-Non ! Tu comprend pas ! Camus va mal ! J’ai peur je sais pas quoi faire ! »
La verbalisation de la situation lui fit réellement sentir de la gravité des choses, ce qui n’aida évidemment pas à le calmer, bien au contraire. Sa voix qui était déjà tremblante de panique se brisa. Il était terrorisé, il ne connaissait rien des alentours, il n’avait aucune idée d’où aurait bien pu se rendre Camus, surtout dans son état inquiétant. Il était déjà arrivé qu’il se cache mais Dité connaissait les quartiers de Moscou, et avaient assez de connaissances pour le retrouver à temps. Comment avait-il pu croire que Camus allait suffisamment mieux pour être laissé sans surveillance !? Il était justement venu en France avec lui pour cet unique but ! Pas pour aller s’amuser avec de beaux mecs et causer du drama dans un quelconque conservatoire ! Quel genre d’amis superficiel il était ? Éhonté et égoïste ! Si quelque chose de mal arrivait à Camus cela serait entièrement sa faute ! Il aurait détruit tout une famille rien que pour la stupide et honteuse raison qu’il voulut sortir avec un mec ! Et voilà pourquoi il ne pouvait jamais garder une bonne relation avec quiconque, il se devait bien de se l’avouer, ce n’était pas par la faute des autres mais seulement et uniquement de la sienne !
-« Dité ? Dité ! Tu m’entends !?
-Passe le tel !..Hey ! Dité ! » S’éleva la voix plus rugueuse et forte d’Angelo. « Reprend toi bordel de merde ! Prend un grand souffle, c’est pas compliqué, tu chialeras après nous avoir dit ce qui va pas ! On fait demi-tour, donc ne perd pas de temps et explique ! »
Il se ressaisit un peu, au moins juste assez pour reprendre paroles.
-« Camus va mal et j’aurais pas dû le laisser sans surveillance autant de temps ! Il est parti sans me dire où, sans son tel ni ses clefs et je le connais assez pour savoir que c’est extrêmement inquiétant ! On doit le retrouver !
-Ok poupée on va le faire !
-Dit lui de ne pas conduire dans son état. » Entendit-il la voix de Shura, un peu plus loin.
-« Ouais, conduit pas on va arriver.
-…Merci les gars.
-T’inquiète poupée, tiens, tu veux qu’on prévienne les autres aussi ?
-Oui !! Comment je connais Camus il est surement aller se bourrer quelque part où je vais pas le trouver ! Plus on est nombreux à chercher, mieux c’est ! »
Chapter 7: Il voulait le garder là
Notes:
Desole pour le retard, je n'ai pas beacoup eu de temps pour poster recemment a cause des revisions mais je vais essayer de ne plus tarder autant !
!! Warning pour ce chap : scene rapide et mention d'abus sexuelle !!
(See the end of the chapter for more notes.)
Chapter Text
Il pourrait dire que les choses s’étaient quelque peu arrangées avec Geist, Milo dut fournir des efforts, mais au moins elle ne lui en voulait plus autant pour ses crises colère passées. Ils avaient passé la journée ensemble en amoureux, Milo avait commencé par lui ramener son petit déjeuner au lit avant d’aller se promener au parc. Ils déjeunèrent dans le restaurant préféré de sa petite amie, bien qu’il mourrait d’envie de manger chez Aldé’, puis le soir venu, il lui fit la surprise en l’invitant à diner dans un restaurant chic qui avait besoin d’une réservation aux moins deux jours à l’avance pour espérer avoir une table. Sans parler des cadeaux et fleurs qui lui avaient offerts, vraiment, Geist fut extrêmement ravie, assez pour le laisser enfin passer la nuit à faire plus que de simple câlin.
Il fallait dire que Milo n’était pas tant habitué à enchainer les nuits calme sans échanges torrides. Sa copine lui apprenait cependant à supporter et s’y faire, et à son grand bonheur, après toutes cette journée romantique où il dut bien se tenir droit et rester aussi souriant que possible, elle vint d’elle-même réclamer qu’il lui apporte du plaisir. Ce qu’il fit d’ailleurs sans attendre ! Enfin, il attendu quand même qu’ils arrivent à la maison, et plus précisément dans leur chambre. Il se sentit quelque peu coupable de réaliser qu’il avait attendu ce moment toute la journée et qu’il aurait été incroyablement déçu si elle n’avait pas été dans l’humeur de le faire. À un moment donné, sa main ne pouvait vraiment plus le suffire, ce dont Milo raffolait, c’était d’un autre corps contre le sien qui ressentait tout autant de plaisir que lui. La chaleur qui ne cessait d’augmenter sous la friction de leur peau, l’odeur de la sueur et le délicieux son de leur voix qui à l’unissons s’exclamaient d’extase. Vraiment, il n’y avait rien de mieux ! -Surement la danse mais là n’était pas le sujet-
Tellement qu’il ignora son portable qui sonna dans la poche de son pantalon qui depuis un bon moment fut abandonné par terre. Il se contenta de continuer avec passion ce qu’il faisait, approchant de plus en plus du point de plaisir intense, mais la sonnerie de son téléphone reprit avec insistance directement après l’appel manqué. Il tiqua de la langue, ce n’était vraiment pas le moment pour l’importuner. Geist, sous lui, lui marmonna à bout de souffle, le visage rouge et suant d’ignorer l’appel et Milo avait aucune autre envie que de l’écouter. Surtout lorsqu’elle lui montrait une telle expression exquise avec ses grand yeux noir dilatés, remplis de plaisir causé par lui. Il lâcha un râle et fit encore quelque mouvement rapide de va et vient avant de s’arrêter malgré l’incroyable déplaisir que cela apportait. Elle non plus, n’avait aucunement apprécier son interruption, mais il préférait avoir le cœur tranquille. Il alla donc récupérer son portable qui vibrait, sous les plaintes de Geist qui lui disait de revenir.
Il aperçut le numéro d’Angelo sur son écran et se retrouva extrêmement agacé, prêt à l’envoyer balader le moment où il entendrait sa voix. Il fut surpris, en répondant, d’entendre déjà deux personne parler. Il rejeta un coup d’œil à son écran et remarqua qu’il fut ajouté a un appelle déjà en cours entre Angelo et un numéro inconnu. Il devina cependant assez vite à qui il appartenait, reconnaissant la voix de Dité à l’autre bout du fils.
-« Allô ? » Signala-t-il sa présence quand même avec agacement.
-« Milo ! » S’exclama le suédois. « Tack och lov ! On a besoin de toi !
-Pardon ?
-Écoute, je sais que j’ai été désagréable avec toi et je suis désolé mais la ca concerne Camus et j’ai besoin d’aide pour-
-Camus !? Qu’est-ce qu’il a !? »
L’agacement laissa rapidement place à un début d’inquiétude qui le fit oublier pour un moment qu’il avait une dame en attende, qui d’ailleurs s’impatientait déjà.
-« Laisse le parler, idiota. » Tiqua Angelo de la langue.
-« Il a disparu ! Et c’est pas la première fois qu’il fait ça, écoutez, je peux pas trop en dire, mais si on le retrouve pas je veux même pas imaginer ! Je suis presque certain qu’il est allé se bourrer la gueule quelque part et même s’il a arrêté de prendre des antidépresseurs je pense pas que son foie puisse encore tenir le coup d’une autre overdose !
-Poupée tu en dis trop. » Le fit savoir Angelo.
-« Comment ça overdose ? Je comprend pas !
-Cretino » jura l’italien. « Ce qu’il veut dire c’est que si le petit rouquin se fait une autre overdose, c’est la mort ! Et c’est ce qu’il compte faire. »
-« On est arrivé, Dité. » Entendit-il aussi la voix de Shura.
-« J’arrive ! » Sur cette exclamation, Dité raccrocha.
Ce qu’il venait d’entendre lui glaça le sang jusqu’aux os. Antidépresseurs ? Une autre overdose ? Il se répéta les paroles du suédois -et d’Angelo- dans la tête et réalisa la gravité de la situation. Heureusement qu’il avait fini par répondre ! Il était resté figé quelque seconde avant de rapidement agir, attrapant son boxer pour le porter à la hâte.
-« Mais qu’est-ce qu’il te prend ! Tu ne comptes quand même pas partir !? » S’énerva Geist qui s’était redressé sur leur lit.
-« Urgence !
-Milo ! »
Il l’ignora et finit de se revêtir des vêtements qui trainait par terre, oubliant complément qu’une minute plus tôt il était aux portes de l’orgasme. Il n’avait pas raccroché et pouvait toujours entendre parler Angelo, Shura et aussi Dité qui les avaient rejoints apparemment dans leur voiture.
-« Milo t’es toujours là ? » Lui demanda l’italien alors qu’il portait ses chaussures.
-« Oui !
-On va commencer par fouiller dans les bars autour, toi chercher plus loin, Dité dit que son pote n’irait certainement pas à un bar qu’il connait.
-Il ne réponds pas à son téléphone ?
-Il l’a laissé à la maison ! » Lui répondit Dité. « Oh, merci les gars, vraiment, je ne connais personne d’autre ici pour m’aider. »
Il entendit Shura le rassurer alors qu’il saisissait les clefs de sa moto. Geist s’était levé et l’avait rejoint au salon pour lui lancer un regard désapprouvé.
-« Non Milo ! Je t’ai déjà dit de ne plus utiliser ta moto ! C’est trop dangereux.
-C’est bon Geist ! Tu oublies toujours que je faisais du motocross ! J’y vais ! »
Ignorant son dernier appelle, il sortit de l’appartement en vitesse, claquant la porte derrière lui.
-« J’avais oublié à quel point ta copine pouvait être une nounous ! » Ricana Angelo, il avait oublié de couper l’appelle.
-« fait attention sur la route. » Lui dit plus calmement Shura. « Pense à demander à Minos s’il ne l’a pas vu.
-Bonne idée. Je vais le faire tout de suite. Je vous laisser.
-Merci encore Milo ! »
Sans perdre de temps, il rejoignit sa moto garée dans le parking de l’immeuble et se permit de passer l’appel en conduisant. Il avait des qui travaillaient dans des bars, la première étant Minos, qui était un gérant. Ils n’étaient pas les meilleurs amis du monde, mais au moins il était assez aimable pour l’aider dans cette situation. Ce dernier le fit patienter une bonne dizaine de minutes le temps de regarder ses caméras de surveillance avant de lui donner une réponse négative. Néanmoins, il proposa son aide en contrepartie d’une future faveur, disant qu’il pourrait contacter d’autre gérant de bar pour lui. Et évidemment, Milo accepta en lui promettant ce qu’il voulait. Il était stressé et ne cessait de repensait à Camus. Il se doutait qu’il n’était pas au top de sa forme mais n’avait pas penser qu’il allait aussi mal ! Dité insinua qu’il s’était déjà mis en danger de la sorte et il pouvait en déduire qu’il s’en était sorti de justesse. Il connut quelqu’un qui perdit la vie à cause de surdose, et imaginer Camus à sa place lui fit ressentir des frissons d’horreur ! Il avait déjà été témoins de sa grande résistance à l’alcool, il avait bu bien plus que lui, ce qui fut incroyable, et tint plus sur ses pieds que quiconque, il n’imaginait pas la quantité terrifiante d’alcool qu’il devrait consumer pour atteindre une surdose. Et cette histoire d’antidépresseurs ne lui disait rien qui vaille, bien que le suédois affirmât qu’il n’en prenait plus. C’était peut-être même pour cette raison qu’il finit par disparaitre pour se bourrer jusqu’à la mort.
Associer la personne qui dansa avec lui toute la nuit, avec tant d’audace et d’entrain, qui était le grand frère adoré de ses élèves, à une personne morte d’abus d’alcool et dépression lui donna un puissant haut le cœur. Il ne souhaitait même pas imaginer la pire possibilité qui mènerait à la destruction totale de ses deux protégés favoris. Pour une raison, il était persuadé que lui non plus, ne pourrait s’en remettre. Il devait retrouver Camus ! Il sut depuis déjà bon moment qu’il avait envie de l’aider, de le ramener avec lui vers la liberté, et il était déjà prêt à agir ! Peu importe si ce dernier voulait être ami ou non avec lui, cela ne changeait en rien ce qu’il ressentait à son égard, ni le genre de personne admirable qu’il était. Et pour conserver le sourire et la santé mentale d’Isaak et Hyoga, il se devait d’agir vite !
Sur cette pensée, il mit plus de pression sur la poignée de gaz, affrontant le vent de la nuit.
Lorsqu’il sortit de son premier bar, sans succès, il jeta un coup d’œil à son portable dans l’espoir qu’on lui informe d’une bonne nouvelle, mais hélas s’en fut rien. Il décida alors d’appeler Saga, étant un ancien ami à Camus, il devait surement pouvoir apporter une quelconque aide. À sa surprise, son compatriote répondit assez rapidement.
-« Oui Milo ? »
Son ton était grave, encore plus qu’à la coutume et il entendait du vent à travers l’appel, Milo devina donc qu’'il devait être en voiture.
-« On t’as mis au courant ?
-« Oui. J’ai passé quelque coup de files, s’il est dans un bar, on ne va pas tarder à savoir lequel. Continue à chercher de ton côté et tu m’informes en première à la moindre information. Je te laisse. »
Et il fut laissé seul avec le bip de fin d’appel. Il n’imaginait pas non plus dans quel état d’inquiétude devait être Saga, après tout, selon Kanon, il fut à une époque amoureux de Camus. Ou du moins, fortement intéressé. Il lâcha un râle, agacé, en revenant sur sa moto. Apparemment Kanon avait raison, on aurait vraiment dit que Saga nourrissait encore ce genre de sentiments pour le roux. Mais il ne pouvait toujours pas croire son meilleur ami lorsqu’il clamait que Camus s’était joué des sentiments de son frère.
-« Camus ! » Se plaignit-il. « Pourquoi faire ça s’il y a autant de gens qui tiennent à toi ? »
Peut-être que Milo ne pourrait jamais comprendre, en tout cas, pas tant que le concerné ne lui en fasse pas part. À ce moment-là, il mourrait d’envie de savoir tous ce qu’il le mena à être ce qu’il était aujourd’hui. Un homme qui allait mal et qui pourtant luttait, qui souffrait au point de prendre des médicaments et de se noyer d’alcool, mais qui parvenait quand même à ne rien laisser paraitre devant sa famille. Comment faisait-il ? Lorsque lui était triste, il était incapable de le cacher. Enfin, pas que la tristesse, mais n’importe quelle humeurs, sentiments ou état d’âme, tout transparaissait sur son visage et ses gestes malgré ses efforts, mais Camus lui, parvenait à tout dissimiler derrière un masque de glace tinté, ses expressions étaient toujours indéchiffrables et son ton monotone, ne laissant absolument rien paraitre au monde extérieur. Et pourtant, Milo était certain qu’il lui avait ouvert une brèche à travers ses yeux pour le permettre de voir, d’atteindre de ce qu’il y avait derrière toutes cette froideur, peut-être était-ce pour cette raison qu’il se sentit si étroitement connecté à lui alors qu’il venait à peine de le rencontrer ? Peu importait pour l’instant, rien d’autre que sa retrouvaille n’importait.
Transperçant l’air avec sa moto sur les routes quasi vide des quartiers plongé dans l’obscurité, il ne pouvait que penser à lui. Il passait de temps en temps dans des rues animé nocturne pour entrer dans les bars, boite ou pub du coin et demander des informations aux videurs ou barmans de l’établissement avant de retourner sur ses pas de plus en plus impatient et frustré à chaque réponses négatives. Il passa un appel avec Angelo qui s’était séparé des deux autres pour chercher dans son coin, il ne lui donna aucunes bonnes nouvelles pour l’instant. L’italien lui fit part de son avis, que Camus aurait tres bien pu se payer ses propres bouteilles dans un supermarché et se bourrer la gueule n’importe où d’autre qu’un bar. Que c’était ce qu’il aurait fait s’il voulait en finir. Non seulement cela, mais il lui fit savoir aussi qu’il avait eu un bon nombre de connaissance et anciens ami dépressives qui agirent pareille, et au final tout ce qui resta d’eux n’était qu’un corps sans vie. Milo s’énerva et lui hurla de la fermer avant raccrocher, d’une humeur encore plus terrifiante. Si Angelo avait été en face de lui il lui aurait foutu une droite, peut-être pas méritée, mais qui le défoulerai quand même un peu. Saga ne donnait pas non plus de nouvelle.
Il commençait à perdre espoir en sortant d’un sixième bar, qui cette fois ci fut une boite de nuit, et comptait se rendre deux rues plus loin où un pub se situait, puis il reçut un appel qui le fit s’arrêter quelque seconde pour sortir son portable de la poche intérieur de sa veste en cuir. Il arqua un sourcil à la vue d’un numéro inconnu, peut-être était-ce Dité ?
-« Allô ?
-« Bonsoir j’ai Milo à l’appareil ? » Lui répondit une voix masculine qu’in ne connaissait pas.
Il fronça des sourcils et reprit sa marche pour s’éloigner plus de la boite de nuit d’où émanait de la forte musique étouffée.
-« Oui ? Qui est-ce ?
-« Je suis le gérant du Nightwave, un ami à Minos. Il m’a dit de te contacter au cas où je verrais passer un jeune homme aux long cheveux rouge dans mes caméras de surveillance. »
Milo se stoppa à nouveau devant sa moto, le cœur battant.
-« Oui !? » S’impatienta-t-il.
-« Il m’a donné un profil et j’ai fait mes recherche, un de mes barman m’a dit qu’il avait en effet vu quelqu’un correspondant à ces critères passé. Il-
-J’arrive tout de suite !! Donnez-moi l’adresse !
-Une minute ! j’ai pas fini, tu risques pas de le trouver ici. Après un certain nombre de verre, le barman a refusé de le servir à nouveau et il est juste parti.
Milo allait exploser de colère « QUOI !? C’EST UNE BLAGUE !? » Vociféra-t-il, perdant le peu de calme qui lui restait.
-« Écoutez, c’est tout ce que j’ai. Il a quitté le bar il y deux bonnes heures. Bonne soirée monsieur. »
Et encore une fois il fut abandonné avec le bip de fin d’appel. Milo bouillonnait de l’intérieur, cela ne pouvait pas se passer juste ainsi ! Combien de verre doit-on boire pour que même le barman refuse de servir plus d’alcool ? À quoi pensait Camus !? Peut-être que ce n’était pas lui, mais juste quelqu’un qui lui ressemblait, mais il avait fait attention de bien communiquer son profil à Minos, et l’homme qui venait de l’appeler confirma que celui aperçu dans son bar correspondait aux caractéristiques quand même pas mal uniques de Camus. Il voulut défouler sa colère, mais il n’avait pas de temps à perdre, il devait commencer à chercher aux alentours de ce Nightwave, un homme ivre ne pourrait pas aller bien loin de toute façon. Il ne prit même pas la peine de contacter les autres et alla à une vitesse irresponsable à l’adresse qu’il avait cherché sur internet. Il y arriva sans accroc, par chance, après une quinzaine de minutes et il se gara pour à nouveau regarder la carte du quartier sur son portable afin de repérer tous les établissements où de l’alcool était vendu. Dans ce quartier il y en avait pas mal, c’était une rue de nuits peu fréquentable où des gens douteux trainaient un peu partout, et savoir que Camus pourrait être quelque part ici, seul, sans défense et complétement ivre l’inquiétait au plus haut point. Il sécurisa sa moto, sachant très bien que ce n’était pas suffisent pour l’empêcher de se faire voler, mais bon, il avait des choses plus urgentes sur les bras. Il décida de traverser les distances entre chaque établissement à pas de course au cas où il croiserait une touffe rousse quelque part.
Il se faisait toiser de loin par des groupes de personnes louches par ci par là, surement des dealers ou autres types dans le même genre, et Milo prenait la peine de les observait attentivement, malgré le risque de se causer des problèmes, afin de s’assurer que Camus n’était pas là. Il se fit accoster, en traversant la route, par une jeune femme qui vendait ses services, Milo n’avait pas le temps de s’arrêter pour refuser poliment, ce qui lui valut un juron de sa part. Après deux pas, il se stoppa net et se retourna vers elle.
-« Attendez !
-« Quoi ? Vous avez changé d’avis ? » Lui sourit-elle, séductrice, en s’approchant pour poser une main sensuellement sur son torse.
-Vous n’auriez pas vu un jeune homme avec de long cheveux rouge ? lisse et qui lui arrive vers le bas du dos, a peu près ma taille, et très certainement ivre. »
Baladant sa main sur la surface de ses pectoraux, elle fit semblant de réfléchir quelque seconde avant de répondre.
-« Il se peut que oui, il se peut que non. »
Le grec leva les yeux au ciel, et sortit son portefeuille pour lui passer un billet de dix euros.
-« Mhh, je réfléchis, je réfléchis. »
Soupirant, Milo lui passa un autre.
-« Donc vous ne voulez pas de mes services ?
-Juste la réponse. »
Elle s’éloigna de lui et quand même satisfaite, elle rangea ses deux nouveaux billets dans son soutien-gorge rose.
-« Oui. J’en ai vu un comme ça passé, honnêtement je l’ai pris pour une femme au début.
-Par où il est allé !? » S’écria-t-il, mais elle ne fut pas surprise par son soudain haussement de voix.
Elle le toisa du regard silencieusement et Milo, qui atteignait sa limite de patience, lâcha un juron et d’un geste colérique, lui passa encore une fois un autre billet.
-« Par la, puis il a pris vers la droite. »
Ne lui laissant même pas le temps d’en dire plus, Milo entreprit de suivre cette exacte direction en courant. Et comme par hasard, il trouva un pub un peu plus loin. Il courut aussi vite qu’il en fut capable et ne perdit pas de temps pour pénétrer à l’intérieur comme une tempête. Il se reçut tous les regard et l’attention des personnes présentes, mais évidemment que cela ne lui importait pas, Quelque peu essoufflé, il balaya la salle du regard, se frayant un chemin à travers la foule dans le plus grand espoir de le retrouver. Ne voyant pas de longs cheveux rouges, il se rendit au bar et hurla pour que le barman l’entende à travers la forte musique.
-« JE CHECHER UN JEUNE HOMME AVEC DE LONG CHEVEUX ROUGE !! JE SUIS SUR QU’IL ÉTAIT LA !! »
Il dut répéter sa question deux fois de plus pour que l’homme puisse l’entendre et comprendre ce qu’il disait, Milo était à deux doigts de lui projeter son poing au visage et de renverser tous les verres et les chaises devant lui. Voyant qu’il avait affaire à un homme potentiellement dangereux, le barman lui répondit sans poser de question, assez apeuré. Lorsqu’il lui dit qu’il était parti, il se fit attraper par le col de son uniforme et secouer dans tous les sens.
Milo apparut comme un fou furieux dans ce bar, heurtant et poussant tout le monde en cherchant dans tous les recoins de la place avant de s’en prendre au barman. Il fut tiré en arrière par des homme qu’il poussa assez violement et attrapa à nouveau le barman par le bras, d’une manière assez douloureuse pour le rapprocher de lui. Le pauvre homme était tétanisé.
-« COMMENT CA IL EST PARTIE !? QUAND !? OU CA !? REPOND TOUT DE SUITE !! »
-« Je, je ne-
Il rugit « PLUS FORT !! JE T’ENTEND PAS ! » Et mit plus de pression sur son bras pour le forcer à hausser la voix.
-« JE SAIS PAS ! IL EST SORTI IL Y A QUELQUE MINUTES AVEC UN HOMME !!
-QUOI !? »
Milo le relâcha et vola hors du pub tel une flèche enflammée. La respiration rapide et le corps en feu, il regarda autour de lui avec panique et appela à reprise de fois le nom du franco-russe. Mais quelque chose lui disait que cela serait impossible de le retrouver aux alentour si un homme l’avait emporté avec sa voiture, il devait déjà être bien loin. Milo sentit la rage et la frustration lui retournait le cerveau. Il était si proche du but, si près de le retrouver ! Ce ne fut qu’a quelque minute près ! S’il avait été plus rapide il aurait déjà retrouvé Camus ! Qui sait maintenant avec quel type d’homme il était parti, ou plutôt qu’il fut forcé de partir ! Peut-être qu’il devrait appeler la police dès maintenant, mais les connaissant, cela n’allait servir à grand-chose, surtout dans l’urgence. Il tenta de reprendre son souffle et décida de faire le tour du bâtiment où quelques personnes douteuses trainaient. Il savait pertinemment que s’il venait les aborder, cela se passerait surement très mal et il finirait par perdre du temps. Il continua son détour sans s’arrêter et se contenta d’observé attentivement chaque silhouette proche ou lointaines.
Puis il s’arrêta net. Au l’autre bout, au loin, il vit deux personnes collées l’une à l’autre contre un mur, et dans l’obscurité il était quasiment impossible de distinguer d’autre détails, même pas s’ils s’agissaient de deux hommes ou non. Sauf que son intuition ne le trompait jamais. Sans attendre une seconde de plus, Milo se propulsa en avant et accourut vers ces deux personnes sans aucune hésitation. Il fut si rapide qu’aucun d’eux ne le sentir venir. Il attrapa l’homme face au mur, sans prendre la peine de confirmer que celui qui se faisait plaqué était la personne qu’il cherchait ou non, et il le poussa violement à terre.
La deuxième personne, se retrouvant sans support, glissa le long du mur et s’écroula, la tête pendante vers le bas sans aucune force. Milo baissa le regard et eut le souffle coupé en rencontrant de longs et épais cheveux carmine. Il voulut se baisser pour s’assurer pour de bon que c’était bien lui, mais la rage ne le lui permit pas. A la place, il revira son attention vers l’homme qui se relever avec difficulté et alla abattre son poing d’une telle force sur son visage qu’il fut à nouveau projeté à la renverse. Incapable d’en finir la, le grec lui assena un coup de pieds loin d’être clément dans le ventre sous ses gémissements de douleur. Il eut envie de continuer encore et encore jusqu’à ne laisser plus rien qui ressemblerait humain de lui, il voulut repeindre le sol de son sang tellement il était enragé et hors de lui ! Cet homme était en train de se forcer sur Camus, qui d’ailleurs était totalement inconscient, par quelle force divine pouvait-il se retenir de le tuer !?
-« Milo… »
Il se stoppa net. Il ne fit pas attention qu’il était en train de faire pleuvoir ses poings sur le visage de l’homme déjà très bien amoché et ensanglanté. Il l’abandonna sur le sol et s’approcha vers Camus qui luttait pour tenter de se relever.
-« Camus ! Camus, tu m’entends ? »
Il lui enveloppa délicatement le visage de ses mains tremblantes, aux joints abimés par la force de ses coups, et le lui releva pour le regarder. Milo eut un haut le cœur en croisant son regard vide, pas même froid, juste vide, comme ceux d’un cadavre. Ils n’avaient rien avoir avec ceux remplis à ras bord, pétillant, luisant d’émotions et de vie qu’il aperçut en dansant avec lui. C’était tout le contraire, ils paraissaient presque noirs, dépourvu de leur profonde couleur. Il regardait Milo comme s’il n’était pas vraiment là, le regard épuisé aux cernes tracé et le teint tournant au gris. Ses lèvres légèrement entrouvertes étaient enflées, coupées à certains endroits à cause des baisers forcés et apparemment violent. Il tiqua de la langue, sentant à nouveau une vague de lave se répandre dans ses veines. S’il n’était pas aussi inquiet pour Camus il serait déjà de retour au-dessus de cet enfoiré pour le défigurer au point où son cerveau dégoulinerait sur le sol. Et comme si ce n’était pas suffisent, il aperçut des marques rouges, tournant aux bleus, sur son cou. Milo ne sut par quelle force colossale il gardait encore son calme.
-« Camus…Pourquoi ? »
Frustré au plus haut point, il relâcha doucement son visage qui retomba sans aucune riposte et se releva pour se diriger vers l’homme qui reculait en rampent, encore un peu conscient. Milo abattit son pied entre ses jambes, ce qui lui fit arracher un cri de douleur, et se baissa afin de lui vider les poches, jetant les affaires qui ne l’intéressait pas à la poubelle à côté. Il trouva non pas qu’un, mais deux porte feuilles. Il les ouvrit un par un pour jeter un coup d’œil aux pièces d’identité et se douta qu’il trouverait celui de Camus. Il rangea celui qui fut volé dans sa poche et sortit son portable pour prendre une photo la carte d’identité de l’agresseur. Tout le long, il n’avait pas retiré son pied de sa partie intime qui le faisait agonisé, et au contraire, il appliqua de plus en plus de force pour le faire hurler plus fort.
Une fois qu’il eut obtenu ce dont il avait besoin il le libera à contre cœur -lui jetant sa carte à la figure- et repartit se soucier uniquement de Camus, qui a nouveau, tentait de se remettre debout sur ses pieds.
Le voir ainsi lui brisa le cœur, il ne voulait même pas imaginer ce qui aurait pu se passer s’il ne l’avait pas trouvé à temps. Ou pas trouvé du tout. Un frisson de mal être le prit tandis qu’il l’attrapa par les bras pour l’aider à se relever, et avec le peu de force qu’il possédait encore, Camus entreprit un faible mouvement pour le repousser.
-« Laisse-moi… » Marmonna-t-il avec difficulté.
-« Pourquoi !? Laisse-moi t’aider. »
Camus répondit quelque chose d’incompréhensive mais qui sonnait comme un refus. Il se libera de sa prise et voulut plutôt se soutenir au mur, pour finir par flancher et retomber. Milo l’avait directement rattrapé, devant de plus en plus frustré par ce qu’il n’arrivait pas à le comprendre. Il était juste sincèrement et profondément triste de le voir ainsi. Qu’est ce qui le mena à se faire cela ? Et a reprise de fois, apparemment. Il voulait le tenir plus près, le soutenir pour qu’il puisse enfin se reposer, mais même ivre mort, au bord de l’overdose, il refusait de l’aide. Comment pouvait-il être aussi têtu ? Aussi, isolé et fier.
-« Camus !
-Juste…Part.
-Partir où !? Je vais pas te laisser ! »
Il avait envie de s’énerver et de lui hurler dessus puisqu’il tentait encore une fois de marcher tout seul alors qu’il n’était même pas capable de relever la tête ou garder les yeux ouverts.
-« Pourquoi tu agis comme ça ! Laisse-moi t’aider bon sang ! »
Il dut le tenir avec plus de force, prenant son bras pour le mettre autour de sa nuque afin qu’il puisse le soutenir et l’éloigner de cet endroit sale et sombre. L’ivre ne parvenait pas bien à placer un pied devant l’autre, la tache fut assez pénible, cependant il était clair que Camus ne souhaiter pas être porté, il râlait déjà, pas très fort, juste assez pour que Milo sache qu’il était mécontent. Au bout d’une minutes, le roux ne voulait plus du tout être supporté, et usait de ses peu de forces pour s’alourdir et rester sur place. Milo se contenta de serrer la mâchoire et compta jusqu’à dix afin prolonger sa patience autant que possible, il ne parvint pas à le faire marcher plus d’une minute ainsi, pour la simple et bonne raison que Camus se mit pleurer. Si silencieusement qu’il ne le remarqua pas tout de suite, mais un sanglot fut un peu plus fort que les précèdent et ce fut là qu’il réalisa qu’il s’était mis server des larmes. Milo n’eut plus le cœur de le forcer plus que cela, il le laissa s’asseoir par terre contre un mur, et instinctivement, Camus enlaça ses genoux contre sa poitrine, enfuyant son visage dessus.
L’irritation que ressentit Milo s’évapora, à la place, il fut encore plus peiné. Il n’aimait vraiment pas le voir ainsi, s’il pouvait mettre la main sur la ou les personnes qui le firent souffrir ainsi, il s’assurait qu’ils le payent amèrement et douloureusement. Milo soupira avec difficulté, le poids dans sa poitrine était lourd et il n’imaginait pas comment devait se sentir Camus qui d’ailleurs était toujours aussi silencieux que possible, il s’enlaçait tout seul, comme s’il fut toujours seul dans sa souffrance, que personne ne l’avait jamais partagé avec lui. Le grec s’assit à ses côtés, ne laissant aucune distance entre eux et l’enveloppa de ses bras. Camus fut au début aussi rigide que du bois, mais après quelque caresse réconfortante, il devint plus malléable et accepta l’étreinte de Milo sans directement la rendre. Il le laissa le défaire de son recroquevillement pour le faire blottit contre lui.
-« Parle-moi, ne reste pas silencieux comme ça.
Il l’entendit renifler, n’osant pas déposer complètement son front contre sa mâchoire. Milo l’aida en effaçant cette distance être eux.
-« Pourquoi tu es parti comme ça sans ton téléphone ? Tu sais que c’est dangereux. Tu nous as inquiéter. Tu veux inquiéter Hyoga et Isaak ? Et ta maman ? »
Sur le coup, Milo eut vraiment l’impression de parler à un enfant, ce qui était à la fois quelque peu drôle et triste. Camus ramena sa main à son visage pour se l’essuyer maladroitement, renforçant cet aspect enfantin attendrissant.
-« Tu sais qu’ils t’aimes tous plus que tout ? Et qu’ils seraient prêt à tout pour toi ? Tu n’as pas à leur cacher ce que tu ressens. »
-« …Je mérite pas.
-Pardon ? »
Milo l’avait clairement entendu et compris, mais il ne s’y attendait clairement pas. Sa réponse lui serra encore plus le cœur.
-« Je le mérite pas. » Reprit Camus, d’une faible voix.
-« Qu’est-ce que tu mérites pas ? » Lui demanda-t-il, s’efforçant à garder un ton doux afin de l’encourager à s’exprimer plus, malgré son estomac retourné et sa poitrine qui le faisait mal.
Il voulait savoir, il voulait le connaitre plus en profondeur, il ne savait pas pourquoi cela l’importait tant, pourquoi Camus lui était important, mais il l’était, et il avait besoin de voir ces blessures, et surtout de lui faire comprendre qu’il n’était pas seul. Il souffrait en silence, à l’insu de monde, ce n’était pas normal. Même pour un ainé qui prenait soin de sa famille à la place d’un père absent, ne jamais laisser paraitre ses douleurs, cela ne devrait pas être normal.
-« leur amour…Isaak et Hyoga, et maman. » Avoua-t-il d’une voix à peine audible ou compréhensive, s’appuyant complètement sur Milo par manque de force.
L’instructeur grimaça de peine face de tel propos qui ne pouvait être que sincère vu son état d’ivresse. Camus disait exactement ce qu’il pensait, et s’il disait qu’il ne mérite pas l’amour de sa famille, c’était qu’il l’en était absolument persuadé, et cela lui noua la gorge. Savait-il au moins à quel point il était aimé ? Très certainement, et pensait quand même que cette amour ne devait pas lui être destiné. Se détestait-il à ce point ? Comment se voyait-il dans la glace ? Milo était certain que s’il demandait aux jumeaux de lui donner une centaine de raisons pourquoi ils aimaient leur grand frère, ils répondraient que ce nombre n’étaient pas suffisent. Ils auraient surement le cœur brisé s’il apprenait que Camus ne se trouvait pas à la hauteur de leur admiration. Et honnêtement il était le premier à l’avoir. Il connaissait ce sentiment, de se croire inaimable, surtout par sa famille. Pour ce qui était de son cas personnel, Milo n’avait pas besoin d’être sûr que ses proches ne l’appréciaient pas, ces derniers ne manquèrent jamais de le lui faire comprendre et de le lui prouver mainte et mainte fois. Fus une époque où tous ce qu’il recherchait était cet exacte type d’amour inconditionnel et familiale que possédaient les trois frères. Et Camus, dans ses bras, vivait tout le contraire, et pourtant souffrait aussi. Un homme pourtant si aimé mais qui était persuadé d’être indigne.
-« Qu’est ce qui te fait dire une chose aussi fausse !? » inconsciemment, Il le serra un peu plus fort contre lui.
Camus ne répondit pas, ou plutôt, ne réussit à répondre. Il semblait avoir du mal à represser ses pleurs. Milo pouvait le sentir trembler, tout comme une bouteille en verre enfermant un maelström d’émotion. Camus devait se mordre les lèvres pour ne pas tout laisser s’échapper et exploser, et s’était extrêmement impressionnant que même dans on était déplorable, il puisse être encore capable de lutter pour résister à quelque chose d’aussi difficile. Milo haïssait devoir le faire au plus haut point, il ne comprenait absolument pas comment Camus parvint à survivre ainsi jusqu’à ce jour, cela devait être justement pour cette raison qu’il s’effondrait. Lui, retenir ce qu’il ressentait ne serait-ce que pour une journée lui était une torture ! S’il devait le faire pour une longue durée de temps, il deviendrait fou, Camus était inquiétant mais épatant.
Milo reprit parole, un peu plus fort « Parle-moi ! Qu’est ce qui ne vas pas ? » en secouant tres légèrement pour tenter de briser cette dernière barrière qu’il s’entêtait à garder dressée.
Camus enfouis son visage dans ses mains, ramenant à nouveau ses genoux proches de son torse comme un fleur qui se refermait après avoir été stimuler. Ses sanglots se faisait un peu plus entendre, mais Milo ne vit pas cela comme une mauvaise réaction de sa part, au contraire, c’était précisément ce qu’il voulait déclencher. Personne n’avait à pleurer en silence ainsi, et surtout pas un homme aussi aimable que lui.
Le grec lui tapota le bras en l’observant attentivement. Ils restèrent ainsi quelque minutes sans qu’aucun d’eux n’arrêtent son action jusqu’à ce que finalement le roux reprenne paroles, toujours d’une basse voix étranglée et brisée.
-« Il me manque… !
-Quoi ? »
Milo cligna deux, trois fois des yeux de surprise.
-« J’sais qu’il devrait pas…Et, et Dité a tout fait…j’sais que j’suis mieux sans lui… »
Il avait du mal, mais il parlait quand même entre ses sanglots, et Milo l’écoutait attentivement, sans le lâcher.
-« Mais Surt… »
Surt. Le fameux ex. Milo se rappela le moment où Camus releva à Saga avoir rompu avec cet homme, de son manque de réaction, et des doigts légèrement tremblant du roux. Il se rappela avoir vu ses yeux se refroidir et ses sourcils se froncer un peu plus, de manière très difficilement perceptible. Sa discussion avant cela avec les jumeaux aussi lui revint en mémoire, lorsque Hyoga fit allusion à ce Surt. Camus souffrait grandement, mais personne n’en avait idée, peut-être juste Dité, ce qui justifiait sa panique face à la disparition du franco-russe. Et lui, durant toute la soirée, il n’avait fait que provoquer Camus.
Il expira un long soupire de regret et de peine.
-« Je devrais pas… » Continua a sangloter Camus.
Il ne savait plus vraiment quoi faire, ou s’il pouvait faire quoique ce soit de plus que cela. C’était déjà un miracle que Camus avoue ces choses, il ne souhaiter pas non plus trop le forcer hors de ses limites.
Sans le lâcher, il reprit son portable de sa poche pour envoyer un message à Saga afin de lui faire savoir qu’il l’avait trouvé et qu’il avait besoin d’une voiture pour le ramener chez lui. Cela ne lui plut pas, de devoir faire ramener Saga, il aurait largement préféré s’occuper tout seul de Camus, parce qu’à sa place, il n’aurait pas apprécié que plus d’une personne le voit dans un état aussi vulnérable. Et niveau fierté, peut-être que Camus le dépassait de loin même. Saga lui répondit étonnement vite, lui disant qu’il était en route. Il en profita aussi pour prévenir les autres d’arrêter de chercher et qu’il allait le ramener à la maison. Il rangea tout de suite son téléphone ensuite, n’attendant pas la réponse des autres, afin de se focaliser à nouveau totalement sur Camus. Il ne sut quoi faire d’autre que de le bercer calmement, caressant et tapotant son bras, en lui répétant de temps en temps que tout ira bien, que ce n’était pas grave. Il fut surpris, qu’éventuellement, Camus s’ouvre à nouveau du petit concon qu’il s’était formé avec ses jambes collé à sa poitrine afin de l’enlacer lui plutôt. Il avait enroulé ses bras autour de son cou et s’y blottit de lui-même.
Milo ne s’y attendait vraiment pas, il en resta figé quelque seconde, le cœur bondissant plus rapidement dans sa poitrine. Ce geste le fit incroyablement plaisir ! Il pensait qu’il n’obtiendrait rien de plus de sa part, que rien que le fait qu’il accepte qu’il le touche pour le bercer soit déjà un miracle. Camus avait cessé de pleurer, surement d’épuisement, et Milo voulut croire qu’il eut un rôle à jouer dans cela. Cela le prit deux secondes avant de se ressaisir et retourner l’étreinte, le serrant fermement contre lui. Tout le monde avait besoin d’un long et puissant câlin de temps en temps, et les grands frères de faisaient pas exception.
Milo put à nouveau esquisser un sourire après cette longue et pénible chasse au franco-russe, mais il n’était pas sur s’il pouvait dire qui tout est bien qui finit bien. Certes, il était arrivé de justesse pour le secourir, Camus n’avait apparemment pas fait d’overdose, malgré son état déplorable, et Saga allait venir les récupérer pour le déposer à la maison. Mais tout cela ne servait à rien si Camus n’allait pas mieux. Il allait recommencer, et peut-être que cette fois-ci, cela serait sa dernière tentative, parce qu’il n’aura plus l’occasion de le refaire. La prochaine fois, peut-être que personne ne le retrouvera, ou comme l’avait raconté Angelo, il ne laisserait derrière lui qu’un corps sans vie. Donc, aujourd’hui, rien n’était fini, et il se voyait mal retourner a qu’ ‘une simple connaissance amicale’ qui ne fut pas témoins de la détresse de Camus.
Ils restèrent ainsi jusqu’à qu’il reçoit un appel de Saga lui disant qu’il était arrivé à l’adresse envoyée. Milo fut quelque peu déçu, il ne voulait pas perturber le roux qui s’était assoupie dans ses bras. Il s’était enfin apaisé et avait repris une respiration plus régulière et profonde. Milo pouvait non seulement l’entendre et sentir son souffle chaud s’échouer sur la peau de son cou, mais aussi son torse se gonfler et dégonfler contre le sien. Étrangement, cela l’apaisa aussi, cette étreinte l’avait tout aussi relaxé. Oui, il sentait l’alcool, mais ses cheveux possédaient toujours cette senteur de fraise à laquelle il repensait souvent. Milo ne voulait pas interrompre ce moment, il se sentait bien ainsi, et il savait que Camus aussi, ou du moins, se sentait un peu mieux. Était-ce mal qu’il avait encore envie de le garder là ? Caller ainsi dans ces bras, sans rien dire, sans rien faire d’autre que de simplement sentir sa présence et son odeur ? Sur le moment, rien ne lui parut étrange, tout lui parut juste, et leur proximité l’était. Il prit une dernière inspiration profonde, le nez enfuit dans ses cheveux pour humer son odeur avant de maudire Saga.
Il dut bouger avant qu’il ne le rappelle. Aussi délicatement que possible, il changea l’emplacement de ses bras afin de le porter, et à son grand soulagement, Camus ne se débattit pas. Il sut qu’il était conscient puisqu’il lâcha un faible grommellement, et bougea légèrement avant d’abandonner instantanément toute tentative de protestation. Il laissa Milo le porter un peu comme un enfant, ses jambes placées de part et d’autre de lui. Alors qu’il le rajustait pour qu’il soit plus confortable, Camus qui surement cru qu’il allait tomber, eut le reflex d’enrouler ses jambes autour de sa taille, et Milo, retint son souffle quelque seconde avant de s’y faire. Il crut qu’il serait bien plus lourd que cela, vue qu’il était grand de taille, mais là alors qu’il le portait, il réalisa à quel point il était réellement mince.
Il rejoint le devant du pub où la voiture de Saga était garée, il le vit tenir son portable avec une expression agacée sur le visage, surement était-il sur le point de le rappeler. Saga le remarqua cependant avant et descendu de la voiture dans le but de l’aider.
-« Comment il va !? »
Il voulut le prendre de ses bras mais Milo effectua un mouvement de recul.
-« Ouvre moi la portière, il est fatigué. »
Bien que n’appréciant pas prendre des ordres, Saga fit comme demander. Milo entreprit alors d’allonger aussi doucement que possible Camus à l’arrière de sa Mercedes noir, ce dernier ne voulut pas se défaire de lui au début, lâchant un petit gémissement de mécontentement tout simplement craquant qui le fit sourire. Oui il était triste et déprimé, mais il était aussi mignon. Une fois qu’il parvint à l’installer, il monta aussi à bord sous le regard confus de Saga.
-« Et ta moto ?
-Je la récupérai plus tard, allons y. »
Saga sembla vouloir s’attarder sur le sujet, mais Milo ferma la portière, pas très fort pour ne pas surprendre Camus, dont la tête reposée sur ses cuisses. Le plus âgé revint à sa place devant le volant et leur jeta un coup d’œil.
-« Comment tu l’as trouvé ?
-« Je t’expliquerai tout après. Pour l’instant, on devrait le déposer chez lui, tu as l’adresse ? » Parla-t-il d’une basse voix et prudente.
-« Angelo me l’a envoyé. »
Il ne saurait pas mettre le doigts sur la raison, mais Saga l’agaçait.
-« Tu sais que je peux le déposer tout seul ? Tu n’es pas obliger-
-Je sais. »
Saga arqua un sourcil, le toisant, comme attendant qu’il continue sa phrase, mais son compatriote n’en fit rien. A la place il lui rendit son regard avec froideur. Milo ne voulait pas laisser Camus seul avec lui, spécialement pas dans cet état. Pas qu’il ne faisait pas confiance à son ami, sinon il ne le considérait jamais comme tel, sauf que le simple le fait de savoir qu’il avait quelque chose envers le franco-russe le mettait mal à l’aise. Et puis, il aurait l’impression de trahir une quelconque confiance inconsciente que le roux avait placé en lui. Non, il était hors de question qu’il laisse Saga s’occuper de lui et le toucher ne serait-ce que pour l’aider à marcher.
Camus qui bougeait doucement des doigts contre son genoux attira son attention, il coupa alors le contact avec les yeux sombre de Saga pour les baiser plutôt vers ce qui le préoccupait plus. Sous la lumière qui provenait de l’intérieur de la voiture, il pouvait un peu mieux distinguer son visage. Il fronçait ses sourcils, le nez légèrement plissé et les yeux fermés, enflés à force d’avoir pleuré. Il remarqua que les coupures sur ses lèvres s’étaient réouvertes parce qu’il ne cessait de les mordre lorsqu’il se retenait de pleurer trop bruyamment. Milo fit de son mieux pour ne pas repenser à comment il les avait reçus en première lieux, sinon il perdre encore une fois son sang-froid. Il allait faire payer ce gars, c’était la première chose qu’il allait régler une fois de retours chez lui. L’endormi semblait dérangé de quelque chose, surement de la lumière, devina Milo en lui couvrant les yeux avec sa main.
Saga décida de l’ignorer pour le bien de Camus qui avait cruellement besoin de calme. Durant le trajet, Milo quitta rarement le roux du regard, juste quelque seconde pour regarder Saga ou le paysage par la fenêtre. Il envoya aussi un message pour prévenir Dité qu’ils étaient en route. Camus avait réouvert les yeux, et évidemment, ce dernier ne le regardait pas. Par les contractions de ses muscles, ainsi que son expression, Milo se douta qu’il devait surement ressentir des douleurs physiques comme des brulures d’estomacs et le mal de transport. Il tenta de l’apaiser autant que possible en glissant ses doigts dans ses cheveux, mais après quelqu’une de ses caresses, il aperçut une nouvelle larme se former au coin de son œil. Sans rien dire, le grec passa son doigt sous celui-ci pour l’essuyer et ce contact le fit réagir. Camus détourna la tête pour enfuir son visage dans ses cuisses, afin de le cacher, et peut-être aussi pour y retrouver du réconfort. Son cœur se serra, mais il était au moins rassuré que le roux se blottisse plus contre lui au lieu de le rejeter et s’éloigner comme au début lorsqu’il venait de le retrouver. Il sut par l’humidité qui imbibait goutte par goutte son pantalon qu’il pleurait encore, et fut encore impressionné de voir à quel point il le faisait discrètement et silencieusement. Il ne fut même pas secoué de sanglots. Il continua alors de lui procurer quelque geste doux et réconfortant, sachant pertinemment que Saga lui lançait des coups d’œil de temps en temps.
Tout le long du trajet, Camus ne bougea plus de cette position, Milo était certain qu’il s’était endormi pour de bon. Lorsque Saga se gara devant une petite maison dans une rue pas très habité, il sut qu’il était à la bonne destination lorsqu’il aperçut Dité qui les attendait sur le pas de la porte, tenant son portable dans la main. Le pauvre avait l’air à bout et se remit presque à pleurer en les voyant arrivé. Milo trouva encore une fois cela dommage qu’il eut à déranger Camus qui avait enfin l’air de réellement se reposer. Et encore une fois, il ne laissa personne d’autre que lui le porter, et cette fois ci, il le fit, un bras sous ses genoux et l’autre derrière son dos. Le roux ne s’était pas réveillé, il n’avait même pas sourcillé, sa tête reposée lassement contre son épaule. Il n’accepta l’aide de personne, même pas celle de Dité qui était mort de soulagement, et il insista pour le ramener lui-même jusqu’à son lit. Saga n’apprécia visiblement pas son comportement, mais peu importe, il n’allait pas le laisser être aussi proche de Camus et entrer dans l’intimité de sa chambre tant qu’il n’avait pas le contexte exact de leur passé commun et de ce que le plus âgé éprouvait réellement à son égard. Dité lui ouvrit la porte de la maison tandis que Saga alla attendre dans la voiture, la maison était plongée dans le noir et le silence de la famille endormies. C’était plutôt drôle de se dire qu’il était dans le domicile de ses deux élèves favoris, ces deux la dormaient dans la pièce d’à coter, ne se doutant absolument pas que leur coach était dans leur salon à quatre heures du matin. Avec le flash de son téléphone, le suédois le guida vers l’étage d’au-dessus, et il fit attention de ne pas trop faire grincer le parquet sous ses pas alors qu’il montait les marches d’escalier avec son précieux colis sur les bras.
Dité lui ouvrit une autre porte une fois arrivé en haut, la chambre de l’aîné. Milo s’approcha du lit au fond de la pièce obscure pour y déposer aussi doucement que possible Camus, le plaçant sur son oreiller de sorte à ce qu’il soit confortable.
-« Merci infiniment Milo ! » Lui chuchota, remplis d’émotion, Dité aux yeux larmoyants.
-« Ce n’est rien, juste fait attention à lui. Et, um, ne crie pas d’accord, mais quand je l’ai retrouvé, un fils de pute se forcer sur lui. »
Ayant prédit que Dité allait exclamé son choque à haute voix, il eut le reflex de lui fermer la bouche avec sa main.
-« Écoute, te blâmes pas trop, juste occupe-toi de lui. Je l'ai trouvé à temps pour que rien de plus sérieux que des attouchements ne lui ait été infligé. Enfin, c’est déjà assez grave, mais ça aurait pu être pire. » Finit-il sa phrase en soupirant de contrariété, se pinçant l’arête du nez.
Dité semblait être sur le point de s’effondrer et Milo eut de la peine pour lui. Il lui tapota l’épaule en signe d’empathie, mais ce dernier agit déjà comme s’il n’existait plus. Il se contenta de se mettre à genoux au chevet de Camus pour l’inspecter. Le grec se sentit de trop, il n’avait plus rien à faire ici, et de base il n’était même pas sûr que le roux apprécierait de savoir qu’il était entré dans sa chambre.
Il lança un dernier coup d’œil à l’endormi, se retrouvant à nouveau avec le cœur serrer de devoir le laisser. Il se demandera comment Camus allait se comporter avec lui la prochaine fois qu’ils se recroiseraient. Il était certain qu’il allait encore plus l’éviter et s’éloigner de lui, et cette idée lui fit de la peine. Il espérait sincèrement pouvoir en reparler avec lui, ou au moins qu’il lui permette d’engager une conversation avec lui rien que pour le faire rire. Il n’avait vraiment pas envie d’en finir ainsi avec lui, et à contre cœur, il recula silencieusement après voir déposer son portefeuille sur le lit pliable et sans rien dire de plus, sortit de la chambre. Discrètement, il ferma la porte derrière lui et sursauta lorsqu’une lumière l’éclaira, il fit volteface et se figea.
-« What the fuck. »
En face de lui se tenaient deux adolescents en pyjamas à motif canard, à moitié endormis, et ayant l’air extrêmement confus. Un d’eux, Hyoga, l’éclaira avec son flash de téléphone tandis qu’Isaak se frotta les yeux pour s’assurer qu’il n’hallucinait pas. En tout cas, tous les deux affichaient une tête vraiment hilarante avec leurs stupide expression et leurs cheveux en batailles. - sans oublier les mignons pyjamas-
Pour de longues seconde, aucun des trois ne pipa un mot, puis ce fut Milo qui brisa nerveusement le silence pesant mais comique.
-« Tous ça n’est qu’un rêve, je ne suis pas chez vous, repartez dormir.
-Mais-
-Shhh ! C’est tout simplement une hallucination collective, aller au dodo. » Il tapa des mains comme il le faisait durant leur classe, et grimaçant de confusion et de fatigue, les jumeaux s’échangèrent un regard avant d’étonnement obéir.
Isaak haussa des épaules et lança un « Bonne nuit coach » avant de retourner dans sa chambre en compagnie de son frère, au grand soulagement de Milo qui put s’enfuir sans aucun autre accroc dans la maison. Saga l’attendait dans la voiture, portant toujours son expression d’agacement que Milo n’avait vraiment pas envie de gérer. Il ouvrit la portière et se plaça à l’avant.
-« Explique. » lui ordonna sèchement Saga sans même le regarder.
Milo se retint de répliquer avec une provocation et entreprit de lui raconter tout depuis le moment où il monta sur sa moto pour partir à la recherche de Camus. Pendant ce temps, Saga eut l’amabilité de le reconduire devant le Nightwave pour qu’il puisse récupéré sa moto. Saga fit de son mieux pour garder son calme après qu’il lui fit par de la pire partie de l’histoire, néanmoins, Milo remarqua la manière dont son regard devint encore plus meurtrier que ceux de son frère, et sa mâchoire se serra avec force, faisant apparaitre quelques veines sur son visage. Ses mains aussi, empoignèrent le volant avant tant de fermeté qu’il aurait pu l’arracher au moindre mouvement. Il eut des sueurs froides dans le dos, Saga pouvait réellement être terrifiant parfois, encore plus que Kanon. Et en pensant à ce dernier, Milo se rendit compte qu’il ressentait pas mal de rancœur à son égard après cette nuit stressante et triste. Le plus âgé lui demanda de lui envoyer la photo de la pièce d’identité de l’agresseur qu’il avait prise. Un frisson le parcourue, il s’imagina découvrir quelques jours plus tard que cet homme fut retrouvé mort, défigurer et démembrer.
Cela ne l’étonnerait pas que Saga en soit capable, après tout, Milo n’était principalement ami qu’avec des fou furieux. Enfin, si son compatriote avait besoin d’un complice, il était prêt.
Une fois arrivé à destination, Milo ne descendit pas tout de suite. A la place, il fixa le conducteur du regard.
-« Dit, Saga. Je peux savoir quel genre de relations vous aviez, toi et Camus. » C’était direct et indiscret, mais c’était ainsi qu’il était et qu’il fut toujours.
Saga ne sembla même pas surpris de sa soudaine questions.
-« On était amis.
-Juste…amis ? »
Il fronça un peu plus des sourcils face à l’insinuations de Milo.
-« Oui, juste. Amis. »
Le plus jeune marqua un temps de silence sans le lâcher du regard avant de reprendre.
-«Tu aurais préféré que ça soit autrement, je me trompe ? »
Les yeux de Saga s’assombrirent, devenant dangereux à son égard, lui qui pourtant était toujours aimable envers ses amis.
-« Qu’est ce qui te fait dire ça ?...Qu’est-ce que t’a dit Kanon. »
Si avant, il ne daigna pas poser la question à Saga par peur de vendre son meilleur ami, là il n’en avait plus rien à faire. Après tout le mal qu’il dit sur Camus, il meritait bien une petite engueulade de la part de son jumeau. Cela serait sa vengeance.
-« Tu peux lui demander toi-même. Merci de m’avoir déposé, bonne nuit Saga. »
Sans attendre une réponse de sa part, l’instructeur descendit de la voiture.
Notes:
Arg milo, l'homme que tu es 😔😔
Chapter 8: Pour le voir.
Notes:
Petit rapelle : toute les langues prensentes dans cette fanfic qui ne sont pas le francais ou l'anglais sont prise de google
Chapter Text
Dité n’avait pas fermé l’œil de la nuit, il ne faisait que ressasser les dernier stressant évènements du moment où il rentra à la maison après sa rencontre avec Angelo et Shura, jusqu’au moment où Milo lui informa de la situation de Camus. Les dernières paroles du grec tournaient continuellement et insupportablement dans sa tête. La culpabilité le tiraillait, la peine et la peur qu’il ressentit n’étaient pas en train de se calmer bien que son meilleur ami soit à nouveau en sécurité. Il resta à son chevet afin de le surveiller, jusqu’au lever du jour, il avait peur de ne le quitter des yeux pour ne serait-ce qu’une seconde, et le trouver sans vie. Ce qui n’était pas si logique et pourtant, c’était plus fort que lui.
Après tout, certes, Camus n’avait pas fait de surdose, mais il n’en était apparemment pas loin, et Dité aurait préféré qu’il soit d’abord pris aux urgences. Il ne comprenait pas pourquoi, tout d’un coup, Camus avait senti ce besoin de disparaitre et de boire aussi irresponsablement. Il savait qu’il avait fait cela dans un but précis, comme la dernière fois. Sauf que durant sa précédente mauvaise prise de décision, il était dans un bien pire état qui se rapprochait dangereusement d’une psychose, si ce n’en était pas déjà une. Il venait de quitter son petit ami d’once ans, puis son travail à cause de cette maladie de vivre, sa santé physique et psychique se détériora, et tellement plein de chose qui le firent perdre contact avec la réalité.
Le psychiatre qui lui prescrivait ses médicaments avait déjà prévenu Dité à l’avance que des tentatives de suicides pourraient se produire et qu’il était fortement conseillé qu’il soit surveillé de près, et suivis par un psychologue. Ce que Camus, évidement refusa catégoriquement. À l’époque, oui, Dité pouvait comprendre, Camus avait l’air tous les jours sur le point d’en finir, sauf que depuis un moment, un mois et quelque, il s’était remis sur pieds. Peut-être pas totalement, mais il avait fait d’incroyable progrès qui avait même choqué son docteur. Il arrêta rapidement les médicaments, parvint à sourire et rire de nouveau, et plus récemment, il fut officiellement capable de reprendre un travail. Dité le lui déconseilla de le faire aussi tôt arrivé en France, et réussit à plus ou moins le convaincre de ne pas se soucier de ce problème avant la fin des vacances. Ce qu’il ne comprenait pas, c’était pourquoi maintenant ? Alors qu’il allait tellement mieux ? Peut-être que Dité était le seul à le croire, qu’il baissa sa vigilance et se persuada que Camus allait assez bien pour ne plus jamais reprendre un tel comportement.
Il se sentit fautif, c’était plus fort que lui. Il avait eu la peur de sa vie, et en y repensant, Shura et Angelo furent des amours avec lui. Penser à eux lui procurait un peu de réconfort. Ils auraient très bien pu l’ignorer, ou l’aider juste un minimum, ou même juste lui dire d0’appeler la police, mais non, ils s’étaient donnés au maximum. Milo et Saga aussi, évidemment, mais il ne fut pas leurs côtés pour le constater. Et aussi, il ne s’attendait réellement pas à ce que l’italien -qu’il avait pourtant provoqué sans cesse depuis qu’ils se connaissent- le rassura de ses mots comme de ses gestes. Il se rappela avoir perdu tous ses moyens dans la voiture de Shura après une énième recherche en vain, et avait pleuré comme un enfant. Les deux hommes tentèrent de le calmer, et Angelo, qui n’avaient pas ses mains occupées, s’était retourné vers lui pour le serrer un peu dans ses bras et lui avait gentiment frotter le dos ainsi que le sommet de la tête. Il essaya même de le faire rire.
Un peu après, il était descendu de la voiture pour s’occuper tout seul d’une rue où une chaine de bar, pub et boite de nuits se trouvaient. Durant son absence, Shura le fit asseoir à l’avant et ne lui avait presque pas lâcher la main. Et lorsqu’ils eurent la nouvelle que Camus fut retrouvé, ils allèrent récupérer Angelo pour ensuite retourner à la maison des Delaurores. En chemin, l’italien leur avait acheté des collations et força le suédois à manger, qu’il le veuille ou non, allant jusqu’à lui pincer les cotes pour lui faire ouvrir la bouche et lui fourrer des chips à l’intérieur. Cela avait bien faire rire l’espagnol qui encouragea son ami à recommencer.
Une fois arrivé, ils ne l’avaient pas laissé immédiatement, il fallut que Dité soit celui qui leur demande de rentrer chez eux pour qu’ils se décident enfin à le laisser seul. Il se sentit mal de les avoir tant fait travailler, et bien que cela fut pénible et fatiguant, ils gardèrent le sourire à la fin. Angelo s’était remis à le taquiner avant de partir et Shura à s’en divertir. Ils parvinrent à le refaire sourire, et même à lui faire lâcher un rire d’émotion. Vraiment, qu’est-ce qu’ils auraient fait sans ces deux-là ? Il leur avait bien exprimé sa profonde gratitude chaleureusement en les embrassant chacun sur chacune de leurs joues. Une fois assurés qu’il était capable de rester seul, ils le laissèrent, et Dité ne pouvait oublier leur derniers sourire.
Il regretta d’avoir été tant malpoli auparavant avec Angelo. Mais pour sa défense, celui-ci le fut aussi pas mal. Il était juste content de savoir qu’il ne le détestait pas pour la farce qu’il lui faite le premier soir de leur rencontre. Il regretta aussi de s’être emporté sur Milo, il fut tout aussi un ange, la manière dont il agit si protecteur envers son ami, comment il le porta et le déposa soigneusement dans son lit, s’assurant même qu’il soit bien installé, c’était attendrissant. Il crut entendre à travers l’appelle au début, qu’il était en compagnie de sa copine et qu’ils étaient en désaccords, il n’y avait vraiment pas pensé sur le moment, trop obnubilé par le devoir de retrouver son parfois irresponsable meilleur ami.
Ils furent tous des héros, et il pensa à leur envoyé encore un autre message de remercîments une fois le soleil levé. Saga était peut-être le frère jumeau de ce gorille de Kanon, mais Dité était prêt à oublier ce malheureux détail.
Il prit prudemment soin des petites blessures aux lèvres de Camus, et lui appliqua de la crème sur ses perturbant suçons en ravalant un haut le cœur du mieux qu’il put. Il ne s’en remettait toujours pas, si Milo n’était pas arrivé à temps…
Tout était de sa propre faute. Il se haïssait.
Lorsqu’il entendit quelqu’un se rapprocher de la porte, il se précipita vers son propre lit et fit semblant de dormir. Il ne daigna ouvrir les yeux pour voir qui avait doucement ouvert la porte, mais de la bonne discrétion dont la personne faisait preuve pour ne pas les déranger, il devina que c’était la mère de famille. Il l’entendit soufflé un peu plus fort avant de refermer la porte aussi prudemment qu’elle l’eut ouverte. Elle s’était peut-être inquiétée pour son fils qui ne lui avait pas donné de nouvelle depuis hier après-midi. Dité eut de la peine pour elle, elle devait surement se douter que quelque chose de mal se passait avec son fils, mais connaissant bien celui-ci, elle ne pouvait rien faire pour le confronter sans qu’il ne s’éloigne définitivement d’elle. Hélas, Camus était ainsi, il préférerait mourir que de laisse au moins un membre de sa famille voir ses moindres maux, et cela commençait sérieusement à le taper sur les nerfs. Cela ne pouvait pas continuer ainsi, de ce qu’il connaissait d’une famille aimante, les membres s’entraidaient et se soutenaient dans les moments les plus obscures et douloureux, c’était à cela qu’elle servait. Cela le frustrait quelque peu que son ami n’en profite pas, alors que d’autre personne serait prête à tout pour avoir ce qu’il avait.
Dité soupira longuement, se sentant horriblement mal et épuisé. Son portable vibra sur la commode et il se leva lassement pour le récupérer. C’était un message de Milo.
« Milo : Salut Dité cv ?
Me remercie plus, c’est bon
Comment va Camus ? Il dort encore ?
-Oui
Et je saurais pas dire s’il va bien ou non
Mais je sais qu’il va très mal réagir en se réveillant lorsqu’il va savoir
Milo : Tu n’es pas obligé de lui dire tous les détails
Pour pas qu’il se sente mal
Mais peut-être qu’il devrait pour ne pas recommencer de sitôt
Préférablement plus jamais.
-Tu as raison :,)
J’étais justement en train d’y penser je sais pas vraiment quoi faire
Le connaissant il va capter direct si je lui cache des choses
Mais savoir ce que vous avez fait pour lui…
Arg ! Je verrai de moi-même !
D’ailleurs j’aimerai bien savoir comment tu l’as trouvé !
Milo : Des détails pas très important
J’ai demandé de l’aide un pote qui a une boite de nuit
Bref
À mon avis sois honnête
Ses actions ont des conséquences après tout et Camus est quelqu’un de mature
J’imagine qu’il ne va pas récupérer les gamins aujourd’hui ?
-Aucune idée, et je préfère pas le laisser seul. »
Après quelque minute, il reçut un nouveau message.
« Milo : Tu penses qu’il va m’éviter ?
-J’aimerai croire que non :,)
Honnêtement je suis perdu
Je te mettrai au courant de son état
Et je sais que tu as dit de plus te remercier mais
Merci Milo :) »
L’instructeur lui envoya un sticker mignon d’un dessin de scorpion amicale avec une fleur sur la queue.
Avant de reposer son portable en baillant, il remarqua qu’il avait deux nouveaux messages non lus de deux autres personnes. Un sourire gagne automatiquement ses lèvres en réalisant de qui cela venait.
« Shura <3 : Buenos dias
No te preocupes
¿No has dormido? ” *1
« Angie : *Sticker*
Ciao bella
Dai, dimmi ancora un paio du volte grazie e poi sei a posto
Vado a dormire di nuovo fai sapere a Shura di no scrivermi pui » *2
Dité leva les yeux au ciel avec un petit sourire sur les lèvres. Les deux l’avaient texté dans leur langue maternelle, ce qui était assez amusant -et touchant-. Il n’avait jamais regretté d’avoir pris plusieurs cours de langue et de s’être démener pour en apprendre autant que possible, pour la simple et bonne raison que depuis son enfance il avait ce rêve de voyager autour du globe, traverser les pays et apprendre leurs cultures, découvrir de nouveau paysage, de nouvelle personne, quelque chose qui le marquera à jamais. Il avait déjà visité quelque pays, et avoir un bon niveau dans leur langue respectifs lui fut d’une incroyable aide, mais il n’était pas non plus parvenu à réaliser convenablement ce rêve d’enfant. Enfin, il n’y pensait plus trop depuis un moment.
Vu qu’Angelo lui dit qu’il repartait dormir, il décida de donner la priorité à Shura. Ils discutèrent un petit moment, ce qui le détendit et il en avait désespérément besoin. Il finit, sans s’en vraiment s’en rendre compte, par s’endormir sur son lit, son portable encore à la main.
( *1 : Shura <3 : Bonjour
Ne t’en fais pas
Tu n’as pas dormi ?
*2 : Angie : Salut ma belle
Aller, dis-moi merci une ou deux fois de plus et t’es bon
Je vais retourner dormir, dis a Shura de ne plus me texter. »
…
Les jumeaux s’étaient rendus à leur cours en bus, leur mère leur avait dit que leur grand frère était fatigué et qu’il était préférable qu’il ne soit pas dérangé. Bien qu’attristés, ils ne s’étaient pas plaints. Peut-être qu’il serait là pour les récupérer ? Et même si non, cela n’allait pas les empêcher d’avancer dans leur mission. Ils voulurent passer au niveau suivant. Après tout, ils avaient surpris la veille le coach sortir au beau milieu de la nuit, de la chambre de leur frère. Qui comme par hasard était fatigué ce matin. Ils avaient tant de questions et espérer obtenir plus d’information de la part de leur instructeur qu’ils s’apprêtaient à voir.
D’ailleurs, c’était évident qu’ils avaient mis Shun au courant, et ce dernier n’en revenait pas. Ils n’avaient presque rien faire et tout se déroulait à merveille, ce n’était plus qu’une question de temps avant que Milo et Camus se mettent en couple et se marient et adopte un enfant. Enfin, Shun allait peut-être un peu trop loin, un peu trop vite dans ses assumassions, mais les jumeaux aimaient cette vision.
Pour une fois, ce fut leur instructeur qui arriva en retard, ce qui était assez rare. Mais outre que cela, quelque chose qui était une première fut son remarquant manque d’enthousiasme et d’énergie. Ce qui était assez évident chez leur coach, ce que son humeur était toujours facilement perceptible. Si la dernière fois il était colérique, aujourd’hui il était fatigué. Et cette fatigue se lisait sur son visage et son comportement. Dès qu’il arriva, il débuta le cours sans prendre la peine de proprement les saluer, il effectua son travail, certes bien, mais avec une absence de son entrain habituel et son sourire radiant, ainsi que ses taquineries et ses blagues marrantes. Le trio s’était lancé un regard inquiet. Durant la pause, le coach leur lança un regard hésitant, mais ce fut Isaak qui alla vers lui pour débuter la conversation.
-« Tout va bien, coach ?
Shun le suivit « Vous avez l’air fatigué. » Et Hyoga hocha de la tête.
L’adulte mis de côté son téléphone et leur offrit un simple sourire.
-« Juste mal réveillé, vous en faites pas les gamins.
-Hier on vous a ‘halluciné’ sortir de la chambre de Camus » Rigola Isaak, ce qui fit lâcher un rire nerveux à leur coach.
-« Ah ouais ? C’est drôle ça.
-Oui, surtout que Camus aussi est fatigué. » Continua le blond.
Leur coach, même s’il tentait de ne rien paraitre, finit par soupirer en relâchant son sourire forcer. Il semblait avoir abandonné l’idée de garder une façade assez neutre devant eux.
-« D’ailleurs, comment il va ? »
Les jumeaux s’échangèrent un regard et haussèrent des épaules.
-« Il dormait encore quand on est sortie de la maison. J’imagine que vous avez passé la soirée ensemble. »
Milo pressa ses lèvres en une fine ligne et détourna le regard, cachant évidemment quelque chose, ce qui dessina un sourire satisfait sur les lèvres des plus jeunes.
Hyoga reprit parole « On aimerait bien savoir comment vous êtes devenu amis.
-Amis ? » Répéta-t-il quelque peu surpris. « Il a dit qu’on était ami ? »
A nouveau, les deux frères se lancèrent un regard quelque peu confus et hésitant.
Isaak répondit en premier « ‘Fin, il ne l’a pas dit de cette manière, mais c’est évident que vous l’êtes.
-« Connaissant Camus, il doit beaucoup vous apprécier, il aime juste pas avouer ce genre de truc. »
Le grec cligna deux, trois fois des yeux, l’air surpris par leur propos, avant que son expression ne fonde quelque peu en un sourire presque ‘timide’ qu’il avait du mal à represser, détournant le regard et ramenant sa main dans ses cheveux.
-« Ah ouais ? Il vous en voudrait s’il vous s’entendait me dire ça.
-Très certainement ! » Ricana Isaak. « Mais c’est pas grave, puis c’est normal qu’il vous apprécie, vous êtes génial coach ! »
Ce dernier pouffa de rire et ébouriffa un peu rudement les cheveux d’Isaak, reprenant un peu de ses couleurs joyeuses habituelle.
-« Vous alors ! Vous aimez me flatter ! N’ai-je pas de la chance d’avoir des élèves aussi beaux parleur ? Ce n’est clairement pas quelque chose que vous avez pris de Camus ! Bon d’accord, je vous raconterai un peu à la fin du cours, vous avez gagné. »
Lorsque le cours reprit, leur instructeur semblait toujours aussi fatigué, mais un peu moins démoralisé, il se donnait un peu plus avec entrain et ce fut assez pour remettre le sourire au trio, fier d’avoir pu y contribuer. Ce n’était pas grand-chose pour eux, ils auraient évidemment espéré faire plus, mais étaient quand bien même heureux de constater l’impact qu’avait le nom de leur frère durant cet échange, et surtout que l’adulte leur promis de leur en dire plus sur sa relation avec Camus. Ces informations non seulement étaient important pour leur plan, mais surtout pour nourrir leurs espoirs et leur curiosité.
Ils étaient impatients, mais durent prendre leur mal en patience et ce cours leur donna l’impression de s’étendre encore et encore. Surement parce qu’ils durent se coltiner la toute particulière mauvaise présence d’Algol. Ce dernier se retenait quand bien même devant le coach qui n’était pas de sa meilleure humeur aujourd’hui, et ce fut la seule raison pour laquelle Hyoga et lui n’en étaient pas déjà venu aux mains. Sauf que quelque chose leur disait qu’ils allaient bien finir par régler leur différents en dehors du conservatoire.
Bien que quelque peu déçu ne de pas voir Camus arrivé, ils furent quand même contents de pouvoir discuter en priver avec leur instructeur qui pour le grand bonheur de tous, annonça la fin du cours une quinzaine de minute à l’avance. Hyoga s’assura que Shun soit avec eux pour rejoindre l’adulte après que la classe se soit vidée, et comme il l’avait promis, leur coach était resté devant la porte pour les attendre.
-« Et si je vous déposait à la maison ? »
Le trio se lancèrent un regard, on dirait bien que les privilèges d’avoir leur coach comme -potentiel- beau-frère commençaient tôt.
Ce fut avec grand plaisir qu’ils hochèrent de la tête, -et bien sûr, Hyoga ne laissa absolument pas Shun se défiler-
…
Milo ne sut pas vraiment pourquoi il avait proposé cela. Cela ne le derangeait en rien, après tout, il n’avait rien d’urgent, sa copine n’était pas venue le voir, et comme prévu, Camus non plus. Enfin, cela serait plutôt ses petits frères qu’il viendrait voir, et non lui, mais ce n’était que des détails. Aujourd’hui la bande n’étaient pas non plus au conservatoire, a part s’ennuyer le reste de la journée, il n’avait rien à faire. Et puis, au fond, il espérait le voir. Le grand frère de ses élèves. Dité ne fut plus en ligne depuis le matin, il n’obtint donc pas plus de nouvelle de sa part. Mais à quoi pensait-il ? Camus n’allait pas venir le saluer au pas de sa porte, et bien qu’il sût pertinemment que ses élèves allaient l’inviter à entrer, il n’accepterait pas. Il ne pouvait pas non plus à ce point s’incruster dans la vie du roux. Déjà qu’il en avait vu beaucoup de lui, de sa vulnérabilité sans vraiment son consentement, il ne daignerait le froisser encore plus.
-« Alors coach ? » Démarra la conversation Isaak, en s’asseyant à l’avant à ses côtés.
-« Pourquoi j’ai l’impression que c’est un règlement de compte, ou une interrogation ?
Shun ricana à l’arrière « C’est un peu la dernière. On est juste curieux ! »
Camus lui en voudrait surement d’en dire trop, il se contenta alors de raconter leur croisade hasardeuse dans la boite de nuit globalement, sans s’attarder sur les détails. Il s’abstint aussi de parler de la danse effrénée qu’ils avaient partagé. S’il commençait à en parler, il n’allait plus se taire, et non seulement cela, il devina que ce n’était pas à lui d’en leur en parler. Il savait qu’il y avait un froid entre la danse et Camus, et ils avaient besoin de se réconcilier.
Pour les faire rire, il leur raconta aussi ce qu’il s’était passé entre Dité et Angelo ce soir-là, leur faisant comprendre enfin pourquoi ils ne s’entendaient pas. Heureusement, cette histoire les divertis tellement qu’ils n’en posèrent pas plus de question. Il fut quelque peu surpris de les voir aussi surexcité comme s’ils avaient appris la nouvelle du siècle. Qu’est-ce qu’il y avait de si fou dans le fait qu’il eut croisé Camus dans une boite de nuit ?
Déposant Shun en premier, il ne tarda pas après cela à arriver devant la maison des jumeaux. Il eut des frissons en se rappelant que pas plus tard qu’il y’a quelque heure, il fut là pour de tristes raisons. Il se rappela tout, tous les détails de cette longue et fatigante nuit étaient ancré dans sa mémoire. Il fut hanté toute la journée des images perturbantes qu’il vit avant de porter secours à Camus, de ce qui aurait bien pu se produire s’il ne l’avait pas retrouvé. Il fut hanté par ses expressions, ses paroles, le son de ses pleurs, sa silhouette tremblante, recroquevillé sur lui-même, si seule et délaissée. Il sentait encore son étreinte désespérée, son poids contre lui, son souffle et ses larmes sur sa peau.
Puis son corps dans ses bras lorsqu’il l’avait soulevé pour le porter à son lit. Il aurait aimé rester.
Il s’extirpa de ses pensées lorsque les jumeaux l’interpellèrent.
-« Venez, Coach ! Prenez le gouter avec nous, peut-être que Camus est réveillé. » Lui proposa Isaak en défaisant sa ceinture.
Milo serra un peu plus fort le volant, extrêmement hésitant. Il avait envie, mais cela ne lui ressemblait pas de s’immiscer dans la vie privée de ses élèves. Il considérait leur maison comme telle, et puis cela ne ferait que le mettre face à la vérité qu’il faisait du favoritisme avec eux. Il ne pourrait plus le nier. Non seulement cela, Camus ne voudrait surement pas le voir, il serait même carrément en colère de le voir débarquer dans l’intimité de sa maison, sans prévenir, surtout après les évènements de la veille.
Sauf que quelque chose lui garantissait que s’il ne faisait pas le pas vers lui, le roux ne le ferait jamais. Il l’éviterait et le traiterait comme un simple inconnu. Ils se croiseraient uniquement au couloir du conservatoire et ne se serreraient plus la main en s’échangeant des regards provocants.
Milo ne perdrait peut-être pas grand-chose. Mais « grand-chose » ne voulait pas dire « rien », et il était aussi certain que ce « grand-chose » pouvait devenir encore plus grand. Après quelque seconde de silence, le regard fixer vers l’entrée de la maison, il lâcha un grand soupire et coupa le contact de sa bagnole, faisant lâcher une exclamation de joie aux jumeaux.
Cela ne lui ressemblait pas d’abandonner ou de prendre des précautions. Avec lui c’était toujours « ça passe ou ça casse »
Il suivit alors ses élèves à l’intérieur de la petite clôture du jardin, reprenant le chemin qu’il avait pris quelques heures plutôt avec leur grand frère inconscient dans ses bras. Les jumeaux tout content l’invitèrent chaleureusement à l’intérieur du séjour qu’il pouvait enfin voir sous la lumière. Quelqu’un se leva du sofa afin de les accueillir, et cette personne fut surprise de le voir là. À sa petit -ou grande- déception, ce n’était pas Camus, mais Dité.
-« Milo !? »
L’instructeur fut quelque peu surpris que le suédois paraisse impeccable, il s’attendait à trouver de la fatigue imprégnée dans ses traits, mais ce ne fut rien de cela. Avec le peu qu’il connaissait déjà de lui, il ne se doutait pas qu’il avait surement fournis beaucoup d’effort pour paraitre ainsi.
-« Salut Dité, je raccompagnais la gamin à la maison. »
Il n’aurait pas cru être aussi nerveux d’être là. Les mains dans les poches, il ne put s’empêcher de regarder les alentour, à la recherche d’une touffe carmin assise quelque part. Heureusement pour lui, Isaak prit rapidement parole, ne laissant pas de silence gênant s’installer.
-« Le coach va prendre le gouter avec nous ! Ou est Camus ? »
- Il dors encore.
Le blond s’étonna « Encore ? »
Les deux adolescents lancèrent un regard presque accusateur à leur instructeur comme s’il était le fautif et pour une raison, il eut l’impression qu’ils avaient une idée incorrecte de ce que lui et Camus faisaient la veille. Il en fut presque gêné.
Milo se racla la gorge « C’est pas grave, après tout hier on est tous resté réveillé hyper tard à l’anniversaire d’Aiolia. Si je n’avais pas de cours à donner je serais volontiers resté dans mon lit jusqu’à cette heure ! »
Dité lui lança un regard en arquant un sourcil.
-« C’est vrai, c’est gentil de nous avoir ramené hier, Milo. Bon, installez-vous ! Je vais préparer du thé et des crêpes !
Isaak se précipita de le suivre en cuisine. « Je viens t’aider ! »
Milo remarqua que Hyoga avait l’air quelque peu déçu, il s’assit silencieusement sur leur sofa aux jolies couleurs pastel et le grec vint s’installer à ces cotés.
-« Qu’est ce qui ne vas pas ? J’ai accepté de rentrer avec vous mais on dirait que ce n’est pas assez pour te faire plaisir ! »
Le blond rougit légèrement embarrassé, et balbutia des excuses qui firent lâcher un rire à l’adulte. Milo lui ébouriffa les cheveux afin de le rassurer.
-« C’est juste que j’aurais aimé que Camus soit là.
-Il est là, juste endormi dans sa chambre. Puis la prochaine fois il sera surement réveillé. »
Ces paroles refirent fleurir un sourire sur les lèvres du plus jeunes. Milo quant à lui, ne pouvait s’empêcher de lancer des coups d’œil vers l’escalier qui menait aux chambres. Il ne savait pas s’il voulait le voir apparaitre ou s’il préférait lui-même monter. Ou rien de tout cela. Il était incertain et cela ne lui ressemblait pas. Pour quelque seconde il se demanda même ce qu’il faisait-il assis là. Il aura espéré pouvoir parler en privé avec Dité mais cela ne semblait pas possible sur le moment. Pour l’instant il ne pouvait rien faire d’autre que d’agir comme si de rien était et discuter avec les autres de tout et de rien. Au moins il pouvait déguster des crêpes, c’était déjà cela. Au passage, il apprit qu’apparemment Dité et Angelo s’étaient quelque peu réconcilier.
Ce qui fut un peu amusant, c’était que le suédois referrait des événements de la veille comme étant l’anniversaire d’Aiolia, et se débouillait de créer des mensonges pour répondre aux questions des jumeaux à ce propos. Pour eux, ils avaient passé une soirée entre amis chez celui qui fêtait son anniversaire et Milo avait raccompagné Camus et Dité qui avaient trop bu pour conduire. Il ne comprit pourquoi à la fin de leur faux récit, les jumeaux s’étaient lancé un regard quelque peu…déçu ? Il ne saurait pas vraiment le dire.
Tout le long, son esprit étaient distrait pas l’escalier dans le coin du salon. Il avait du mal à penser à autre chose, même assis à la cuisine. Allait-il juste partir sans le voir ? Tout cela aurait servi à quoi ? Il n’avait pas accepté l’invitation de ses élèves pour se faire servir par eux et profiter de leur gentillesse. Il avait accepté pour avoir une chance de le voir.
Mais il était temps de partir.
-« Bon. Il est temps pour moi d’y aller. Je me permets d’utiliser vos toilettes avant !
Hyoga voulut se lever. « D’accord, laissez-moi vous montrer-
-« Non c’est bon. » Le coupa-t-il, lui faisant un signe de la main pour qu’il reste assis. « Je sais ils sont ou. »
Sans laissez à quiconque le temps d’en placer une, il se leva et sortit de la cuisine. Il ne savait pas où étaient les toilettes, mais savait très bien où se trouver la chambre de la belle au bois dormant. Cette comparaison le faisait quelque peu marrer.
En essayant d’être le plus discret possible, il monta les marches vers l’étages, et se planta devant la porte de la chambre de Camus. Il prit un dernier souffle avant de poser la main sur la poigné pour l’ouvrir aussi prudemment que possible. Il craignit de frapper et de le réveiller, alors il opta de simplement entrer à son propre risque. La chambre était plongée dans la pénombre, la lumière du soleil se frayait un chemin à travers les rideaux qui valsaient légèrement au rythme de la brise. Il s’y flottait une odeur familière depuis peu, celle de Camus. Il avança silencieusement et referma la porte derrière lui avec extrême lenteur. Celui qu’il cherchait était allongé dans son lit, recroquevillé sur lui-même comme il le fit en pleurant la veille, sa couverture à terre. Milo prit quelque seconde pour l’observer de loin, ses longues mèches carmin, qui avaient une sombre teinte dans l’obscurité étaient étalé autour de lui comme des rubans de velours. Contrairement à comment il l’avait déposé, il fut débarrassé de son jean et reposer simplement en t-shirt et boxer. Camus le tuerait s’il se réveillait maintenant et le voyait planté là à le regarder comme un psychopathe.
Il avait accompli ce qu’il désirait faire depuis le début. Le voir. Il pouvait désormais partir. Avant cela, il s’approcha à pas silencieux, ramassa la légère couverture et prit le risque de le recouvrir avec. Il en profita pour observer son visage de plus près, ne pouvait retenir un sourire d’étirer ses lèvres. Le franco-russe froid et intimidant ressemblait à un enfant ainsi. Un enfant seul, dans le froid et l’obscurité. Il se retint de soupirer face à cette triste pensée. Il se retint aussi de toute ses forces de lui pincer la joue. Il en mourrait d’envie !
Enfin ! il était temps de partir, rester là à l’écouter respirer profondément n’était pas ennuyant mais ce n’était pas la chose la plus sensé à faire. Il regarda autour de lui, il y fait encore quelque chose qu’il devait faire avant de partir.
…
Camus reprit lentement connaissance, et ce fut extrêmement pénible. Il se sentit si horrible qu’il ne parvint même pas à ouvrir les yeux. Il était bien trop dépourvu d’énergie pour être confus, pour ressentir n’importe quoi d’autre que les atroces brulures d’estomac et le violent mal de crane qui le torturaient. Il était épuisé d’encore respirer, si seulement il pouvait arrêter de le faire, de pouvoir dormir sans et ne plus jamais se réveiller par la même occasion.
Sans même bouger ou ouvrir les yeux. Il soupira. Tout son corps était engourdi, encore endormi, il lui donnait l’impression qu’il ne lui appartenait pas. Ou peut-être que c’était tout simplement son esprit qui était trop lourd. Il savait simplement qu’il ne voulait pas se lever. Il pouvait entendre de l’animation provenir du salon, mais il aurait préféré rien entendre pour qu’il puisse couper tout contact avec la réalité.
Pouvait-il être égoïste et être déçu de s’être réveillé ?
Il bougea légèrement, ce qu’il regretta immédiatement. Montrer le moindre signe de conscience allait faire resurgir les souvenirs de la veille, et il ne les voulait pas. Il ne voulait pas ! Il voulait se dire que tout cela n’était qu’un rêve, voir un cauchemar. La journée d’hier ne s’était jamais passé. Il n’était pas monté au grenier, il n’avait pas retrouvé son ancienne camera, il n’avait pas revu son contenu jusqu’à la fin et il n’était pas parti boire. Milo n’existait pas, il n’est jamais venu. Milo ne l’a pas vu ainsi.
Il serra les poings et se blottit encore plus contre lui-même, formant une boule contre son oreiller. Il plongea sa tête sous sa couverture qui était la seule source de réconfort qu’il possédait à cet instant, ramenant ses poings fermés contre ses oreilles pour ne plus rien entendre.
Non, rien ne s’était passé hier. Rien. Pas de grenier, pas de camera, pas de Milo.
Lorsqu’il bougea la tête, il entendit un bruit de froissement sous son oreiller. Et ce simple bruit étrange le ramena a lui-même.
Il bougea à nouveau la tête, et le même bruit se répéta.
Juste après, la porte de la chambre s’ouvrit et il fut déranger par la nouvelle lumière plus forte qui se faufila à l’intérieur.
Camus n’avait plus d’autre choix que de vivre, ou du moins, de vivre dans la réalité. Il releva péniblement sa tête de sous la couverture et grimaça d’inconfort en tentant d’ouvrir un œil.
-« Camus ? tu es réveillé ? »
Il reconnut la voix mi inquiète, mi soulagé de Dité.
Il n’avait pas envie de répondre. Il aurait espéré rester dans le monde sous sa couverture dans l’espoir qu’il s’était trompé et que tout cela ne soit juste qu’un cauchemar.
Il voulait le monde flou, et la lumière était trop forte, cela lui brulait la rétine. Il referma l’œil mais ne se rallongea pas. A la place, il se redressa avec difficulté et douleur pour appuyer son dos contre le dossier de son lit. Son ami s’approcha de lui.
-« Comment tu te sens ? »
Par respect, il voulut répondre, mais sa gorge était si sèche qu’un étrange son rouillé et incompréhensif sortit de sa bouche.
Dité s’assit sur le bord de son lit et releva ses mèches de son visage. Il devait surement faire la tronche la plus laide de sa vie.
-« Tu as mal quelque part ? »
Partout, mais Camus secoua de la tête pour dire non.
-« Regarde, il y a quelqu’un qui est venu pour te voir, mais c’est pas important. Tu veux je lui dis de partir ? »
Réfléchissant à ses mots, le roux reprit la peine d’ouvrir les yeux malgré l’inconfort que la lumière lui procurait.
-«…Qui ? » Parvint-il à prononcer de sa voix rauque.
-« Saga. »
Il se tapit à nouveau dans le silence. Pour quelque seconde, son esprit aussi demeura silencieux.
-« Non…J’arrive. »
Sa réponse sembla avoir surpris son ami, ce dernier se leva en lui disant quelque chose, mais Camus ne fit pas attention. Avant de sortir de la chambre, Dité alluma la lumière et il ferma les yeux quelque seconde en ressentant une forte nausée le prendre. Il prit appui sur le matelas avec ses mains pour s’asseoir, et à nouveau, il entendit ce bruit de froissement. Intrigué ou dérangé, il ramena sa main sous son oreiller pour trouver la source de ce bruit et attrapa quelque chose. La ramenant sous ses yeux, il vit que c’était un bout de papier et que quelque chose était écrit dessus. Il plissa des yeux afin de lire convenablement.
« Appelle ce numéro surprise si tu veux fuir pour une journée ! 06-XX-XX-XX-XX »
Confus, Camus arqua un sourcil et relit le message à reprise de fois. Il le tourna même pour regarder s’il y avait un nom à l’arrière, mais rien.
-« Si je veux fuir… ? » Marmonna-t-il.
Il ne savait pas quoi ne penser. Une minute plus tard, son ami refit apparition dans la chambre.
-« J’ai dit à Saga que tu voulais bien le voir, il t’attend dans sa voiture. Il te demande de prendre ton temps. »
Toujours quelque peu dépassé, Camus décida de remettre la note là où il l’avait trouvé et prit un souffle pour se lever. Il se demandait pourquoi Dité agissait comme si de rien était. Il pouvait distinguer l’inquiétude et une certaine peine dans son regard lorsque ses yeux se posaient sur lui. Camus savait qu’il l’avait incroyablement déçu. Son ami devrait lui crier dessus, le secouer, se mettre en colère et le traiter de tous les noms. C’était surement ce qu’il aurait fait lui, à sa place. Il ne comprenait pas d’où venait toute cette patience qu’il possédait envers lui. Il avait trahi sa confiance, il le savait et il était honteux. Autre que cela, il sentait une colère monter en lui en le voyant simplement l’aider en lui ramenant des vêtements, tout en lui parlant calmement malgré les évidentes turbulences d’émotion sur son visage.
-« Camus, tu devrais manger quelque chose avant-
-Arrête Dité. »
Son ton manqua de toute sympathie, dur et froide, ce qui surpris quelque peu le suédois. Ce dernier posa sa main sur son épaule mais Camus le lui rejeta.
-« Qu’est qu’il y a ?
-Pourquoi tu gardes ton calme ? Tu as envie de me crier dessus alors pourquoi tu le fait pas ?
Dité fronça légèrement les sourcils « Qu’est ce qui te fait croire que j’ai envie de te crier dessus ?
-Oh je t’en prie, ose dire que j’ai tort. Tu n’es pas obligé de jouer les infirmières avec moi !
-Mais qu’est ce qui te prend !? »
Camus l’ignora pour porter un jean, sa tête tournait et sa gorge était noué. Ses émotions se réveillèrent bien trop vite, et c’était lui qui avait envie de crier. Il ne pouvait s’empêcher de ressentir cette profonde colère et frustration.
Dité l’interpella à nouveau pour ravoir son attention, son ton devint un peu plus élevé.
-« Tu dis que je suis pas obligé de jouer les infirmière avec toi, mais le moment où je ne le fait pas …»
Il ne continua pas sa phrase, ce qui énerva encore plus le roux qui vint se positionner en face de lui pour le regarder droit dans les yeux.
-« Quoi ? Pourquoi tu le dis pas !? Tu ne fais que de te taire à chaque fois que je te cause du tort ! Tu dis toujours que tu te mets avant tout le monde mais le moment ou ça vient à moi, tu agis exactement comme avant ! »
Son ami qui commençait à laisser paraitre sa colère, fut pris de court par ses propos, Camus pouvait le voir, il l’avait blessé. Mais il en avait marre, il avait honte que son ami face toujours tout pour lui, qu’il eut quitté son travail, changé de pays pour lui, et qu’au final, Camus le trahisse comme les anciens meilleur ami de Dité. Il connaissait son passé, et il avait l’impression qu’il se répétait à cause de lui. Dité avait tant fait pour lui, mains non, apparemment cela ne suffisait pas ! Il était une cause perdue et ne pouvait entrainer son meilleur ami avec lui. En fait, comment osait-il même l’appeler son meilleur ami ? Il était égoïste et le suédois serait mille fois mieux sans lui.
-« Pardon ?
-Regarde toi ! Tu es en train de foutre ta vie en l’air et pourquoi ?
-Foutre ma vie en l’air !? Mais Camus qu’est-ce que tu racontes ! » Vociféra-t-il finalement. « C’est plutôt à moi de te dire ça ! Qu’est ce qui t’as pris, for god’s sake !? »
-T’es pas fatigué, honnêtement ? De jouer les nounous avec un adulte ! Tu n’as rien d’autre à faire que de de me courir après à longueur de journée ? Et me dit pas que tu es venu en France pour t’amuser, on sait très bien tous les deux que c’est un mensonge ! Peu importe ce que je fais, ou ce qui m’arrives, ça ne te regarde pas au final. Arrête de tout donner aux autres ! Arrête de tout donner à quelqu’un qui n’est pas prêt de le faire pour toi !
Dité resta silencieux, mais le regardait avec ses yeux luisant de peine. Encore une fois, il ne lui disait rien, il ne se défendait pas. Pourquoi lorsque c’était Camus qui lui causait de la peine et du tort, il ne faisait jamais rien ! Le franco-russe serra les poings, qu’avait-il de si diffèrent de Surt au final ? S’il profitait des autres sans jamais rien donner en retour. Non, Surt au moins lui subvenait financièrement et ne manquait jamais de lui offrir des présents de fortune à chaque occasion, il voulait même qu’il arrête de travailler et se charger de toute ses dépenses. Même Surt était mieux que lui !
Il ne pouvait plus le supporter. Toute cette colère en lui, il avait du mal à la maitriser. Il ne voulait plus blesser ainsi son ami mais il avait l’impression que c’était la seule chose à faire.
Le Suédois ferma les yeux et se détourna de lui en croisant les bras.
-« Je pense que tu devrais y aller. »
Camus pensait la même chose aussi. Les mots qu’il avait prononcés lui brulaient la langue, il avait besoin de s’éloigner.
Que lui avait-il prit ?
En sortant de la chambre, il remarqua enfin le silence. Personne ne pipait un mot au sein de la maison. Il comprit avec dégout pour lui-même que peut-être sa voix fut un peu trop forte.
Il haïssait cela.
Il se haïssait.
Il avait juste envie de sortir de cette maison au plus vite. Elle lui donnait la nausée.
Il salua à peine sa famille en passant par le salon pour sortir. Il se contenta de répondre rapidement aux questions posées en portant ses chaussures et constata qu’ils n’osaient pas vraiment le déranger. Pourquoi agissaient-ils comme s’il était leur père ? Il n’avait pourtant rien avoir avec lui…
Peut-être il était juste destiné à être mauvais. Il ne savait plus.
Il sortit de la maison et aperçu une Mercedes noir garée de l’autre côté de la clôture. Il n’avait même pas fait attention qu’il faisait déjà nuit. Saga qui était sur son portable le mit de côté lorsqu’il le vit arriver et se pencha vers la portière du siège à côté du sien afin de l’ouvrir et l’inviter à entrer. Une fois assis, ce qu’il fit en premier, fut de lâcher un long et profond soupire.
-« Mauvaise journée ? » Lui demanda Saga, un petit sourire aux lèvres.
Camus ne trouva vraiment pas la force de faire semblant que si. En fait, il n’avait pas envie de parler du tout. Il répondit en un hochement de tête, que pouvait-il faire d’autre ?
-« Comment tu te sens ? Et ne me réponds pas simplement ‘bien’
-Qu’est-ce que je suis sensé dire alors ?
-Ce que tu ressens réellement ?
-Arg… »
Saga souffla du nez amusé « C’est déjà un bon début. »
Le roux garda le silence, regardant droit devant lui. Il n’aimait pas sa propre attitude, mais ne savait pas comment la changer. Saga ne sembla pas le prendre mal.
-« Tu peux me répondre avec ta tête seulement si tu veux. Tu as mangé ?
Après quelque seconde d’hésitation, Camus secoua légèrement la tête.
-« Tu veux faire un tour avec moi ? »
Encore une fois, il resta sans réponse au début.
-« Laisse-moi deviner ‘comme tu veux’ ? »
Camus ne put empêcher le coin de ses lèvres de s’étirer légèrement. Il sentit qu’il pouvait enfin respirer un peu, bien qu’encore grandement perturbé par tout ce qu’il s’était passé depuis hier, et surtout de ce qu’il venait de dire à son meilleur ami. Il jeta un coup d’œil à Saga qui l’observait attentivement.
- « Très bien, allons y. »
C’était étrange, il voulait absolument sortir de la maison, mais maintenant qu’il la voyait s’éloigner, il se sentit mal de partir ainsi. Il aurait dû prévenir Dité, mais réalisa qu’il n’avait pas pris son téléphone, ni son portefeuille.
-« Saga…J’ai peut-être pas mangé mais ça veut pas dire que j’en ai envie. En plus je n’ai pas d’argent sur moi.
-Et ?
-Comment ça ‘et’ ?
-« Si tu ne veux pas que je t’invites à manger, alors il va falloir que tu viennes chez moi, il y a un diner a réchauffé.
-Saga… »
Il n’était jamais allé chez lui, et d’ailleurs cela ne lui ressemblait pas de l’inviter ainsi. Quant était-il de Kanon ? Il ne pouvait pas débarquer chez eux comme cela, il n’était même pas totalement présentable. Enfin, peu importe, il n’était pas censé avoir la force de s’en faire et de s’inquiéter. Il avait besoin d’oublier un peu, de tout oublier si c’était possible. Si seulement il le pouvait.
-« Si tu t’inquiètes au sujet de Kanon, il ne sera pas là. J’ai entendu parlé de ce qu’il a dit à Dité à ton sujet. Parfois c’est un idiot, je m’excuse de sa part. »
Le roux ne répondit pas. Il n’avait pas envie d’excuse, il n’en avait rien à faire. Pour lui, Kanon ne disait rien de mal. Il commençait réellement à avoir honte que tout le monde prenne sa défense alors qu’il était le premier à savoir qu’il ne le meritait pas. Il se contenta de déposer sa tête contre la portière et profiter du vent nocturne qui le frappait en plein visage. Heureusement pour lui, Saga ne lui adressa plus la parole, comprenant qu’il ne souhaitait pas parler. Il passa tout le trajet à faire tout le contraire de ce qu’il voulait, c’est-à-dire, a se ressasser encore et encore le passé.
Ils quittèrent les rues rurales où il habitait et s’enfoncèrent dans les quartiers riches en périphérie du centre-ville. Camus n’avait pas fait attention à la durée du trajet. Il ne revint même pas à lui-même lorsque Saga pénétra dans un garage au portail automatique pour garer sa voiture. Il se réveilla finalement au contact de doigts glissant sur sa joue. Il fut extirpé de ses profonde pensées et redressa la tête pour regarder Saga dans les yeux.
Quelque chose lui traversa l’esprit, mais il décida de ne pas s’y attarder pour l’instant. Les yeux que Saga posa sur lui aurez pu lui faire à nouveau perdre dans ses pensées -d’autre sorte de pensées- s’il ne les avait pas détournés assez rapidement.
-« On est arrivé. »
Camus le suivit hors de la voiture puis vers la porte du garage qui menait à l’intérieur. Il n’avait pas remarqué la maison de l’extérieur, mais une fois dedans, comprit que ce n’était pas une maison, mais une villa. Il savait que déjà à l’époque, Saga était aisé, mais surement pas à ce point ! Sur les pas de son hôte, il observa les alentours chiquement décorés, bien que minimaliste, tout était grand et extrêmement propre. Il le mana au salon au ton sombre, des couleurs nocturnes régnaient sur les meubles et les murs, cependant illuminés par des lumière dorées qui rendaient le tout encore plus beau.
-« Fait comme chez toi, tu peux t’asseoir ou te balader, je vais réchauffé le diner.
-Laisse-moi t’aider.
-Ce n’est pas nécessaire. » Dit-il simplement en laissant Camus seul dans le vaste salon climatisé.
En temps normal, il aurait surement jeté un coup d’œil, surtout qu’il était chez Saga et qu’il avait quand même envie de le connaitre un peu plus. Sauf que ce soir, il n’avait pas cette humeur. Il se sentait encore mal tout aussi physiquement que mentalement. Il était chez lui, il devrait arrêter de penser à Milo. Après tout, avant, il avait eu des sentiments pour Saga, peu importe à quel point il se tua pour se voiler la face. Il doutait que ses sentiments soient encore présents en lui, mais il se rapellait toujours d’où étaient leur place, et ce qu’ils avaient laissaient derrière eux. Honnêtement, il ne voudrait pas qu’ils reviennent, après ce qu’il vécut avec Surt, il était bien trop endommagé pour les ressentir. Il fut déjà rassuré de constater que sa libido ne l’avait pas quitté pour toujours, elle s’absenta un très long moment, certes, mais il n’en demandait pas plus.
Enfin, après ce qu’il vécut la veille, il serait surpris qu’elle soit encore là. Il avait encore les souvenir du corps de cet homme contre le sien et de ses dents plantées dans son cou. Il n’avait que des bribes de souvenir du reste, il ne comprit pas comment soudainement cet homme avait disparu pour laisser place à Milo. D’ailleurs, il se demandait si Saga était au courant de quoique ce soit, ce fut peut-être pour cette raison qu’il était venu le voir.
Honnêtement, il n’avait pas envie de savoir si oui ou non. Il n’avait pas envie de s’en souvenir plus que cela. Une dizaine de minutes plus tard, Saga revint tenant deux plateaux qu’il déposa sur une longue table noire derrière le sofa où il était assis.
-« J’espère que tu aimes bien les risotto au champignon. Il y a aussi du bœuf. »
Camus regarda le manu avec une légère surprise, se rendant enfin compte qu’il avait faim. La nourriture proposée paraissait réellement appétissante. Il remercia Saga en venant s’installer à table avec lui et entama assez rapidement son assiette.
-« Alors ? Tu aimes bien ? On dirait bien. » Ricana doucement le grec.
Camus avala de travers d’embarras, et ramena son poing sur sa bouche pour se retenir de tousser. Peut-être qu’il avait en effet un peu trop faim et que la nourriture était un peu trop bonne. Saga lâcha un petit rire en lui servant un verre d’eau que Camus descendit assez rapidement.
-« Désolé, je manque de manière. »
Le plus âgé lui offrit un sourire rassurant. « Tu n’en a pas besoin avec moi, nous sommes amis après tout, n’est-ce pas ?
-…Merci Saga. »
Ils discutèrent un peu durant le repas, assez calmement, comme à leur ancienne habitude. Saga lui raconta ce qu’il fit d’important dans sa carrière durant les cinq dernières années. Il lui raconta qu’il était désormais le directeur de leur ancienne faculté et qu’il avait aussi reprit l’entreprise technologique de son oncle défunt, qui était censé revenir Kanon, mais son frère n’en fut pas intéressé. Évidemment, Camus faillit faire tomber sa fourchette en entendant tout cela, vu la villa et la voiture, il le croyait sur parole. Pas comme si Saga pouvait mentir sur ce genre de chose. En retour, Camus lui parla de sa profession de professeur à l’université de Moscou. Enfin, ancienne profession. Saga se montra très intéressé par ce sujet, et ne manqua pas de lui poser des questions assez précise la dessus, surtout du programme qu’il donnait.
-« …Dit, ça ne te dérange pas si je passe un appelle avec ton téléphone ? Je n’ai pas le mien avec moi. » Lui demanda Camus après qu’il eut débarrassé la table.
Saga entra dans son clavier d’appelle sur ton portable et lui passa « Tu l’oublies souvent ? »
- Ça arrive. »
Camus se mit à taper le numéro de Dité qu’il connaissait par cœur, et fut confus de le voir déjà enregistrer sur ce téléphone. Il lança un regard interrogateur vers le propriétaire qui lui répondit avant même qu’il lui pose la question.
-« Hier, Dité était inquiet pour toi, vu qu’il ne savait pas où tu étais, il a demandé de l’aide- »
Le soupire de Camus l’interrompit. Et dire qu’il commençait à oublier un peu cet évènement. Il laissa sa tête reposer contre le sommet du téléphone, ne voulant absolument pas en savoir plus.
-« Je me rappelle pas de tout. Je ne sais pas grand-chose.
-Dité ne t’en a pas parler ?
-Désolé…C’est égoïste de ma part si je ne souhaite pas aborder le sujet ? »
Saga posa une main réconfortante sur son épaule et lui sourit. « Évidemment que non. »
Camus voulut appeler, mais se retrouva extrêmement hésitant. Il ne daigna pas vraiment le faire après toutes les horribles choses qu’il lui ait dit. Pourquoi avait-il fait cela ? Quel genre d’idiot était-il ? Il ne meritait vraiment pas l’amitié du suédois. Saga remarqua son hésitation.
-« Tu veux que je le fasse à ta place ? Que je lui dise que tu es avec moi ?
-…Ça serait un peu fuir… »
Camus n’aimait pas vraiment cela, même si dans sa vie, il le fit énormément.
-« C’est pas grave, je suis là, tu peux te reposer sur moi un peu et me laisser faire. »
Il ne sut comment répondre à cela. Cette idée était…rassurante, mais tout de même. Cela lui laissa un étrange sentiment au fond de la gorge. Enfin, peu importe, pour ce soir, il pouvait laisser passer. Il se sentait beaucoup mieux depuis qu’il était avec Saga. Ce dernier lui prit le téléphone des mains et entra dans sa messagerie pour envoyer un message à Dité.
-« C’est fait. Je lui ai aussi dit qu’il y a des chances que tu passes la nuit ici, au cas où tu voudrais rester. »
Le roux releva les sourcils de surpris. Saga l’invitait à passer la nuit ici ? Décidément aujourd’hui il avait perdu la capacité de réfléchir clairement puisqu’encore une fois, il se retrouva sans réponse concrète.
-« Laisse-moi deviner ‘comme tu veux’ ? » Répéta-t-il la même phase que dans la voiture, lorsque Camus ne lui donna pas de réponse.
Ceci le fit lâcher un petit rire.
-« Je vais te ramener des vêtements plus confortable. »
Pourquoi fallut-il qu’il soit en froid avec Dité et qu’il oublie son portable ? C’était typiquement dans ce genre de moment qu’il avait besoin de le texter discrètement pour lui demander quoi faire dans cette situation.
Il n’avait absolument aucune idée de quoi faire, ou de quoi assumer des actions de Saga. Après tout, il fut clair qu’avant, lui aussi, avait quelque chose pour lui. Ce fut mutuel, bien que Camus ne lui ait jamais avoué. Cependant, cela ne le surprendrait pas que le grec s’en soit rendu compte quand même. Il n’avait jamais flirté avec un autre homme que Surt, enfin, pas intentionnellement. Il était presque certain que Saga, lui, flirtait avec lui. Les caresses à la joue ? Même durant la soirée dans la boite de nuit, il l’avait fait. Certain sourire et regard ne trompaient pas, et maintenant cela ? Rester dormir chez lui ? Porter ses vêtements ?
Il se rendit vers le canapé et se laissa affaler dessus, couvrant ses yeux de son bras. Pourquoi fallait-il toujours qu’il réfléchisse trop ? Si seulement il pouvait boire. C’était parfois sa seule solution pour oublier. Enfin, il y avait autre chose aussi qui était efficace…Mais cela serait dangereux de la considérer, ici et maintenant, surtout en la présence de Saga.
Que lui aurait conseillé Dité ? Comme si c’était nécessaire de se poser la question, il le savait déjà.
Saga revint deux minutes plus tard, et tout comme dans la voiture, Camus fut si absorbé par ses pensées qu’il ne remarqua pas sa présence. Il sursauta légèrement lorsqu’il sentit quelqu’un s’asseoir à côté de lui.
-« Dis donc, quand tu es plongé dans des pensées, c’est difficile de t’en faire sortir. Je suis curieux de savoir à quoi tu penses. »
Il se sentit rougir légèrement et se racla la gorge. « Rien d’important. »
Maintenant qu’il y pensait, s’il flirtait avec Saga, il n’allait plus penser à Milo. La preuve, depuis le début du diner, ses pensées n’avaient plus viré vers lui.
-« J’ai essayé de te trouver quelque chose à ta taille. J’espère juste que le pantalon ne soit pas trop large. Je t’ai aussi ramené un boxer encore dans son emballage. Si tu veux, tu peux aller te doucher avant de te changer. Puis je te montrerais la chambre d’amis.
-Merci Saga…Je te suis redevable.
-De rien, voyons... »
Saga voulut continuer à parler, mais pour une raison, sa voix se coupa et il refarma la bouche en détournant le regard.
-« Je ne vais pas aborder des sujets que tu veux éviter. Si tu veux, on peut discuter littérature, ou regarder quelque chose si tu ne veux pas dormir.
-Mais…Il est tard, tu devrais aller dormir, et je suis sûr que demain tu as à te lever tôt. »
Saga le regardait à nouveau, cette fois ci avec un petit sourire charmant. « Camus, quand fut la dernière fois qu’on s’est retrouvé ainsi seul à seul ? C’est réellement la première depuis plus de cinq ans. Tu sais combien de livre j’ai lu sans connaitre ton avis ? »
Cette dernière remarque réussit à lui faire lâcher un rire. Ce qu’il trouvait quand même mauvais. Il ne pouvait s’empêcher de culpabiliser. Il était là en bonne compagnie après avoir crié sur Dité, qui avait veiller sur lui jusqu’à la, il n’avait pas pris la peine de remercier Milo, et tentait même de l’oublier complètement. Il avait aussi mis mal à l’aise sa famille après les avoir ignorés pour toute une journée. Comment pouvait-il prendre du bon temps après toute ces erreurs ? Mais qu’est ce qui n’allait pas chez lui ?
-« Tout va bien ? Tu es redevenu silencieux. »
Le mal de crane le reprenait, ainsi que la corde autour de sa gorge.
-« Je sais que c’est tres mal ce que je vais dire, mais je meurs d’envie de boire.
-En effet, ça ne serait pas la chose la plus rationnelle à faire. Je sais que j’ai dit que je veux éviter les sujets qui te rende mal à l’aise, mais…
-Juste…j’ai envie de me vider l’esprit, et boire me permet de le faire. » Répondit-t-il à la question non dite.
-Je vois, donc le plan maintenant serait de te vider l’esprit sans alcool. »
Camus releva le regard vers lui, pour une raison, surpris de ses paroles…Ou plutôt, de la manière dans il les prononça. Peut-être que ce n’était que son imagination qui lui jouais des tours, il ne savait pas vraiment pourquoi son cœur avait réagi ainsi. Saga n’aurait pas pu savoir à quoi il pensait plus tôt, Camus voulut se persuader que c’était lui-même qui avait un esprit mal placé et qu’il avait mal interpréter ses insinuations, cependant, lorsque leurs regards se maintinrent ensemble, quelque chose dans les yeux émeraude du grec lui donna l’impression qu’il avait totalement saisit ces intentions.
Il étudia son regard, et malgré le contact prolongé, Saga ne détourna pas les yeux des siens comme s’il voulait clairement lui faire comprendre quelque chose. Il sentit son estomac se noué, c’était une sensation similaire aux papillons au ventre, sauf qu’elle était accompagnée d’une certaine angoisse, presque comme une crainte. Il savait qu’il devait reprendre une vie sexuelle un moment ou un autre, pas forcément sentimentale, mais une fois devant l’occasion, il se retrouvait bloquer. Le fait que cela soit Saga, rendait la chose à la fois tellement plus facile, et tellement plus compliqué. Il ne daigna pas imaginer, mais peut-être que si c’était avec lui, il pourrait se laisser faire.
Se laisser faire et oublier pour un instant.
Cela marchait avec Surt. Même si durant la journée, il lui aurait dit des choses désagréables, si le soir, il l’embrassait au bon endroit, le caressait au rythme convenable et lui susurrait des mots doux a l’oreille, Camus fondait sans rien demander de plus. Il abhorrait cet aspect de lui-même, à quel point il était faible lorsque cela venait à ces douceurs, mais il n’y avait que cela ou l’alcool qui étaient capable de lui donner un moment de repris. Que pouvait-il faire d’autre ? L’idée qu’un autre homme le touche le terrifiait au fond, sauf que Saga…n’était pas n’importe qui, il n’était pas juste un autre homme, il était un qu’il aimait voir, entendre et sentir. Il était un qui, une fois, le fit rêver d’interdit rien qu’en lui caressant l’épaule en lui disant des mots réconfortants. Peut-être que…peut-être…
Lorsque Camus revint à la surface, son dos était déjà allongé sur le sofa, et ses lèvres enveloppées d’autres. Il fut tant absorbé dans ses pensées excessives qu’il ne savait même pas comment ils s’étaient soudainement retrouvés dans cette situation. Qui avait fait le premier mouvement ? Comment Saga l’avait allongé ? Peut-être qu’il avait un peu trop fixer Saga en pensant à ces choses-là. Il avait du mal à s’en rappeler, mais peu importe, oublier c’était justement ce qu’il cherchait et il se trouvait que les lèvres de Saga étaient sacrement efficace.
Vraiment…vraiment efficace.
Il sentit cette sensation de brulure naitre dans ses entrailles, et se répandre à l’intérieur de son corps. Et à chaque fois que Saga bougeait ses lèvres contre les siennes, ce fut comme une gorgée d’alcool avalé. Et Camus était un grand buveur. Il entendait le son de leur respirations forte et courte s’entremêlant ensemble, celui de leurs lèvres s’embrassant, des faibles fredonnements qui s’en échappaient et du frottement du tissues de leurs vêtements lorsque Saga se pressa un peu plus sur lui. Et ce mélange était incroyablement enivrant.
Ce n’était pourtant pas Surt, même s’il voulait fermer les yeux et faire semblant, ce n’était pas faisable. L’odeur de Saga était différente, sa manière d’embrasser était différente, même son poids sur lui l’était. Ce corps la était plus lourd et imposant, il ne le connaissait pas comme il connaissait par cœur celui de Surt. Il aurait pu s’il y a cinq ans, il avait pris un autre choix. Il aurait depuis longtemps été habitué au corps de Saga, et son parfum, et sa voix.
Ce n’était pas Surt, mais Saga le faisait ressentir quasiment la même chose. Il pouvait se laisser aller. Il n’eut pas peur lorsque sa langue s’engouffra entre ses lèvres pour s’enrouler autour de la sienne. Ce contact ne fit que jeter de l’huile au feu qui le consumait déjà, et un son un peu plus fort s’échoua sur la langue de Saga. Ce dernier approfondit un peu plus le baiser avant de doucement se retirer. Il se redressa assez afin de le regarder, et Camus était certain que son visage était ridiculement rouge. De la manière dont le grec sourit d’amusement, il sut que c’était le cas. Leur respiration resta rapide, surtout celle du franco-russe. L’homme au-dessus de lui l’observait, ses pupilles dilatées renfermait de la satisfaction mais surtout, beaucoup de désir. Cela en était troublant. Ses joues aussi s’étaient empourpré, surement pas autant que les siennes, mais Camus ne les avait jamais vu prendre une telle teinte.
Le grec fit glisser ses doigts le long de sa joue jusqu’à sa tempe pour chasser sa frange de son visage
-« Désolé, quand tu es plongé dans des pensées, c’est difficile de t’en faire sortir…Mais je pense savoir un peu à quoi tu penses maintenant. »
Camus devait être en train de rêver, il n’y avait pas d’autre explication.
-«…Qu’est-ce qu’il y a ? Tu es encore à l’intérieur ? »
Sans piper un mot, le roux secoua la tête, ce qui fit lâcher un rire extrêmement craquant à Saga. Ce dernier se rebaissa pour déposer un baiser rapide sur le coin de ses lèvres et Camus se sentit fondre encore plus.
-« Alors ? Tu penses encore à quelque chose ? »
À nouveau, il secoua la tête, ce qui en soit, était une réponse sincère. Son cerveau était engourdi après ces baisers.
-« On est sur la bonne voie, alors… »
La suite le fut flou, comme s’il avait bu à en perdre connaissance. Il fut dans un état qui ne lui était pas arrivé depuis plus d’un an. L’excitation sexuelle.
Ce fut peut-être la seule chose dont il était conscient de lui-même. La seule chose dont il était sûr et certain. Il ne ressentait plus rien d’autre que ce désire brulant qui le consumait, que les caresses et les baisers qui exaltaient ses sens à en lui faire perdre la raison. Il était perdu et confus, il avait l’impression que le monde tournait, mais aussi qu’il n’existait juste pas. Ce qu’il adorait perdre contact avec la réalité. C’était son plus grand défaut et son secret. Le corps de l’autre pressé contre le sien était son seul support et lien avec elle. Il sentait son torse solide et nu sur sa peau, gonfler et dégonfler rapidement, ses muscles se tendre et se détendre, bougeant aux rythmes de ses caresses, et son désires exceptionnellement bien matérialisé appuyé contre le sien. Il pouvait sentir tout provenant de lui, mais Camus n’avait aucune idée des mouvements de son propres corps ou du son de sa propre voix. Peut-être simplement qu’il n’était pas capable de faire grand-chose, que de s’agripper au muscle de son bras de sa main tremblante pour ne pas perdre la tête. Ses baisers humides se répandaient sur toute la surface de son cou, puis son torse, le tourmentant et le faisant tordre au contact.
Puis à un certain moment, son dos quitta la surface du canapé, mais ses pieds n’avaient pas rencontré le sol. Des mains s’agrippaient sur le bas de son dos et ses fesses et après quelque mouvement qui échappèrent à son attention, bien trop absorbée par les lèvres sur sa peau, il fut à nouveau déposé sur quelque chose de moelleux et confortable.
Son nom fut appelé quelque fois, mais ce fut comme s’il n’entendait pas vraiment, ou plutôt, qu’il n’avait pas la capacité de le comprendre ou de réagir. Il était bloqué. Il pouvait capter l’image de Saga au-dessus de lui, mais c’était tout. Il n’était pas sur où il était, ou ce qu’il se passait réellement. Il aurait pu être lui-même terrifié par son manque de réactions, mais cette agréable et enivrante sensation d’engourdissement dans tout son corps et son esprit l’empêchait de s’inquiéter de quoique ce soit. Saga pourrait lui faire ce qu’il voulait, il n’était pas sûr d’en avoir pleinement conscience, ou de s’en soucier. Tant que l’excitation était là.
Une main caressa son visage, il garda les yeux fixer sur ceux de Saga, mais dans l’obscurité, il avait un peu du mal à les distinguer correctement. Cela ne lui importait pas, il pouvait encore sentir son toucher.
-« Camus…parle-moi. »
Saga se baissa vers lui et lui embrassa rapidement les lèvres.
-« Ou au moins fait moi un signe de la tête…juste pour que je puisses savoir si je continue ou je m’arrêtes. »
Un signe de la tête…Camus ne lui accorda pas même pas cela. Lui-même ne savait pas pourquoi. Il fallait réfléchir pour donner une réponse, sauf qu’il n’en était pas capable. Il n’était pas capable de savoir. Dans ce genre de moment, Surt décidait à sa place. Ce n’était qu’après avoir repris ses esprits que le roux pouvait juger si ce fut une bonne chose ou non.
-« Camus… » Il semblait quelque peu attristé par son manque de réponse.
Saga déposa des baisers simples sur le bout de ses lèvres, et le peu de sa conscience qui lui restait se dissipa.
Chapter Text
Étrangement, ce matin, Milo avait reçu pas mal d’appels, mais aucun ne provenait d’un numéro non enregistré. Comme à sa coutume, il fit son jogging du matin. Aujourd’hui, les cours aux conservatoires furent reporter à cause d’une panne d’électricité. Pour une raison, il avait l’impression qu’il connaissait tres bien les fautifs. Un d’eux pourrait tres facilement être son meilleur ami. Enfin. Cela lui laissait le temps de s’occuper le matin pour ensuite gérer les autres choses qu’il avait à faire pour l’après-midis. Geist ne lui avait pas encore totalement pardonné pour être parti soudainement durant leur session d’amour. Peu importe à quel point il précisa que ce fut une importante urgence, elle ne semblait pas vouloir mettre cet incident de côté. Au moins le bon côté des choses c’était que Kanon lui reparlait. Il l’avait appelé au beau milieu de la nuit pour lui raconter qu’il était caché dans une armoire, chez cet homme marié avec qui il couchait en ce moment, car sa femme avait débarqué de nulle part. Peu importe leur ancien différent, ils allaient rire ensemble sur les situations à la con dans lesquelles ils se mettaient, enfin, surtout Kanon.
Alors qu’il finissait son jogging, il reçut justement un autre message de sa part lui disant « Vu que le conservatoire est fermé auj, passe à la maison. Ton sale cul commence à me manquer. »
Cela suffit à le requinquer et remplir son réservoir de bonne humeur. La villa des jumeaux n’était plus trop loin de sa localisation actuelle, il pouvait bien prolonger encore un peu son jogging, il était débordant d’énergie.
Kanon l’accueillit avec un grand sourire et une étreinte étouffante malgré qu’il fût suant. C’était rafraichissant de le retrouver après quelques jours de froid.
-« Viens, j’ai commandé un petit dej’ ! J’ai la super dalle !
-Quoi, tu n’as même pas été inviter au petit déjeuner la bas ? » Se moqua-t-il en le suivant en direction de la cuisine.
Kanon se retourna vers lui et parla d’une voix plus basse « C’était déjà galère de m’en fuir. Rada dut la distraire pour que je puisse sortir de la chambre. J’ai dû les entendre eurg ! Il fakait tellement avec elle ! »
Milo s’esclaffa et ils continuèrent leur chemin vers la cuisine où étaient déposés des sachets contenant des viennoiseries en tout genre sur le comptoir.
-« Saga est là ? » Lui demanda Milo en s’emparant d’un des sachets pour entamer son contenu.
-« Je sais pas, sa voiture est là mais je l’ai pas encore croisé. Normalement à cette heure-ci, il est déjà réveillé.
L’instructeur de danse bondit pour s’asseoir sur le comptoir et dévora son chocolat. « Peut-être qu’il fait la grasse mat’ »
-« Ca m’étonnerait, il sait pas ça veut dire quoi ! Bref ! Laisse-moi te dire comment je me suis barré en oubliant mon boxer à côté de son lit !
-Avant ça, dit moi qu’est-ce que t’as fait pour qu’il y ait une panne d’électricité au conservatoire.
-Pourquoi tu penses que c’est moi !? Ça pourrait totalement l’être mais cette fois ci c’était Angelo ! Il m’a appelé alors que j’étais en plein acte pour me dire qu’il y avait la bande des spectres qui leur avait piqué la salle pour enregistrer toute la journée. Ce con ! Il a failli me mettre dans la merdre vu que c’est Rada que qui sponsorise ce groupe. Je lui fais comprendre que si y’a pas de courant, y’a pas d’enregistrement-
-Donc ça venait bien de toi ! »
Les deux adultes s’esclaffèrent et se tapèrent dans la main.
-« Vous faites trop de bruit. »
Kanon s’étouffa de surprise et se retourna, l’air innocent, vers son frère qui venait de rentrer dans la cuisine, son téléphone contre son oreille.
-« Dis donc, frérot, tu faisais la grasse mat’ ?
-Je suis au téléphone avec Aiolos, vous pouvez baisser d’un ton ?...Oui Aiolos, c’est Kanon et Milo. »
Kanon lança un regard discret mais soulagé vers Milo, son frère n’avait pas entendu ce qu’il avait dit sur Rada, son partenaire de travaille. Par respect pour l’aînée, ils restèrent discrets alors que le plus âgé sortit deux tasses pour préparer du café. Cela leur prit quelque seconde pour que les deux meilleurs amis se lance un regard confus.
-« Je peux en prendre ? » Demanda Saga à son frère, désignant un des sachets posés sur le comptoir.
Kanon accepta évidemment, ce n’était pas comme si son frère allait réellement prendre « non » comme réponse.
-« Peut-être qu’Aiolos va passer à la maison. » Supposa le dernier jumeau en s’adressant à son ami qui continuait de dévorer un pain chocolat après l’autre. « Laisse m’en s’en un peu ! Gros cul ! »
Saga jeta un regard appuyé et sévère à son frère qui voulait clairement dire « Baisse ta voix » et peu importe à quel point Kanon pouvait être un délinquant et un taré, il ne désobéissait pas à son frère, -ou du moins, pas devant lui-. Il se contenta de lâcher un râle en levant les yeux au ciel, et arracha le reste du pain au chocolat que tenait Milo pour le fourrer rapidement dans sa bouche.
La paire d’amis se turent lorsqu’ils entendirent des bruits de pas approché la cuisine, puis une autre voix d’homme s’éleva.
-« Saga ? Tu n’aurais pas un doli-
Cette voix se coupa lorsque son propriétaire apparut devant la porte.
En fait, tout le monde à part Saga se figea.
Milo n’en croyait pas ses yeux. Camus était là, debout à la porte, sa main avec laquelle il se frottait l’œil se figea en l’air, mais ce n’était pas juste sa présence qui était étonnante, mais comment il se présentait. Il n’était vêtu que d’un simple t-shirt large sur lui qui devait appartenir à Saga, s’arrêtant a mi-cuisse. Cuisses qui étaient nues ! Non seulement cela, mais il était certain que la dernière fois qu’il l’ait vu, il n’avait que trois suçons sur le cou à cause du malheureux évènement, en revange là, il en avait bien d’autre, plus fraiches. S’il avait été qu’un simple spectateur de cette scène, il se serait surement fait dessus à cause de l’hilarité de la tronche qu’ils tiraient tous les trois. Cette situation était comique, sauf qu’il n’avait aucunement envie de rire. Il fut troublé, et son premier reflex fut de lancer un regard noir dans la direction de Saga qui coupa son appel téléphonique.
-« Manquait plus que ça… » Se plaignit le roux en se tenant le front, l’air totalement fatigué et exaspéré.
Kanon bondit de son tabouret et vociféra. « Non mais je rêve ! Qu’est-ce qu’il fout la !? »
Saga fronça des sourcils encore plus, agacé par la réaction rude de son frère. Camus lui, lâcha un soupire en disant plus bas « Non, j’ai pas la tête à gérer ça. » avant de se retourner et repartir d’où il venait. Milo sauta du comptoir, alors que les jumeaux commençaient à se prendre la tête, et se précipita pour rattraper le roux.
-« Camus, attends ! »
Le franco-russe ne s’arrêta qu’uniquement parce que Milo le retint par le poignet. L’air extrêmement agacé, il lança un regard féroce à l’instructeur de dance qui pour une raison ne pouvait ravaler son trouble. Il avait envie de s’énerver contre Saga, comprenant tres bien que cet enfoiré eût profité d’une occasion pour poser la main sur lui. C’était peut-être et surement pas cela, peut-être qu’il était à côté de la plaque, mais il voyait mal Camus être celui qui allait réclamer ce genre de chose. De plus, il n’oubliait pas les regards que son compatriote plaçait sur Camus durant la soirée, ou les mauvais regards qu’il lui lança lorsqu’il le tenait contre lui. S’il avait eu ce pressentiment que Saga avait certaines attentions envers le roux, ce n’était pas fondé sur rien ! Plus il y pensait, plus cela l’énervait. Saga n’avait pas vu son ami depuis cinq ans, qui sortait d’une longue et toxique relation, pourquoi la première chose qu’il fit avec lui c’est de le ramener chez lui pour le faire !?
Enfin bon, pour qui se prenait-il ? Sa relation avec Geist commença assez similairement. Sauf que Camus n’était pas Geist. Il avait vu la tristesse du roux, son chagrin et ses pleurs contre son épaules, cela le rendit hors de lui que Saga en avait peut-être profiter pour faire ce qu’il voulait.
Et aussi Camus avait des cuisses féminine…Cela se vit déjà lorsqu’il porta un jean moulant, mais la…
Saga n’était vraiment qu’un enfoiré.
-« Écoute Milo. La situation est déjà assez gênante comme ça. » Lui dit Camus en arrachant son poignet de son emprise. « Pourquoi est-ce que c’est toujours toi que je croise dans les pires moments ?
-Hier on s’est pas croisé. Je t’ai cherché partout. C’est pas la même chose. »
Il vit les yeux de grenats s’ouvrir un peu plus de surprise, et Milo, malgré la situation, et tout ce qu’il ressentait, prit quand même la peine de les admirer.
Après quelque seconde à se regarder sans rien dire, Camus finit par soupirer en secouant légèrement la tête avant de lui tourner à nouveau le dos.
-«Tu vas juste m’ignorer ?
-J’ai pas la tête à ça. »
Camus continua sa route vers les escaliers qui menaient à l’étage, mais Milo n’abandonna sa poursuite.
-«Donc quoi ? Tu veux pas en parler ?
-« Non. Je veux pas en parler. »
Avant qu’il n’atteigne la première marche, Milo lui saisit à nouveau le poignet, cette fois ci plus fermement, et le fit tourner quelque peu brusquement vers lui. Cette fois ci, le grec laissa paraitre de la colère sur son visage, cela calma un peu Camus qui se contenta de l’observer.
-« Et pourquoi ça ? Tu vas juste faire comme si de rien était !? »
Pour la première fois, Camus ne supporta pas son regard et détourna la sien. Cela le surpris. Lui qui n’aimait pas perdre à ce genre de jeu, il ne chercha même pas une excuse pour couper le contact. La main du roux qu’il tenait, se ferma en un poing et il usa un peu de force pour tenter de se libérer encor une fois, mais Milo ne le laissa pas s’échapper. Il continua de le fixer et reprit parole en lui tirant un peu plus sur le bras, le rapprochant d’un pas.
-« C’est pas parce qu’une ou deux personne t’ont peut-être dit que ce n’était pas grave que ça ne l’était pas. C’est grave, ce que t’as fait. »
Camus maintint à nouveau son regard, relâchant les muscles de son bras. Milo avait du mal à le déchiffrer, lorsqu’il voulait vraiment cacher ses émotions, il devenait un peu comme un diable sans visage. À part de la fatigue, le grec ne parvint à lire rien d’autre, ses yeux étaient comme deux gouffres sans fond, extrêmement froid. Mais pour une raison, il était persuadé qu’il n’y avait pas du mépris. Peut-être que Camus était tout simplement exténué.
-« Milo, laisse le tranquille. » Lui ordonna Saga qui vint les rejoindre après avoir fait taire son frère – ce dernier devait surement bouder dans la cuisine.-
-« T’inquiète Saga, on faisait que discuter. » Le rassura le franco-russe.
Milo se rappela de lui lâcher le bras, et au passage, de fusiller son compatriote du regard. Qu’est ce qui le retenait de lui foutre une droite ? Beaucoup de chose. Comme le fait qu’il ne connaissait pas toute l’histoire et que Kanon ne le lui pardonnerait jamais. Mais son incroyable envie de le faire lui semblait être une raison suffisante pour ignorer les inconvénients. À sa surprise, Il sentit une main lui attraper faiblement le bras, qu’il réalisa était vraiment contracté. Le geste de Camus le détendit quelque peu, le roux avait surement remarqué qu’il était sur le point de craquer.
-« Je voudrais appeler Dité.
Saga fourra sa main dans sa poche pour faire sortir son téléphone, Milo comprit alors que Camus ne devait surement pas avoir le sien. Étant le plus proche du roux, il agit rapidement en passant un bras autour de ses épaules d’un geste amicale, le ramenant près de lui, et lui passa le sien avant Saga. Il le défia du regard alors que le franco-russe le remercia en acceptant d’utiliser le sien.
-« Eum…J’aurais besoin d’un moment… » Sur ces paroles, Camus effectua un mouvement pour se le libérer du poids du bras de Milo et monta à toute vitesse les escaliers juste derrière eux.
Milo n’avait pu que fixer ses jambes dénuées et put constater qu’il portait en effet un boxer en dessous du t-shirt. Et un sacré fessier.
Ce satané Saga ne perdait rien pour attendre.
D’ailleurs désormais qu’ils étaient seuls, ils continuèrent de s’assassiner du regard.
…
Camus avait envie de hurler. Juste hurler ? Cela serait la moindre des choses. Il avait envie frapper quelque chose, mordre et s’écrouler dramatiquement par terre comme le faisait Dité parfois. Mais évidemment qu’il n’allait jamais le faire. Il s’enferma dans la chambre de Saga -ou il s’était réveillé a ses cotés – et composa rapidement le numéro de son seul véritable sauveur. Au diable sa fierté, pour Dité il pouvait bien la mettre de côté, et il avait besoin de fuir d’ici au plus vite.
Les quelques secondes de sonneries lui parurent interminable, et souffla de soulagement lorsque son ami d’décrocha.
-« Milo ?
-Dité c’est moi.
-Camus !? » S’écria-t-il de surprise à l’autre bout.
-« Écoute Dité, je suis désolé, j’implore ton pardon, je suis qu’un grosse merde but please, for the love of god, tu dois venir me sauver- je veux dire, me récupérer !
-Quoi !? Tout va bien ? t’es en danger ? Pourquoi tu me parles du téléphone de Milo ? »
Camus entendit une autre voix masculine à l’autre bout du fil, et reconnut son accent.
-« T’es avec Shura ?
-« Oui, et toi apparemment avec Milo, alors que tu es sensé être avec Saga. Je suis perdu.
-Bah c’est justement de ces deux-là que tu dois me sauver, et de Kanon. Je suis chez Saga. Arg, j’aurais dû demander à Milo de m’ouvrir son téléphone pour t’envoyer la localisation
-T’inquiète pas ! Shura l’a ! Je vais te sauver des jumeaux gorille et de Milo, lui je l’aime bien lui par contre. Tu veux que je reste avec toi sur le fil ?
-Tu es un ange, Dité, mais non c’est bon. » Soupira-t-il de soulagement. « Merci Shura, j’espère que ça ne va pas se fuiter.
Il entendit du mouvement dans l’appel, et l’espagnol lui répondit « Si Dité me le fait promettre.
- Il va rien dire ! » S’exclama la voix plus lointaine de son meilleur ami qui devait surement se préparer pour sortir.
Avant de raccrocher, Dité lui dit qu’il se m’était en route et Camus se laissa tomber sur le matelas du lit. Enfin ! Il n’avait plus qu’à attendre avant d’être loin de cet endroit. Lorsqu’il s’était réveillé ce matin, il sursauta en voyant un homme endormi à ses côtés. Homme qui fut donc Saga. Puis la réalisation le frappa instantanément. Il se rappela de tout et eut envie de creuser un trou pour s’y cachait. Ce réveille fut horrible ! Il avait été au bord de la crise de panique. Cependant il avait beaucoup trop honte de faire face à Saga alors il ferma les yeux et se força à se rendormi, se voilant la face, se disant que tout cela n’était qu’un rêve et qu’il allait se réveiller dans son propre lit, avec Dité dans son lit pliable juste à côté. Il ne se rapellait pas non plus s’être changé, en fait, il ne se rappelait pas la fin de la soirée, après que Saga l’eut ramené dans sa chambre, tout devint flou. Il devina qu’ils n’avaient pas coucher ensemble puisqu’il ne ressentit de douleur particulière au bas du dos. Mais Milo devait croire qu’ils étaient passés à l’acte ! Pourquoi était-ce si gênant !? Pourquoi Milo devait toujours être là dans ses moments les plus embarrassant !?
Il finit par se calmer un peu en pensant à lui. Comment il l’avait retenu, l’intensité de son regard, la fermeté de son expression, et surtout, ses paroles.
« C’est pas parce qu’une ou deux personne t’ont peut-être dit que ce n’était pas grave que ça ne l’était pas. C’est grave, ce que t’as fait. »
Pour une raison, ses paroles le rassurèrent. Ils étaient accusateurs certes, néanmoins Camus se sentit bien que quelqu’un le blâme enfin pour ses actions. Il ne pouvait pas fuir les conséquences de ses erreurs. Dité et Saga le firent sentir comme un enfant à qui on pardonnait tout, c’était épuisant. Et puis, lorsqu’il trouvait confort dans un mensonge, il avait du mal à s’en sortir tout seul. Milo l’avait grandement aidé sur ce point. « Faire comme si de rien était ? » Non, il ne pouvait pas faire cela. Il ramena le téléphone devant son visage. La photo sur le fond d’écran montrait un groupe de personne sur une scène, et Milo faisait partit de ce monde. Il se demanda qui étaient ces autres personnes même si certains visages lui semblaient familier. En tout cas, il semblait y avoir un monde fou autour de la scène, c’était vraisemblablement un spectacle de danse ou quelque chose du genre.
Il approcha encore plus l’écran de son visage afin de mieux apercevoir le visage de Milo. Il portait un style typiquement hip hop, avec le pantalon baggy, le débardeur court et moulant et de la peinture sur le visage. Ses cheveux étaient en pagaille et il affichait un large sourire. Contagieux, puisque Camus aussi se mit à sourire sans s’en rendre compte. En effet, Milo avait apparemment ce genre d’effet sur les gens.
Il se sentait tellement redevable envers lui que cela l’énervait ! Il avait eu envie de lui dire « tu as raison. » Mais sa stupide et fichue fierté.
Maintenant qu’il y pensait. Cette note sous son oreiller…Venait-elle de lui ?
Il pourrait lui demander.
Mais il n’allait pas le faire.
Il se redressa lorsque quelqu’un frappa la porte. Saga lui demanda la permission d’entrer avant de le faire. Ce dernier ferma la porte derrière lui et Camus se leva du lit.
-« Désolé pour Kanon, il a été irrespectueux. » S’excusa-t-il en venant se placer en face de lui.
Camus se força à ne pas paraitre nerveux.
-« Ce n’est rien, tu devrais pas te disputer avec lui à cause de moi. Il a ses raisons pour ne pas m’apprécier et je les respects.
-Et toi tu es vraiment beaucoup trop poli. »
Il tint son menton en faisant un pas de plus vers lui, et lui releva le visage vers le sien.
Ce regard ! Saga voulait l’embrasser, mais Camus lui n’était pas prêt à recommencer le scenario de la veille ! Mais il ne pouvait pas non plus le rejeter. Il devait se calmer, ce n’était pas bien grave…Ce n’était qu’un baiser, ce n’était pas comme s’ils allaient le faire. Juste un simple baiser.
La porte s’ouvrit à la volée, les faisant sursauter et tourner la tête vers l’instructeur de danse au sourire espiègle qui venait de s’introduire sans prévenir sans la chambre. Camus put quand même remarqué une once de dangerosité dans son expression lorsqu’il regardait Saga. Il se demandait quel était le problème entre ces deux-là.
-« Oups, désolé est ce que j’interrompe quelque chose ? »
Heureusement. Pensa le roux. Cependant Saga ne semblait du tout pas apprécier l’intrusion de Milo. On dirait qu’à tout moment ces deux la allaient se sauter au cou. Pourvue que Dité arrive vite.
-« Tu pourrais frapper à la porte, c’est pas pour les chiens tu sais. » Le piqua Saga, ce qui accentua le côté menaçant dans le regard de l’autre grec.
Camus se racla la gorge et s’approcha de Milo pour lui rendre son téléphone. « Merci. Maintenant si vous le permettez, je voudrais bien me changer.
-Ouais bien sûr ! Tu viens Saga ?
-Tres bien…Je t’attends en bas. Tes vêtements sont sur la chaise.
-Merci Saga. »
Enfin à nouveau seul, il pouvait respirer encore un peu.
Après s’être changé et lavé le visage ainsi que la bouche, il grimaça en voyant son cou et son torse dans la glace, remplis de suçons. Il ressemblait à un mec facile. Il se frappa la tête quelque fois avec sa main, prit un souffle et décida de sortir de sa zone de sécurité. Il y avait pas mal d’éclats de voix qui provenaient du salon. Kanon n’était évidemment pas content qu’il pose les pieds chez lui. Lorsqu’il le vit arrivé, le deuxième jumeau lâcha un juron et s’il pouvait tuer du regard, Camus serait déjà six pieds sous terre. Il se leva et s’en alla comme si l’air autour du roux était irrespirable. Kanon était le seul qui le comprenait sur ce point-là. Milo tenta de l’arrêter, mais ne prit pas la peine de le suivre. Camus ne savait pas s’il était rassuré ou non que l’instructeur de danse soit resté. Il y avait une tension pesante entres les deux grecs qui le m’était mal à l’aise. Saga l’invita à petit déjeuner avec lui, et lui prépara un café tandis que Milo ne la ferma pas une seule seconde, s’adressant principalement à lui. Il parlait tellement que ni lui, ni Saga avait eu l’occasion d’en placer une. Et lorsqu’il s’adressait à son compatriote, c’était essentiellement pour lui lancer une piquer ou une provocation imbibée d’humour.
Si dieu existait et l’aimait, Dité devrait être là dans les secondes à venir.
Le son de l’interphone resonna entre les murs, et Camus aurez pu se mettre à genoux pour prier de soulagement. Le propriétaire de la maison se leva en regardant la vidéo de surveillance sur son téléphone.
-« C’est Dité.
-Je ne voulais pas t’embêter plus, alors je lui ai demandé de venir me chercher.
Il vint déposer une main sur son épaule. « Tu n’embêtes pas, je le montre clairement lorsque quelqu’un m’embête. » Il finit sa phrase en visant Milo du regard.
Ce dernier affichait un sourire stupide qui donna du mal à Camus à represser son rire. Quelle clown parfois celui-là.
-« Je t’accompagne ! Je veux saluer Dité. Allons-y » S’exclama le clown en se levant de sa chaise.
-« Camus. Je pourrais te parler en privé une minute, avant que tu ne partes. »
Milo lui lança un regard ennuyé alors que le roux accepta de suivre Saga dans une autre pièce.
-« Ces deux-là ont vraiment foutu le bordel. » Soupira ce dernier d’exaspération une fois seul à seul. « Je tiens à ce que tu saches que je ne m’attendais pas à ce que tu me suives à la cuisine.
-Ne t’en fait pas, c’est moi qui aurai du faire attention.
-Et concernant hier… »
Camus sut pertinemment qu’il voulait lui parler de cela, mais lui, n’avait rien à dire.
-« Je m’excuse si j’ai été un peu brusque. J’espère juste que je n’ai pas commis une grave erreur, je ne tiens pas te perdre, surtout pas juste après qu’on ait reprit contact. »
Ces paroles réussirent à le faire sourire malgré tout, Saga était vraiment quelqu’un de galant, Camus avait eu du gout à l’époque lorsqu’il en pinçait pour lui. Il apprécia la sincérité de ses propos.
-« Tu n’as pas à t’excuser, et tu n’as pas été brusque. C’est un peu à moi de m’excuser, je t’ai causé du souci et merci d’avoir pris soin de moi. »
Saga lui rendit son sourire et enveloppa sa joue avec sa main affectueusement, ce geste ne le laissa pas indiffèrent. Lorsqu’il ne paniquait pas, cette attention particulière était loin d’être désagréable. Au contraire.
Il restait tout de même mal à l’aise. La veille, des pensées honteuses avaient dicté ses actions, il avait encore du mal se rappeler de leur échange torride sans ressentir une extrême gêne.
-« Ce n’était rien, j’ai beaucoup apprécié ta compagnie. Je voulais te dire de ne pas te torturer l’esprit sur ce qu’il s’est passé entre nous. Moi-même je trouve que ça s’est produit un peu trop vite, mais je pense c’est parce que tu m’avais vraiment manqué. »
Camus sentit son stupide cœur bondir et le maudit pour cela. Pourquoi fallait-il qu’il dise ces mots avec un tel sourire et un tel regard !? Et qu’est-ce que son cœur ne comprenait pas dans « trop abimé pour ressentir ce genre de chose » !?
-« …Toi aussi. » Marmonna-t-il.
Le sourire de Saga s’étira un peu plus, ce qui adoucit tellement ses traits fermes, puis se pencha pour déposer un baiser sur son front.
-« On en parlera proprement une prochaine fois, lorsque tu auras l’esprit plus clair. Pour l’instant, n’y pense pas trop. Je te connais assez pour savoir que tu vas te tourmenter de questions.
-Je peux pas dire que tu as tort sur ce côté-là.
-Je vais dire à Dité de t’envoyer mon numéro, parle-moi quand tu veux, et peu importe ce que dis Kanon, sache que tu es le bienvenu ici. »
Encore une fois, Camus le remercia, il devait bien se l’avouer que ses paroles le firent sincèrement plaisir. Dommage qu’il était un trouillard lorsque cela venait aux sentiments, il n’aurait pas fui ainsi comme un voleur. Saga le raccompagna vers sa voiture garé à l’extérieur du portail, ou Milo discutait avec Dité assis au volant. L’instructeur qui tirait une tronche agacée, le fit encore plus en voyant le propriétaire de la maison arrivé. Ce dernier salua Dité et prit la peine d’ouvrir la portière pour que le roux puisse s’installer à l’avant.
-« Bon, on reparlera après. » Dit Milo au suédois. « Conduit bien Barbie, à la prochaine vous deux. »
Il s’adressait à tous les deux, mais ne quitta pas le roux du regard, ce qui perturba quelque peu ce dernier. Heureusement pour lui, Dité ne s’attarda pas et démarra la voiture assez rapidement. Une fois lancé sur la route, Camus pouvait enfin respirer normalement.
-« You need to explain yourself, mister! Ton cou on dirait une ruche d’abeille ! »
Le franco-russe attrapa la main libre de Dité et lui dit « Pardonne moi Dité, ne me laisse plus jamais seul. Je fais de mauvaise décision sans toi.
-Eh bien il était temps que tu l’admettes ! »
Vu qu’il était assez loin de la villa des jumeaux, le suédois se gara dès qu’il put à côté du trottoir et se retourna vers lui, près à tout entendre. Camus redevint soudainement nerveux.
-« C’est qui qui t’as fait ça ? Saga ? Ou Milo ?
-Quoi-
- LES DEUX !?
-NON ! Dité ! what the hell is wrong with you!?”
Son ami lui offrit un regard rempli de sous-entendu. « Oh t’aurais aimé ~ Coquin va ! Bon vite raconte car je m’impatiente ! »
Le roux se gratta l’arrière de la tête. « Déjà, à propos d’hier…
-C’est bon, je sais que tu n’étais pas dans ton état normal et que tu te sentais mal pour moi. Tu sais, je suis pas ton meilleur ami pour rien ! La plupart du temps je comprends tes intentions.
-Mes intentions n’ont pas d’importance si je te blesse…Même si, tu me fais sentir que ce n’est pas grave, ce que j’ai fait et dit, ça ne veut pas dire que ça ne l’est pas…Je sais que c’est grave ce que j’ai fait.
Maudit Milo ! Maudit Milo et le fait qu’il avait toujours raison ! Lui et son regard perçant et sa poigne ferme.
Dité afficha un sourire quelque peu ému, tout le contraire de l’expression qu’il eut après les paroles rudes de Camus. Il était rassuré de pouvoir en parler avec lui…et il n’était pas tres fier de s’avouer que c’était grâce à Milo.
-« Donc…je m’excuse. Je sais que j’ai pas mal d’explication à te fournir.
-That’s for sur, honey !! Mais pour l’instant viens par la mon Mumus à la fraise ! » S’exclama-t-il en ouvrant grand les bras -enfin, autant que l’espace à l’intérieur de la voiture le permettait-
Le roux pouffa de rire et accepta son étreinte.
-« Tu me pardonnes trop vite…
-Et bien, dit toi que tu as payé avec ce qu’il s’est passé aujourd’hui. Tu sais, karma is a bicth ! »
Sa remarque l’amusa, après les embrassades, Dité se replaça confortablement sur son siège avec un sourire enfantin sur le visage, impatient d’entendre tout ce que Camus avait à lui dire.
-« Spit the tea, bitch.
-Eum… » Il se racla la gorge en détournant le regard. « Donc..Ouais, c’était Saga. »
Surexcité, le suédois lâcha une exclamation suraiguë en lui claquant le bras.
-« Ta gueule ! Vous avec couchez ensemble !?
-« Eum…
-Camus Delaurore, littéralement je vais te tuer si tu fais encore durer le suspense !
-Je pense pas ?
-Comment ça, tu penses pas ? Me dit pas que tu étais ivre !? JE VAIS TE TUER !! »
Dité avait attrapé son col et se mit à le secouer comme un fou, Camus eut un peu du mal à l’arrêter.
-You fucking asshole, j’ai faillit vomir!
Dité se calma finalement. « Désolé j’ai paniqué…
-Bah moi non plus j’ai pas niqué. » Dit-il d’un ton agacé en rajustant ses vêtements.
-Oh elle était bonne celle-là !
-Ce que je voulais dire, c’est que je pense que j’ai perdu connaissance à un certain moment. »
Le sourire de son ami s’effaça pour laisser place à de l’inquiétude.
-Perdu connaissance ? Encore !?
Camus soupira « C’est bizarre, j’ai du mal à me rappeler de ce moment. Quand j’ai repris conscience, Saga dormait à côté de moi. Mais on était habillé, et j’ai pas mal.
-Heureusement que c’est pas un batard.
-Non, il est tres gentil. »
Il regretta ses paroles le moment où ils sortirent de sa bouche. Il leva les yeux au ciel lorsqu’il aperçut l’expression stupide de son ami dont le sourire atteignait ses oreilles. Dité papillonna des yeux vers lui en joignant ses mains ensemble.
-« La ferme.
-Mais j’ai riiiieenn dit !
-Tu le penses si fort que je l’entends. Non ! J’ai rien pour lui !
Camus lui raconta tout depuis le début et Dité ne pouvait plus tenir sur place. Il lui attrapa les mains pour les secouer comme un gamin en gloussant et sautillant sur son siège. Heureusement qu’il avait eu le reflex de se garer avant de demander à entendre l’histoire, sinon il aurait renversé toute la population française avant de rentrer dans un mur. Puis arrivé à la honteuse partie où il se retrouva simplement en T-shirt devant Milo et Kanon, son ami était en train de pleurer de rire alors que lui avait fouillé toute la voiture pour trouver des cigarettes.
-« J’aurais jamais du te le dire, tu vas jamais me lâcher avec ça.
-Tu prend des mauvaises décisions sans moi, mais putain ce que c’est hilarant ! Parfois t’es tellement bête !
-Je t’emmerde.
-Moi aussi je t’aiiimeee !! Je suis tellement content que tu aies enfin eut une interaction sexuelle depuis deux siècles avant jésus christ ! Tu as eu une érection ! Mon bebe grandit si vite ! »
Camus lâcha un râle en passant assez fortement sa main sur son visage d’exaspération. Dité allait se venger de lui en se servant de cette histoire jusqu’au restant de ses jours. Il allait même gravé ces blagues sur sa tombe. Au moins c’était bien fait pour lui, il le meritait.
-« Bon, a ton tours de me raconter ce que tu faisais avec Shura, votre rencart s’est bien passé. »
Son ami se rassit droit sur son siège, regardant devant lui avec un sourire encore plus idiot -comment était-ce possible ? – et fit tourner une mèche de cheveux entre ses doigts.
-Oui honey, on peut dire ça, mais j’ai un problème.
-Qui est ?
-Je veux aussi Angelo.
-…Greedyass bicth. »
Dité lui lança un regard en travers « Genre toi tu veux pas Saga ET Milo.
-Je veux ni Saga ni Milo ! ‘Fin, si, Saga si, mais pas Milo- ‘fin peut-être, c’est arrivé que j’ai eu envie de Mi- Oh ta gueule, tu m’énerves. »
Dité s’esclaffa en rejetant sa tête en arrière. « Tu préfères mourir que d’avouer que t’as envie que Milo te prenne ! Et te soulève et te plaque ! Par en arrière contre le mur et qu’il te demont-»
Sa voix se fit étouffé par la main de Camus qui se plaqua assez fortement sur sa bouche. Il rougit visiblement au propos éhonté, et se dut de faire taire son ami car il ne savait comment cet imbécile avait réussi à lui injecter ces images dans directement la tête. C’était trop tard pour être sauvé, il n’allait pas oublier de sitôt. Il aurait du coucher avec Saga ! Peut-être qu’il pourrait repartir chez lui et lui sauter au cou. Vraiment, n’importe quoi pour ne pas garder ces images de Milo dans la tête !
Maudit Milo ! Il le maudissait tellement de fois par jour depuis qu’il le connut que le pauvre allait finir par avoir un accident. Mais maudit Milo quand même !
-« Tu dis encore un seul mot à propos de Milo…et j’envoie les dossiers à tes deux nouveaux petits copains »
Horrifié, le suédois retira la main qui lui bloqué la bouche « Non pardon ! Pas les dossiers je t’en supplie ! »
Satisfait, Camus essuya le rouge à lèvre rose laissé sur sa main.
-« Revenant à ton rencard avec Shura. »
Son ami soupira de défaite et redémarra la voiture. « J’ai pas envie d’en parler.
-Pourquoi ? Ça s’est mal passé ? »
Dité ne répondit pas tout de suite, affichant une expression d’hésitation.
-« C’est juste…’fin…
-Crache le morceau Dité.
-Ca bien passé, si bien passé que je ne t’ai ni appelé, ni fait attention à ton manque de réponse. »
Camus comprit que son ami culpabilisait de l’avoir laissé seul, mais Dité devait comprendre que Camus n’était pas un enfant qu’il fallait surveiller à longueur de journée. Il était un adulte responsable qui avait pleinement conscience des conséquences de ces actions. Personne d’autre que lui ne devrait se sentir mal ou coupable.
-«…Désolé…Raconte-moi tout depuis le début, s’il te plait. Du moment où tu m’as laissé jusqu’au moment où tu m’as revu. »
Dité sembla surpris de sa question. Il ne s’attendait surement pas à ce qu’il cherche de lui-même a savoir, aussi tôt. Le roux fut lui-même quelque peu étonné de se trouver prêt à faire face à ses erreurs, aussi calmement.
-« Peut-être qu’on devrait s’arrêter à un café, alors. »
…
Lui et Dité avait beaucoup parler, ou plutôt, Dité parla beaucoup, et il écouta. C’était impressionnant comme il pouvait passer d’une émotion à une autre, ses expressions changeant avec les sujets. Par exemple, lorsqu’il commença son récit avec son après-midi en compagnie de Shura, il était aux anges, s’exprimant comme un gamin avec le sourie aux lèvres. Puis il fut mi agacé, mi amusé, lorsqu’il lui parla d’Angelo et de comment lui et Shura étaient vraiment proche. Sa bonne humeur fut contagieuse, puisque Camus n’était pas le seul qui ne pouvait que sourire face à son enthousiasme et sa grande énergie, mais aussi les clients du café qui passaient à coté de leur table. Mais toute cette gaité fana lorsque arriva au moment de la réalisation de sa disparition. Son ami n’entra pas trop dans les détails sur son état à ce moment-là, mais le roux put deviner qu’il fut en totale panique. Son expression s’était radoucit lorsqu’il mentionna à nouveau Shura et Angelo, mais le reste de l’histoire les avait tous les deux rendus mal à l’aise. Surtout Camus qui eut un haut le cœur en sachant combien de personne s’étaient mis à le chercher.
Il avait terriblement honte. Il regrettait amèrement ces stupides actions.
Stupide stupide stupide stupide stupide stupide stupide stupide stupide stupide
Il était vraiment con.
-« Milo était genre, hyper inquiet. Il est resté avec toi à l’arrière de la voiture, je pense que tu dormais sur ses genoux. Il n’a pas accepté que moi ou Saga l’aide à te porter ! Il t’a soulevé comme une princesse et t’as ramené jusqu’au ton lit. »
Camus était sous le choc. Il ne voulait plus rien entendre. C’était la goutte de trop. Il regrettait d’avoir demandé à Dité de lui en parler. Extrêmement embarrassé et incrédule, il resta sans voix, les joues brulantes, et son ami, paniquant soudainement par son manque de réponse, lui pinça le bras avec beaucoup de force, ce qui le fit lâcher un cri de douleur.
-« Ne fait pas cette tête ! J’ai cru que t’allais perdre connaissance ! » S’exclama-t-il encore secoué.
L’air extrêmement grave, Camus se pencha au-dessus de la table pour s’approcher du visage de son ami et le fixer dans les yeux « Écoute moi bien, Dité. Ne prononce plus jamais le nom de Milo avec moi, au moins jusqu’au restant de mes jours.
-Eh bah ! Je pensais que c’était moi qui étais le plus dramatique d’entre nous deux.
-Je suis pas dramatique, je veux juste qu’il arrête d’exister et qu’il sorte de ma vie ! »
Un des personnels du café alluma la télé près du comptoir, le son un peu trop fort y provenant attira leur attention, et alors que le staff s’empressa de baiser la voix de la présentatrice qui parlait, ils virent exactement ce que Camus ne voulait plus jamais voir.
« Comme on se rappelle l’émission de l’année dernier. Ce fut la meilleure prestation présentée sur la scène du Dance Til Death ! …. »
Pourquoi est-ce que Milo était à la télé !?
Dité lâcha un des plus fou rire de sa vie, manquant de renverser sa chaise tandis que la mâchoire du roux menaçait de heurter le sol.
-« Le groupe vainqueur de l’année dernière a mis la barre beaucoup trop haute pour les participant de cette année ! »
Camus ne détourna pas les yeux des images montrées à l’écran, il avait l’impression d’avoir déjà vu cette scène quelque part. Un groupe de danseur sur une scène, Milo avec son grand sourire et son baggy sweatpants. Il se rappela la photo sur son fond d’écran de téléphone. Le décor et les visages correspondaient. Quelque passage de la prestation de ce groupe fut lancé et Camus ne rata pas une seule seconde de Milo. Ses aptitudes dans son domaine d’expertise le surprendraient toujours. Il était beaucoup trop agréable à regarder lorsqu’il dansait.
Il maudit les présentateurs pour avoir repris la place sur l’écran avant de se rappeler qu’il n’était pas sensé baver sur Milo. Il secoua la tête afin de se reprendre et se leva.
-« Barrons nous d’ici. »
Sauf que Dité était beaucoup trop occuper à mourir de rire sur la table, tous les regards étaient rivés sur eux mais ayant cet abruti aux cheveux bleu comme meilleur ami l’habitua à ce genre d’attention publique. Il dut le tirer par le col pour parvenir à le faire sortir du café.
Après que Dité eut garé la voiture devant la maison, aucun d’eux ne descendirent du véhicule. Ils se tapirent quelque seconde dans le silence, sans se regarder, avant que cela ne soit le suédois qui le brise.
-« Pourquoi…Tu as fait ça ?...Est ce que… »
Est-ce que c’était une tentative de suicide ? Ou plutôt, encore une autre.
Il n’avait pas besoin de finir sa question.
Camus ne le regardait pas, mais il pouvait entendre la répression dans sa voix, et le bruit du frottement de ses mains contre le cuir du volant. Il haïssait cela.
Il pourrait juste dire non. Et passer à autre chose. Mais il ne serait pas totalement honnête avec son meilleur ami. Dité ne meritait pas qu’on lui mente, cependant, il ne meritait pas non plus de s’inquiéter plus que cela sur son sort, et de se blâmer. Il ne meritait pas d’être constamment inquiet, comme après sa première surdose.
Il n’aimait pas s’en rappeler.
Il ne pensait pas que Dité allait autant être affecté.
Pour une raison, sur le moment, il était persuadé qu’il allait le libérer d’un poids.
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C’est tout ce qu’il était.
Cette fois-ci, s’était quelque peu différent.
-« Pas vraiment… » Finit-il par répondre. « Ce n’était pas mon but. »
Son ami daigna enfin le regarder, sauf que lui, ne le fit pas
-« J’avais juste envie de disparaitre un peu. »
D’oublier.
D’oublier à nouveau.
-« Mais je me suis laissé emporter. »
Cette image.
-« Alors pourquoi tu n’as pas pris ton téléphone ?
-…Je sais pas. »
Dité soupira, comprenant qu’il n’allait plus rien obtenir de plus venant de lui. Lorsqu’il commençait à dire qu’il ne savait pas, il allait agir comme tel et ne plus rien ajouter.
-« Dis…Je sais que la dernière fois qu’on en a parlé, tu l’as mal pris. Mais je trouve qu’il est grand temps que tu acceptes de voir un psychologue.
-Dité-
-Et pas un psychiatre !
-Dité, je-
-Je comprend totalement qu’il y a des choses que tu n’arrives pas à dire ! Même à moi ! Et je t’en veux pas pour ça !
-Attend, laisse-moi- »
Mais le suédois ne le laissa pas en placer une. Ce dernier le tint par le bras pour le forcer à le regarder.
-« Tu peux pas tout garder pour toi ! Tu te pleins jamais ! Tu n’avoues jamais que ça ne va pas ou que t’as mal ! T’es pas un robot, putain de merde ! À force, regarde ! Tu fais des malaises et tu fais des rechutes ! Tu m’as dit que tout passera lorsque tu seras de nouveau en France, que tu pourras te gérer toi-même, mais tu n’y arrives clairement pas et c’est normal ! Bien que tu ne pourrais pas ! Personne ne pourrait ! »
Il abandonna l’idée de le couper, son ami avait besoin de se défouler. Il était rassuré qu’il le fasse, il préférait largement l’entendre durant des heures le réprimander et lui dire les choses telle quelles, plutôt que de le voir marcher sur des œufs en évitant le sujet.
-« Mais je vois que t’en a envie, que t’as envie d’aller mieux ! Contrairement à quand on était encore en Russie, avant tu donnais l’impression que tu étais encore envie car on ne te laissait pas trop le choix. Puis je t’ai vu danser, et j’ai eu l’impression pour la première fois que tu voulais vivre ! Maintenant que tu as le potentiel d’aller mieux, tu dois accepter de l’aide ! »
Plus il s’exprimait, plus sa voix s’étouffait par manque de souffle, et plus ses yeux se larmoyaient. Camus pouvait voir à quel point ce sujet lui tenait à cœur. Et Dité n’avait pas tort. Enfin, pas complètement. Il pensait toujours qu’il était une cause perdue, mais c’est vrai que depuis cette soirée…Depuis Milo…quelque chose en lui languissait de vivre, de battre, et de liberté.
Quelque chose voulait dépasser ses limites.
A peut-être, envisager d’au moins espérer qu’il n’était pas une cause perdue.
Mais c’était bien trop difficile. Milo le fatiguait.
Il avait envie de répondre comme a son habitude « C’est rien, Dité. Juste oublie, ça va me passer. » ou « On en reparlera une autre fois. » Mais il se retrouva à nouveau immobile au milieu de la foule dansante, se tenant dos a quelqu’un, a un seul pas près de la liberté, mais trop peureux pour effectuer ce dernier mouvement.
-« Viens danser. »
Il entendit sa voix resonnée plus forte que la musique sourde.
Pourquoi était-il aussi sur que Camus pouvait le faire ?
-« Arrête de fuir. »
Avait-il dit cela ? Pas verbalement, mais oui. Dans son regard, il lui dit cela.
-« Quoi tu n’es est pas capable ? Un homme sans ego ou sans volonté de le défendre… »
N’est rien.
Mais à travers ses yeux clair et pétillant, il se vit « beaucoup ».
Dité s’était arrêté de parler après un moment, quelque peu essoufflé et le regardait droit dans les yeux, ses mains agrippant ses épaules. Il pouvait voir le peu d’espoirs dans son regard commencer à re-disparaitre lorsqu’il ne répondit pas tout de suite.
-«…C’est d’accord.
-…Quoi ? »
Le suédois fut incrédule et Camus soupira. Maudit Milo, Milo Alexandris, fichu instructeur de danse. Ce qu’il le haïssait !
-« J’ai dit…Ok. Pour… le psy. »
Fallait-il qu’il le dise plus calmement ? Parce que Dité resta stupidement figé, la mâchoire bloquée grande ouverte et ses yeux encore plus stupidement écarquillés. Le roux se sentit mal à l’aise, attendant quelque seconde pour que son ami se rappelle qu’il était humain et non une statue. « Seigneur, je ressemble à ça quand je dissocie ? Le psy a intérêt à arranger ça. » Pensa-t-il, mais à haute voix.
-« j’y crois pas…Ah hurregud ! Boje moy ! Madonna ! ¡ Dios mio ! Panayia mou!!” S’écria-t-il en prière, les mains jointes vers le ciel.
-C’est bon Dité, pas la peine de le dire dans tous les langues- Attend depuis quand tu sais le dire en grec ?
-Oh God ! Oh father of all! J’ai entendu Milo le dire en te ramenant à ta chambre. God ! » Reprit-il en lui reprenant les épaules, les larmes aux yeux. « C’est la meilleure chose que j’ai entendu depuis la sortie des deux premiers albums de Lady gaga !
-…Content de le savoir ? »
Dité le tira vers lui et l’enlaça si fort qu’il pourrait être accusé de tentative de meurtre. Un gémissement de suffocation s’échappa de sa gorge et il s’apprêtait à se plaindre, mais se rendit compte que son ami ne faisait pas semblant. Il n’exagérait pas sa réaction, ce câlin était tout ce qu’il y avait de plus vrai venant de lui, et il l’entendit dans sa voix près de son oreille. Dité était sincèrement heureux et soulagé, et Camus, sentit son cœur se serrer douloureusement.
Il avait tellement de la chance.
-« Oh Camus…Je suis tellement fier de toi ! »
Il ferma les yeux, sentant ses joues chauffées, et pressa ses lèvres en une fine ligne. Il ressentait tellement de chose sur le moment, et la majorité de ces sentiments lui semblaient nouveau, il ne savait pas quoi faire ou quoi en penser. Il laissa sa tête retomber contre l’épaule de son ami qui ne le lâcha pas, et lui rendit enfin son étreinte mais beaucoup plus légèrement.
Il était profondément reconnaissant…Il était temps qu’il lui fasse plaisir, et il était grandement temps qu’il fournisses des efforts pour lui. Tout comme Dité le faisait pour lui. Tout comme sa famille le faisait pour lui.
Il ne savait pas pourquoi, mais il pouvait visualiser le sourire de Milo, taquin mais sincère, large et radiant.
Stupide Milo.
Enfin, maintenant qu’il était hors de la voiture, il fallait trouver le courage de rentrer à la maison avec ce cou là. Il était nerveux, espérant que personne ne serait au salon le temps qu’il monte dans sa chambre pour porter un col roulé. Saga ne l’avait pas épargné. Le simple souvenir de ses lèvres sur son cou le faisait frissonner. Dité ne lui laissa pas le temps d’hésiter plus, puisqu’il était surexcité. Il attrapa le bras de Camus et frappa à la porte alors que lui, voulut utiliser sa clé.
-« Imbécile ! »
Tant que ce n’était pas hyoga-
La porte s’ouvrit, laissant paraitre la frimousse adorable de son benjamin.
Il était sûr que c’était aussi la faute de Milo. Milo était la cause de toute ses misères en ce moment.
Maudit Milo.
(Quelque part, quelqu’un, ne semblait pas pouvoir s’arrêter d’éternuer)
Camus recula d’un pas pour rester derrière son ami, il avait placé ses cheveux de sorte à ce qu’ils couvrent son cou sur les côtés, il espérait que c’était assez pour cacher. Mais pourquoi se prenait-il la tête ? Hier soir, ils avaient tous déjà dû voir l’état de son cou lorsqu’il s’apprêtait à sortir rejoindre Saga.
-Oh Camus t’es déjà la !?
-Oui ? Comme tu peux le voir. »
Hyoga devint visiblement nerveux, il referma un peu plus la porte derrière lui comme s’il cachait quelque chose derrière.
-Bah quoi ? Qu’est-ce qu’il y a mon chou ? » Lui posa le suédois la question.
-Non rien, juste…Isaak a pété dans toute la maison, et ça sent vraiment mauvais. »
On entendit le concerné lâcher un « Hey !! » mécontent depuis l’intérieur et Dité lâcha un rire.
Camus arqua un sourcil « Tu vas pas nous laisser entrer ?
-Si ! Mais euh…genre, il continue à péter, je pense qu’il a la diarrhée, c’est vraiment mauvais.
-Ta gueule Hyoga ! Tu pourrais pas trouver autre chose à dire !? »
Les deux adultes s’échangèrent un regard confus mais amusé, se demandant sérieusement ce qu’ils tramaient.
-C’est bon les garçons. » Se fit entendre la voix de leur mère, qui devait normalement être au travail à cette heure-ci. « Laissez les entrées.
-Mais- » Tenta de protester Hyoga en regardant à l’intérieur de la maison.
Maintenant qu’il le remarquait, il y avait une appétissante odeur de sucre qui en emmenait.
Leur mère ouvrit plus largement la porte et leur offrit un sourire de bienvenue. À côté d’elle se tenait aussi Shun qui leur faisait signe de la main, pour une raison, vêtu d’un tablier. Super, tout le monde était là pour voir ses magnifiques suçons. Personne ne manquait à l’appelle.
Natassia les invita à entrer, Isaak souriait bêtement et Hyoga avait une petite moue boudeuse mais vint quand même l’enlacer pour marcher à ses côtés.
-« Qu’est-ce qu’il y a ? » S’inquiéta l’ainé.
-« Ca sent sacrement bon ! Isaak pète du parfum ou quoi ? » S’exclama Dité.
Ce fut là qu’ils remarquèrent enfin que le salon était entièrement décoré de ballons rouge, jaune et vert, de ruban et d’une grande banderole qui disait, ou plutôt qui était censé dire « Bon retour à la maison ! » Sauf qu’il manquait encore deux, trois lettres. Le sol était jonché d’autre objet décoratif pas encore installés. Camus resta figé comme une statue à l’entrée du salon, incrédule.
-« On aurait aimé te faire la surprise. » Lui dit quelque peu déçu Hyoga.
Dité s’esclaffa « Regarde sa tête, vous avez réussi à faire votre surprise !
-On pensais pas que vous alliez rentrer aussi tôt. Shun et maman préparent un gâteau mais il est pas encore prêt » Leur informa Isaak en allant se placer sous la banderole. « Surprise !! Bon retour à la maison, Camus !
-Hey ! On était censé le dire tout ensemble ! » S’énerva Hyoga avant de lui jeter au visage un ballon de baudruche pas encore gonflé.
Camus resta sans voix.
-« Vous allez finir par me tuer de rire vous deux !
-Ce n’est pas une si mauvaise chose que Camus soit venu plus tôt que prévu. » Dit la mère de famille en venant poser une main sur son épaule. « Comme ça vous pouvez décorer tous ensemble, c’est pas plus amusant comme ça ? »
-« Depuis quand quelqu’un décore pour sa propre surprise ? » Ricana Isaak. « Mais j’avoue que ça pourrait être drôle.
-Tu nous aides, Camus ? » Lui proposa Hyoga.
Tous les regards étaient dirigés vers lui, et tous étaient si bienveillants et remplit d’affection. Déjà qu’il avait du mal à se remettre de ses émotions après sa précédente conversation avec Dité, sa gorge était nouée, aucun son ne pouvait en sortir. Tout ce qu’il pouvait faire était de virer son regard entre eux tous, de distinguer la douceur de leur sourire et la sincérité dans leurs yeux. Pourquoi ? Qu’avait-il fait de si spéciale pour mériter toute cette affection, une famille aimante, le meilleur des meilleurs amis alors que lui…
Son manque de réponse allait les inquiéter. Mais il avait l’impression que s’il parlait, il allait fondre en larme pour de bon. Il n’avait pas pleuré depuis si longtemps, il ne pouvait pas maintenant, pas devant tout le monde.
Il déglutit difficilement et s’avança sans rien dire pour enlacer ses deux frères. Il les enlaça, vraiment tres fort. Les jumeaux, tout sourire, lui rendirent son étreinte avec joie et Camus eut envie que cela dure aussi longtemps que possible. Il les aimait du plus profond de son être, et il ne pouvait s’empêcher de se demander comment il partageait le même sang que ces adorables anges.
-« Je crois que vais pleurer. » Entendit-il sa mère rire à voix basse.
Elle aussi, il l’aimait tout autant mais il ne doutait pas qu’elle le savait.
Après avoir trouvé la force de se défaire de ses deux poussins, ce fut vers elle qu’il se dirigea et elle l’attendit les bras ouverts. Il n’y avait rien de mieux que l’amour d’une mère. Surtout d’une mère aussi gentille et douce qu’elle.
Camus était incertain tout au long de sa vie, mais il y avait bien une chose qui ne pourrait jamais être remis en question, c’était l’amour qu’il éprouvait pour sa famille. Il comptait Dité la dedans.
Sa mère lui caressa l’arrière de la tête en lui chuchotant des mots rassurants. Pour un instant, il se sentit redevenir un enfant qui ne trouvait le réconfort que dans les bras de sa mère. Peut-être que c’était toujours le cas aujourd’hui. Si seulement elle avait eu un meilleur mari, Camus aurez souhaité ne jamais grandir.
-« C’est pas grave si tu as besoin de t’absenter un peu, ils comprendront. »
-Non…Je veux rester avec vous. »
Il se redressa et se pinça l’arrêt du nez.
-« Désolé…donnez-moi juste un moment. »
Il pouvait sentir leurs regards sur lui, même les yeux fermés, ils étaient tendre et généreux. Ils lui accordèrent quelque seconde de silence, et Camus parvint à ravaler ses larmes. Il était cependant sur que ses yeux étaient toujours larmoyants. Il leur offrit à tous un sourire et de sincère remercîment, et comme proposé, lui et Dité se joignirent à eux pour finir les décorations.
-« D’ailleurs Camus… » Commença Isaak, hésitant.
Les coups d’œil pas si discret vers son cou lui rappelèrent ce qu’il y avait. Il lâcha un soupire, ne pouvant pas en fuir.
-« Ce n’est rien. »
Sa mère retourna de la cuisine pour leur apporter des bols de chips et ricana.
-« Je suis contente que tu t’amuses, mon fils, mais tu fais attention ?
-Maman ! » S’exclama-t-il, embarrassé, en posant sa main sur son cou.
Il savait qu’elle disait cela uniquement pour le taquiner.
-« Il n’y a pas de honte à ça, voyons. »
Dité s’esclaffa en rejetant la tête en arrière. « Mais oui Camus ! Y’a pas de honte à ce que tu t’amuses avec Saga de temps en temps, hehe, surtout que c’est ton futur petit ami !
-Saga ? » Répétèrent d’une même voix les jumeaux, l’air quelque peu grave.
Camus fronça des sourcils et croisa les bras « Saga n’est pas mon futur petit ami.
Dité lui donna un faible coup de coude « Oh aller, fait pas genre ! »
-« C’est qui ce Saga !? » S’écria Isaak comme si c’était la fin du monde.
-« Ce nom me dit quelque chose. » Avoua Natassia. « Ce n’est pas ton ancien ami de la fac ? »
Camus fut surpris de sa bonne mémoire, cependant il ne se rapellait pas lui avoir déjà parler de Saga. Dité tout content, hocha rapidement de la tête.
-« Je me souviens qu’une fois, tu étais malade et il était venu te ramener des collations et un livre. Il m’a dit de ne pas te dire qu’il était venu donc je ne l’ai pas fait. Je me souviens que c’était un charmant jeune homme ! Vraiment tres beau et bien élevé ! »
Le roux se retrouva encore plus surpris de l’anecdote, mais surtout, touché. Il sentit que ses joues allaient se colorer s’il ne se reprenait pas à temps. Dité s’excita encore plus, lâchant des « Awww ! » en lui secouant le bras.
Il devait arrêter de penser à Saga ! -Mais au moins penser à Saga était mieux que de penser à Milo.
-« Beau ? » Répéta encore une fois Hyoga. « Mais genre…plus beau que le coach ? »
Mais qu’avait-il avec cette manie de comparer tous les hommes à son coach ? Camus commençait sérieusement à se demander si son frère n’était pas obsédé par Milo.
Au moins ils avaient des gouts communs.
Il se gifla intérieurement à la manifestation de cette pensée.
-« Plus beau ? je ne saurais dire. Ils sont tous les deux tres beaux. » Répondit Natassia.
Isaak se retourna vers lui « T’en pense quoi, Camus ?
-Pardon ?
-Qui est plus beau entre ce Saga et notre coach ? »
Mais qu’est ce qui n’allaient pas chez eux ? Et puis comment ce faisait-il que ces deux imbéciles le tourmentaient même dans sa propre maison, avec sa propre famille ! Il en avait déjà assez vu de ses deux-là pour toute une année ! Quand est-ce qu’allaient-ils lui foutre la paix !?
Irrité, Camus tiqua de la langue. « Peu importe. Leur physique ne m’intéresse pas !
-Oh le menteur.
-La ferme, Dité. Sujet clos. »
Son ton laissa savoir que le sujet avait intérêt à rester clos, et heureusement, personne ne le rouvrit.
Son ami était allé s’occuper en cuisine avec Shun et leur mère, tout en commérant et blablatant. Il se demandait vraiment pourquoi le suédois s’entendait tant avec sa mère, enfin bon, c’était pareillement pour Shun. Natassia devait être ravi que ses fils sachent bien choisir leurs amis proches.
Hyoga lui demanda s’il pouvait s’asseoir sur ses épaules afin d’accrocher une décoration sur le mur. Camus hésita une seconde, après tout, son frère avait bien grandi tandis que lui n’avait jamais vraiment eut de muscle, cependant il ne put se resigner à lui dire non, il était le grand frère, et si son petit frère voulait monter sur ses épaules, il pouvait -devait- le faire !
Camus prit alors un grand souffle et bloqua sa respiration lorsqu’il porta le blond sur ses épaules. Il ne s’attendait vraiment pas à un tel poids, la dernière fois qu’il avait porté les jumeaux sur ses épaules, ils étaient encore tout petit. Il ne pouvait nier aussi qu’il s’était affaiblit depuis sa chute dépressive. Néanmoins, il refusait de se plaindre, il était un grand frère, ce qu’il faisait c’était la moindre des choses.
C’était de belles paroles. Il ne tenait plus.
-« Hyoga- » Parvint-il à prononcer, le souffle bloqué. « Tu dois descendre.
-J’ai presque fini ! »
Presque sonna comme une éternité sur le moment, son dos et ses jambes ne tenaient réellement plus le poids et il se mit à trembler sous l’effort. Les secousses et grognement alertèrent Hyoga qui par reflex resserra ses cuisses autour de son visage et s’agrippa à ses cheveux. Isaak qui remarqua le danger se mit derrière, les bras lever mais finit par tomber avec eux dans la chute qui explosa quelque ballon par terre, et dont le bruit attira l’attention des autres dans la cuisine. Camus redressa rapidement la tête du sol pour s’assurer de l’état de Hyoga mais heureusement, Isaak avait amorti sa chute, tous deux ne semblaient avoir rien de casser. Ils se regardèrent tous les trois avec de gros yeux deux seconde avant d’exploser de rire. Camus aussi, c’était la première fois depuis des lustres qu’il n’avait pas ri aussi fort. Ils furent rapidement rejoints par les trois autres qui se moquèrent d’eux, surtout Dité qui possédait une rapidité déconcertante à sortir son téléphone pour filmer.
Une fois de retour sur pieds, Hyoga s’excusa mais c’était Camus qui se sentit honteux.
Comment ça, il ne pouvait pas porter son petit frère sur ses épaules ?
C’était une honte, il devait sérieusement y remédier, il ne pouvait pas être aussi faible !
En tout cas, après cette réflexion, il réalisa soudainement que ses petits frères avaient bien plus de biceps que lui, surtout Isaak ! Comparé aux leurs, ses bras ressemblaient à ceux d’une poupée ! C’était inacceptable ! Il se devait de reprendre du muscle au plus vite !
Ne parvenant pas à penser à autre chose, il interpella discrètement Dité et lui dit de le rejoindre dans sa chambre. Camus déplaça sa table de chevet au milieu de la pièce sous le regard interrogateur de son ami et se mit à genou à côté du meuble.
-« Faisons un bras de fer. » Dit-il simplement en posant son coude sur la table.
-« Je savais que tu t’étais cogné la tête !
-Je suis sérieux. Aller. »
Le suédois s’exécuta, quand même dubitatif.
……
Camus avait perdu…Comment c’était possible ?
Depuis quand était-il devenu aussi faible ?...Enfin, pour sa défense, Dité était beaucoup plus fort qu’il ne le paraissait et prenait ses exercices de Pilates tres au sérieux…
-« …Je dois commencer le sport… » Soupira-t-il en fixant sa main avec défaite.
-Excellente idée ! j’étais justement en train de chercher ou faire du Pilates dans le coin ! Je suis trop content ! Je vais pouvoir t’apprendre ! »
Camus eut presque un haut le cœur…à quoi s’attendait-il ? Même avant il n’aurait jamais gagner contre Dité.
Ils laissèrent cela de côté pour commencer la fête prévue. Le gâteau à la vanille était adorablement décoré de fraises, et il y avait écrit dessus « Best big bro » avec de la crème. Le rendu final était réussi, Shun, Dité et Natassia en furent fier. Contrairement à eux, la fratrie avait fait un peu n’importe quoi avec la décoration, c’était un véritable bordel coloré. Mais Camus était quand même satisfait, à ses yeux, c’était la plus belle décoration du monde. De la musique fut lancée et les jeux de sociétés sortis, pour ceux-là, Camus pouvait être certain d’être toujours le gagnant. Ils passèrent un long, mais tres bon moment tous ensemble autour de ses jeux là, en mangeant du gâteau et d’autre collations, et Camus se surpris à ne pas avoir eu des pensées négatives.
L’ambiance était animée et divertissante, hilarante par moment. Tout le monde avait le sourire collé aux lèvres et les joues rouges de joie, il prit un énorme plaisir à tous les observer, échanger, rire et se chamailler. Il aimait voir son Hyoga proche de Shun, il le trouvait adorable, il adorait voir sa mère aussi radiante et joviale, il adorait voir son Isaak aussi agité et voir Dité interagir avec eux tous. Ces moments étaient infiniment précieux. Toute sa famille au complet.
Isaak ragea tellement à la fin qu’il ne voulut plus jouer, il était un assez mauvais perdant, et pourtant Camus avait fait exprès de perdre pas mal de fois. Mais autre que lui, son ami aussi était un expert, et leur mère aussi était tres bonne joueuse. Isaak n’avait eu aucune chance avec aucun jeu. Camus voulut proposer à sa mère de jouer aux échecs avec lui, sauf qu’il fut entrainer de force devant la télé pour accompagner les jeunes dans un karaoké.
Durant combien d’année avait-il fuit cet inévitable activité au sein de la demeure des Delaurores ? Qui pourtant était née à cause de lui, fut une époque où il apprenait plein de chanson aux enfants qu’étaient les jumeaux, qu’ils avaient grandi fan de karaoké. Camus se souvient même qu’il leur donnait des brosses à cheveux pour jouer aux chanteurs avec eux. Cette fois ci, c’était eux qu’ils lui calèrent un véritable micro dans la main et le forcèrent à chanter. Comme la roue a tourné.
Il fut proche de minuit lorsqu’il remonta dans sa chambre. Dité dormait déjà. Ce qui l’avait tant retardé fut ses frères qui voulurent jouer aux jeux vidéo avec lui. Ils avaient passé toute la soirée sur des jeux de combats martiaux. Camus n’avait pas grandi avec une console, il ne savait pas comment joué, mais fut déterminé à apprendre pour partager une nouvelle activité avec ses frères. Et puis, il se découvrit qu’il était plutôt doué à cela.
Il n’avait pas eu un moment de repris de toute la journée, celle-ci fut incroyablement longue, animée et agitée. Tant d’ascenseurs émotionnels et tout ce qui le tracassait revint le peser encore plus lourdement sur les épaules. Sa tête qui fut vide, se remplit à nouveau le moment où il posa sa tête sur son oreille et il ne pouvait s’empêcher de repenser à chaque moment depuis ce jour où il eut la mauvaise idée d’aller boire. Ses pensées tournèrent autour de Surt, de ceux qui l’avaient cherché ce soir-là, de Dité, de sa famille…et de son géniteur.
Il y avait toujours ce trou béant en lui.
Ce vide dans sa poitrine qui malgré tout l’amour qu’on jetait à l’intérieur, ne semblait pas connaitre de fond. Et de lui, émanait un puissant sentiment de culpabilité et de haine de soi qui prenaient le dessus sur tous les autres sentiments. Il en eut la nausée, il était écœuré de lui-même, de la fadeur de ses sentiments positifs qui ne duraient pas longtemps malgré tous les efforts de sa famille. Que lui fallait-il de plus !? Même avec tout cet amour, toute cette sincère affection à son égard, il restait aussi terne et gris qu’une pierre abîmée.
Cela aurait peut-être était plus facile à vivre si sa famille ne l’aimait pas autant.
Mais même penser ainsi le faisait culpabiliser.
Sa poitrine et sa tête devenaient trop lourde, il avait l’impression de s’enfoncer dans le matelas, de se noyer dans l’obscurité.
La contrepartie de toute la joie qu’il ressentit aujourd’hui venait pour le suffoquer.
Il devait se revider la tête.
Mais il ne pouvait pas boire…Ni baiser…
Qu’est-ce qu’il y avait d’autre qui pourrait le couper de la réalité ?
…
..
.
Milo fut extirpé de son sommeil par la sonnerie de son téléphone. Heureusement, il avait le sommeil bien plus léger que celui de sa petite amie qui dormait encore dans ses bras. Il tendit le bras vers sa table de nuit pour récupérer l’appareille vibrant et plissa des yeux à cause de la luminosité de l’encan.
C’était un numéro inconnu.
Ne réfléchissant pas trop, Milo décrocha et porta le portale à son oreille.
-« Alo ? »
Quelques secondes de silence lui répondirent, fronçant les sourcils, il s’apprêtait à répéter son dernier mot avant qu’enfin il entende une voix.
-« …Milo ? »
Celle de Camus.
Milo ouvrit grand les yeux et voulut se redresser, sauf qu’il était retenu par la tête de Geist sur son torse.
-« Camus ? Tout va bien ? »
Il avait laissé son numéro sur un papier qu’il avait caché sous son oreiller, il ne s’attendait pas à ce que le roux le trouve, ou plutôt, le contact aussi tôt. Il était confus de ses propres sentiments, il était à la fois heureux qu’il l’appelle, mais aussi inquiet qu’il l’eut fait.
-« Oui…Désolé je t’ai réveillé, je-je sais pas ce qu’il m’a pris je te laiss-
-Non attends. » Il tenta de parler bas pour ne pas réveiller Geist, et doucement, il entreprit de la relever de lui. « Tu as appelé ce numéro pour une raison. »
Camus ne lui répondit pas, cependant il put entendre son souffle qui trahissait une certaine hésitation et nervosité.
-« Où es-tu ?
-…Dehors.
-Où ça ?
-Je sais pas, je suis juste en train de marcher. »
Cela au moins le rassura. Il s’extirpa du lit avec succès.
-« Envoie-moi ta localisation, j’arrive.
-Mais-
-Pas de mais qui tienne ! Aller. »
Il l’entendit soupirer, il profita de son manque de réponse pour récupérer un jean. Une notification sur son portable attira son attention et il vit que ce même numéro inconnu lui envoya une localisation.
…
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Camus n’avait plus bougé de son banc. Il regrettait d’avoir appelé Milo, que lui avait-il pris ? Sans vraiment comprendre pourquoi, il s’était rappelé du papier sous son oreiller et l’avait pris avec lui avant de sortir. Cette fois ci, il envoya un message à Dité pour le prévenir qu’il ne faisait que prendre l’air, au cas où il se réveillerait et ne le trouverait pas dans la maison.
Il eut l’impression qu’il allait se faire avaler par le matelas de son lit s’il y restait plus longtemps allongé, et il eut l’impression que les murs de sa chambre se rapprochaient pour se refermer sur lui. Il dut sortir pour éviter de faire une crise d’angoisse. Il avait marché et fumé et fixé le papier et le lut encore et encore avant de ne plus pouvoir y résister.
Il ne sut même pas s’il parvint enfin à respirer, ou si au contraire son souffle se coupa lorsqu’il entendit la voix de Milo dans son oreille. Elle était rauque et basse, il comprit qu’il l’avait réveillé. C’était étrange, ce simple « Alo » le fit ressentir des choses tellement contradictoires, il ne savait pas si cela le soulagea ou le rendit plus nerveux, s’il était rassuré ou déçu. Pourquoi n’avait-il pas pu résister à l’entendre ? Pas plus tard que le matin dernier il fit tout pour le fuir, il le vit dans une situation embarrassante -enfin, plusieurs- et Milo l’avait même engueulé.
Camus fut celui qui lui dit ne pas vouloir être ami avec lui.
Et le voilà à faire tout le contraire de ses paroles.
Avait-il envie d’être ami avec lui ?
Il était préférable que non, mais cela ne répondait pas à la question.
Milo mettait réellement ses pensées s’en dessus dessous…et pourtant lorsqu’il était en face de lui, lorsqu’il le regardait dans les yeux, beaucoup de chose lui semblaient claires et évidentes.
Il ne savait plus quoi y penser.
Il continua ainsi, à ruminer, tourner, mélanger ses pensées dans sa tête qui menaçait d’exploser par tant de surcharge, puis le bruit d’un moteur de moto les couvrit. Il releva la tête et vit un homme stopper sa moto noire devant lui. Il le reconnu évidement grâce à la cascade de cheveux sauvage qui dépassait de son casque. Le voilà désormais devant lui, et lorsqu’il retira son casque, leurs regards se croisèrent. Camus se demanda s’il pouvait trouver la solution dans ses iris de lagons clair, s’ils pouvaient lui éclaircir les idées.
Milo sourit, et il dut lâcher ses yeux du regard pour se concentrer sur ses lèvres.
-« Vous avez appelé le service de fuite pour une journée. Il fait peut-être nuit, mais cela n’empêche pas une bonne garantie de nos services ! Pour cette raison, nous appellerons cela ‘fuite pour une nuit’ ! »
Camus se leva de son banc en pouffant. « Qu’est-ce que tu racontes ? »
Milo décrocha un autre casque du guidon et le lui tendit.
-« Tu rêves. Je monterais pas la dessus.
-Tu as peur ? » Le provoqua-t-il d’un ton moqueur.
Camus fronça des sourcils face au ton déplaisant, il ne pouvait pas le supporter lorsqu’il lui affichait une telle expression.
-« J’ai pas peur.
-Alors ? »
Il n’était jamais monté sur une moto auparavant, il savait que ces engins étaient dangereux et peu sécurisés, surtout que cela allait tres vite. Il n’accepterait jamais que ses frères en possèdent une. Il ne tenait peut-être pas tant à sa propre vie, mais il resta hésitant. Et puis, pourquoi Milo voulait-il qu’il grimpe dessus ? Pour l’emmener où ? S’il le faisait, ils seraient beaucoup trop proche pour son propre confort.
-« T’inquiète pas, je suis un expert ! La moto c’est une de mes passions.
-Comme je suis rassuré.
-Toi et ton sarcasme ! Approche ! »
Bien qu’il n’aimât pas prendre des ordres, Camus s’exécuta quand même et avança de deux pas. Milo lui fit porter un casque noir avec des oreilles de chat qu’il n’avait pas remarqué au premier coup d’œil. Le grec se marra tandis que lui soupira de défaite, il n’avait pas l’énergie à débattre.
-« Si tu prends une photo, tu es un homme mort. » Sur ses mots, il entreprit de monter derrière lui sans daigner le toucher. « Et si tu roules vite, on le sera tout le deux.
Milo lâcha un rire en rajustant sa position assise.
-« On va où ?
-Tu verras. Accroche-toi ! »
Camus ne sut quoi faire avec ses mains, il était déjà gêné d’être assis aussi proche de lui, leurs cuisses se touchaient et pour lui c’était de trop. Il opta alors de s’accrocher à l’arrière de la moto en se maudissant d’avoir accepté de monter, non, d’avoir appelé le numéro sur le papier.
Milo mit la pression sur l’accélérateur bruyant et la moto se lança bien plus brusquement qu’il l’attendait. Par reflex, il s’agrippa à l’homme devant lui en enroulant fermement ses bras autour de son torse, ce qui le fit rire de plus belle. Il était certain que l’instructeur avait démarré sa moto aussi brusquement expresse pour se moquer de lui. À l’intérieur de son casque, Camus grinça des dents, déjà qu’il devait porter ce ridicule casque aux oreilles de chat, mais en plus il se faisait humilier par cet abruti, et le pire c’était qu’il ne pouvait plus rien n’y faire, la moto était déjà rapidement lancée.
Cette expérience lui était inédite, il crut qu’il serait bien plus anxieux que cela. Enfin, au début, il était nerveux, cependant cela ne lui prit pas longtemps pour s’adapter à leur proximité et la rapidité de l’engin. Et il devait bien se l’avouer, la sensation du vent d’été s’engouffrant dans ses vêtements et ses cheveux étaient extrêmement plaisante, il finit par se détendre et profiter du moment. Le fait que cela soit Milo qui était devant lui, à qui il s’accrochait, lui apportait un étrange sentiment de paisibilité. Encore une fois, ces sentiments à son égard étaient contradictoires. Ce qu’il ressentait sur le moment était similaire au confort que pouvait lui ramener une cigarette après l’acte, alors qu’il était accoudé a sa fenêtre ouverte.
C’était mal s’il avait envie de se détendre complètement contre son dos ? De resserrer ses bras plus fermement autour de sa taille et se coller encore plus ses cuisses aux siennes ? Pour le simple réconfort que son corps semblait émettre, que le sien sollicitait secrètement. En y pensant, il avait envie de s’égarer dans ses abondantes boucles sauvages, de les sentir sur tout son visage et les humer à s’en remplir les poumons et le cerveau de leur odeur, puis d’entendre leur propriétaire ricaner contre son oreille…C’était mauvais…Camus ne devait pas penser à ce genre de chose, surtout pas si cela concernait Milo. Et surtout pas s’il était collé à ce dernier.
Comment pouvait-il se sentir si léger alors que son cœur se tordait ?
Camus fut si absent et distrait qu’il n’avait même pas remarqué qu’il connaissait la route que prenait Milo. Il était bien trop absorbé par sa présence, de ce qu’il ressentait dans ses mains qui s’agrippait faiblement à sa taille et l’agréable caresse du vent nocturne et de ses cheveux sur sa peau.
Il se surpris à être incroyablement déçu lorsque le trajet prit éventuellement fin. Il n’aurait pas été contre de rouler ainsi sur des kilomètres et des kilomètres sous les étoiles, et derrière lui.
Il réalisa qu’il était devant le conservatoire, ce qui le laissa perplexe. Il était minuit passé, pourquoi Milo l’avait ramené la ? Il lui posa la question à travers son regard lorsqu’ils retirent leurs casques. Mais du sourire que lui offrit l’instructeur, il comprit qu’il allait bientôt avoir sa réponse. Il le suivit donc sur le côté du bâtiment où une autre entrée, plus petite, se trouvait. Camus se demanda s’ils avaient vraiment le droit d’être là.
-« Tu sais que je suis aussi magicien ? » Lui dit Milo d’un sourire narquois une fois arrivé devant la porte fermée.
-« Manquait plus que ça. Ça sera quoi la prochaine fois ? Clown ?
-« C’est pas possible comment t’es méchant ! » Malgré ces paroles, il s’était esclaffé.
Un sourire échappa au roux « Je le suis pas tant que ça, j’aurais pu dire que tu l’étais déjà. »
Milo le bouscula gentiment, faussement vexé.
-« Aller, sérieux, laisse-moi te montrer un tour de magie.
-Sésame ouvre toi ?
-Héé ! C’est ma ligne ! Arrête de spoil mon show et retourne-toi. »
Croisant les bras, Camus pouffa en levant les yeux au ciel.
-« Quel spectateur insolent. » Tiqua Milo de la langue alors que Camus lui tournait le dos.
-« Pour être spectateur faut déjà que je regarde.
-Patience ! Tu vas bientôt voir la magie opérée. »
Camus entendit des cliquetis de clé pour quelque seconde avant qu’il les entende tomber au sol et Milo lâcher un « merde » pas si discret que cela. Le roux secoua la tête d’exaspération face à tant de bêtise et se demanda pourquoi il jouait au jeu. Et pourtant ses lèvres étaient étirées en un sourire. Il se retint de faire de commentaire méchant et se retourna lorsqu’il entendit la porte s’ouvrir.
-« Et voilà ! » s’exclama l’incroyable magicien d’un grand sourire fier en lui présentant l’entrée.
De son ton le plus neutre, Camus répondit « C’est réellement de la sorcellerie, je suis abasourdie et incrédule.
-J’avais oublié à quel point t’étais sarcastique. Encore plus salé que le sperme d’une baleine. »
Camus lui lança un regard de travers et Milo alluma le flash de son téléphone pour l’inviter à entré
-« Je peux savoir ce qu’on fiche ici ? Et pourquoi tu as les clés de cet endroit ?
Tout fier, le grec fit tourner l’anneau contenant plusieurs clés autour de son doigt.
- « Je sais pas si tu sais, mais je suis un danseur pro qui est passé à l’international. Le directeur du conservatoire m’a quasi supplié pour que je donne des cours ici. D’ailleurs, j’ai sélectionné que les meilleurs pour faire partie de ma classe, je choisis pas n’importe qui ! »
Camus lâcha un souffle d’insolence. « Évidemment que mes frères allaient en faire partie. »
-« Regardez-moi ce fier coq !
-Je le suis, je te parie qu’ils vont tôt ou tard te dépasser. »
Milo lui donna un coup de coude.
-« On verra ca quand je serais une star mondiale ! »
Camus avait un petit sourire collé aux lèvres, pour une raison il n’avait aucun doute que Milo allait le devenir. Dès l’instant où ses yeux se sont posés sur lui la première fois, il s’était dit que l’instructeur dégageait une aura grandiose destiné à être connu de tous, à briller sous les feux de projecteur et s’ancré dans l’histoire de la danse. Cet homme était naturellement radieux, c’était surement par son authenticité, par la passion qui émanait de chacun de ses mouvements et ses regards. Camus ne pouvait pas oublier ce qu’il trouva dans ses yeux lorsqu’ils dansèrent ensemble, si cela l’avait tant marqué, lui une âme vide et terne, il ne doutait pas du grand impact qu’il devait laisser sur d’autres.
Réellement, quel lumineux personnage.
S’il avait été un personnage dans un livre, il aurait sans aucun doute été son préféré. Après tout, un être comme Camus, semblable à un papillon de nuit voué à errer dans l’obscurité ne pouvait que se trouver impuissamment attiré par une lumière aussi radiante.
Et il y avait une certaine ambiance nouvelle, un certain sentiment que lui procurait le fait de se balader dans les couloirs d’un conservatoire vide et obscure, avec comme seule source de lumière le flash d’un téléphone, au beau milieu de la nuit. Surtout, en étant accompagné de Milo.
-« J’ai l’impression que tu es perdu dans tes pensée » Lui dit-il en le regardant avec un petit sourire.
-« Arrêtes d’impressionner.
-Tu es tout particulièrement grincheux ce soir. Les services de fuite pour une nuit ne te satisfassent pas, peut-être ?
-Encore avec ça ? »
Milo s’arrêta a côté de la cage d’escalier, devant la boite de disjoncteur qu’il ouvrit sans avoir besoin d’une clé.
-« Camus, tu sais que je suis aussi électricien ?
-Oh god ! OK barbie ! »
Sa repartie lui fit lâcher un rire similaire à celui d’une hyène et Camus se retint de paraitre satisfait. Le grec releva deux ou trois disjoncteurs et de la lumière provenant de l’étage apparut.
-« J’ai su pourquoi tu as les clés, mais j’ai pas su ce qu’on fait ici ?
-À ton avis, Albert Camus ? »
Sa stupide blague le fit agressivement lever les yeux au ciel pour la énième fois ce soir mais cette fois ci, ce fut lui qui le bouscula.
-« Plus jamais. » Le menaça le roux.
Ils montèrent à l’étage réservé à la dance et autre activité rythmique et Camus comprit évidemment pourquoi Milo le ramena ici. Il sentit son estomac s’alourdirent plus il avançait dans le couloir qu’il connaissait de journée, lorsqu’il était animé et bruyant. Ce soir, il n’y avait qu’eux deux, lui et Milo. Souriant, ce dernier fixa ses yeux aux siens devant la salle de dance, comme s’il cherchait à le sonder en profondeur. Camus ne détourna pas le regard malgré sa réticence, il l’avait déjà fait une fois et ne comptait pas reperdre à ce jeu.
-« Je ne vais pas danser.
-C’est ce que tu as dit la dernière fois avant d’enflammer la piste de dance.
-…Je ne vois pas de quoi tu parles. »
L’expression de Milo devint plus tranchante, voir moqueuse et provocatrice comme s’il son regard lui disait « Oh ? Tu fuis encore ? »
-« N’est-ce pas le service de fuite pour une nuit ? Pourquoi je me retrouve forcer à faire face à ça ?
-Parce que, mon cher Camus, » Commença-t-il d’un air arrogant, en passant sa main derrière son dos pour l’inciter à entrer dans la salle « Nos services propose une fuite de la réalité uniquement, et non de soi. Et donc, une fois à l’intérieur de la salle des merveilles, que la porte soit fermée et la musique lancée, c’est là que la réalité disparait. »
Camus aurez pu se moquer de lui, mais avait-il au moins tort ?
Tout à l’heure, il s’était posé la question.
Il devait se revider la tête.
Mais il ne pouvait pas boire…Ni baiser…
Qu’est-ce qu’il y avait d’autre qui pourrait le couper de la réalité ?
Évidemment qu’il avait la réponse, sinon il n’aurait pas appelé ce fichu numéro.
C’était la réponse la plus évidente et la plus réelle, une que Milo lui remit en pleine face après tant d’années d’oubli.
La danse.
Mais Camus ne savait pas danser…du moins, il ne savait plus comment le faire à moins d’apparemment être extrêmement ivre et provoqué par un certain grec. Le grec en question était là, mais il n’y avait pas d’alcool. Il ne pouvait pas juste…danser comme cela, au milieu d’une salle vide.
Il était tendu et l’anxiété le reprit.
-« Pourquoi cet air de constipé ? il n’y a que nous deux ici, et tu te rappelles ? On est dans la salle des merveilles, quand on est ici, le passé et le futur n’existent pas. » Il dit cela en allumant les baffles et connectant son téléphone dessus.
-« Je sais pas Milo…je préfère te regarder faire.
-« Tut-tut-tut, serais tu en train de remettre en question l’efficacité de nos services ?
-Oh god, vous êtes combien dans cette entreprise au juste !?
-Trêve de bavarderie ! Je sais ce qui pourrait te faire bouger. »
Milo pianota sur son portable afin de mettre une musique, et Camus sursauta lorsque le thème principal du lac des cygnes se lança sur les baffles. Il ouvrit grand les yeux de surprise et fut pris d’un puissant frisson, son souffle se coupa. Son corps sembla réagir immédiatement à la première note jouée et à la troisième, c’étaient des fourmillements qui lui traversaient les muscles. Depuis combien d’années il ne l’avait pas entendu ? Il en rêvait parfois, et ce n’était que dans ses souvenirs qu’il la réécoutait. Son cœur laissa échappé une forte bouffé de chaleur qui se rependit dans ses veines. Il se crispa tout en entier au son du violon qui le hantait, celui qu’il connaissait par cœur, tellement que s’en fut maladive à une époque. Il avait le souvenir des mouvements, comme par reflex, son dos et ses épaules se redressèrent droitement, et il ressentit un tiraillement dans les muscles de ses jambes.
Milo souriait sans rien dire, l’observant avec attention.
-« …Comment ?
- Les jumeaux l’ont mentionné.
-J’aurais dû m’en douter ! Qu’est-ce qu’ils t’ont dit ?
-Quelle importance ? Ce n’est pas ce qui compte maintenant. »
Camus resta silencieux, les poings serrés et la mâchoire crispée. Milo n’avait pas vraiment tort. Il laissa la musique se faufiler dans son cerveau et lui remplir la tête. Dire qu’il ne se souvenait plus des pas de danse serait un outrage pour lui-même, mais d’être certain que son corps pouvait encore les effectuer, cela serait du fantasme. Il n’avait plus pratiqué le ballet depuis ses quinze ans, cela voulait dire depuis dix ans.
Dix ans…
Comment était-ce possible ?
Comment se faisait-il qu’autant de temps se soit écoulé depuis sa dernière répétition de cette danse ? Il s’en rendait juste compte…
En effet, il se rappela le jour où il prit la ferme décision de ne plus jamais danser.
De ne plus jamais vivre.
Un jour imbibé de rouge…
Il s’était comparé à la mort du cygne qui battit des ailes pour la dernière fois. Il n’égalait en rien sa beauté et sa splendeur, mais tout de sa tristesse.
Il avait du mal à émerger à la surface de ses pensées, mais Milo ne semblait pas s’impatienter de son manque de réponses. Au contraire, il le regardait attentivement, sans le lâcher des yeux une seule seconde. Camus croisa son regard, il pouvait y déceler de la confiance, comme s’il était sûr et certain qu’il allait déployer ses ailes à nouveau. Comment en pouvait-il être si sur ? Personne n’avait jamais attendu cela de lui, et Milo ne le connaissait même pas…Comment ?
Il vit le sourire du grec s’étirer un peu plus et Camus s’approcha plus près de lui en quête de réponses qu’il pourrait déceler à la surface de ses iris claires. S’il avait bien compris quelque chose à propos de cet homme, c’était que rien n’échappait à sa vision de lynx, il avait l’impression que ses yeux étaient un miroir qui ne reflétait que l’authenticité. Il semblait toujours y trouver la vérité, d’y voir ce qu’il désirait réellement.
-« Tres bien… Je vais le faire. »
Milo afficha un air satisfait et il le maudit pour cela.
-« Je sais. Je te laissais simplement le temps de te rappeler de la musique. »
Camus esquissa un sourire, il n’avait même plus la force de le maudire.
-« Par contre je porte un jean.
-Retire le.
-Pardon ? »
Milo sourit largement.
-« Retire le ! Danse en boxer, où est le problème ? Il n’y a que nous deux ici. »
Camus laissa paraitre une grimace. Il haïssait le fait qu’il considérait vraiment ses paroles. Cela ne serait pas la chose le plus embarrassante qu’il aurait fait devant lui. Puis…comme il le dit, ici c’était la salle des merveilles où la réalité n’existait pas.
-« Bon… » Soupira-t-il de défaite.
-« Tu chausses du combiens ? »
Le roux fut pris de court par sa soudaine question qui aussi le mit dans l’embarras. Il ne répondit pas et détourna la tête.
-« Pourquoi faire ?
-Pour les chaussons. Alors ? Quelle taille ? »
Milo devait tres certainement percevoir sa gêne.
-« Bah alors, pourquoi tu es timide, tout d’un coup ? »
Il sentait qu’il se moquait de lui.
-« J’ai pas besoin de chaussons. »
À peine sa phrase terminée qu’il aperçut Milo s’accroupir pour regarder ses chaussures. Honteux, Camus recula de quelque pas.
-« C’est moi ou tu as de petits pieds ?
-La ferme !
-Ohhh ! Monsieur est complexé par la taille de ses pieds, si ce n’est pas mignon ça ! »
Milo n’avait pas marre de l’humilier !? Il sentait ses joues se chauffer à cause de la honte et la colère. Son harceleur s’esclaffa en rejetant sa tête en arrière.
-« Y’a rien de drôle ! Imbécile ! Je sais à quoi tu penses et c’est absurde ! » Éleva-t-il la voix, mais cela ne semblait qu’alimenter le rire du grec qui se tenait désormais les cotes.
-« J’ai-j’ai rien dit ! » Peina-t-il à dire entre ses rires.
-« Manque plus que tu le fasses ! honnêtement, j’en ai marre, tu sais combien de fois on me l’a faite celle-là !? C’est encore pire que les jeux de mot avec mon nom. »
Tout ce qu’il disait ne faisait que le faire rire plus fort et Camus ne sut plus quoi faire ou dire. Il ne parvint même plus à être énervé. Milo était pratiquement en train de manquer de souffle et de s’essuyer les yeux larmoyants.
-« Oh mon dieu je n’y avait même pas pensé avant que tu le dises. » Parvint-il à dire en reprenant son souffle.
-« Imbécile
-Hey, c’était gratuits ça !
-C’était mérité… et je chausse du quarante.
Du quarante pour un mètre quatre-vingt-cinq…Camus ne voulait plus y penser.
Notes:
Qui dit petit pieds dit petite...
Chapter 10: De delicieuses tartes.
Chapter Text
Lorsqu’il retourna dans la salle, il aperçut Camus debout au milieu, dépourvu de son jean. Il portait un t-shirt assez large pour lui recouvrir le fessier et Milo ne put s’empêcher de se rappeler du matin dernier. À vrai dire, il n’avait pas arrêté d’y penser toute la journée et ses émotions par rapport à cela ne firent que s’entremêler et déborder. Il fut en colère contre Saga et Kanon, en fait aujourd’hui il fut en colère contre un peu tout, même sa propre copine. Heureusement qu’il n’y avait pas eu cours puisqu’il était d’une humeur massacrante. Enfin, c’était du passé désormais, ou plutôt, il décida de ne plus y penser pour respecter les règles de la « salle des merveilles » comme il aimait l’appeler. Et puis, il ne pouvait que se sentir fier que Camus se soit tourné vers lui.
Ce dernier semblait profondément perdu dans sa bulle, les yeux fermés et les bras légèrement levés, ses jambes était croisé et ses pieds nus, pas totalement sur la pointe des pieds. Il semblait se remémorer les mouvements, absorbant chaque note de musique.
Milo ne put s’empêcher de sourire, il y avait quelque chose de si captivant dans sa posture, son corps masculin pourtant élancé et maigre, ses membres gracieux et la cascade de sang qui chutait le long de son dos. Il ne flancha pas lorsqu’il ferma la porte derrière lui, son corps resta aussi stable et immobile que celui d’une statue. L’instructeur pouvait bien reconnaitre là l’attitude d’un artiste, cette intense concentration pour sentir chaque muscle de son corps, chaque note de musique vibrante dans ses os, était une des plus satisfaisante. Lui aussi cela lui arrivait bien souvent de rester debout, seul, les yeux fermer afin ne de faire qu’un avec la musique. Milo se contenta alors de se figer aussi pour le regarder sans le déconcentrer.
Camus expira un long souffle en se décontractant et se retourna vers lui.
-« Mes muscles sont contracté…Je n’ai pas fait d’étirement depuis bien trop longtemps. »
Milo pouvait lire de la déception sur son visage, et cela était un bon signe. Il lui tendit les chaussons de ballet et silencieusement, Camus les prit et alla s’asseoir sur un des bancs installés dans la salle.
-« Essaye, on fera des étirements si c’est trop compliqué. Tu es déjà lancé dans ta concentration, ça serait une mauvaise idée de l’interrompre maintenant. »
Camus leva le regard vers lui, les sourcils légèrement levés. « J’ai l’impression de prendre un cours de dance.
-Tu peux le voir ainsi si ça peut te faire plaisir, mais je ne t’apprends rien. Je te motive simplement. »
Sa remarque lui fit esquisse un tres faible sourire, ce qui était déjà pas mal en constatant la manière dont il était absent.
-« J’ai pas trouvé des chaussons pour homme à ta taille, va falloir que tu te contentes de ceux-là. » Lui dit-il alors que le roux tordait la paire de chaussons.
-« C’est pas grave, je m’entrainais avant avec des chaussons pour femme. »
Milo l’observa attentivement alors qu’il les enfila, ce simple geste frappa son intérêt. Ses pieds étaient tout aussi délicat que ses mains, et de leur couleur pale, il pouvait apercevoir des veines bleues serpentaient sous sa peau. Son mollet aussi avait une rondeur raffinée, son muscle ni trop absent ni trop prononcé. Le ruban des chaussons épousait agréablement ses jambes et leur couleur rose pâle allait bien avec son tint.
Camus se leva ensuite, lui jeta un coup d’œil incertain et prit un souffle. Il tenta de se mettre sur la pointe de ses pieds en écartant les bras, et bien que les première seconde il ne trouva pas directement son équilibre, il parvint finalement à le faire avant que Milo puisse intervenir pour l’aider. L’instructeur aperçu les muscles de ses mollets se contracter visiblement et cela le fit sourire.
-« La mémoires motrice est imbattable » Fit ce dernier la remarque.
Le roux remit ses pieds à plat « Mais les muscles peuvent s’affaiblir.
-Tu dis ça comme si c’était quelque chose d’irrémédiable. »
L’expression de Camus se détendit légèrement. Il regarda une dernière fois Milo dans les yeux avant de reprendre la télécommande des baffles afin de remettre la musique depuis le début. L’instructeur était impatient de le voir bouger, revivre à nouveau une passion perdue, une qui fut restreinte et tapie bien trop longtemps dans l’obscurité. On ne pouvait jamais retirer à un homme sa passion, éventuellement, elle allait resurgir, encore plus forte et ardemment ! Et cela, il le savait pertinemment, l’artiste fera son art, même en y payant de son âme, son cœur et sa vie. Et puis, lorsqu’on le voulait intensément, on le pouvait, la volonté était leur seule et unique arme contre les limites du corps. Et cette envie brulante, il était certain de l’avoir vu quelque part dans ses yeux.
Milo savait qu’il ne serait pas déçu.
Calmement, Camus se mit à bouger, debout sur la pointe de ses pieds. Il avait déjà vu des performances de ballet, et pourtant, ne put s’empêcher d’être impressionné de le voir effectuer le moindre mouvement. On pouvait voir une expérience passée dans chacun de ses gestes. Il se déplaçait avec grâce, le « battement des ailes » exécuté d’une perfection surprenante pour un homme qui ne s’était plus entrainé depuis longtemps. La motion de ses bras était réellement similaire à ceux des ailes d’un cygne, il se mouvait d’une fluidité envoutante qui l’hypnotisa complètement.
Son expression était fermée, légèrement plissée comme s’il traversait une certaine peine, une qu’il ne pouvait soulager qu’en dansant. Même le léger penchement de tête lorsqu’il tournait doucement sur lui-même était maîtrisé, tout comme le reste de son corps. Il effectua un haut mouvement de la jambe qui le fit abattre son autre pied à terre, et Camus s’arrêta, l’air irrité. Milo n’avait jamais aperçu cette distincte expression sur son visage, c’était différent de lorsqu’il était simplement agacé, son regard était mille fois plus grave, plus expressive. Il ramassa la télécommande à terre et recommença la musique en allant se remettre en place.
Milo esquissa un grand sourire de satisfaction. Cette irritation, ce manque de parole, ce regard de flamme et la reprise de la musique représentaient le processus inévitable de chaque danseur passionné. Il était bien lancé pour reprendre encore et encore ses mouvements, de s’énerver, de ne jamais être satisfait, et pourtant de ne jamais abandonner jusqu’à atteindre la perfection ! Il était déjà certain avant, mais ce à quoi il assistait n’était qu’une autre preuve qui lui montrait que la danse importait grandement au roux.
L’instructeur resta assis silencieusement, les bras croisés sans lâcher du regard une seul seconde le spectacle de renaissance qui se déroulait sous ses yeux. Il fut là, une fois, il fut celui qui se démenait contre les limites de son propre corps pour retrouver cet intense sentiment de satisfaction, de délivrance et de réussite. Il se rappela l’avoir retrouvé dans un piteux état, suant et implacable de reprendre son souffle, son corps et son cœur le faisait souffrir comme jamais avant et pourtant un large sourire de bonheur étirait ses lèvres.
La satisfaction, la délivrance et la réussite, ces sentiments valait toute la peine, toutes les souffrance et douleurs.
Et il était certain que Camus pouvait le comprendre.
Plusieurs fois, la musique fut reprise depuis le début, plusieurs fois, Camus se trompa et recommença. Il suait et ses joues rougissaient, ses muscles se contractaient, son regard se perdait, et il s’essoufflait, pourtant il continua.
Pour Milo, il n’y avait rien de plus agréable à regarder.
Au bout d’un long moment, Camus se laissa s’effondrer au sol, et même cette action la fut gracieuse. Il respirait rapidement et ses mèches rouges collaient à sa peau humide. Il se tint le mollet en grimaçant légèrement de douleur, bien qu’il s’emblât plus frustré que souffrant. Milo vint s’accroupir auprès de lui et lui prit la jambe douloureuse afin de lui masser le mollet. La contraction brutale de son muscle était bien distincte et devait grandement le faire souffrir, cependant c’était ce qu’il y avait de plus naturel après un tel effort, surtout sans y être habitué. Camus soupira de défaite et se laissa allongé au sol alors que Milo tentait de soulager la douleur autant que possible.
-« Je pouvais le faire pourtant… » Se lamenta-t-il à voix basse en recouvrant son visage de ses mains.
Milo ne faisait que découvrir des nouvelles facettes de lui, et jusqu’à la, il ne fut jamais déçu, bien au contraire.
-« Et tu peux encore le faire. Tu en es capable. »
Pour que Camus se laisse faire ainsi, il devait réellement être abattu. Et il y avait quelque chose de vraiment attendrissant dans sa manière de se cacher le visage derrière ses mains un peu comme un enfant. Milo était touché que le roux se laisse paraitre ainsi devant lui.
-« Je sais pas… à quoi bon ?
-Il n’y a que toi qui peut répondre à cette question. Chacun a ses propres raisons et motivation pour danser. »
Camus révéla à nouveau son visage, fixant le plafond d’un air fatigué. « Quelles sont les tiennes ? »
Milo sentit la crampe se détendre, il s’assit alors en tailleur et laissa la jambe de Camus reposé sur son genou.
-« J’en ai des tonnes ! Mais si je dois résumer en un mot, je dirais ‘vivre’.
-Vivre ? » Répéta-t-il, cette fois ci en le regardant.
-« Je ne veux pas vivre si je ne peux pas danser. »
Camus sembla quelque peu surpris, que cela soit de ses paroles et de sa tonalité qui laissait pleinement comprendre qu’il était sérieux. Et cela, Milo le pensait sincèrement de tout son être. Même si danser pouvait causer sa mort, il danserait jusqu’à son dernier souffle, et cela avec un sourire victorieux aux lèvres. Le roux ne répondit pas, se contenant simplement de se redresser sur ses coudes en le fixant dans les yeux.
Souriant, Milo lui retourna la question. « Et toi ? »
Camus garda le silence, son regard s’était à nouveau perdu comme s’il cherchait une réponse au fond de lui, l’air quelque peu peiné. Milo lui tendit la main pour l’aider à se relever.
-« Je sais pas…J’arrive pas à m’en souvenir.
-Te décourages pas pour autant, la réponse est nulle part d’autre qu’en toi, tu finiras bien par la retrouver. »
Camus lui offrit un faible sourire réconforté, il ne retira pas sa main de la sienne.
-« Si tu te rappelles pourquoi tu l’as perdu, tu la retrouvera rapidement. »
Son futur partenaire soupira encore une fois, et se tourna pour aller vers le banc, mais se fit retenir par Milo qui lui tenait encore la main.
-« Minute papillon, où tu penses aller comme ça ? On a pas encore fini de danser !
-Pardon ? »
Milo le tira vers lui et sourit narquoisement.
-« Il est temps de se défouler un peu !
-Mais-
-Pas de mais qui tienne ! Je n’ai pas encore dansé aujourd’hui et j’ai justement besoin d’un partenaire.
-T’es sérieux ?
-On ne peut plus sérieux ! »
Camus retira sa main de la sienne et lui tourna le dos pour rejoindre le banc, mais Milo commençait à comprendre comment il cédait. Il fallait qu’il fasse son difficile avant, surement question de fierté, l’instructeur le laissa alors bouder à sa guise alors qu’il changeait la musique depuis son téléphone pour mettre quelque chose de plus festive. Il entendit le franco-russe râler lorsque « please don’t stop the music » de Rihanna se mit en marche.
-« Aller viens ! Je sais que t’en a envie ! » Insista-t-il en commençant déjà à bouger un peu au rythme.
-« T’es un forceur !
-Y’a que nous deux ici, tu peux bien te lâcher un peu ! Puis, c’est pas comme si ça serait la première fois qu’on danse ensemble. »
N’acceptant pas d’entendre la moindre repartit de la part du roux, il augmenta le volume de la musique si forte qu’ils ne pouvaient même plus s’entendre penser et alla éteindre la lumière de la salle pour les plonger dans la pénombre. Le seul éclairage provenant des lumières des baffles. Il fit un signe à Camus de le rejoindre, lui tenant la main, et ce dernier, leva des yeux au ciel d’agacement puis retira de ses chaussons avant de venir l’accepter. Comme prévu, il céda, il en avait envie.
Camus se laissa guider au début, il était facile à manipuler, mais cela Milo le savait depuis leur première danse. Il savait aussi qu’il n’avait aucunement le besoin de se retenir d’y aller à fond, le roux pouvait sans problème suivre ses pas, peu importe leur vitesse ou leur complexité.
Ce dernier se retenait au début de laisser paraitre la moindre expression, il laissait Milo décider de ses pas comme s’il cédait simplement au caprice d’un enfant. Mais plus l’instructeur le faisait bouger et plus il y prenait visiblement du plaisir. Cela ne prit alors tres longtemps pour que son corps agisse de lui-même pour suivre le sien, et encore après, il se lâcha complètement, semblant s’être débarrassé de ce qui le retenait. Tout comme la dernière fois, ils furent en parfaite harmonie ensemble et avec la musique, ils se mouvaient, se déplacer, tourner, reculer et avancer en duo tout au long de la chanson. Milo ne se retint pas non plus de le toucher de temps en temps, pour le ramener plus près ou le faire rouler autour de son bras. Dans l’élan de ces mouvement-là, ses mèches carmin passaient sur son visage et Milo n’avait pas les mots pour décrire à quel point il adorait cela. Il adorait tout simplement danser avec lui, ils étaient faits pour se déchainer ensemble ! Son attitude fière, sa manière d’épouser le rythme et de le faire sien, il ne pourrait s’en lasser. Personne n’avait jamais autant maintenu son regard, personne n’avait jamais si précisément lu en lui, il avait l’impression que Camus connaissait tout de lui et qu’il connaissait tout de Camus.
Et il n’y avait rien de mieux que sa playlist des années deux mille pour les accompagner. Après plusieurs morceaux, il n’y avait vraiment plus rien pour les arrêter. Ils étaient exactement au même endroit que la dernière fois qu’il dansèrent ensemble, dans une boite de nuit ou une salle, mais dans un monde qui n’appartenait qu’à eux deux. Apparemment, ils n’avaient pas vraiment besoin d’alcool pour se laisser aller, simplement d’être ensemble.
Milo oublia qu’il ne le connaissait que depuis peu, il oublia complètement les récent évènements, il oublia qu’il devait se lever tôt, ou plutôt, dans quelques heures, il oublia tout cela car il s’amusait énormément. Camus ne retenait plus son sourire, et apercevoir ses expressions étaient la chose la plus satisfaisante qu’il y avait. Ce qu’il vit enflammé dans ses yeux une fois, paru encore plus ardent cette fois ci.
Un à moment, il réceptionna mal Camus alors qu’il le faisait tourner vers lui, il perdit équilibre et le traina avec lui dans sa chute. Enfin, le sol le reçut, et il reçut le roux sur lui, ses cheveux lui recouvrant tout le visage. Milo s’esclaffa et agita la tête pour se libérer des mèches carmin et vit Camus éclater de rire. Son cœur qui pourtant battait déjà à toute vitesse bondit dans sa poitrine à lui en faire mal. Le visage rouge et suant tout près du sien était si expressive, si joyeux qu’il s’en trouva envoûté. Il ne l’avait jamais vu rire ainsi, et pour un moment il maudit la musique trop forte qui l’empêchait de clairement l’entendre. Il voulait l’entendre ! Quel genre d’exploit il avait accompli !? Camus riait a plein poumon, c’était un miracle !
Essoufflé, le roux tenta de se redresser de lui toujours avec un grand sourire aux lèvres, puis grimaça en ricanant, il faisait que des expression inédites, Milo était aux anges. Camus ramena sa main à son mollet et se laissa allongé par terre à ses côtés. Son visage était toujours proche, et lorsqu’il ouvrit les yeux pour le regarder, Milo ne pouvait plus respirer.
Son souffle se bloqua complétement. Il eut presque l’impression de faire un arrêt cardiaque, il porta carrément sa main à son cœur et serra le tissue de son haut dans l’espoir de le maintenir en place.
Tout cela parce que Camus était magnifique.
Son sourire, son regard, ils étaient si sincères, son visage était si différent de la norme, tellement plus coloré et radiant. Et ce visage, il était le seul à le voir, Camus le lui monterait, rien qu’à lui ?
C’était stupide de penser ainsi, et pourtant il se sentit pousser des ailes.
Il eut envie de rester allongé ainsi, avec lui, jusqu’au matin s’il le fallait…Mais Camus finit par se redresser pour s’asseoir. Milo fit de même et sortit son téléphone de sa poche pour baisser le son.
-« On dirait que je vais être bien engourdi demain. » Dit-il en se massant le mollet.
-« Donne-moi ça. »
Comme tout à l’heure, il prit sa jambe pour lui appliquer un massage dans le but calmer sa crampe persistante. Camus se contenta de s’appuyé sur ses mains en le regardant faire. Bien que Milo fût encore tout retourné de l’intérieur, ce moment était baigné dans une paisibilité agréable, où ils n’avaient pas besoin de dire grand-chose. En fait, ils ne se disent rien pour un bon moment avant d’enfin décider de se relever. Un peu plus tard, ils étaient de retour devant sa moto. Camus regarda son casque dans ses mains et soupira longuement. Cela fit sourire Milo.
-« On dirait que tu n’as pas encore envie de rentrer. »
Le manque de réponse rependit à sa question.
-« On a encore du temps avant le lever du soleil, je t’emmène faire un tour ? »
Camus réagit enfin et hocha de la tête avec un petit sourire.
Cela lui faisait plaisir de savoir que lui non plus, ne voulait pas que cette nuit se termine aussi tôt. Cette fois ci, le roux n’hésita pas à enrouler ses bras autour de sa taille pour s’accrocher, et Milo ne comprit pas pourquoi son cœur avait bondit ainsi, encore une fois. Peut-être que c’était parce qu’il n’était pas habitué à ce que Camus soit aussi tactile avec lui, c’était surement pour cela.
Comme promis, il prit un long détour pour emprunter des chemins déserts où il n’y avait que des champs autour d’eux, Camus avait fini par déposer sa tête contre son épaule et Milo fit de son mieux pour ne pas le perturber. Cette balade était réellement apaisante, il se sentit extrêmement léger.
Il ralentit la vitesse et finir par arrêter l’engin lorsqu’il sentit le poids sur son épaule se retirer. Il déplia la béquille de la moto et retira son casque.
-« Le soleil se lève, ça te dit de le regarder ? »
Camus retira aussi son casque mignon et lui accepta sa proposition, un petit sourire aux lèvres. Il avait l’air épuisé, mais heureux, et cela fit plaisir à Milo. Ils s’assirent sur un muret au bord de la route qui la séparait d’un champ de blé, ayant une vue dégagée sur le ciel qui s’éclaircissait progressivement de pale couleur. La brise matinale était rafraichissante et agréable sur leur peau et dans leurs cheveux, elle apportait avec elle les senteurs de natures. Aucun d’eux ne parlaient vraiment pour ne pas briser ce moment de paix, encore une fois, Milo ne sentit pas le besoin de le faire. Ils échangeaient simplement des regards de temps en temps et c’était suffisant. Le silence quelque fois était perturbé par une voiture qui passait, ou par les chants des coqs, et par leur rire après qu’ils avaient baillé en même temps. Ils n’avaient pas tant trainé ensemble mais commençaient à être synchronisé même lorsqu’ils ne dansaient pas.
Lorsque le champ de blé devint or sous les nouveaux rayons du soleil, et qu’ils furent éclairés par leur lumière, Camus se leva pour s’étirer. Il était temps de rentrer, mais au moins, ils n’étaient plus aussi déçus de la fin de la soirée. Milo le ramena alors devant chez lui et lorsque Camus lui rendit son casque, son regard était ailleurs et son expression se referma légèrement.
-« …Merci Milo. »
Le grec lui offrit un sourire. « Alors ? Nos services vous ont-ils été utile ? »
Camus se relaxa à nouveau et lâcha un souffle d’amusement. « Tu vas pas arrêter, hein ?...Oui.
-N’hésitez pas à nous envoyer votre feedback sur le même numéro et de refaire appelle à nos services. » Continua-t-il en lui faisant un clin d’œil.
-« T’es pas possible, toi. »
Il adorait cette expression, ce sourire et ses rougeurs aux joues le rendaient juste adorable. Il savait depuis le début que beaucoup de chose se cachaient sous son masque de glace, et il était certain que ce qu’il découvrit jusqu’à la était juste le début.
-« D’accord, je le ferais. Tu peux sortir de ton personnage débile.
-Méchant va ! Et n’oublie pas de t’étirer, si ta crampe persiste, prend du magnésium et une douche chaude. Aller, repose toi bien grand frère.
-Toi aussi, coach. »
…
Camus regarda Milo partir avec un sourire avant que son expression change radicalement. Il avait envie de hurler et de fracasser sa tête contre le sol encore et encore jusqu’à en perdre connaissance. Il perdait ses moyens ! il secoua la tête rapidement pour le faire sortir de la et se précipita de rentrer chez lui. Il lança un rapide « bonjour » à sa mère -surprise de le voir- qui préparait son café dans la cuisine et détala dans sa chambre sans lui laisser le temps de lui poser la moindre question.
-« Camus !? » S’exclama Dité lorsqu’il était entré dans la chambre.
Le suédois était encore assis sur dans son lit, ayant l’air de s’être réveillé il n’y même pas une minute.
-« Je viens de voir ton message ! »
Camus l’ignora et alla se jeter à plat ventre sur son lit à lui, enfouissant son visage dans son oreiller et agitant des pieds en air. Il ressentait un torrent d’émotion qui le chatouillait insupportablement, elles s’agitaient en lui, cherchant la moindre faille pour se libérer et il dut s’étouffer avec son coussin pour ne pas crier.
-« Mais quelle mouche t’a piqué !? »
Dité se leva de son lit pour venir se pencher au-dessus du sien.
-« Et tu étais passé où toute la nuit ? »
Camus se figea et l’ignora. Dité s’assit sur le bord du lit et s’allongea sur son dos.
-« Tu vas rien me dire ? Aller, dit moi avec qui tu étais ce soir ! Sagaaa ouuuu-
-Personne ! » Réagit enfin Camus.
Il se redressa malgré le poids sur son dos, faisant presque tomber son ami par terre.
Camus ne voulait absolument pas en parler ! Son ami se mit à bouder et tenta encore quelque fois de lui retirer les vers du nez, sans succès. Le roux ne souhaitait rien partagé de ce merveilleux moment qu’ils passèrent ensemble. Peut-être parce verbaliser les faits, le mettrait sans aucune échappatoire face à ses sentiments, ce qu’il ne pouvait absolument pas gérer ! Mais aussi parce que Dité ne pourrait pas comprendre, ce moment, dans la « salle des merveille » n’appartenait qu’à eux deux. La balade à moto ainsi que leur visionnage du lever du soleil ne pouvaient être décrit à part. C’était un rêve, Camus était persuadé qu’il avait rêvé.
Il ne s’était jamais sentit aussi léger.
Il fit semblant de dormir pour convaincre son meilleur ami de laisser tomber. Ce dernier n’insista plus, mais lui déposa quand même un baiser sur la tempe avant de sortir de la chambre. Il eut du mal à represser son sourire.
Lorsqu’il fut seul, il se permit de tourner encore et encore, il était épuisé, ses muscles étaient affaiblis et engourdis, mais il ne trouvait pas le sommeil ; cette tornade de sentiments en lui ne semblait pas comprendre qu’il avait besoin de dormir.
Milo ! Maudit Milo.
Il se redressa légèrement pour prendre son téléphone et lui envoyé un message, ainsi, son esprit pouvait peut être être un peu plus tranquille de sa présence. Et ce fut assez le cas pour qu’il puisse s’endormir.
….
Il n’y voyait pas grand-chose, mais le sentait près de lui, ses mains le rencontraient pour se presser contre son corps qui se mouvaient au rythme de la musique, ils longeaient sa taille et son dos pour s’apprivoiser ses mouvements. Il savait qu’il avait chaud, en fait, c’était peu dire, il était une fournaise, il sentait le feu le bruler vif à chaque fois qu’ils entraient en contact, il sentait l’intérieur de son corps fondre sans qu’il ne puisse rien n’y faire si ce n’était qu’en quémandait encore plus jusqu’à qu’il ne reste plus rien de lui. Il ne se posait aucune question, aucunes n’avaient sa place dans ses pensées, il les occupait déjà complétement, lui saturant la tête, mais putain ce que c’était bon. De l’avoir tant encré en lui, si près de lui, et pourtant ce n’était pas suffisent ! Mais Camus ne pouvait rien faire d’autre que de danser, ou plutôt, de suivre ses mouvements, de le laisser le bouger comme bon lui semblaient avec ses mains expertes et brulantes, ses bras solide et musclés, et son souffle chaud s’échouant parfois sur sa peau. Il ne pouvait rien faire à part le vouloir. Il se sentait ivre de lui, de la musique peut-être, de la danse, mais surtout de lui, de son parfum mélangé à l’odeur de sa sueur, et Camus n’avait rien envie de plus que de passer sa langue sur sa peau pour y gouter. Il se retrouva bloqué dans ses bras, les bras maintenus autour de son propre corps, son dos collé contre son torse.
Il n’y voyait pas grand-chose, mais il le sentait contre lui. Totalement encerclé. Une main se pressa le long de sa hanche, effectuant sa descente avec lenteur et délice, l’attrapant pour l’appuyer encore plus contre lui, lui envoyant des charges électriques le tourmenter le long de son échine, se répandant dans tous les nerfs de son corps en feu. Il ne pouvait empêcher son corps de trembler, comme s’il n’en pouvait plus, qu’il allait s’effondrer, et il voulait supplier. Pourquoi ? Il n’avait plus la capacité d’en avoir une idée. Mais il sentait le besoin de se plaindre, et pourtant, il mettait plus de pression contre son corps pour le sentir encore plus, ce n’était pas assez, être collé l’un à l’autre n’était pas assez. Son souffle rapide et lourd qui lui fondait la peau n’était pas assez, son odeur plein ses poumons, n’était pas assez, ses mains se faufilant avec gourmandise sous ses vêtements non plus. Il ne pouvait pas parler, lorsqu’il ouvrait la bouche, il n’y avait que des gémissements et des soupirs qui s’échappaient de sa gorge, alors comme lui dire ? Comment lui dire que ce n’était pas suffisent ? Comment lui faire comprendre, lui faire savoir que cela lui faisait mal ?
Mais il semblait comprendre, il prenait complètement possession de son corps, explorant la surface de sa peau humide et chaude, se faufilant dans chaque recoin accessible et attrapant tout ce qu’il pouvait attrapé. Il planta ses dents dans son cou, le faisant lâcher un cri et Camus ne pouvait plus se tenir sur ses jambes tremblantes comme s’il était secoué par un séisme. Ses bras le retenaient de s’effondrer. Il fut maintenu plus fermement contre son torse, une main se glissa jusqu’à son cou pour le serrer gentiment, lui relevant la tête pour libérer l’accès à son oreille qui se fit mordiller. Il pouvait entendre sa propre voix scandaleuse exprimée à quel point son corps raffolait du contact. Il frissonna violement, si fort que cela fit mal, lorsqu’une voix parla doucement dans son oreille alors qu’il était tenu par la mâchoire.
-« Camus…Parle moi. »
C’était la voix de Milo, mais il savait déjà que c’était lui. Qui d’autre ? Qui d’autre que lui pouvait sentir aussi délicieusement ? Qui d’autre que lui aurait pu le faire bouger ainsi ? Il pouvait sentir son nom au bout de sa langue, il y avait naturellement sa place, et surement, son gout aussi pourrait l’avoir.
-« Milo… »
Il n’eut besoin d’en dire plus pour avoir ce qu’il voulait, le gout de ce nom glissant sur sa langue. Milo le tint fermement l’arrière de la tête pour le maintenir et approfondir le baiser, leurs dents s’entrechoquaient et leur langue s’enroulaient insatiablement autour d’une de l’autre, et encore une fois, il sentit que ce n’était pas suffisant ! Ils n’étaient toujours pas assez proche, il ne le sentait pas assez, et Camus sut tres bien ce qu’il voulait.
Et encore une fois, il n’eut à attendre longtemps avant de l’avoir…
…
Camus se redressa comme revenu à la surface de l’eau, essoufflé, et complètement mouillé. Il avait extrêmement chaud, ses vêtements le brulaient ! La respiration haletante, il se débarrassa rapidement de son haut et un fort vertige le prit. Il releva ses cheveux humides qui lui collaient à la peau et tenta de reprendre son souffle. Il grimaça d’horreur lorsqu’il baissa le regard vers le bas de son corps. Malgré la chaleur, il s’empressa d’attraper sa couverture pour couvrir ses jambes, ses joues brulant de honte. Il espérait vraiment de tout cœur que personne n’était entrée alors qu’il dormait…comme cela.
Surtout pas sa mère ! Oh seigneur, ou ses frères ! Il pouvait supporter l’idée si c’était Dité, mais aucun des membres de sa famille !
Il secoua la tête en ramenant sa main sur son visage, lâchant le plus grand soupire possible avec la taille de ses poumons.
Il était foutu.
Il voulait bien avoir une mauvaise foi, il voulait se voiler la face, il le faisait assez bien même. Sauf que là, il venait littéralement d’avoir un rêve érotique dans lequel Milo lui faisait agressivement et passionnément l’amour, sur le sol de la salle de danse, mais pour le coup, elle meritait vraiment son nom de salle des merveilles parce que ce fut encore plus que merveilleux. Et on dirait bien que son corps n’avait pas compris que ce n’était qu’un rêve !
Il était mort de honte, pire, il était décomposé de honte, incinéré de honte ! Le pire c’était qu’il pouvait encore sentir les brulures sur son corps, il avait l’impression de ressentir cette douleur sur le bas de son dos et son gout au bout de la langue. Il avait la gorge rouillée comme s’il avait réellement gémi durant des heures, et il espérait de tout son être qu’il ne l’avait pas réellement fait. Non il ne voulait pas imaginer, sinon à quoi bon vivre encore ?
Tout était la faute de Dité ! À lui mettre ce genre d’idée dans la tête ! Et ce maudit Milo ! Pourquoi fallait-il qu’il soit ainsi ? Qu’il soit aussi…lui-même, avec son sourire, son regard intense qui lisait tout en lui, et son corps.
C’était mauvais, il n’arrivait pas à penser à autre chose…Sa vision du rêve était quelque peu flou, mais il l’avait assez touché pour se rappeler de comment était son corps, de sa fermeté et sa dureté…Il était surpris que tout fut si détaillé, et lorsqu’il disait tout, c’était vraiment tout ! Comment son cerveau avait-il crée une telle chose…
Il se laissa rallonger sur son oreiller
Une chose aussi divine.
Il n’avait pas l’impression qu’il serait capable d’arrêter d’y penser aussi tôt.
Et honnêtement, il n’en avait pas envie.
Après un moment à se perdre dans ses pensées et souvenir du rêve qui firent encore réagir son corps, il saisit son téléphone et passa quelque seconde à regarder la notification de la réponse de Milo avant décider de l’ignorer et aller sur Instagram.
Il avait besoin de voir son corps, il n’arrive plus à résister à l’envie qu’il avait depuis son premier jour en France de stalker son compte.
Il se mit en boule sous sa couverture, la faisant monter jusqu’à la moitié de son visage comme pour se cacher de honte. Faisant évidement attention à où il déposait le doigt, il visionna le compte de ce satané instructeur qui ne lui rendait pas la vie facile. Il avait posté d’autre photo depuis la dernière fois qu’il avait visité son compte, lorsqu’il vit cette photo de lui torse nuit. S’il devait être honnête avec lui-même, c’était cette dernière qui l’intéressait le plus. Il était curieux de tout voir, cela était sûr, mais il décida d’explorer après et de commencer par la photo qui le hantait depuis plusieurs jours et nuits.
Il haïssait cette chaleur qui émergea de son cœur lorsqu’elle apparut sous ses yeux. Cette fois ci, il prit le temps de la détaillé calmement et comprit que ce fut une tres mauvaise idée. Il se recroquevilla plus sur lui-même et se mordit l’intérieur de la joue, incapable de stopper la rediffusion de son rêve dans sa tête. Sa vision était floue, mais désormais avec l’image clair et net du corps qui fut contre le sien, il parvenait à se rejouer cette fois ci la scène avec tout -presque tout- les détails visuels.
C’était mauvais, il ne pouvait juste pas fantasmer sur quelqu’un qui voulut être gentil et serviable envers lui. Milo l’aidait, et en retour, il avait ce genre de pensées scandaleuses à son sujet. Camus ne sut vraiment pas qu’il pouvait être un tel pervers, et putain qu’est ce qui lui prenait ? Il n’était pas de ce genre, à vouloir se soulager regardant des images ou s’imaginer des choses. Il était seul avec lui-même et pourtant il était mort de honte comme il ne le fut jamais. Et ce n’était pas la première fois que cet instructeur le faisait sentir ainsi à propos de lui-même !
Et puis, pourquoi lui ? Il se sentirait moins mal -et sale- d’avoir ce genre de rêve ou d’envie envers Saga, après tout, lui aussi semblait le vouloir. Peut-être qu’il aurait réellement du coucher avec lui ! Enfin, ce n’était pas vraiment de sa faute s’il avait perdu connaissance, sinon, il était certain qu’ils l’auraient fait. C’était surement la bonne chose à faire, il ne savait plus comment gérer ces « réactions gênantes et indésirées de son corps » ou plus littéralement appelées des érections. Il n’en avait pas eu depuis si longtemps à cause de ses médicaments et son états maladive. Et même avant cela, il avait quelqu’un qui s’en occupait à sa place. Il devait être heureux de pouvoir à nouveau réagir ainsi, c’était un bon signe, un bon signe qui le dégoutait.
Il soupira longuement et éteignit son téléphone. Plus de photo sexy d’instructeur de danse ! Il décida de se lever, et récupéra rapidement des vêtements de son armoires avant de fuir comme un voleur vers la salle de bain.
Rien de tel qu’un bon bain froid, non, glaciale, pour se rafraichir les idées et surtout se calmer. Il aurait bien ajouté de la glace dans sa baignoire s’il le pouvait. Lorsqu’il fut allongé, son corps submergé sous l’eau glaciale, il se dit qu’il était sorti d’affaire et se contenta de se détendre. Cependant, impossible de penser à autre chose, et le fait qu’il soit nu, n’aidait pas beaucoup. Peu importe à quel point il secouait la tête et se pincer le visage, il ne semblait pas pouvoir arrêter de se demander -et s’imaginer- qu’est ce qui pourrait se passer si Milo était là, avec lui, dans ce bain. Et il ne parvint plus à se battre contre ses propre pensées intrusives, ce combat fut perdu d’avance.
Il laissa sa tête retombée en arrière, acceptant son sort en glissant sa main entre ses jambes. Après tout, il en avait réellement besoin, autant en finir pour de bon et passer à autre chose.
…
Quant à Milo, il n’était même pas rentré à son appartement après avoir déposé Camus chez lui. Il était attendu dans un studio de dance appartenant à l’émission « Dance Till Death » parce qu’il était désormais en charge -en tant qu’ancien vainqueur- à entrainer et superviser un des nouveau groupe admis. Tout le processus sera filmé et diffusé bien sûr, puisque cela faisait partit du contenu de l’émission. Avant d’entrée dans le bâtiment, il jeta un coup d’œil à son téléphone pour s’assurer de l’heure et remarqua qu’il avait quelques messages non lus.
Un d’eux venait d’un numéro inconnu, ce qui le fit instinctivement sourire.
« Numéro non enregistré :
Le service est propre, recommandé
⭐⭐⭐⭐. »
Milo s’esclaffa, ne s’attendant pas à ce que le roux entre dans son jeu de rôle. Il remarqua cependant qu’il était déjà en retard de quelque minute et s’empressa d’écrire une réponse avant d’éteindre son téléphone.
« Milo : Pourquoi quatre étoiles alors ? »
Il avait passé un si bon moment avec Camus qu’il avait oublié que la première session commençait aujourd’hui. Non seulement cela, mais il devait aussi s’occuper de sa classe au conservatoire, leur compétition approchée et il était hors de question d’annuler plus de séance d’entrainement. Étonnement, il se surpris d’avoir le plein d’énergie malgré la nuit blanche. Ses paupières étaient lourdes, certes, mais son corps ne semblait jamais s’épuiser. À chaque fois qu’il pensait à cette nuit, à Camus et son rire, un boost d’énergie le prenait et le forçait à bouger. Et cela s’empira lorsque la fin du cours approchait, son cœur battait beaucoup plus vite qu’il ne devrait, et il savait que c’était parce qu’il était excité à l’idée de revoir Camus. Il avait du mal à rester concentrer sur la tâche, et jeter constamment des regards vers la vitre.
-« Coach ! On fait quoi maintenant ? »
Il revint a lui-même en un petit sursaut, il n’avait pas réalisé que la musique c’était arrêtée. Il se retourna vers ses élèves, quelque peu gêné, et aperçu les jumeaux s’échanger des messes basses avec Shun, et pour une raison il se sentit concerné. Il se racla alors bruyamment la gorge pour attirer leur attention, mais alors qu’il voulut parler, sa voix resta bloquée dans sa gorge lorsqu’il distingua quelque chose de rouge -plus précisément, rouge carmin- passé du coin de son œil. Un large sourire enfantin étira ses lèvres alors qu’il tournait la tête vers le nouveau venu.
Camus portait un hoodie malgré la chaleur, surement pour masquer son cou encore marqué, ils échangèrent un regard mais Camus détourna la tête, et alla s’assoir sur les chaises d’attentes placés sur le mur d’en face. Milo ne le prit évidemment pas mal, il s’attendait à de la distance et d’une certaine froideur de sa part, cela l’aurait étonné que le roux devienne soudainement plus amical et souriant après la nuit dernière. Il était content qu’il se montre devant lui au lieu de complètement l’éviter. Dité ne semblait pas l’accompagner, de ce qu’il savait, le groupe devait surement être au conservatoire aussi, il serait peut-être aller les voir.
-« Le cours est fini pour aujourd’hui ! » Finit-il par dire.
Comme d’habitude, il attendit que tout le monde sorte de la classe pour le faire, et bien évidemment qu’il comptait bien aller voir Camus avant qu’il déguerpisse avec les jumeaux. Il franchit le seuil de la porte et regarda en direction des trois frères qui discutaient ensemble, mais à peine un pas effectué vers eux qu’une voix le retint.
-« Milo Alexandrise. »
Il s’arrêta net et se retourna cent quatre-vingts dégrée pour tomber face à Geist qu’il n’avait pas remarqué plus tôt. Le ton qu’elle employa en prononçant son nom lui indiqua clairement qu’elle n’était pas contente, et si cela n’était pas suffisent, elle le toisait d’un regard sévère, une main sur une hanche.
-« Oh, salut ma belle ! Je savais pas que tu étais là.
-Peut-être que si tu ne disparaissais pas toute la nuit et que tu répondais à ton téléphone tu le saurais ! »
Ah merde ! Il se disait bien qu’il avait oublié quelque chose. Il fut si occupé qu’il n’avait même pas pris de pause pour regarder son téléphone surement en mode silencieux pour ne pas déranger ses classes. Aussi, il oublia totalement de donner un signe de vie à sa copine. Il grimaça en reconnaissant son erreur, et jeta un coup d’œil par-dessus son épaule pour regarder dans la direction de Camus dont il croisa le regard. Ils attendaient que Hyoga finissent de nouer ses lacets avant de partir, et le roux dut peut-être espérer qu’il vienne lui parler avant qu’il ne s’en aille. Le connaissant, ce dernier ne ferait jamais le premier pas vers lui.
-« Regarde-moi quand je te parles. » Au moins elle prenait la peine de pas trop levée la voix pour ne pas l’embarrasser devant ses élèves.
-« Désolé Geist, donne-moi une seconde, je dois saluer un ami
-T’es sérieux !? »
Si elle n’était que mécontente avant, là elle était définitivement en colère. Milo se demanda si aller saluer Camus -qu’il avait déjà vu aujourd’hui – valait la peine d’offenser encore plus sa copine, et pourtant il se retrouva à aller vers lui avec un sourire.
-« Salut grand frère, comment tu vas aujourd’hui ? Tu as l’air fatigué. »
Camus lui offrit le plus minuscule des sourires, ce qui était quand même un sourire !
-« Pas autant que toi, coach.
-Qu’est ce qui te fait dire que je suis fatigué ? »
Le roux tiqua légèrement de la langue et détourna le visage assez insolemment, sans pour autant interrompre l’échange de regard.
« Caoch, vous êtes libre maintenant !? » Lui demanda Isaak avec entrain.
Hyoga finit de nouer ses lacets et se redressa tout aussi content, cependant plus calme. « Si oui venez avec nous ! Camus va préparer des tartes aux fraises et aux pommes aujourd’hui. »
Selon le sourcil légèrement arqué de Camus, il comprit que les jumeaux n’avaient pas demandé son avis avant de l’inviter, mais le roux ne dit rien et se contenta d’attendre sa repose alors que les jumeaux le fixaient avec des étoiles d’anticipation dans les yeux. C’était la parfaite opportunité pour passer plus de temps avec lui, et en plus de manger de bonnes tardes ! Ils n’avaient encore rien mit de solide sous la dent et réalisa qu’il était affamé. Ne réfléchissant jamais avant de répondre, il ouvrit la bouche pour accepter avec joie, mais s’interrompit en se rappelant que sa copine l’attendait, et qu’elle était déjà fâché contre lui. S’il acceptait -ce qu’il était à deux doigts de faire-, elle lui arracherait les yeux avec ses longs faux ongle.
-« J’aurais aimé mais j’ai des trucs à faire. Une prochaine fois par contre, c’est sûr ! Je ne manquerai pas de me régaler avec les tartes surement vraiment délicieuses de Camus. »
Déçu, Hyoga lâcha un petit « Oh, d’accord. » Mais Milo cherchait plutôt à lire dans le regard de son grand frère.
Il jura avoir aperçu son regard s’adoucir un peu, presque comme s’il était déçu. Le roux se contenta de le regarder droit dans les yeux sans rien dire, faisant en sorte que cela soit difficile pour Milo de s’en aller. Ce dernier était content de le voir, comme s’il n’avait pas déjà été avec lui il y a quelques heures, il trouvait un certain réconfort dans les yeux grenat de Camus, mais non seulement la, mais aussi sur chaque détail de son visage, la couleur de ses cheveux et tout simplement sa présence en elle-même. Il trouvait son cœur serré à l’idée de lui tourner le dos et ne plus l’avoir dans son champ de vision, ce qui était totalement illogique ! Et de la manière dans il le regardait aussi, il avait presque l’impression que Camus ne voudrait pas non plus le voit partir. Peut-être qu’il se faisait des idées, surement, il n’avait aucune raison de penser ainsi, il n’avait aucune raison d’être aussi heureux de le voir, et triste de le laisser. Vraiment, parfois il agissait comme un gamin.
-« Bon et bien, je vous laisse les Delaurores. Au revoir et bon appétit. »
Lorsqu’il se retourna, il vit Geist s’approcher et passer à côté d’eux pour accéder à la cage d’escalier, il remarqua un échange de regard assez froid entre elle et Camus qui dura peut-être plus que nécessaire. Il comprenait qu’elle soit fâchée contre lui, mais pourquoi jeter un tel regard hautain à son ami ? Cela le déplut. Il salua une dernière fois la fratrie avant de la suivre.
-« Geist ! »
Elle ne répondit pas à son appel, se contenant de l’ignorer et de continuer de descendre les escaliers. Cela l’agaça, il était fatigué et affamé et il n’avait vraiment pas la tête à se chamailler avec elle. Et pourtant lorsqu’ils sortirent du bâtiment, la première chose qu’elle fit c’était de lui prendre la tête. Milo dut enrouler ses bras autours de ses épaules pour l’inciter à marcher vers sa voiture, ne désirant vraiment pas qu’elle fasse toute une scène devant l’entrée du conservatoire. Il lui ouvrit la portière pour la faire asseoir au volant et contourna la voiture pour se placer au côté passager.
-« Où tu étais passé toute la nuit !? T’as cru que je n’allais pas remarqué !? » Lui vociféra-t-elle au visage, les poings serrés et les traits déformés par la colère. « C’est qui qui t’as appelé au bon milieu de la nuit et que t’es allé voir !?
-C’est pas ce que tu crois, Geist-
-Pas ce que je crois ? Tu m’as même pas laissé de message ! Tu as ignoré mes messages et appels et la tu fais quand même passé une autre personne avant moi !? Et c’est qui cet ami de toute façon !? Ne me dit pas que c’est pour lui que tu t’es battu avec Kanon ! »
Sa dernière phrase le laissa sans voix pour quelque seconde, il eut l’impression qu’elle tentait de rejeter sa colère par rapport à cette dispute sur Camus.
-« Et si tu me laissait parler avant de vouloir faire des scènes devant mon lieu de travail !? » S’énerva-t-il à son tour. « Et non ! Ce n’est pas une autre femme que je suis allé voir la nuit mais un ami ! le même que tu viens de voir, tu le connais je t’ai déjà parlé de lui, c’est le grand frère de mes élèves !
-« Pourquoi diable tu irais le voir à deux heures du matin !?
-Ah parce que maintenant j’ai plus le droit de trainer avec des potes !?
-Tu pourrais me prévenir !! » Éleva-t-elle encore plus la voix. « Comment je suis sensé te croire !?
-Je rêve ou tu me fais pas confiance ? Et puis, tu n’as aucun droit d’accuser Camus de quoique ce soit, c’est mon pote et Kanon a été un connard envers lui !
-Ton pote ? Tu le connaissais que depuis, quoi, deux jours !? Même pour moi tu te disputerais pas avec Kanon ! Tu penses pas que j’en ai un peu marre que tu fasses toujours passer tes sois disant potes avant moi !? »
Un mal de tête commençait à le prendre face à la stupidité de cet argument qui commençait sérieusement à le mettre en colère. Geist avait toujours eut un problème avec la manière dont il était proche des gens, plus précisément de ses amis, mais il fut toujours un être social qui voyait ses relations amicales comme toute aussi importante que sa relation amoureuse. Elle n’avait pas manqué de lui faire bien savoir qu’elle détestait ce raisonnement mais Milo était juste ainsi ! Il ne pourrait jamais choisir entre elle et son meilleur ami, ou n’importe lequel de ses amis proches, et bien qu’il ne connût Camus que depuis un peu plus d’une semaine, il voulait l’inclure dans son cercle. Il comprenait que sa copine n’apprécie pas sa manière de penser, elle n’était pas aussi sociale que lui et n’était pas non plus aussi proches de ses amis à elles, mais elle ne pouvait quand même pas autant le changer ! Déjà qu’il fournissait des efforts pour ravaler ses crises de colères et ne jamais se plaindre envers elle. Ce qui l’énervait le plus c’était qu’elle profitait de chaque désaccord entre eux pour ramener le sujet sur le tapis.
-« Geist ! C’est pas mes ‘sois disant potes’, c’est mes potes tout court ! Et je fais pas passer Kanon avant toi ! Qu’est-ce qu’il vient faire ici de toute façon !?
-Tu sais que je l’apprécie pas beaucoup.
-Je sais, merci de me le rappeler ! Il reste quand même mon meilleur ami ! »
Oui, Kanon était un connard de temps en temps, il était taré et peut être méchant quelque fois, mais jamais envers lui. Milo l’adorait sincèrement, leurs moments passés ensemble lui étaient précieux tout autant que ceux passés avec elle. Ou était le mal dans cela ? C’était son meilleur ami, pourquoi devrait-il forcément préférer sa copine à lui ?
Geist soupira et croisa les bras en regardant droit devant elle. « Non seulement ça, mais tu as aussi utilisé ta moto. Encore !! »
Milo aussi, lâcha un tres long soupire d’agacement et sortit de la voiture, refusant d’en entendre plus de sa part. Il avait l’impression d’être de retour dans sa maison familial en Grèce où absolument tout lui était interdit ! Trop de règles l’étouffaient, il n’était pas fait pour les suivre et s’y conformer, ce fut pour cela qu’il quitta cette famille. Il avait l’impression que bientôt elle non plus ne voudrait plus qu’il danse et aurait l’audace de lui demander d’arrêter. Sur ce coup-là, il n’était pas sûr de pouvoir la choisir avant sa passion. Pas sûr ? Non il en était certain ! Même si ce n’était que la mort qui l’attendait sur scène !
Le comprendrait-il ? Lui qui trouvait aussi son salut et sa délivrance dans la danse, s’il le voyait danser jusqu’à sa mort, voudrait-il toujours être son partenaire de danse ?
Il se rendit a sa moto garée et décida d’aller faire un tour pour ne pas rentrer à la maison directement.
Il n’était rentré chez lui que le soir venu, ayant passé le reste de la journée chez Kanon. Il fut rassuré de ne pas avoir croisé Saga parce qu’en ce moment il ne pouvait le supporter. Et puis s’il l’eut vu, il n’aurait pas pu se retenir de lui parler de Camus et cela aurait énervé son meilleur ami de nouveau. Il fit semblant de rien avec lui, à propos de son amitié avec Camus, ce qui ne lui plaisait pas beaucoup. Il aurait aimé tout lui raconter, Kanon était une des seules personnes qui acceptait bien de l’écouter parler à une vitesse ahurissante pour un long moment. Au moins il avait pu faire une petite sieste sur son lit, son ami était resté à côté de lui sans le perturber.
Geist ne lui adressa pas la parole lorsqu’il fut de retour, et il refusa de le faire aussi, ce n’était uniquement qu’une question de fierté, mais il savait qu’elle allait réussir à le remettre en colère et il n’avait pas l’énergie de se retenir. Il décida simplement de prendre sa douche et se préparer à aller au lit, demain aussi, il se devait se lever tôt.
Fraichement sortit de sous la douche, sa serviette sur ses cheveux humides et vêtu uniquement d’un jogging large, il jeta un coup d’œil à son téléphone pour relire sa dernière discussion avec Camus.
« Big bro 🍓 :
Le service est propre, recommandé
⭐⭐⭐⭐.
-Pourquoi quatre étoiles alors ?
Big bro 🍓 :
L’homme que vous avez envoyé s’est moqué de mon nom et de mes petits pieds
-Vous nous voyez désolé, prochaine fois il se moquera plutôt de vos cheveux.
Big bro 🍓 :
⭐⭐⭐
-Hey ! remet l’étoile ! :’0
Big bro 🍓 :
⭐⭐
-On va faire faillite à cause de vous monsieur. »
Milo ne put s’empêcher de rire encore une fois. Camus aimait bien le cacher, mais il avait un sacré sens de l’humour. Cela fut difficile de se retenir de rire devant Kanon lorsqu’ils s’étaient échangé ces messages. Il se perdit quelque secondes dans ses pensées puis en fut extirpé lorsqu’il s’aperçut que Camus venait de lui envoyer un autre message.
« Big bro 🍓 :
Tu es à la maison ? »
Milo fronça légèrement les sourcils de confusion face à la question.
Il pianota sur le clavier pour lui répondre.
«- Ouais, pk ?
Big bro 🍓 :
Je suis en bas. »
Milo s’étouffa avec sa propre salive, comment ça !? Qu’est-ce que faisait Camus en bas de chez lui ?
Ce dernier lui envoya une photo montrant un parking et un bâtiment, accompagné d’un « C’est ton immeuble ? »
Oui, Camus était définitivement en bas de chez lui ! Il se précipita de sortir de la salle de bain pour récupérer un t-shirt dans leur chambre. Il prit une pause dans son action pour lire le nouveau message envoyé.
-« Big bro 🍓 :
Je suis pas venu pour te voir, juste pour déposer quelque chose. Je vais le laisser à l’entrée de l’immeuble et partir. »
Milo fut quelque peu surpris, il paniqua un peu parce qu’il craignait ne pas arriver à temps en bas pour le voir. Sa copine, qui était aussi dans la chambre, l’interpella, mais au lieu de lui répondre, il enfila vite un t-shirt et sortit de la chambre en tapant un message.
« -Attend moi ! je descends !
Big bro 🍓 :
Pas la peine, je m’en vais.
Je t’ai dit, je viens simplement te déposer quelque chose. »
Milo glissa rapidement ses pieds dans une paire de tongs qui trainait au salon et s’apprêta à sortir de son appartement lorsque Geist l’appela, cette fois ci d’un ton plus haut et sévère.
-« Milo ! Tu vas ou comme ça !?
-J’arrive !
-Ca n’a pas répondu à la question. »
Il leva les yeux au ciel d’agacement et ouvrit la porte de son appartement en appelant le numéro de Camus sur son téléphone. Il ignora sa copine, claqua la porte derrière lui et accourut vers l’ascenseur. Sur le petit écran, il était indiqué qu’il était au rez-de-chaussée et Milo n’avait pas vraiment la patience de l’attendre, alors il ne perdit pas une seconde de plus avant de dévaler les escaliers, en même temps, la voix de Camus se fit entendre contre son oreille.
-« Quoi ? » Lui demanda le franco-russe, lui donnant envie de rire de la situation et de cette question stupide.
-« Toi quoi ! C’est à moi de poser les questions ! Tu es déjà parti ? J’arrive !
-Je t’ai dit que c’est pas la peine ! Je suis pas venu pour te voir.
-Trop tard, je descends déjà les escaliers alors il y a intérêt à ce que tu m’attendes. »
Il l’entendit soupirer d’exaspération, ce qui le fit quand même sourire.
-« …T’es pas possible…Je t’attends dans ma voiture, trébuche pas ça serait con de devoir t’emmener au urgence maintenant.
-Hehe ! Je promets rien ! »
L’appel se termina et sa bonne humeur lui revint comme si elle n’était jamais partie. Il arriva en bas quelque peu essoufflé et sortit du hall d’entrée pour se retrouver dans le parking. Il trouva assez rapidement la voiture de Camus et l’aperçu assis au volant, seul. Le vent frais nocturne qui passait dans ses cheveux encore mouillés lui procura des frissons, mais cela ne fit qu’élargir son sourire, ou c’était peut-être le fait de le revoir encore une fois aujourd’hui ? Peu importe, Milo pressa le pas vers la voiture en faisant un signe de la main au conducteur qui l’avait remarqué. Le grec contourna la voiture et ouvrit la portière du côté passager pour s’y installer sans l’avis de son propriétaire.
Camus ne lui offrit aucun sourire, et se contenta de le regarder droit dans les yeux de son air le plus ennuyé, mais Milo savait bien qu’il ne faisait que semblant, sinon il ne l’aurait pas attendu, ou ne serait même pas venu.
Refermant la portière derrière lui, il plaisanta « Bah alors, quelle surprise !
-Tu vas attraper froid avec tes cheveux mouillés. Je t’ai dit que-
-Oui oui ! j’ai compris ! » L’interrompit-il en s’asseyant plus confortablement afin le regarder en face. « Pourquoi tu n’as pas prévenu que tu venais ? Et d’ailleurs comment t’as su où j’habite ?
-Pour pas que tu sois déjà en bas lorsque j’arriverais…Mais je vois que ça n’a pas servi à grand-chose. Et j’ai demandé à Shura.
-« Dis donc, c’est pas sympa ça, pourquoi t’as autant pas envie de me voir ? »
Milo ne pouvait comprendre d’où lui venait cette soudaine bouffé d’énergie et de joie, il était épuisé pourtant et c’était la troisième fois qu’il le voyait aujourd’hui, n’était-ce pas assez ? Et pourtant rien que le fait d’être assis avec lui, de lui parler et de voir son visage faisait bondir son cœur de contentement. Il n’avait aucune idée pourquoi, ni comment, ni de ce qu’il y avait dans sa présence ou sa voix, ou juste son existence tout cours qui le mettait de si bonne humeur. Distinguer ses expressions et émotions cachés dans le moindre de ses mouvements, remarquer à nouveau les détails de son visage, comme ses taches de rousseurs et ses sourcils uniques. Il aimait bien se focaliser sur la courbure légère de son nez, ou la forme de son menton, ou bien aussi sa frange courte qui lui retombée sur le visage, il se demandait s’il mettait une autre couleur de vernis que du rouge, cette fois-ci encore, c’était la même couleur.
-« C’est pas ça, je n’aime juste pas m’inviter chez les gens. Et puis, je suis juste venu te déposer ça. » Sur ces paroles, il tendit la main vers la banquette arrière pour récupérer un sachet blanc contenant quelque chose, qu’il déposa sur ses genoux.
Curieux, Milo s’empressa d’ouvrir le sachet et y trouva un grand tupperwares contenant deux moitié de tarte différente. Surpris, mais surtout touché, il releva le regard vers lui. Camus regardait ailleurs, les joues légèrement colorées, ce qui le rendait juste adorable malgré son air renfermé.
-« Vois ça comme le payement du service de fuite, ou peu importe comme tu l’as appelé.»
Lui qui fut déçu de ne pas avoir pu gouter à ses tartes, sa joie fut décuplée d’une traite ! Il lui offrit son plus large sourire, révélant ses dents et lui ébouriffa les cheveux sous sa protestation.
-« Tu t’es vraiment pris toute cette peine pour moi !? »
Rougissant encore plus, Camus lui repoussa le bras, l’air agacé. « Ce n’est pas grand-chose. Tu as bien pris la peine de déposer ton numéro sous mon oreiller, d’ailleurs je ne sais toujours pas comment, et de venir me chercher au beau milieu de la nuit pour…enfin, pour passer le temps. » Il détourna encore plus le regard, tentant de cacher ses rougeurs ainsi que ses expressions que Milo pouvait lire à travers ses yeux. « Et même avant ça, tu as pris la peine de me chercher toute la nuit et...Enfin, on va pas se mentir…Tu m’as clairement sauvé et ramené en sécurité à la maison… »
Avouer tout cela semblait lui demander tout ses efforts, il ne daignait même pas lui jeter un coup d’œil et s’était encore plus renfermé sur lui-même en croisant les bras sur son torse.
-« Camus…Tu sais-
-Avant que tu continues, juste saches que je déteste avoir des dettes. Alors, juste dit-moi comment je peux les payer. »
Milo cligna deux, trois fois des yeux, un peu pris de court. Il fixa le profil de Camus sans rien dire, observant attentivement chaque détails et mini changement dans son expression. Vraiment, il était si agréable à regarder, il ne pensait pas pouvoir se lasser du tableau de couleur qu’il offrait, on aurait dit qu’un couché du soleil flamboyant, de tous ses dégrées de rouge calme, ou que la saison de l’automne de ses couleurs chaleureuses s’était incarné en un humain. Plus il le regardait, plus il était convaincu qu’il était une création physiquement parfaite, comme tracer de la main du plus grand artiste, avec soin et attention.
Il tendit la main vers lui et calla une mèche rouge derrière son oreille afin de mieux apercevoir son visage. Camus, surpris du contact, tourna la tête vers lui, les sourcils légèrement arqués puis Milo réalisa son acte insensé, et quelque peu inapproprié. Il retira sa main avec un sourire stupide et se racla la gorge.
-« Tu dis que tu veux me repayer, donc je peux demander tout ce que je veux ? »
Camus avait ses lèvres pressées en une fine ligne, et ramena sa main sur son oreille que Milo avait caressé -qui d’ailleurs prenaient assez rapidement la même couleur que ses cheveux-.
Il savait que le roux était plutôt mignon, mais depuis quand l’était-il à ce point !? Le grec se trouva perturbé malgré lui, son rythme cardiaque s’élevant pour aucune raison. S’il avait eu des frissons de froid en venant vers la voiture, maintenant son corps s’était réchauffé comme s’il faisait une activité physique. Son cœur faisait peut-être encore des siennes ? Après tout, il n’avait pas pris de médicament aujourd’hui.
Le roux hocha de la tête pour répondre à sa question.
-« Tres bien, tu me peux repayer en étant mon partenaire de danse.
-Quoi ?
-Tu m’as bien entendu ! Je veux que tu sois mon partenaire de danse.
-Oui, mais, c’est tout ?
-Pour qu’on soit clair, ça ne veut pas seulement dire de danser ensemble comme la dernière fois. Pour l’émission dans laquelle je suis en tant que coach, à la fin de la saison je me dois de présenter une performance et le thème de la dernière dance est le tango. Je n’ai jamais appris le Tango alors c’est mon défi à relever. En étant mon partenaire de danse, tu l’apprendras avec moi ! Et si on cartonne vraiment, peut-être qu’on pourrait présenter la performance ensemble même si on est deux hommes ! »
Camus redressa son dos de son siège et se tourna complètement vers lui en faisant des signes de la main pour l’arrêter. « Attend, attend un peu, quoi !?
-Pour l’émission ‘Dance till Death’-
-J’ai compris !! Mais comment ça ‘l’a présenté ensemble’ !? » S’exclama-t-il, et bien qu’il n’affichât rien de positive, Milo était quand même satisfait de le voir réagir. « Milo, pardon pour ma question, mais qu’est ce qui ne va pas dans ta tête ?
-Je te pardonne si t’acceptes !
-Non ? Je-je veux bien, enfin, danser de temps en temps avec toi, mais apprendre le Tango ? C’est déjà beaucoup ! Performer avec toi ? Sur scène !? »
Milo lui attrapa le bras pour tenter de le calmer, et aussi de le convaincre en s’approchant plus près de lui. « Je sais que ça parait fou, mais je pense sincèrement qu’on serait capable tous les deux-
-Toi, oui ! Tu es un professionnel ! La performance de fin de saison est réservée au pro et célébrités ! Non seulement ça, tu te rends comptes de ce qu’on pourrait dire sur toi si tu danses le tango avec un homme sur scène !?
-Je m’en fiche !! » Réfuta-t-il. « Ou est le mal-
Camus le coupa à nouveau en retirant son bras de son emprise afin de croiser les bras d’un geste colérique. « Réfléchit un peu ! J’ai jamais appris la danse ! Milo, de base je ne danse pas ! Et je comprend sincèrement pas pourquoi tu penses que j’en suis capable !
-Parce que tu l’es-
-Non je le suis pas ! »
C’était la première fois qu’il le voyait aussi en colère, pourtant il ne pouvait être vexé, c’était toujours fascinant de le voir exprimer autant d’émotions. Et puis, il pouvait comprendre sa réaction, mais il était sincère dans sa demande.
-« Tu l’es ! » le contredit-il avec autant de force. « J’ai vu comment tu bouges ton corps, Camus ! Et je peux t’assurer que tu es incroyablement doué ! »
Le roux tourna la tête vers lui, les yeux grands ouvert, les sourcils plus relevés que jamais et le visage aussi rouge que ses cheveux. Cela aussi était une toute nouvelle expression que Milo découvrait et c’était une des plus intenses. Il parvenait à encore mieux voir à travers lui avec ses yeux écarquillés et cela lui donnait envie de sourire.
-« Tu es fait pour ça ! Autant de talent alors qu’on ne t’a jamais rien appris ! Et je peux voir à quel point tu aimes ça ! Je suis sûr qu’avec un partenaire comme toi- »
Milo ne put finir sa phrase, Camus avait déposé ses doigts sur ses lèvres pour le faire taire et cela le calma légèrement. Il expira longuement du nez et resta silencieux même quand il retira sa main.
Le roux eut besoin de quelque seconde de plus pour parvenir à le regarder dans les yeux.
-« Bon, je veux bien apprendre le tango avec toi si c’est ce que je dois faire pour repayer mes dettes, mais performer avec toi sur scène, c’est un non. »
Milo esquissa un petit sourire. « Je peux me contenter de ça pour l’instant. »
Camus lâcha un long soupire et laissa son dos et sa tête reposés contre le dossier de son siège en fermant les yeux. « J’imagine que ça inclut de se voir autre que durant la nuit. Et qu’est-ce que tu vas dire à ton meilleur ami ? »
L’instructeur grimaça au souvenir de Kanon. « Il est pas obligé de savoir tout de suite, je trouverais les bon mot pour le mettre en courant éventuellement.
-Bonne chance pour ça. »
Le silence s’installa quelque seconde entre eux, Camus ne le regardait pas, se contentant de garder les yeux fermer tandis qu’il se permit de regarder un peu ailleurs avant de redéposer ses yeux sur lui.
-« Pourquoi il te déteste autant ?
-Je ne sais pas, il ne m’a jamais apprécié. Surement il devait se dire que j’étais pas à la hauteur d’être ami avec Saga. »
Milo repensa aux excuses que lui avait déballé son ami, disant que Camus était un profiteur, un séducteur et un briseur de cœur, dans quel monde vivait-il pour réellement le croire ? Il était évident que tout cela était des conneries, et entre Saga et Camus, s’il y avait bien un qui tentait de séduire l’autre, c’était bien son compatriote. Camus, jouer à des jeux de séduction ? Il aimerait bien voir cela, tiens ! De plus, après cette triste et stressante nuit où il avait pleuré dans ses bras, Milo sut clairement que le roux aima éperdument son ex.
Ce connard ! Rien que de se rappeler de ses larmes et de son état déplorable lui serrait douloureusement le cœur ! À quel point un homme devait être chanceux pour obtenir un tel amour venant de Camus ? Et ce Surt daigna quand même lui briser le cœur et mal le traité ! Comment ? Ne devait-il pas plutôt se sentir honoré d’être aimé par quelqu’un d’aussi réservé et exclusif que Camus ? La simple pensé de la situation faisait naitre une rage bouillante en lui. S’il le croisait un jour -ce qu’il espérait de tout cœur- son poing se fera un plaisir de se présenter à son visage en premier ! Il lui refera le tableau de sorte que même sa mère ne le reconnaisse plus !
Si seulement il pouvait faire quelque chose pour le roux, à propos de cela, après tout s’il y pensait bien, même s’il ne se connaissaient que depuis quelque jours, Milo avait assez vu de lui pour les considérer comme proche. Si seulement Camus pouvait se confier à lui, par rapport à toutes ses souffrances passées et actuelles, et le laisser entendre ces pensées refoulées. Enfin, rien que le fait qu’il accepte de danser avec lui, c’était déjà beaucoup, mais il ne pouvait se satisfaire que de cela.
Il se demandait à quoi il pouvait ressembler lorsqu’il était amoureux. Est-ce qu’il souriait plus pour sa personne spéciale ? Riait plus ? Était plus lui-même ? Est-ce qu’il était affectif, de ses gestes ou de ses paroles ? Qu’est-ce que cela faisait d’être le sujet de son amour ?
Ses pensées virèrent vers Saga et il ressentit une certaine amertume au fond de la gorge.
Après une minute de silence il reprit parole.
-« Et, toi et Saga, si je peux me permettre de demander, vous êtes ensemble ? » Il fut lui-même quelque peu surpris de son ton assez grave.
-« Moi et Saga ? Tss -»
La question sembla le gênée, surement parce qu’il se rappela comment Milo et Kanon l’avaient surpris, vêtu simplement d’un t-shirt large s’arrêtant à la moitié de ses cuisses nues, et son cou remplis de récent suçon. En y pensant, Milo se trouva aussi à être gêné de l’avoir vu ainsi, en fait, depuis, il y repensait assez souvent et à chaque fois il était perturbé par le souvenir, il ne savait pas si c’était parce qu’il avait vu le roux dans cette situation assez...intime, ou parce qu’il savait pertinemment avec qui il avait passé la nuit ainsi, qui lui avait laissé ces marques sur son corps. Il n’arrivait à arrêter de se demander s’ils avaient vraiment couché ensemble.
Et s’il y avait une chose qu’il mourrait d’envie de dire la maintenant c’était « Saga ne te mérite pas » mais pour des raisons évidentes, il ne le fit pas.
Il se sentit étrangement nerveux, attendant la réponse du roux.
-« Non, on ne sort pas ensemble. Juste oublie, eum, ce que tu as vu. »
Milo déglutit puis se rappela de sourire, il ouvrit la bouche pour répondre mais la sonnerie de son téléphone le devança. Il grimaça et jeta un coup d’œil à son écran afin de voir qui l’appelait, et il se retint de râler lorsqu’il vit que c’était sa copine. Il lui avait pourtant dit qu’il revenait ! Et puis c’était elle qui avait commencé jouer au roi du silence avec lui.
-« Milo, je pense que quelqu’un t’attend la bas. »
Il releva les yeux en direction de l’entrée du bâtiment et en effet, elle était là, debout derrière la vitre du portail à les fixer avec mécontentement, son téléphone à son oreille. Milo eut envie de lâcher un juron, mais garda son attitude décontractée et éteignit la sonnerie de l’appel.
-« Ouais, désolé Camus mais je dois y aller.
-Oui, vas-y, il est tard.
-Encore merci pour les tartes ! Elles ont l’air délicieuse !
Camus lui sourit pour la première fois ce soir et à nouveau, ce fut comme si Milo n’avait plus aucuns soucis.
-« Elle le sont. »
Il trouvait cela si difficile de se détacher de son regard, et la tâche ne se facilitait pas lorsqu’il souriait. Milo n’avait pas envie de s’en aller.
Il ouvrit la portière mais ne sortit pas directement. « Préviens-moi quand tu arrives à la maison, et n’hésite pas à faire appel aux services quand tu veux ! »
Le roux hocha de la tête et ils se firent un signe de la main lorsqu’il sortit de la voiture. Milo le lui fit un dernier avec un grand sourire un peu bête avant de pénétrer dans le bâtiment. Une fois son dos tourné il changea radicalement d’expression de joyeux à agacé. Sa copine l’avait devancé et avait déjà pris l’ascenseur pour monter à leur appartement. Qu’est ce qui lui prenait !? Pourquoi ce comportait-elle avec tant d’insolence à son égard !? Pour aucune raison valable en plus ! Si ce n’était pas pour ses caprices il serait encore en train de discuter avec Camus ! En plus le sujet était déjà ouvert sur Saga, l’opportunité parfaite pour en apprendre plus sur leur relation actuelle et passé !
Alors qu’il attendait l’ascenseur, il lâcha un long soupire et se disant qu’une pénible dispute l’attendait à l’étage et surement un drap déjà jeté sur le canapé pour lui.
Au moins il avait les tartes pour le réconforter.
Chapter 11: Des mains tachées de sang.
Notes:
je trouve ce chapitre assez lourd, mais vous en faites pas, les moments joyeux vont arriver !
(See the end of the chapter for more notes.)
Chapter Text
Le lendemain, Camus reçu un appel de Saga, ce dernier l’invita à diner ensemble et Camus avait accepté. Toute la journée, il n’avait fait que dissocier, et si seulement ce n’était que pour quelque petite seconde, à chaque fois que quelqu’un voulait lui adresser la parole, ils se retrouvaient à devoir l’appeler à reprise de fois avant qu’il ne redescende sur terre. Il avait inquiété un peu tout le monde, enfin, à part sa mère qui le regardait comme si elle comprenait ce qui le mettait dans cet état.
Ce putain d’instructeur.
Il n’avait connu aucun moment de repris ! Il était toujours la ! dans sa tête, dans n’importe quoi qu’il voyait ou entendait ! Cela en devenait épuisant. Leur dernière discussion se rejouait encore et encore dans sa tête, tellement que ses anciens soucis et tracas ne trouvaient plus la place pour se manifester dans ses pensées.
« J’ai vu comment tu bouges ton corps, Camus ! Et je peux t’assurer que tu es incroyablement doué ! »
Ces mots !! Ces maudit, satané, fichus mots se répétaient en boucle, encore et encore dans sa tête et à chaque fois, une bouffée de chaleur émanait de son cœur et lui donnait chaud. La manière dont son corps bougeait ? Milo avait vraiment fait attention à cela ? Non, il se méprenait, cela était simplement un compliment normal venant d’un danseur professionnel, il était juste un pervers qui déformait le sens de ses paroles. Mais lui aussi, pourquoi fallut-il qu’il le dise de cette manière, avec ce regard la ? Il était bien trop difficile à gérer ! Et danser le tango avec lui ? C’était la proposition la plus insensée qu’on ne lui avait jamais faite ! Il en était presque révolté. Le tango était pourtant une danse assez sensuelle, et évidemment traditionnellement entre un homme et une femme. Qu’est ce qui lui avait pris d’accepter ? Il n’avait pas trop réfléchi à cause de Milo, et avait accepté sur le moment afin de le faire taire, mais plus tard il y repensa et réalisa que s’il était son partenaire pour cette danse, leurs corps seraient inévitablement collés l’un à l’autre. De plus, s’il devait prendre le rôle du suiveur, son corps devraient quand même y correspondre, ce qui n’était absolument pas le cas et une des nombreuses raisons pourquoi il ne s’afficherait pas sur scènes avec lui ! C’était juste de la folie !
Par curiosité, il avait regardé des vidéos de chorégraphie de Tango et son visage se colora en remarquant à quel points les danseurs étaient proche l’un de l’autre et surtout les mouvements osés et sensuelle ! Il ne pourrait pas le supporter !
Et si…Et si son corps réagissait, alors qu’ils s’entrainaient ? Cela serait une catastrophe ! Il ne pouvait pas accepter, peut-être qu’il n’était pas trop tard pour revenir sur ses paroles.
Non seulement cela, mais pourquoi diable Milo lui avait proposé cela ? À lui, un homme ouvertement homosexuel. Et puis, c’était la première fois qu’il rencontrait un homme hétérosexuel, bien conscient de son orientation, se permettant d’être aussi proche et tactile avec lui. Il douta presque de la sexualité de Milo mais secoua rapidement la tête et se dit qu’il devait juste être vraiment confortable dans son corps et à l’aise avec les gens. Après tout, il était une boule d’énergie sociale qui ne se fatiguait jamais.
Il devait oublier ce grec la pour se concentrer sur un autre, sa situation avec Saga n’était pas non plus rassurante. Il était presque certain que lorsqu’il lui proposa de diner ensemble, cela sonna comme un rancart. Il se demandait vraiment ce que pensait Saga de lui depuis leur nuit passée ensemble. Ils n’en avaient pas reparlé, et se contentait de s’envoyer des messages de temps en temps.
Il n’était pas sur de comment agir avec lui, ils ne sortaient pas ensemble et Camus n’avait pas de plan de se lancer dans une relation amoureuse avant un bon moment si ce n’était jamais. Il s’en passerait bien. Aussi, il n’avait l’impression que Saga voudrait sortir avec lui non plus, peut-être que cette sortie c’était juste pour discuter entre amis et rattraper le temps perdu. Peut-être qu’ils seraient juste des amis qui avaient certain bénéfice de temps en temps, pourquoi pas ? Cela serait parfait pour lui. Il commençait à comprendre pourquoi Dité évitait à tout prix les relations amoureuses sérieuse, c’était moins pénible ainsi.
Enfin, il devait quand même être présentable et Dité insista avec grand joie de l’aider à se préparer. Ce dernier ne se retint pas de crier dans toute la maison qu’il avait un rancart et ses frères furent de curieux fouineurs qui le bombardèrent de question.
-« Avec qui !?
-Ce saga encore !?
-Ne me dits pas que c’est ton nouveau copain !
-Pourquoi tu nous l’a pas présenté !?
-Il est comment !?
-T’es sur que c’est la bonne personne pour toi ?
Camus sentit que sa tête allait explosé. « Ca suffit vous deux ! C’est qui le grand frère ici déjà ?
-Mais -» Tenta encore Hyoga.
-« Ce n’est pas un rencart amoureux, et même si ça l’était, où est le problème ? » Demanda-t-il, assis sur la chaise de sa coiffeuse alors que Dité derrière lui, lui peignait les cheveux.
Il était en train de s’appliquer du vernis et les jumeaux l’empêchait de bien se concentrer à la tâche.
-« Ne sois pas trop sévère, mon Mumus ! Tes petits poussins sont juste inquiets pour toi ! »
Le roux soupira et plongea à nouveau le pinceau du vernis dans son flocon. « Je comprends, mais Saga est juste un ami, je vous ai déjà dit que je ne compte pas me mettre en couple pour un moment. Si ça peut vous rassurer, si je veux le faire, je vous présenterai le gars. »
L’ainé reprit sa tâche, se disant que cela serait assez pour les calmer, les jumeaux s’échangèrent un regard et Isaak dit : « Et si on le connaît déjà ?
-Pardon ?
-Simple question ! »
Le roux leur lança un regard plissé, faussement menaçaient et les jumeaux firent un pas en arrière.
-« Bon les jumeaux ! Votre grand frère doit s’habiller, vous continuerez cette discussion plus tard. » Leur dit-il avec un clin d’œil.
Les garçons sautèrent sur l’occasion pour se sauver du mauvais regard de leur frère.
-« J’espère qu’ils croient pas toujours que je suis intéressé par Milo. »
Le suédois déposa la brosse à cheveux sur la coiffeuse et s’appuya dessus avec un petit sourire agaçant. « Genre Honey tu l’es pas. »
Camus se leva et lui tourna le dos en secouant des mains pour faire sécher le vernis plus vite. « Non.
-Ca fait quoi d’être un menteur ?
-Dité ! Laisse-moi mentir en paix ! »
Son ami s’esclaffa en rejetant sa tête en arrière et s’assit à moitié sur la coiffeuse. « T’as pas besoin de mentir avec moi, alors ? Milo…
-« Rien. » Répondit-il sèchement et prépara ses vêtements en faisant attentions à ses ongles.
-« Je sais que tu me caches quelque chose. Comme par exemple, tu étais passé l’autre soir, et à qui tu es allé ramener de la tarte hier.
-…
-Et quelque chose me dit, que Milo a quelque chose à avoir avec ces deux trucs. »
Camus se retint de soupirer, il ne pouvait décidément rien cacher à son meilleur ami.
-« J’essaye pas de te cacher des choses, j’ai juste pas trouver le bon moment pour en parler. Et la ca ne l’est pas non plus.
-Excuse accepted! Now Milo aside, parlons Saga! Il y’a intérêt à ce que tu me textes en live tout ce qu’il se passe ! Tu sais que je peux pas supporter le suspense !
Camus tiqua de la langue d’amusement et leva les yeux au ciel, s’il ne le faisait pas, Dité allait le spammer de message de toute façon. Il écouta son ami blablater le temps qu’il puisse enfin s’habiller. Dité l’avait aidé à choisir sa tenue, qui consistait d’un haut noir, col roulé sans manche, assez juste au corps, en dessous d’une courte chemise plus large d’un vert d’eau sombre, et un pantalon haut-de-taille noir. Il n’avait pas envie de porter quoique ce soit de révélateur ou d’aguicheur qui pourrait donne la mauvaise idée à Saga. Lorsqu’il se tourna vers Dité, ce dernier l’attendait en tenant un rouge à lèvres à la main, Camus fit un pas en arrière pour l’éviter.
-« Non, je veux pas en mettre.
-Pourquoi pas !
-Il va avoir la mauvaise idée.
-Mais quelle mauvaise idée ? Vous avec déjà fait des trucs ensemble ! Aller, c’est une couleur foncée, ça ira bien avec tes vêtements ! »
Le roux soupira de défaite et prit des mains le rouge à lèvres, il alla devant son miroir pour se l’appliquer uniquement sur la lèvre supérieure. C’était vrai que cela compléter le style. Derrière lui, son ami siffla.
-« T’es a croqué ! Saga va en avoir la tête qui tourne !
-Tu abuses comme toujours.
-Du tout ! Aller ! fait moi une jolie pose pour que je te prenne en photo ! »
Embarrassé, Camus avait tenté de protester mais comme toujours, son ami gagna, il s’avoua vaincu et le laissa lui manipuler le corps pour qu’il prenne de bonne photo. Il ne se trouvait pas photogénique, et c’était surement par amitié et gentillesse que Dité tentait de lui faire croire du contraire. Après plusieurs clichés sous différent angles, le suédois s’embla satisfait.
-« Super, c’est l’occasion pour enfin mettre une photo de profil ! Ces photos sont superbes !
-Je le ferais après…Merci. Saga ne va plus tarder, tu comptes faire quoi ?
-Soirée ciné chez Angelo ! » S’exclama-t-il tout content.
Le franco-russe ricana « Et dire qu’il y’a quelque jour tu pouvais pas le supporter. Shura sera là ?
-Non, il est occupé ce soir.
-Il y a intérêt que tu me textes aussi ce qu’il se passe de ton côté.
Dité lui fit un clin d’œil « It was already planed »
Camus s’aspergea de parfum et au même moment son téléphone sonna, Saga était arrivé.
-« Je dois y aller, amuse toi bien.
-Attend, honey ! »
Le roux se stoppa devant la porte de sa chambre et se retourna vers Dité qui sortit quelque chose de son portefeuille pour lui donner, son visage devint rouge lorsqu’il vit ce que c’était.
-« Garde ça avec toi, au cas où ! »
Il voulut protester et s’indigner, mais…Au cas où.
Il accepta de prendre le préservatif de ses mains et la rangea dans son propre portefeuille.
En passant par le couloir, il décida de jeter un coup d’œil à travers l’encadrement de la porte de la chambre des jumeaux, et comme il s’y attendait, il les vus le nez collé à la fenêtre comme des idiots, espionnant la personne dans la voiture garée devant chez eux. Il sourit en levant les yeux au ciel et sortit de la maison.
Saga descendit de sa voiture afin de le saluer proprement, lui faisant la bise avant de lui offrit un amical sourire. Le grec l’admira quelque seconde, passant sa main dans ses cheveux carmine avant de complimenter son apparence. Camus lui rendit le compliment, en y pensant sincèrement, Saga était vêtu quand même chic, une chemise bue nuit, un pantalon de même couleur et une veste de costume noir. Il sentait aussi vraiment bon, délicieusement bon même. Il se demandait sincèrement comment un homme aussi beau et charismatique que Saga pourrait s’intéresser à lui. Camus aurait peut-être du mieux s’habiller. Le plus âgé contourna la voiture avec lui afin de lui ouvrir la portière et avant de rentrer, le roux jeta un mauvais regard plissé vers ses frères pas si discrets que cela à la fenêtre. Ces derniers comprenant qu’ils s’étaient fait cramé, se cachèrent derrière le mur.
-« Tes petits frères sont adorable. » Ricana légèrement Saga une fois installé au volent.
-Adorable mais fouineurs, excuses leurs mauvaises manières.
-Ne t’inquiète pas, j’ai toujours voulu les voir, après tout, ils sont ton sujet de discussion préféré. »
Ils s’échangèrent un sourire et Saga remit en marche sa voiture. Camus ne savait pas vraiment s’il était nerveux ou pas, il ne pouvait cependant pas dire qu’il était détendu, il appréhendait ce tête à tête. La dernière fois qu’ils s’étaient retrouver seuls, ils avaient fini par se rouler des pelles et se caresser à moitié nus. Il avait encore les marques sur son cou et son torse. Heureusement que ces souvenirs lui étaient flou sinon ils l’auraient hanté constamment. Il avait toujours du mal à croire que cela s’était produit entre lui et Saga, si son lui du passé l’apprenait, il aurait eu une crise cardiaque. Et puis, ce qu’il avait gardé dans son portefeuille lui servait d’un constant rappelle que les choses pourraient aller encore plus loin que la dernière fois…Il s’était déjà préparé à l’éventualité.
Une part de lui était réticente à l’idée, une autre, le voulait bien, en fait, il espérait quand même que cela se produise pour que cela le calme un peu. Il avait l’impression de devenir à fleur de peau et surtout en manque. Peut-être que Saga lui, n’avait absolument pas cela en tête et que Camus était juste un pervers. Il devait arrêter d’y penser.
Saga se racla légèrement la gorge, sonnant quelque peu nerveux. « Je sais que je me suis déjà excusé par téléphone, mais désolé pour ce que je t’ai laissé, je m’étais emporté.
-Ce n’est rien. » Répondit simplement le roux. « Pas la peine de t’excuser. On va où ?
-A un restaurant que j’aime bien, tu verras une fois arrivé. »
Saga tourna la tête vers lui quelque seconde pour lui offrir un sourire et ajouté. « Un peu de musique ?
-Volontiers. »
Il appuya sur l’écran de la radio et une vielle romantique chanson se lança, Camus eut presque envie de ricaner. Il savait que c’était le style de Saga d’écouter ce genre de chanson, mais si cela était fait exprès, c’était assez mignon de sa part. Et dire qu’un homme à l’apparence aussi sévère et imposante était en fait un amoureux de la littérature romantique et des vielles chanson d’amour. C’était d’ailleurs lui qui lui avait recommandé les meilleurs romans d’amour qu’il n’avait jamais lus, et certain lui firent monter la larme à l’œil.
Il se sentit beaucoup plus à l’aise au souvenir, ce n’est pas parce que quelque chose de plus s’était passé entre eux qu’il devait oublier tout ce qu’ils furent avant, des amis qui passaient tout leur temps à échanger sur des sujets d’ « intellos ». Il avait eu l’occasion de refaire quelque chose de similaire à l’université, en passant son master et devenant professeur la bas, mais, cela ne fut jamais pareille qu’avec Saga. Il prenait la peine de vouloir tout comprendre de ce qu’il disait et s’intéressait toujours à son point de vue sur des sujets philosophique et littéraire, contrairement aux autres, le grec n’échangeait pas avec lui pour simplement faire entendre son opinion, mais pour le partager et accepter d’être contredit. Vraiment, leurs échanges furent les plus bénéfique et enrichissant.
La chanson suivante lui fit comprendre que toute les prochaines serait du même style, et il n’était vraiment pas contre, il aimait les veilles chanson. Et puis, celle la lui était familières.
Comme s’il lisait dans ses pensées, Saga dit : « Tiens, celle la me rappelle quelque chose.
-Je me disait justement la même chose.
-Et ? Qu’est-ce que ça te rappelle ? »
Camus observa son profil comme s’il y allait trouver la réponse dessus, mais au lieu de cela, il se trouva distrait. Saga regardait la route, un petit sourire aux lèvres qui était assez pour briser son image autoritaire et ferme, le roux se rapellait encore à quel point ce sourire là le faisait craquer, et il n’allait pas mentir, cela n’avait pas changer.
Et dire qu’ils s’étaient embrassés.
Saga lui jeta un coup d’œil et sembla amuser de l’avoir surpris en train de le fixer peu discrètement. Camus revint à lui-même et rougit, quelque peu embarrassé et timide. Quel était cette soudaine tension entre eux ? Pourquoi se sentait-il timide ? C’était à cause de la musique romantique ! Elle jouait avec sa tête et ses émotions.
-« Tu aurais besoin d’un indice ?
-Non, ça m’est revenu. C’est la chanson qui était joué dans le café ou on s’est donné rendez-vous pour la première fois. »
Sa réponse fit visiblement plaisir au grec puisque son sourire s’élargit. « Ta mémoire m’impressionnera toujours.
-Ma mémoire n’a rien de spéciale, je m’en rappelle car on avait arrêté de parler pour l’écouter.
-En effet, depuis, je l’écoute souvent. »
Son cœur se réchauffa malgré lui, sa voix pour une raison semblait faite de miel, elle était grave, mais par moment, comme celui-ci, elle devenait aussi douce que du miel naturel. Camus se rappela qu’il s’y perdait parfois lorsque ce dernier lui expliquait quelque chose ou lui partager son avis, il devait s’accrocher de toute ses forces pour saisir le sens de ses paroles au lieu de baigner dans sa voix et dans la sensation qu’elle lui procurait.
Maintenant qu’il y pensait, ce béguin qu’il avait eu pour lui était bien plus fort qu’il ne le croyait. Cela expliquait pourquoi d’une simple caresse à l’épaule, il fut tout chamboulé et retourné.
-« Je pense que c’est à ce moment-là que j’ai compris que tu aimais les vielles romances. » Lui dit Camus.
-« Qu’est-ce que tu y as pensé ?
-Que c’était plutôt mignon. »
Camus pressa ses lèvres ensemble en réalisant qu’il avait dit cela sans vraiment y penser. Depuis quand parlait-il aussi impulsivement ? C’était à force de trainer avec Milo, il en était sûr !
Saga s’esclaffa et cela fut une bonne opportunité pour chasser l’instructeur de son esprit, il refusait que ce dernier le tourmente mentalement alors qu’il était avec Saga.
-« Désolé, c’est sorti tout seul. » S’excusa-t-il sans daigner de le regarder.
-« Ne t’en fait pas, ça veut dire que tu le penses vraiment. Tiens, tu me diras si la suivante aussi te dit quelque chose. »
Le roux devint curieux mais attendit patiemment que la prochaine chanson se lance.
-« В последний раз » Devina Camus dès la première note. « C’est moi qui te la fais découvrir si je me rappelle bien.
-Oui » Il ricana « tu l’a chantonné une fois en m’attendant à la sortie du campus.
-Et toi au lieu de me faire savoir que tu étais là, tu es resté derrière moi à m’écouter ! » S’exclama-t-il en lui donnant une faible tape sur le bras qui le fit lâcher un rire plus fort.
-« Hahaha ! Je voulais pas t’interrompre, et puis, j’aimais bien ce que j’entendais. »
Camus tiqua de la langue, sentant ses joues chauffées. « Mais oui, tu dis ça pour me rassurer.
-Non je t’assure, puis je te l’avais aussi dit à l’époque, tu devrais chanter plus souvent. »
Le roux croisa des bras et détourna la tête vers sa fenêtre, Milo voulait qu’il danse, Saga qu’il chante, qu’est-ce qu’ils avaient à la fin ? Ils voulaient faire de lui une pop star ou quelque chose du genre ?
-« Je me rappelle surtout comment tu as sursauté quand tu m’as enfin remarqué ! On aurait dit un chat, hahaha !
-Saga ! » Protesta Camus, embarrassé. « Tu te moques de moi.
-Je n’oserais jamais. » Dit-il plus bas avec un souriant, il enveloppa ensuite sa main de la sienne et la porta a ses lèvres pour y déposer un léger baiser sur ses doigts.
Camus sentit son cœur bondir dans sa poitrine, il ne s’y attendait vraiment pas, et on dirait que le plus âgé sentit sa surprise sans même le regarder.
-« Est-ce que c’était de trop ?
-Non. » Répondit-il, tentant d’avoir l’air serein.
Satisfait de sa réponse, Saga déposa un autre baiser sur sa main et Camus crut que son visage allait fondre. Oui, il était définitivement à fleur de peau. Ce deuxième baiser fut plus lent, il attarda ses lèvres sur sa peau, le faisant frissonner avant de délicatement lui relâcher la main.
Bon, ceci n’était apparemment pas une sortie entre ami mais bien un rencart. Camus ne sut quoi dire, il n’était jamais aller à des rencarts avec un autre que son ex, et leur dernier rendez-vous amoureux remontait à y a un tres long moment. Il ne savait pas comment se tenir ou quoi dire, mais apparemment il n’eut besoin de rien faire puisque Saga lui offrit un petit sourire rassurant avant de se concentrer à nouveau sur la route.
Ils passèrent le reste du trajet à écouter la playlist de vieille chanson et s’échanger quelques mots de temps en temps. A un des moments où ils ne parlaient pas pour profiter de la musique et du calme, Camus faillit lâcher petit rire lorsqu’il se demanda s’il était possible de rester silencieux ainsi avec Milo dans une voiture pour plus de deux minutes.
Il réalisa qu’il pensait a lui et voulut le chasser de sa tête, mais au même moment, son téléphone vibra dans la poche de son pantalon. Il jeta un coup d’œil à l’écran en s’attendant à trouver un message de Dité, mais ce fut justement un de Milo. Il hésita à le lire, après tout il était avec Saga, cela serait-il propre de sa part d’envoyer un message à un autre homme ? -bien qu’il ne soit qu’un ami-. Il savait avec Surt cela n’aurait jamais été envisageable, cependant, c’était en compagnie de Saga qu’il était, et non de Surt. Enfin, peut-être que c’était normal et qu’il n’avait jamais compris pourquoi.
Il se sentirait en revanche coupable de l’ignorer, c’était vrai qu’il souhaitait le sortir de ses pensées, mais cela n’empêchait pas le fait que Milo avait pris la peine de lui parler, et puis, il avait tant fait pour lui. Il jeta un coup d’œil discret au conducteur puis à nouveau à son téléphone.
-« Ça te dérange si je réponds à un message ? »
Saga s’embla surpris de sa question et Camus se sentit mal à l’aise, n’était-ce pas une chose normale à demander dans cette situation ? Il n’en était pas sur lui-même mais ce fut toujours ainsi qu’il procéda.
-« Bien sûr que non. Tu peux faire ce que tu veux. »
Peut-être que cela le derangeait pas parce qu’ils ne sortaient pas ensemble, enfin, c’était tant mieux pour lui. Il ouvrit le message pour le lire.
« Milo 🔆 :
J’ai tout dévoré c’était trop bon
Stp fait en encore »
Camus ne put s’empêcher d’esquisser un sourire, secrètement ravi du message.
« -Tu m’as pris pour ton chef pâtissier ?
Milo 🔆 :
😔😟😢😭🥺😔😔😔
Je pleure
👉👈
-Pleure
Qu’est-ce que tu veux que je fasse ?
Milo 🔆 :
Plus de tarte
Merci, t’es le meilleur 🥰😘🫶🫶❤️
-J’ai jamais dit oui.
Milo 🔆 :
🥰😘❤️🫶💖💗🤗😌😌
-Arrête.
Arrête de m’envoyer autant d’emoji.
Milo 🔆 :
🤩🐱🦐🤹🍇
🧚♀️👙🗽
-Je te bloque
Milo 🔆 :
NoooON
Ok c’est bon plu d’emoji
>﹏<.·´¯`(>▂<)´¯`·. ಥ_ಥ
(Techniquement c’est pas des emojis donc tu peux pas me bloquer) »
Il ne put s’empêcher de lâcher un petit rire, Milo était si ridicule et tellement aléatoire.
-« Je me demande qu’est ce qui peut te faire rire comme ça. »
Camus sursauta légèrement, aussi surprenant que cela puisse paraitre, il avait totalement oublié dans quelle situation il était et qu’il était accompagné de Saga. Honteux, il se hâta d’éteindre son téléphone et de le ranger dans sa poche.
-« Rien, c’est juste Dité, il est allé voir Angelo ce soir. »
Saga ne lui posa pas plus de question la dessus et bientôt ils arrivèrent à destination. Camus observa les alentours secrètement dubitatifs alors qu’ils pénétraient dans le parking d’un hôtel cinq étoile réputé. Il se retint de faire tout commentaire alors qu’il avait « on ne va quand même pas manger là. » sur le bout de la langue. Non pas qu’il n’appréciait pas les endroits chic et luxueux, tout le contraire même, mais il avait déjà accepté que Saga paye tout -après qu’il insista grandement- et se sentit coupable qu’il l’invite à un tel endroit. Non seulement cela, mais sa tenue n’était pas tres adéquate, il craignait lui faire honte. Il ne sut comment verbalisé son inquiétude et se contenta de rester silencieux lorsque son rencard arrêta la voiture devant l’entrée du prestigieux bâtiment. Ils descendirent de la voiture et tandis que Camus s’émerveillait devant la grandeur et l’architecture admirable de l’hôtel, Saga passa ses clefs au valet et lui offrit son bras. Le roux fut quelque peu surpris que le grec veuille l’escorter publiquement, enfin, Camus avait arrêté de cacher sa sexualité depuis longtemps, il s’était déjà habitué au regard et remarque, alors cela ne lui posait aucun problème. Il ne s’attendit juste pas à ce que Saga veuille s’afficher directement avec lui dès le premier rancart. Après deux seconde d’hésitation, il accepta son bras, reposant le sien dessus et le tenant de son autre main. C’était vraiment galant de sa part, il se sentait un peu timide de cette touchante attention. Le plus âgé lui offrit un léger sourire avant de le guider à l’intérieur du hall d’entrée fortement éclairé et richement décoré. Il sentit qu’il devrait dire quelque chose, mais ne sachant quoi, il garda le silence et se contenta de suivre les pas de son ancien ainé de la fac qui n’eut besoin d’adresser la parole à personne, un groom sembla l’avoir reconnu et le salua respectueusement en leur ouvrant la porte de l’ascenseur.
Le roux ne pouvait s’empêcher de se sentir mal à l’aise une fois seul avec lui dans l’ascenseur vaste où une musique calme pesait plus lourd sur le manque de parole, et selon le bouton qu’appuya Saga, ils montaient au dernier étage, le seizième. Il se disait d’un part que c’était un peu trop pour un premier rancart, après tout, avant, ils se rencontraient dans des petits café cozy autour du campus, mais maintenant qu’il y pensait, Saga n’était plus un simple étudiant finalisant son master, il était un PDG et un directeur, cela devait être naturelle pour lui de se rendre à ce genre pour un simple diner.
Il se décida de briser le silence -la musique l’insupportait-. « Si j’avais su, je me serais mieux habillé. Je crains de baisser ton image. »
Saga tourna la tête vers lui et il remarqua comment ses yeux s’attardèrent rapidement sur ses lèvres.
-« Je trouve que tu es tres bien habillé, au contraire, je pense que c’est moi qui ne soit pas à la hauteur. »
Camus arqua un sourcil malgré lui, il avait l’impression d’être une tâche à côté de cet homme, il s’attendait à ce que les gens posent leur regard jugeur et désapprobateur sur lui lorsqu’il allait se montrer ainsi au bras d’un homme aussi grand, beau et charismatique que le grec. Le genre de regard qui disait « Il est trop beau pour lui. » « Quel gâchis », alors il eut du mal à croire réellement ses paroles. Il se dit que Saga était simplement trop aimable.
-« Toi ? Pas à la hauteur ? »
Les portes du vaste ascenseur s’ouvrirent, permettant à une légère brise de s’engouffrer à l’intérieur. Camus était soulagé de pouvoir sortir et s’éloigner de cette musique et de ce moment quelque peu gênant. Il le guida vers une vitre ouverte à côté de laquelle se tenait la réception du restaurant, encore une fois, Saga fut reconnu, et un serveur extrêmement respectueux leur demanda de le suivre pour les emmener à leur table. Le restaurant se situait sur une partie du toit de l’hôtel, l’espace était éclairé par des guirlande guinguettes au-dessus de leur tête et par des rideaux lumineux, tous dorés, ce qui embellissait la couleur bois des tables et du parquet. Une faible musique de soft jazz accompagnait les calmes discussions et le bruit des, de plus, ils avaient droit à une vue sur les quartiers illuminé de nuit aux alentours. Tout le monde présent était soigneusement habillé de vêtements de marques et de bijoux luisants et pour les femmes, un impeccable maquillage. Comme prévu, quelques regards se tournèrent vers eux durant leurs passages entre les tables mais Camus tenta de croiser aucun d’entre eux et de garder une bonne posture et un visage neutre. Leur table était un peu à l’écart, collé à la balustrade, un fin et long vase blanc contenant des roses était posé sur la nape blanche et noir, à côté d'élégante bougies allumées, l’aspect romantique était fortement présent.
Si Saga ne lui avait pas fait comprendre plus tôt avec ses gestes affectifs que ceci était un rancart, il l’aurait compris tout de suite une fois assis à cette table. Le serveur n’eut le temps de lui tirer sa chaise pour l’inviter à s’asseoir que Saga le fit déjà, Camus le remercia d’une petite voix, luttant pour garder une expression neutre.
Les cartes du restaurant leur furent amener et Saga précisa qu’il pouvait commander ce qu’il voulait et autant qu’il voulait. Camus ouvrit le menu mais le referma aussi tôt en faisant les gros yeux à Saga. Oui, d’accord, ce restaurant était luxueux et s’attendait évidemment à voir de gros nombre sur la carte, mais il fut quand même surpris de les lires vraiment. Sa réaction fit lâcher un petit rire a son rancart.
-« Saga, tu sais, j’aurais pas eu de problème d’aller à un petit restau.
-Je sais, mais j’avais envie de te faire découvrir cet endroit. J’avais prévu au départ de te ramener quelque part d’autre, mais je me suis dit que tu serais surement gêné si j’en faisait trop dès notre première sortie. »
« Car ça c’est pas trop !? » S’écria Camus mentalement.
-« Alors tu peux avoir l’esprit tranquille, commande ce que tu veux, même si c’est juste pour essayer. »
Le roux se retint de faire une grimace trop évidente, et ouvrit à nouveau le menu. Il avait l’impression de rien y comprendre, rien n’a part les séries de chiffre sur le côté. Il n’en demandait vraiment pas autant pour un rancart, mais il se devait d’apprécier les efforts du grec.
-« Si tu ne sais pas quoi choisir, laisse-moi te conseiller. »
Il opina et permit à Saga de lui présenter quelque plats, son manque d’avis fit en sorte qu’il choisisse à sa place et cela le convenait. Il commanda aussi la meilleure bouteille de vin disponible et pendant qu’il parlait au serveur, Camus répondit discrètement au message de Dité, lui écrivant rapidement le nom du restaurant où ils étaient. Dité lui envoya une photo, assis sur un canapé, ses jambes étaient étendues sur les genoux d’Angelo dont l’attention était focalisée sur ce qu’il voyait devant lui -le film-. Le roux était content pour son ami, les choses semblaient bien se passé de son côté, ils semblaient s’amuser.
Il mit son téléphone de côté lorsque le serveur s’en alla et que Saga ramena son attention sur lui.
-« C’est un tres bel endroit, merci de m’avoir invité.
-C’est la moindre des choses, et je suis ravi de savoir que ce restaurant te plaise, leur nourriture aussi est tres bonne, tu verras. Après cela, je voudrais te faire visiter quelque place dans l’hôtel, ça serra comme une promenade. »
Camus lui offrit un sourire. « Avec plaisir. »
La discussion resta légère et agréable alors qu’ils grignotaient sur des amuses bouche et sirotaient du vin, partageant différentes expériences culinaires vécu et leurs préférences. Saga fut quelque peu surpris de constater que Camus s’intéressait à ce domaine, depuis son voyage, il prit la cuisine plus au sérieux. Au début c’était pour impressionner et prendre soin de Surt, puis il découvrit que cela était relaxant et amusant. Il expliqua cela différemment à Saga disant qu’une fois en Russie, il ne pouvait plus compter sur sa mère pour le nourrir et appris la cuisine et la pâtisserie.
-« Comment était ton quotidien la bas ? Tu as mentionné que tu travailler en tant que professeur d’université, comment c’était ?
-C’était une enrichissante expérience, j’ai beaucoup aimé ce travail. Je compte reprendre le travailler d’enseignant une fois les vacances finis.
-Tu comptes postuler à quelle université ? Je pourrais t’aider. »
C’est vrai que Saga était désormais le directeur de leur ancienne université, Camus espéra qu’il n’avait pas sonné comme s’il voulait profiter de cela, à vrai dire, il aurait détesté cela. Il ne souhaitait pas que Saga insiste pour lui porter son aide et se dit qu’il devrait changer de sujet,
-« C’est gentille Saga, mais je n’ai pas pris de décision concrète pour l’instant. Mon quotidien la bas se résumait à maison et université, c’est tout. J’ai rencontré Dité dans un cours de langue, en fait, on se croisait dans diffèrent cours de langue avant de devenir ami.
-Tiens, je suis curieux de comment cela s’est produit, vous deux vous êtes si diffèrent. »
Camus esquissa un sourire, il appréciait parler de son meilleur ami, il lui raconta alors comment au début ils ne pouvaient pas se supporter justement à cause de leur différente personnalité. Une fois, le roux entendit des personnes prétendant être des amis du suédois répandre de mauvaise et fausses rumeurs à son sujet, et arborant ce genre de comportement il leur fit face pour contredire leurs propos. En apprenant cela, Dité fut si touché et redevable qu’il décida de ne plus le lâcher. Et depuis ils étaient inséparable, la preuve, son ami était venu avec lui pour s’installer en France.
L’entrée arriva, du Carpaccio de Wagyu et Tartare de poisson fin qui lui donnèrent déjà l’eau à la bouche, la présentation des plats étaient dignes de la grandeur de l’hôtel et il put confirmer que le gout aussi l’étaient. Camus n’était pas un tres grand mangeur, s’il cuisinait c’était principalement pour faire plaisir à l’autre, mais ce qu’il mangea le fit oublier cela. Ce fut si exquis qu’il eut du mal à cacher son agréable surprise. Saga l’observait attentivement avec un tendre sourire amusé, et Camus ne put s’empêcher de rougir sous un tel regard. Remarquant certainement ses rougeurs, le plus âgé lâcha un rire.
-« Qu’est-ce qu’il y a de drôle ?
-Rien, je suis juste content de voir que tu as aimé la nourriture, le reste sera encore meilleur. »
Lorsqu’il approcha de finir son assiette, Saga se mit à le lui remplir de nouveau avec sa propre part. Camus protesta, les jours colorée, que cela soit par timidité ou l’alcool, et tenta de lui rendre sa nourriture, mais Saga ne lui laissa pas le choix, il était même prêt à le nourrir à la cuillère. Le franco-russe dut accepter de manger plus pour qu’il ne le fasse pas.
Saga était réellement intentionné envers lui, c’était la première fois qu’il était chouchouté ainsi par quelqu’un d’autre que sa mère. Il ne savait pas trop comment réagir face à cela. Peut-être que c’était cela de sortir avec un homme plus âgé, un homme qui prendrait soin de lui, sur qui il pourrait se reposer. Cela ne sonnait vraiment pas mauvaise. Enfin, il n’avait quand même aucune attention de sortir avec lui-même si Saga le lui proposait, à vrai dire, il espérait qu’il ne lui demande pas. Peu importe à quel point être son petit ami semblait vendre du rêve, il ne se sentait pas prêt à être en couple. Il avait l’impression que jamais il ne le sera.
Il craignait de finir par tomber amoureux à nouveau si cela continuait ainsi, il ne savait pas s’il était capable d’aimer aussi fortement depuis Surt, cela n’empêchait pas que de temps en temps, ses anciens sentiments reviennent à la surface lorsqu’il était en compagnie de Saga. Cela serait mauvais s’il ressentait quoique ce soit de plus qu’un simple béguin.
Lorsque les couverts furent débarrassés et le vint resservit, leur discussion fut un peu plus animée puisqu’ils ouvrirent leur sujet favori : la littérature. Il n’y avait qu’avec lui qu’il pouvait en parler si librement, et pour un moment, ce fut comme s’il était de retours dans le temps, six ans dans le passé, à débattre sur les meilleurs passages d’un livre, ou sur les meilleurs œuvres d’écrivain. Progressivement, Camus se sentit plus à l’aise et moins tendu, il n’était plus aussi nerveux lorsque le grec initiait un geste affectif. En fait, cela commençait à lui plaire, il ne saurait dire si c’était à cause du vin ou de ses anciens sentiments, cependant cette attention particulière et romantique ne le laissaient pas indiffèrent. Même lorsque les plats principaux arrivèrent, ils continuèrent de discuter. Il pouvait aussi constater que les joues de l’homme en face de lui étaient aussi quelque peu colorées, et son petit sourire ne quitta pas ses lèvres tout le long, il en oublia son côté imposant et sévère. La brise était agréable, elle était rafraichissante contre son visage chaud, la musique et les lumières étaient relaxante, la nourriture et le vin étaient exquis, et Saga était vraiment beau. Il n’y avait absolument rien qui pourrait lui faire passer un mauvais moment. Son estomac était rempli, il n’était pas capable d’avaler quoique ce soit de plus, Saga annula le dessert et il lui fut reconnaissant pour cela. Il proposa de rester assis un peu le temps qu’il se sente plus confortable avant d’aller se promener.
Le grec tendit la main sur la table pour prendre la sienne et l’envelopper de ses doigts, il passa doucement son pouce sur ses articulations, lui procurant quelques frissons agréables. Avant qu’il puisse dire quoique ce soit, Saga remarqua un homme venir vers eux et tourna la tête vers lui. Il se leva ensuite de sa chaise pour lui serrer la main. C’était un grand et large homme imposant avec un visage encore plus ferme que celui du grec. Ce qui était le plus remarquable c’était son monosourcil et ses cheveux d’un blond clair.
-« Bonsoir Saga, pardonne-moi si j’interrompt quelque chose. » Sa voix était beaucoup plus grave aussi
-Ne t’en fait pas.
-J’avais une rencontre diplomatique avec Sorrente, c’est dommage que tu l’aies raté. » Après sa phrase, il baissa les yeux pour détailler Camus.
Ce dernier se sentit tout de suite mal à l’aise, cet homme avait un regard lourd et intimidant.
-« Camus je te présente Rada, c’est un de mes associer. »
L’homme appelé Rada, lui tendit la main pour le saluer et Camus voulut se lever pour le faire plus respectueusement mais le blond lui fit signe de rester assis.
-« Enchanté. » Dit-il simplement à l’homme.
-« Bien, je vais pas déranger votre diner plus que ça. Bonne soirée. »
L’homme s’en alla aussi rapidement qu’il était parti mais il laissa définitivement une forte et perturbante impression derrière lui. Camus se sentit mal à l’aise de nouveau.
-« Désolé pour ça.
-Ce n’est rien voyons.
-Comment tu te sens ? Un peu mieux ?
-Oui, on peut y aller. »
À nouveau Saga lui offrit son bras. Il lui fit savoir que tout était déjà payé à l’avance et qu’ils pouvaient partir des maintenant. Camus décida d’abandonner ce Rada dans un coin de son esprit pour plutôt se focaliser sur son rancart.
…
Il était toujours en froid avec Geist, les choses ne s’étaient pas vraiment arrangés, mais Milo sut s’occuper toute la journée afin de ne pas trop y penser. Kanon devina que cela n’allait pas entre eux et lui proposa de passer la nuit chez lui. Il était content de pouvoir passer du temps avec lui alors il accepta volontiers. Ils avaient mangé de la pizza avec des bières devant un match de boxe qui passait à la télé sans vraiment faire attention à ce qu’il se passait, trop occuper à commérer et rigoler ensemble. Si seulement les choses pouvaient être aussi simple avec Geist, avec Kanon, il pouvait s’énerver et dire ce qu’il pensait, ils pouvaient se fâcher pour une journée et puis laisser leur différents rapidement derrière eux pour s’amuser ensemble et faire les idiots. Après leur diner tres nutritifs, son ami lui prêta des vêtements pour dormir et ils étaient actuellement allongé sur son large lit à s’envoyer des reels et des tiktoks alors que Kanon jouait avec ses cheveux.
-« Regarde-moi cella ! » Ricana son ami en lui montrant son téléphone affichant une vidéo d’une danseuse érotique avec un excès de généreuse forme.
-« Sacré nichons. »
Au même moment, la notification d’un appel apparut sur l’écran, kanon retourna son portable pour regarder qui c’était avant de répondre avec un sourire.
-« Qu’est-ce que tu me veux, monosourcil !
-Ne t’ai-je pas déjà dit de ne pas m’appeler comme ça. » Répondit la voix grave d’un homme que Milo devina appartenir à l’amant du moment de son meilleur ami.
-« Je t’appelle comme je veux, et je t’ai déjà dit que j’étais pas dispo ce soir.
-Bien car je comptais pas coucher avec toi, je voulais te faire part de ce que j’ai vu d’interessant ce soir mais vu ton manque de respect tu ne le mérite pas.
-Non attends babe, c’est bon, je suis sage, dit moi ! »
Milo ravala son rire, c’était rare de voir Kanon aussi obéissant.
-« Je viens de sortir de l’apollon-
-Tu dinais avec ta femme ? Saleté d’ogre va ! Et tu oses m’appeler ! » Son ton était faussement fâché, il était évident en voyant son sourire mutin qu’il plaisantait.
-« Je vais te le faire regretter la prochaine fois qu’on se voit.
-Ouh~ J’ai hâte. » Il fit un clin d’œil à Milo et ce dernier fit une grimace faussement dégoutée.
-« Bref, reste sage sinon je vais rien te dire... J’ai croisé Saga.
-Oui et ? Il est aussi ennuyant que toi niveau restau, il dine toujours la bas.
-Il n’était pas seul. »
Milo se rapprocha un peu plus pour ne rien manqué, se trouvant lui aussi investit dans ce commérage. Kanon en profita pour enfuir sa main dans les racines de ses cheveux.
-« Oui ? et ?
-Il était en rancart. »
Milo et Kanon eurent la même réaction de se redresser de surprise, les yeux écarquillés.
-« Nah ! sérieux !?
-Attend un peu, ce que je vais te dire après risque pas de te plaire. Tu sais comment dernièrement tu n’arrêtes pas de me casser les oreilles à propos de cet homme que tu détestes. Camus c’est ça ? »
Milo sentit son cœur faire une petite chute, son visage s’assombrit et ses sourcils se froncèrent.
Cela ne plus pas non plus à Kanon, mais ce fut pour de différente raison
Il maugréa « Tu déconnes j’espère ! Dis-moi que tu blagues !
-Bon, si c’est ce que tu veux.
-C’est pas drôle !! Et t’as rien fait !?
-Et qu’est ce que je pouvais faire, tiens ? Leur renverser la table ?
-C’est bon tu me fait chier, bye ! »
Il coupa l’appel d’un geste colérique et bondit du lit, les poings serrés.
-« Quel nuisance ! »
Milo se leva aussi, pour une raison, tout aussi en colère. Il sentait non seulement du feu au creux de sa poitrine mais aussi un pincement au cœur ainsi qu’un gout amer au fond de la gorge. Il ne pouvait plus supporter ces mauvaises remarques sur son partenaire de dance, il fallait que son meilleur ami fasse taire cette haine injuste envers lui pour de bon sinon les choses n’allaient qu’empirer entre eux. Et aussi, pour une raison, il était furieux contre Saga, encore plus que son frère jumeau. Il ne savait pas pourquoi, mais l’idée qu’il fasse la cour à Camus en lui plaisait pas du tout, quelque chose lui assurait que son ami ne pouvait avoir de totale bonne attention. Pourtant, Saga était quelqu’un d’aimable et courtois, néanmoins, il n’arrivait pas digérer complétement sa relation avec le roux. Et puis, Camus aurait peut-être pu le prévenir qu’il était avec lui ? Au lieu de juste arrêter de lui répondre, même si ses messages n’étaient pas si importants que cela. Lui avait-il menti ? Lorsqu’il nia le fait de sortir avec Saga.
-« Tss, fait chier. » Lâcha-t-il entre ses dents serrer, n’écoutant plus les plaintes de Kanon.
-« Oui ça fait chier ! Je me suis fait engueuler par Saga à cause de cet enfoiré ! Je veux pas qu’il reste dans ma vie, ah ça non !
Milo en avait plus que marre, il sentait le feu lui monter à la tête. « Je peux savoir pourquoi tu le déteste autant !? Camus n’est absolument rien de ce que tu proclames ! »
Kanon se tourna vers lui, les muscles de son visage contracté en une expression dangereuse, son regard laissant paraitre toute sa colère et son mépris envers le roux. « T’es sérieux la !? On en a pas déjà parler !? Et comment tu peux savoir hien !? Tu traines avec lui !? » Il s’était approché de lui et le poussa au niveau de l’épaule. « Moi qui me disais que mon meilleur pote ne me ferait pas ça ! Finalement ce connard a su comment te manipuler aussi ! »
Milo perdit totalement son sang-froid, il se tint face à face à lui, défiant son regard du sien bouillonnant et perdant contrôle de ses actions, il le poussa en retour mais avec beaucoup plus de force. Kanon manqua de tomber à la renverse, se rattrapant de justesse à son armoire, mais Milo n’en avait pas fini la, il lui empoigna fermement le col de son haut et le ramenant à nouveau tres près de son visage pour le fixer dans les yeux.
-« Mais qu’est ce qui te prend !
-Je te préviens Kanon ! Y’a intérêt que t’arrêtes avec cette sale langue ! Tu connais pas Camus !! »
Kanon lui saisit les bras avec force pour le faire lâcher prise et le repoussa violement vers le lit où Milo tomba, il se heurta le bas du dos sur la partie inferieur en bois mais ne sentit aucune douleur sur le moment.
-« C’est toi qui le connait pas !! » Lui hurla-t-il. « Toi et mon frère vous vous retournez contre moi pour lui !! Qu’est-ce qu’il a de si spéciale !? RIEN !! »
Avant qu’il ne puisse se redresser, Kanon le maintint sur le matelas, d’une main tirant sur son haut et de l’autre lui tenant la mâchoire avec pression, la serrant fermement et le forçant à lever le regard vers lui.
-« Quoi ? Il t’a eu dans sa poche aussi ? il t’a fait les yeux doux et à jouer sa victime !? T’es tombé sous son charme c’est ça ? » Plus il parlait, plus il avait l’air fou et dangereux, et aussi plus il appliquait de la force sur sa prise, Milo eut l’impression qu’il allait lui briser la mâchoire.
Pour se libérer, il envoya son genou contre l’estomac de son ami, il ne dosa clairement pas sa force puisque ce dernier le lâcha et recula de quelque pas en se tenant le ventre, une grimace de rage et douleur déformait son visage. Pour quelque seconde, un sentiment de culpabilité lui tordit le cœur mais il était si hors de lui qu’il ne pouvait pas lui donner plus d’attention. Un sourire cynique tira les lèvres du plus âgé, il se redressa et projeta son poing sur son visage. Milo n’eut pas de reflex assez rapide pour totalement le parer, il se le reçut alors entre sa tempe et sa joue. Ses oreilles bourdonnèrent par le choc mais il ne perdit pas une seule seconde pour rendre le coup.
-« TOI AUSSI TU ME TOURNES LE DOS !! » Hurla-t-il en effectuant un mouvement de recul.
-Arrête de dire n’importe quoi !! T’es mon meilleur pote mais Camus est aussi mon ami !! »
À peine avait-il fini de s’exclamer qu’il se retrouva plaquer contre le mur, incapable de se débattre par la manière dont Kanon le tenait. Il était pressé contre lui, son visage si près du sien que leur souffle rapide et burlant s’entremêlaient, il pouvait le sentir s’échouer contre ses lèvres. Ses yeux grands ouvert, pétillant d’émotions semblaient le submerger à l’intérieur.
-« Si je suis vraiment ton meilleur pote tu serais pas ami avec lui ! Pourquoi tu t’acharnes autant ? Il est personne de spéciale.
-Tu ne fais aucun sens !
-C’est simple ! C’est moi ou lui ! »
Milo écarquilla les yeux de surprise avant de les plisser à nouveau.
-« C’est stupide !! » Réfuta-t-il. « Je te comprend pas ! »
Il le repoussa quelque peu avec difficulté et se dirigea vers la sortie de sa chambre pour s’en aller. Mais il se fit rattraper et retenu par le bras à peine le seuil de la porte franchi. Kanon le tira vers lui pour à nouveau fixer ses yeux dans les siens.
-« Est-ce t’a réponse ? Tu comptes vraiment partir et ne laisser ?
-Je vais pas te donner de réponse, tu restes mon meilleur pote mais j’abandonnerai pas Camus pour toi ! »
Ses yeux s’assombrirent horriblement, ils semblèrent noirs et vidés de leur ancienne colère, ce regard la était bien plus déconcertant et troublant. Milo ne voulait plus les regarder. Il se libera de sa poigne et s’en alla.
…
Toute comme Saga le dit plus tôt, dans l’hôtel se trouvait plusieurs endroits interessant méritant d’être exploré, un d’eux était une exposition d’œuvre d’art, le premier qu’ils visitèrent. Saga lui avait tenu la main et le roux tentait de ne pas trop y penser. Il trouvait tout cela interessant, mais se disait qu’il devrait peut-être mettre les choses aux clairs avec lui. Comment le faire ? Comment ouvrir le sujet, cela il n’en était pas sûr. Oui, il passait un bon moment, et il mentirait s’il disait qu’il n’aimait pas secrètement être courtisé de la sorte, et que les gestes romantiques le laissaient indiffèrent, mais il craignait sincèrement que le grec fasse cela pour gagner son cœur. Cela lui semblait quand bien même insensé, une personne comme Saga ne pouvait quand même s’abaisser à son niveau.
-« Perdu dans tes pensées ? »
La voix de Saga proche de son oreille le fit extirper de sa bulle. Ils étaient actuellement en train de marcher dans un couloir d’aquarium où divers animaux maritimes vivaient leur vie paisiblement. Son regard s’étaient perdus dans l’eau, s’attardant sur une crevette qui ne devait surement pas comprendre pourquoi un idiot roux le fixer sans aucune expression sur le visage. Il tourna les yeux vers son rancart qui affichait un petit sourire.
-« Je me demande à quoi tu pourrais pensées. »
Camus se sentit honteux par son manque d’attention et détourna le regard.
-« Rien en particulier. »
Saga enveloppa sa joue avec sa main et lui releva le visage afin qu’il le regarde à nouveau. Sous sa paume, il pouvait sentir sa joue se réchauffé un peu.
-« Quelque chose te tracasse ? Tu peux m’en faire part. »
Camus masqua sa panique, il ne voudrait pas que Saga devine à quoi il pensait.
-« Il n’y a rien. »
Son pouce lui caressa la joue tandis que ses yeux se baissèrent plutôt vers ses lèvres, sans vraiment s’en rendre compte, le roux se retint de respirer correctement et son pouls s’accéléra. Il se demanda si Saga avait envie de l’embrasser, et si lui-même avait envie d’embrasser Saga.
-« Est-ce que c’est à propos de nous ? »
Dans le mille, Camus espéra que sa réaction ne le dénonça pas.
-« Je dirais pas que ça me tracasse… »
Si, cela le tracassait.
Saga esquissa un petit sourire rassurant, glissant ses doigts sur une mèches de ses cheveux, et Camus commençait sérieusement à avoir chaud.
-« Ne t’en fais pas, on est pas obligé de mettre une étiquette sur notre relation pour l’instant. Je comprends que tu viens de sortir d’une longue relation qui t’a épuisé, je n’attends pas de toi que tu commences une nouvelle aussi tôt…Je suis simplement content de pouvoir être sincère avec toi.
-Saga… »
Étrangement, il n’arrivait plus à réfléchir, il ne parvint pas à analyser ses paroles parce le ton de sa voix et la manière dont il le regardait l’en empêchaient complétement. Tout ce qu’il pouvait certifié c’était la chaleur sous sa peau et ces picotements au creux de son estomac. Ce qu’il ressentit, la dernière fois qu’ils furent seuls ensembles, lorsqu’il était assis sur son canapé refaisait surface. Il se demanda plus tôt s’il avait envie de l’embrasser, cela sonnait désormais comme une stupide question. Il avait envie de s’enivrer jusqu’à ne plus être capable d’établir la moindre pensée, et Saga lui prouva qu’avec ses lèvres il était capable d’accomplir ce miracle. S’il l’embrassait, s’il le touchait, Camus n’aurait pas besoin de boire.
Le grec sembla avoir capté le message, il caressa de son pouce sa lèvre tout en se penchant vers lui. Il ferma les yeux et au même moment, ses lèvres furent scellées en un baiser. Son souffle se coupa l’espace d’un instant, il haïssait le fait qu’il pouvait si facilement être addicte à ce genre de sensation, au frisson et au plaisir. Saga sut lui donner les deux. Ce dernier lui tint le visage avec ces deux mains, le tenant en place pour approfondir sans plus tarder le baiser. Camus fredonna à la caresse de sa langue contre la sienne, en réponse, il enroula ses bras autour de sa nuque, rapprochant son corps du sien. Aussi près de lui, il pouvait humer son odeur masculine et le sentir aussi frissonner, ce qui ne l’aidait vraiment pas à garder les pieds sur terre, tout comme le bruit que produisait leurs baisers ainsi que leurs souffles courts et rapides qui s’entremêlaient. Il pouvait le sentir au creux de son estomac, il ne savait pas s’il était prêt à passer au niveau supérieur mais sur le moment c’était tout ce qu’il souhaitait.
Peu importe à quel point cela était tentant de rester ainsi, ils étaient quand même en lieu publique et se devaient d’avoir un minimum de retenu. Ce n’étaient pas parce qu’ils étaient seuls la maintenant que personne n’allait venir et puis, s’ils continuaient, cela serait difficile de s’arrêter. Saga fut celui qui interrompit le baiser, il s’éloigna légèrement et le regarda dans les yeux. Le roux put constater ses pupilles dilatés remplis de désirs mal refoulé, ses joues colorées ainsi que ses lèvres humides et légèrement tâchées de son rouge à lèvres. Il déglutit difficilement face un tel visage si attirant. Il avait vraiment de la chance pour qu’un homme aussi beau et séduisant que lui veuille bien l’embrasser.
-« Camus, si tu continues à me regarder comme ça, tu vas nous causer des problèmes. » Lui susurra-t-il.
Le concerné n’était pas vraiment en train de l’écouter, ses paroles étaient rentrées d’une oreille et sorties de l’autre. Tout ce à quoi il pouvait penser c’était à quel point c’était agréable de se faire embrasser et désirer. Il vit le regard de Saga s’assombrir tandis qu’il se mordit la lèvre, ce dernier le tint le menton sans sa délicatesse habituelle et l’embrassa sans prévenir avec plus de force et de faim. Sa langue se fraya un passage entre ses lèvres et explora l’intérieur comme si sa vie en dépendait, faisant heurter leurs dents ensembles. Camus fut pris de tournis, un courant électrique lui traversa l’échine et ses genoux devinrent mous. La seconde d’après, son dos se retrouva contre la vitre froide d’un des grands aquariums, toujours avec une langue enroulée autour de la sienne mais cette fois ci avec un nouvel invité entre ses jambes. Saga calla son genou la, et ce contact lui envoya des décharges électriques en continue dans tout son corps, et lorsqu’il appliqua de la pression, un gémissement lui échappa et s’échoua dans la bouche de l’autre. Il était en train de perdre la tête, il tenta de s’accrocher autant qu’il le pouvait, agrippant fermement la veste de Saga tandis que lui, l’agrippait par l’arrière de sa tête. Il finit par lui libérer la bouche d’un son humide, et Camus se mordit fortement les lèvres en contractant tous ses muscles pour étouffer un gémissement lorsque Saga fit glisser sa langue sur son cou. Il ne pouvait absolument plus empêcher son désir de se manifester, il ne fut jamais tres bon à ce jeu, et le genou collé à celui-ci lui était une torture et pourtant il avait envie de se presser encore plus contre.
Le grec lui mordit la peau, sur le point de lui laisser un suçon mais s’interrompit et se redressa de son cou. Son visage était rouge, mais Camus pouvait parier que le sien devait l’être deux fois plus. Saga avait un peu de salive au coin des lèvres qu’il essuya d’un revers de main, et sa respiration était aussi rapide que la sienne.
-« On peut pas faire ça ici. Bien que ce n’est pas l’envie qui manque, tu es magnifique avec cet arrière-plan. » Souffla-t-il avec un sourire charmeur.
Magnifique ? mais qu’est-ce qu’il racontait ? Se dit le roux, mais peu importe, il était extrêmement frustré que Saga se soit relevé de lui. Il ne faisait pas attention à ce qu’il disait.
Ce dernier lui prit la main et déposa une série de baiser dessus. « Bonne choses qu’on est déjà à un hôtel. » Dit-il, son sourire contre sa peau avant de le trainer avec lui à pas rapide.
Camus ne comprit pas trop ce qu’il se passa, il reprit pleinement conscience après que Saga eut échangé quelques mots avec un membre du personnel. Lorsque ce dernier s’en alla, le grec le ramena dans ses bras et le roux, bien que surpris et incapable de s’exprimer, trouva un certain confort contre son torse. Il resta la alors immobile tandis que le plus âgé faisait monter et descendre sa main le long de son dos. Cinq minutes plus tard, l’homme revint pour simplement donner une carte à Saga et s’en aller la tête baissée. Camus commençait à comprendre, son estomac se noua mais il ne fit rien, il se contenta de se laisser guider par son ancien ainé de la fac en direction d’un couloir adjoints où des séries de porte se trouvaient de chaque côté.
Saga s’arrêta devant une d’elle, et le roux n’eut même pas le temps de lire le numéro de la chambre avant qu’il ne s’y fasse tirer à l’intérieur. La porte à peine claquée qu’à nouveau des lèvres s’appuyèrent contre les siennes et qu’une langue ouvre le portail vers l’intérieur de sa bouche. Cette fois ci, il n’avait aucun retenu, il l’embrassait, lui léchait et mordait les lèvres avec acharnement, pressant son corps contre le sien et le tenant à nouveau par la racine de ses cheveux. Camus était totalement dépassé, il fut pris d’un fort vertige et d’une faiblesse dans les muscles. Il n’était même pas capable de lui rendre ses baisers, tout se passait si vite qu’il ne parvenait à le rattraper. Saga n’avait même pas pris la peine d’allumer la lumière, ils étaient dans le noir totale, ce qui aggrava un peu son état de confusion, de dépassement et de panique. Il pouvait s’entendre gémir, surtout lorsque son rancart semblait prendre plaisir à frotter discrètement son genou contre sa partie sensible et endurcie.
Peu après, un petit cri de surprise l’échappa lorsque ses pieds quittèrent le sol. Le grec le porta sans prévenir et se servit du flash de son téléphone pour se repérer dans la pièce. Camus tenta de profiter de cette surement courte pause afin de reprendre son souffle ainsi que quelques repères. Il se surpris à avoir le vertige alors que Saga le transporta, et sursauta lorsqu’il fut lâcher au-dessus du matelas vraiment douillet et mou de la chambre. Saga alluma une lampe à tres faible lumière au-dessus du lit et le roux pouvait enfin voir, pas tres clairement mais c’était mieux que le noir total. Il vit le plus âgé retiré sa veste et la balancer sur le côté avant de venir se placer au-dessus de lui pour le réembrasser. Il passa ses mains sous son dos afin de mieux le placer sur le matelas, de sorte à ce qu’il puisse plus confortablement se caller entre ses jambes. Ce baiser fut si long et mouvementé qu’il ne put reprendre son souffle, ses ongles se plantèrent dans sa peau à travers sa chemise par manque d’oxygène, ses poumons brulèrent et ses plaintes furent étouffés. Heureusement, Saga lui libera la bouche afin de prendre lui aussi sa respiration et Camus eut l’impression qu’il était remonté de justesse à la surface de l’eau, il remplit bruyamment ses poumons d’air, la bouche toujours ouverte. Il était humide de sueur, il suffoquait de chaleur, c’était désagréable, ses cheveux et ses vêtements lui collés à la peau, tout cela était réellement insupportable. Il tira sur le col de son haut en étirant le cou pour se libérer un peu de son inconfort.
La respiration rapide et haletante, il souffla un « J’ai chaud » d’une voix plus aigüe et expressive que la norme.
Saga ne perdit aucune autre seconde, il lui défit rapidement les boutons de sa chemise et lui releva légèrement le dos pour le lui retirer, il fit pareille avec son pull, le faisant passer au-dessus de sa tête pour le balancer de côté. Une fois torse nu, Camus soupira de soulagement et se détendit un peu contre la couverture plus fraiche, et un autre soupire, cette fois si plus bruyant traversa la porte de ses lèvres lorsque deux mains longèrent le haut de son corps avec pression. Il s’étira un peu plus sous le geste, fermant les yeux pour en profiter pleinement, s’agrippant cette fois ci à la couverture en dessus de lui. Ces mains continuaient leur parcoure de va et vint le long de ses hanches, gagnant en vitesse et en désire, elles ne le caressaient plus, mais lui frotter la peau jusqu’à la faire rougir. Il pouvait entendre la respiration de Saga devenir plus bruyante et forte, comme s’il se retenait de toute ses forces de le dévorer et que ces forces s’épuisaient.
Une de ses mains une fois arrivé à son torse ne redescendît pas, elle continua de monter, passant par son téton, et s’enroula autour de son cou étendu pour le serrer. Il n’usa pas assez de force pour lui bloquer la respiration, mais sur le moment Camus réalisa à quel point sa main était grande, et à quel point elle pouvait être puissante et étrangement cela ne le déplu pas autant de l’avoir ainsi pressé contre sa gorge. Elle n’y resta hélas que quelque seconde avant de le libérer et de glisser plus haut. Il sursauta lorsque deux doigts s’introduire dans sa bouche aux lèvres déjà entrouverte, il les écarta encore plus par reflex mais les referma aussitôt lorsqu’il sentit un pincement au niveau de son téton qui le fit frémir, lui procurant de violents frissons. Il se tordit et gigota légèrement tandis qu’il se faisait malmener à ces deux endroits diffèrent, Saga usait de ses doigts pour en même temps jouer avec sa langue et de son mamelon. Camus ne pouvait rien faire d’autre que de serrer les poings et les orteils, incapable de retenir sa voix dans sa gorge.
Après un petit moment, le grec lui ouvrit plus largement la bouche avec ses deux doigts avant de les retirer pour faire à nouveau rentrer sa langue, lui léchant l’intérieur de sa bouche comme s’il était chez lui. Aussi, il laissa peser son corps contre le sien, alourdissant la pression de son désire contre son désir à lui, ce qui fit réagir Camus d’un petit sursaut accompagné d’un gémissement étouffé. Il tenta de s’accrocher à n’importe quoi qui lui venait sous la main, sentant de la douleur entre ses jambes du au enflement restreint et frotté contre du tissue. Cela faisait mal, il se sentait submergé, surstimulé et à bout de souffle et pourtant son corps en demandait plus. Mentalement, il avait envie que tout cela ralentisse, que tout se stoppe mais son corps lui n’était point d’accord avec cela, il arquait son dos et relevait son bassin pour en quémander plus et Saga n’eut pas besoin d’autre signaux. Ce dernier se redressa et rapidement se débarrassa de sa chemise, manquant de la déchirer et déboutonna son pantalon avant de plonger à nouveau sur lui. Il glissa sa langue sur la peau de son cou, descendant vers son torse pour mordiller cette partie sensible qui le fit s’exclamer plus fort malgré le fait qu’il se mordait la main. En même temps que les mains de Saga travailler plus bas pour le débarrasser de son pantalon, avant de faire de même avec son boxer et Camus commençait à perdre la raison. Il eut l’impression de chuter dans un trou noir, que son corps ne lui appartenait plus, que son cœur et son cerveau coupèrent tout contact. Les sensations qu’il ressentaient étaient les siennes, et elles étaient puissantes et pourtant ce fut comme si elles étaient lointaines et floues. Son corps restait sur le lit mais son esprit sombra, et à partir de ce moment il ne fut plus maitre de rien. Il ne savait même pas s’il pensait ou non, s’il respirait encore. Sa vision s’assombrit totalement et aucun son ne parvenaient à son écoute.
Était-ce même Saga…ou Surt au-dessus de lui ?
Il ne parvenait plus à faire la différence…
…
Milo se retrouva devant la porte d’un de ses proches ami, un connu pour ses tendances à rester éveiller tard, et pourtant lorsque ce dernier lui ouvrit la porte, il semblait avoir été réveiller d’un profond sommeil.
Angelo ne questionna pas directement sa présence et se contenta de se décaler pour le laisser entrer en baillant, avant de se diriger à nouveau vers le salon. L’appartement était plongé dans le noir, la seule source de lumière provenait de la télévision mise en sourdine qui affichait un vieux film d’animation japonaise. Milo n’était pas d’humeur de commenter la dessus et de le taquiner, mais il comprit assez vite la raison pour laquelle son ami était aussi silencieux et calme ; quelqu’un était endormi sur son canapé, recouvert d’un drap. Grace à la lumière de l’écran, il distingua de longue boucles bleues étalées tout autour d’un doux visage de poupée, et reconnut Dité.
Si lui et Camus devenait plus proche, il était vraisemblablement de même pour Angelo et Dité.
L’italien le conduit vers la petite cuisine pour qu’il puisse parler sans déranger Dité et referma la porte derrière eux.
-« Si t’es là c’est que tu t’es disputé avec Kanon. » Devina-t-il bien trop rapidement pour la fierté blessée de Milo.
Ce dernier se contenta de tiquer de la langue et de croiser les bras en s’appuyant contre le comptoir.
-« C’était quoi la dispute cette fois ci ? C’est encore à cause du rouquin ?
Cette fois ci, Milo grinça des dents puis s’exclama sans trop élevé la voix « C’est pas à cause de lui ! C’est Kanon le problème ! Et arrête de l’appeler comme ça, il a un nom, utilise-le !
-Wow wow wow, calmati ! Pas la peine d’être sur la défensive j’ai rien contre ton Camus, moi ! »
Milo voulut réfuter sur le « ton » mais referma la bouche sans savoir pourquoi.
-« Geist s’est fâché car je traine avec Camus, Kanon s’est fâché car je traine avec Camus ! Où est le problème !? Pourquoi tous les deux pensent que je dois absolument faire un choix entre eux ou lui ? »
Angelo se mit à fouiller ses poches sans trop d’énergie, la mine somnolente et sembla satisfait lorsqu’il sortit une boite de cigarette.
-« Je sais pas moi. » Il prit une pause pour coincé une cigarette entre ses lèvres et l’allumer. « Combien de fois tu penses à lui par jour ? » Demanda-t-il en expirant de la fumer.
Milo fut sincèrement confus par sa question.
-« On dirait bien que t’es un peu obsédé par lui. »
Milo faillit s’étouffer avec sa propre salive « Quoi !? » S’exclama-t-il, se tournant complétement vers lui. « Je suis pas obsédé par Camus ! Et puis baisse ta voix, Dité pourrait t’entendre.
-Capo, c’est toi qui cri. »
Le grec grimaça et détourna la tête en ramenant sa main devant son visage.
-« Enfin, tout ça pour dire que je le suis pas, je suis totalement normal à propos de Camus. »
Et pourtant il ne put s’empêcher de rougir en prononçant ces mots, les souvenirs de leur dernière dance et de son visage si souriant et radiant tout près du sien, de son odeur de lotion à la fraise, et comment son cœur avait bondit follement dans sa cage thoracique.
Oui…il était totalement normal à propos de lui.
-« Bon, peu importe, si tu le dis. T’as besoin de passer la nuit nah ? Je vais te chercher des vêtements. »
Milo soupira de soulagement, défaisant sa grimace de constipé, il craignit qu’Angelo remarque que quelque chose n’allait pas et continue à le taquiner pour lui faire sortir les vers du nez. Il se rappela que l’italien n’en avait la plupart du temps pas grand-chose à faire des relations amoureuses des autres. Enfin, à part celle de Shura. Lorsque cela concerné l’espagnol, le tatoueur ne laissait absolument rien lui passer sous le nez. Enfin, ce n’était pas étonnant, il accorda toujours un traitement de faveur pour lui, après tout, ils sont meilleurs amis d’enfance.
Lorsque Angelo revint, il lui fit savoir qu’il pouvait prendre la chambre, à part le canapé et le lit, il n’y avait aucun autre endroit où l’on pouvait s’allonger alors Milo arqua un sourcil.
-« Et toi ? Pourquoi tu prendrais pas le lit avec Dité ? »
Milo fut quelque peu surpris de le voir gêné, son ami détourna le regard, quelques rougeurs sur les joues.
-« Non c’est pas grave, je dormais déjà assis avant que tu viennes, ça me dérange pas.
Ceci redonna un petit sourire à Milo qui se sentit un peu mieux, l’envie de le taquiner lui revint.
-« Dit donc, y’aurait pas un petit truc entre vous deux
-Absolument pas ! »
Angelo réfuta un peu trop rapidement pour que cela paraisse normal. Le grec plissa des yeux dans sa direction avec un petit sourire
-« Oh aller, c’est pas si grave que ça, tu peux m’en parler !
-Regarde qui parle ! Va voir ton Camus, toi !
-Y’a rien de ce genre entre nous deux ! »
Angelo finit de fumer sa cigarette et l’écrasa sur le comptoir avant de se détourner.
-« Mais oui c’est ça, ta petite ami et ton chéri Kanon seraient pas aussi jaloux de lui, sinon. »
Milo ouvrit grand les yeux de surprise… « Jaloux ? » Se répéta-t-il tout bas.
Pourquoi seraient-ils jaloux de Camus ? C’était insensé. Lui et le roux ne se connaissaient que depuis peu, il n’y avait aucune raison à cela, et puis ce n’était pas comme s’il lui donnait plus d’importance qu’à son meilleur ami et sa petite amie. Angelo ne faisait que le taquiner…Même lorsqu’il disait qu’il était obsédé par lui. Il ne pensait quand même pas si souvent que cela à Camus ? Enfin, ce n’était pas faux qu’en ce moment il occupait une grande partie de ses pensées, mais ce n’étaient pas pour des raisons suspectes, c’était uniquement car il aimait sa danse, qu’il était préoccupé par son état et son passé, aussi parce qu’il s’inquiétait pour lui à cause de Saga et Kanon. Enfin oui, il se posait pas mal de question à son sujet, mais n’était-ce pas normal lorsqu’on rencontrait une nouvelle personne et qu’on souhaitait apprendre à la connaitre ?
Angelo lui donna une faible tape sur l’épaule, remarquant surement son conflit interne.
-« C’est bon, n’y pense plus, on en reparlera demain. » Sur ces paroles, il sortit de la cuisine et Milo le suivit en silence.
L’italien releva doucement le drap posé sur Dité et le canapé afin de se rasseoir à sa place, Milo le vit délicatement étendre les jambes de l’endormi sur ses genoux pour qu’il soit plus confortable tout en les gardant proprement couvert et cela le fit sourire de nouveau. Son ami était une brute qui n’usait de tendresse que lorsqu’il jouait de sa guitare ou utilisait sa machine a tatouer, peu importe à quel point il voudrait le nier, il appréciait indubitablement Dité. Milo ne voulait pas briser la bulle dans laquelle Angelo s’était installé, il fit de son mieux pour rejoindre la chambre sans les déranger.
…
Un bruit distant de vibration l’extirpa de l’obscurité de son inconscience. Camus revint lentement et péniblement à lui-même. Silence totale, il n’y avait aucune autre perturbation dans le silence, et il ne parvenait même pas à entendre ses propres pensées. Cela lui prit du temps pour que sa conscience se remettent en marche, puis ses souvenir revirent à lui. Il ne voulait pas ouvrir les yeux…il ne voulait pas reprendre le cours de cette situation. Si seulement il pouvait ouvrir les yeux pour se retrouver miraculeusement chez lui, dans son lit, avec Dité pas tres loin, ses frères au salon et sa mère qui se préparait à aller au travail.
Le bruit de vibration reprit et il ouvrit les yeux.
De la lumière pénétrait de sa droite, par la vitre du balcon au rideaux mal fermé. Cet endroit lui était inconnu, et ce qui était normal, il voyait la chambre pour la première fois. Il plissa des yeux d’inconfort face à la luminosité mais aussi par la douleur qu’il ressentait en bas de son dos. Ses jambes étaient engourdies, et une certaine place précise le démangeait.
Pas étonnant, cela devait faire un an, si ce n’était pas plus, qu’il n’avait eu aucun rapport sexuel. Oui, il s’était préparé à cette nuit, mais cela n’empêchait pas le fait que son corps n’y était plus habitué.
Il se sentait vide, il ne savait pas si c’était une bonne ou une mauvaise chose. Il en avait eu envie pourtant, et le voilà à ne pas vouloir se retourner pour ne pas tomber sur Saga qui dormait à ses côtés. Il avait envie de disparaitre, que le lit l’absorbe et le cache. C’était embarrassant, il était tout nu sous les draps, Saga devait l’être aussi, et ils n’étaient plus entraîné par le feu de l’excitation, cela ne pouvait qu’être extrêmement gênant pour tous les deux de se retrouver ainsi.
Ce bruit de notification se fit a nouveau entendre et Camus se retourna sur le côté…
Personne.
Il n’y avait personne avec lui dans le grand lit qui soudainement parut froid. Une feuille cependant, reposait sur le deuxième oreiller. Camus s’en empara sans réfléchir en grimaçant d’inconfort et plissa des yeux afin de parvenir à bien apercevoir le contenu, -sa vision encore flou de son lourd sommeil et la lumière forte le derangeait-
« Bonjour Camus, j’espère que tu as bien dormi. J’ai eu un appel urgent pour le travail j’ai dû partit tôt à contre cœur, mais tu dormais profondément je n’ai pas voulu te réveiller. J’aurais sincèrement voulu rester à tes côtés, j’espère que tu sauras me pardonner.
Mon chauffeur t’attend dans le hall d’entrée, il te déposera à la maison.
Ps : Fait moi signe quand tu te réveilles. »
Camus laissa retomber son bras contre le matelas et soupira. Au moins il n’avait pas à lui faire face comme cela. Et pourtant, sans personne à ses côtés, sans personne d’autre dans la chambre, il se sentit incroyablement seul. Il était peut-être dramatique, mais cet esseulement lui faisait sentir comme s’il n’était même pas avec lui-même. Pour la première fois depuis un long moment, il eut froid.
Il se sentait vide, certes, mais un certain mal être s’accentua en lui, il croissait, prenaient de plus en plus de place depuis le fond de ce trou béant au fond de sa poitrine. C’était ironique, avant de réaliser que Saga n’était pas là, il n’avait pas envie de le voir, mais plus il inspirait, plus son corps se crispait et plus inspirer a nouveau était difficile. Tout ce qu’il parvenait à concevoir en lui, c’était qu’il était seul et qu’il haïssait cette solitude qui l’engloutissait.
Peut-être au début, il ne voulait pas le voir, mais il s’attendait quand même à le faire, il s’attendait à être gêné, mais Saga l’aurait rapidement rassuré et surement ils en auraient ri. Son embarras serait passé éventuellement et peut-être que Saga l’aurait pris dans ses bras, il se sentait sentit contenu et entier, au point où un sourire étirerait ses lèvres.
Mais là, il se sentait s’éparpiller, il se sentait divisé, perdus dans une confusion et un mal être insensé. Ses yeux étaient grand ouvert, fixant le plafond et pourtant il ne voyait rien, il avait l’impression de sentir chaque muscle de son corps se contracter mais aussi comme si ce corps ne lui appartenait pas, que son âme ne parvenait à se connecter à son enveloppe charnelle, il sombrait.
Il sentit que s’il continuait ainsi, il resterait paralyser jusqu’à ne plus pouvoir prendre le moins souffle, il devait se lever, il devait résister et se battre contre ce vide qui tentait de l’absorber à l’intérieur de lui-même, il devait retenir son âme dans son corps de toute ses forces. Il ne pouvait pas encore perdre connaissance.
Sans vraiment le comprendre, il eut l’impression de se redresser, le monde autour de lui tournait désagréablement, ou plutôt, c’était lui qui semblait tourner dans un néant, il voyait mais il ne pouvait comprendre quoi, il ne pouvait comprendre son corps, ses muscles, ses pensées, ses sentiments, son âme, il ne comprenait rien.
Il se redressa dans un monde sans lumière, qui le retournait dans tous les sens, il ne sentait pas ses jambes, ils ne savaient même pas s’il parvenait un mettre un pied devant l’autre, si ses bras bouger, si ses poumons se remplissait encore. Une lointaine douleur se localisa dans ses orteils, il trébucha et du peu de force et de reflex qu’il eut, il se rattrapa à la coiffeuse qu’il ne voyait même pas. Péniblement, il releva la tête comme si c’était la première fois qu’il le faisait, et aperçu enfin quelque chose. Son propre reflet dans le miroir.
Il était entièrement nu, exposé au monde tel quel, sur sa peau des traces évidemment des évènements de la veille, des preuves qu’il avait couché un homme, qu’il s’était allé au péché du plaisir charnel et s’était fait consumé.
Par un autre homme que Surt. Pour la première fois de sa vie.
Et il était seul.
Encore ! Il était toujours seul, il donnait son corps et son amour, et pourtant il fut toujours seul, même dans les bras de l’homme qu’il aima tant, il se donnait, il se donnait et il aimait cela, pour qu’au final personne ne comble se vide. Il était laissé seul avec ce néant, ouvrir les bras ni les jambes n’eut jamais permit à quiconque d’y pénétrer, au fond de ce qu’il était réellement, et d’apaiser cette douleur invivable qui ne l’épargnait jamais. Et jamais personne ne pourra, il était voué ! Il le sut toujours, il était voué à pourrir de l’intérieur, de périmer lentement mais surement jusqu’à qu’il ne reste plus rien de lui qu’une dépouille qui se décomposait, puante et émétique. Et il pouvait le voir dans le reflet de la glace qu’est-ce qu’il était vraiment, quelque chose qui ne devrait pas être aimé, un être né dans la pourriture et qui n’était rien d’autre que de la pourriture, rien d’autre que le fils d’un père comme le sien, rien d’autre que son fils. En tant que tel, c’était tout ce qu’il méritait, car Camus le savait, qu’il n’aurait jamais dû venir au monde, il aurait dû faner dans le ventre d’une femme bien trop pur, bien trop douce pour porter une chose comme lui. Il était hideux, il pouvait le voir encore mieux lorsqu’il était nu, aucun vêtement et aucun rouge à lèvre ne pourra jamais masquer la putrescence qui le dévorait.
Il était horrifié par ce qu’il voyait, il se voyait sous sa véritable forme et il n’y avait rien d’humain, il n’y avait rien qu’il pouvait supporter voire et pourtant peu importe à quel point il se voilait la face, à quel point il fuyait la vérité, c’était bien lui, lui avec ces satané cheveux rouges comme le sang d’un mort, sa peau grise d’un cadavre, et son regard vide de tout éclats.
O comme il haïssait ce visage ! Comme il haïssait ces cheveux, comme il haïssait sa chaire et son esprit, il haïssait, haïssait, haïssait tout ce qui venait de lui, chaque inspiration, chaque expiration, chaque battement de cœur ! Il devrait s’arrêter ! Il n’avait rien pour battre, il était vide, vide comme un néant, un trou noir qui absorbait tout ce qui pourraient être beau pour l’anéantir, il était sale, et cette saleté était encré en lui, jusqu’à ses os. Il avait du sang sur les mains, mais aussi sur son visage qui coulait comme de la souillure.
Il se sentait hurler, il se sentait se débattre contre sa propre peau qui le suffoquait, contre ses milliers de pensées chaotiques qui se superposaient et lui brisaient les tympans, il secouait la tête de toutes ses forces mais elles ne voulaient pas sortir, ils tentaient de les attraper, mais il n’accédait qu’à du sang pourri. Il haïssait ses cheveux, il voulait les arracher, il haïssait ses yeux, il voulait les arracher, il haïssait son cœur, il voulait l’arracher
Un bruit retentit. Encore et encore.
Camus redressa la tête et se tut.
Le silence habita à nouveau la chambre.
…
Il desserra doucement ses mains de sa gorge et cligna plusieurs fois des yeux. Sa vision se faisait un poil moins brumeuse, il tenta de respirer, et progressivement les voix dans sa tête se calmèrent.
Il était surpris de se retrouvé par terre, à genoux, de son visage coulait de larmes et du sang. Sa gorge lui faisait terriblement mal comme s’il avait crié de toute ses forces pour une longue durée de temps, son cœur battait si fort qu’il pourrait lâcher à tout moment, et son corps était douloureux et engourdi. Il était à bout de force, un puissant haut le cœur le prit et son estomac convulsa violement. Il fut incapable de se retenir ou n’eut le temps d’effectuer le moindre mouvement avant que tout ce qu’il avait dans son estomac se retrouva expulser par sa bouche. Le passage de l’acide le brula tout le long du trajet, et vomir lui fut extrêmement douloureux. Ce qu’il était pathétique, à pleurer ainsi nu par terre, à vomir après s’être réveillé seul. Tout cela pourquoi ?
Au moins il parvint à ne pas s’effondrer sur son propre vomi, il s’étala à coté sur le sol, dépourvu de force.
Un bruit retentit, et cela agaça Camus. Il ne voulait plus rien entendre, il voulait sombrer dans le silence sans dérangement. Il tenta de redresser la tête vers d’où venait le bruit de vibration et ne comprit que maintenant que c’était son téléphone. Cela lui prit quelques minutes pour parvenir à ramper sur ses genoux vers ses vêtements pliés soigneusement sur une chaise. Saga eut au moins l’amabilité de les arranger avant de partir. Chacun de ses mouvements le faisait souffrir, il avait une puissante migraine, son estomac le brulait et pour une raison, il ne parvenait a totalement s’arrêter de pleurer, encore traumatiser par tout ce qui venait de se passer. Son téléphone était déposé sur le tas de vêtements, il le prit sans enthousiasme et à cause de ses mains tremblante, il eut du mal à bien le tenir. Il laissa son dos s’appuyer contre le mur et il lâcha un soupire de douleur avant de se concentrer sur l’écran.
Il était onze heures et quelque du matin, et il avait reçu plusieurs messages, il n’avait pas envie de répondre à Dité et ses messages surexcités qui lui demandait comment tout c’était passé, il ne voulait pas lire les messages de Saga qui voulait s’assurer de son état, il ne voulait pas répondre au message de
Milo ? Pourquoi lui parlait-il ? Il réalisa que toute ces notifications depuis tout à l’heure venait de lui.
Il monopolisa ses pensées, Camus respira plus lentement et fut curieux de savoir ce qu’il voulait.
« Milo 🔆 :
Je regarde le soleil se lever et ça m’a donné envie de repartir ou on était.
Enfin, c’est trop tard maintenant
Mais si ça te dit, on pourrait le regarder à nouveau ensemble
Par contre tu dois me refaire une tarte !
Plus rien me semble aussi bon depuis que j’en ai mangé
Sérieusement t’as mis de la drogue dedans ou quoi ?
C’est un peu comme avec la danse tu sais
Depuis qu’on a dansé ensemble
C’est comme si danser seul n’était plus aussi amusant
[Message effacé]
(C’est rien d’important, j’étais en train de divaguer)
Tu viens récupérer nos petits monstres auj ?
Si tu es fatigué, je peux les déposer à la maison. Ca me ferait plaisir. »
Camus était sans voix même dans sa tête. Oui, tout s’était tut, sa respiration était calme et son corps froid se réchauffait doucement. Il avait arqué les sourcils face au message, et les avait relus plusieurs fois ne réalisant pas qu’il avait cessé de pleurer, ou même de ressentir de la douleur. « Nos » monstres ? Se répéta-t-il. Oui, Hyoga et Isaak étaient ses monstres à lui aussi, il eut presque envie de sourire.
Le lever du soleil…Il voulait l’admirer à nouveau avec lui ? Camus ne pouvait se mentir, il en avait eu aussi envie. Cette expérience fut si apaisante qu’il en oublia toute la laideur en lui, le sourire de Milo brillait aussi doucement que les premiers rayons de soleil. Il se sentit au chaux, enveloppé dans une chaleur agréable qui ne l’étouffait pas. Ils ne se dirent rien, ils s’échangeaient simplement quelques sourires lorsque le vent emportait leurs cheveux.
À ce moment-là, durant ce lever de soleil, Camus ne pensait presque a rien, il avait oublié tout de ce trou béant en lui et tout ce qui en émanait. Et pourtant, il n’était ni ivre, ni sexuellement excité.
Il était simplement en sa compagnie.
Camus se leva avec difficulté et traina des pieds, le dos courbé et la tête baissée vers le lit pour se laisser tomber sur le matelas.
Qu’est-ce que Milo pensait voir en lui ? Peut-importe ce que cela était, c’était surement une illusion. Tout comme son propre reflet dans ses yeux clair, à travers eux il paraissait un tout autre homme. Comment ? Pourquoi ? Qui était-il réellement ? Ou se trouvait la vérité ? S’il voyait une abomination dans le miroir, il voyait de la lumière dans les yeux de Milo lorsqu’il le regardait. Ou peut-être était-ce des illusions de son propre esprit qui tenter désespérément d’échapper de la noirceur à l’intérieur de lui.
Il ne pourrait jamais rayonner comme lui, mais O, comme cela était rêveur pour une basse âme comme la sienne. Parfois, il avait envie d’y croire. Que peut-être, juste peut-être, il avait le droit de vivre. Milo lui en donnait envie, il lui montrait à quel point la vie pouvait être amusante et légère, s’il oubliait tout et aller de l’avant.
Sauf qu’il ne le meritait pas, lui et Milo n’étaient pas pareille et ne le serait jamais, même s’il aspirait pour la même délivrance. Comme un tourne sol et une ortie, un soleil et le plus sombre recoin de l’enfer, il ne pouvait que lamentablement espérer, soit qu’un miracle s’effectue, soit qu’il cesse enfin de respirer.
…
..
.
Dité se réveilla d’un petit sursaut, son premier reflex fut de s’accrocher à la première chose qui lui tombait sous les mains et ce furent des épaules solides.
-« Lo siento, je ne voulais pas te réveiller. » Parla une voix d’un ton doux proche de son oreille.
Confus, il releva le regard et se trouva plonger dans les yeux d’olive de Shura.
-« Je t’ai bien dit qu’il a le sommeil léger ! » S’éleva la voix d’Angelo, venant d’une pièce adjointe.
Le suédois n’avait pas regagné la totalité de sa conscience et ses facultés cognitives, se contenta de fixer Shura d’un air stupide et encore à moitié endormi. Ce dernier finit par lâcher un petit rire face à son expression de poisson sortit de l’eau, il rajusta son emprise sur lui, le ramenant plus proche de son visage et Dité comprit enfin que l’espagnol le portait dans ses bras. Quelque seconde plus tard, Dité se fit doucement déposer contre une matière douce et confortable.
Shura s’assit sur le bord du lit et décala une petite mèche coincée entre ses lèvres.
-« Rendort toi. »
Dité voulut vocaliser ses questionnements mais se trouva véritablement confortable et à son aise contre l’oreiller et le matelas de l’italien, d’où aussi son odeur émanait et ce que lui proposait Shura lui semblait vraiment tentant, il avait rarement aussi sommeil. Il tenta quand même de rester réveiller un tout petit peu plus longtemps afin de voir Shura, et ce dernier semblait être amusé par le papillonnement de ses paupières et son visage surement ridicule.
-« Shura ? » Prononça-t-il d’une faible voix rouillé.
-Oui ? »
Il lui parlait d’une voix si douce, Dité pourrait presque fondre, surtout avec la manière dont il le regardait et lui souriait. Arg, les beaux garçons étaient vraiment sa plus grande faiblesse, spécialement les espagnols et les italiens.
En pensant à l’italien, ce dernier entra dans la chambre en tenant une poêle à la main, avec lui se présenta aussi une douce odeur alléchante, peut-être encore plus que son envie de se rendormir.
-« Si il est déjà réveillé autant qu’il mange avec de se redormir. J’ai préparé des crêpes.
-Des crêpes… » Répéta le suédois, ouvrant grand les yeux rêveurs.
Shura lâcha un petit rire, « Eh bah, quelqu’un ici aimerait bien manger des crêpes.
-Quelqu’un seulement ? Je dirais deux personnes ! Mes crêpes sont les meilleurs ! » Il se retourna pour s’en aller aussi vite qu’il était venu et exclama « Aller à table je dois aller au travail ! »
-« C’est vrai que ses crêpes sont les meilleurs, tu veux que je te les ramène ici ? Angelo n’aurait pas de problème que tu manges dans son lit. »
Dité rougit légèrement de gêne et d’autre chose, reprenant tous ses sens, il se redressa et s’essuya le visage au cas où il y aurait des traces de baves et passa une main dans ses cheveux pour les rajuster.
-« Eum, non ça va. Qu’est-ce que tu fais ici ?
-Eh bien, je suis un peu déçu d’avoir raté la soirée cinéma, et apparemment la soirée pyjamas aussi, même Milo était là, donc je suis venu vous saluer.
-Milo ? » Répéta-t-il confus en continuant de passer ses doigts dans ses cheveux pour les démêler -pourquoi étaient-ils aussi en bataille ce matin ?- « Mais Milo n’était pas là, c’était juste moi et Angelo.
Shura remarqua qu’il rencontrait quelque difficulté avec ses cheveux et s’approcha plus près pour s’en occuper a sa place.
-« Pourtant Angelo m’a dit qu’il a dormit là.
-C’était pas un truc que t’étais sensé cafter ! » S’éleva la voix du concerné depuis la cuisine.
Le suédois lâcha un petit rire d’exaspération « Je suis confus. »
Shura passait ses doigts entre ses boucles avec attention afin ne pas lui faire mal. « No te preocupes, Angelo t’expliquera tout. » Il secoua ses mèches pour les séparer et lui donna une petite caresse a la tête avant de retirer sa main. « Et voilà. Allons manger avant qu’il dévore tout tout-seul. »
Dité cligna plusieurs fois des yeux, incrédule. Qu’est-ce qu’il se passait ? Il y avait ces deux amours qui prenaient soins de lui, encore une fois, mais dans ce cadre-là, cela donnait un aspect domestique vraiment touchant. Il suivit Shura hors de la chambre en tentant de ne pas paraitre aussi timide – cela ne lui arrivait pas souvent- et se dit qu’il devait absolument texter Camus pour lui raconter cela. Il se rappela soudainement que ce dernier fut en rencart avec Saga et n’avait plus eut de nouvelle avant qu’il ne s’endors sur le canapé. Il fut si absorber par le film – surtout par Angelo- qu’il oublia de lui renvoyer un message, tout ce qu’il savait c’était que le grec l’avait emmené diner dans un hôtel hyper chic et jouait les romantiques ! Il devait absolument savoir comment cela s’était terminé !! Rien que l’idée que Camus ait pu avoir une aventure sexuelle lui redonna l’énergie du siècle, il fut si booster par l’excitation qu’il ne tenait plus en place. Comme une furie il avait sauté sur son téléphone posé sur la table base puis avait couru dans tout le salon, suscitant les moqueries et taquineries des deux autres hommes présents.
-« Mais qu’est ce qui lui prend soudainement ? » Se demanda Angelo en regardant Dité sautiller et ricaner, tenant son téléphone dans les mains. « Y’a deux minute il avait l’air au bord du coma.
Shura s’assit à table et ricana « Je ne sais pas mais c’est drôle »
Angelo finit de déposer les assiettes sur la table et alla vers le suédois pour l’attraper par la taille, ainsi le maintenant sur place. « Qu’est-ce qu’il y a poupée, fait nous rire avec toi !
-Shhhut ! Je dois savoir si Camus a couché avec Sagaa !! »
Shura avala de travers sa gorgé d’eau et après deux secondes de pur choc, Angelo s’esclaffa fortement en rejetant sa tête en arrière.
Dité ne réalisa pas sur le moment qu’il avait peut-être dit quelque chose qu’il n’aurait pas dû et se contenta de rentrer dans sa messagerie. Il avait, comme d’habitude, pas mal de message pas encore lu, il voulut tous les ignorer pour rentrer sur sa discussion avec Camus, mais remarqua quand même qu’il avait reçu un message de Saga. Curieux, il décida de le lire, ne faisant pas trop attention au bouquant que faisait les deux autre. Angelo se pencha au-dessus de son épaule afin de lire avec lui, sans aucune gêne malgré les remarques de Shura.
« Saga :
Bonjour Dité, j’espère que tu vas bien.
Au cas où tu t’inquiéterais pour Camus, il va bien, il dort encore. »
-« Arrête, donc c’est vrai ? ils ont vraiment fait des galipettes !? » S’exclama Angelo encore sous le choc mais à la fois hilare. « Je savais que Saga était gay ! Aiolia me doit cinquante balles !
-Ce sont pas de tes affaire, Angelo. » Lui dit Shura, pourtant en souriant quand même d’amusement.
-« Putain, c’était pas sa soirée a Milo. Il me fait presque pitié » Dit-il en attrapant le bras de Dité pour le ramener à table.
Ce dernier avait perdu tout son enthousiasme et se contenter de fixer l’écran d’une expression sombre, sans l’ombre d’un sourire. Ce changement radical de comportement inquiéta Shura et Angelo qui s’était aussi tut pour le regarder.
-« Bordel qu’est ce qui lui prend a switcher de personnalité chaque deux minutes.
-« Qu’est-ce qu’il y a, Dité ? » Lui demanda Shura en fronçant des sourcils.
-Je sais pas, j’ai un mauvais pressentiment. » Avoua-t-il en s’asseyant sur la chaise que lui tira l’italien.
-« J’ai entendu dire que les gays avaient aussi une intuition féminine, j’imagine que c’est vrai ? » Fit Angelo la remarque en lui donnant un coup de coude, surement pour tenter de le détendre.
Dité esquissa un petit sourire et remercia Shura qui lui posa une crêpe au chocolat dans son assiette.
-« Bien sûr que c’est vrai, surtout moi, j’ai les meilleurs intuition féminine du monde !
-Je ne savais pas qu’aimer les teubs ca donnait des pouvoir de voir dans le futur. »
Cette fois ci, il réussit à le faire rire, Shura tiqua de la langue en riant et le traita de grossier.
-« Faut bien qu’elle sert a quelque chose d’autre qu’à gonfler votre ego !
-Hé ! La mienne sert a beaucoup plus que ça, je parie que t’aimerai bien voir ça ! » Lui sortit-il en affichant une stupide expression de charognard qui le fit pouffer de rire.
-« Je pense pas que Dité a envie de te voir faire l’hélicoptère avec. »
Le suédois s’esclaffa à la remarque de Shura qui se reçu la fausse indignation de l’italien.
Décidément, ces deux la avaient le don de le faire rire même lorsqu’il n’était pas d’humeur, tout comme durant la disparition de Camus, alors qu’il était au plus bas, leur duo comique avait réussi à le faire marrer. Dité soupira longuement en soutenant son visage avec sa main, ces deux-là étaient vraiment des amours.
-« Pourquoi t’aurais un mauvais pressentiment de toute façon ? T’étais tout content de savoir que ton pote faisait la rumba horizontale avec Saga, qui s’avérait être gay d’ailleurs ce qui fait en sorte que j’ai gagné mon pari contre cet idiot d’Aiolia hehe !
-Parfois qui l’impression qu’Aiolia ne sait pas que les homosexuels sont réels
-Il aime beaucoup trop les femmes celui-là. Quel pigeon. »
Sans trop d’appétit, Dité entama sa crêpe, mais deux secondes plus tard, ses couleurs lui revinrent au visage et ses yeux se mirent a pétiller de joie. Il fredonna de plaisir, prenant le temps de bien macher sa délicieuse bouchée afin de la savourer autant que possible et s’exclama après avoir avalé.
-« C’EST TROP BON !! »
Shura affichait tout autant de fierté que le pâtissier, et le sourire aux lèvres, il dégusta sa crêpe en silence.
-« Hehe je sais ! » Se vanta Angelo. « Mes crêpes sont les meilleurs ! Bon, j’ai peut-être le temps d’en faire plus avant d’aller au travail, mais juste deux ! »
Angelo repartit derrière les fourneaux tandis que Dité continua de dévorer joyeusement sa crêpe, il prit une pause en machant, sa main devant son visage en réalisant qu’il s’était quelque peu barbouillé de chocolat. Il chercha du regard sur la table un paquet de mouchoir mais n’eut apparemment pas besoin puisque Shura qui depuis le début l’observait, diverti par son comportement enfantin, glissa son pouce sur ses lèvres pour essuyer le chocolat. Le suédois, prit de cours voulut dire quelque chose mais n’eut le temps de digérer ce premier acte surprenant qu’il vit Shura lécher son pouce pour le nettoyer du chocolat. Et tout cela sans le lâcher des yeux.
Wow…Dité resta sous le choc, si avant il n’était pas sur si Shura le voulait, la…Il n’y avait plus de doute, et cette plaisante surprise fit bondir son cœur et tinter ses joues de rouges. Il finit par se mordre la lèvre en le toisant du regard, affichant tres clairement sur son visage à quoi il pensait. Shura ne dit rien, bien que souriant discrètement, enfin, les regards qu’ils se lançaient parlaient tout seul. Angelo chantonnait dans la cuisine et après quelque minute revint déposer une nouvelle assiette sur la table.
-« Qu’est-ce qu’il y a ? Je vous entend pas parler pourtant vous souriez comme des cons.
-Le chocolat est juste tres bon. » Répondit Shura et Dité crut qu’il allait devenir fou.
-« Juste le chocolat, hein ? Pas plus de crêpe pour toi ! »
Le pâtissier baissa les yeux sur Dité qui avait levé la tête pour le regarder, Angelo ricana et passa avec peu de délicatesse sa main sur le coin de sa bouche pour lui essuyer du chocolat.
-« Tu bouffe comme un gamin ! qui aurez cru ca de toi ? »
Dité avala sa bouchée et dit : « T’es crêpes sont juste trop bonne, Angie, je crois que je suis addict.
-Bah tiens ! Avec tes belles paroles je t’en ai fait deux autres ! Je vais aller me préparer, vous deux pouvez trainer ici si vous le voulez.
-Tu vas à ton studio ? » Lui demanda le suédois.
-« Yup ! J’ai un gros tatouage à faire aujourd’hui, puis deux piercings. Quoi ? Tu veux jouer aux assistants ?
-Je peux !? »
Angelo le regarda silencieusement quelque seconde comme s’il considérait sa propre proposition.
-« Tant que tu me distrait pas. » Il lui donna une tape sur l’épaule. « Je te devance par contre, rejoins-moi à mon studio si tu veux, Shura te montrera c’est où. » Et sur ses paroles il partit vers sa chambre.
Dité, tout content et excité, frappa rapidement ses mains ensemble, un large sourire aux lèvres. Il avait vraiment envie de voir Angelo travailler, il le trouvait vraiment beau à voir lorsqu’il était concentré sur une tache, cela était du sucre pour ses yeux. Enfin, avant cela ! Il devait un peu oublier les beaux garçons devant lui et se concentrer sur Camus, il n’avait pas envie de le réveiller mais ne pouvait continuer sa journée sans avoir de nouvelle de lui. Il s’excusa alors pour aller à la cuisine afin de lui passer un appel. Il savait que son ami pouvait parfois avoir le sommeil lourd, cela ne le surpris donc pas qu’il dû attendre avant d’entendre enfin sa voix. Elle était rauque et rouillé, et surtout, fatigué.
-« Alo…
-Bonjour mon mumus à la fraise !
-…Bonjour. »
Camus ne sonnait vraiment pas enthousiaste ! Enfin, pas que de base c’était le cas, mais, il était bien trop las à son gout. Dité ressentit une certaine boule de stress se formait au creux de son ventre.
-« Alors ? Comment ça va ? Tu es où ? »
Il l’entendit se racler la gorge. « Hm…Chez Saga, je vais bien.
-T’a besoin que je vienne te chercher ? Ou tu passes un bon moment ?
-Hum hum, c’est pas la peine.. Je vais rentrer plus tard. Je te raconterai tout, désolé Dité, j’ai encore sommeil.
-T’es sûr que ça va ? » Il ne pouvait s’empêcher de s’inquiéter.
-« Oui…On a juste dormit tard.
-hehe, j’en connais certain qui ont passé du bon temps ! Bon, continue de dormir, je voulais juste avoir de tes nouvelles. Appelle-moi quand tu te réveilles, okay ?
-Compris…A tout’. »
Après avoir raccroché, Dité expira un long soupire et sursauta légèrement lorsqu’une voix resonna derrière lui.
-« Tout va bien ? »
Shura était adossé contre l’encadrement de la porte, les bras croisés et le regard posé sur lui.
-« Oui, enfin, je sais pas...C’est compliqué de savoir avec Camus. »
Shura esquissa un faible sourire et s’approcha de lui.
-« Je comprends, Angelo est aussi un peu comme ça, tu sais ? Il pense toujours que rien ne l’affecte, même si c’est le cas.
-C’est fatiguant d’être son meilleur ami ? » Plaisanta Dité, sentant une certaine tension -une bonne- entre lui et Shura.
-« Et pas qu’un peu, mais qu’est-ce que je peux y faire ? C’est mon meilleur ami. »
Le suédois lâcha un petit gloussement attendri et diminua la distance entre eux pour lui gratter la joue comme il le ferait à un chat.
-« N’est ce pas juste trop mignon ? »
Amusé, Shura lui saisit le poignet et le fit pivoter pour le coincé entre lui et le comptoir de la cuisine, Dité était certain que bientôt lui et Shura seraient collé l’un à l’autre à s’explorer la bouche avec la langue, ce n’était plus qu’une question de temps. Et peut-être que cela se serait déroulé la maintenant, vu la manière dont l’espagnol le dévorait du regard, s’il ne l’avait pas libéré en entendant Angelo approcher.
-« Bah alors vous laissez mes crêpes comme ça !? C’est un crime ! » Dit-il en entrant dans la cuisine, son apparence plus soignée et dégageant un délicieux parfum d’homme.
-« On prenait juste de l’eau. » Lui dit Shura qui avait reculé de plusieurs pas avant son arrivé.
-« Wow Angie ! Tu as l’air propre !
-Hé qu’est-ce que ça veut dire, ça ?
-Que tu es tres beau, bien sûr.
-Ouais, je préfère ça. Bon moi j’y vais. » Il s’avança avec Dité et lui ébouriffa les cheveux sans délicatesse. « J’attends mon nouvel assistant, il a pas intérêt à être en retard sinon je le renvoie dès le premier jour ! »
Dité lâcha un rire et le poussa. « Oui, oui ! Ton assistant ne va pas tarder à te rejoindre ! Mais il doit finir ses crêpes avant, sinon c’est un crime.
-Tu vois ? » S’adressa-t-il à Shura, pointant le suédois du doigts. « Ça c’est quelqu’un qui apprend vite. Bon, a toute Shu’, poupée je te vois plus tard. » Et sur ces dernières paroles, il tapa dans la main de son meilleur ami avant de se diriger vers la sortie.
-« Et dire qu’il y quelque jours il s’énervait quand il me voyait !
-Il ne s’énervait pas vraiment. » Lui avoua Shura. « Il t’a toujours apprécié, c’est juste comme ça qu’est Angelo. »
Ces propos lui firent esquisser un plus large sourire, cela était vraiment plaisant à entendre.
-« Tu plaisantes ? On se disputait à chaque fois, je l’ai insulté plusieurs fois en étant en colère. »
Il se rappela le message vocal pas tres gentil qu’il avait envoyé du téléphone d’Ikki après le drama avec Kanon. Puis le jour d’après Angelo l’avait trouvé à la cafétéria du conservatoire et avait commencé à le provoquer. Ils avaient échangé des insultes sur le ton de la colère et il se rapellait l’avoir détesté sur le moment. Et dire que ce n’était qu’il y a quelque jour.
-« Je sais comment est Angelo lorsqu’il n’aime pas une personne, c’est un véritable fils de pute. Je peux t’assurer que toutes vos disputes le faisaient marrer derrière ton dos. Quand tu l’as insulté sur le groupe, oui il envoyait des messages haineux mais derrière son écran il était hilare. Je le sais car j’étais en appel vidéo avec lui.
-Oh le batard ! » S’exclama Dité, tout sourire. « Il faisait que se jouer de moi alors !
Shura ricana « Tu t’es un peu joué de lui aussi le premier soir, non ? »
Dité s’approcha de lui en agitant son index sous son nez. « Et toi tu es sournois ! Tu m’as laissé me jouer de lui et tu l’as laissé se jouer de moi ! »
Il lâcha un rire qui donna chaud au suédois, totalement sous le charme.
-« Tu peux pas m’en vouloir ! C’était divertissant.
-Et bah je t’en veux. »
Ils étaient vraiment tres proche l’un de l’autre, il ne suffirait simplement que l’un d’entre eux réduise la distance d’un simple geste pour qu’ils s’embrassent, et Dité pouvait sentir dans tout son corps qu’il le désirait fortement. Shura était incroyablement séduisant, de la manière dont il le regardait, avec son sourire de satisfaction sournoise, et son attitude posée et sérieuse qui lui plaisait grandement. Dité était certain que lui aussi, en avait envie, qu’il ne le laissait pas indiffèrent.
-« Je dois me faire pardonné alors.
-Exactement.
-…Que dis-tu d’un diner alors ?
-C’est toujours comme ça que tu essayes de te faire pardonner ?
-Non, normalement je n’essaye pas de me faire pardonner. »
Dité aiguisa son sourire aguicheur, relevant un peu plus le menton.
-« Oh~ ? Traitement de faveur ?
-Exactement.
-Je suis honoré. »
On aurait dit qu’à chaque mot prononcé, la tension déjà si dense entre eux qu’on pourrait la couper au couteau, ne devenait que de plus en plus insoutenable. Dité pouvait sentir son estomac se tordre et le brulait, son corps frémir d’anticipation, ainsi que son cœur battre de plus en plus fort. Shura était tout aussi tendu, son regard se perdait sur ses lèvres que Dité mordait discrètement, les bras fermement croisés sur son torse.
Dité n’avait aucune honte de se dire qu’il serait prêt à le faire ici et maintenant, dans la cuisine de ce pauvre Angelo.
Shura entreprit enfin un mouvement, mais ce ne fut pas ce que Dité espérait. Il lui pinça le bout du nez affectueusement et se décala.
-« T’es vraiment un cas dangereux, toi. » Souffla-t-il, les joues légèrement empourprées.
Celui aux longues boucles sentit aussi qu’il pouvait enfin reprendre un souffle.
-« Désolé, je contrôle pas l’effet que j’ai sur les gens.
-Et c’est moi que tu traites de sournois. Aller vient, si tu ne finis pas tes crêpes, l’italienno va te maudire jusqu’à la fin de tes jours. »
Dité s’esclaffa de rire et le suivit hors de la cuisine.
-« Il est si passionné que ça à propos des crêpes ?
-Beaucoup plus que ce que tu le crois. » Lui répondit Shura en s’asseyant à table. « Une fois il m’en a préparé mais j’ai refusé d’en manger, il m’a mordu si fort qu’on à dû aller aux urgences.
-Tu blagues ! Mais quel fou !
-Ouais, je pense que l’adjectif fou lui correspond bien. » Ricana Shura comme si ce n’était rien. « On était des gamins lorsqu’il a décidé de s’entrainer à en faire. Il entrait en douce chez moi à deux heures du matin et en préparer dans la cuisine de mes parents ! Il ne partait pas tant qu’il ne m’avait pas forcé à tout mangé, même ceux qui étaient raté ! »
Dité s’esclaffa avec Shura, en rejetant sa tête en arrière.
-« J’ai tellement de question ! Pourquoi !? »
Le suédois eut du mal à s’arrêter de rire, Angelo était un véritable phénomène à lui tout seul et c’était tellement facile de l’imaginer faire toutes ces absurdités. Il pourrait sincèrement rester des heures à écouter Shura parler de lui sans se lasser.
-« Il vivait dans un orphelinat donc il ne pouvait pas s’entrainer à cuisiner la bas, c’est pour ça qu’il faisait le mur pour le faire chez nous. Mes parents n’avaient pas de problème avec cela. »
Dité se calma immédiatement au mot orphelinat.
-« Oh ?
-Je ne l’avait pas mentionné avant ?
-Non, ce qui est surprenant vu que tu as pas mal parlé de lui ! Vous êtes tout chou tous les deux ! »
Shura détourna le regard, jouant des doigts avec une serviette de table.
-« Peut-être que je devrais changer de sujet.
-Pourquoi ? Moi je veux plus entendre des conneries que ce fou a bien pu faire ! »
Shura esquissa de nouveau un sourire, ramenant son regard vers lui. Il se rajusta sur sa chaise et se pencha au-dessus de la table.
-« Est-ce que je t’ai déjà raconté la fois où il a fait exploser la tuyauterie de l’école ?
-Il a fait ça !? Mais quel fou ! Raconte-moi tout ! » S’exclama-t-il en entamant avec entrain une délicieuse crêpe.
Notes:
Le prochain chapitre est mon préféré, j'ai passé un si bon moment a l'ecrire, j'espere que une fois sorti vous aussi vous l'apprecirez autant !
Chapter 12: N'etait-ce pas si tendre?
Notes:
Bonjour/bonsoir a tous! J'ai enfin trouvé le temps de repasser ce chapitre avant de le poster! C'est mon preferé jusqu'a la (et j'ecris en ce moment le chapitre 15). Vraiment, j'ai adoré l'ecrire alors j'espere qu'il vous plaira tout autant! N'hesitez pas a me faire connaitre vos avis, cela me ferait plaisir!
et sur ceux, bonne lecture 🌹
(See the end of the chapter for more notes.)
Chapter Text
Il ne savait par quel miracle Camus était parvenu à rentrer chez lui. Il était au bord de sa tombe, semblable à un cadavre en décomposition. Il était exténué et remercia tous les dieux et l’univers que personne ne fut à la maison lorsqu’il y arriva. Sa mère devait être au travail, les deux montres à leur cours de danse et Dité sans doute soit avec Shura, soit Angelo -ou les deux-. Peu importe, le plus important c’était qu’il était seul et que personne n’allait le voir dans cet état plus que déplorable. Dès qu’il posa les pieds à l’intérieur, il eut envie de se laisser tomber et simplement dormir par terre. Mais il savait qu’éventuellement, quelqu’un allait venir et il ne souhaitait pas causer une crise cardiaque au premier qui allait le retrouver ainsi. En plus il ne sentait pas bon… Il détestait sentir mauvais. Sans oublié qu’il avait eu un rapport sexuel la veille et qu’il ne s’était toujours pas nettoyé.
C’était insupportable. Il traina alors des pieds vers la salle de bain et usa de tout sa volonté et ses dernières forces pour se laver.
Il s’habilla d’un autre col roulé sans manche qu’il possédait -c’était son type de vêtement préféré- afin de masquer les marques sur son cou et d’un short pyjamas semblable à ceux de Dité. Il descendit à la cuisine en quête d’un verre d’eau afin d’avaler un doliprane mais eut le vertige après avoir descendu les marches et du s’asseoir sur le sofa. Manquant de force pour se relever, il s’y allongea et s’endormit instantanément…
…
Les premiers qui rentrèrent à la maison furent les jumeaux. Ikki étaient venu chercher Shun et avait proposé de les déposer. Leur humeur fut bien basse, contaminé par celle de leur coach. Ils ne l’avaient jamais vu d’aussi mauvaise humeur, c’était la première fois qu’il arrivait en retard, il n’avait même pas esquissé un sourire de toute la séance et en plus de cela il avait un bleu sur la joue. Ils avaient essayé d’entamer une discussion avec lui mais ce dernier fut trop distrait. Cela ne mena a rien.
Ils étaient bruyamment en train d’argumenter sur les évènements d’aujourd’hui en pénétrant dans la maison avant de se taire et se figer en remarquant leur grand frère profondément endormi sur le sofa, les cheveux trempés.
Ils n’osèrent causer le moindre bruit, Isaak monta les marches aussi doucement que possible, sur la pointe des pieds pour ramener une légère couverture avec laquelle il le couvrit. Il tira ensuite Hyoga du bras pour le faire sortir à nouveau de la maison.
-« Il a l’air d’aller si mal. » Soupira de défaite Hyoga en s’asseyant sur les marches devant la porte, soutenant sa tête avec ses mains.
-« Parce qu’il va mal ! » Maugréa Isaak, donnant un coup de pieds en l’air, les mains dans les poches.
-« Qu’est-ce qu’on peut faire ? J’ai pas l’impression qu’il nous écoute.
-C’est son date d’hier ! J’en suis sûr ! Hors de question que tout ce qui s’est passé avec Surt recommence avec un autre gars ! »
Ils se devait de l’avouer, leur frère était incorrigible niveau relation amoureuse, il était responsable et mature dans tout, à part sur ce sujet la !
-« Le coach, puis maintenant Camus ! Qu’est-ce qu’ils ont aujourd’hui ? » Se plaignit le blond.
Ils n’ont rien pu faire pour leur coach…Ils devaient au moins faire quelque chose pour Camus. Après quelque seconde à se morfondre en silence, Isaak frappa son poing dans sa paume.
-« Je sais ! »
Hyoga releva la tête vers son frère. « Quoi ? »
Une expression machiavélique se dessina sur le visage d’Isaak alors qu’il sortait son téléphone de sa poche. Hyoga se leva pour essayer de comprendre ce qu’il manigançait. Son frère arrêta de ricaner lorsqu’il appela un numéro sur son portable, après quelque seconde de sonneries, la voix de Dité se fit entendre à travers le haut-parleur.
-« Oui mon chou ?
-Dité, si le coach t’appelle, ne répond pas.
-Hien ? Pourquoi ? »
Hyoga aussi était tout aussi confus, il fronça les sourcils en lui lançant un regard interrogateur mais Isaak leva l’index afin de l’empêcher de parler.
-« Fait moi confiance !
-Bon d’accord mon chou, mais tu promets de tout m’expliquer après.
-Oui d’accord, tu ne vas pas rentrer maintenant, n’est-ce pas ?
-Pas vraiment ? Vous êtes à la maison ? Vous avez vu Camus ? Comment il va ?
-Oui, il va bien, il fait la sieste ! Bon je te laisse Dité, merci beaucoup ! »
Il coupa l’appel et ne prit pas la peine de répondre aux questions de son frère confus avant de lancer un autre, et l’inciter de se taire. Cette fois ci, Isaak porta une expression de fausse inquiétude et panique.
-« Alo coach !?
-Isaak ? Qu’est-ce qu’il y a ? » Répondit avec une once d’inquiétude la voix de leur coach.
Hyoga lui fit les gros yeux mais son frère lui fit signe de ne pas parler.
- « Coach, on est loin de la maison avec Hyoga et on était en appel avec Camus mais il-il a soudainement arrêter de parler, puis on a entendu un bruit et il répond plus ! Il est seul à la maison, maman et Dité ne répondent pas à leur téléphone et nous on est loin ! »
Hyoga posa une main sur sa propre bouche pour se retenir de faire sortir le moindre bruit. Son frère était taré !! Qu’est ce qui lui prenait d’inventer une histoire pareille, et pourquoi disait-il cela à leur coach !? Son jumeau lui fit un clin, en plus de cela il était plutôt bonne acteur.
-« Quoi !? » S’écria leur instructeur avec effroi. « Il a fait un malaise !? »
-« On dirait bien, on s’est pas quoi faire, on doit rentrer à la maison mais le temps du trajet va être long-
- J’y vais !!
- Oh merci coach ! On ne savait pas qui appeler ! Il y a une clé sous le pot de fleur ! »
C’était une bonne chose qu’il y avait pensé sinon leur coach aurait défoncé leur porte d’entrée d’un coup et à ce moment la Camus ferait réellement un malaise. Après la fin de l’appelle, les jumeaux se mirent à sautiller sur places en se tenant les bras.
-« T’es complètement timbré !!
-C’est pour le bien de notre mission ! Vite filons d’ici !
-Allons chez Shun ! »
Ils s’élancèrent en courant et ricanant comme des voleurs.
-« Non attend ! Je dois lui retirer le drap et foutre un peu le bordel ! »
…
Milo avait dû bruler un ou deux feux, et causer du chaos sur la route, fonçant aussi vite qu’il le pouvait sur sa moto sans écraser des passants ou se prendre les voitures en plaine face. Il dériva sur la route pour s’arrêter net devant la maison des Delaurore, laissant des marques de pneus derrières lui. Il prit à peine le temps de couper le contact avant de bondir de sa moto pour courir jusqu’à la porte d’entrée. Il n’eut pas de mal à trouver la clé sous le pot de fleur posé sur les marches et l’inséra dans la serrure pour accéder à la maison.
-« Camus ! » S’exclama-t-il en y pénétrant.
Les lumières étaient éteintes, il entra dans le salon et par chance réussit à trouver l’interrupteur du premier coup. Lorsque la pièce s’illumina, il aperçut celui qu’il cherchait allongé sur le canapé, inconscient. Milo se précipita vers lui, posa un genou à terre et lui saisit le visage. Le pauvre était si blême et sans couleur qu’il pourrait juste disparaitre, des cernes distincts marquaient le dessous de ses yeux enflés et ses lèvres étaient anormalement sèches.
-« Camus ! Bon sang ! »
Il retira ses cheveux trempés de son visage et sentit sous ses doigts une différente texture qui attira son attention, comme s’il avait des blessures sur la tête. Il ne put les inspecter que des yeux de grenats s’ouvrirent grand pour rencontrer les siens. Camus reprit conscience, visiblement sous le choc et Milo put lâcher un petit souffle de soulagement.
L’expression que tirait le roux aurait pu le faire rire, il ne l’avait jamais vu avec une grimace aussi stupide, mais il était beaucoup trop inquiet. Ce dernier cligna plusieurs fois des yeux comme s’il n’était pas sûr qu’il était réel.
-« Milo ? »
Il n’apprécia pas comment sa voix sonna, elle était rauque, grave et presque brisée.
Bon sang qu’est-ce que Saga avait bien put lui faire !? Est-ce qu’il aurait dû appeler la veille ? Au lieu de simplement ruminer et lui envoyer quelques messages insensés. Il n’avait pas arrêté de penser à lui tout la nuit, il n’avait réussi à fermer l’œil, ne serait-ce que pour une seule seconde et n’était resté très longtemps chez Angelo. Il regardait son téléphone, hésitant à l’appeler, sachant tres bien qu’il ne répondrait surement pas.
Et s’il avait répondu ? Et si Camus attendait cela ? Comment pourrait-il savoir ? Son cœur se serra douloureusement, il était épuisé.
Camus ne réagit pas plus que cela, il semblait avoir du mal à garder conscience, et se recroquevilla un peu plus sur lui-même. Il tentait de garder ses yeux fixer sur lui et cela l’attrista de le voir dans cet état, similairement au soir sombre où il avait pleuré dans ses bras.
Milo enveloppa sa joue de sa main câline, et Camus sembla y avoir trouvé du réconfort, se frottant contre elle en fermant les yeux. Le grec sentit son cœur se réchauffer intensément, Camus était si tendre parfois, si adorable qu’il avait du mal à réfléchir clairement. Étrangement ce dernier ne semblait pas se questionner plus sur sa présence, comme si cela était totalement normal qu’il soit chez lui, à lui tenir le visage et le regarder dormir. Lui faisait-il déjà aussi confiance ? Ou peut-être qu’il était juste beaucoup trop épuisé pour réagir. Il glissa son pouce sur sa pommette et cela eut l’effet de le détendre complètement, tout comme un chaton en manque d’affection.
-« Je rêve… » Marmonna le roux.
-« Tu rêves pas. »
Après quelque seconde de profonde respiration, il le vit froncer légèrement des sourcils puis ouvrir juste un peu ses paupières.
-« Je rêves pas… ?
-Non. »
Camus sursauta, réalisant enfin que Milo était bien là. Il attrapa sa main posée sur sa joue et redressa la tête, une expression de pure confusion sur le visage. Cela amusait Milo de le voir aussi expressif.
-« Te relève pas trop vite ! Reste allongé ! Comment tu te sens ? Tu as mal quelque part ? » Enchaina Milo les questions en l’empêchant de se redresser.
-« Hien ? Milo ? Qu’est-ce que tu fais-
-Shhh, ça va aller, bouge pas.
-Mais-
-Shh j’ai dit ! Tu t’es fait mal ? »
Milo glissa à nouveau ses doigts dans ses cheveux pour inspecter sa tête mais Camus le repoussa.
-« Non ! Je vais bien !
-Laisse-moi voir ! »
Il tenta de nouveau mais le roux n’était vraiment pas coopératif, il bloqua sa main et recula autant qu’il le pouvait contre le dossier du canapé.
-« J’ai rien ! » Reflua-t-il avec irritation. « Qu’est-ce que tu fais la ? »
Milo comprit pertinemment qu’il cachait quelque chose et son comportement l’agaça. Perdant patience -surtout à cause de son inquiétude- il se pencha au-dessus de lui dans le but d’accéder par la force à ce qu’il cachait sous les protestations de Camus qui se débattait pour l’en empêcher.
-« Mais laisse-moi voir, bordel !
-Puisque je te dis que j’ai rien ! »
Ils se chamaillèrent et perdant toute patience, Milo profita du déséquilibre de force entre eux pour saisir ses poignets et les emprisonné avec une seule main au-dessus de sa tête. Le roux gesticula pour tenter de se libérer et le grec était quand même surpris de constater à quel point il était faible, Camus se démenait et se débattait avec peine et pourtant il ne lui donna aucun mal à le tenir avec une seule main. Il s’assit sur ses jambes pour les retenir aussi et s’apprêta à glisser son autre main sur le cuir chevelus du franco-russe qui allait presque commencer à pleurnicher. Il se sentit un peu coupable en voyant ses joues empourprées d’effort et de contrariété, ses yeux plisser et sa tête rétractée entre ses épaules.
-« J’ai rien Milo ! Lâche-moi ! Tu m’écrases.
-Je te crois pas. » Sur ces mots, il introduit ses doigts à travers les racines de ses cheveux mais Camus détourna la tête comme dernière tentative de lui mettre des bâtons dans les roues.
Milo tiqua de la langue, exaspéré, et lui tira juste un peu douloureusement la joue.
-« C’est pas possible d’être aussi têtu ! »
Il ne put cependant pas resté agacé face à une telle moue, il esquissa un petit sourire mutin en continuant de lui tirer la joue sans que Camus ne puisse rien y faire, lui faisant faire de ridicules grimaces inédites.
-« Milooo !! » Vociféra-t-il, à bout.
-« Tiens-toi tranquille, tu veux bien ? »
Cette fois ci Camus le laissa faire à contre cœur, en tiquant de la langue et maugréant dans sa barbe. Son expression grognons était amusante à voir malgré la situation. Il put inspecter le coté de sa tête recouverte par ses cheveux et retrouva cette différente texture sur sa peau. En y passant plusieurs fois les doigts dessus, il put confirmer que c’étaient bien des blessures, et comme preuve, le début de ces étranges griffures apparaissait sous la frange du roux. Milo sentit un certain mal être le prendre, comment autrement ? Ces blessures étaient perturbantes, surtout que Camus était censé être avec Saga tout la nuit. Comment avait-il fini par avoir ces violentes blessures là ? Milo garda le silence quelque seconde, étudiant le visage de celui en dessous de lui. Ce dernier avait la tête détournée et le regard fuyant, ce qu’il ne faisait que lorsqu’il se sentait coupable de quelque chose, cela le grec avait fini par s’en douter. Camus était certes tendu, mais n’essayait plus de se libérer, il ne daigna même pas lui adresser le moindre coup d’œil.
Milo lâcha un long et profond soupire et relâcha son emprise sur ses poignets, Camus baissa les bras, mais n’en profita pas pour le repousser, il gardait lui aussi le silence et le regard ailleurs. Une certaine tension dérangeante pesa lourdement sur eux, une qui nouait la gorge et tordait l’estomac. L’instructeur continua à le détailler des yeux quelque seconds avant de se décider enfin à se relever de lui.
Il s’assit sur le sofa, et Camus se redressa et se retrouva assit à ses côtés, assez proche. Pour plusieurs secondes aucun d’eux ne pipa un mot, laissant le silence alourdir cette frustrante tension sur leurs épaules. Milo le regardait, Camus non. Ce dernier avait la tête quelque peu baissée, assez pour permettre à ses cheveux de lui cacher le visage, les épaules tendue, refermé sur lui-même et les poings serrés, posés sur ses cuisses. Milo étala son bras sur le dos du sofa, derrière Camus, sans le lâcher du regard.
Le roux finit par briser le silence en soupirant.
-« Satisfait ?
-Non, pourquoi que je le serais ? » Répondit-il sérieusement.
-« Qu’est-ce que tu fais la de toute façon ?
-Tes frères m’ont dit que tu allais mal, je suis venu te voir. »
Camus tourna enfin la tête vers lui pour lui lancer un regard confus.
Milo reprit parole, « Peu importe, je suis là, c’est le principal. Puis j’allais venir dans tous les cas.
-Pourquoi ? »
Milo détourna le regard, la mine ferme et les sourcils froncés.
-« J’ai pas le droit ?
-« C’est pas ce que j’ai dit.
-« Tu n’as pas envie de me voir.
-Je n’ai pas non plus dit ça. » Soupira le roux de fatigue, ne perdant pourtant pas patience.
Ce dernier laissa sa tête retombée en arrière, ne réalisant surement pas que le bras de Milo était derrière lui. Le grec le regarda à nouveau lorsqu’il sentit un poids sur son bas, et serra légèrement le poing, observant Camus en silence qui avait fermé les yeux.
-« Tu as l’air épuisé. »
Camus ouvrit doucement ses paupières et roula sa tête sur le côté pour le regarder dans les yeux.
-« Toi aussi. »
Milo lâcha un petit souffle d’amusement en détournant le regard. Il ne s’attendait pas vraiment à ce que le roux le remarque dans son état, mais au fond, cela lui fit quand même plaisir. Mine de rien, son nom était un peu responsable de cette fatigue, juste un peu, car il refusait de sortir de sa tête et d’arrêter de lui causer de l’inquiétude.
-« Pour être honnête…je le suis. »
Il avait envie de lui faire savoir, tout ce à quoi il pensait, tout ce qui le derangeait, mais cela serait surement égoïste de sa part. Il avait pratiquement agressé ce pauvre Camus alors que de base il parvenait à peine à garder les yeux ouverts, il n’allait pas l’embêter en plus avec ces sentiments de gamin insensés et sans importance.
Mais Camus le regardait d’une telle manière, avec sa tête adorablement posée sur son bras, qu’il avait juste envie de tout lui déballer. Alors qu’il avait la tête de tournée, il ne remarqua pas Camus qui redressa la sienne pour le regarder de plus près. Des mains froides lui attrapèrent le visage pour lui pivoter la tête dans sa direction, ses yeux s’élargir de surpris et pour une raison son cœur bondit dans sa poitrine lorsqu’il aperçut le visage du roux aussi proche du sien. Il se retrouva perdu sur la surface de sa peau et de ses yeux qui l’analysaient, ses pensées se tapirent dans le silence, un silence perturbé par son sang qui pulsaient rapidement dans ses oreilles au rythme de son cœur accélérer. Ses joues se réchauffèrent sous ses doigts, sentant encore plus distinctement leur froideur rafraichissante, mais aussi et surtout leur douceur.
-« Tu as un bleu sur la joue. » Nota Camus avec une once de gravité dans son ton.
Milo revint soudainement à lui, sortant de cette étrange transe qui le prenait de plus en plus souvent lorsque cela concernait le franco-russe. Il eut du mal quand bien même à réagir, ces yeux de grenat plongés dans les sien tentaient de l’absorber à nouveau dans ce monde rouge et merveilleux, où il se sentait étrangement au chaud, où il se sentait bien. Camus avait de si beaux yeux, il l’avait remarqué depuis le premier regard, cependant cette réalisation le frappait toujours plus fort à chaque qu’il se retrouvait en face d’eux. Cela lui faisait mal physiquement de devoir s’en détourner, quel était ce sentiment ? Cela ne ressemblait à rien de ce qu’il avait déjà ressenti, ce besoin presque désespéré d’être perçu par eux, constamment.
Camus semblait analyser son regard pour y chercher une réponse. Milo pouvait voir que son expression fermée laissa paraitre un semblant de tristesse, surement du a l’inquiétude. Oui, Camus se faisait du souci pour lui, n’était-ce pas si tendre ? Lorsqu’il le regardait ainsi, avec ces yeux pétillant d’une inquiétude discrète et silencieuse, et pourtant bien visible, il voulut fondre.
Les doigts posés sur sa joue douloureuse, s’y glissèrent avec légèreté, lui apportant du réconfort et Camus pencha la tête légèrement sur le côté.
-« Qui t’as fait ça ? »
Lorsque qu’il retira ses mains, Milo reprit control de lui-même -bien que déçu-
-« Je te dis si tu me dis. » Répondit-il d’une voix plus calme, faisant allusion aux griffures sur sa tête.
Camus détourna le regard.
-« Personne.
-Tu sais que tu es aussi considéré comme une personne ? »
Le roux leva les yeux au ciel. « Tu as ta réponse alors ! Maintenant dis-moi. »
Il s’en doutait qu’il s’était infligé ces blessures tout seul, il se demandait vraiment comment et pourquoi…Est-ce que cela avait quelque chose à avoir avec Saga ? Il ne lui pardonnerait jamais.
-« Milo. »
Il coupa court à ces pensées violente et détourna la tête, devenant neveux. Il n’avait pas envie que Camus se sente responsable s’il lui disait que c’était Kanon qui l’avait frappé. Il était intelligent, il allait surement directement comprendre que c’était parce qu’ils s’étaient disputés à son sujet.
Voyant son hésitation comme un refus de répondre, Camus se tourna complètement vers lui pour le fixer d’un mauvais regard sévère.
-« C’est Kanon, mais ce n’était rien de sérieux. » Avoua-t-il en se frottant nerveusement la nuque.
Le regard ennuyé que lui lança Camus lui fit comprendre qu’il n’était pas convaincu. Milo alors expira un long soupire de fatigue et de défaite puis laissa sa tête retombée contre le dos du canapé.
-« On se dispute souvent.
-Il a su ?
-C’est pas ça.
-Je t’avais bien dit que c’était une mauvaise idée que tu traines avec mo- »
Milo lui pinça les lèvres pour les fermer et le roux lui lança un regard meurtrier qui le fit rire. Camus lui rendit son geste en lui pinçant la cote, ce qui le fit lâcher un cri de surprise et d’amusement, et au passage, ses lèvres aussi.
-« Je m’en fou que ça lui plaise pas qu’on traine ensemble ! C’est juste que…j’ai l’impression qu’il ne cherche même pas à me comprendre…et c’est pareil pour Geist. »
Camus pencha la tête sur le côté, plissant des yeux visiblement confus.
-« Quoi ? » Lui demanda Milo.
-« C’est qui, Geist ? »
Le grec plaqua sa main sur sa bouche en pouffant de rire.
-« Ma copine ! Comment tu le sais pas ?
-Bah je sais pas !? Tu ne m’as jamais dit son nom !
-Impossible ! »
…Non, si, c’était possible. Milo se mordit l’ongle de son pouce en se ressassant toutes leurs conversation passé …On dirait bien qu’il avait raison, il ne lui avait jamais parlé de Geist…
Camus croisa les bras et le toisa du regard, un sourcil arqué avec insolence.
-« Oui bon ! Maintenant tu sais !
-Peu importe. Tu disais ? »
Milo perdu de nouveau son sourire et le peu de moral qui était remonté.
-« Oublie, c’est pas important.
-Tu. Disais. » Répéta Camus, articulant chaque mot avec insistance.
Milo n’eut plus d’autre choix que de répondre sinon il eut l’impression que Camus allait se venger de son agression de tout à l’heure. Et puis, au fond, il aimait bien avoir son attention ainsi.
-« On ne s’entend pas trop en ce moment. Enfin, on a nos périodes de disputes, mais en plus de Kanon, c’est fatiguant. Disons que ça me travaille l’esprit, je sais pas trop quoi faire. On dirait que je peux jamais satisfaire l’un sans vexer l’autre. »
Les deux personnes qui étaient censé être les plus proche de lui, sa petite amie et son meilleur ami, ceux qu’il appréciait le plus, ne semblaient pas le comprendre. Ou même essayer de le faire. Spécialement Geist. Maintenant qu’il y pensait, il dut toujours s’adapter à ses demandes et ses préférences, pensant que c’était la chose normale à faire s’il espérait maintenir une longue et bonne relation saine avec elle. Il voulut vraiment que cela dure longtemps entre eux, autant que possible, et pourtant tous ces efforts commençaient sérieusement à le consumer.
-« Désolé…je suis pas vraiment doué pour réconforter les autres. » Avoua Camus, ayant l’air quelque peu timide.
Cela dessina un petit sourire sur ses lèvres, au moins il essayait, et à son avis, Camus parvenait assez facilement à le réconforter.
Il continua, « Il y a quelque chose que je pourrais faire ? »
Le sourire de Milo s’élargit, Camus était réellement quelqu’un de gentil et attentionné ! Il était flatté.
-« Mmh…Laisse-moi réfléchir ! »
Il n’avait pas vraiment besoin de réfléchir, il savait depuis le début ce qu’il voulait.
Milo ouvrit ses bras.
-« Peut-être un câlin ? »
Sa proposition surpris Camus qui cligna plusieurs fois des yeux, il rougit légèrement en considérant ses paroles, hésita un peu avant de se caller contre lui, enroulant ses bras derrière son dos.
Milo fut celui qui demanda ce câlin, et on dirait qu’il ne s’était pas apprêté psychologiquement à vraiment le recevoir. Son cœur réagit fortement, tellement qu’il se demanda si Camus pouvait le sentir battre contre lui. Il ne s’attendait vraiment pas à ce que le roux cède sans négociation ou taquinerie, en fait, Milo crut qu’il allait lui-même forcer ce câlin afin de l’embêter. Mais non, Camus le lui donna. N’était-ce pas si… tendre ? Si doux, si chaleureux ?
Milo referma ses bras autour de lui, avec fermenté malgré toute la délicatesse dont il espérait désespérément faire preuve. Son corps semblait fondre contre celui de Camus, ses poumons se vidèrent bruyamment tandis que tous ses muscles se détendirent d’un coup. Il enfouit son visage dans le creux de son cou, humant avec délice son odeur. Camus supporta son poids, il pouvait l’entendre respirer un peu plus fortement et sentir son souffle chaud contre son épaule. Il l’enlaça pleinement, posant sa joue contre lui. Ils ne parlèrent pas, le silence, cette fois ci, n’avait rien de désagréable, il était léger et confortable. Cette mauvaise tension qui plainait sur eux plus tôt n’existait plus, elle s’était évaporé complétement la seconde où le roux se blottit contre lui. Elle, tout comme le monde qui les entourait. Tout partit en fumer, ou sinon c’étaient eux qui plongèrent dans leur propre monde.
Milo se sentait si bien là, mais cela n’était pas une découverte, il le savait déjà. Il savait que là, ce trouvait du réconfort, et Camus osa insinuer qu’il ne savait pas comment le réconforter.
Il perdu la notion du temps, Camus non plus ne sembla pas s’en lasser car son emprise sur lui ne faiblit pas, si ce n’était que le contraire. Lui aussi, avait niché son nez dans ses cheveux, il respirait profondément, son torse s’élevait et s’abaissait quasiment au même rythme que le sien, tout contre le sien. Milo avait fermé les yeux afin de s’immerger plus en profondeur dans ce monde entre eux, et permettre à ses autres sens de le sentir encore plus intensément. Il aurait pu s’endormir, tellement facilement, et si tranquillement là.
Ils ne se séparèrent lentement qu’après une certaine durée indéterminée, son esprit était brumeux, silencieux mais surtout léger, comme tout le reste de son corps. Cela était vraiment agréable, le retour à la réalité bien que pénible, fut quand bien même clément. Camus avait le regard détourné, cependant ses yeux étaient bien plus luisants et vifs, son visage aussi reprit une rafraichissante vitalité, ses joues étaient joliment colorées, même ses lèvres n’étaient plus aussi sèches, étirées en un petit sourire timide craquant. Si adorable.
Milo aussi souriait, comment pouvait-il autrement ? Il eut l’impression que le poids qui pesait son cœur disparut complètement, il sentit ce dernier enflé et prendre plus de place dans sa poitrine.
Il lâcha un souffle. « On dirait bien qu’on avait tous les deux besoins de ce câlin.
-Si tu le dis. »
Oh, il était vraiment timide au fond ! Camus cacha bien son jeu, portant des masques de glace et d’indifférence, mais réellement, il était timide et sensible ! Milo lâcha un petit ricanement et tendit la main pour lui saisir une mèche de cheveux humides.
-« Comment ça se fait que tu sens toujours bon la fraise ? » Demanda-t-il en ramenant la mèche de cheveux sous son nez pour la sentir.
Camus masqua mal sa grimace et lui reprit sa mèche de cheveux de sa main.
-« Et toi les pommes.
-Pourtant je n’utilise rien qui sent la pomme mais c’est mon fruit préféré ! Mais bon je dois bien avouer que les fraises sont un peu en train de prendre leur place à cause de ta tarte. J’en ai l’eau à la bouche rien que d’y penser ! »
Camus lui lança un regard jugeur -tout de même amusé-
-« Tu abuses pas un peu ?
- Non ! Que dieu me punisse sinon !
-C’est bon, pas la peine d’aller aussi loin » Dit-il en ricanant.
Son sourire était si rafraichissant, Milo sentit un boost d’énergie -et de joie- monstrueux le prendre. Il ne réussit à résister, la tentation était bien trop intense, il attrapa ses joues avec ses doigts et se mit à tirer dessus sous les complaintes et protestation du roux. C’était sa faute, il n’avait pas à avoir un aussi beau et mignon sourire ! Après plusieurs tentatives ratées pour se libérer, Camus lui mordit la main sans prévenir, ce qui fit sursauter le grec et lâcher prise en riant.
-« Sauvageon ! » L’accusa-t-il en ramenant sa main vers lui dramatiquement, faisant semblant d’être effrayé.
-« C’est toi le sauvage ! » Lui rendit-il en attrapant un cousin derrière son dos pour le lui lancer au torse sans grande force.
Il entreprit ensuite un mouvement pour se lever du sofa mais Milo se sentit soudainement joueur et espiègle, il attendit que Camus passe à côté de lui pour l’attraper par la taille et le rejeter à nouveau sur le sofa.
Le grec lui attrapa à nouveau les joue et s’exclama : « C’est qui que tu traites de sauvage ! » lui faisant faire de ridicules grimaces.
Évidemment Camus se débattit et se plaignit, mais ne semblait jamais réussir à se libérer des emprises de Milo. Ce dernier cette fois ci fit attention que le roux ne puisse pas le mordre, mais ce ne fut pas cela qui l’arrêta puisque comprenant qu’il ne parviendrait pas à le faire lâcher prise ainsi, Camus lui attrapa les oreilles et se mit à tirer dessus.
-« Aie ! Aie ! Aie ! Mes oreilles !
- Lâche moi d’abord !
-Non- Aiiie !! »
Milo était hilare, ses joues lui faisaient mal à force de sourire et rire, aussi ses oreilles mais cela était dû à autre chose. Et cette autre chose en question fini par lui lâcher une oreille pour plutôt lui boucher fermement le nez, changeant son rire en un son ridicule. Il l’entendit ricaner à cela, puis lâcha un surprenant cri lorsque Milo lui pinça soudainement les cotes. Ce dernier sursauta légèrement, et explosa de rire lorsque le roux, apparemment extrêmement chatouilleux, le poussa violement pour s’en fuir en courant.
-« Bah dis donc monsieur ! On est chatouilleux !? » Se moqua-t-il en se levant aussi du canapé de manière menaçante.
Camus, au visage rouge, recula nerveusement et avec précaution, leva les bras pour se protéger.
-« Milo je te jure-
-Tu me jure quoi ?
-Recule !! » Lui ordonna-t-il lorsque le grec l’approcha à pas de loup en riant machiavéliquement, les mains déjà apprêtées pour le chatouiller.
-« Ouhh maman j’ai peur !
-Milo ! Блядь!* » Jura-t-il avant de grimper à toute vitesse les escalier en même temps que Milo se mit à courir vers lui.
Il le coursa jusqu’à l’étage en riant et parvint à bloquer la porte de la chambre de Camus avec son pied avant que ce dernier réussisse à lui fermer à la face. Ce dernier remarquant cela, il laissa tomber la porte et courut pour lui échapper. Milo faillit l’attraper mais Camus se défila de justesse en bondissant sur son lit, puis d’un bond, sauta vers le lit pliable de Dité, esquivant ainsi son agresseur de peu avant de détailler à nouveau hors de la chambre.
-« Reviens ici !! » Lui hurla Milo, n’abandonnant pas sa poursuite.
Il lui courut après, mort de rire, jusqu’à la chambre des jumeaux et se demanda comment Camus allait pouvoir lui échapper ici avec deux lits superposés. Il ouvrit grand les bras pour lui bloquer le passage hors de la chambre. Coincé dans un cul de sac, le roux -au visage écarlate et au large sourire enfantin- n’eut d’autre choix que de se lancer sur l’échelle qui menait au lit supérieur bien que cela était peine perdu. Comme attendu, Milo l’attrapa par la taille et le chatouilla pour le faire lâcher prise. Camus émit une sorte de cri jamais entendu avant et se détacha de l’échelle par reflex, reposant tout son poids sur Milo qui ne s’y était pas préparé et vacilla de quelque pas en arrière.
Il porta Camus dans ses bras mais ne fit pas attention où il posait les pieds et trébucha sur un des poufs posés par terre. Il perdit équilibre et ne put se rattraper à quoique ce soit puisque ses mains étaient déjà prises, il eut néanmoins le temps d’à peu près bien sécuriser le roux dans ses bras et lorsqu’il tomba à la renverse, il lui amortit la chute avec son corps. Il ne sentit pas de douleur, beaucoup trop occupé à rire et ce n’était pas cette petite chute qui allait le faire oublier son objectif principal, surtout que sa cible était fermement emprisonnée dans ses bras avec aucune échappatoire. Il avait du mal à reprendre son souffle, il était celui qui chatouillé l’autre et pourtant il riait autant que lui. Comment autrement ? Camus était à bout de souffle, prit de violent fou rire, à se tordre et gesticuler pour tenter désespérément de se libérer. Il essaya de le chatouiller en retour pour le faire arrêter, mais il en fut incapable, pas parce que Milo n’était pas chatouilleux, mais parce qu’il ne parvint à force de rire.
Tout près de son oreille, le grec l’entendait rire comme un enfant, il essayait de parler, mais tout ce qu’il arrivait à articuler entre deux fous rire c’était « Mil- » sans jamais parvenir à prononcer le « o », Milo en pleura de rire.
Camus, dont le visage s’était enfouit contre son oreille, passa à l’attaque et lui mordit la joue -heureusement, celle qui n’avait pas le bleu-, et ne lâcha pas prise. Milo lâcha une exclamation de surprise et un peu de douleur, et vu que le roux y mettait de plus en plus de force -sans pour autant s’arrêter de rire-, Milo dut lui accorder sa liberté.
Sa victime, enfin libre de torture, lui lâcha la joue -lui laissant de la salive dessus-, roula sur le côté et laissa sa tête retombée contre le parquet, le bruit de l’impact fut comique, mais pas plus que le fait que Camus continuait de rire de manière incontrôlable alors qu’il ne le chatouillait plus. Milo observa son visage qui étonnement parvint à rougir encore plus ! Sa peau se confondait avec la couleur de ses cheveux, et avec ses taches de rousseurs, il ressemblait à cent pour cent à une fraise. Une fraise qui pleurait de rire.
Milo s’esclaffa bruyamment en se tenant les cotes douloureuses, il avait l’impression d’avoir fait d’intense exercice d’abdomen alors il n’imaginait même pas comment ce pauvre Camus devait se sentir. Enfin il n’imaginait pas parce qu’il pouvait le voir et l’entendre. Le pauvre ne s’en remettait toujours pas, ce fut comme si Milo avait activé son mode fou rire sans savoir comment l’éteindre. Qui aurait cru que Camus était capable d’autant rire. Son lui du passé qui l’avait vu rire silencieusement à travers la vitre de la classe de hip hop pouvait se sentir fier.
Il se leva en reprenant son souffle et Camus se redressa pour s’asseoir sur ses chevilles, il toussa, encore incapable de s’arrêter. Milo avait mal au ventre et au joues, reprendre son souffle était une tâche difficile et il commençait sérieusement à avoir chaud. Il vit le roux s’essuyer le visage humide et tenter de se relever cependant ses jambes qui tremblaient et flanchaient, l’empêchèrent de le faire, ainsi que son ventre qui devait lui faire mal. Milo lui tient le bras pour l’aider, mais pour une raison une nouvelle vague de rire prit le roux qui ne parvenait plus à garder la tête relevée, la seule chose qui l’empêchait de se rallonger au sol c’était le grec qui lui tenait le bras.
Cependant ce dernier fut instantanément contaminé par son nouveau fou rire et perdit l’usage de ses jambes. Il n’avait aucune idée de pourquoi Camus riait encore et c’était justement cela qui était hilarant.
Cela fut difficulté, mais éventuellement, ils parvinrent à se calmer et reprendre leur souffle. À nouveau, Milo proposa son aide à Camus en lui tendant la main mais ce dernier qui toussotait, le lui gifla.
-« Va te faire foutre. Connard.
-Hé c’est pas tres sympa ça ! »
Lorsqu’il se releva, il donna une pousse à Milo et le snoba pour sortir de la chambre. Milo le rattrapa discrètement et le retint par le bras pour le tirer vers lui et le porter sans prévenir sur son épaule comme un sac de patate.
-« Milo ! Pas encore !
-Hehe, supplie-moi !
-Je t’emmerdes !
-Bah dis donc quelqu’un ici à la langue bien pendue aujourd’hui. » Dit-il en descendant calmement les escaliers avec Camus sur l’épaule qui devait être trop épuisé pour se débattre.
Il était si léger, cela le surprenait à chaque fois. Il le ramena jusqu’à la cuisine et le déposa sur le comptoir. Le roux lui permit d’ouvrir le frigo pour en faire sortir deux petites bouteilles d’eau froide, une pour chacun. Milo observa Camus alors que ce dernier descendait d’une traite le contenu de sa bouteille, laissant au passage un filet d’eau coulé le long de son menton, pour ensuite chuter sur sa cuisse…Oui, Milo avait bien suivi sa trajectoire et maintenant qu’il le remarqua, il eut du mal à détacher ses yeux de ses cuisses. Il y avait quelque chose de particulier à propos d’elles, ce n’était pas la première fois qu’il les voyait mais pour une raison il se retrouvait toujours bloquer sur elles. Les jambes de Camus étaient fines et clairs, il était évident qu’il se rasait souvent, et ses cuisses étaient mise en valeur par son short court qui l’enlaçait et surtout parce sa position assise qui les arrondissait encore plus.
Milo déglutit, sentant une vague de chaleur se rependre sous sa peau. Il revint à lui lorsque Camus finit de boire et lâcha un bruyant souffle de soulagement. Se rendant compte de ce qu’il faisait, Milo se dépêcha de détourner le regard, nerveux, et bu quelques gorgées de sa bouteille.
Une fois fais, il s’approcha de Camus et s’appuya sur le comptoir à côté de lui.
-« Enfin, pour revenir aux choses sérieuses…Est-ce que ça va ? »
Camus le regarda quelque seconde en silence avant de détourner le regard.
-« Maintenant, ça va. »
Milo esquissa un faible sourire, cette réponse était plus que suffisante.
-« Je comprends toujours pas comment tu as fait pour arriver ici.
-Peu importe ! Je suis là, c’est ça qui compte. Quoi ? Tu vas me jeter dehors ? »
Camus plissa du nez et lui donna un faible coup de pied -si faible qu’on ne pouvait pas vraiment le qualifier de coup-
-« Oui va-t’en.
-Essaye donc de me chasser ! »
Comme réponse, il le poussa avec son pied. Milo ricana et le lui attrapa par la cheville.
-« D’ailleurs » Reprit-il en regardant sa jambe, remarquant laquelle il tenait. « Ton mollet va mieux ? »
Il demanda en glissant son autre main sur ledit mollet afin l’inspecter en lui donnant un petit massage. Il sentit Camus frémir et se crisper sous son contact, ce dernier détourna la tête d’une ferme expression grincheuse.
-« Oui, ça va. J’ai pas besoin d’un massage.
-Tu fais tes étirements ? » Il ne l’écouta pas et continua son petit massage, parce que voir Camus gêné était assez divertissant.
-Un peu…
-Tu les a faits aujourd’hui ?
-Non. »
Milo lui tint désormais le pied avec ses deux main, amusé de constater que ses orteils étaient recroquevillés -et aussi qu’il avait de petit pieds-, et le lui tordit pour le faire craquer. Camus sursauta légèrement mais sembla soulager.
-« Eh bah, on dirait que tout ton corps est tendu.
-Peut-être qu’il ne le serait pas autant si je ne m’étais pas fait agresser par un fou. » L’accusa-t-il du regard.
-Vois le bon côté des choses, c’était un bon cardio ! »
Milo appliqua de la pression sur ses orteils et ils craquèrent tous sans exception, ce qui le fit s’esclaffer. Embarrassé, Camus lâcha un juron et dégagea son pied pour descendre du comptoir.
-« Milo Alexandris ! Je te maudis. »
L’appellation de son nom complet le fit rire.
-« D’accord, Camus la sorcière ! On a déjà fait le cardio, je te propose de te craquer les os avant de passer aux étirements.
-Hien ? Pourquoi on va faire ça ?
-Parce qu’on va danser ! »
Camus leva les yeux au ciel et se retourna pour se diriger vers la porte, cependant, avec l’ombre d’un sourire sur les lèvres.
-« Toi et la danse… »
Milo le suivit, le bouscula légèrement en enroulant fermement son bras autour de sa nuque.
-« Nous et la danse, tu veux dire ! »
…
Isaak et Hyoga s’étaient enfuis se réfugier chez Shun qui ne comprit pas pourquoi ses deux amis déboulaient soudainement chez lui comme deux tornades, surtout qu’ils s’étaient dit au revoir il y a moins d’une heure.
-« Shun ! Isaak a fait une connerie ! » S’exclama Hyoga sur le pas de sa porte.
-« C’est pas une connerie ! C’est un move révolutionnaire qui va faire du coach notre beau-frère !
-Par ta faute on va se faire engueuler par lui et Camus ! »
Shun, qui n’avait même pas eu le temps de prendre une douche et se changer, les invita à entrer. Ils gardèrent le silence le temps d’arriver à la chambre du japonais afin de ne pas déranger le grand frère qui travaillait dans son bureau juste à côté.
La chambre de Shun était enjolivée de couleur vivaces et clair, une palette de couleur tournant autour du rose et du vers, des motives de fleurs un peu partout et des peluches et pot de plantes sur chaque meuble de la pièce. Une partie du mur était dédiée à toutes ses photo souvenirs, accrochées avec des autocollants en forme de fleurs, de cœurs ou d’étoiles. Les visages qui y apparaissaient le plus, -même plus que celui de Shun - étaient celui de son grand frère Ikki, et ceux des jumeaux. C’étaient les trois personnes qui occupaient la plus grande place dans la vie de Shun, et Hyoga ne pouvait s’empêcher de sourire en y repensant, à chaque fois qu’il venait ici et qu’il voyait leurs photos.
Les jumeaux expliquèrent ce qu’il venait de faire -ou plutôt ce que Isaak a décidé de faire- et le japonais grimaça avant de s’esclaffer.
-« A tout moment on reçoit un appel d’un d’eux et on est foutu. » Se plaignit Hyoga en regardant son téléphone.
Isaak le lui retira des mains. « Mais non, on trouvera une bonne excuse !
-Quelque chose me dit que vous allez pas recevoir d’appele pour un bon moment. » Ricana Shun qui se rendit vers son armoire pour choisir des vêtements.
Vu qu’il n’avait pas eu le temps de se changer, il comptait le faire maintenant et retira son t-shirt, révélant ainsi son torse. Hyoga détourna instinctivement le regard en rougissant et Isaak lui fit une grimace discrète pour se moquer de lui.
-« Je vais au toilette ! » Annonça Isaak en détalant de la chambre, fermant la porte derrière lui.
Hyoga voulut l’arrêter, comprenant tres bien que son frère n’était qu’un menteur et qu’il faisait cela pour le laisser seul avec un Shun assez confortable avec lui pour se déshabiller sans problème, dans sa chambre. Le blond avait le visage aussi rouge que les cheveux de son grand frère, il resta debout, droit comme un i et tendu, fixant timidement le sol.
-« Qu’est-ce qu’il y a ? » Lui demanda Shun en retirant son pantalon. « Tu veux aussi aller aux toilettes ? »
Pour ne pas paraitre non plus trop suspect, Hyoga daigna un regard vers lui malgré qu’il sût que ce ne serait pas une bonne idée.
-« N-non. Hm ? Tu t’es fait mal ? »
Shun qui s’apprêtait à enfiler un hoodie s’arrêta pour baisser le regard vers sa hanche, ou se trouvait une tache un peu plus foncée que le reste de sa peau. Hyoga s’approcha de lui pour l’inspecter.
-« Ah ca ! Non c’est une tache de naissance, tu ne l’avais jamais remarqué avant ? »
Hyoga se pencha pour regarder la tache de plus près, intéressé de découvrir un nouveau détail de son ami. S’il ne l’avait jamais remarqué avant c’était surement parce qu’il n’osait jamais pleinement regarder Shun lorsque ce dernier était torse nu devant lui.
-« Non, mais elle est jolie, on dirait presque une fleur.
-Une fleur ? Hahaha ! Je l’ai jamais vu de cette façon ! »
Shun avait levé le bras et s’était légèrement tourné vers lui pour le laisser regarder. Et Alors que Hyoga allait se redresser la porte s’ouvrit à la volée. Le blond sursauta et effectua un faux pas en voulant reculer trop brusquement, il glissa sur le pantalon de Shun délaissé par terre et tomba en avant, entrainant le japonais avec lui, heureusement le lit fut au bon endroit pour amortir leur chute. Cependant…
Lorsque Ikki entra sans crier gare, il tomba face à une scène qui allait surement le hanter toute sa vie, Hyoga au-dessus de son petit frère, petit frère qui d’ailleurs était nu mis à part pour son boxer, mais celui qu’il portait était si court que c’était presque comme s’il n’y avait rien. Les deux adolescents le regardaient choqués, les joues rouges et les yeux ridiculement écarquillés. Surtout le blond.
Ikki afficha une grimace d’horreur.
-« Ikki ! Ce- c’est pas- » Tenta de se justifier Shun tandis que Hyoga se releva de lui, mais Ikki referma la porte.
Néanmoins, on pouvait quand même l’entendre marmonner dans sa barbe quelque chose du genre : « Qu’est-ce que je suis sensé faire dans cette situation ? »
Shun se releva, ramenant son hoodie contre son torse pour aller rouvrir la porte mais son frère s’en allait déjà pour retourner d’où il venait. Il laissa tomber l’espoir de lui expliquer la situation pour le moment et referma la porte.
-« Eum je suis désolé Shun, laisse-moi aller lui expliquer que c’est pas ce qu’il croit !
-Non, c’est bon, je le ferais après. Je suis surpris qu’il soit juste parti comme ça sans rien dire.
-‘Fin, on aurait dit qu’il allait avoir une crise cardiaque. »
Shun pouffa de rire avant de s’esclaffer plus fort et Hyoga se demanda comment pouvait-il rire dans cette situation embarrassante. Il tenta de le joindre mais n’y trouva pas trop le cœur. Hyoga pouvait sentir son cœur battre comme un fou, et ne put qu’être perturbé. Il y avait de quoi après tout, son adorable et si joli crush était quasiment nu, et ils s’étaient retrouvés dans une position compromettante, une qui l’aurait mis dans la cata’ s’ils étaient restés un peu plus longtemps ainsi. Heureusement qu’il n’avait pas eu le temps de détaillé le corps sous lui à ce moment-là, sinon…Enfin, Hyoga était un adolescent en pleine croissance, en assez bonne santé et ce genre de pensées et réaction étaient tout ce qui avaient de normal, bien qu’il préfèrerait grandement ne pas les avoirs, surtout s’il était en la présence de celui qui les causait.
Le japonais fini de rire et lui offrit un sourire, cependant Hyoga avait du mal à se reprendre et avoir l’air normal.
-« Tout va bien ? » Lui demanda Shun en remarquant cela.
Le blond ne pouvait s’empêcher de se demander, qu’est ce qui aurait bien pu se passer s’ils furent ainsi sans qu’un grand frère les interrompe -bien que son incursion fut la raison pour laquelle ils se retrouvèrent ainsi en premier lieu- se seraient-ils embrassés ? Peut-être …plus ?
Non, il ne devait absolument pas y penser !
Il répondit en balbutiant, le regard détourné, incapable de le regarder.
Ils étaient déjà proches, la situation embarrassante était passé, et ils étaient face à face. Ikki n’allait pas revenir et Isaak…faisait surement semblant d’être constipé. Peut-être … Peut-être qu’il pourrait tenter un rapprochement ? Peut-être que c’était finalement le bon moment. Shun le regardait si adorablement avec ses grands yeux de printemps, ses joues rosies qu’il avait juste envie de mitrailler de baisers et ses lèvres étirés en un sourire. Il avait du mal à reprendre son souffle, son estomac était tout retourné, il avait l’impression que ses organes avaient décidés de se déplacer à l’intérieur de son corps. Si cela continuait ainsi, il allait vomir des papillons.
Il ouvrit la bouche pour dire quelque chose, mais n’en fut pas capable, il leva légèrement sa main pour effectuer un mouvement, mais n’en fut pas capable non plus. Cela ne pouvait pas être si difficile que cela d’embrasser quelqu’un ! Il avait juste à poser ses lèvres contre les siennes, lui donner un petit bisou, et c’est tout ! Que quelque petites seconde…qui pourraient absolument tout changer.
Shun devint quelque peu inquiet et arqua un sourcil en penchant légèrement la tête sur le côté. Hyoga avait l’impression d’entendre la voix d’Isaak dans sa tête hurler « Embrasse-le !! Embrasse-le !! »
Il ferma les yeux en une stupide grimace, le visage pivoine et déglutit. Il allait le faire ! Il se pencha en avant mais lorsqu’il rouvrit les yeux, il constata avec surpris que Shun n’était plus en face de lui. Il se rendait vers son armoire, le visage à l’intérieur du hoodie qu’il était en train d’enfiler.
Hyoga se mordit la lèvre de honte et déception, la voix d’Isaak dans sa tête était morte de rire, s’esclaffant comme un fou. Dieu merci que Shun n’avait pas remarqué sa lamentable tentative ridicule ! Il voulait disparaitre d’ici !
-« Assis toi un peu. » Lui dit Shun. « Tu as l’air fatigué. »
Hyoga fit comme demandé, s’asseyant nerveusement sur le lit et sortit son téléphone pour texter son frère de revenir sur le champ. C’était lui qui avait désormais besoin d’aller aux toilettes pour se lamenter et peut-être verser une ou deux larmes d’anxiété. Techniquement, il ne s’était pas fait rejeter, mais en avait quand même grandement l’impression.
…
-« L’application s’est installé ? » Lui demanda Milo qui allumait la télé.
-« Je suis vraiment obligé de jouer ? » Se plaignit Camus en s’attachant les cheveux en une queue de cheval.
Milo l’observa quelque seconde sans rien dire, avec un petit sourire sur les lèvres.
-« Yup ! On va battre tous les meilleurs records d’Isaak et Hyoga, comme ça on leur montre quel duo est le meilleur. »
Le roux ricana faiblement « Tsh ! Arrête d’embêter mes petits monstres.
-C’est mes petits monstres aussi. » Retoqua-t-il en lançant le jeu « Just dance » sur la console de jeu des jumeaux qu’il se permit d’utiliser.
Après leur séance d’étirement qui fut à la fois gênante et drôle, Milo insista comme jamais pour qu’il utilise la console de ses frères afin de jouer à Just dance. Camus avait bien tenté de se défiler, lui disant qu’il pouvait jouer seul, qu’il était fatigué, cependant le grec lui fit bien savoir qu’il n’acceptait aucun refus. Il l’avait forcé à installer l’application sur son téléphone en ricanant comme un gamin et le roux finit par céder. Pourquoi pas après tout ? Il devait bien cela à Milo, et puis, il devait faire plus d’exercice et se dépenser de temps en temps. La dernière fois qu’il avait volontairement joué à ce jeu, c’était chez Surt, puisqu’à l’époque où il dansait sans cesse, il n’avait pas encore de console de jeu.
La première fois qu’il eut les moyens d’en acheter une, ce fut évidemment un présent pour ses petits frères. Il n’avait alors pas arrêté de les gâter avec de nouveaux jeux et de nouvelle console au fils des années, à chaque fois qu’il pouvait se le permettre. Sa mère le lui reprocha par le passé, puisqu’au lieu d’utiliser cet argent, par exemple pour changer son vieux portable qui était au bout de sa vie, il finissait par sortir du magasin avec le prochain cadeau des jumeaux et toujours avec le même téléphone. -Qui d’ailleurs arrêta de fonctionner une semaine plus tard -. C’était plus fort que lui, comment pouvait-il retourner en France les mains vide ? Il aimait sincèrement voir Isaak et Hyoga impatient de déballer leur cadeau et s’exclamer de joie avant de venir se jeter dans ses bras, leurs sourires étaient tous pour lui.
Donc en effet, Milo fut surpris de constater qu’ils avaient toutes les éditions de Just Dance, Camus s’en était occupé personnellement.
-« On commence par quoi ? Je te préviens, on ne s’arrête pas tant qu’on a pas explosé tous leurs records, on doit faire que des parfaits ! »
Camus lâcha un soupire d’ennuis, mais qui évidemment était un faux, il était au fond assez excité face à ce challenge qu’il n’aurait jamais pensé faire tout seul. Faire que des parfaits, exploser tous les meilleurs records de ses pauvres frères, Milo était réellement un gamin. Mais s’il le suivait la dedans, peut-être que lui aussi, était un gamin.
Camus se positionna debout devant la télé, à côté de Milo, ils avaient reculé le sofa afin de libérer plus de place pour danser. Côte à côte, ils se regardèrent, le grec avec une expression d’amusement, tandis que le franco-russe tenta de paraitre embêté, en vain. Il eut du mal à masquer son sourire. Puis il commençait à avoir l’impression que ses visages neutres ne trompaient plus Milo, ce dernier avait cette tendance à chercher toutes ses réponses au fond de ses yeux, et de toujours y parvenir. Camus ne savait plus vraiment quoi y penser.
-« On va quand même pas commencer par celle la…
-Ils ont un bon score dessus ! En plus elle est amusante ! Aller ! Mets-toi en place, chevalier, c’est parti ! »
La chorégraphie de « Timber » se lança. Si au début ils se chamaillèrent sur leur emplacement et rôle respectif, et qu’ils eurent du mal à être totalement synchroniser ensemble et avec les danseurs – ce fut en partie parce que Camus n’était pas à l’aise et qu’il n’y mettait pas totalement du sien -, cela ne leur prit pas plus d’une répétition pour régler tous leurs problèmes et se concentrer pour de vrai sur leur tâche, certes drôles et ridicule -surtout pour deux adultes comme eux-.
Camus mentirait s’il disait qu’il ne s’amusait pas. Bien qu’au début il eut du mal à cause de sa rigidité, les encouragements de Milo et son enthousiasme le débloquèrent progressivement, mais aussi et surtout leurs rires partagés à chaque mouvement absurde. Milo l’avait déjà vu dans un bon paquet de situation gênante jusqu’à la, une de plus, ce n’était pas bien grave. En plus le grec était avec lui dans celle-là.
A la quatrième reprise, ils maitrisèrent totalement la chorégraphie, cela fut suffisent pour qu’il la retienne par cœur et aussi pour boucler le score. Et dire qu’il avait accepté de sauter sur son dos à plusieurs reprises afin d’atteindre ce but stupide ! Ils avaient bien rigolé, surtout la deuxième fois, puisque le roux s’élança d’un mauvais pas pour sauter sur son dos, Milo le réceptionna mal, ce qui les entraina dans une chute -encore une fois !- Pourquoi faillaient-ils qu’ils tombent toujours lorsqu’ils trainaient ensemble ? Et pourquoi Milo trouvait cela aussi drôle ?
Une fois terminé avec cette chorégraphie, ils se tapèrent dans la main et passèrent à la suivante.
Ils enchainèrent les chansons, les blagues, les rires, les chamailleries et les moments ridicules, néanmoins, ils s’en sortaient vraiment bien. Une fois lancé, rien ne pouvait les arrêter
Enfin, Camus avait bien failli assassiner Milo lorsque ce dernier lança « Rasputin » en le regardant à la fois hilare et apeuré, comme s’il savait tres bien que le roux le prendrait mal.
-« Bah quoi, c’est pas ton main song un peu ?
-Je vais te tuer.
-Bah quoi ! T’aime pas Raspoutine ?
-C’est mort, tu me feras pas faire ça. » Refusa Camus en croisant les bras sur son torse.
-« Tu vas le faire.
-Non.
-Si.
-Non. »
Milo le fixa droit dans les yeux comme un psychopathe et ainsi une nouvelle chamaillerie débuta, et le roux n’avait absolument aucune idée de comment Milo parvenait à avoir le dernier mot alors que dieu savait à quel point Camus pouvait être une tête de mule. Il se retrouvait à céder, avec confusion, et l’instructeur de danse sautait presque de joie.
Enfin, Milo n’était pas un coach pour rien, ses encouragements étaient les meilleurs, il savait vraiment comment pousser les gens à se donner corps et âme et à ne pas facilement baisser les bras. Camus se retrouvait alors comme le roi des cons à applaudir avec la chorégraphie stupide et danser « Rasputin » comme si sa vie en dépendait. Milo ne fut jamais aussi heureux de tout sa vie, en fait, il était probablement l’humain le plus heureux sur terre à ce moment-là, de ce que Camus entendait. Il était bien trop focalisé sur cette danse du diable qui lui faisait fondre les muscles des jambes. Il demanda à ce que sa misérable vie soit achevé tellement cette torture était insupportable mais malgré la douleur et les larmes qui lui montaient aux yeux, il refusait absolument de gâcher le parfait record qu’ils étaient en train d’avoir du premier coup. Peu importe s’il était ridicule ! Le roi des cons même ! L’homme le plus stupide sur terre. Peu importe si ses mollets allaient exploser, il allait avoir son « perfect » !
Ou sinon Milo allait le forcer à recommencer et cela. N’était. Pas. Envisageable.
La fin de la chanson sonna comme les trompettes du paradis, Camus était à bout, il ne tint pas une seconde de plus sur ses jambes et s’écroula par terre, essoufflé, le visage rouge et suant. Les muscles de ses jambes le brulaient tel du feu et il avait une crampe au mollet qui le fit souffrir. Milo riait à plein poumon d’un rire d’hyène, mais se mit quand même à genoux à ses côtés pour lui prendre la jambe douloureuse, tout comme la dernière fois qu’ils avaient dansé ensemble.
…
Milo était certes un rieur, mais aujourd’hui devait être son record battu du plus de fou rire en une journée. Qui aurait cru, le premier jour qu’il croisa son regard, qu’il le verrait faire une prestation parfaite de Rasputin avec l’expression d’un torturé de la guerre. Il ne s’était pas attendu à ce que Camus prenne ce challenge au sérieux, même encore plus que lui. Il lui prit la jambe afin de lui appliquer un massage au niveau du molle. On dirait que Camus avait une certaine faiblesse dans sa jambe non dominante, enfin, c’était ce qu’il y avait de plus normal sans un bon entrainement. Il constata que ces contractions étaient bien plus sévères que les dernières, et donc, beaucoup plus douloureuse pour le pauvre roux. Il sentait sous sa main son muscle spasmer et il voyait sa grimace de douleur. Il lâcha un juron en russe en rejetant sa tête en arrière, étirant son cou et se mordit les doigts.
Milo eut un mouvement d’arrêt net pour quelque seconde, se taisant. Encore une fois, il fut frappé. Par la beauté du jeune homme, mais aussi et surtout la sensualité de son corps et ses réactions. Il l’avait déjà vu bouger en détails, près de lui, peu habillé et connaissait sa finesse et son agilité. Il savait que ce corps pouvait se mouvoir comme un serpent, ou comme un cygne, que ses muscles devenaient plus distinctement tracés sous l’effort, il avait déjà détaillé son cou élancé et ses élégante épaules, même la délicatesse de ses jambes et la clairette de ses pieds, mais sur le moment, il ne pouvait s’empêcher de se dire qu’il ne connaissait la plus part que par la vue uniquement, qu’il ne les avait jamais sentis sous ses mains. Comme par exemple, le voir ainsi, étalé au sol, le corps arqué par la douleur et le torse s’élevant rapidement avec sa respiration haletante, il avait l’impression de tout redécouvrir, mais avec un besoin presque urgent de le sentir aussi. Sentir sous ses mains la minceur de sa taille, le frottement de sa peau douce contre sa paume, la surface de son torse, l’épaisseur de son cou, et sa pomme d’adam se mouvoir. Il avait envie de glisser ses doigts dans chaque recoin, ainsi que dans ses cheveux, et même sur ses lèvres.
Il continuait de malaxer son mollet, tout en étant submerger dans cette transe qu’il ne saurait expliqué, peut-être que ses mouvements devinrent plus lents, plus ferme, enveloppant son muscle de l’entièreté de la paume de sa main. Camus était tendu, ses orteils recroquevillés, il releva la tête vers lui en lâchant un faible gémissement de douleur et attrapa sa cuisse de la même jambe que Milo tenait.
Une vague de chaleur dangereuse jaillit de sa poitrine à l’entende de ce petit son qu’il émit, il n’y avait pas de quoi pourtant, Camus avait juste mal, mais Milo ne parvenait à contrôler la direction que prenaient ses pensées.
-« Merde ! Ma cuisse va exploser. » Grogna-t-il en se redressant sur un coude.
Milo n’eut pas besoin que le roux en dise plus, il glissa sa main jusqu’à sa cuisse et se mordit l’intérieur de la joue en le sentant frissonner. Il put sentir Camus frémir à ce geste qu’ils ne daigneraient jamais appelé une caresse. Le roux sembla gêné, il ouvrit la bouche comme pour dire quelque chose mais sa voix ne sortit pas.
-« Rallonge toi. » Lui dit simplement Milo, pinçant délicatement le muscle contracté de sa cuisse.
Camus émit un faible son étouffé par ses lèvres désormais closent. Il ne broncha pas et obéit en silence, laissant Milo le masser.
Ce dernier ne savait pas pourquoi il se sentait ainsi, mais il n’était pas bête ou naïf -bien qu’il pourrait en avoir l’air-. La manière dont son corps réagissait n’était pas normal, ou du moins, pas dans cette situation, pas lorsque Camus était la cause, ou tout simplement, un homme ! Cependant le savoir ne l’empêchait pas, il avait extrêmement chaud, son cœur était un comme un volcan en éruption, son estomac était tout retourné et il vivait vraisemblablement ce qu’on appelait « des papillons dans le ventre », mais pas le genre mignon, le genre qui naviguait un peu trop bas pour leur sécurité. Il déglutit avec difficulté, la peau de Camus était tendre, et bien qu’il était maigre, sa cuisse était assez moelleuse. Il regardait sa main la masser et presser, monter et descendre, en remarquant à chaque fois le corps de Camus se tendre en petit sursaut tres discret.
Son short s’était un peu relevé, révélant plus de sa peau et de son boxer, ce qui ne l’aida vraiment, vraiment pas à reprendre son calme. Cependant, Il remarqua quelque chose qui le fit stopper et ouvrir grand les yeux. Du côté intérieur de sa cuisse, tres proche d’une zone dangereuse, se trouvait là à moitié cachée sous son boxer, une marque de morsure.
Milo fut si abasourdi qu’il ne parvint à se reprendre. Déjà qu’il avait du mal à arrêter de penser à l’incroyable sensualité du roux et de la tentation de ses cuisses, il combattait et refoulait des idées auxquelles il ne daignait même pas penser, mais avec cette marque là, comment pouvait-il les faire taire encore. Il avait été mordu ici…Quelqu’un s’était délecté de ses cuisses, celles qu’il trouvait si tendre et justement…à croquer.
Sa première pensée fut de se demander quel énorme batard veinard, fils de pute, avait bien pu avoir la chance de le gouter, puis rapidement le souvenir que le roux fut en rencard avec Saga la veille le revint, et toute l’excitation qu’il était en train de ressentir se changea rapidement en rage.
Cet enculé lui travaillait déjà l’esprit depuis un bon moment, spécialement hier soir. Si Camus avait passé la nuit avec lui, pourquoi l’avait-il retrouvé dans un aussi piteux état !? Aussi mal, et surtout, avec ces blessures auto-infligées à la tête ! Saga ! Bon sang ! Qu’est-ce qu’il lui avait fait !?
Il avait envie de lui poser la question, mais il n’osait pas, Camus n’allait absolument pas bien le prendre. Il ouvrit la bouche pour l’appeler, mais avant qu’il ne se lance, il fut interrompu par un bruit de grognement. Camus sursauta et se redressa en portant sa main sur son ventre.
-« …Tu n’as rien entendu. »
Peu importe à quel point il brulait de l’intérieur, le grec ne put s’empêcher de pouffer de rire et s’esclaffer.
-« A-Arrête de rire ! C’est naturel un ventre qui gargouille ! » S’écria le franco-russe, mort de honte.
-dis, tu n’as pas mangé aujourd’hui ? »
Le silence de Camus -et la tête qu’il faisait- répondirent a sa question.
Maintenant qu’il y pensait, Camus avait peut-être fait un malaise aujourd’hui, et la première chose que Milo lui fit faire c’était de l’exercice intensif…Il avait envie de se frapper la tête d’exaspération pour lui-même.
-« C’est pas bien ça ! Tu dois manger- »
Il fut interrompu à nouveau par un autre gargouillement -plus bruyant et long- qui cette fois-ci venait du grec. Ils regardèrent tous les deux son ventre avant de se croiser du regard. Camus esquissa un sourire au coin mutin.
-« Bah quoi ? C’est naturel un ventre qui gargouille. » Vola-t-il sa réplique.
-« Dis…Tu n’as pas mangé aujourd’hui ? »
Milo ne répondit pas, et se contenta de sourire comme un idiot en le fixant dans les yeux.
-« C’est pas bien ça » Continua Camus en adoptant une voix un peu stupide. « Tu dois manger !
-Oh la ferme ! Je parle pas comme ça ! »
Comment pouvait-il rester énervé si le roux le faisait rire ainsi.
-« Je m’appelle Milo Alexandris et la danse c’est ma passion !
-Arrête ! » Rit le grec.
Il prit une voix encore plus stupide « J’adore les challenges et mon médecin dit que je suis atteint de TDAH mais je sais pas ça veut dire quoi !
-HAHAHA- eh ! Attend comment tu sais ça, toi ? »
Le roux le toisa du regard avec un sourcil arqué. « Ça se voit. »
Milo tiqua de la langue en ricanant et après s’être assuré que ses crampes se soit plus au moins calmé, il l’aida à se lever et aussi marcher -puisque ses muscles étaient encore bien trop tendu- vers la cuisine. Enfin, il l’aida à faire deux pas avant d’abandonner pour plutôt le soulever sur ses épaules comme une prise de catch sous les jurons du roux.
-« Bon, vu qu’on a tous les deux faim ! Tu ne peux pas dire non à une tarte ! » Lui dit-il en le déposant sur ses pieds.
-« Toi et les tartes ! je regrette de t’en avoir donné, maintenant tu vas me déterrer de ma tombe pour me demander de t’en faire.
-Exactement, désolé, tu n’as plus droit de mourir. Aller je vais être ton assistant. Chef Camus et son incroyable, talentueux, beau gosse et sexy assistant Milo Alexandris ! »
Le roux leva intensément les yeux au ciel, les bras croisés, mais esquissa quand bien même un sourire.
-« Tu as oublié de dire narcissique et egocentrique.
-Oui pardon, le narcissique et egocentrique chef Camus-
Ce dernier le poussa, et le grec ricana, satisfait de sa blague. Le roux ouvrit le frigo et inspecta les ingrédients nécessaires. Il lui fit savoir que rien ne manquait et qu’ils pourraient préparer sa fameuse tarte à la fraise. Milo sautilla de joie, prêt à obéir aux ordres du chef.
Même si, il n’était pas tres doué dans la cuisine. On ne pouvait pas s’attendre non plus à ce que Milo sache tout faire. Il mettait plus des bâtons dans les roues de Camus qu’il ne l’aidait, et pourtant il ne faisait pas exprès.
-« Milo j’ai dit les jaunes d’œuf !! Pas l’œuf tout en entier avec les coquilles ! C’est quoi ça ?
-J’ai fait de mon mieux !
-Tu m’as dit que tu savais casser des œufs !
-La plupart du temps, oui.
-Comment ca la plupart du temps ? Car y’a un temps où tu sais pas le faire ? Retire les coquilles !
-Dit s’il te plait d’abord ! Mal élevé ! »
Ils continuèrent de se chamailler ainsi tout le long du processus, « Milo fait ça ! » « Non pas comme ça ! » « Je vais te bannir de la cuisine. » « Mange pas toute les fraises ! » Et pourtant il riait toujours, et peu importe le nombre d’erreur qu’il faisait, Camus continua de lui donner des taches à faire. Enfin, il n’eut pas vraiment le choix sinon Milo l’aurait poussé pour prendre sa place.
Le grec lui fit une farce en lui étalant de la pâte sur le nez. Camus tourna lentement la tête vers lui comme une entité d’un film d’horreur, rendant le grec nerveux. Puis le roux effectua un geste rapide vers lui qui le fit sursauter et bondir en arrière, l’instructeur glissa sur une petite flaque de lait -qu’il avait renversé tout à l’heure- et tenta de reprendre son équilibre en agrippant le comptoir, et aussi Camus qu’il entraina -ENCORE UNE FOIS- dans sa chute, faisant tomber sur eux le sachet de farine posé sur comptoir. La chute fut quelque peu amorite, moins pire que les précédentes, mais ils restèrent tout de même sous le choc puisqu’ils furent recouverts de farine. Milo avait sa mâchoire grande ouvert, incrédule, mais sentait le fou rire venir. Camus au-dessus de lui avait les cheveux désormais tout blancs, et son expression était DIVINENEMENT hilarante. Au premier son que le grec laissa échappé de sa bouche, le roux lui agrippa la gorge -sans grande force- et le secoua presque fou de rage.
-« JE VAIS TE TUER !! JE. VAIS. TE. TUER !!
Camus le tuait en effet, il le tuait de rire, il avait du mal à reprendre son souffle, plus à cause de son rire de malade mental que les mains autour de son cou. Il avait réussi à rendre Camus fou ! Quel exploit ! Mais ce n’étais pas assez ! Il n’en avait pas encore marre de l’embêter ! Et vu que le roux était encore à califourchon sur lui, avec sa garde baisser, il parvint à le prendre de surprise en le chatouillant. Le roux se tordit et gesticula en lâchant un cri, puis surement perdant contrôle de ses actions, il agrippa la frange de Milo et se jeta à son cou pour le lui mordre beaucoup plus fortement que lorsqu’il lui mordit la joue, et cela fut assez douloureux. Il releva les bras en gémissants de douleur, mais Camus prit deux ou trois seconde de plus avant de le libérer. Il n’y était pas aller de main morte ! Son cou lui faisait mal !
-« Aie ! » Se plaint-il en ramenant sa main sur la morsure.
-« Tu l’as bien chercher ! Regarde le bordel que tu as foutu ! » Maugréa-t-il en se redressant.
Milo s’offusqua faussement en se relevant aussi « Moi !? »
Camus allait vraiment le tuer pour de bon, le regard qu’il lui adressa était terrifiant.
-« Tu vois d’autre singe ici qui aurait pu faire ça !?
-Y’a bien toi ! »
C’était désormais à son tour de fuir dans toute la maison car le roux - pouvait-il être encore appelé roux ? – le poursuivit comme un détraqué avec sa claquette dans sa main. Et ce con était étrangement rapide ! Milo dut demander pardon, les mains en l’air, comme une victime toutefois Camus ne voulut l’épargner. Il lança la claquette dans sa direction, mais Milo parvint à l’esquiver de justesse en se baissant, et l’arme traversa la fenêtre de sa chambre ouverte derrière lui. Ils entendirent un râle provenir de la rue et ils se lancèrent un regard choqué en grimaçant -et se retenant d’exploser de rire- Ils s’étaient même baissé pour ne pas être aperçu par la fenêtre.
Après un énième fou rire, Milo fut pris d’une toux quelque peu persistante. Son cœur battait vite et était quelque peu douloureux, mais ce n’était pas si grave, puisqu’il s’amusait. Ils regagnèrent la cuisine, réconciliés, et Milo put se remplir d’eau à ras bord. Ils s’entre-aidèrent pour retirer la farine de leurs cheveux autant que possible, Camus du défaire sa queue de cheval et ne fit que se plaindre par ce que les boucles du grec étaient bien trop entremêlés. Ils nettoyèrent ensuite la cuisine de toute la farine éparpillée sur le sol, ainsi que les flaques de laits – les superbe œuvre de Milo- avant de reprendre leur tâche culinaire. Et en attendant que la cuisson de la tarde finisse, ils s’engouffrèrent du reste des fraises, les plongeant dans un pot de chocolat, discutant et se chamaillant cette fois ci calmement.
Milo se mit à saliver lorsque Camus sortit la tarte du four, il était près à tout dévorer sur le champ mais Camus le stoppa en levant son index sous son nez. Il lui fit savoir que la tarte devait rester reposé au frigo pour au moins deux heures et Milo afficha un air de chien battu.
-« T’inquiète pas, je vais te chauffer une pizza. » Lui dit Camus en plaçant la tarte au frigo.
Milo s’appuya sur le comptoir de la cuisine, croissant les bras et regardant le roux avec un petit sourie aux lèvres. Il appréciait grandement ce côté domestique qu’ils étaient en train d’avoir, pour lui, c’était précieux. Il sortit son téléphone et alla vers le franco-russe pour lui attraper le poignet.
-« J’ai une idée de ce qu’on pourrait faire en attendant. »
Il l’entraina avec lui pour l’éloigner du frigo, et Camus n’eut d’autre choix que de fermer sa porte en abandonnant la pizza surgelée. Le roux n’avait pas l’air d’avoir l’énergie de se débattre et se laissa faire. Milo le ramena au centre de la cuisine et passa un bras autour de sa taille, ce qui surpris quelque peu Camus. Avec son autre main qui tenait le téléphone, il lança une musique argentine avant de le déposer sur le comptoir.
-« Laisse-moi te montrer les quelques pas de tango que j’ai appris.
Camus le toisa du regard. « …T’es sérieux ?
-Tu vas pas revenir sur ta parole ! On va tango ensemble !
-Dans ma cuisine ? »
Milo lui offrit un sourire confiant comme réponse et doucement lui libera la taille afin de reculer d’un pas et se mettre en position neutre, Camus bien qu’ayant l’air réticent au début, redressa aussi les épaules pour se préparer.
…
Pour une raison, Camus cru que Milo était revenu sur sa décision concernant sa proposition d’apprendre le Tango ensemble, mais il s’avérait avoir tort de le penser. Il était toujours aussi hésitant, puisqu’il ne comprenait toujours pas pourquoi ce professionnel et apparemment cette célébrité dans le monde de la danse, déciderait de le choisit lui, -qui n’avait aucune expérience dans le domaine- comme partenaire. Cela ne serait-il pas plus facile et logique pour lui de danser avec une femme ? Encore mieux, une connaisseuse ? Ou s’il voulait danser avec une bonne connaissance, pourquoi pas sa copine ? N’était-ce pas une danse de couple ? Assez sensuelle et romantique.
Il eut un gout assez amer au fond de la gorge en pensant à elle, il décida d’arrêter d’y penser.
Milo reprit son rôle de coach, et lui montra comment se déplacer, la manière dont il devait se positionner et glisser un pied vers l’autre. Une fois cette répétition faite, il lui prit la taille pour qu’ils la retentent en duo. Camus devait fournir un énorme effort pour en pas montrer le moindre malaise ou timidité, cependant au fond de lui, c’était le chaos. À chaque fois que Milo le regardait, à chaque fois qu’il le touchait, c’était comme si son cerveau lançait l’alarme et une panique générale en lui se créait. D’absolument rien, il le bouleversait, le brulait, le consumait, de rien, d’un simple regard, d’un simple touché, il lui procurait l’effet d’euphorisant, comme s’il avait ingéré des litres et des litres de caféine et de sucre.
Déjà que cela fut extrêmes difficile, lorsqu’il l’aidait avec ses étirements, et encore pire lorsqu’il lui massait le mollet puis la cuisse. La manière dont il le toucha furent des plus dangereuse pour lui et son pauvre cœur. Ses mains d’une grande chaleur, à la paume quelque peu dure, glissait sur sa peau sensible, elle s’y appuyait avec lenteur, pressant ses points douloureux. Elle le fit d’une façon qui le troubla, tant qu’il devait se mordre les doigts ou l’intérieur de la joie pour bloquer sa voix et ses soupirs, pour retenir autant que possible ses frémissements et ses frissons. Il se battait contre ses propre pensées, sa propre imagination pour les maintenir de trop divaguer, de trop espérer.
Il se demanda si Milo traitait tout le monde ainsi lorsqu’il les aidait à soulager leurs crampes, si c’était vraiment normal que ses gestes soient si…lents et sensuels…Ou si c’était juste lui qui était un gros pervers qui s’imaginait des choses. Il fut pourtant persuadé que s’il couchait avec Saga, il se calmerait envers Milo. Et pourtant le voilà encore tout retourné et chaud lorsqu’ils étaient proche. C’était malhonnête et sale de sa part de se sentir ainsi, mais que pouvait-il faire ? C’était addictif…Milo l’était.
Ils russisèrent à effectuer ces premiers pas de base en partenaire, il tentait de ne pas trop penser à sa main pressée sur son dos, son autre qui tenait la sienne et sa voix près de lui qui lui donnait des indications. C’était…extrêmement attirant, il ne comprenait pas pourquoi il trouvait cela si séduisant, il ne faisait que le guider ! Il devait se reprendre, sinon ce serait la catastrophe !
-« Tu apprends vite ! T’as vu, je t’ai dit qu’on s’en sortirait super bien tout le deux.
-C’est que le début, ne te projettes pas.
-Passant aux pas suivant alors !
-Attend. Ca va pas le faire comme ça. »
Il se dégagea de son étreinte et se retourna vers la sortie de la cuisine en disant qu’il revenait. Il refit son apparition après avoir enfilé des talons pour lui faciliter la tâche, certes, il pouvait rester facilement sur la pointe de ses pieds, mais à force, sans support, il craignait ravoir une crampe.
-« Voilà, on peut continuer. »
Mais Milo ne réagit pas tout de suite. Ses yeux s’étaient légèrement agrandit et il le regarda de haut en bas à plusieurs reprises, surement prit de court de voir un homme porter des talons ? Camus n’en fut pas certain mais il pouvait comprendre la confusion, néanmoins, n’était-ce pas obligatoire d’en porter lorsqu’on prenait le rôle du suiveur ?
-« Quoi ? » Lui demanda-t-il en revenant se positionner devant lui, ses talons claquant contre le parquet.
-« Rien…Enfin, tu sais qu’en tant qu’homme, tu n’es pas obligé de porter des talons.
-« Mais je joue le rôle de la femme. »
Milo passa sa main derrière son dos. « Avec le tango moderne, lorsque deux hommes dansent, ce n’est pas une obligation…et je dois bien avouer que je n’ai jamais vu un danseur de tango en porter. » Son sourire devint plus tranchant à la fin de la phrase. « Mais j’aime bien le culot et ça te va bien. »
Fallait-il qu’il le dise avec ce sourire et ce regard la mesquin ? Tout près de son visage ? Camus ne put que se mordre l’intérieur de la lèvre en sachant tres bien que ses joues se coloraient. Milo ne lui laissa pas le temps de dire quoique ce soit qu’il l’entraina avec lui dans une nouvelle répétition.
Ce fut bien plus facile avec les talons, Camus avait moins de mal à bouger et se sentait plus fluide, Milo le guidait aussi avec aise et lui apprit à combiner ce qu’il venait d’apprendre. Si d’abord leur corps gardait une petite distance, cette fois ci, elle fut réduite à néant, et vue qu’ils avaient -désormais- même taille, leur visage étaient bien trop près l’un de l’autre. Il essayait de ne pas croiser son regard, car se connaissant, il n’allait plus les détourner, et connaissant Milo, ce dernier non plus ne le ferait pas, et cela pourrait être dangereux pour lui. Il ne savait pas comment il parvenait à bien suivre ses instructions et garder un bon rythme alors qu’il était si distrait par lui, ses mains, sa voix, son odeur et tant d’autre choses. Aussi, il se devait d’avouer, que cela était vraiment satisfaisant lorsqu’ils réussissaient à combiner plusieurs mouvements, tout était encore simple, certes, mais c’était un bon début et Camus se surpris à vraiment apprécier ce qu’il faisait. Ce faire guider ainsi, par un partenaire, était quelque chose d’inédit pour lui, et s’était assez agréable de pouvoir se reposer sur lui tout en lui faisant confiance.
-« Ici, tu te penches en arrière, et je te ramène vers moi. Pied droit derrière l’autre, puis tu le tends sur le côté. Parfait. On recommence. »
C’était apaisant, sa voix n’était ni trop forte, ni trop faible, juste parfaite et relaxante.
Leur regard se croisèrent, et le grec lui offrit un petit sourire craquant, vraiment, vraiment craquant. Il ne savait plus quoi regarder entre ses yeux ou ses lèvres, les deux étaient magnifique et captivant, les deux lui faisaient sentir quelque chose de nouveau. Pas que ces deux choses, d’ailleurs, n’importe quoi de lui, tout ce qui venait de lui. Il vit une lueur mutine naitre dans ses yeux clairs, Milo effectua un mouvement rapide sans prévenir, le tournant vers le sol, le retenant de tomber que par sa main agrippant sa taille. Camus n’eut aucune réaction de surprise, bien que Milo ne l’eût pas appris à faire un dip, ils l’avaient quand même assez bien réussi vu que le roux eux le reflex de plié une jambe en l’air et d’étiré son cou.
Leur complicité était réellement satisfaisante, Camus était détendu avec lui, Milo parvenait à manipuler son corps comme bon lui semblait…Et il adorait cela.
Ce dernier lâcha un faible ricanement et le redressa doucement afin de garder le bon rythme lent et sensuelle de la danse. Leurs torses se retrouvèrent à nouveau pressés l’un contre l’autre, puis leur front aussi se rencontrèrent, le bout de leur nez se touchèrent et Camus ferma les yeux, le souffle court, tout comme celui de son partenaire qui se mélangeait au sien, qui s’échouait contre ses lèvres légèrement entrouvertes.
Le bruit d’un claquement de porte les fit sursauter, son cœur lâcha et lorsqu’ils tournèrent le regard vers la porte de la cuisine, ils virent sa mère ayant l’air tout aussi surprise qu’eux.
-« Maman ! » S’exclama-t-il en s’éloignant des bras de Milo.
-« Oh pardon ! Je ne savais pas que ton rancard était la ! Je vais vous laisser, amusez-vous bien-
-Non attends maman ! »
Camus la rattrapa -en retirant ses talons- avant qu’elle n’atteindre la porte d’entrée de la maison et prit de ses mains les sachets de course qu’elle portait, tandis que le grec arrêta la musique.
-« C’est pas mon rancard, c’est eum-
-Bonjour madame Delaurore ! Comment allez-vous ? » La salua jovialement Milo en venant même pour lui faire la bise, sous la surprise de Camus qui ne s’attendait pas à le voir aussi familier avec elle.
-« Je vais bien, merci, et vous alors, coach ? Quelle surprise de vous voir ici !»
Quelle catastrophe, ils se connaissaient ! Oui, logiquement, ils durent se croiser de temps en temps au conservatoire, ou durant les spectacles…Camus aurait dû y penser, il se sentait quand même extrêmement honteux.
-« Vous avez une tres jolie maison, je dois dire !
-Soyez le bienvenu, depuis le temps où je demande aux jumeaux de vous inviter à diner ! On dirait bien que c’est mon ainé qui ait réussit à vous convaincre. »
Camus avait envie de disparaitre, il tenta de garder une attitude neutre en apportant les sachets de course à la cuisine. Milo le rattrapa et lui retira quelque sachet de la main afin de l’aider.
Natassia lâcha une exclamation de joie en entrant derrière eux « Mmmh ! Ca sent bon les tartes de mon petit chef pâtissier ! »
Camus était quelque peu embarrassé, il connaissait assez sa mère pour savoir qu’elle n’allait pas arrêter de le chouchouter devant Milo, et ce dernier lui lança un sourire mutin, ayant l’air extrêmement amusé par la situation.
-« Oui votre petit chef pâtissier fait les plus bonne tarte du monde !
-Arrêtez, vous deux.
-Qu’est-ce qu’il a le petit chef pâtissier ? Il est timide ? » Se moqua Milo en lui ébouriffant les cheveux.
Camus lui rejeta la main tandis que sa mère lâchait un rire joyeux.
-« Camus a toujours été un enfant timide !
-Oh je peux voir ça ! »
La victime de leur taquinerie lâcha un long râle passant ses mains sur le visage. Sa mère et Milo étaient un duo bien trop dangereux pour lui, il sentait que cela allait être long et pénible. Ils allaient s’allier contre lui, et il ne pourra rien n’y faire. En plus, elle devait être persuadé que quelque chose se passait entre eux, après tout, elle les avait quand même surpris alors qu’ils étaient si proche et intime…face à face, leurs lèvres si proches…Camus ne devait absolument plus y penser, sinon il allait faire un malaise.
Incapable de se reprendre, il s’excusa auprès de Milo et Natassia qui discutaient chaleureusement pour aller aux toilettes, et une fois seul dans la pièce, avec la porte fermée, il ne tint plus sur ses jambes et se mit à se taper la tête avec sa main. Il était définitivement en train devenir fou ! Son cœur se tordait douloureusement, son estomac était habité de plein de sorte d’insecte qui voltigeaient et le piquaient, son corps était chaud, il avait la nausée, et un haut le cœur avec un mal de tête, mais il se sentait assez énergétique pour gagner un marathone, assez agité pour boire et danser toute la nuit. En fait, il était heureux. Un peu trop. Beaucoup trop, et c’était cela le problème. Il ne pouvait pas être si heureux à cause de Milo ! Il ne pouvait pas ressentir tant de chose, tant de sentiments tournoyer en lui, il ne pouvait pas avoir envie de lui, de son corps, de ses lèvres. Il ne pouvait pas avoir envie de sentir son sourire contre sa peau, son souffle s’échouer dans son oreille, ses mains agripper sa taille. Il y avait un problème, pourquoi prenait-il la place de Saga dans ses fantasmes !? Il n’avait pas coucher avec lui pour rien, bordel de merde, cet homme imprégna son corps, il le marqua et le posséda, il lui donna du plaisir alors pourquoi Camus ne pouvait pas se suffire de lui ? Qu’est ce qui n’allait pas chez lui ?
Et puis Milo, bien qu’il commençait à le perdre au sujet de sa sexualité, avait une copine. Il était hors limite, hors d’accès, trop bien pour lui. Camus se faisait des illusions, il n’y avait RIEN entre eux. Milo était juste hyper sympa, tactile et collant. Ils n’allaient pas s’embrasser. Définitivement pas. Quelle galère, il était en plein panique. Dité ! Il avait besoin de parler à Dité ! Il était misérable sans lui, mais son portable n’était pas avec lui.
Camus se releva et s’appuya sur le lavabo pour se regarder dans la glace, un visage stupide et rouge lui faisait face. Il avait encore de la farine dans ses cheveux en bataille, alors qu’il venait tout juste de les laver. Il avait l’air réellement hébété avec ses joues colorés et son expression de constipé…Oui, c’est sûr, Milo ne pourrait jamais avoir quelque chose pour lui.
Et de tout façon, Camus ne voulait pas se mettre en couple.
Après s’être lavé le visage et souffler un peu. Il sortit des toilettes, se sentant un peu plus calme et frais, et passa par sa chambre pour récupérer une boite de cigarette. Il fronça des sourcils en entendant Milo et sa mère échanger avec un peu trop d’enthousiasme, en riant en plus…Il se sentait en danger. On dirait qu’à cause d’eux, il allait devoir fumer toute sa boite. Il descendit au salon en s’allumant une cigarette mais faillit la faire tomber de ses lèvres en voyant pourquoi ses deux la étaient si content.
-« Maman !! » Cria-t-il d’horreur.
Il les laissa cinq minutes et les voilà, assis sur le sofa à feuilleter ensemble l’album familial !! C’était un cauchemar !! Non, cela ne pouvait pas être vrai ! Il était en train de rêver, Milo n’était pas en train de voir ses photos de lorsqu’il était enfant !
Milo était hilare, s’esclaffant alors que sa mère lui montrait une photo en disant « Camus n’aimait pas porter des couches alors il les retirait tout le temps ! »
Que le seigneur le prenne, il voulait mourir sur le champ.
-« Maman !! Qu’est-ce que tu fais !?
-Aww tu as des taches de rousseurs sur les fesses aussi ! » S’exclama Milo tout content.
Camus ne pouvait pas y croire. Il était plus que mort de honte, il se décomposait de honte. Il couvrit son visage écarlate de ses mains, refusant de regarder la réalité en face. Milo ne venait PAS de voir une photo de ses fesses lorsqu’il était enfant. Sa réaction fit rire ces deux ennemis.
-« Maman…Pourquoi tu lui montres ça !?
-Eh bien, tu n’avais pas de problème que je les montre à Dité.
-Dité !! Pas Milo !
-Rooh, aller, c’est pas la mer à boire ! » Lui dit ce satané et maudit instructeur. « Puis qu’est ce qui me diffère de Dité ? Aller vient ! »
Camus leur tourna le dos, se frottant le front d’une main. Milo se leva pour le tirer du poignet et le forcer à s’asseoir à côté de lui.
-« Où est le mal si une maman veut montrer à quel points ses bébés sont adorable ?
-Aucun ! » Répondit le grec à sa place.
Le roux ne voulait pas regarder, s’il n’avait pas son mot à dire, au moins qu’on le laisse ne pas assister à ce moment extrêmement embarrassant. Il prit une bouffée de sa cigarette, mais avant qu’il ne la finisse, Milo le lui prit et l’écrasa dans le cendrier posé sur la table basse devant eux. Camus lui lança un mauvais regard mais ne dit rien. L’instructeur passa ensuite son bras autour de ses épaules pour le forcer à regarder les photos de l’album avec eux. Camus grimaça assez fortement en voyons ses photos datant d’avant la naissance des jumeaux. Une d’elle en effet le montrait sans couche, à ses peut-être deux ans et il oublia à quel point il fut un bebe moche. En fait, il n’avait même pas l’impression que ce bebe était bien lui, qu’il exista réellement, il avait cette impression qu’il fut toujours vieux.
Milo ricana en commentant sur une autre, où il faisait un câlin à une peluche en forme de canard, avec sa tétine dans la bouche. Une autre où il faisait une grimace, un peu trop proche de la caméra. Milo – et sa mère- avait l’air de passer un excellent moment et était totalement divertit par les photos suivantes et les histoires derrière elles que Natassia racontait avec entrain. Dans les pages suivantes il avait grandi, et souriant beaucoup moins, ce fut là où il devint un enfant timide et peu bavard. Dans la plupart des photos, il faisait la gueule. Une d’entre elle cependant attira encore plus l’intérêt du grec puisqu’elle le montrait, vers l’âge de six ou sept ans, debout tres proche de l’écran de leur vieille télé qui affichait le lac des signes, les bras étendus en imitation. Milo qui avait un bras reposé sur ses épaules, le secoua amicalement en lui disant « Né pour ça, hein ? ».
Il haïssait la manière dont cette petite phrase le fit sentir…si bien. Un sourire lui échappa malgré lui. Il n’aimait pas voir ces photos pour de nombreuse raison, il n’avait même pas participé à leur feuilletage lorsque sa mère les montrait à Dité, mais la présence de Milo si près de lui, le poids de son bras sur ses épaules lui procurait un certain réconfort et contenance dans la réalité…il dirait même, une certaine sécurité. De plus que sa chère mère était là aussi. Il eut envie de laisser reposer sa tête contre l’épaule de Milo, sentir les vibrations de ses cordes vocales plus distinctement.
Après une photo de Camus enfant qui reposait sa tête contre le ventre arrondie de sa mère, les jumeaux firent leur entrée dans l’album familial et Milo était tout aussi entrain de tous les voir, même Camus devint bien plus intéressé et participant à la conversation. Il adorait ces photos, ces petits frères furent les bébés les plus adorable du monde ! Ils l’étaient toujours à ses yeux et ceux de sa mère, et ils le resteront pour toujours. Il était heureux de pouvoir partager les souvenirs de leurs enfances avec quelqu’un qui les appréciait tout autant. Milo ricana aux photos d’eux tous les trois ensembles, il s’était même mit à en photographier certaine avec son téléphone.
Vers la fin de l’album, le roux se pencha pour récupérer son téléphone de la table basse, et retint mal un sourire lorsque Milo, bien que distrait et occupé à échangé avec Natassia, reposa son bras sur ses épaules, presque comme si c’était instinctive. Son téléphone était en silencieux et il l’avait oublié toute la journée à cause d’une certaine personne parasite assise à ses côtés. Ce ne fut pas surprenant de conster qu’il avait quelque message non lu de Dité, ainsi que de Saga, mais ne se sentant pas encore près à répondre à ce dernier, il décida de l’ignorer pour l’instant.
« Dité ♡ :
Mumus tout va bien ?
Tu dors encore ?
Apelle moi des que tu te réveilles !!
Je dois absolument te raconter ce qui s’est passé ! »
Il lui envoya ensuite une photo d’Angelo, assis sur un tabouret dans ce qui paraissait un studio – il devina que c’était le sien- tout aussi lugubre que ses tatouages, en train d’enfiler des gants d’hygiène.
« Dité ♡
Regarde ! Je joue aux assistants aujourd’hui !
Il est trop craquant hakjhfugdfydg 🫦😭
Regarde-le à être tout pro comme ça, je vais pas survivre.
Est-ce que Milo est avec toi ?
MILO EST DEFF AVEC TOI VU QUE TU ME REPOND PAS
OUUUUUHHH COOOQUIN VAA AAAAAAAAHHH !! »
Camus se sentit embarrassé et jeta un coup d’œil au concerné pour s’assurer qu’il n’avait pas lus ces messages. On ne dirait pas, trop occupé à écouter une histoire que lui racontait sa mère.
« Dité ♡ :
Angie essaye de me convaincre de me faire tatoué
Mumus si tu me retiens pas je sens que je vais céder
J’AI CEDÉ !! JE L’AI LAISSÉ ME TATOUÉ
Je te montre quand je serai à la maison.
T’es toujours pas en ligne ! Putain vous couché ensemble ou quoi !? »
Le roux sentit ses joues se réchauffer de honte, si Milo lisait cela…
Il lui jeta un autre coup d’œil et rapprocha son téléphone plus proche de son visage par peur que le grec décide de fouiner.
Dité lui envoya une autre photo, cette fois ci ils étaient aussi avec Shura et tout le trois mangeait a un restaurant. Il était content de voir que le suédois prenait du bon temps avec d’autre personne que lui, et qu’il se fit rapidement des amis. Enfin, Dité était doué à cela, mais il semblait vraiment apprécié tout particulièrement Angelo et Shura…au point où il voulait se les faire tous les deux, quand même. Il lâcha un soupire amusé et entreprit de lui écrire une réponse.
« - Arette de dire des conneries
Bien sûr que non on fait pas ça,
Désolé de t’avoir ignoré toute la journée
Faut dire qu’avec un gars aussi énergétique c’est difficile de trouver du temps pour soi
Je vais faire semblant d’être surpris lorsque je vais voir ton tatouage de rose »
Son téléphone fut arraché des mains brusquement, il allait protesté mais Milo ouvrit la caméra depuis sa discussion avec Dité et tandis le téléphone au-dessus de leur tête pour prendre une photo d’eux avec sa Natassia, qui afficha un sourire avec un petit signe de la main. Il l’envoya ensuite sans demandé son avis et lui rendit son portable comme si de rien était.
-« Et un souvenir en plus ! » Dit-il, ce qui ravi Natassia.
Ils purent enfin déguster leur tarte, Milo était aux anges. Camus ne savait pas s’il en faisait des caisses ou si réellement il raffolait de cela. Ses réactions étaient beaucoup si flatteuses que le roux se sentit timide. Et cela n’était pas nécessaire de noter que le grec avait mangé la majorité de la tarte, Natassia était ravi d’avoir un invité aussi expressif et positif, Camus sut qu’elle allait vouloir gâter Milo d’autant de nourriture et boissons possible et ce qu’elle semblait apprécier encore plus, c’était que l’instructeur cédait bien trop facilement et consommait avec appétit et gratitude tout ce qu’elle lui mettait sous le nez. Camus oublia qu’il était censé porter un semblant de neutralité, assis en face de lui sur la table, il le regardait mangé et interagir avec Natassia avec un petit sourire sur les lèvres.
-« Je n’ai que mon Isaak qui aime mangé ! Pauvre de moi, mon Camus et mon Hyoga mangent a peine ! » Se plaint-elle auprès de lui en lui resservant des tagliatelles au bacon qu’il dévorait avec plaisir.
-« C’est inacceptable ! Si j’étais vous, j’attacherais celui-là, » il pointa sa fourchette vers Camus « à sa chaise et je le forcerais à manger ! »
Pour la énième fois depuis le début de la soirée, il fit lâcher un rire à Natassia.
-« Arette de lui donner des idées, elle est plus machiavélique qu’elle n’en a l’air.
-Natassia s’il vous embête, sachez que son point faible c’est les chatouilles. Appelez-moi et je lui ferais regretter ses bêtises.
Camus ramena sa main sur son visage faussement embarrassé, en fait, il masquait son petit rire.
-« Ferme là.
-Non non, ton ami à raison ! Je ferais ça, Milo, car Camus ne m’écoute jamais ! Tiens, écris-moi ton numéro.
-Maman ! »
Ces deux-là étaient réellement le pire duo…
-« Maintenant que j’y pense, où sont les poussins ? » Demanda un peu plus tard Camus, quelque peu inquiet. « Comment se fait-il qu’ils ne soient pas encore rentré à la maison ? »
-« Ils sont chez Shun, ne t’inquiète pas, ça arrive qu’ils restent dormir chez lui. » Le rassura sa mère.
Après un moment, Milo qui regardait son téléphone, perdit un peu de sa radiance et annonça qu’il était tard et devait partir. Camus remarqua que quelque chose le tracassait, ce qui était totalement normal, après tout, il s’était disputé avec son meilleur ami, et apparemment les choses n’allaient pas si bien avec sa copine. Il réalisa à quel point il fut égoïste aujourd’hui, Milo l’avait fait rire et remonter le moral, mais le roux ne fit pas autant d’effort pour lui. Cela l’attristait de le laisser partir ainsi, mais que pouvait-il faire ? Après des salutations chaleureuses avec Natassia, Camus lui proposa de l’accompagner à sa moto, et une fois qu’ils furent dehors, sous le ciel assombri, il l’interpella.
-« Milo…
Ce dernier, silencieux, n’avait pas encore atteint la portière de la clôture, il se tourna vers lui et Camus l’approcha, tentant de lire dans son regard malgré l’obscurité.
-« Tu…mh. » Il hésita, n’étant pas doué avec les mots. « Tout vas bien ? »
Milo lui offrit un faible sourire qui ne le convaincu pas vraiment.
-« Pourquoi ça irait pas ? Non seulement je me suis grave amusé mais j’ai aussi mangé pour une semaine ! En plus de la tarte ! »
Camus était juste un tout petit peu rassuré, cependant ce ne fut pas assez, il jeta un coup d’œil à sa joue bleue, se tenant le bras assez fermement.
Milo sembla deviner à quoi il pensait et son sourire se fit rassurant.
-« Ne t’en fais pas pour ça, c’est entre Kanon et moi, tu n’as pas à te sentir coupable. » Dit-il calmement, posant une main sur son épaule.
Pour une raison, le grec exprima une certaine tendresse dans son expression, une qui enveloppa doucement mais chaleureusement son cœur. Avec ce contact visuel qui se prolongeait, Camus avait l’impression que plus rien autour ne pouvaient encore exister. Il se sentit devenir faible, faible pour ce regard, pour ce sourire, pour ce visage. Milo arqua légèrement ses sourcils, ainsi que son sourire et lâcha un long souffle.
-« Pourquoi ce regards ? » Lui demanda-t-il. « Tu t’inquiètes vraiment pour moi !
-Je sais que tu faisais tout pour me remonter le moral, aujourd’hui- non, depuis qu’on a dansé ensemble la première fois. Honnêtement…Je sais pas pourquoi tu prends la peine de le faire. Mais tu le fais…Mais moi, je ne peux rien faire pour toi.
Milo reprit du sérieux, sa poigne se resserra un poil plus fort sur son épaule « Alors là je t’arrête tout de suite. Tu me donnes trop de mérites, tout ce que j’ai fait, je l’ai fait simplement parce que je le voulais. J’ai pas pris de peine. Et je le fais surtout pour m’amuser ! Ce qui est toujours le cas avec toi. » Il lui donna une petite pichenette sur le front avant de continuer. « Donc retire ces pensées de ta jolie tête rousse.
Camus posa sa main sur son front, le regardant quelque peu embêté.
À nouveau, Milo expira un long souffle en fermant les yeux. Son air épuisé qu’il avait avant leur câlin réapparut sur son visage.
-« Bon. Je…Je devrais y aller. » Dit-il faiblement en se retournant, et Camus eut un mauvais pressentiment.
Milo marcha jusqu’à la petite clôture, le roux sur ses pas, mais lorsqu’il posa la main sur la portière, il s’arrêta et se pencha légèrement, prenant appui sur elle. Camus, confus, l’approcha et se pencha aussi pour regarder son visage et son cœur lâcha lorsqu’il y aperçu une expression de douleur. Milo avait agrippé son t-shirt au niveau de son cœur comme si celui-ci le faisait vraiment souffrir.
Son sang se glaça.
- « Milo ? »
Il ne répondit pas, et eut encore plus de mal à garder la tête redressée, sa respiration devenait saccadée et Camus eut le reflex de le capturer dans ses bras avant qu’il ne s’effondre. Le roux l’appela de nombreuse fois avec panique et effroi, ne comprenant absolument pas ce qu’il lui arrivait, mais de la manière dont il serrait son cœur, Camus comprit que cela était bien plus grave qu’un simple étourdissement. Milo reposait tout son poids sur lui, le roux le serrait fermement de ses bras, usant de toute ses forces pour ne pas le laisser s’écrouler par terre, il avait cependant du mal par son manque de puissance et le poids de l’autre. Il n’abandonna pas pour autant, de toute façon la panique lui faisait dépasser ses limites, et tout en continuant de l’appeler, il recula avec autant de précaution que de précipitation pour le faire asseoir sur les marches de la porte d’entrée. Il s’accroupie entre ses jambes et servit de support pour garder son dos aussi redressé que possible. Le grec n’usait plus d’aucun muscles, sa tête lassement retombée sur l’épaule de Camus qui ne parvenait à reprendre son calme. Il tenta de le secouer, tapoter, caresser, lui releva la tête pour le regarder, posant son front contre le sien, mais ce dernier semblait inconscient, une faible grimace continuait cependant de lui tirer les traits et sa respiration toujours aussi rapide.
-« Milo !! Milo réponds moi !! Qu’est ce qui t’arrive !? » S’écria-t-il de détresse, lui tenant fermement le visage avec ces deux mains.
Les lèvres de Milo se contractèrent, mais il ne répondit pas. Camus le resserra fermement contre lui, posant une main protectrice sur sa tête et cria à l’aide à sa mère qui quelque seconde plus tard ouvrit la porte en panique.
-« Maman !! Milo va mal, appelle une ambulance ! »
Natassia fut d’abords figée d’effroi et alors qu’elle allait retourner à l’intérieur pour passer l’appel, Milo émit un son qui attirèrent leur attention.
-« Non… » Articula-t-il avec peine, contre son épaule. « N’appelez pas….L’ambulance. Ça m’arrive…Ca va passer…
-Quoi ? » Lui demanda Camus, d’une voix plus basse pour ne pas le brusquer. Il redressa à nouveau son visage afin de le regarder. « Ne dit pas n’importe quoi ! On doit te ramener- Tu as mal au cœur ?
-Juste cinq minute… » Gémit-il de douleur. « Ca va passer…je suis juste fatigué. Juste…cinq minutes. »
Camus ne sut quoi répondre, cela lui fit incroyablement de la peine de l’entendre avec cette douleur dans la voix, de le voir dans un tel état qui ne lui allait pas. Cela lui brisa le cœur, il accepta sa demande malgré sa grande inquiétude. Il le serra un peu plus contre lui, même si sa mère regardait, il le sera plus fort, déposant son front contre son épaule, et d’une main, fit des cercles réconfortants sur son dos. Natassia profita de cet instant de calme pour aller chercher de l’eau, et le temps qu’elle revienne, la respiration de Milo ralentit progressivement. Même sa mère était venue lui tapoter gentiment le dos, mais on dirait bien qu’il avait perdu connaissance ou qu’il s’était endormi.
Camus usa de ses forces pour le relever, il eut du mal, mais miraculeusement parvint à la porte sur son épaule. Il savait cependant qu’il ne tiendrait pas longtemps et se précipita de le faire rentrer à l’intérieur afin de le transporter jusqu’à sa chambre. Sa mère l’aida en retirant les obstacles de son chemin, et même resta derrière lui pour amortir une potentiel chute. Avec précaution, même si cela lui coutait son faible dos, il déposa Milo sur son lit de sorte qu’il soit confortablement installé. Il positionna sa tête confortablement sur l’oreiller et le couvrir jusqu’au torse. Sa respiration se calma, ce qui en soi était une bonne chose, Camus cependant restait inquiet. Il s’assit au bord du lit et déposa sa main sur son front et sa joue pour s’assurer qu’il n’avait pas de fièvre, sa peau était chaude, certes, mais pas assez pour que cela soit urgent. Il put lâcher un long souffle, bien qu’il ne fût pas totalement soulagé. Sa mère était silencieusement debout dans la chambre, semblant aussi attristé que lui.
-« Il a surement besoin de repos. » Finit-elle par dire. « Peut-être qu’il a une santé fragile ? »
Incapable de détacher ses yeux de lui, il lâcha un soupire.
-« je sais pas. Vaut mieux qu’on ne le dérange pas. »
Elle opina et vint déposer un baiser sur la joue de son fils, avec une caresse affective sur l’épaule afin de le réconforte.
-« Appelle-moi si tu as besoin de quelque chose. » Sur ces paroles, elle sortit de la chambre sans totalement fermer la porte pour permettre à un faisceau de lumière y pénétrer.
Il ne détourna pas le regard, il l’observa attentivement d’un air triste. La respiration de Milo était stable, ses traits s’étaient relâchés, il ne semblait plus être pris de douleur, juste extrêmement fatigué. Le roux tendit la main vers son visage, mais se stoppa avant de le toucher. Il hésita avant de laisser tomber son action. Il ne pouvait savoir pourquoi son cœur se serrait si douloureusement, pourquoi le voir ainsi lui faisait tant de mal.
…
-« Tu penses que je devrais appeler… ?
-Non !
-Ca fait des heures et aucun d’entre eux ne nous a contacté ! »
Hyoga et Isaak se chamaillaient sur la question. Le blond était inquiet et intrigué par le manque de contact de leur grand frère ou de Milo, mais son jumeau refusait de leur rappeler leur existence.
-« Même maman ne nous a rien dit. C’est bizarre Isaak ! Aucun d’entre eux ne nous donnent des nouvelles !
-J’avoue que c’est étrange… » Dit Shun.
Ils étaient tous les trois debout, encore dans la chambre du japonais, devant un petit tableau à feutre sur lequel étaient marqué avec trois différentes écritures leurs éventuelles prochaines étapes pour leur plan.
-« Et puis on doit rentrer dans pas longtemps, il est bientôt vingt heure.
-Vous pouvez rester dormir, vous savez ! »
Hyoga repressa mal une grimace…Ikki allait le jeter dehors s’il acceptait. Et puis, il avait envie de s’assurer de l’état de Camus. Il ne parvenait à ravaler sa curiosité par rapport à la situation avec leur coach.
Isaak frappa dans ses mains « Bon, bon ! faisons un petit recap’ avant de partir !
Shun ouvrit le feutre rose et se mit en face du tableau.
-« Comme on a dit, on doit mieux connaitre la relation entre le coach et sa copine, info que j’essayerai de prendre de mon frère. Vous devez faire en sorte que Camus ne reparte pas en date avec ce Saga ! Comment ? En jouant sur le fait que vous êtes toujours sa priorité ! Dité parle beaucoup, vous saurez toujours comment ça avance entre Camus et Saga en discutant avec lui seul à seul ! Maintenant pour le parc d’attraction-
-Donc c’est de ca que vous discutiez toute la journée. »
Ils sursautèrent en entendant la voix d’Ikki venir de la porte et tournèrent la tête pour le voir adossé à l’encadrement -qui était pourtant fermé avant- en mangeant paresseusement une pomme verte.
Les jumeaux blêmirent, se positionnant de sorte à caché ce qui avait écrit sur le tableau, Shun lui, bien que surpris, ne fut pas inquiet.
-« Ikki, on t’as pas entendu entrer. »
Le grand frère avança vers eux et d’un regard perçant, convint les jumeaux à se décaler.
-« Je me disais bien que vous maniganciez quelque chose…alors comme ça vous voulez caser le rouquin avec l’écervelé.
-Camus, notre grand frère. » Corrigea Isaak.
-Et le coach. C’est pas un écervelé. »
Ikki lâcha un petit rire moqueur et insolent.
-« Vous le connaissez pas assez alors. Honnêtement, je vois pas pourquoi vous tenez à ce que Camus sorte avec Milo. Ils ne m’ont pas l’air si compatible que ça. Mais bon, qui suis-je pour savoir ce genre de chose.
-Tu pourrais nous aider, Ikki ? » Lui demanda Shun, les yeux doux.
-« Hehe, comment dire non à ça ? Puis j’ai envie de causer du chaos un peu, donc pourquoi pas. »
Les jumeaux s’étouffèrent. « Sérieux !?
-Tu ne vas rien dire au coach !? » Continua Isaak.
-« Qui sait.
-Ne vous en faites pas, Ikki ne vas rien dire ! Il veut juste vous taquiner. Dit, tu peux nous parler de la copine du coach ? »
Le plus âgé alla s’asseoir sur le bord du lit et les trois adolescents attendirent patiemment qu’il se met à parler.
-« Comment elle s’appelle déjà ? Geist, ouais. Ça fait un bon moment qu’ils sont ensemble, peut-être trois ans ?
-Ah merde. C’est du sérieux du coup ? » Soupira Isaak.
-« On dirait bien. Je sais pas grand-chose sur elle, honnêtement, je trouve ce couple aussi fade qu’un gâteau de riz. Ça m’arrive même d’oublier parfois qu’elle existe.
-Pourtant elle est jolie ! » Remarqua Shun.
-« Ouais ! C’est sûr. » Reprit Ikki avant de prendre une bouchée de sa pomme. « Mais Milo aussi est pas mal, et pourtant ils sont ennuyants à mourir ensemble. Il passe plus de temps avec Kanon ou Aiolia qu’avec elle. » Il haussa des épaules et esquissa un sourire. « Maintenant que j’y pense, c’est vrai que ça pourrait être drôle de voir comment ça peut se passer entre lui et Camus. Il a du caractère ! De ce que j’ai entendu, il a Milo autour de son petit doigt donc votre plan a surement de grande chance de réussir. »
Les trois adolescents se lancèrent un regard incrédule remplis de joie, un large sourire sur leurs visages et des étincelles naissant dans leurs yeux.
-« Sérieux !?
-Notons la date du mariage !! Hehhehe !
-Qu’est ce qui te fait dire ça ? »
Suite à la question de Shun, Ikki sortit son portable de sa poche, un rictus étirant ses lèvres.
-« Déjà avec la soirée de l’autre jour, on vous a pas raconté, Tik et Tak ?
-Camus n’a pas voulu nous en dire trop, ni le coach, mais on a deviné qu’ils ont dansés ensemble.
-Venez voir ça alors. »
Ils entourèrent Ikki afin de regarder ce qu’il voulait leur montrer sur son téléphone.
…
Du côté de Dité, il se baladait au centre-ville en compagnie de Angelo et Shura, tous les deux ayant fini leur travaille pour aujourd’hui. Sur leur chemin, ils tentèrent de deviner quel fut le métier du suédois avant qu’elle ne décide de venir en France. On pourrait dire que Dité n’avait eu besoin de répondre puisque lorsqu’ils entrèrent dans une boutique de maquillage, cela fut difficile de rater un certain visage maquillé, d’une beauté fatale, sur les écrans avec de magnifiques yeux d’aigue-marine, de jolies lèvres rouges, et d’un gracieux grain de beauté sous l’œil. Sans oublier bien sur les sublimes boucles turquoise qui enveloppaient ce visage. Ils restèrent bouche bée alors que le sournois Dité fit comme si de rien était et chercha dans les rayons quelque chose qui lui conviendrait.
Un personnel de la boutique qui vint pour lui proposer son assistance ne put retenir un cri de surprise en le voyant, la femme incrédule, s’exclama « Aphrodite !» comme si elle n’en croyait pas ses yeux, attirant l’attention de toutes les autres personne présentes dans la boutique.
Angelo s’était esclaffé fort, et Shura le suivit avec un rire plus discret. Dité fut fier de son coup, il leur lança un clin d’œil en acceptant de signer des autographes et prendre des photos avec le petit groupe qui s’était créé autour de lui. Évidemment, il fut traité comme un roi par le personnel, et vu que les deux hommes l’accompagnaient, eux aussi.
Mais Dité ne voulut en finir la avec ces petits jeux, alors qu’il essayait un rouge à lèvres qu’il lui fut fortement conseillé par l’assistante clientèle, Il jeta un regard au coin aux deux hommes qui se tirent un peu à l’écart et croisa le regard de Shura. Il s’avança alors vers lui, déposa les bouts de ses doigts sur sa joue, et embrassa l’autre, de sorte à bien imprimé son baiser sur sa peau. Et évidemment, sous le regard de tout le monde. Shura arqua les sourcils, ayant l’air surpris mais pas dérangé, une marque de baisé rouge sur la joue.
-« Celui la laisse une marque, parfait ! Je le prends aussi ! » S’exclama-t-il en retournant auprès de l’assistante qui affichait un large sourire sur le visage.
-« Je comprends mieux comment tu as deviné que je n’avais pas eu de copine depuis un moment. » Lui dit Shura une fois qu’ils furent sortis de la boutique.
Angelo passa son pouce sur sa joue pour lui retirer un peu du baiser marqué. « Celui-là va finir aussi sur la vitre de ma voiture ?
-Il pourrait finir sur pas mal d’endroit, qu’est-ce que tu voudrais savoir ? » Répondit-il avec un regard aguicheur.
Les deux hommes furent surpris de sa réponse avant d’en sourire, se lançant un regard au coin.
Angelo le bouscula sans force pour l’inciter à reprendre sa route et déposa son bras sur ses épaules.
Ils continuèrent leurs balades en buvant de la bière et pour Angelo et Shura, en fumant leur cigarette lorsque Dité reçu un appel de Camus. Il sautilla de joie avant de décrocher, ne repoussant pas Angelo qui s’était approché pour mieux écouter leur échange.
-« Salut petit coquin ! Alors ? Tu t’es bien amusé avec Milo ?
-Salut Dité…En parlant de lui.
-Qu’est-ce qu’il y a ? Tu n’as pas l’air content.
-C’est que, Milo se sent pas tres bien, il reste dormir ici, je me suis dit que j’allais te prévenir. Mais t’inquiète, il a pas pris ton lit.
-Quoi ? Qu’est-ce qu’il a Milo ? Et s’il a pris ton lit tu vas dormir ou alors ? Me dis pas au salon !
-Bah-
-C’est bon ne t’inquiète pas pour moi, mon chou, dort sur mon lit d’accord ? »
Shura posa une main sur son épaule et dit « Tu peux passer la nuit chez moi, cette fois ci.
-Je peux ? » S’assura le suédois, soulagé. « Tu as entendu ? J’ai quelque part où aller donc ne t’en fait pas pour moi. Comment va Milo ? Qu’est-ce qu’il s’est passé ? »
Dité aperçu Angelo grimacé en échangeant un regard avec Shura qui prit une expression plus grave.
-« Passe-moi le tel, Dité. » Lui dit l’italien sans attendre pour lui prendre le téléphone des mains. « Alo ? Décris-moi son état. Comment est sa respiration ?
-Stable. » Répondit rapidement Camus. « Elle était rapide au début mais il s’est calmé au bout de quelque minutes.
-Son visage ?
-Détendu ? Il a juste l’air endormi. Pourquoi ? Il va mal ? Il a dit que ça lui arrive, c’est vrai ? Qu’est-ce qu’il a ?
-Calmati, tu lui poseras ces questions directement. Bref, surveille-le de temps en temps, et le laisse pas faire le fou, ça marche ? Apelle moi au moindre changement, c’est pas une suggestion. » Sur ces mots, il repassa le téléphone à Dité qui était confus.
Après s’être assuré que Camus allait bien et qu’il n’avait besoin de rien, ils coupèrent l’appelle avec un Dité quelque peu démoralisé. Il tenta d’en savoir plus au près d’Angelo et Shura, mais tout deux évitèrent le sujet. L’espagnol le rassura cependant et lui dit de ne plus y penser.
…
Camus ne se manifesta pas hors de la chambre lorsqu’il entendit ses petits frères rentrer à la maison, il avait déjà prévenu sa mère de ne pas leur dire que leur coach était là. Vu qu’il était tard, les jumeaux ne tardèrent pas à rentrer dans leur chambre. Tout ce temps, Camus resta éveillé dans l’obscurité de sa chambre, ayant comme seule source de lumière, le faible rayon de lune qui s’invitait par la fenêtre ouverte. Il ne pouvait arrêter de réfléchir et penser, à la veille, à ce matin, à cette journée et comment elle se termina. Et comme d’habitude, les répercussions d’un bien trop grand bonheur venait le frapper de force lorsqu’il était seul. Seul dans le noir qu’il détestait, qui s’engouffrait dans sa gorge et le suffoquait, qui le mettait seul face à absolument tout ce qu’il voulait fuir, tout ce qui le terrifiait. Il fut toujours certain que des mauvaises choses venaient avec lui, qu’il était la source de mal et de malchance. Et s’il pensait ainsi, ce n’était pas pour se trouver des excuses afin de se lamenter, il en était certain comme lorsqu’on résolvait une équation à l’aide d’une formue bien spécifique, il avait assez vécu pour avoir user et confirmer cette formule mainte et mainte fois. Que cela soit avec sa propre famille, avec Dité…Mais surtout avec Surt…
Surtout avec Surt.
Il sut toujours que lui-même fut la source de tous leurs maux, de leur souffrance…de leur chute. Mais qui pourrait comprendre ce qui réellement s’était passé entre eux ? Lorsqu’il regardait vers ce passé dont on ne parlait pas, le seul qui le regardait de face, c’était Surt. Des paroles qui auraient dû être dit entre eux, furent à moitié prononcé verbalement, et plus jamais. Cependant cela changea entièrement leur relation, de l’extérieur jusqu’au noyau. Et Camus ne pouvait que s’en prendre à lui-même. Ces mots ne furent plus prononcés verbalement…certes, mais à chaque fois qu’il croisait ses yeux qu’il aimait pourtant tant, c’était tout ce qu’il pouvait lire en eux.
Camus ne voulait plus y penser. Mais ces yeux étaient difficiles à oublier.
Et s’il détournait son attention de ce souvenir, c’était devant Milo qu’il se retrouvait, un nouveau mal dont il était tres certainement la cause. Il se sentait horrible, il se sentait coupable, il était inquiet et peiné, a part faire les cents pas dans la chambre sombre en se blâmant et se haïssant, qu’est-ce qu’il pouvait faire ?
Milo avait tant fait pour lui, tant qu’il ne savait plus quoi en faire, de tout ce qui lui donnait, ces sourires, ces rires, ces fortes émotions, ces sensations, Camus allait finir par en déborder. Il n’avait pas l’habitude de sentir tant de choses si vives en même temps, lui qui se plaignait que ses sentiments était toujours fade, il ne s’attendait pas à tout ce qui lui préparait Milo. Il n’était plus maitre de ses expressions, ni de ses sentiments. Depuis quand espérait-il autant ? Depuis quand s’attendri-t-il ainsi au touché d’un autre ? Qu’il se sentait fondre, et pourtant si en vie. Tout ce qu’il souhaita lorsqu’ils étaient si proche l’un de l’autre, fut de s’effondrer dans ses bras et de s’y perdre. Il eut envie d’y rester, il se sentit en sécurité…Pour qui se prenait-il ? De quel droit se permit-il ? Comment pouvait-il se dire qu’il ne meritait pas le bonheur et pourtant en languir ainsi ? Se dire qu’il ne meritait pas l’amour et pourtant oser espérer.
Il ne voulait pas souiller Milo avec ces propres sentiments, puisque tout ce qui venait de lui était sale et mauvais, tout ce qui émanait de ce cœur troué, abimé et nécrosé ne pouvait être bon. Et une part de lui ne voulait absolument pas se détourner de Surt, ne voulait pas arrêter de regarder vers ce passé, dans ce regard accusateur. Il n’en avait juste pas le droit. Tout comme un criminel n’avait pas le droit qu’on l’épargne.
Rien n’allait chez lui, et rien jamais n’irait, il était préférable de garder Milo en dehors de cela.
Abattu, il laissa sa tête retombée sur ses bras croisé sur le rebord de la fenêtre, une énième cigarette entre les doigts. Son cœur et ses poumons le brulaient, mais il ne pouvait savoir si c’était à cause de toutes sa peine ou du nombre de cigarette qu’il avait fumé, et qui pourtant ne furent pas assez pour retenir ses larmes de couler. Il inspirait et inspirait, mais ses larmes sortirent quand même.
-« Camus ? »
Il sursauta et fit volteface, dans l’obscurité, il distingua la silhouette de Milo qui s’était redressé sur son coude, le regardant.
-« Milo ? » Il n’aima pas comment sa voix sonna brisée malgré lui.
Il essuya rapidement ses larmes et écrasa sa cigarette sur le rebord de la fenêtre, l’abandonnant la avant de venir vers lui.
-« Milo tu vas bien ? Tu as mal quelque part ? »
Le grec se redressa un peu plus pour reposer son dos contre les oreillers.
-« Ca va, on dirait que j’ai fait une chute de tension, je voulais pas t’inquiéter. »
Camus n’était pas vraiment convaincu, mais ne s’attarda pas sur le sujet. Il ne daigna s’approcher du lit, son expression le trahissait et Milo allait s’en apercevoir. Il était triste, incapable de contenir tout cette peine enfermée au fond de lui.
Milo le regardait sans rien dire, puis leva le bras pour l’inviter à s’approcher, ce que le roux fit doucement. Même lorsqu’il s’assit sur le bord du lit, il ne le regardait pas, la tête détournée.
-« Pas de douleurs ?
-Juste de la fatigue. » Répondit-il, la voix rouillée.
-Rendort toi. »
Camus détourna encore plus la tête, permettant à ses cheveux de masquer son visage, les poings serrés. Il avait du mal à se reprendre, le simple fait de l’écouter et entendre sa voix lui serrait fermement le cœur. Il sentait son regard posé sur lui, sans même le voir. Le silence s’installa dans la chambre, dérangée par une voiture qui passa devant la maison, illuminant pour un cours instant la pièce de ses phares.
-« Ne te retiens plus. »
Milo prononça ces mots d’une faible voix qui l’atteignit quand même, avec une précaution attendrissante, comme pour ne pas briser la tranquillité du moment.
Cela n’aidait pas Camus. Il avait compris que Milo était un point faible chez lui, pour diverses raisons. L’écouter serait dangereux, mais cela était si difficile de l’ignorer. Ignorer le seul réel confort qu’il avait en ce moment, un qui était si diffèrent des autres, qui lui donnait l’effet de boire, de fumer, d’oublier, d’un simple contact, que cela soit physique ou visuel, par le simple son de sa voix, ou son parfum. Si Milo le prenait dans ses bras, s’il lui permettait, à lui une pauvre âme coincée dans une pauvre enveloppe charnelle, d’y rester pour ne serait-que quelque minute, ses maux pourraient surement se taire. Et s’il le laisser rester pour plus…
Depuis quand espérait-il autant ?
Milo était son point faible. Pour diverses raisons, et Camus les connaissaient toutes.
Et le voilà, à avoir de plus en plus de mal, mais il ne voulait pas céder, parce qu’il n’en avait pas le droit. Il se leva comme dernière tentative de résistance, mais Milo l’appela, et son corps lui obéit tout seul.
-« Attend ! Camus…Je…je te demande pas de me dire ce qui va pas, mais je veux pas que tu te retienne devant moi. Je veux pas non plus que tu pleures tout seul dans ton coin. »
Plus il parlait, plus cela lui était difficile d’être fort et résistant. Comment se faisait-il que Milo parvenait à lire en lui si facilement ? Dans l’obscurité, alors qu’il venait de se réveiller d’un malaise. La première chose qu’il fit, c’était de l’étudier.
-« Camus… » Reprit-il d’une voix plus douce, alors que lui, ne pouvait déjà plus ravaler ses larmes.
Il était cependant silencieux et immobile, le dos tourné, Milo ne pouvait savoir.
-« Je t’ai vu pleurer. Je t’ai pris dans mes bras et tu as pleuré sur mon épaule. Si tu as envie de pleurer maintenant, même si tu es sobre, quelle est la différence ? je suis toujours là, et mes bras sont toujours ouvert. »
Sa gorge ne laissa plus aucune inspiration passée, il se retrouva suffoqué, et un sanglot lui échappa. Un puis un autre, malgré qu’il essayait tant de les represser, il n’en avait plus la capacité, surtout pas après les dernières paroles de Milo. Et lorsque Camus le regarda, il vit que ce dernier lui avait réellement ouvert les bras afin de l’y inviter, et le roux céda. Il céda comme un homme cédait à la tentation et au péché, à quelque chose qui était beaucoup trop bon pour lui et Camus sans pouvoir contrôler ses propres actions, se retrouva fondu dans ses bras, pleurant contre son épaule comme jamais il ne s’était permit de pleurer. Il ne savait plus ce qu’il faisait, pourquoi ni comment, il s’agrippait simplement à sa bouée de sauvetage pour ne pas se noyer, et elle l’enlaçait en sécurité.
…
Milo fut prêt à l’accueillir lorsque Camus se retourna et s’effondra complètement sur lui, le grec n’avait pas perdu une seule seconde pour refermer fermement ses bras autour de lui, pour le contenir en entier, son corps tremblant, tout comme sa peine qu’il déposait contre son épaule. Pour Milo, c’était un honneur. Un honneur que quelqu’un d’aussi solitaire et blessé que lui, lui fasse assez confiance pour lui permettre d’assister à ses moments vulnérables, mais surtout, que cela soit sur lui qu’il laisse couleur ses chagrins, à lui qu’il s’accrochait si vénérablement, à lui qu’il laissait entendre ses sanglots. Milo pouvait être heureux, mais il ne s’attendait pas à la douleur que ces pleurs lui apporteraient, à la façon dont son cœur se serra à l’entendre sangloter comme s’il cela lui faisait extrêmement mal, comme s’il retenait toute la tristesse du monde. Camus avait ses ongles plantés dans sa peau, comme s’il allait chuter s’il le lâchait, comme s’il allait succomber ou que Milo disparaisse. Il usait de la force mais Milo ne fit pas attention à la douleur, elle n’égalait pas celle dans son cœur. Et cette fois, ce n’était pas dû à de quelconques symptômes, mais à la préciosité qu’il protégeait dans ses bras.
Oh, comme il désirait le soulager de ses moindres maux, comme il désirait le soulager de toute cette peine qu’il ne connaissait pas. Camus était un point faible chez lui, pour diverses raisons, il n’était pas sur de les connaitre, mais cela ne lui importait pas. Tout ce qui importait c’était qu’il pouvait le câliner, le caresser, le réconforter de ses gestes et le sentir contre lui. Il pouvait enfouir son visage dans ses cheveux, humer leurs parfums, et frotter sa tête contre la sienne.
Il pouvait constater à quel point Camus en avait besoin, et aussi, il put comprendre comment il s’était infligé ces griffures sur la tête. S’il n’avait personne à qui s’accrocher…
Milo était là désormais, il était content de l’être. Il était aussi content de l’entendre sangloter plus bruyamment que la dernière fois…Plus il le cajolait, plus ses pleures se faisaient entendre, tout comme un enfant. Et Milo ne le lâcha, pas une seule seconde, il ne compta pas les minutes, ce moment sembla durer une éternité et il aurait pu rester ainsi pour deux.
Notes:
Блядь!* : Putain de merde (normalement)
Il se peut que je ne post pas le prochain chapitre avant Juin (Je vais essayer mais je promet rien) Bien que je l'ai deja ecrit, cela me demande du temps pour le corriger et arranger certain passage et on est en periode de revision pour les examen finaux ;-;
Et pour ceux qui revisent et ont des examens à passer, je vous souhaite bonne chance! <3
Chapter 13: Le parfait partenaire (de dance).
Chapter Text
Geist commençait sérieusement à être sur les nerfs, voilà des heures qu’elle essayait de contacter Milo mais il ne répondait pas, il n’était même plus en ligne depuis la fin de la matinée et voilà que minuit était passé et il n’était même pas encore rentrer à la maison. Elle contacta Aiolia et Angelo, mais non seulement ils lui dirent que Milo n’était pas avec eux, mais qu’en plus ils ne savaient pas où il se trouvait. Elle avait l’impression qu’on lui mentait, que Milo l’évitait et ne voulait pas lui parler. Il ne lui restait qu’à contacter Kanon, ce qui la répugnait grandement. Il n’y avait personne sur terre qu’elle haïssait plus que lui, il était une vipère, un homme écœurant et mauvais, sournois et manipulateur, elle se demandait tout le temps comment son copain pouvait tant l’apprécier. C’était comme s’il était totalement aveugle aux défauts de cet individue, qui pourtant étaient bien trop distincts, c’était à se demander s’il n’avait pas lancer un sort sur Milo pour qu’il soit à ses pieds. À chaque fois qu’elle se rapellait de cet homme, une rage bouillonnante naisait en elle, son sourire narquois et ses airs fier ! Cependant c’était le meilleur ami de Milo, et ce dernier n’appréciait pas entendre des critiques sur lui, donc la plupart du temps, elle devait se la fermer à son sujet. Quel genre de copain préférait son meilleur ami à sa copine ? Il lui donnait plus de temps et d’attention qu’à elle, sans savoir que c’était justement le plan de ce fou de Kanon qu’elle semblait connaitre plus que lui. Peut-être parce qui la haïssait tout autant et qu’il lui avait montré son réel visage, elle savait ce qu’il manigançait et ce qu’il voulait réellement, mais impossible d’en tenir un mot avec Milo.
Alors qu’elle hésitait encore à l’appeler, elle entendit la porte de l’appartement s’ouvrir et elle se précipita pour aller accueillir Milo avec toute sa rage, mais ce ne fut pas lui qui venait de faire son apparition…
Elle grinça des dents et serra les poings. Oui parce qu’évidemment, Milo avait donné des doubles des clef à son satané meilleur ami !
-« Qu’est-ce que tu fous la !? » S’énerva -t-elle contre Kanon qui lui pourtant affichait un rictus dangereux.
-« Ce n’est pas une façon de m’accueillir, Milo serait pas content.
-Eh bah il n’est pas là pour me dire comment agir avec toi ! Donc tu ferais bien mieux de partir. » Maugréa-t-elle en lui tournant le dos afin de retourner sur le balcon, refusant de le voir plus longtemps.
Hélas pour elle, Kanon la suivit, ne semblant pas enclin à la laisser tranquille. Enfin, ce n’était pas nouveau, après tout il ne ratait aucune occasion de la ridiculiser ou de la menacer derrière le dos de Milo, sans qu’elle ne puisse y faire grand-chose.
-« Je pensais que tu voulais savoir où est Milo. »
Elle fit volteface vers lui, mais reprit rapidement une expression fermée et agacée.
Croisant les bras et détournant la tête avec insolence, elle répondit : « Pas avec toi, à ce que je vois.
- Ma chère, il aurait été plus préférable pour toi qu’il soit avec moi, actuellement ! Alors je te conseiller d’arrêter de jouer les insolentes avec moi. » Il termina sa phrase en lui saisissant le menton avec peu de délicatesse.
Dégoutée et offensée, elle lui rejeta la main en lui lançant un regard noir qui ne faisait qu’accentuer son sourire malicieux. C’était comme si elle ne pouvait jamais l’atteindre, peu importe ce qu’elle pouvait dire ou faire, et cela la frustrait au plus haut point.
Il prit une expression plus sombre et inquiétante, s’éloignant d’elle pour aller s’adosser à la rambarde du balcon. Cela ne lui disait rien qui vaille.
-« Je vais te dire avec qui il est.
-Laisse-moi deviner, ce fameux Camus ? »
Elle sut qu’elle supposa bien vu la noirceur qui s’intensifia dans le regard de Kanon, elle avait envie d’être satisfaite de son mécontentement, mais comment pouvait-elle si cela l’infectait aussi.
-« Je vois que tu es moins bête que je le pensais. »
Cette rage en elle s’anima de nouveau, que cela soit à cause de Kanon, Milo, ou ce satané Camus qui depuis qu’il entra dans leur vie, volait tout le temps et l’attention de son copain. Elle ne l’avait croisé que quelque fois mais elle en avait déjà marre de son existence, ces derniers temps Milo n’avait que ce nom à la bouche, et c’était à cause de cette tête rousse que tout leur moment étaient gâchés ! Elle devait déjà gérer un Kanon, elle n’avait pas besoin d’un autre en plus ! Mais au moins, Kanon avait l’air tout autant le mépriser qu’elle, si ce n’était pas plus, et le voir dérangé lui procurait toujours de la satisfaction.
-« Quoi ? Il t’a remplacé ? » Le provoqua-t-elle, ce qui lui valut un regard meurtrier de sa part.
-« Fait attention à ce que tu dis, si y’a quelqu’un qui pourrait facilement se faire remplacer, c’est toi. Écoute-moi bien. » Il s’approcha d’elle, d’une démarche intimidante. « Tu as intérêt à l’empêcher de trainer avec lui, sinon tu vas le perdre sans que j’aie à faire quoique ce soit. Oublie pas qu’il me préfère largement à toi, donc si tu veux avoir la moindre chance de rester dans sa vie, éloigne le de cette salope ! »
Elle maintint son regard bouillonnant, exprimant toute sa haine et sa rage envers lui, mais aussi, envers ce nouvel obstacle entre elle et celui qu’elle aimait. Elle était prête à tout pour garder Milo sien, même à supporter les harcèlements de son soi-disant meilleur ami. Après tant d’effort, elle n’allait pas perdre contre un homme venu de nulle part, jamais ! Un jour, elle parviendrait à se débarrasser de Kanon, et elle et son futur mari pourrait être prospère et amoureux loin de toute ces personnes toxiques qu’il appelaient ses amis ! Elle les haïssait tous ! Shura, Angelo, Aiolia, Ikki, Saga et spécialement Kanon, et Camus désormais. Un jour ils seront tous hors de leur vie de couple !
…
Le profond sommeil dans lequel il était plongé était un des plus réparateurs qu’il n’eut jamais connu, Milo voulut rester encore pour de nombreuses heures. Il était niché dans un confort absolu, comme s’il dormait sur un petit nuage douillet. Hélas, un certain bruit provenant de derrière les murs de la chambre le fit sursauter. Il ne fut pas le seul à y avoir réagi, puisqu’une autre personne qui dormait contre lui se redressa légèrement aussi pour deux petites secondes avant de se laisser retomber sur son torse, et ce fut cette réalisation qui le réveilla pour de bon. Son cœur avait bondi dans sa poitrine, réalisant que Camus, a moitié endormi, s’était blottit contre son torse, se plaçant confortablement sur lui afin de replonger dans le sommeil. À part respirer profondément pour se calmer et regarder le plafond, Milo ne pouvait rien faire, tout en espérant secrètement que ce moment perdure. Le roux semblait l’air tout aussi confortable que lui, sa respiration régulière lui indiquait qu’il dormait paisiblement. Il était certain que lorsqu’il allait reprendre conscience, il serait capable de sentir les rapides et bruyant battement de cœur.
Il était confus, tout ce plein d’émotion et sentiments qui tourbillonnaient et pétillaient en lui ne faisaient aucun sens. Il n’était pourtant pas bête lorsque cela venait à ce qu’il ressentait, il savait bien ses propres sentiments, il se connaissait assez pour reconnaitre leurs natures, mais c’était la raison qu’il ne pouvait pas comprendre. Pourquoi Camus ? Pourquoi le faisait-il sentir tout cela, alors qu’il était bien conscient que c’était interdit, que c’était une mauvaise nouvelle. Il avait une petite amie, et cela faisait plus de trois ans qu’il sortait avec elle avec tout fidélité, que cela soit physiquement ou émotionnellement, ce qu’il ressentait pour Camus n’avait alors pas lieu d’être …Normalement.
Peut-être c’était uniquement une forte admiration et un profond lien d’amitié qui se sont établis beaucoup trop vite que cela le perturbait… ? Cependant cela ne devrait pas lui donner envie de le toucher de certaine manière…comme il en eu déjà envie. C’était peut-être son odeur ? Peut-être que c’était juste cela, parce qu’il adorait les fraises. Et son sourire…peut-être aussi son rire, qu’il soit discret ou bruyant, peut-être c’était juste la couleur de ses cheveux et celle de ses yeux, puisque c’était sa couleur préférée. Sa voix et sa façon de parler, ces larmes lorsqu’il pleurait… lorsqu’il dansait, lorsqu’il était silencieux et lorsqu’il s’énervait. Peut-être c’était juste son sombre passé, son amour pour sa famille, ses petites piques et provocation, ses jeux de regards, son humour sarcastique, son petit côté féminin et mignon, et ses nombreuses expression secrètes…
Milo se surpris à pouvoir continuer à citer tant de chose qui le marquèrent chez lui, et plus cela continuait, plus il se sentait tomber. Tomber dans une réalisation qu’il cherchait pourtant désespérément à fuir.
Pendant ce temps, sa main caressait la tête posée contre son cœur qui ne cessait de battre avec adoration. Il était tout retourné de l’intérieur, on aurait dit que plein de petites voix dans sa tête se disputaient.
C’était insensé, Camus était simplement un ami, et non seulement il ne fut jamais attiré par les hommes, il avait aussi et surtout une petite amie ! Et il ne pouvait ressentir tout cela, il était juste confus ! Rien de plus !
Il n’était définitivement pas…Il ne l’était juste pas !
Il frémit lorsque Camus émit un faible bruit, comme un fredonnement, réponse surement aux caresses qu’il lui procurait sans vraiment s’en rendre compte. Adorablement, le roux marmonna quelque chose d’incompréhensive tout en se nichant encore plus contre lui, enfouissant son visage au creux de son cou, sa main qui était sur son torse, voyagea jusqu’à ses cheveux pour agripper quelqu’une de ses boucles paresseusement et Milo du serrer la mâchoire et les poings pour ne pas crier. Tout comme lorsqu’on voyait une adorable créature et qu’on avait envie de l’agresser et mordre par excès de « mignonnitude », mais en plus de cela, il pouvait sentir les papillons dans son ventre s’affoler.
Il ne pouvait pas résister ! Il devait se distraire avec quelque chose !
Une sonnerie de téléphone retentit dans la chambre, ce qui les fit sursauter tous les deux. Camus se redressa d’un bon au-dessus en s’appuyant sur ses mains, et le regarda avec de larges yeux choqués. Milo ne sut pas comment réagir, il ouvrit la bouche pour dire quelque chose de stupide, tres certainement, mais Camus entreprit un mouvement de recule irréfléchi pour se relever de lui, mais perdit équilibre vu qu’il était au bord du lit. Il allait tombé en arrière, le grec tenta de le retenir en lui attrapant le bras mais hélas ce ne fut pas assez, le roux tomba à la renverse, se heurtant la tête contre la table de chevet, -rien de tres grave cependant-. Milo eut envie de rire, mais Camus le tuerait surement, et puis il s’inquiéta pour lui puisqu’il grogna en se tenant la tête. Il se mit à genoux a ses coter et lui attrapa le visage.
-« Mon pauvre, tu prends cher en ce moment.
- La faute à qui. » Se plaint-il d’une voix rauque en attrapant son téléphone dérangeant, posé sur la fameuse table de chevet.
-« Tu m’accuses ? »
Camus lâcha un juron lorsqu’il vérifia qui l’appelait, Milo se permit bien évidemment de regarder aussi et fut surpris de lire le nom de Saga. Sa réaction le satisfit étrangement, mais il était curieux de pourquoi Camus était si dérangé par lui. Le roux lui jeta quelque regard hésitant et finit par le faire taire son portable.
Reposant son téléphone sur la table, il lui demanda « Comment tu te sens ? Tu as mal quelque part ?
-C’est à moi de te demander ça.
-C’est pas moi qui ai fait un malaise. »
Milo grinça des dents de honte et s’assis en tailleur par terre. « Désolé à propos de ca… je voulais pas vous causez du soucis. »
Camus ramena ses jambes contre sa poitrine, son dos reposé contre la table de chevet, ils étaient assis assez proche l’un de l’autre, comme deux enfants qui se racontaient des secrets.
-« C’est arrivé si soudainement…heureusement que tu n’étais pas encore monter sur ta moto…Je veux même pas imaginer le désastre. »
Il n’avait pas tort, Camus l’avait sans faire exprès sauvé en le retardant pour parler. Le pauvre avait l’ait réellement inquiet, ce qu’il venait de dire sembla le troubler et Milo était touché par son attention et son inquiétude. Il avait envie de lui prendre la main, par simple réconfort, mais cela ne paraitrait pas normal.
-« Arrête d’y penser alors. Tout va bien.
-Tu as dit que ça t’arrivait souvent. »
Milo devint mal à l’aise, ce n’était pas quelque chose dont il aimait parler. En fait, il haïssait cela. Il préférait fuir le sujet…Bien que cela était Camus en face de lui, et qu’il avait cette envie de tout lui, de lui montrer tout ce qu’il était en ayant cette étrange certitude qu’il ne le jugerait jamais. Et pourtant, en parler était si difficile…Peut-être pour une prochaine fois, il aurait plus le courage de le faire.
-« Quand je dors pas assez, en plus je me suis régalé comme un ogre hier ! Et avec l’effort physique et des fous rire, je pense j’étais à bout. »
Camus l’observa quelque seconde, silencieux avant de prendre parole, « Tu avais l’air d’avoir mal. » Sa voix portait une peine qui surprit un peu Milo.
Il ne sut quoi dire ou faire, lui mentir lui était détestable, il n’aimait pas le faire. Et puis il se sentit faiblir sous ce regard masquant mal de la tristesse et une certaine tendresse, cela était si tentant de s’y perdre, de s’y recroquevillé dans la chaleur de ces rubis et de se plaindre de tous ses problèmes. Il avait envie de retourner dans ses bras.
Il ne parvenait à lui mentir en face, alors après quelque seconde de silence durant lesquelles ils maintinrent leur regard ensemble, Milo se leva et lui tourna le dos, faisant semblant d’aller prendre de l’air à la fenêtre.
-« Rien que je peux pas supporter. »
Il posa sa main sur le rebord de la fenêtre et inspira profondément. Cette réponse était mieux que rien, et ce n’était pas comme s’il avait menti. La seule douleur que Milo ne supporterais jamais c’était d’abandonner ses rêves, de laisser échapper la liberté. Il espérait lui faire savoir cela, qu’il le comprenne. Il ne se retourna pas pour le voir, il se contentait de laisser son regard se perdre à l’extérieur.
Il fut surpris lorsqu’un poids se pressa doucement sur son dos, au niveau de sa nuque. Il comprit rapidement, avec les sursauts de son cœur, que Camus avait déposé sa tête contre lui, agrippant faiblement son t-shirt d’une main. Le contact était léger, et pourtant il fit son effet, un qui était tres fort et puissant, qui battait contre sa poitrine et qui lui réchauffait instantanément le corps. Il perdit ses moyens, lui ! Milo Alexandris ! Se retrouva incapable de parler ou réfléchir clairement, à cause d’un contact pourtant si simple et léger, et qui en plus ne dura pas longtemps puis que Camus se redressa pour s’accouder à ses cotes à la fenêtre, son épaule contre la sienne. Le grec lui jeta un coup d’œil et aperçu des rougeurs sur ses joues et un plissement au niveau de ses sourcils. Cela le fit sourire, ce geste de sa part valait les plus grand des câlins, il comprit qu’il essayait de le réconforter. Comme remercîment, il lui donna une petite pousse de l’épaule.
Camus se mit à rougir de plus belle, évitant de le regarder dans les yeux, allant même a complétement détourner la tête de lui.
-« Eum…Je, en fait. » Balbutia-t-il. « C’est à moi de m’excuser… »
Sourire aux lèvres, Milo se tourna pour plutôt s’adosser contre le bord de la fenêtre et croisa des bras.
-« Tien donc, et pourquoi ça ? »
Camus passa nerveusement une main dans ses cheveux. « Enfin…hier.
-Mh-hm ?
-Tu- enfin, juste oublie… »
Camus voulu s’éloigner mais Milo le tira par le bras pour le ramener près de lui.
-« Je t’écoute ! »
Le roux soupira et ayant l’air extrêmement gêné, baissa la tête. Milo fut bien tenté de déposer un baiser rapide sur le sommet de cette tête juste en face de lui, mais évidemment, ne le fit pas.
-« Milo…Arg, désolé, hier c’était toi qui allait mal mais c’est moi qui faisait ma victime…Je, je sais pas ce qu’il m’a pris mais c’était inapproprié de ma part, j’ai dû t’embêter-Aie ! »
Milo lui avait pincer les deux joues pour lui faire relever la tête en ricanant.
-« Arrête de dire des conneries ! Redit quelque chose du genre et je vais te chatouiller.
-Lâche ! »
Ils se stoppèrent net de ce qu’il faisait en entendant un petit bruit derrière la porte. Camus lui lança un regard, l’incitant à garder le silence, et lui prit le bras pour le placer dos au mur à côté de la porte pour qu’il ne soit pas vu lorsqu’il l’ouvrirait. Aussi discret qu’un félin, il s’approcha d’elle et l’ouvrit brusquement, juste assez pour faire passer sa tête et s’exclama « Qu’est-ce que vous faites !? » pour faire peur aux deux fouineurs qui lâchèrent un cri de surprise.
Milo se mordit le doigts pour ne pas exploser de rire.
-« Eu rien ! » S’écria Isaak.
-« On- on voulait juste te demander si tu savais à qui appartient la moto devant la maison.
-Je sais pas.
-Elle ressemble vachement à celle du coach. » Continua Isaak.
- « Votre coach ne peut pas avoir le modèle unique d’une moto. »
''Votre coach'', alors c’était ainsi qu’il le référait aux jumeaux.
-« Mais…tu es seul ?
-Non, vous êtes bien là. Ca suffit avec vos questions bizarres, maintenant ! Je vous rejoindrais plus tard, j’ai quelques heures de sommeil à rattraper. » Et sur ces mots, il referma la porte en soupirant. « Des vrais fouineurs, comme leur coach. »
- « Tu peux pas leur en vouloir pour ça ! » Répondit-il en chuchotant.
-« Ils ont toujours été comme ça, même lorsque S- »
Il se tut, et son sourire se fana tout comme l’éclat espiègle dans ses yeux. Milo devina ce qu’il allait dire, et cela le fit du mal de le voir ainsi.
-« Surt ? » Compléta-t-il la phrase en croisant les bras.
Camus lui lança un petit regard fatigué et hocha de la tête. Il s’éloigna de la porte et alla s’asseoir sur son lit.
-« Mais c’est de l’histoire ancienne. Ce qui compte maintenant c’est de trouver comme te cacher des jumeaux.
-Ils doivent déjà savoir que je suis là.
-Oui mais ne leur donnons aucune preuve, l’avantage en tant que grand frère c’est que c’est moi qui décide. S’ils ont aucune preuve, alors tu n’as jamais été là. »
Milo lâcha un rire peu discret et s’approcha de lui. « Je reconnais bien là les tactiques de l’ainé, ma grande sœur l’utilisait tout le temps sur moi. »
Camus cligna plusieurs fois des yeux d’une certaine surprise, la lueur qui s’était éteinte se ralluma rapidement.
-« Tu as une grande sœur ?
-Oui, et deux grands frères, je suis le plus jeune. »
Non seulement la lueur espiègle dans ses yeux s’intensifia, mais son sourire aussi devins mutin, aussi tranchant que les siens. Il se leva pour être à son niveau, lui lançant un regard moqueur.
-« Oh ? Tu es un bebe alors ? » Dit-il en lui pinçant la joue.
Ceci le fit rire de plus belle, rependant une vague de chaleur dans sa poitrine.
-« Quoi ? Tes instincts de grand frère se sont activés pour moi ? Tu vas me traiter comme un petit frère ?
-Tu as quel âge au juste ?
-Vingt-quatre ! »
Sa réponse accentua le sourire malicieux du roux qui désormais lui pinçait les deux joues. -en faisant attention de ne pas le faire mal à sa blessure-
-« Un véritable bebe. »
Il ne comprenait pas pourquoi cela lui faisait tant plaisir d’être appelé ainsi par lui. Il avait presque envie de glousser comme un enfant pour qu’il continue à le chouchouté. Peut-être au fond, il enviait vraiment les jumeaux pour avoir un grand frère aussi génial que Camus.
Une forte voix s’éleva depuis le salon, une qui cria « Bonjour beau monde ! » mais ce n’était pas la voix de Dité qui les surpris, mais une autre qui s’exclama « Où sont les tourtereaux !? Encore en train de se câliner dans la chambre !! »
C’était Angelo. Camus se recula, et ils se regardèrent tous les deux choqué, non seulement il sentait ses joues se chauffés au propos de cet idiot qui n’avait pas vraiment tort, mais Camus aussi rougit a vue d’œil, ce qui était juste beaucoup trop adorable pour son pauvre cœur.
-« Arrête Angie ! Laisse les tranquilles !
-C’est malpoli de s’introduire chez les gens comme ça. » Cette fois ci, ce fut Shura qui parla.
On frappa fortement à la porte, et elle s’ouvrit sans qu’aucun d’eux n’ait le temps d’effectuer un pas vers elle.
-« OH MON DIEU REPORTEZ VOS VETEMENTS !! » Hurla Angelo en passant sa tête par l’entrebâillement de la porte, et Milo savait tres, tres bien qu’il fît cela pour se venger de lui.
Camus était visiblement outré et mort de honte, la bouche ridiculement ouverte, les joues aussi rouges que ses cheveux, il se cacha le visage de sa main tandis que Milo s’esclaffa d’un rire d’hyène malgré lui. Il savait qu’il ne devrait pas mais c’était plus fort que lui.
-« Angelo ! » Le réprimanda Shura, le tirant en arrière par le col. « Désolé, vous pouvez reprendre ce que vous faisiez. » En fin de compte, l’espagnol était aussi dans le coup, quel sournois.
-« On-on faisait rien ! »
Milo alla saluer ses deux amis avec une tape un peu trop forte sur le bras, mais fut beaucoup plus délicat avec Dité. Il dut aussi saluer les jumeaux puisque tout le monde présent s’était regroupé dans le couloir des chambres, devant la porte de Camus qui commençait sérieusement à s’irriter de toute la commotion.
-« Coach ! On savait que c’était votre moto !
-Vous avez passer la nuit ici !?
-Bah oui coach ! » S’ajouta Angelo, taquin « Vous avez passé la nuit avec bonne compagnie ? Dis donc Camille, Tu étais pas avec Saga l’autre soir, tu- »
Shura le fit taire en lui fermant la bouche avec la main. « Excuse le Camus, il n’a pas été élevé.
-Angie ! Où es le mal si mon Mumus veut s’amuser !? Il passe la nuit avec qui il veut, period ! »
Milo ne put en placer une puisqu’il fut pris d’un incontrôlable rire nerveux, il savait que ses amis ne faisaient que les embêter, mais leurs propos parvenaient quand même à le gêner. Il n’imaginait pas ce que devait ressentir Camus puisque ses petits frères étaient aussi présents à l’écoute. D’ailleurs ces deux la semblaient choqué de ce qu’ils entendaient.
-« Ça suffit ! » Explosa enfin le pauvre roux. « Vous pouvez faire vos blagues de mauvais gout loin des oreilles de mes petits frères ! Et je tiens à leur préciser que tout ce qui fut dit ici, n’étaient que des plaisanteries ! maintenant oust ! Aller vous asseoir comme des gens civilisés au salon avant que je vous jette tous dehors ! »
Étranglement, tous s’exécutèrent en silence, cela devait être son ton sévère ou son aura de grand frère, mais il était difficile de lui désobéir. Camus les suivit pour s’assurer que tous s’étaient bien installés, le nouveau trio leur avaient apporté un petit déjeuner qu’ils avaient déposé sur la table basse. Milo sut qu’il ne pourrait plus fuir les questions de ses élèves et dut bien leur avouer qu’il avait en effet passé la nuit ici.
-« Dité. » l’interpella Camus, d’un ton sérieux. « J’ai à te parler. »
Ce dernier abandonna ce qu’il faisait -servir des croissons aux autres- et le suivit à l’étage, ce qui libera Angelo de toute ses restrictions, malgré la présence de Hyoga et Isaak, il passa lourdement son bras autour de la nuque du grec en le bousculant.
-« Alors !? On explore de nouveaux horizons ? »
Milo ne put s’empêcher de rougir alors que normalement ce genre de taquinerie le faisait juste rire sans embarras. C’était peut-être parce que les jumeaux les observaient, concerné, ou qu’Angelo avait peut-être un peu raison.
Il lui donna un coup de coude dans les côtes. « Parle pour toi ! Tu penses que je t’ai pas vu caresser les jambes de Dité l’autre soir ! »
Isaak s’étouffa, mais à part Hyoga, personne ne fit vraiment attention à sa réaction. Shura qui était assis à côté d’Angelo approcha son visage de lui avec un sourcil arqué, lâchant un « Ah bon ? » avec un sourire taquin.
Deux contre un, Angelo finit par perdre de son assurance et desserra son emprise sur Milo.
-« N’importe quoi !
-On oublie pas que tu l’a déjà embrassé aussi !
-Attendez un peu ! » Les interrompit Isaak en se levant, avant de pointé l’italien du doigt. « Je peux savoir t’es qui pour Dité, toi !
-Qu’est-ce qu’il y a gamin ? Pourquoi tu joues au chien de garde à chaque fois que ça concerne Barbie ? » répondit-il mi-taquin, mi-menaçant.
Isaak fronça encore plus des sourcils, énervé. « Arrête de l’appeler comme ça ! Tu lui dois plus de respect !
-En quoi ça te regarde ! Occupe-toi de ton frère plutôt ! » Sa repartie lui valut une claque à l’arrière de la tête de la part de Milo.
- « Parle mieux à mon élève !
-À ton élève ou ton beau-frère, juste pour qu’on sache ! Et puis c’est à lui de bien parlé ! C’est pas comme ça qu’on s’adresse aux adultes !
-Tu es tres difficilement un adulte. » Ricana Shura.
-Nique moi ma mère tant que t’y es ! Puis on m’attaque moi mais si y’a bien un pigeon pour Dité ici, c’est toi ! Tu penses que j’ai pas remarqué !
-Je n’essaye pas de le cacher. »
Tous se figèrent, incrédule, la mâchoire stupidement ouverte en regardant Shura, les yeux larges.
-«Oui, je ne cache pas que j’en pince pour lui. »
Angelo se leva d’un bond et s’exclama. « Pour lui !! Lui !! Il ! Tu as oublié !? Je le disais comme une blague moi !
-Pas moi.
-Tu n’as jamais été attiré par les hommes !
-Et ? »
Milo était encore sous le choc, mais en voyant l’incroyable tronche que tirait Angelo, il ne put retenir son horrible rire de faire trembler les murs. Shura offrit un sourire à son ami, ce qui lui donnait plus de difficulté à savoir s’il se payait sa tête ou s’il était sérieux.
-« Milo non plus n’a jamais été attiré par les hommes. » Continua Shura, ce qui causa son fou rire de se changer en toux.
-« Coach ! » L’interpella Hyoga, qui jusqu’à la était rester silencieux, en se levant de sa chaise. « Donc c’est vrai, vous et Camus, vous…
-Hien quoi !?
-Et votre copine !? » Ajouta Isaak. « Vous serez quand même pas en train de jouer avec les sentiments de notre frère ! »
Il n’en revenait pas ! S’il y avait bien un qui jouait avec les sentiments de l’autre c’était Camus ! Avec la manière dont il le regardait et lui souriait, c’était lui le fautif !
-« Non non non ! Vous avez mal compris !
-Mal compris quoi !? Vous voulez garder votre relation secrète ? »
Milo se frappa le font avec sa main, dans quelle merde il s’était mis ! Non, dans quel merdes ces abruties d’amis l’avaient mis !
-« On a pas ce genre de relation ! Tout ça ce n’était que des blagues ! »
Angelo ricana après s’être repris. « Mais oui. »
Il se reçut un coup de pied de la part du grec. « Tais-toi ! Tu es mal placé pour faire le malin !
- Mais vous êtes proche ! » Reprit Hyoga.
Milo hésita à répondre, la réponse lui était évidente, mais il ne savait pas si c’était une bonne chose de dire ce qu’il pensait…Enfin cela ne lui ressemble pas n’être déshonnête.
-« Oui, on l’est.
-Il est plus proche de toi ou de ce Saga ?
-De moi bien sûr ! » Cela lui échappa trop rapidement.
Angelo qui s’était rassis à ses côtés, passa un bras autour de ses épaules pour le secouer en ricanant mesquinement. « Pourtant c’est avec lui qu’il a couché et pas avec toi ! »
…
Dité le suivit dans leur chambre et Camus ferma la porte derrière lui pour s’assurer que personne ne pourrait les entendre. Une fois cela fait et prêt à parler, il lâcha un long râle avant de s’effondrer sur le lit. Dité semblait se délecter de son mal être qui n’en était pas réellement un, ou plutôt, qui n’était pas si mauvais que cela.
-« Dité.. » Gémit-il de désespoir contre son oreiller.
-« Camus ! » Répondit-il joyeusement. « Je t’écoute, je t’écoute, tu sais que tu peux tout me dire ! »
Il se redressa péniblement pour s’asseoir et enfouis son visage dans ses mains. « Il m’arrive tellement de chose quand tu n’es pas la ! »
Des éclats de voix d’en bas perturbait le calme de la chambre, mais ils décidèrent de les ignorer.
-« Comme quoi ? Coucher avec Saga et partager un lit avec Milo ? Car je vois bien qu’un seul lit a été utiliser. »
Car en effet, le lit pliable était bien rangé et ordonné, contrairement à son propre lit.
-« Par exemple… » Soupira-t-il, et sa confirmation officiel fit sautiller Dité beaucoup trop excité par ses histoires. « Mais le problème, c’est que j’ai ignoré Saga toute la journée hier, j’ai répondu à aucun de ses messages et aujourd’hui j’ai aussi ignoré son appel ! Il doit surement penser que je l’évite.
-Ce qui n’est pas le cas ? »
Les garçons en bas semblaient se chamailler, mais avec leur grande maturité, ce n’était pas surprenant, enfin, Camus ne s’inquiétait pas pour ses frères, après tout, Milo était avec eux.
-« …Je sais pas, je t’avoue que je suis perdu. Tout s’est passé à merveille, je n’ai aucune raison de vouloir l’éviter… »
Dité adoucit son sourire et vint s’asseoir à ses côtés. Il passa une main sur son dos d’un geste réconfortant.
-« C’est la première fois que tu couches avec un autre homme que ton ex. Ce n’est pas évident, surtout pour toi. Si Saga est sincère envers toi, il devrait prendre son mal en patience et te laisser le temps de digérer tout ça…Mais dis-moi, Camus. Est-ce que tu as aimé ? » Il termina sa phrase avec une once d’inquiétude dans sa voix, et il se retrouva incapable de lui donner une réponse.
A-t-il aimé ?
Ce qui sonnaient comme des chamailleries se changèrent en dispute. Camus et Dité s’échangèrent un regard confus et dérangé avant de décider de mettre pause à leurs discussions afin de voir ce que ces abruties faisaient en bas.
Ils descendirent au salon pour voir Milo secouant violement Angelo par le col de sa chemise, et Shura n’essayait même pas de l’arrêter.
-« On peut pas vous laisser deux minutes, c’est pas possible ! » Les réprimanda Dité d’une voix faussement autoritaire.
Camus constata que même Isaak et Hyoga -surtout Isaak- étaient enragé, comme prêt à régler le compte de l’italien. Il se demanda ce que cet imbécile avait bien put faire ou dire pour se mettre à dos ses frères et Milo ainsi. Enfin, rien de si profond que cela puisque Milo le lâcha sans broncher et qu’Angelo portait un sourire mesquin sur les lèvres. Il croisa le regard du grec et se sentit incapable de le maintenir cette fois ci.
On frappa à la porte, Hyoga qui était le plus proche alla naturellement ouvrir et Camus était en chemin pour le rejoindre. Il put apercevoir depuis le salon qui se tenait à la porte et il se figea.
C’était Saga !
Il retint une grimace d’horreur, il aurait pu prétendre être occupé ou malade pour justifier son manque de réponse, mais comment pouvait-il faire cela avec tout ce monde dans son salon !? En plus, sa tenue n’était pas appropriée ! Il laissa passé devant Milo, il n’eut le choix devant Angelo et Shura puisqu’ils étaient les nouveaux « copains » de Dité, mais devant Saga !? C’était honteux, son short était bien trop court, son débardeur taché à cause de la préparation de tarte de la veille, et ses cheveux…il ne voulaient même pas y penser. Il n’avait pas pris de douche, ne s’était même pas brosser les dents ! Même si Saga le vit déjà nu et qu’il fut littéralement en lui, ce n’était pas une raison valable pour paraitre aussi…laid devant lui.
Mais c’était trop tard, visiblement gêné, Hyoga n’eut d’autre choix que de le laisser entrer lorsque Saga entendit les vois des autres.
Camus n’avait pas tout de suite remarqué que Milo s’était positionné à ses côtés puisqu’il prit son courage à deux mains pour aller saluer Saga convenablement. Ce dernier était bien habillé, ses cheveux soignés et son parfum de marque remplissait la pièce dès qu’il y entra, alors que Camus lui, devait surement sentir la transpiration, il avait vraiment honte.
Saga lui offrit un sourire poli et lui fit la bise avant de saluer moins chaleureusement le restes des personnes présentes. Camus en profita pour prendre un peu de distance, et retint un sursaut lorsque Milo enroula son bras autour de ses épaules.
-« Tout le monde s’invite ici aujourd’hui à ce que je vois ! » Plaisanta Milo, visant surtout Saga.
Cela l’incluait aussi, mais Camus ne fit pas la remarque.
Les propos de Milo le firent récolter un mauvais regard de Saga.
-« Je ne m’attendait pas à vous trouvez tous ici.
-Surprise ! » S’exclama moqueusement Angelo qui s’affala sur le dos du sofa, déposant ses pieds sur la table basse avant que Shura le lui retire immédiatement.
-« Quel dommage. » Ajouta Milo d’un sourire provocateur, et Camus commençait sérieusement à se sentir mal à l’aise.
-« Oui, c’est dommage, si je savais j’aurais mieux choisi mon temps. »
Angelo pouffa de rire. « Quelle belle façon de nous dire que tu veux pas nous voir !
-Ce n’est pas ce que je voulais dire. J’aurai juste mieux choisi mon temps pour ne pas déranger Camus. »
Ce dernier retint une grimace et répliqua rapidement. « Mais non ! Tu ne me dérangerais jamais. » sa repartit fit lâcher un souffle amusé à Milo qui sonnait plus irrité que joyeux, pas envers lui, mais plutôt envers Saga.
-« Je ne vais pas m’attarder, j’étais juste venu te déposer quelque chose et échanger quelque mot avec toi, mais si tu es occupé, cela sera pour une prochaine fois. » Son regard était sombre et froid, cependant ce n’était pas lui qu’il regardait ainsi, mais Milo.
-« Non attend ! On peut parler, eum..dehors. »
Il ne remarqua pas comment l’expression de Milo s’était aggravé.
-« Pas la peine, on le fera une autre fois, tiens. »
Ce fut là qu’il remarqua qu’il tenait un petit sac en carton dans la main, qu’il lui tendit. Tous ravalèrent leur souffle en voyant le logo de grande marque imprimé sur le sac.
-« Vois ça comme un petit désolé pour hier matin. » Lui chuchota-t-il avant de se retourner vers la sortie.
Camus fut bien trop abasourdie pour réagir, il voulait l’arrêter et refuser son présent mais lorsqu’il parvint enfin à aligner des mots, Saga était déjà en train de lui offrir son dernier sourire avant de sortir de la maison. « D’ailleur Milo. Ta copine demande après tout le monde pour tes nouvelles, tu ferais mieux de lui répondre. »
-« Ah bah ! » S’exclama Dité une fois qu’il fut parti.
-Ah bah ! » L’imita Angelo.
Isaak prit aussi parole « Donc c’est lui saga ? Coach, vous êtes plus beau que lui. »
Sa remarque réussit à faire lâcher un rire à Milo qui pourtant affichait une expression agacée. « Merci mon poussin !
-Camus, c’est ton nouveau copain ? » Lui demanda Hyoga.
Le concerné se reprit enfin et secoua la tête en soupirant. Il comptait bien rendre ce cadeau, il n’en voulait pas, Saga n’avait pas besoin de s’excuser de cette manière. Un petit café aurait largement suffi, par un cadeau de chez Hermès ! Dité voulut absolument savoir ce que c’était, mais Camus refusa de l’ouvrir, il trouverait bien un moyen de le rendre. Milo devint silencieux, visiblement de mauvaise humeur, tellement qu’il alla s’isoler à la cuisine en prétendant chercher à boire. Camus abandonna alors le sac avec le suédois et décida de le rejoindre sous les regards attentifs de ses deux frères bien trop fouineurs aujourd’hui.
Comme il s’en doutait, Milo n’était pas en train de boire de l’eau ou même se préparer un verre, il avait les mains appuyées sur le comptoir de la cuisine, le regard perdu à travers la fenêtre qui ouvrait sur la rue.
Il était si perdu dans ses pensées qu’il ne l’entendit pas s’approcher, remarquant sa présence qu’une fois qu’il fut positionné à ses côtés. Camus avait dans sa main une boite de cigarette, il en retira une pour la coincé entre ses lèvres et tendit la boite à Milo.
-« Une cigarette ? »
Le grec ne masqua pas sa mauvaise humeur causée par l’arrivée de Saga et par sa dernière phrase prononcée, Camus avait plus ou moins comprit que bien qu’ils étaient amis, il y avait une certaine tension entre eux, qui fut encore plus aggravée avec la mention de sa petite amie. Il en voulait un peu à Saga de lui avoir rappelé de ces tracas, il préférait son Milo joyeux et stupide. Ce dernier avait un regard lointain, comme s’il était bien enfoui dans ses soucis, même lorsqu’il le regarda avant de baiser les yeux vers la boite de cigarette. Il hésita quelque seconde avant d’accepter sa proportion. Camus savait que ces choses-là était nocives, mais parfois, rien d’autre ne pouvait aider. Une cigarette ce n’était pas si grave que cela, même s’il crut que Milo allait tres certainement rejeté sa proportion. Il calla une cigarette entre ses lèvres et Camus le lui alluma avec un briquet avant de faire de même avec la sienne. Ils restèrent alors la silencieusement, accoudé au comptoir, à expirer leur fumée vers la fenêtre en face d’eux, la tranquillité perturbée par les discussions animées qui se déroulaient dans le salon. Angelo et Shura les saluèrent en passant à côté de la porte de la cuisine et Dité les accompagna devant leur voiture pour leur dire au revoir. Leurs éclats de voix bien que plus loin leur parvenaient quand même depuis la fenêtre avec le souffle du vent, et cela avait quelque chose d’apaisant et réconfortant. Camus ne pouvait rien faire ou dire de plus pour le consoler.
Bien qu’ils étaient proche au point où leur épaule se touchaient, Camus daigna quand même tourner la tête vers lui pour l’observer pleinement. Il fumait en silence, le regard perdu, ses sourcils légèrement froncés et son expression fermée lui montrait bien qu’il était soucieux et tracassé, un nouveau visage qu’il découvrait et qu’il crut au début de pas pouvoir aimé, comparé à son large sourire qui faisait apparaitre ses fossettes. Et le voilà pourtant à trouver que cette expression lui allait à merveille, elle faisait ressortir ses traits fermes et virile, lui donnant un charme masculin tout aussi séduisant que ces autres expressions. Il pencha la tête sur le côté pour mieux le regarder, parce qu’il adorait ce qu’il voyait, il ne pouvait plus se voiler la face et avoir une mauvaise foi, il ne se laisserait jamais de l’admirer durant des heures.
Milo fut extirpé de ses pensées en remarquant enfin le regard pressé sur lui, et lorsqu’il croisa ses yeux, un petit sourire craquant réapparut sur ses lèvres, bien que ce fut bref, cela suffit pour enflammer le cœur de Camus.
-« Je dois y aller.
-Tu peux rester si tu veux. »
Ceci le refit sourire, tendrement malgré une certaine tristesse, et Camus pouvait se sentir fondre de l’intérieur.
-« C’est pas l’envie qui manque. Mais je dois aller voir Geist. »
Camus hocha simplement de la tête. Leurs cigarettes finies, ils écrasèrent le mégot sur le rebord de la fenêtre et les jetèrent dans la poubelle de la cuisine.
-« Merci Camus, de m’avoir supporter depuis hier.
-Mais qu’est-ce que tu racontes ? » Soupira-t-il de fausse exaspération en secouant la tête.
Il ne remarqua pas à quel point Milo s’était approché de lui et sursauta légèrement lorsqu’une main enveloppa affectueusement sa joue, et sur l’autre, des lèvres furent pressés quelque secondes pour y déposer un baiser. Il entendit tres distinctement le bruit de son propre cœur qui explosait et qui fit jaillir des vagues de chaleur dans tout son corps. En une seconde son estomac pétilla de papillons et ses genoux faiblir. Il était incrédule, complètement sous le choc d’un pourtant petit baiser sur la joue, toutefois son effet fut encore plus violent qu’un camion qui le heurtait de plein fouet, mais un camion si doux et tendre et qu’il ne lui fit absolument pas mal !
-« Je vais y aller, on se parle plus tard ! » Dit-il avec une nouvelle radiance dans son sourire, laissant Camus totalement abasourdi et tout retourné comme jamais il ne le fut auparavant, et se dirigea vers la sortie. « Apelle-moi quand tu veux ! » Furent ces dernières paroles avant de sortir de la maison.
Au son du claquement de porte, ses jambes ne le supportèrent plus et Camus s’effondra sur ses genoux, le cœur complétement affolé et euphorique, Il sentit comme si on lui injecta une énorme dose de vitalité directement dans ses coronaires, il avait l’impression de faire une crise d’overdose mais avec des substance positives et pleine de couleurs, une overdose d’émotions folles qui lui faisait trembler les doigts. Il posa sa main sur sa joue et l’autre contre son cœur inarrêtable, sentant encore cette incroyablement douce et tendre et merveilleuse sensation de ses lèvres contre sa joue ! Ce geste fut si affectueux qu’il fondait totalement ! Il fondait sans retenu ! Pour un simple baiser sur la joue de la part de l’instructeur de danse de ses petits frères ! Il ne parvenait à se reprendre, il en était juste bien trop chamboulé.
En plus, il pouvait encore entendre sa voix provenir de dehors, il échangea un peu avec le trio encore devant la voiture et Camus entendit le bruit du moteur de sa moto alors qu’il l’a démarrait.
Il voulait le voir encore ! Il ne voulait pas qu’il parte ! Il voulait qu’il reste et continue à l’embêter, le faire rire, le lire avec tant de facilité…le prendre dans ses bras, et encore l’embrasser. Comment osait-il tant demander ? Et pourtant il le faisait ! Jamais n’avait-il espéré aussi fort pour l’impossible. Et pourtant depuis qu’il rencontra Milo, beaucoup de choses qui lui semblait impossible ne l’étaient plus. Comme danser sans retenu, comme rire follement, comme s’amuser ridiculement…comme montrer ses faiblesses et ses peines, montrer ses larmes, sa vulnérabilité, montrer qu’il n’était en fait pas un bloc de glace, qu’il était faible et qu’il avait mal. Et comme espérer que peut-être…il n’était pas aussi laid que cela, pas aussi pourrie, que peut-être, une place dans ce monde lui était attribuée.
Toutes ces pensées interdites. Qu’ils s’étaient refusés pour de nombreuse années pénible et sombre…Milo les faisaient ressurgir du fin fond de son inconscient où ils les avaient refoulés et enfermés à jamais.
Comment osait-il !? De l’impactait autant ! De le troublé autant, de l’affaiblir autant ! Et de rien ! Sans aucun effort ! D’un simple sourire, simple paroles, simple touché et simple baiser !
Camus était perdu, était-il trop tard pour se rattraper ? Pour refermer son cœur, pour tout geler à nouveau, pour vider encore plus ce creux dans sa poitrine ? Ou était-ce trop tard pour sa pauvre âme frilleuse, elle ne pouvait plus être sauvé.
…
Dité retourna à l’intérieur de la maison en ricanant et lâcha un cri de surprise en passant par la cuisine, voyant Camus assis par terre, la tête baissée. Il s’accroupie devant lui pour lui relever la tête, mais au lieu de tomber sur un regard vide et déchirant de peine, il fit des yeux lumineux et luisants d’émotions, des joues adorablement rouges et une tentative vaine de retenir un sourire idiot.
-« Camus ?
-Dité…Je crois que je suis dans la merde. »
…
Milo roulait bien trop rapidement, et pourtant cela ne semblait pas aussi rapide que les battements de son cœur, il ne parvenait pas dépasser leur vitesse. Il avait fait ce qu’il faisait toujours, suivre son cœur, c’était peut-être aussi la raison pour laquelle il pressait si fort sur la vitesse, et embrasser Camus c’était ce qui lui semblait juste ! La chose la plus logique à faire, ou plutôt, ce qu’il avait le plus envie de faire ! C’était mal, il le savait, cela ne se faisait pas, il était en couple, Camus était son ami, et la manière dont il le fit n’avait pas grand-chose d’amicale, mais qu’est-ce qu’il aurait pu faire d’autre ? N’importe qui à sa place aurait au minimum fait cela, imaginer être regardé ainsi par lui, avec tant d’intérêt et d’attention, n’importe qui craquerait ! Et puis, il y trouva du réconfort, que cela soit dans son regard, son sourire, dans le son de sa voix, dans ses bras et sur sa peau. Sa présence tout court. Il avait besoin de reprendre des forces pour faire face à Geist.
Il appréhenda le moment où il allait rentrer chez eux, il ne la prévint pas de son arrivée, peut-être avec un peu de chance, elle ne serait pas à la maison et il pourrait se préparer un peu plus psychologiquement, oublier un peu Camus pour plutôt se focaliser sur ses sentiments pour elle. Après tout, elle était sa copine, depuis trois ans maintenant, ils partageaient un lit, une maison et leur quotidien.
Lorsqu’il entra dans l’appartement, elle se leva du sofa en l’entendant. Il s’attendait à ce qu’elle lui hurle dessus dès son premier pas à l’intérieur, qu’elle le gifle et l’accuse, il fut donc vraiment surpris lorsqu’à la place, elle se jeta dans ses bras comme s’il elle ne l’avait pas vu depuis des mois. Elle était au bord des larmes, lui demandant où il était passé et s’il allait bien. Elle l’embrassa en s’excusant, disant qu’elle avait eut peur qu’il ne l’abandonne à cause de son mauvais caractère, et Milo se sentit mal et coupable, responsable de sa tristesse et de ses craintes. Il l’avait abandonné sans répondre à ses messages ni a aucun de ses appels pour aller s’amuser et être là pour un homme qu’il ne connaissait que depuis peu.
Même si référé Camus ainsi lui faisait du mal.
Camus lui était tres spéciale. Mais cela était mauvais, pour sa relation avec Geist. Et il avait fait tant d’effort pour que cette relation dure, il ne pouvait pas la nuire après tout ce temps.
Malgré les lèvres de Geist contre les siennes et ses mains qui parcouraient sa peau, Milo eut du mal à arrêter d’y penser, à faire taire cette inquiétude au fond de lui et à se détendre sous ses baisers et caresses. Déjà parce qu’il ne s’y attendait pas, mais surtout par ce qu’il se sentait coupable. Il y avait quelque chose d’autre aussi mais il avait du mal à mettre un mot dessus. Il se contenta de suivre les attentions de Geist, de l’embrasser et la caresser en retour comme seul option d’arrêter de penser à Camus.
Ils n’avaient pas parler, Geist le poussa au lit avec elle et ils avaient couché ensemble juste comme cela. On aurait dit que tout ce qu’ils auraient pu se dire et se reprocher fut réprimés, voir refoulés à cause de l’acte, et ils se retrouvèrent à nouveau silencieux après. Deux jours qu’ils n’avaient pas parlé, et même avant cela, il ne faisait que se faire la tête et se disputer pour au final faire comme si de rien était sur l’oreiller. Se servir du sex pour éviter les problèmes…Cela laissait un gout amer au fond de sa gorge. Mais il ne savait pas s’il avait le droit de se plaindre, après tout avant Geist, le sex ne lui fut jamais quelque chose de sérieux, jamais accompagné d’une réelle connexion émotionnelle. Il le faisait que pour le plaisir, pour s’amuser et se défouler…Avec elle, il y avait quelque différence, des nouveaux aspects à cela qui s’ajoutèrent, comme l’amour et l’attachement, cependant il refusait de s’avouer que cette fois ci il dut les chercher pour les trouver.
Geist dormais dans ses bras, ou faisait semblant, il ne savait pas. Le sommeil ne lui parvint pas, étrangement cette partie de jambes en l’air ne lui permit pas de se vider l’esprit. Peut-être que fumer silencieusement une cigarette avec un certain ami aurait pu l’aider à le faire. Un certain ami qu’il n’arrivait pas à se sortir de la tête. Il lui semblait si lointain lorsqu’il était ainsi nu dans les bras de sa petite amie, si loin de lui, comme un rêve qu’il refusait d’oublier.
Il ne voulait pas s’avouer qu’il languissait de retourner à ses côtés, parce qu’il n’avait pas la raison du pourquoi. Pourquoi ressentait-il cela, et pourquoi envers Camus ? En fait, il avait surement les réponses mais ne se sentait pas prêt à assumer leur conséquence.
Il parvint à se lever sans trop déranger Geist pour aller prendre une douche, elle le rejoint sans lui demander après qu’il fut sous l’eau, et encore une fois, ils ne se dirent rien.
Il était certain que Saga avait rejoint Camus après son départ, et pour une fois cette pensée ne le mit pas en colère, mais le rendit juste malheureux.
…
Le lendemain lorsque Saga retourna à son entreprise, ses salariés et assistants n’avaient daignés lui adresser la parole, même si c’était pour des choses importantes. Il y avait une règle non dite dans l’établissement, lorsque le boss affichait une certaine expression, il était primordial de n’absolument pas le déranger. Autre que cela, il était un tres bon supérieur, un homme à l’écoute qui acceptait les reproches et qui faisait attention au bienêtre de ses employés, mais tout cela n’existait plus lorsqu’il était en colère. Et aujourd’hui, il semblait prêt à massacrer quiconque qui lui adresserait la parole.
Il alla s’isoler dans son bureau d’où il avait une vue élevée sur le centre-ville et les quartiers autours. Il venait de retourner d’un petit déjeuner prit en compagnie de Camus dans un café-restau qu’il jugeait assez chic, même s’il aurait préféré l’inviter dans un endroit bien plus luxueux. Depuis le matin suivant leurs nuits ensemble, il fut d’humeur massacrante. Il avait tout planifié pour ne absolument pas être dérangée ce jour-là, et une urgence eut quand même lieu, il ne savait comment. Après cela, Camus ne lui répondit plus, le laissant avec ces doutes et questionnements et sa mauvaise humeur qui ne fit que s’aggraver lorsqu’il gara devant chez lui pour trouver la moto de Milo déjà là.
Rien que le fait de penser à lui, lui donnait envie d’abattre son poing contre un mur, mais Saga n’était pas violent, il ne faisait pas ce genre de chose. Il n’avait jamais eu de problème avec son compatriote avant cela, il était le meilleur ami de son frère jumeau, et en plus ils venaient de la même ville en Grèce, donc naturellement, ils se croisaient assez pour s’appeler des amis.
Mais il se demandait pourquoi diable Milo avait changé envers lui depuis sa rencontre avec Camus !? Il faisait preuve d’une possessivité envers lui anormal et qui n’avait pas lieu d’être, il était hétérosexuel, il avait une petite amie, et en plus de cela, contrairement à lui, il ne connut pas Camus avant ! Quel était son problème ? Pourquoi rivalisait-il avec lui pour s’approprier l’attention et le temps du franco-russe ? En acceptant d’abimer son amitié avec Kanon en plus. Il savait, il avait toujours su que Camus était spéciale, mais au point où même Milo voulait se le garder rien que pour lui ?
Pour qui se prenait-il !? Il avait fait tellement plus d’effort que lui pour tenter de gagner son cœur ! Cela remontait même au premier mois de leur rencontre, Saga sut toujours qu’il voulait Camus. Et même après son premier rejet, et les cinq ans d’absence sans nouvelles, il le voulut toujours, et désormais, il pouvait l’avoir pour de bon, mais ce satané Milo semblait vouloir lui mettre des bâtons dans les roux pour aucune raisons valables !
Et cette complicité qu’ils eut durant la première soirée où il revit Camus, il ne parvenait à la digérer. Ils ne se connaissaient à peine, et il parvint à faire…bouger le roux de cette manière inédites.
Durant son petit déjeuner avec Camus, ce dernier avait tenté de lui rendre son cadeau, disant qu’il n’avait pas besoin de lui offrir ce genre de chose et ni de s’excuser d’être parti à cause d’une urgence. Il fut fermé au sujet de cette nuit, parlant d’elle comme si de rien était, comme si Saga ne fut pas sérieux. Et cela était difficile de lui parler et trouver les bons mots pour aborder des sujets délicats et sentimentales, parfois cela passait, parfois non, la plus part du temps non, en fait. Il avait encore du mal à comprendre comment diriger la discussion pour que Camus s’ouvre à lui, et ce dernier rendait la chose plus difficile en s’exprimant aussi neutrement.
Il rencontra les mêmes problèmes lorsqu’ils étaient encore à la fac, mais avant Saga ne se donnait pas tant de peine à vouloir le faire parler et réagir à tout prix, aussi à l’époque, Camus était un peu plus expressif et timide. C’était plus facile de lire en lui.
Mais quelque chose lui disait, que Milo lui, y parvenait sans autant de soucis et cela ne faisait que le frustrait et empirait sa mauvaise humeur. Pourquoi lui !? Pourquoi Camus aurait moins de mal à s’ouvrir à Milo, ou à quelqu’un d’autre plutôt qu’avec lui ? Ils étaient pourtant si proche avant.
Lorsqu’il lui demanda que faisait Milo, Angelo et Shura chez lui, il lui dit que Dité les invita puisqu’ils s’entendaient bien avec eux. Camus ne semblait pas vouloir s’attarder sur le sujet, en fait, il était encore moins bavard que la dernière fois. Saga se demanda s’il avait commis une erreur en y allant aussi vite dans leur relation, ou si c’était Milo qui éloignait Camus de lui. En tout cas, leurs échanges ne durèrent pas longtemps et ils se dirent au revoir en se promettant de s’appeler plus tard.
Il ne fut absolument pas satisfait.
Sans oublier son frère jumeau adoré qui lui prenait sans cesse la tête parce qu’il s’opposait à sa relation avec Camus.
Il était au bord de la crise de rage, et comme si ce n’était pas assez, ce dernier à qui il pensait entra justement dans son bureau sans frapper à la porte. Enfin, il ne le faisait jamais.
-« Kanon, je suis pas d’humeur. Va embêter quelqu’un d’autre.
-J’ai encore rien dit.
-Et ne dit rien. Je veux pas t’entendre. » Maugréa-t-il en lui tournant le dos afin de regarder à nouveau à travers la baie vitrée derrière son bureau.
-« …C’est Milo qui t’embête. »
Ils n’étaient pas jumeaux pour rien. Saga lui lança un regard ferme par-dessus son épaule, et Kanon s’approcha de lui.
-« Moi c’est Camus qui m’embête. » Continua-t-il. « À cause de lui, Milo s’éloigne de moi. Et je devine qu’à cause de Milo, Camus s’éloigne de toi. »
Il connaissait cette façon de parler, lorsque Kanon parlait aussi sérieusement en citant des faits, il allait tres certainement lui faire une proposition. Saga se tourna pour lui faire face, lui indiquant de continuer.
-« J’accepte que tu sortes avec lui si ça veut dire qu’il se décolle de Milo.
-Qu’est-ce que tu proposes.
-Oh donc maintenant tu veux m’entendre. » Dit-il avec un sourire satisfait aux lèvres. « Il faut montrer à Milo que toi et Camus c’est du sérieux, qu’il te préfère toi à lui. Si le fait que tu lui laisses des marques sur le corps n’est pas suffisent pour le lui faire comprendre-
-Comment tu sais ? » Lui coupa-t-il parole en croisant les bras.
Kanon esquissa un sourire aiguisé. « Voyons Saga, je suis pas ton autre moitié pour rien, je te connais par cœur, et je sais à quel point tu es territoriale !
-Ne parle pas de Camus comme s’il était un simple territoire.
-Pourtant il l’est un peu pour toi. Sinon tu sentirais pas le besoin de le marqué pour faire éloigner d’autre prétendent. Hélas Milo n’est pas du genre à comprendre facilement. » Saga ouvrit la bouche afin de répliquer mais Kanon reprit parole avant qu’il ne le fasse. « Il n’y a aucun mal à le voir ainsi, tu veux qu’il soit ta possession, et depuis des années en plus, où est le problème à le considéré comme un territoire à maquer ? Je suis comme toi, je n’aime pas partager, et je suis pas du genre à laisser tomber facilement lorsque je veux obtenir quelque chose. Les marques que j’ai laissé sur Milo sont peut-être invisible, mais elles sont bien là, et tu peux me croire que cette salope de Geist les voit tres bien…Ce n’est plus qu’une question de temps avant que Milo la quitte de lui-même et à ce moment-là, j’aurais enfin obtenu ce que je désire le plus depuis des années… Alors je laisserais pas une autre salope se mettre en travers de mon chemin ! »
Le regard de Saga s’assombrit dangereusement à sa dernière phrase. « Fait attention à ce que tu dis. »
Kanon haussa des épaules, pas impressionné. « Tu peux pas me forcer à l’apprécier, c’est déjà un miracle que j’accepte que vous soyez ensemble, je te donne même un plan pour éloigner la concurrence.
-Ne fait pas genre tu es si généreux, tu fais cela uniquement parce que tu veux cette concurrence.
-On en bénéficie tous les deux, alors pas la peine de le mentionner. » Kanon s’assit sur le bureau et le silence de son frère lui indique de continuer. « Si je me trompe pas, tu te débrouilles pas mal pour l’avoir dans ton lit, parce que c’est exactement ce que je veux que tu fasse ce week-end. Ca me laisse le temps de me réconcilier avec Milo et de l’inviter à la maison. À ce moment la lorsqu’on montera à l’étage pour aller dans ma chambre, il entendra clairement à quel point vous vous adoré. »
Comprenant ce qu’insinuait son frère, Saga fut indigné.
-« Kanon ! » Vociféra-t-il. « Tu n’as vraiment aucune honte ! C’est un viol de l’intimité de Camus et de la confiance qu’il me porte ! Et tu penses réellement que je voudrais qu’un autre l’entende !?
Son jumeau s’esclaffa : « Tu vois que tu es territorial et possessif ! Mais réfléchit au lieu de faire ton justicier. Camus ne saura jamais que tu étais au courant, et je connais assez mon Milo pour savoir que cela va l’affecté au point où il s’éloignera de Camus. Il aime avoir l’attention sur lui, s’il comprend pour de bon que Camus te favorise, il se mettra peut-être même à le détester ! Hahahaha ! »
Kanon n’avait pas tort…Milo avait l’air d’être ce genre de gamin, après tout il vit bien à quel point Milo le prenait mal lorsque Camus lui donnait ne serait-ce la moindre attention de plus. Comme un enfant, il jouait à des jeux stupides de provocation, enroulant ses bras autour de lui pour reprendre l’attention du roux. Et cela expliquait aussi son changement de comportement depuis le soir de la boite de nuit. Saga en avait plus que marre de son attitude hostile et provocatrice envers lui, et cette manie de vouloir lui prendre Camus.
-« Après ça Milo le lâchera, et Camus n’aura plus que toi. C’est un petit mal pour un grand bien qui nous bénéficiera tous les deux. Il n’aura plus aucune raison de me rejeter et ne t’embêtera plus. Je te laisse y réfléchir, tu as jusqu’au week-end. »
Sur ces paroles, Kanon se leva et sortit de son bureau.
…
Dité était occupé à texter sur leur nouveau groupe de conversation à trois, avec Angelo et Shura, jetant de temps en temps des coups d’œil à Camus qui depuis le matin ne s’était pas assis. Il décida, en retournant de son petit déjeuner avec Saga, de faire le grand ménage. Ce fut le suédois qui se chargea de déposer les jumeaux à leur cours de danse, et à son retours, Camus était encore en train de déplacer tous les meubles de la maison pour éradiquer la moindre petite particule de poussière. En plus le volume de ses écouteurs étaient si puissantes que Dité parvenait à attendre le son de rock lorsqu’il passait à côté de lui. Il n’avait jamais vu Camus aussi énergétique, son ami était du genre paresseux, il ne faisait pas beaucoup d’activité physique, et préférait rester assis à lire un livre ou regarder un documentaire. En plus de cela, il buvait beaucoup d’eau, beaucoup plus que d’habitude, et ne l’aperçut pas toucher sa boite de cigarette pas une seule fois aujourd’hui. Il dépoussiéra les coins du plafond, les lampadaires, l’intérieur de chaque étagère, chaque livres, objets décoratifs et autre surface. Il passa la serpillière dans toute la maison, en incluant le grenier. Il était même aller faire les courses pour ramener de nouvelles lampes et remplacer tout ce qui était trop usé ou abîmé. Il refusa l’aide de Dité, voulant tout faire tout seul.
Il devina que Milo avait quelque chose à avoir avec ce trop-plein d’énergie, puisque en fait, c’était depuis hier qu’il était aussi agité. Le soir par exemple, il n’arrivait pas à dormir et il força Dité à l’accompagner faire un long tour en voiture toute la nuit en écoutant du rock. Cela l’amusa de voir Camus conduire plus vite et nerveusement que d’habitude en se lâchant sur une chanson agressive.
Camus refusait catégoriquement de lui en dire plus, mais il était certain que son ami commençait bien à tomber amoureux de leur cher instructeur de danse. Absolument rien ne pouvait le rendre plus heureux !
Au bout de plusieurs heures de travails, Camus s’effondra à ses cotés sur le canapé, torse nu et les cheveux révélés en une queue de cheval. Lorsqu’il était seul avec Dité il n’était pas si pudique et n’avait pas de problèmes d’exposer ses suçons et morsures laissé par Saga, à quelques endroits de son corps.
-« Il est bientôt temps de récupérer les jumeaux, allons y dès maintenant comme ça on peut assister à la fin du cours. » Il donna un coup de coude au roux. « Je sais qu’il y a quelqu’un la bas que tu meurs d’envie de voir. »
Il ricana en s’apercevant que sa taquinerie fut tres efficace puisque Camus rougit rapidement, ne parvenant à retenir une grimace. Il se redressa en pouffant, lâchant un « n’importe quoi » avant de courir s’enfermer dans sa chambre pour se préparer. Dité savait qu’il voulait se faire beau Milo !
…
Camus était en totale panique dans sa chambre ! Il avait l’impression d’en faire trop, mais porter des vêtements simples ce n’était pas assez ! Devait-il mettre du rouge à lèvres ? Normalement il n’en mettait pas pour aller au conservatoire, Milo et ses frères comprendront surement ses attentions. Mais quelle étaient ses attentions ? Séduire Milo !? Non c’était stupide ! Il avait Saga et Milo avait une copine, et de toute façon il n’avait jamais tenté de séduire n’importe qui, il ne savait pas le faire ! Enfin…au fond, il aimerait bien impressionner Milo…peut-être recevoir un compliment de lui, ou une certaine réaction. Il avait envie qu’il le trouve pas mal…Et c’était insensé, Milo l’avait vu dans ses pires états, bien s’habiller et se faire beau ne servait à rien.
En fin de compte, il serait plus judicieux de ne pas voir Milo pour l’instant…Oui mieux vaut l’éviter pour plusieurs jour…
Il se laissa tombé lamentablement sur son matelas, en lâchant un long râle. Cela lui faisait mal au cœur. Depuis quand était-il aussi dramatique !? Il se laissa glisser sur le sol comme s’il coulait comme du liquide en soupirant profondément. Se dire qu’il n’allait pas le voir pour plusieurs jours le faisait sentir misérable. Est-ce que cela voulait dire qu’il avait envie de le voir ? Qu’il le manquait ?
Il avait envie de le voir, il lui manquait.
Il sursauta et lâcha un cri de surprise lorsque Dité ouvrit la porte à la volée, le trouvant allongé par terre comme un cadavre. Le suédois explosa de rire sous les râles et les insultes du roux qui se mit à lui jeter des coussins a la figure.
-« Laisse-moi t’aider ! »
Ainsi, le suédois l’aida à adopter un look joli sans pour autant que cela en paraisse trop, son meilleur ami était vraiment le meilleurs pour ce genre de chose. Au pas de la porte, Camus se mit à hésiter comme un chat qui ne voulait pas sortir sous la pluie, se dégonflant, ne se sentant pas près à revoir le sourire du coach, il ne faisait plus aussi confiance la maitrise de ses expressions et craignait fondre sur place ou perdre ses capacités cognitives. Dité le poussa à sortir, refusant de le laisser s’en tirer comme cela.
Sur la route, Camus perdait ses moyens, il devenait nerveux, impatient, mais à la fois réticents. Le trajet lui semblait interminable. Lui et Milo allaient se croiser du regard, il allait lui sourire, lui faire un petit signe de la main, puis quand il aura fini de donner son cours il viendra enrouler son bras autour de ses épaules avec son sourire taquin, lui lâcherait quelque petite plaisanterie tout en le regardant droit dans les yeux, et l’appellerait grand frère. Et Camus n’était pas sûr de pouvoir supporter les battements de son propre cœur, il n’était pas sûr d’avoir les genoux assez solides pour le maintenir debout, ou la force mentale nécessaire pour ne pas perdre contrôle de ses expressions. Il ne parvenait à oublier le baiser sur sa joue, et les incroyables sensations qu’il lui procurèrent. Il avait peur de laisser ses pulsions prendre le dessus et se jeter sur lui pour l’embrasser à pleine bouche.
…Mais il pourrait aussi croiser sa copine et cette pensée le refroidissait complétement…Ce n’était pas tres juste de sa part, mais il ne pouvait pas s’empêcher de la mépriser. Elle semblait rendre Milo malheureux par moment, la façon dont il parlait d’elle, ou plutôt dont il ne parlait jamais d’elle lui donnait quelque indice sur leurs relations. Et il se rapellait de son regard sévère depuis l’entrée de l’immeuble lorsqu’il été venu ramener des tartes. Elle l’avait réellement agacé. Comment une femme peut-elle être aussi chanceuse d’avoir Milo Alexandris comme petit ami, et parvenir quand même à le rendre triste.
Il n’arriverait surement pas à se retenir de mal la regarder ou mal lui parler. Milo lui en voudrait-il ?...
Il se sentit totalement démoralisé à nouveau…C’était sa petite amie, Milo devait surement l’aimer plus que quiconque…si Camus manquait de respect à cette femme, le regard de Milo envers lui changerait tres certainement…il le détesterait.
-« Je veux pas y aller.
-Pardon ?
-Je veux pas voir Milo. Je vais rester dans la voiture.
-Mais voyons Camus ! Qu’est-ce que Milo t’a fait pour t’affecté autant ? »
Tellement de chose…et spécialement un bisou sur la joue.
Comme si un génie lui excusa son vœu, la voiture s’arrêta de marcher… à quelques mètres d’un garage.
Heureusement, ils étaient parvenus à la faire rouler jusqu’à la. Il était temp que cette stupide vieille bagnole tombe en panne…Camus ne savait pas s’il était déçu ou soulagé de ne pas pouvoir récupérer les jumeaux.
Un homme qui travaillait sous une autre voiture, allongé sur une planche, leur demanda de patienter lorsque Dité l’interpella. Une minute plus tard, il vint à leur rencontre.
-« Bonjour, en quoi puis-Oh c’est vous ! » S’exclama le mécanicien.
Camus reconnu les longs cheveux de lavande -retenu en chignon- et ce doux visage qui cette fois ci était salie par le travail. Il se rapellait de son nom singulier, Mu, l’homme qui l’avait aidé le jour de sa perte de connaissance dans la rue.
-« Mu !? Quelle coïncidence ! » S’étonna Dité. « Tu travailles ici ?
-Je vous serrerais bien la main mais la mienne est sale. » Dit-il avec un petit rire mignon, montrant ses mains tachées. « Et oui, je suis le gérant. Comment puis-je vous aider ? »
Dité lui expliqua ce qu’il venait de se passer et Mu ouvrit le capot pour examiner la voiture. Pendant ce temps, Camus envoya un message à ses frères pour les mettre au courant de la situation…Devrait-il prévenir Milo aussi ? Mais pourquoi ? Ce n’était pas nécessaire…Les jumeaux le feront surement de toute façon. Il lâcha un long soupire, ne remarquant pas la présence du petit garçon de la dernière fois, début en face de lui.
-« Tout va bien monsieur ?
-Eum, oui. Merci.
-Vous êtes sur ? »
Il ne pouvait pas ne pas sourire. Ce petit était bien élevé et adorable. Il se pencha légèrement et lui tapota la tête.
-« Oui, je t’assures. »
L’enfant lui prit la main pour l’emmener quelque part avec lui. Camus ne comprenait pas, inquiet, il lança des regards vers Mu et Dité qui discutaient en examinant le moteur de la voiture.
-« Mu ! On va monter ! » Lui fit savoir le petit, ce à quoi Mu répondit d’un simple « Tres bien. »
Camus se demanda vraiment quel était leur relation, si l’enfant l’appelait par son prénom, il n’était alors surement pas son fils. Peut-être était-ce son neveu ou son petit frère.
En tout cas, il ne rejeta pas la main du petit et accepta de le suivre malgré sa confusion. « Où est-ce qu’on va ? »
Ils prirent la porte au bout du garage, entrant dans le magasin de pièces auto et bricolage par une entrée secondaire derrière la caisse. Le petit salua un employé qui s’occupait de client, et maladroitement, Camus le fit aussi. En tout cas l’employé ne posa pas de question et le petit le guida vers un escalier qui menait à un appartement. Camus se sentit gêné de s’introduire ainsi chez des personnes qu’il ne connaissait pas, mais il fut quand même marqué par la superbe décoration colorée dans un style tibétain qui s’étendait dans tout ce qu’il voyait déjà de l’appartement. Enfin, il remarqua aussi pas mal d’élément brésilien épousant parfaitement l’esthétisme bouddhiste. Il y avait même un parfum d’encense agréable qui flottait dans l’air.
-« Asseyez-vous monsieur ! Je vais vous faire du thé. » Lui indiqua le petit roux en lui lâchant la main pour courir dans une autre pièce, qui devrait être la cuisine.
Camus voulut l’arrêter mais l’enfant s’en alla vite, et il devint tendu lorsqu’il entendit la voix forte et grave d’un homme enjoué parler avec le petit qu’il appela « Kiki ». Il entendit Kiki prévenir l’homme de sa présence, et aucunement dérangé ou surpris, - au contraire même-, il fit son entrée dans le salon où Camus était encore stupidement debout, les bras ballants. Il se retint de réagir voyant enfin l’homme, il était gigantesque ! Devait au moins mesurer deux mètres, si ce n’était pas plus, et était sacrement large et costaud ! Son biceps faisait la taille de la tête de Camus, il n’avait jamais vu une telle corpulence en vrai. Il était bronzé et brun, un épais monosourcils au-dessus des yeux qui incluait son charme extrêmement viril.
-« Bonjours mon ami, comment ça va !? » Le salua-t-il avec entrain -et un fort accent brésilien- comme s’ils étaient de tres bonne connaissance, allant vers lui pour lui serrer la main sans aucune hésitation.
Camus fut pris de cours par tant d’énergie positive et aussi, surtout par la taille de sa main qui sans qu’il ne s’y attende, fut délicate.
-« Bonjours, je vais bien, merci et désolé pour le dérangement.
-Nao ! Quel dérangement ? Installe-toi, fait comme chez toi. » Lui dit-il en l’invitant à s’asseoir sur le canapé aussi dans le thème. « Jolie la décoration hein ? C’est mon mari qui a tout fait ! »
Les yeux de Camus pétillèrent de lumière au mot « mari », il eut du mal à cacher sa surprise. Il se rappela Mu et l’alliance qu’il portait autour de son annulaire, puis les points se connectèrent dans sa tête.
-« Vous êtes l’époux de Mu ? » Son ton dévoila un peu de sa surprise, mais une agréable surprise.
Pourtant, Mu était muni d’une telle finesse et délicatesse physique qu’on pourrait tres facilement le confondre avec une femme ! Il semblait aussi doux qu’un agneau calme et cet homme était l’essence même de la masculinité, un tas de muscles débordant d’énergie ! Leurs cultures étaient tout aussi différente, -s’il assumait que Mu était tibétain-, en plus d’être deux hommes. Leur couple était incroyablement interessant et cela lui mit du baume au cœur plus qu’il ne s’y attendait. Il ne put s’empêcher de sourire, complètement sous le charme de ce couple qu’il ne connaissait quasiment pas. Et la manière dont il se vanta des talents décoratifs de son mari avec tant de fierté, le fit un peu fondre.
-« Hehe, Oui je le suis ! Et pas besoin de formalité ici ! Ei, je me suis pas présenté ! Apelle moi Aldé.
-Camus. Enchanté. »
Aldé s’assit sur un large fauteuil à côté du canapé. « Tes cheveux et yeux rouges me disent quelque chose ! On ne s’était pas déjà croisé par hasard ?
-Je m’en souviendrais si c’était le cas. »
Aldé s’esclaffa d’un puissant rire -qui devait surement être normal pour lui- avant de contracter son bras pour gonfler son biceps. « Un physique comme ça ne s’oublie pas vite, hein ?
-Je ne voulait pas l’insinuer d’une mauvaise façon.
-Hahaha ! Ne t’en fait pas je te taquinais. Dis-moi mon ami, tu aimes le chocolat ? Je viens justement d’en préparer des Brigaderio. »
Camus n’eut le temps de décliner poliment sa proposition, Kiki vint déposer sur une petite table à café entre eux une assiette de brigaderio qui avaient l’air appétissants.
-« Eh voilà ! »
Aldé attira Kiki en riant pour le faire asseoir sur ses genoux. « Ah ! Tu as vu notre Kiki est vraiment serviable ! » S’exclama-t-il en lui ébouriffant affectivement les cheveux.
Le sourire de Camus s’élargit quelque peu, cet homme était un tendre et gentil géant, et ce garçon était vraiment adorable, leur complicité était attendrissante.
-« C’est un tres gentil garçon, en effet. Votre fils ?
-Hahaha, Oui Kiki c’est mon enfant ! Ça se voit pas ?
-Nah ! » Le contredit le petit en lui pinçant gentiment la joue. « Je suis ton beau-frère ! »
Camus avait donc supposé juste, Kiki était le petit frère de Mu.
-« N’importe quoi, tu es mon fils ! Qu’est-ce que ça change ? C’est moi qui te changeais les couches. »
Embarrassé, Kiki se libera de l’étreinte d’Aldé et repartit en courant vers la cuisine, lui faisait lâcher un autre rire que Camus partagea discrètement.
Aldé soupira de bon cœur. « Rien de plus précieux que de voir nos petits grandir. »
Le sourire de Camus s’attendrit, repensant à ses petits à lui. Aldé avait totalement raison, et c’était justement pour cela qu’il sentit une pointe de tristesse lui percer le cœur. Avant de voyager, il avait certes vu ses petits frères grandir, mais, tout ce temps, ce fut comme s’il n’était pas vraiment là. Il avait cette impression d’avoir été un spectateur dont la vue fut floutée, et qui regardait à travers une vitre fissuré. Ce temps était perdu…
-« Je sais que notre petit Kiki sera un tres charmant jeune homme comme son grand frère ! »
Ce temps était perdu, certes, mais il n’était pas totalement écoulé. S’il faisait un peu plus attention aux jumeaux plutôt qu’à ses propres problèmes, il aurait peut-être la chance de les voir devenir des adultes.
-« Je n’en doute pas. »
Lorsque Kiki revint pour déposer un peu maladroitement une tasse de thé devant Camus, -qui le remercia convenablement- la porte d’entrée s’ouvrit, laissant paraitre Mu et Dité qui avaient l’air d’avoir eu le temps d’être des meilleurs amis.
Aldé se leva d’une exclamation de joie afin de les accueillir, avant que lui et Dité affiche une expression d’agréable surprise en se voyant.
-« Chef Aldé !?
-Nossa ! Mais quelle surprise ! Si ce n’est pas le copain de Shura !
-Copain ? » Répéta Mu alors que son époux serrait la main de Dité. « Alors c’est de Dité dont tu me parlais l’autre jour, quelle coïncidence. »
Camus se leva, confus. « Vous vous connaissez ? Et vous connaissez Shura, monsieur Aldé ? »
-« Laisse tomber les formalités ! Apelle moi simplement Aldé, je suis pas si vieux tu sais ? Et Shura c’est mon ami intime ! L’autre jour il est venu avec ce joli jeune homme à mon restaurant ! Ah ! Ca me revient ! Je me rappelle maintenant où j’ai vu ces cheveux et yeux rouges que tu as ! C’était Milo qui m’avait montré ta photo en me disant que prochaine fois il allait ramener son partenaire de danse à mon restaurant ! »
Camus afficha une expression de surprise, sentant ses joues se réchauffé. Aldé s’esclaffa et vint lui donner une tape amicale sur le dos.
-« Alors c’est toi le nouveau copain de ce chenapan ! Tu es le bienvenu dans mon restaurant ! Vous pouvez venir quand vous voulez sans réservation, je vous donnerai la meilleure place !
-Awww merci Aldé ! » Le remercia Dité. « Mu ! Ton époux est un ange !
-Oh ca je le sais. » Sur ces mots tendres, il alla enlacer le bras musclé de son conjoint qui en riant se pencha pour déposer un baiser sur ses lèvres.
Dité gloussa, ayant l’air tout aussi amoureux de ce couple que Camus, mais ce dernier était bien trop occupé à être surpris et timide pour se focaliser sur les mariés. Milo avait parlé de lui à Aldé, allant même jusqu’à lui montrer une photo de lui pour le présenter en tant que son partenaire, il avait des plans de l’amener à un restaurant. Comment pouvait-il digérer cela facilement, il avait l’impression que son visage était aussi rouge que ses cheveux. Il se rassit et bu de sa tasse de thé pour tenter de masquer sa gêne. Milo allait causer sa mort un jour. D’ailleurs, quelle photo de lui avait-il montré ? Il ne pouvait s’empêcher d’être inquiet, il avait surpris Milo tenter de le prendre en photo à plusieurs reprises lorsqu’ils passèrent la journée à s’amuser ensemble.
-« Il faudrait que je raconte à Shura cette coïncidence ! » S’exclama Dité avant de venir donner un petit coup de coude à Camus. « Dis donc toi, c’est moi ou Milo t’aime vraiment bien ?
-La ferme. » Il haïssait comment il ne parvenait à agir avec indifférence.
-« Installez-vous le temps que je m’occupe de votre voiture. » Leur dit Mu. « Elle n’a rien de tres grave, ça ne devrait pas prendre tres longtemps.
-Est-ce que c’est un traitement de faveur ? » Plaisanta Dité.
Ce à quoi répondu Mu : « Bien évidemment, vous êtes nos amis désormais. »
Après un autre baisé échangé avec son époux, Mu leur dit à tout à l’heure avant de redescendre. Aldé et Dité débutèrent alors leur conversation et Camus constata assez vite que le brasilien était aussi bavard que son ami. Ce dernier voulut tout savoir à propos de sa rencontre avec Mu et ainsi que leur mariage, le roux se trouva à y être grandement investi aussi et écouta leur échange avec intérêt tout en grignotant les brigaderios tout simplement délicieux. Kiki semblait bien l’apprécier vu qu’il prit place à ses côtés pour aussi grignoter et écouter leur conversation. Aldé pointa du doigt un cadre photo accroché au mur le montrant avec Mu le jour de leur mariage et Dité se leva afin de la regarder de plus près, s’exclamant de joie. Cela toucha aussi Camus, fut une époque où il rêvait de vivre cela avec Surt, cependant il eut toujours honte d’en parler.
Enfin, il sut toujours qu’il ne se mariera jamais de sa vie.
Il put se distraire de cette vague de mélancolie grâce à Aldé et Dité qui ouvrirent un autre sujet, Aldé leur raconta qu’il avait rencontré Shura et Angelo lorsqu’il venait tout juste d’ouvrir son restaurant en France, ces deux la furent ses premiers fidèles clients, et tres vite des amis proches. Et donc évidemment, son restaurant était devenu le lieu de regroupement de leurs groupes d’amis qui raffolaient tous de sa cuisine. Cela donna envie à Camus d’y aller pour l’essayer, déjà que ce petit dessert qu’il lui servit était exquis. Dité lui promis qu’il viendrait manger chez lui tres bientôt.
Après cela, Aldé du s’en aller justement pour reprendre le travail, laissant Kiki en charge de les entretenir, mais ce ne fut pas un problème vu que Dité pouvait entretenir une conversation avec n’importe qui, même des enfants, il parlait même au animaux et plantes. Mu refit son retour peu de temps plus tard, leur signalent que le problème était réglé, il voulut leur offrir les réparations pour cette fois mais ils refusèrent catégoriquement et forcèrent le mécanicien à accepter le payement. -Vu que Dité et Camus voulaient tous les deux s’en charger, ils finirent par ce partager le prix-
-« Une dernière chose. » Ajouta Mu alors qu’ils s’apprêtaient à redescendre. « Kiki, tu peux nous laisser cinq minutes ? »
L’enfant afficha une petite mine boudeuse mais opina. « Ok, je serai en bas ! »
Une fois la porte fermée derrière lui, Mu reprit, s’adressant directement à Camus. « Comment vas-tu depuis la dernière fois ? »
Camus ne s’attendait pas à cette question mais répondit quand même. « Je vais bien, merci.
-Je sais que ce n’est pas de mes affaires, et je compte pas te mettre inconfortable avec des questions indiscrète. Mais peut-être que je peux apporter mon aide d’une façon ou d’une autre. » Il dit cela en sortant son portefeuille.
Il en sortit une carte qu’il tendit à Camus avant de continuer : « J’ai un ami qui est un psychologue et psychanalyste, c’est sa carte. Voilà, au moins j’aurais l’impression d’avoir pu aider même si c’est juste un peu. »
Dité et Camus regardèrent la carte que ce dernier accepta, quelque peu pris de court.
Le suédois fut le premier à répondre. « Quelle coïncidence…On cherchait justement un pour prendre rendez-vous. Tu tombes toujours au meilleur moment Mu ! Tu es vraiment un ange envoyé du ciel ! »
Le mécanicien passa sa main dans ses cheveux en souriant, quelque peu gêné des sincères compliments de Dité.
-« Mais non voyons ! Tu me donnes trop de mérites pour pas grand choses. Ce psychologue est un homme juste et qui prend tres au sérieux son travail. Je lui fais aveuglement confiance. »
La carte était tres simple, blanche avec le logo de la clinique -un lotus doré- et les informations nécessaires. Camus se remémora sa discussion profonde avec Dité dans sa voiture, lorsqu’il le sauva de la maison de Saga, il lui avait promis qu’il allait voir un psychologue, et le moment était arrivé. L’occasion se présenta d’elle-même, il ne pouvait pas fuir.
-« Je le contacterai une fois de retour à la maison...Merci Mu. »
Ce dernier lui sourit, ayant l’air sincèrement ravi d’avoir pu aider. Dité lui exprima sa gratitude et ensemble ils se rendirent à nouveau dans le garage où était garé leur voiture réparée, et Kiki qui les attendait pour leur dire au revoir.
…
Camus était assis seul sur un banc, un après midi. Deux jours se sont écoulé depuis qu’il avait pris rendez-vous avec le psychologue que lui recommanda Mu, et il était censé le voir la semaine prochaine. Depuis, Camus avait du mal à penser à autre chose, ce fut comme si son moral retomba à zero malgré lui, néanmoins, il trouvait encore la force de le cacher comme à son arrivé en France.
Le jour d’avant, ils avaient visité avec Mu le restaurant de son époux, et sachant qu’ils seraient là, Shura et Angelo les avaient rejoints. Camus était toujours impressionné de la manière dont son meilleur ami avait l’épatante capacité d’attiré les gens vers lui, si rapidement et inévitablement. Il était toujours le centre de l’attention, il rassemblait les gens ensemble sans efforts. Si même quelqu’un comme Camus se retrouva attaché à lui comme son propre jumeau. Il passa un bon moment, ils ressemblaient à un groupe d’amis et techniquement…ils le furent, même s’il n’avait pas l’impression d’être tres proche des autres, ils agirent comme s’ils l’étaient. Pour un moment, il avait espéré que Milo apparaîtrait de nulle part aussi, il daigna même lui envoyer un message pour l’inviter à les rejoindre -avec beaucoup d’hésitation. - Mais Milo lui répondit bien trop tard, ils eurent une petite conversation rapide en appel, et Camus put distinguer une certaine déception dans sa voix.
Il s’inquiétait pour lui. D’une manière si étrange. Lorsqu’il l’imaginait triste ou tracassé, une vague de tristesse l’envahissait, il se mettait à soupirer longuement et se perdre dans ses pensées. Cela lui prouvait juste à quel point Milo lui importait. Oui…il devait se l’avouer…Milo lui était tres cher, tres précieux à son cœur.
Ce dernier apparut devant lui, arrêtant sa moto et retirant son casque afin de révéler son sourire espiègle, et un visage que Camus se mettait à chérir secrètement.
Il était assis sur le même banc que la dernière fois où Milo vint le récupéré avec sa moto, mais cette fois ci ce n’était pas la nuit, mais le début d’après-midi. Le roux se leva, incapable de represser un sourire et l’accélération de son pouls. En le voyant, il pouvait encore ressentir la sensation de ses lèvres sur sa joue, et tout ce qu’il lui causa. Des stupide papillon au ventre.
Il découvrit qu’apparemment maintenant ils se saluaient en se faisant la bise, le geste sembla si naturel qu’il n’y avait pas pensé sur le moment.
-« Désolé, je suis en retard. » Lui dit Milo en lui tenant encore la main.
-« C’est pas grave, j’ai pu bronzé un peu. »
Il lâcha un rire et continua, « Je vois ça ! Tes taches de rousseurs sont encore plus visibles ! »
Cette stupide remarque et son regard parvinrent à le faire rougir de plus belle. Camus haïssait cette nouvelle sensibilité que Milo lui causait.
-« Ce qui est une bonne chose. » Ajouta-t-il. « Ça te va bien. »
Il ne sut comment répondre, et Milo finit par se racler la gorge, des rougeurs sur ses pommettes.
-« Enfin, allons y. Tiens-
-Pas encore cette horreur ! » S’exclama-t-il lorsqu’il lui tendit le casque avec des oreilles de chat.
-« C’est pas une horreur, c’est mignon ! »
Camus croisa les bras et le toisa du regard, un sourcil arqué.
-« Ne me refoule pas le casque de ta copine.
-Hahaha c’est pas le sien ! Elle déteste la moto, elle n’est jamais montée avec moi. Et puis je l’ai avant même qu’on ne se mette ensemble.
-Pourquoi un chat alors ?
-Pourquoi pas ? Peut-être que le moi du passé a eu une vision qu’un jour j’aurais un passager avec le comportement d’un chat insolent. »
Le roux le regarda de haut en bas, justement comme un chat insolent, et lui prit des mains son casque sans oreille de chat qu’il enfila avant de grimper derrière lui.
-« Hey ! C’est le mien.
-Les deux sont à toi, non ? Qu’est-ce que ça change ?
-Tss- Chat insolent. » lâcha-t-il en portant le casque à oreille de chat.
Camus répondit en lui donnant un petit coup dessus par en arrière et Milo ne perdit pas une seconde pour se venger en lui pincer la cuisse.
-« Accroche toi ! » Il ne lui laissa même pas le temps à son cerveau d’interpréter ses mots qu’il démarra brusquement sa moto, comme la dernière fois, le forçant à enrouler ses bras autour de son torse pour ne pas tomber en arrière.
Milo ralentit lorsqu’ils arrivèrent à destination, un bâtiment à l’aspect simple de l’extérieur, mais qui contenait des studios et bureaux appartenant à certaines émissions. Le grec fit le tour, puisque de loin ils pouvaient voir des journalistes positionnés devant l’entrée principale, ce qui fit grimacer Camus. Il oubliait parfois que Milo était une sorte de célébrité. Il avait certes un assez gros ego, mais n’avait pas ce narcissisme barbant comme la plus part des gens connus, il ne se vantait pas du nombre de ses followers ou d’apparition à la télé, mais plutôt de ses capacités de danse et ses blagues nulles.
Il gara donc sa moto devant une entrée secondaire, réservée aux personnels et invita Camus à le suivre. Ce dernier marchait derrière lui, mais Milo ralentit afin qu’ils soient au même niveau. Il lui parla de banalité à propos de cet endroit et de l’instructrice qu’ils étaient sur le point de rejoindre, sur leur chemin vers le studio de danse où Camus prendrait son premier cours de tango avec lui en tant que son partenaire. Le roux mentirait s’il disait qu’il n’était pas nerveux, et pas que depuis aujourd’hui uniquement, mais depuis le moment où Milo lui proposa de commencer à l’accompagner dans son apprentissage, le jour d’avant durant leur appel téléphonique. Le roux ne pouvait pas refuser, puisque c’était quelque chose qu’il avait déjà accepté auparavant.
Ils arrivèrent alors à leur salle de rendez-vous, où une femme et un homme étaient déjà présent. Tous deux avaient l’air d’avoir leur âge, si pas un peu plus âgés. Milo leur présenta Camus, et ce dernier ne s’attendit pas à recevoir un accueille aussi chaleureux et enthousiaste en arrivant là. Il s’était imaginé recevoir des regards jugeurs ou dégoutés à cause de son sexe. Ces personnes n’avaient pas l’air d’être dérangé du fait qu’ils allaient entraîner deux hommes à danser ensemble. Enfin, cela lui fut désormais évident que Milo ne s’entourerait pas d’homophobes.
-« On te rencontre enfin, c’est un plaisir ! » S’exprima joyeusement Milena, la jeune instructrice. « On va pouvoir passer aux véritables entrainements. »
« Enfin ? » Se répéta Camus mentalement en jetant un coup d’œil à Milo.
-« Le plaisir est à moi. » Répondit-t-il simplement, arquant un sourcil en remarquant comment Milena semblait analyser son corps du regard.
Elle se décala afin de le regarder sous un autre angle, de haut en bas, ne cachant pas son comportement bizarre. Camus ne savait pas quoi dire, Milo affichait simplement un sourire en la regardant faire. Elle le contourna pour se mettre derrière lui et le roux ravala une exclamation de surprise lorsqu’elle tira sur le tissue de son large t-shirt pour le serrer au niveau de sa taille.
-« T’es proportion sont tres favorable pour le tango ! »
C’était peut-être un compliment, mais Camus se sentit réticent et quelque peu gêné. « Eum, merci ? »
L’instructrice reprit ses distances avec un sourire, tout le monde était bien trop souriant autour de lui.
-« Enfin, n’importe quel proportions sont bonne pour danser, mais je dois dire que Milo a vraiment bien choisi son partenaire ! »
Encore une fois, il ne savait comment réagir alors Milo le fit a sa place, enroulant son bras autour de ses épaules.
-« Bien évidemment ! Le meilleur ne choisi que ce qui est encore meilleur. »
Camus réprima mal sa grimace ainsi que ses rougeurs, le lui lança un regard de travers et lui donna un faible coup de coude, embarrassé.
-« Bon ! Et si on commençait ?
-Devrais-je enfiler mes talons ? » Demanda discrètement Camus à Milo lorsque l’instructrice et son partenaire leur tournèrent le dos.
-« C’est comme tu le sens ! »
Camus détourna la tête, quelque peu timide, en retirant son sac à dos. « J’en ai ramené de plus court et plus confortable. Alors ça me pose pas de problèmes. »
La séance se déroula bien mieux qu’il ne s’y attendait, rapidement, son appréhension se changea en amusement, et il ressentit une certaine excitation lorsqu’il réalisa que c’était son premier cours de dance officiel. Une part de lui était incrédule que cela prit autant d’années pour qu’il y assite enfin. Il se surpris à être vraiment investi, tellement qu’il ne se sentit pas gêné de sa proximité avec Milo, ou même avec le partenaire de Milena – lorsqu’il prenait la place de Milo afin de leur enseigner plus précisément certain mouvement-.
Il fut nerveux en s’imaginant perdre ses moyens en entant tout près de Milo, de revivre une certaine tension similaire à celle qui pesa sur eux lors de leur dernière danse dans sa cuisine, cependant il n’en fut rien de cela devant les instructeurs. Certes ils étaient proches, mais ils baignaient dans une ambiance et expérience très différente, Camus fut soulagé que rien de bizarre ne s’était produit. Et le grec avait quand même raison sur une chose : Ils s’en sortaient bien ensemble. Camus eut envie de croire qu’ils formaient un bon duo.
Durant leur pause entre les deux heures qu’ils avaient, ils discutèrent de la chorégraphie que Milena et Gabriel préparaient pour Milo et son partenaire pour la performance de fin de saison. Ils crurent que ce partenaire officiel serait Camus, ce dernier dut les corriger en précisant que cela ne serait pas lui, ce à quoi Milo répondit par « On ne sait jamais » en haussant les épaules. Camus sentit qu’il manigançait quelque chose, mais Milo ne sera jamais aussi têtu que lui, peu importe, il pouvait tenter n’importe quoi pour le convaincre, sa réponse sera toujours non !
À la fin, avant de se dire au revoir, ils se créèrent un groupe de discussion afin de pouvoir se mettre d’accord plus facilement sur leur emploi du temps.
-« Camus, ça te dit de rentrer avec moi à l’appart ? Je pourrais nous faire des pâtes et on pourrait les manger devant une émission ou un film. » Lui proposa Milo une fois de retour à sa moto.
Camus retint une grimace en réalisant qu’il avait oublié de retirer ses talons et répondit : « Je sais pas Milo, c’est sympa mais j’ai vraiment besoin d’un douche. »
-« J’ai une douche, tu sais ? Je te prêterai des vêtements. Aller, tu veux pas gouter au seul truc que je sais bien cuisiner ? » Ses mots parvinrent à le faire lâcher un petit rire.
-« Oui mais, et ta copine ? » Demanda-t-il avec hésitation.
Il n’avait certainement pas envie de la voir, elle lui procurait un malaise qu’il avait du mal à ravaler. S’il était doué pour le cacher lorsqu’il aimait quelqu’un, il avait beaucoup plus de mal à le faire lorsqu’il détestait quelqu’un, et pour le coup, il savait pertinemment qu’il la détestait.
-« Elle est au travail, t’auras pas à sociabilisé plus que tu ne le veux ! »
Sa remarque le fit sourire, il ne le dit pas mais sa batterie sociale était bientôt à plat, déjà qu’elle n’avait pas beaucoup de capacités de base, cela le fit plaisir que Milo le comprenne. Comment dire non après cela ? Il soupira et céda, et puis, il avait encore envie de passer du temps avec lui, il ne voulait pas lui dire au revoir de sitôt. -Aussi, il avait faim-
Camus ne s’attendait pas à être aussi nerveux une fois seul avec lui dans l’ascenseur de son immeuble. Il resta silencieux, le souffle restreint, mais daigna quand même jeter un coup d’œil à Milo qui ne semblait aussi insouciant qu’un enfant joyeux, cela donna envie à Camus d’à la fois sourire et se mettre une balle dans la tête. Il prit alors un grand souffle en sortant de l’ascenseur derrière lui et se répéta mentalement qu’il n’y avait rien de plus que de l’amitié entre eux, même s’ils allaient être seuls chez lui…
Et que la dernière fois qu’ils furent seuls dans une maison, Camus faillit l’embrasser mais ce n’était qu’un détail négligeable dont il n’y pensait absolument pas tout le temps.
-« Bienvenue dans mon humble demeure ! » S’exclama Milo en ouvrant la porte de son appartement, éclatant sa petite bulle anxieuse. « C’est un tout petit peu le bordel mais t’inquiète ! Entre ! »
Camus retira ses talons à l’entrée et regarda autour de lui, un appartement des plus classique, bien qu’il parût luxueux, il était plus étroit qu’il ne s’y attendait. Enfin, de nos jours, même le plus petit espace coutait des milliers d’euro, et vu l’architecture de l’immeuble, Camus pouvait deviner que cet appartement devait couter une petite fortune. Même les meubles et fourniture semblaient valoir plus que sa propre maison.
-« Tu veux te doucher le temps que je cuisine ? Viens je vais te montrer la salle de bain. »
Milo le guida vers la prochaine pièce, qui était visiblement sa chambre…ou plutôt leur chambre, à lui et sa copine. Camus tenta de maintenir sa neutralité, ce qui fut difficile lorsqu’il, en humant instinctivement l’odeur de la chambre qui flottait dans l’air, fut déçu ne de pas distinguer celle familière de Milo…ou plutôt qu’elle était mélangée à une autre qu’il ne connaissait pas et qui le rendait mal à l’aise.
Camus détestait s’introduire dans l’intimité des gens, plus pour son propre confort que par politesse. Cela ne l’aurait pas dérangé si ce n’était pas aussi la chambre d’une jeune femme. Le grec ne semblait pas se soucier du soutien-gorge qui trainait sur le lit défait -surement par ce qu’il savait qu’il était gay-, mais cela donna un haut le cœur au roux.
Camus décida de garder les yeux river sur le dos de Milo pour ne plus voir d’horreur. Il déposa son sac à dos sur la chaise de la coiffeuse tandis que l’instructeur ouvrit la porte de la salle de bain.
-« Voila ! Je vais te ramener une serviette et des vêtements. »
Le franco-russe faillit s’étouffer avec sa propre salive. « Oh non, je veux pas t’embêter avec les vêtements, je peux juste reporter les miens-
-M’embêter ? Pourquoi ça m’embêterait ? » Ricana-t-il en allant ouvrir son armoire.
« Eh bah ca m’embête moi » Se dit Camus mentalement. Porter les vêtements du gars dont il fantasmait en ce moment ? Absolument pas une bonne idée…il se haïssait pour ce genre de penser et il découvrait à cause de Milo à quel point son esprit pouvait être mal placé.
Milo lui passa des vêtements de rechange et une serviette, puis Camus le remercia en refermant la porte de la salle de bain derrière lui. Il soupira profondément, faisant quand même attention à rester discret. Il se regarda dans le miroir au-dessus du lavabo, s’imaginant Milo se réveiller chaque matin pour venir faire sa toilette devant ce même miroir…quel putain de chanceux miroir qui le voyait se déshabiller tous les jours…
Est-ce que Camus allait bien dans sa tête ? À envier un miroir ? Il était définitivement en train de perdre la tête. Il grimaça cependant de dégout lorsqu’il se rappela qui d’autre aussi devait se déshabiller ici…Il retira son t-shirt et s’apprêtait à faire de même avec son pantalon lorsqu’il réalisa qu’il n’avait rien pour s’attacher les cheveux, il avait surement laissé son élastique dans son sac. Il ouvrit alors la porte pour aller le chercher mais se figea en découvrant que Milo était encore dans la chambre – il semblait rangeait le désordre- et il arrêta ce qu’il faisait pour le regarder. Camus sentit son cœur bondir dans sa poitrine, relâchant une vague de chaleur qui devait surement lui coloré les joues. Ce n’était certes pas la première fois que Milo le voyait torse nu, mais la dernière fois, ils étaient ivres, au milieu d’une foule dansante et cachés par l’obscurité de la boite de nuit, tandis que la…Ils étaient sobres et seuls dans une chambre tres bien éclairée. Il se sentit totalement nu et exposé, voir même inquiet et embarrassé, Milo allait tres clairement constater à quel point son corps était trop maigre et étrange pour un homme de son âge, et sa peau bien trop pale et fine qui laissait paraitre ses veines et la trace de ses cotes. Il eut envie de se caché, refermer ses bras sur lui-même ou refermer la porte en vitesse, mais ses muscles furent bien trop contractés pour cela.
-« Um-eu…Je, j’ai besoin d’un élastique pour mes cheveux. » Balbutia-t-il malgré lui, comme un idiot.
-« Attend, je vais t’en passer un ! »
Camus ne voulut plus rien dire pour ne pas s’embarrasser encore plus, il attendit Milo et prit de ses mains l’élastique qu’il lui passa, sans trop oser le regarder dans les yeux. Il finit par le faire puisque le grec ne s’en alla pas une fois cela fait, et le roux sursauta légèrement en remarquant son regard porté sur le bas de son torse.
-« Sacré bleu » Lâcha-t-il en un faible rire en se penchant pour regarder de plus près la blessure qu’il avait au niveau de sa taille.
Camus sentit une nouvelle vague de chaleur l’envahir, Milo parvenait à le faire frissonner qu’avec un contact visuel, ce qui était fortement inquiétant.
-« Ah, ca…C’est rien, je me suis juste heurté au coin d’une table.
-C’est un gros bleu quand même, tu étais en train de courir ou quoi ?» supposa-t-il avec amusement.
Il fit de son mieux pour masque sa honte. « Eum non, ma peau est juste…sensible. »
Enfin, il ne mentait pas en disant qu’il était sensible, mais pour le reste Milo avait totalement raison, il était en effet en train de courir. Le matin dernier alors qu’il buvait sa première tasse de café, les yeux encore mi-clos, Camus remarqua de justesse un cafard qui volait vers lui à tout vitesse…il avait recracher tout ce qu’il avait dans la bouche, alors que sa tasse s’écrasa par terre, et lui contre la table en prenant la fuite. Heureusement, les garçons s’étaient réveillés à son cri de détresse et s’était occupé de son agresseur.
Il n’était pas fier de sa phobie des cafards.
Milo se redressa et Camus détourna légèrement la tête en espérant que son embarras ne se manifestait pas trop sur son visage.
-« Maintenant que j’y pense, je t’ai beaucoup tenu par la durant l’entrainement. Tu aurais pu me prévenir que ça te faisait mal, j’aurais été plus délicat. »
Camus croisa les bras pour se donner plus d’assurance. « Ca ne me faisait pas mal, et tu ne me tenais pas fort non plus. »
Milo lâcha un rire moqueur. « Ah oui, désolé, j’avais oublié que tu étais Batman.
-Qu’est-ce que tu insinues ? Et c’est quoi ce ton provocateur.
-Quel ton provocateur ? Tu dois surement imaginer des choses. Tiens, laisse-moi t’attacher les cheveux pour me faire pardonner.
-Pas la peine- » Mais Milo ne l’écouta pas et prit l’élastique de ses mains.
Camus ne broncha pas plus, face au miroir, il laissa Milo glisser ses doigts dans ses cheveux pour les rassembler, il prenait son temps à le faire, comme s’il cela lui était agréable de jouer avec ses mèches…en tout cas pour Camus cela l’était. Il tenait de ses mains le rebord du lavabo, ne daignant pas regarder le miroir pour ne pas croiser son regard dans le reflet, pour ne pas s’y perdre et en même temps perdre ses moyens.
-« Dit…Camus.
-Mh ?
-Est-ce que… » Milo sonnait hésitant et inquiet, il dit cela en glissant délicatement ses doigts entre les racines de ses cheveux, frôlant ses blessures qu’il s’était infligé lui-même. « Est-ce que tu as recommencé ? »
Camus ne réagit pas, et ne répondit pas non plus tout de suite, pas de surprise ou d’inconfort. Il était plutôt confus de ce manque de mécontentement, comme si cela ne le derangeait pas que Milo sache, qu’il connaisse cette laideur en plus qu’il avait.
-« Désolé, je sais que tu n’as surement pas envie de répondre, mais, enfin, je m’inquiète quand même tu sais ? Comme toi tu t’es inquiété pour moi l’autre jour, moi aussi je m’inquiète pour toi. C’est un peu ca d’être amis non ? Alors, tu peux m’en parler. »
Contre toute attente, Camus esquissa un petit sourire quelque peu amusé, il pivota la tête pour le regarder par-dessus son épaule.
-« Non, je l’ai pas refait. »
Milo afficha de la surprise, surement de sa réaction étrangement positive.
Il continua de caresser ses cheveux d’une main et de l’autre il se frotta nerveusement le cou.
-« C’est bien...Ça me fait plaisir de le savoir. Mais, du coup, pourquoi ? » Il était encore plus nerveux et inquiet, n’arrivant même plus maintenir son regard. « Qu’est ce qui t’as poussé à faire une chose pareille ? »
Camus s’en douta qu’il chercherait à en savoir plus, cependant, il ne pouvait juste pas lui fournir une réponse à cette question-là. Rien que le fait d’y penser lui donner la nausée et l’envie de disparaitre. Il n’avait pas envie de se rappeler de ces terribles sentiments, de ces tourments, cette agonie mentale, il n’avait pas envie de repenser à cet urgent besoin d’autodestruction, de la douleur dans sa gorge et l’horreur qu’il vit dans la glace, le gout et l’odeur de son propre sang lui revint en mémoire et il tourna la tête pour cacher son mal être.
Milo reprit parole : « Je, je sais que la veille, tu étais avec Saga, qu’est ce qui a bien pu se passer pour que tu… est ce que c’est à cause de lui ?
-Quoi ? Non ! » S’écria-t-il un peu plus fort qu’il n’aurait voulu, en faisant volte-face.
Il aperçut la surprise retourné sur son visage et un vertige le pris soudainement.
-« C’est pas- Saga n’a rien fait, c’est juste… »
Il tenta de se reprendre, se calmer et donc lui tourna à nouveau le dos. Il eut comme reflex d’enrouler ses bras autour de lui-même, la tête baissée entre ses épaules. Milo ne dit plus rien et cela l’angoissa.
Beaucoup plus tendrement, sa main caressa ses cheveux, laissant ses doigts frôler son dos d’un geste réconfortant.
-« C’est bon, je sais que j’ai dépassé la limite, je voulais pas te mettre mal à l’aise, pardonne moi Camus. »
Il se détendit, se sentant coupable, cependant Milo n’avait pas l’air de mal le prendre.
Il continua : « Je comprends que tu as du mal à t’exprimer et te confier, merci d’avoir essayé quand même. » Il entreprit enfin de lui attacher les cheveux en un chignon. « Je te laisse tranquille ! »
Il recula pour sortir de la salle de bain, mais s’attarda sur le seuil de la porte avec un gentille sourire sur les lèvres.
-« Camus, je sais qu’on se connait pas depuis longtemps…Mais sache que tu peux tout me dire. »
Camus parvint à se détendre et mieux respirer, les gestes et paroles de Milo furent efficaces et vraiment touchants, son sourire était si réconfortant et la douceur dans sa voix lui montrait sa sincérité. Milo était précieux, il avait de la chance de pouvoir l’appeler un ami. Un sourire niait lui échappa, ayant l’air peut-être un peu…amoureux, ainsi que des rougeurs sur ses joues. Il détourna la tête, il n’imaginait pas à quel point il devait paraitre stupide ainsi.
-« Merci Milo. »
Il daigna lui jeter un coup d’œil et ce dernier le regardait avec de larges yeux et un sourire figé, il ne manqua pas non plus de remarquer que ses joues s’empourpraient, mais cela ne voulait surement rien dire. Après quelque seconde de silence et clignement de yeux rapide de la part du grec, il revint soudainement à lui-même et recula en ricanant bêtement et nerveusement.
-« Ah eu, je-je vais te laisser te doucher, hehe ! » Il se racla la gorge. « Si t’as besoin de quelque chose, appelle-moi ! Eum, aller, bonne douche ! » Sur ces paroles, il déguerpit comme un voleur en dehors de la chambre, claquant la porte derrière lui.
Camus arqua un sourcil mais finit par lâcher un petit rire.
…
Milo prit une pause dans ce qu’il faisait à la cuisine pour soupirer. Il était maladroit, il s’en mêlait les pieds tout seul, se cognait la tête sur le coin des placards et se perdait dans ses taches alors que ce qu’il avait à faire était tres simple. Mettre de l’eau au feu pour ensuite y mettre les pattes. S’il n’était pas aussi tête en l’air il aurait déjà fini, mais le voilà à tourner en rond, ne se rappelant même pas pour quelque seconde qu’est-ce qu’il faisait ou qu’est-ce qu’il avait à faire.
Il s’appuya sur le comptoir de la cuisine en soufflant. Il n’avait qu’une certaine personne dans la tête, et ses pensées ne tournaient qu’autour d’elle. Et c’était en effet la personne aux long cheveux carmin qui occupait actuellement sa salle de bain. Milo se rejouait en tête leur dernière conversation, et comme un ordinateur avec plusieurs fenêtre ouverte, il pensait aussi à son corps, et dans une autre fenêtre, au dernier adorable sourire qu’il lui offrit, les joues rouges alors qu’il se tenait timidement le bras. Cette fenêtre la allait faire court-circuiter tout le système, elle était dangereuse. Milo avait failli craquer et le prendre dans ses bras s’il ne s’était pas retenu de toute ses forces. Il avait envie de se grogner la tête contre du béton à reprise de fois, honteux de son comportement de gamin qui parle à son béguin du collège.
Il finit par se frapper vraiment la tête avec ses propres mains en réalisant qu’il avait employé le mot béguin pour penser à Camus, ce qui était horrible et insensé et tres mauvais !
Ce n’était pas forcément un mensonge mais certainement quelque chose qu’il n’était pas prêt à accepter juste comme cela. Il était en couple avec celle qu’il considérait comme la femme de sa vie depuis trois ans, il avait fait tant d’effort pour l’avoir et la garder aussi longtemps, et il s’était habitué à sa présence dans son quotidien, il s’était déjà imaginé un avenir avec elle. Peut-être pas marié, et certainement pas avec des enfants, mais cela ne semblait pas déranger Geist.
« Pour l’instant. » Lui avait un jour dit Kanon. « Elle changera d’avis tres vite et voudra le mariage et les enfants. »
Il ne voulait pas y penser.
Au moins un homme ne pouvait pas tomber enceinte.
Il se frappa à nouveau la tête, mais à quoi pensait-il ?
Autre que cela, il y avait aussi une autre fenêtre ouverte, et celle-là était beaucoup moins joyeuse que les autres puisqu’il y pensait aux blessures que Camus s’était fait à la tête. Ce n’était pas la première fois qu’il y pensait, en fait, il le faisait beaucoup trop souvent depuis cette journée passée ensemble chez lui. Le fait qu’il put se faire une chose pareille de lui-même lui serrait le cœur, il tenta de s’imaginer qu’est-ce qu’il avait bien pu ressentir pour le faire mais n’y parvenait pas vraiment, et cela lui faisait de la peine. La manière dont Camus réagit lorsqu’il mentionna Saga tout a l’heure lui était suspecte, cela ne ressemblait pas au roux d’avoir du mal à se contenir, il était certain que Saga avait quelque chose à avoir la dedans, il ne lui faisait plus du tout confiance. Il pouvait sentir l’inconfort de Camus à chaque fois qu’il était là, et rien que le mentionner le mit dans cet état. Il était évident que quelque chose clochait et cela le rendait grandement mal à l’aise, est ce que Saga profitait de Camus ? Est-ce que quelque chose s’était produit entre eux dans le passé ? Il se posait tellement de question que cela lui surchauffait le cerveau.
Tout ce dont il était certain, c’était qu’il protégerait Camus quoiqu’il en soit.
Il n’entendit pas la porte s’ouvrir, ni des bruits de pas rapide s’approcher, perdu dans ses pensées. Il sursauta enfin lorsqu’une voix féminine l’interpella avec colère.
-« Milo !! Elle est où !? » S’écria Geist en scannant rapidement la cuisine du regard avant de se diriger vers leur chambre.
Milo se précipita pour la retenir. « Wow wow ! Qui ca elle !? »
Elle le repoussa et lui montra les talons de Camus qu’elle tenait dans sa main.
-« Tu ramènes un femme ici sans me prévenir !! Tu savais qu’aujourd’hui j’étais sensée rentré tard ! »
Milo grimaça et voulut prendre de ses mains ce qui appartenait au roux mais elle recula, refusant de les céder.
-« Lâche ça ! C’est pas à une femme c’est à Camus ! » Retorqua-t-il en tentant de pas trop lever la voix par peur que le concerné l’entende.
Il craignait que ce dernier se montre tout d’un coup et assiste à cette stupide et embarrassante scène que causait sa copine…qui croyait qu’il la trompait ? L’information lui arriva enfin au cerveau.
L’expression féroce de Geist s’était quelque peu relâchée mais elle paraissait toujours aussi mécontente, cette fois ci avec de la surprise.
-« Tu te fous de moi ? Ce sont des talons de femme ! » Elle leur jeta un coup d’œil. « Taille quarante !! Tu pourrais au moins mieux me mentir !! »
La patience de Milo était quasi-inexistante, comment pouvait elle croire qu’il la trompait !? Elle ne lui faisait décidément pas confiance. Il avança vers elle, l’air grave et lui attrapa le bras avec une certaine fermeté.
-« Je mens pas, c’est les talons de Camus, un homme peut aussi porter des talons tu sais !?
-Et ou est-il, tiens !? » Demanda-t-elle lorsqu’il lui prit les talons de la main.
Il alla les redéposer où ils étaient en les inspectant, s’assurant qu’elle ne les avait pas abîmés.
-« Milo je te parle ! Si tu réponds pas j’irais chercher moi-même ! »
Il leva les yeux en l’air, usant de toute sa force mentale pour ne pas s’énerver sur elle. Il lui tira le bras pour la faire entrer dans la cuisine.
-« Il se douche ! Bon sang Geist qu’est ce qui ne vas pas chez toi !? Tu ne réalises pas à quel point tu es ridicule ! Tu t’attendais à trouver quoi au juste !?
-Eh bah tu peux pas m’en vouloir, je rentre du travail plus tôt que prévu et je trouve des talons de femme à l’entrée !
-Et la première chose que tu t’es dit c’est que je te trompe ! »
Elle balbutia, et Milo ne voulait plus rien entendre, il soupira, ramenant sa main contre son front et lui tourna le dos pour aller s’occuper des pattes plutôt.
-« Et pourquoi il se douche ici de toute façon ?
-On était au studio de danse ensemble, et je l’ai invité a mangé. Quoi ? J’ai plus le droit d’inviter des potes ? »
Il espérait vraiment que Camus prenne encore un peu son temps et ne resurgisse pas au milieu de leur dispute, il avait besoin du temps pour se calmer et reporter un sourire après le comportement détestable de sa copine.
-« Tu aurais pu me prévenir ! Et pourquoi il était au studio avec toi !?
-Ca suffit Geist ! Tu prononces encore un mot à ce sujet et tu vas plus me voir pour quelques jours. » Maugréa-t-il en s’approchant dangereusement d’elle pour la fixer dans les yeux.
Elle recula de quelque pas, et il espérait qu’elle comprenne qu’il atteignait sa limite. Il gardait encore son calme pour la simple et bonne raison que Camus était là, sinon il aurait déjà commencé à crier, s’agiter et se barrer d’ici.
Mais non, elle décida de continuer quand même : « Quoi ? À chaque fois que je te reproche quelque chose tu vas disparaitre ? Comme un enfant ? »
Il fit un pas de plus, rapprochant son visage tres près du sien, employant un ton beaucoup plus menaçant. « C’est soit ça, soit je démoli tout l’appart, alors pour notre bien à tous les deux, ferme la Geist ! »
Il vit ses traits du visage se contracter encore plus, ainsi qu’une certaine peur dans le regard. Il n’aimait pas cela, lui parler ainsi rudement et agir comme un animal colérique, cela lui donnait l’impression d’être un homme toxique qui ne meritait pas d’être en couple. Il savait qu’il allait amèrement regretter son comportement une fois qu’il se serait calmer, comme à chaque fois qu’ils se disputaient et qu’il finissait par craquer, brisant ce qu’il lui tombait sous la main et hurlant sans réfléchir à ce qu’il disait.
Il ne dit plus rien, continuant simplement de la fixer sévèrement, refusant de se laisser aller à la colère. Elles n’ont plus ne dit rien de plus, Geist avait du mal à soutenir son regard, mais elle ne voulait surement pas perdre la face alors elle essayait quand même de le faire. Il aperçut du coin de l’œil quelqu’un se figé sur le seuil de la porte, il releva la tête et vit Camus virer ses yeux entre eux d’eux, ne sachant surement pas comment réagir à la soudaine apparition de Geist.
Milo lui avait promis qu’il ne socialiserait pas plus qu’il ne le voudrait et qu’elle ne serait pas là, il se sentit un peu coupable pour le coup.
-« Camus ! Eum, comment était la douche ? » il tenta de reprendre une tonalité et un visage amicale, mais il n’était pas un tres bon acteur.
Camus avait l’air de se rendre compte de l’étrange tension dans la pièce, il arborait un ses visages indéchiffrables lorsque ses yeux était si froid que Milo ne parvenait à voir ce qu’il y avait dedans. Et cette froideur était encore plus glaçante lorsque ses yeux se posèrent sur Geist, on dirait qu’il n’avait vraiment pas envie de la voir.
-« Bien, merci pour les vêtements. »
Il se rappela enfin de faire attention à sa tenue, et cela réussit à le faire esquisser un réel sourire. Il n’avait pas choisi ces vêtements au hasard, il lui avait passé un t-shirt noir avec une tête de mort dessus et un jogging de même couleur qui avait des motifs métal, avec cela et ses cheveux, ainsi que son expression glaciale, il avait l’air d’un vrai rockeur et cela lui allait à merveille.
Il allait dire quelque chose mais Geist enroula son bras autour du sien et prit parole : « Je ne savais pas que ton ami était là, mais c’est pas grave je peux rester dans la chambre pour vous laisser le salon. » Dit-elle d’une voix aimante, rien avoir avec le ton qu’elle employait, même pas une minute auparavant.
Milo lui lança un regard confus de son jeu d’acteur. Elle voulait surement aussi paraitre normale devant Camus mais ce changement radical le perturba.
-« Ca sera pas la peine. » Lui répondit le roux. « Je comptais justement rentrer.
-Quoi ? Mais-
Geist lâcha un « oh » faussement déçu. « Je vois, mais prochaine fois tu devrais rester pour diner. » Dit-elle avec un sourire charmant.
Camus hocha de la tête comme remercîment et leur tourna le dos pour aller chercher son sac. Milo se défit de l’emprise de sa copine, lui lançant un mauvais regard au passage et suivit le roux dans la chambre.
-« Camus, écoute, désolé, je savais pas qu’elle-
-Ce n’est rien. » L’interrompit-il assez froidement, récupérant son sac a dos posé sur la chaise de sa coiffeuse.
-« Mais c’est pas grave, enfin, tu peux rester manger et elle-
-Désolé Milo. Je… » Il ne le regardait même pas. « Je préfère m’en aller. »
Et cela l’attrista grandement, plus qu’il ne s’y attendait. Il ravala ces arguments pour le convaincre de rester, Camus avait clairement l’air mal à l’aise, il était préférable de se taire. Milo espérait simplement de tout cœur qu’il n’ait rien entendu de leur disputes.
Il le suivit jusqu’à l’entrée, vu que c’était lui qui l’avait ramené ici, c’était à lui de le déposer à la maison, mais Camus l’arrêta.
-« Je peux rentrer seul, Milo, tu n’as pas à me déposer. » Lui dit-il avant de se pencher pour enfiler ses talons.
-« Mais pourquoi prendre un taxi si je peux juste te déposer moi-même ? »
Camus avait l’air assez pressé, et bien qu’il n’avait pas envie de le voir partir, Milo eut quand même le reflex de lui offrir son bras pour l’aider à garder son équilibre alors qu’il enfilait ses talons.
-« Ce n’est pas la peine, ta petite amie est surement rentrer plus tôt pour te voir. Je repasserais te rendre les vêtements propres demain. »
Le grec soupira de défaite et déception « Voyons… »
Camus le remercia lorsqu’il eut fini et ouvrit la porte d’entrée. Milo s’arrêta au seuil, il voulut même le suivre jusqu’à l’ascenseur, il ne s’était vraiment pas attendu à ce que Camus s’en aille aussi tôt. Il avait été tellement heureux lorsqu’il accepta de rentrer avec lui, il s’était fait comme plan de manger ensemble devant la télé, avec une bière ou deux, puis il l’imagina fumer une cigarette au balcon après le repas, et ils auraient pu discuter, que cela soit de chose joyeuse ou de ceux qui pesaient sur son cœur. Milo était prêt à l’écouter parler tout l’après-midi, et voilà que tout était parti en fumer en quelque petite minutes.
Camus remarqua surement sa déception puisqu’il lui lança un regard désolé et triste avant de lui faire un signe de main et rentrer dans l’ascenseur pour y disparaitre de son champ de vision.
Et maintenant il était seul avec Geist. Pile au moment où il en avait le moins envie. Ce n’était pas comme cela qu’il devrait se sentir par rapport à elle, c’était sa copine, celle qui devrait être la femme de sa vie, et pourtant il n’avait pas cette impression sur le moment. Il n’avait pas envie de l’admirer et l’embrasser, pas envie de la prendre dans ses bras et finir la soirée contre elle. L’envie de le faire ne semblait que lui échapper des doigts chaque jour depuis le début de cette semaine, si ce n’était pas depuis bien avant.
Pourquoi ? L’amour n’était vraiment pas quelque chose pour lui ? Ni l’amour familial, ni celui romantique ne perdurèrent. Il resta là à fixer la porte de l’ascenseur et lâcha un long soupire. Lorsque son ex lui cria qu’il ne trouvera jamais le véritable amour avant de le quitter, elle n’avait peut-être pas vraiment tort, et à ce moment-là, Milo ne fit que rire.
Il n’avait pas vraiment envie de rire maintenant.
Peut-être que s’il n’avait pas rencontré Orphée et Euryèce, il aurait déjà pris la décision de quitter Geist il y a de cela un moment.
Si seulement il n’avait pas changé, si seulement il n’avait pas réalisé qu’il avait envie d’être aimé, qu’il se sentait seul et qu’il avait peur de mourir sans connaitre l’amour.
Et puis, il n’avait plus la force de recommencer tous ces efforts avec une autre.
Il quitta enfin le devant de la porte et se dirigea vers le balcon, au passage il aperçut du coin de son œil Geist qui s’était appropriée les pâtes qu’il préparait précédemment pour lui et Camus. Une fois dehors, il croisa les bras sur la rambarde et trouva Camus à la sortie du parking, attendant surement son taxi, son téléphone contre son oreille. Il n’aimait pas cela, cette situation, le fait qu’il soit en haut à le regarder partir ainsi, silencieusement. Il aurait surement du insister pour le déposer, il avait l’air d’apprécier les balades à moto, il lui aurait fait un tour comme la dernière fois, il aurait pu sentir ses bras enroulés autour de lui et sa tête posée contre son épaule. Il aurait pu voir son petit sourire une fois arrivé à destination, celui qui était quelque peu timide, qui adoucissait son regard et colorait ses joues.
Geist était venu lui dire quelque chose, mais il ne l’écouta pas, elle vint glisser sa main sur son dos, mais il se redressa de la rambarde sans lâcher Camus du regard. Il le vit montrer dans une voiture, et lorsqu’il partit, il décida que c’était aussi à son tour de le faire. Il ignora la voix qui lui parlait lorsqu’il prit ses clés de moto et s’en alla.
